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interviewLa France insoumise (sur YouTube)· 15 décembre 2024 50 minAutoproduit

Bayrou : à peine arrivé, déjà censuré ? | Touche Pas à Mon Peuple ! #4

Transcription youtube_captions. À recouper avec la source d'origine.

Bonjour à toutes et à tous, et bienvenue dans le quatrième épisode de Touche pas à mon peuple, le podcast de la France Insoumise. Cette semaine, bien sûr, nous allons parler de la nomination de François Bayrou comme Premier ministre, mais pas que. Nous allons aussi parler de la Cof Mercosur, signée cette semaine par Ursula von der Leyen, et faire un point un peu long, vous le verrez, consistant sur la crise sociale à l'heure actuelle.

Sans oublier, bien sûr, de revenir sur le meeting de Redon cette semaine avec Jean-Luc Mélenchon et Mathilde Hignet. Et enfin, nous n'oublions pas non plus les cartes blanches laissées à la fois à l'Insoumission, le média de la France Insoumise, et à l'Institut Labo ici. Touche pas à mon peuple, c'est le podcast de la France Insoumise, c'est déjà le quatrième épisode et ça commence maintenant.

On démarre avec un point politique de Sophia Chikirou, la députée insoumise de Paris. Et je tiens à préciser que ce point politique a été enregistré le jeudi 12 décembre au soir. François Bayrou n'avait donc pas encore été nommé Premier ministre.

Sophia, c'est à toi. Bonjour Bastien. Le point d'actualité cette semaine en cinq points.

Tout d'abord, la recherche désespérée d'un Premier ministre pour la France. C'est Emmanuel Macron qui, constitutionnellement, doit nommer le Premier ministre. Je rappelle que, constitutionnellement, le Premier ministre doit être issu du groupe majoritaire désigné lors des dernières élections législatives, c'est-à-dire celle du mois de juillet dernier.

Si on respectait la Constitution, si on respectait l'esprit de la Constitution, aujourd'hui, Emmanuel Macron aurait dû nommer un Premier ministre issu du nouveau Front populaire. Il s'y refuse et il bloque là-dessus désespérément d'une certaine façon parce qu'il cherche avant tout non pas à avoir un gouvernement qui corresponde aux aspirations des Français, mais à avoir un gouvernement qui continue de mener la politique que lui a décidé d'imposer à tous les Français. On se retrouve dans cette situation où...

Trois partis membres du nouveau Front populaire, le Parti socialiste, le Parti écologiste et le Parti communiste, ont décidé de participer à une espèce de table ronde organisée par Emmanuel Macron pour discuter entre belles personnes certainement de comment on pourrait choisir un Premier ministre qui y pourrait passer, qui ne subirait pas une censure et sur quelles lignes. on pourrait se mettre d'accord. Bon, il se trouve qu'à la sortie de la table ronde, on a plus ou moins compris qu'ils ne s'étaient pas mis d'accord.

Les écologistes disent Ah ben si c'est comme ça, finalement, on aurait mieux fait de ne pas y aller Les communistes, à travers la voix de Roussel et celle d'un autre député communiste, se disputent et disent On n'est pas du tout d'accord, on ne veut pas rompre avec le programme du nouveau Front populaire Et au Parti socialiste, il y a autant de voix que d'opinions. Donc on ne sait pas vraiment quoi penser de ce qu'ils racontent entre Jérôme Guedj d'un côté, leur allié Raphaël Glucksmann de l'autre. Olivier Faure, Boris Vallaud, on a beaucoup de mal à s'y retrouver.

Donc nous avons été élus sur un programme de rupture, nous devons nous y tenir, c'est la règle numéro un. Et donc cette crise politique est en train de traîner en longueur, et elle traîne en longueur pour une seule et unique raison, laisser du temps à Emmanuel Macron et lui permettre de se maintenir le plus longtemps possible au pouvoir, parce qu'il apparaît presque comme inéluctable, comme la seule et unique solution à la crise politique, qu'il doit. partir, qu'il doit dégager, qu'il doit démissionner ou être destitué.

Deuxième point de ce point d'actualité, moi je voudrais vous parler de la crise économique et sociale. Elle est en train de prendre une ampleur majeure et la crise politique donc n'est pas isolée, elle s'accompagne et elle risque même d'être dépassée, débordée par cette crise économique et sociale. On en est à l'annonce de centaines de milliers de postes d'emploi qui vont être supprimés nettement.

C'est-à-dire qu'on n'est pas dans un contexte où les emplois de l'industrie disparaissent au profit de créations d'emplois dans les services, pas du tout. Les emplois de l'industrie disparaissent, les emplois des services disparaissent. Dans la fonction publique, si on n'avait pas voté la censure, on aurait eu aussi des suppressions d'emplois et de postes assez conséquents.

Donc on est dans une crise totale. À un moment, et au moment même, où le dernier coup tordu qu'a fait Michel Barnier avant de quitter le pouvoir, c'est-à-dire avant de présenter... son 49.3 qui lui a valu une motion de censure, a été de publier un décret, le décret de réforme de l'assurance chômage, une réforme qui va entrer en vigueur donc, et qui est une des pires réformes de l'assurance chômage qu'on a vu ces 25 dernières années.

Pourquoi ? Parce que cette réforme de l'assurance chômage, elle va renier considérablement sur les droits en termes de durée et d'indemnisation des personnes sans emploi. Donc on prépare là absolument les conditions de l'appauvrissement. des travailleurs et d'une crise économique où l'emploi vient à manquer considérablement et on ne sait pas aujourd'hui où on crée de l'emploi en France.

Donc c'est vraiment la conjonction entre la crise politique, la crise économique et sociale, c'est un cocktail en quelque sorte dangereux pour le pays parce que si on n'a pas d'issue... politique à la crise économique et sociale, finalement il ne restera que les mobilisations populaires et que la grève générale pour pouvoir répondre à tout cela.

Et d'ailleurs nous ne pouvons pas passer à côté des dernières mobilisations, celles qui ont eu lieu les 5 et 12 décembre, qui sont des avertissements de ce qui se prépare dans le pays. Troisième point d'actualité, c'est au niveau européen. Et là aussi ça a vraiment son importance et c'est la démonstration encore une fois de tout ce qu'on reproche à l'Union européenne et à la Commission européenne.

C'est quoi ? C'est la violation de la volonté populaire et de la volonté démocratique. C'est une espèce de violation et d'autoritarisme inacceptable pour un pays souverain.

L'accord Mercosur a été négocié, malgré nous, contre nous, contre les intérêts des agriculteurs, contre les intérêts des Français, mais pas seulement, de beaucoup d'Européens. Et aujourd'hui, Madame Van der Leyen l'annonce. comme c'est acquis, c'est fait, c'est à prendre, et c'est à prendre parce qu'elle compte bien l'imposer.

Alors face à elle, on s'est dit, mais qu'est-ce qu'on peut faire ? Et les députés de la France insoumise, les députés européens de la France insoumise, ont décidé de déposer une motion de censure contre von der Leyen. Et donc cette motion de censure sera étudiée au Parlement européen.

Et nous, ce qu'on espère, c'est que les différents groupes du Parlement européen vont enfin se prononcer sur cet accord de Mercosur et vont enfin dire la vérité aux Européens. aux agriculteurs européens ? Est-ce qu'ils vont être complètement sacrifiés et disparaître ?

Est-ce qu'on va lâcher sur le marché européen et donc sur le marché français des produits qui sont produits, fabriqués dans des conditions qui ne respectent pas les normes européennes ? Le quatrième point de ce point politique, c'est donc la question internationale. On ne peut pas ne pas parler de la situation à Gaza, il faut le faire chaque semaine.

Ce à quoi nous assistons, c'est donc la poursuite du génocide à Gaza, avec encore la découverte par exemple d'un charnier où on a trouvé le corps de 25 membres d'une même famille, des gens qui sont massacrés, qui ont faim, parce que la crise alimentaire à Gaza est extrêmement grave et elle ne fait que s'accentuer. Il y a une vraie difficulté d'accéder. au territoire notamment à Gaza Nord.

C'est une situation où la famine est organisée sciemment par les autorités israéliennes sur ce territoire de la bande de Gaza. Par ailleurs vous avez entendu Benyamin Netanyahou annoncer l'annexion du plateau du Golan et annoncer l'annexion pour l'éternité. Là encore on est en violation totale de toutes les résolutions onusiennes, on est en violation totale du droit international, on est face à quelqu'un qui parle et qui s'exprime d'une façon absolument irrespectueuse arrogante et agressive, et qui dit au reste du monde, par la force, nous déciderons.

Et c'est par la force aussi qu'ils continuent, malgré le cessez-le-feu avec le Liban, de bombarder le sud du Liban, qu'ils ont bombardé Damas. Et donc, on est dans une situation où on peut considérer qu'un des plus gros problèmes qui empêche la paix dans cette région, c'est Benyamin Netanyahou, qui ne veut pas renoncer à sa politique. et à sa vision, à son objectif final de construire un grand Israël.

Et la communauté internationale est totalement impuissante parce que malgré les déclarations au niveau de l'ONU, malgré la décision de la Cour pénale internationale d'émettre un mandat d'arrêt international contre Benyamin Netanyahou, on ne voit pas d'action concrète. L'Union européenne refuse de mettre fin à l'accord qui lie l'Union européenne et Israël. Et c'est d'ailleurs quelque chose qui a fait réagir la France insoumise, qui a décidé... d'intégrer la campagne de boycott des produits issus des colonies israéliennes en Palestine.

Et donc, nous sommes officiellement membres de la campagne BDS. Cinquième point de ce point politique, il s'agit de parler un peu de la France insoumise, de ce mouvement qui organise son assemblée représentative et qui vient d'adopter ses orientations stratégiques pour les prochains mois. C'est un mouvement qui a décidé de... d'annoncer et de préparer la suite.

Donc nous sommes prêts pour toutes les échéances à venir, que ce soit une présidentielle anticipée, nous nous y préparons, une nouvelle dissolution qui pourrait survenir au mois de juillet, nous nous y préparons, mais aussi pour la conquête municipale. C'est-à-dire qu'en 2026, il y aura des élections municipales dans tout le pays. La France insoumise est prête à partir à la conquête de nombreuses villes.

Elle proposera une politique communale. et un programme de rupture dans toutes les villes qu'il faudra conquérir pour pouvoir faire vivre à la fois la démocratie locale et mener des politiques directement en lien avec les associations, les habitants, la citoyenneté et changer la vie au plus près des gens. Voilà pour le point politique de cette semaine.

Sophia, merci beaucoup pour ce point politique. On va passer maintenant au deuxième sujet de ce podcast. On s'est entretenu donc avec Aurélie Trouvé et Mathilde Ignier, qui sont toutes les deux députées de la France Insoumise, et on leur a posé des questions sur l'accord de Mercosur.

Vous en avez peut-être entendu parler et vous voulez tout comprendre. Écoutez, c'est maintenant. Pour commencer, première question, Aurélie, est-ce que tu peux nous expliquer ce qu'est le traité de Mercosur ?

Parce que je ne suis pas sûr que tous les gens qui nous écoutent sachent exactement ce que c'est. Créer Mercosur, c'est ce qu'on appelle un accord de libre-échange commercial, notamment entre, d'une part, l'Union européenne, d'autre part, les pays du Mercosur, Brésil, Argentine, Uruguay, Paraguay. Qu'est-ce qu'un accord de libre-échange ?

En réalité, il en existe déjà des dizaines entre l'Union européenne et différentes parties du monde. À chaque fois, il s'agit d'aller beaucoup plus loin en termes de libéralisation des marchés. donc d'ouverture si vous voulez des frontières commerciales pour les biens les services les capitaux et donc notamment ce traité il prévoit de diminuer fortement les droits de douane pour notamment les produits agricoles et je pense par exemple au boeuf à la volaille au sucre question pour toutes les deux mathilde et aurélie est ce que vous pouvez nous expliquer ce que seraient les conséquences de ce traité s'il était ratifié par l'union européenne et donc par la france Quelles seraient les conséquences de ce traité pour nos agriculteurs ?

Les conséquences sont dramatiques, puisque c'est un accord de libre-échange qui fait qu'on va, pour faire court, échanger des voitures contre du bœuf du Brésil. Faire venir du bœuf du Brésil en France et en Europe, ça vient déréguler et déstabiliser l'élevage en Europe. Ça va mettre en concurrence des entreprises ou des fermes, par exemple. qui en fait n'ont pas du tout les mêmes conditions.

Puisque par exemple, on va mettre en concurrence un élevage de 50 ou 100 vaches, c'est à peu près la moyenne en France, avec des usines au Brésil par exemple qui font des dizaines de milliers de bêtes et qui par exemple ont des salariés extrêmement exploités, évidemment payés beaucoup moins cher, qui ont des normes en matière aussi de santé et d'environnement qui sont... pas du tout les mêmes.

Par exemple, ils peuvent utiliser des hormones de croissance. Donc, ils injectent des hormones de croissance dans les animaux pour qu'ils grossissent plus vite, si vous voulez. Ça, c'est évidemment interdit en Europe parce que c'est mauvais pour la santé des êtres humains comme des animaux.

Sauf qu'en fait, même si c'est censé être interdit pour l'importation chez nous, en réalité, on ne peut pas vérifier s'ils ont utilisé ou pas ces hormones de croissance. Aurélie, on a souvent dit qu'Emmanuel Macron avait été été malhonnête sur la question du Mercosur, sur la gestion de ce dossier. Est-ce que tu peux nous expliquer pourquoi est-ce qu'on critique le président Macron sur cet angle-là ?

Il faut savoir que le président Macron, depuis sept ans, fait semblant d'être critique envers cet accord, mais en réalité, il a toujours dit oui pour cet accord, mais avec certaines conditions. Et donc, il n'est jamais parti des négociations, il n'a jamais claqué la porte, si vous voulez. Le résultat, c'est que...

Alors, il n'y a pas que le président Macron, déjà, soit dit en passant. Tous les présidents avant, ça a été pareil. En fait, depuis 20 ans, il n'y a aucun président de la République, aucun gouvernement qui a tapé vraiment du poing sur la table, alors qu'il aurait fallu le faire.

On savait que ça allait être catastrophique. Mathilde Mercosur, ça a aussi été un sujet au sein de l'Assemblée nationale, un sujet de débat. Est-ce que tu peux nous expliquer la position qui a été défendue par le groupe de la France Insoumise sur cette question à l'Assemblée nationale dans l'hémicycle ?

Alors, déjà, peut-être pour revenir un petit peu en arrière, En gros, nous, pour notre niche parlementaire, on voulait mettre au débat une proposition de résolution sur le traité de libre-échange de Mercosur. Il a été jugé irrecevable par le gouvernement. Quelques semaines après, le gouvernement s'en mordait les doigts parce qu'il y a encore plein de mobilisations agricoles, notamment pour s'opposer à ce traité de libre-échange.

Et donc, nous, on a demandé à ce qu'il y ait un débat dans l'hémicycle avec un vote. Donc, c'est le gouvernement qui a mis au débat à l'Assemblée. Et donc, il y avait un discours du gouvernement, et ensuite, prise de parole des différents groupes, et ensuite un vote.

Et nous, par rapport au discours qui a été porté par le gouvernement, en fait, on n'était pas d'accord avec ce discours de dire qu'on le refuse tel qu'il est, on va essayer de travailler à l'améliorer pour pouvoir protéger mieux les agriculteurs. Et en fait, nous, on dit qu'on est contre ce traité de libre-échange, avec ou sans close-miroir. Et c'est pour ça que notre vote contre, c'était contre le discours et la volonté du gouvernement de vouloir retravailler un peu l'accord de libre-échange.

Aurélie, le vendredi 6 décembre, Ursula von der Leyen, qui est la présidente de la Commission européenne, a annoncé l'aboutissement des négociations entre la Commission européenne et donc le Mercosur, les pays du Mercosur, pour le traité de libre-échange. Quelle est ta réaction par rapport à ça ? Quelle réaction ?

Évidemment, c'est désastreux. Mais bon, ça ne m'étonne absolument pas de la Commission européenne. La Commission européenne a toujours été ultra-libérale.

Donc en réalité aujourd'hui, c'est surtout que va faire le président Macron ? Est-ce qu'il continue à faire la carpette, on peut dire ça comme ça ? Ou est-ce qu'il tape du poing sur la table réellement et il s'oppose réellement à ce traité ?

Je crains qu'il soit dans la première option. C'est qu'en réalité...

Je vais vous dire, le président Macron, il est pro-accord de libre-échange, il est ultra-libéral depuis le début. C'est son idéologie. Et donc en réalité, il va faire semblant encore de continuer à s'opposer.

Et in fine, il y aura cet accord. Il dira, bah désolé, je pouvais rien faire. Pour finir, Mathilde, est-ce que tu pourrais nous expliquer, à l'inverse de ce traité de libre-échange, ce que la France insoumise défend sur le sujet et ce qu'on mettrait en place si on arrivait au pouvoir ?

Nous, à la France insoumise, on...

On veut remettre en place des outils de régulation du marché, c'est-à-dire des prix planchers ou en tout cas des prix rémunérateurs garantis aux agriculteurs qui prennent en compte le coût de production et la rémunération, de réfléchir à ces prix rémunérateurs filière par filière et par bassin de production. Et ensuite, on voit aussi que l'industrie agroalimentaire et la grande distribution font des marges sur le dos des agriculteurs. encadrer ces marges.

Donc ça, c'est aussi une proposition qu'on porte à la France. Mathilde, Aurélie, merci d'avoir répondu à nos questions sur le Mercosur. On est sûr maintenant que nos auditeurs en savent un peu plus sur ce traité de libre-échange.

C'est pas toujours simple de comprendre ces questions-là. Merci donc d'avoir répondu à nos questions. Et on passe maintenant au sujet suivant de notre podcast.

J'en suis sûr que vous l'attendez toutes et tous. La nomination de François Bayrou comme Premier ministre et les réactions des Insoumis. C'est parti.

Il faut bien le dire, cela faisait plus d'une semaine que l'on attendait cette information. Et ce vendredi, peu avant 13h, l'alerte tombe, François Bayrou est nommé Premier ministre d'Emmanuel Macron. Tout ça, évidemment, s'inscrit dans un contexte très particulier, puisque Bayrou succède à Michel Barnier, lui-même tombé avec son gouvernement, après la motion de censure déposée par les Insoumis et votée par une majorité à l'Assemblée Nationale, qui répondait elle-même à l'utilisation d'un NIM 49.3 pour essayer de passer en force sur le budget de l'État.

La situation est donc particulière et alors qu'Emmanuel Macron vient de nommer l'un de ses plus anciens et de ses plus fervents soutiens, François Bayrou, les insoumis commencent à réagir sur les réseaux sociaux. Sur Twitter, par exemple, Clémence Guetté parle de l'agonie interminable des macronistes quand Jean-Luc Mélenchon, lui, souligne que nous sommes déjà à quatre premiers ministres pour une seule année. Et il ajoute, je cite, trois degrés, un de force, Bayrou devrait aussi nommer un autre président Mathilde Panot, elle, annonce d'emblée que la France insoumise... votera la censure du nouveau Premier ministre à l'Assemblée nationale.

Au moins, l'ambiance de travail est posée. Et bien sûr, dans les médias, les Insoumis réagissent également. On écoute tout de suite Manuel Bompard sur LCI et Éric Ocrel sur BFM, qui tous les deux dénoncent le fait que François Bayrou va poursuivre la même politique, la politique macroniste.

À Matignon, on les écoute. Vous savez, M. Bayrou, il a été dans le premier gouvernement de M.

Macron en 2017. Il a été solidaire de l'ensemble des politiques qui ont été mises en place par M. Macron et par ses différents gouvernements depuis 2017.

Les députés du Modem à l'Assemblée nationale, à chaque fois que nous avons fait des propositions pour mettre en place précisément une autre politique, ils s'y sont opposés. Donc je ne crois pas une seule seconde, un seul instant, que M. Bayrou ait l'intention d'introduire une forme de rupture avec la politique macroniste.

Or les Françaises et les Français, ils ont précisément voté pour une rupture avec les politiques macronistes. Donc à un moment nous sommes dans une démocratie, il faut écouter le peuple. Et à force de passer en force en permanence et d'infliger en quelque sorte des bras d'honneur au peuple, à la fin il ne faut pas s'étonner que les gouvernements tombent.

Et je pense que le président de la République a encore mis le pays dans une situation qui est une situation assez dramatique, en imposant à un Premier ministre, en conservant, en s'accrochant au pouvoir comme il le fait depuis maintenant plusieurs mois. malgré le résultat des dernières élections. Mais à partir du moment où c'est un Premier ministre qui reste du bloc macroniste, pour quoi qu'on en dise, continuer à appliquer la politique économique de M.

Macron, qui est minoritaire dans le pays, qui n'est donc pas légitime, bien sûr nous allons le censurer, on va jouer notre rôle d'opposant. Pourtant, on le disait en plateau à l'instant, il y a des sujets sur lesquels vous pourriez vous retrouver, la taxation des super profits par exemple. J'en sais rien, vous dites ça, mais je ne suis absolument pas certain que...

M. Béroux va aller plus loin que M. Barnier, c'est-à-dire des mesures dans ce sens-là qui étaient homéopathiques.

Je sais que certains de ses partisans à l'Assemblée, je pense notamment à mon collègue et ami Jean-Paul Matéi. Il souhaitait un peu aller plus loin, mais je n'ai nulle information pour laisser penser que M. Bayrou est sur cette position.

Donc là, pour l'instant, au moment où on se parle, il y a deux choses déjà qu'il faut dire. C'est que M. Macron vient d'amuser la galerie pendant une semaine quand même, parce que c'était le premier nom qui circulait.

C'est le dernier nom qui arrive à Matillon. Et on voit qu'entre-temps, il se sera servi de ça pour finalement, notamment, essayer de diviser le nouveau Front populaire. De son côté, Antoine Léaumant, qui était interrogé le matin même, c'est-à-dire avant la nomination, Parlait déjà bien sûr de François Bayrou puisque son nom était dans les petits papiers.

Il nous rappelait que Bayrou était celui qui avait inventé le macronisme. Il s'attardait sur le personnage. Écoutez Antoine Léaumont.

En fait je suis sidéré. Monsieur Macron a perdu les élections à deux reprises et il ne fait pas un élargissement, il fait un rétrécissement sur les fondamentaux du macronisme. Je veux dire que monsieur Bayrou est celui qui a inventé le macronisme parce qu'en réalité tout le monde l'oublie.

Mais en 2007 c'était celui qui disait ni gauche ni droite, il faut faire autrement. Il avait exactement le discours de Macron. Et... en 2007 et M.

Macron n'a fait qu'imiter M. Bayrou en 2017. Tout le monde a dit quel panache, etc.

Mais ça avait déjà été fait dix ans avant en réalité. Donc M. Bayrou, c'est un recentrement, un resserrement sur le dernier carré de la Macronie.

Et moi, ça m'inquiète beaucoup parce que ça pourrait vouloir dire une volonté d'avoir une pratique du pouvoir qui soit encore plus autoritaire que celle qu'on a pu connaître jusqu'à présent. Bien sûr, à peine nommé, François Bayrou est déjà sous les projecteurs. Et pendant son discours de passation... avec Michel Barnier.

Il va parler de réconciliation, un terme sur lequel Aurélie Trouvé, la députée insoumise, s'est arrêtée. Écoutez ce que dit Aurélie Trouvé sur cette idée de réconciliation. La réconciliation, elle n'est possible que quand il y a le respect du B.A.B. de la démocratie.

C'est-à-dire qu'il y a eu un vote des Français au mois de juillet, avec des élections législatives qui ont été provoquées par le président lui-même. Et il y a une force qui est arrivée première de l'Assemblée nationale, c'est le nouveau Front populaire. Et donc, depuis le mois de juillet, nous demandons...

à ce que nous puissions gouverner pour rompre avec la politique d'Emmanuel Macron. A la place, nous avons eu d'abord Michel Barnier pour poursuivre la politique d'Emmanuel Macron. Et aujourd'hui, nous avons encore plus macroniste, bien plus macroniste encore que Michel Barnier, puisque c'est n'intôtre que son ministre de la Justice de 2017, qui a fait une pause parce qu'il avait des ennuis judiciaires, à savoir François Bayrou.

Enfin, Aurélie Trouvé remet les choses au centre. Elle parle de la crise sociale. Elle dit aussi d'Emmanuel Macron qu'il est hors sol et totalement déconnecté de la colère des Français.

Et ce sont peut-être les meilleurs mots pour conclure ce sujet. Écoutez Aurélie Trouvé. Je suis aussi effarée, effarée, de la comédie qu'il nous sert maintenant depuis une semaine, mais à laquelle on pouvait s'attendre, puisqu'il a dit dès jeudi soir Ah non, mais moi je suis responsable de rien, c'est la faute de tous les autres.

Le HUB, j'ai peut-être fait un truc mal, c'est la dissolution. Pour le reste, tout va bien. Je crois qu'il est complètement hors sol et vis-à-vis de la colère, de la détresse des Français.

Et moi, ce qui m'intéresse, et je finis là-dessus, parce que... en fait toute sa comédie visée aussi à oublier le reste.

Ce qui m'intéresse aujourd'hui, c'est qu'il y a par exemple 2,6 millions de Français qui attendent un logement social. Et il y en a un million de plus là en quelques mois. Ce qui m'intéresse, c'est qu'il y a 300 000 emplois qui sont menacés l'année prochaine.

C'est une véritable saignée avec un taux de chômage qui est en train de repartir à la hausse de façon monstrueuse. Ce qui m'intéresse, c'est que l'industrie, elle est en train d'être sacrifiée par une politique ultra-libérale, sans planification d'ailleurs, avec un soi-disant commissariat au plan. commissaire au plan Bayrou qui n'a rien fait pendant quatre ans.

Alors, cette fois, combien de temps va durer le nouveau Premier ministre d'Emmanuel Macron, François Bayrou, le quatrième Premier ministre de l'année pour l'État français ? On ne sait pas tellement et la réponse sera dans les prochaines semaines. Mais en attendant, un peu plus d'informations au sujet de cette nomination.

C'est lors de la carte blanche de l'insoumission qui nous parle de la déception des adhérents et des militants du Parti Socialiste suite à la stratégie utilisée par leur... parti dans les négociations avec Emmanuel Macron, c'est assez édifiant.

Écoutez. Ce vendredi 13 décembre, François Bayrou a été nommé Premier ministre, mettant ainsi fin à huit jours de fausses tractations à l'Elysée et de faux suspens. Emmanuel Macron aura cherché tout du long à diviser les forces du nouveau Front populaire.

La séquence aura permis de montrer toute la faiblesse d'esprit de certains partenaires, notamment du Parti Socialiste. S'ils font une grande coalition avec Macron, je rends ma carte. C'est le propos de nombreux militants socialistes. que l'humanité et l'insoumission ont pu retranscrire dans leur colonne cette semaine.

En cause, l'orientation du parti socialiste s'étendit près à des concessions réciproques avec les macronistes et les républicains, et allant, certains socialistes, jusqu'à adouber avant même sa nomination, l'idée de François Bérou, Premier ministre. Pour Karim Bouhamran, maire de Saint-Ouen, si Bérou apporte de l'apaisement, j'achète, a-t-il déclaré. Une chose est sûre, dans le parti à la rose, Le niveau de cacophonie est proportionnel au nombre de courants et de sous-courants.

Et dans ce magma, Et cédant à son aile droite, Olivier Faure a accepté le rendez-vous à l'Elysée la semaine dernière, en se disant prêt à des compromis. Comprendre, passer à la trappe tout le programme de NFP signé en juin dernier, et dont Olivier Faure avait pourtant dit qu'il ne bougera pas. Le secrétaire général du PS a déjà commencé en s'abordant l'abrogation de la retraite à 64 ans, refondu en une obscure conférence de financement.

A deux doigts de passer dans la nouvelle saison 4 des traîtres sur M6. A-t-il oublié sa déclaration estivale ? Lorsqu'à Blois, le 30 août dernier, il déclarait avec gravité, je cite, Macron est prêt à vous dire que vous pourrez tout avoir à la seule condition que vous rapportiez le scalp du NFP A-t-il oublié aussi le serment du 8 juin 2023 ?

Ce moment où toutes les forces du NFP se sont jurées de tout faire pour abroger la retraite à 64 ans ? Après les rencontres à Élysée, le résultat a été sans appel. Du vide intersidéral à rien.

Et le PS a ensuite développé un objet politique non identifié, une drôle d'idée, celle d'un accord de non-censure. Cela n'existe pas. Mais la question se pose.

Alors que M. Macron est minoritaire et a été battu aux européennes et législatives, et par la censure de M. Barnier, pourquoi lui permettre de continuer sa politique en assurant une non-censure ?

Dans un communiqué publié une heure après la nomination de M. Berroux, rebelote. Les dirigeants du PS déclarent Nous attendons des garanties indispensables pour éviter une nouvelle censure.

Mais pourquoi vouloir à tout prix éviter la censure ? Avec le dernier des macronistes, Berroux, ancien combattant de la guerre sociale macroniste, solidaire de toutes les politiques macronistes depuis 2017. Pourquoi éviter la censure d'un gouvernement dont l'existence même revient à nier le programme du NFP victorieux aux élections législatives ?

Les Français et les électeurs s'en souviendront. Une chose est sûre, si les dirigeants du PS semblent avoir oublié le programme du NFP, ce n'est pas le cas de certains de leurs militants. La censure d'un gouvernement dirigé par un macroniste est le moyen le plus rapide d'aller à la démission de l'homme responsable du blocage du pays, Emmanuel Macron.

Les Insoumis l'ont bien compris, ils ont d'ores et déjà annoncé la censure de Beyrouth, et une fois cela fait, viendra la censure du locataire de l'Elysée. Merci Sylvain pour cette carte blanche de l'Insoumission. C'est maintenant l'heure du sujet suivant de notre podcast, le meeting à Redon cette semaine de Jean-Luc Mélenchon et Mathilde Igné.

C'est parti. Plus de 700 personnes dans la salle, plus de 8000 personnes en direct sur les réseaux sociaux pour suivre le meeting. Le moins qu'on puisse dire, c'est que cet événement de lundi soir était une véritable réussite.

Et on écoute d'abord Mathilde Igné qui revient sur le mépris des macronistes à l'Assemblée nationale et qui parle des aspirations du milieu rural. Elle parle de justice, de partage et de démocratie. On écoute.

Mathilde Ligné. Ils ont insulté les classes populaires en disant qu'à 64 ans, on est encore en forme. Quelques jours avant, j'étais à la ferme avec mes parents qui ont 60 ans et qui espèrent, eux, ne pas être trop cassés, arriver à la retraite.

Leur salarié, d'ailleurs, disait qu'elle avait calculé qu'elle avait porté 23 tonnes de patates le mois dernier. Eux, comme d'autres, peuvent témoigner qu'à 64 ans, eh bien tout le monde... n'est pas en pleine forme.

Et en fait c'est là où on se rend compte qu'avec seulement 6% d'ouvriers et d'employés à l'Assemblée nationale, eh bien ça pose un vrai problème de représentativité. Ici, à la campagne, comme dans les quartiers populaires, nous voulons la justice, la paix, le partage, la reconnaissance, la démocratie. La justice tout d'abord, c'est être traité avec respect, comme les honnêtes travailleurs et travailleuses que nous sommes.

Ce n'est pas juste quand, à quelques kilomètres d'ici, trois camions de gendarmes débarquent pour contrôler un jeune éleveur en bio. Ce n'est pas juste quand des entreprises fermes délocalisent et laissent les travailleurs et travailleuses sur le carreau. Rendez-vous compte, depuis deux ans, c'est plus de 300 000 emplois supprimés ou menacés.

Des plans de licenciement massifs ont lieu chez Michelin, Yves Rocher, Auchan, Casino ou Forvia. En échange, les salariés ont eu le droit à quoi ? Deux années de retraite volée et un durcissement de l'assurance chômage.

Et les gouvernements successifs ont laissé les grandes entreprises se gaver d'argent public à hauteur de 260 milliards d'euros, un quart du budget de l'État. C'était ensuite au tour de Jean-Luc Mélenchon de prendre la parole. Il est notamment revenu sur la stratégie du nouveau front populaire et sur la création d'un nouveau bloc social et politique, d'un bloc populaire.

On l'écoute. Le nouveau front populaire a une double nature. D'une part, il est un accord politique entre des organisations.

D'autre part, il est un accord dans le peuple. Cet accord n'est possible et ne s'est fait que sur la base d'un programme. Et seul ce programme peut rassembler notre peuple, de notre côté. personne n'est prêt à accepter qu'on renonce à abolir la retraite à 64 ans.

Et nous n'avons dit à aucun moment que nous accepterions d'en discuter. Et nous n'avons dit à aucun moment que nous ne savons pas comment financer l'abandon de la retraite à 64 ans. Parce que nous savons le faire.

Parce que c'est quelque chose de facile à faire. Si nous abandonnons les nôtres, alors le résultat on le connaît d'avance. Ils chercheront le moyen par lequel abattre ce système, même s'ils savent qu'ils peuvent déclencher des catastrophes.

Voilà pourquoi, nous, c'est notre honneur, c'est notre volonté de construire un nouveau bloc social et politique, celui des quartiers populaires, des travailleurs les plus déshérités, des jeunes qui, à peine arrivés, sont déjà surexploités, des apprentis, des jeunes gens qui font la queue pour pouvoir avoir quelque chose à manger. au restaurant universitaire, etc. On a besoin de tout le monde, on a besoin d'intelligence.

Et évidemment, actualité politique oblige, Jean-Luc Mélenchon est également revenu sur la stratégie des insoumis vis-à-vis d'Emmanuel Macron pour essayer de le forcer à partir. On parle de destitution, on parle de référendum révocatoire. Écoutez Jean-Luc Mélenchon.

Mais quand l'exécutif a un pouvoir important, alors quand on est républicain, il doit y avoir une contrepartie dans le pouvoir populaire. Il faut arriver à faire coïncider la stabilité des institutions. Écoutez, on ne peut pas vivre en assemblée générale permanente ou en défilé permanent.

Et le droit d'intervention populaire, à tout instant, à l'intérieur du processus politique. Voilà pourquoi, par exemple, je ne vais pas vous saouler ce soir avec la constitution de la 6ème République, mais ce que vous venez de voir là, si nous sommes obligés de parler d'institution, C'est parce qu'il nous manque un autre moyen, facile, le référendum révocatoire. N'importe quel élu, n'importe où, moyennant certaines conditions, des signatures réunies, etc., doit pouvoir être retiré de son mandat en cours de route.

Nous allons faire partir M. Macron, et il s'en ira, ou bien parce qu'il aura compris qu'il y va de sa dignité et de sa responsabilité dans l'histoire du peuple français, ou bien...

Parce que le vote l'y obligera, parce que la motion de destitution, elle est toujours là-bas et elle arrive dans la plénière le jour où elle est inscrite de nouveau à la commission. Et nous recommencerons une fois, deux fois, trois fois, quatre fois, autant de fois qu'il faut ! Monsieur Macron ne peut pas rester 30 mois au pouvoir sur la base d'un Premier ministre tous les deux mois.

Et après ces prises de parole, le moins qu'on puisse dire, C'est que pour les spectateurs présents, les réponses étaient plutôt simples et rapides à donner lorsqu'on leur demandait pourquoi Emmanuel Macron doit-il partir. Écoutez-les. Parce qu'il met le chaos dans le pays.

Parce que c'est lui qui est à l'origine de la situation qu'on vit maintenant. Et de toute façon, il prétend qu'il cherche des solutions, mais en fait il n'y a aucune solution qui lui permette de faire aucun compromis avec la gauche. Donc on ne pourra pas en sortir tant qu'il sera là.

Aujourd'hui, il n'a plus de légitimité. Il faut savoir qu'il a été battu plusieurs fois dans les urnes. Et qu'aujourd'hui, il essaye tant bien que mal de trouver une majorité quelque part, mais que cette majorité, on sait qu'elle ne peut pas être trouvable ailleurs que par les nouveaux populaires et par la France en soi.

Il faut qu'il accepte les urnes et qu'il accepte de nous laisser notre place. Parce que depuis qu'il a été élu pour la première fois il y a 7 ans, il a enchaîné toutes les erreurs politiques possibles et inimaginables. Il a eu un quinquennat et deux ans de plus, c'est une vêtement catastrophique.

Il promet, il ne tient jamais les promesses, c'est toujours dû en même temps. Il se comporte comme un despote, un petit roi et il les méprise. Il doit partir parce que là, c'est une situation de blocage, de crise, il n'y a pas de majorité.

On ne peut pas redissoudre. Alors la seule solution pour qu'on retourne au vote et que le fils de nouveau laisse la parole au peuple, c'est l'élection présidentielle. C'est l'heure de passer au sujet suivant de notre podcast.

Nous allons maintenant parler de la crise sociale, une habitude dont tous parlent au peuple. Et on démarre avec...

Claire qui a suivi, Manuel Bompard, jeudi à la rencontre de travailleurs mobilisés. Écoutez. Bonjour à toutes et à tous.

Souvenez-vous, la semaine dernière, nous nous étions rendus aux côtés des salariés de Auchan qui subissent eux aussi de vastes suppressions d'emplois. Ce jeudi 12 décembre et à l'occasion de la journée nationale de convergence des luttes pour l'emploi à l'appel de la CGT, les députés insoumis se sont déplacés dans différentes régions de France pour une journée de mobilisation pour l'industrie. Nous avons donc suivi Manuel Bompard sur toute cette journée.

Nous sommes rendus d'abord auprès des salariés de Valeo, Valeo qui est un équipementier automobile. On sait que la filière automobile est très largement frappée aujourd'hui par des plans de suppression d'emploi. Et c'est le cas en particulier à Valeo et sur le site qui se trouve à Saint-Quentin-Falavier, c'est à la frontière entre le Rhône et l'Isère, où il y a des suppressions d'emploi qui sont prévues maintenant, dans les prochains jours et dans les prochaines semaines.

Et puis ensuite, l'après-midi, nous nous sommes rendus auprès des salariés de Vancorex, qui est une entreprise de la filière de la chimie, qui transforme de la saumure pour produire du sel, qui ensuite est utilisée dans toute la chaîne industrielle, notamment pour fabriquer un certain nombre de produits chimiques qui sont indispensables. Par exemple, pour vous donner un exemple, dans la conception des fusées Ariane, dans la conception de certaines pièces qui sont utilisées dans l'industrie nucléaire. Donc on voit bien qu'il y a autour de cette production, de cette fabrication, un enjeu qui est un enjeu décisif, évidemment de maintien de l'emploi, de maintien des savoir-faire, on parle de plusieurs centaines d'emplois qui sont menacés, mais aussi des enjeux de souveraineté puisqu'on parle de filières qui sont des filières stratégiques déterminantes et des enjeux écologiques parce que ce sont des sites qui sont des sites polluants.

Et donc évidemment qu'accepter ces suppressions d'emplois et aller vers en quelque sorte la fermeture de ces sites, ça va poser des questions de dépollution par exemple qui vont être... majeure.

Sous Macron, tout s'écroule. La désindustrialisation de la France s'intensifie, alors même que les grandes entreprises ont reçu énormément d'aides publiques. C'est ce que pointe notamment Sandrine, syndicaliste CGT avant Corex.

Sur cette plateforme, on a eu des investissements importants sur des cellules d'électrolyse qui ont permis de moderniser l'installation et de la sécuriser. Ce sont des installations qui ont bénéficié de plusieurs millions d'euros. de subventions publiques, je crois même que c'est 38 millions d'euros en 2016.

En 2016, c'était hier, dans l'échelle industrielle, c'est des installations qui sont neuves aujourd'hui. Ça veut dire qu'on va sacrifier des installations qui ont été payées par nos deniers. Chacun y a contribué et on va sacrifier ces installations parce qu'en fait, les industriels ont décidé de simplement regarder aux bornes de leur entreprise, chacun leur profit.

Et derrière, on laisse tomber des pans entiers de l'industrie. Mais alors, que font-ils de tout cet argent ? Quels choix font les directions ?

Hassan, syndicaliste chez Sud, sur l'entreprise Valeo, s'est également confié à nous. Valeo, c'est un gros site. On a entendu les chiffres, c'est 24 milliards de chiffre d'affaires.

C'est 271 millions de cash flow. Donc, ils ont les moyens. Ils sont implantés dans le monde entier.

Et la direction a fait un choix. a fait un choix de délocaliser les lignes de production françaises, notamment à l'étranger, en Pologne, dans un pays à Bakou, ou bien en Turquie. Notre activité est imbriquée avec pas mal d'autres activités de la filière d'industrie chimique.

Et donc, une chute de Montcorex, ça pourrait avoir un impact sur beaucoup d'autres entreprises et des emplois qui s'estiment à 5000 emplois qui pourraient être menacés par notre fermeture. Donc...

Voilà pourquoi on se mobilise, à la fois pour sauver nos emplois, sauver l'activité sur la plateforme de Pontclair, ici où nous sommes, et aussi parce que c'est le premier domino de toute une chaîne qui pourrait tomber. Ce que nous dit Sandrine, c'est finalement que les salariés ne se battent pas seulement pour leurs emplois, à elles et eux, mais pour toute l'industrie en France. Manuel Bompard nous rappelle d'ailleurs toute la responsabilité de l'État dans ces fermetures.

Donc on considère que l'État a sa responsabilité, a son mot à dire sur ce sujet. Il ne peut pas laisser comme ça les emplois être supprimés sans rien faire et sans exiger un minimal remboursement des aides publiques. Et nous sommes allés soutenir la mobilisation, mais aussi y porter les propositions politiques que l'on fait, en particulier l'idée de voter une loi pour interdire les licenciements boursiers.

La présence des députés insoumis permet aux salariés menacés d'évoquer avec elles et eux leurs revendications, pour qu'ils puissent à leur tour les porter. Aujourd'hui, on porte un projet de nationalisation de l'entreprise, alors au moins un projet de nationalisation temporaire, parce qu'il nous semble que c'est le seul projet qui puisse permettre la continuité de cette activité, avec les délais qui nous sont impartis. Donc forcément, les députés vont avoir à porter ce projet ensuite derrière, au niveau de l'Assemblée.

Donc c'est important qu'ils viennent aussi nous rencontrer pour prendre la mesure de la situation, comprendre les enjeux, et puis pouvoir s'impliquer derrière. Sur place, et lors de notre rencontre avec Hassan notamment, On se rend compte qu'il y a beaucoup d'attentes envers les Insoumis. Nous, on voit clairement que les seuls députés qui sont le plus proches du terrain des salariés, ce sont les députés du Nouveau Front populaire, mais plus précisément ceux de la France Insoumise.

Quand on contacte les attachés parlementaires de Manuel Bompard, de Sandrine Nosbé, de Edirne Mauvertit, et qui sont là dans la semaine, on sent du soutien. Et c'est ce qui nous manque. Aujourd'hui, on ne va pas à nos emplois.

On est fatigués. On est fatigués de tout ça. Donc nous, on va essayer au maximum de faire partie des endignements.

La moyenne d'âge qu'on a sur le site, c'est la cinquantaine d'années. On a beaucoup de femmes qui sont seules, c'est difficile pour elles et nous on s'inquiète beaucoup pour elles sur leur classement. Ça va être très difficile pour elles donc c'est pour ça que nous on a besoin de soutien des députés, de l'autre ouvrière, de tous ceux qui sont là pour les travailleurs, les salariés.

Donc c'est pour ça qu'on remercie la Fondation Insoumise, on est à fond derrière vous mais nous on compte aussi sur vous pour, comme il a dit tout à l'heure Manu, de pousser pour que les gens changent. Les lois changent, il faut qu'on arrête le licenciement. Un pied en dedans, un pied en dehors, c'est bien la stratégie de toujours des insoumis.

Et c'est ainsi que Manuel Bompard a conclu la journée. Notre devoir en tant que parlementaire c'est aussi d'aller appuyer, soutenir les mobilisations et montrer que de ces mobilisations on porte ensuite des revendications politiques qu'on défend à l'Assemblée Nationale. Et toujours au sujet de cette crise sociale qui s'abat sur le pays, ce jeudi en manifestation à Paris, nous avons croisé Manon Aubry qui nous expliquait pourquoi elle s'était rendue aux côtés de l'intersyndicale.

On écoute Manon Aubry. C'est important pour nous à la France Intimidate d'être là parce qu'on parle de quand même plus de 300 000 emplois dans le pays qui sont menacés dans des entreprises comme Michelin, Valeo, Decathlon, Auchan. Et en fait, il y a un point commun à toutes ces boîtes, c'est que la plupart d'entre elles, elles font des bénéfices records.

Ces bénéfices sont réalisés grâce aux salariés et derrière ils licencient les salariés. Pour nous, ce qui est très clair, c'est qu'il faut mettre la pression sur le nouveau gouvernement qui existe, pour faire une règle très claire. Pas de licenciement boursier, pas de licenciement si les entreprises font des bénéfices, pas de licenciement si elles reçoivent de l'argent public et des aides d'État.

Parce que l'économie de notre pays, elle tient tout entière sur les salariés qui, eux, travaillent au quotidien et dont il faut préserver l'emploi. qui est menacée aujourd'hui plus que jamais par quelques ogres actionnaires avides de profit. C'est maintenant l'heure du dernier sujet de notre quatrième épisode de Touche pas à mon peuple, et c'est la carte blanche de l'ILB.

Cette fois, c'est Manuel Ménal de l'ILB qui nous présente le livre Inflation, qui gagne, qui perd, pourquoi, que faire ? Ça va vous donner envie de le lire à coup sûr. Manuel, c'est à toi.

Bonjour, à l'Institut Lavoisier, on publie désormais sur notre site internet des recensions de livres qu'on a aimés. et qu'on pense faire utile de connaître pour mieux comprendre le monde dans lequel on vit. Et cette semaine, nous publions une recension d'un ouvrage qui décortique le retour, ces dernières années, d'un phénomène économique très important, l'inflation.

Ça s'appelle Inflation, qui gagne, qui perd, pourquoi, que faire ? C'est co-écrit par Éric Baer, Sylvain Billot et Jonathan Marie, et c'est paru aux éditions du Seuil. Alors, sans dévoiler tout le contenu de ce livre et du résumé qu'on en publie, Voici quelques bonnes raisons de s'y intéresser.

D'abord, vous trouverez dans notre sanction un bilan de l'épisode 2021-2023 de la hausse des prix assez différent de celui que vous pourriez entendre dans les médias mainstream. Le premier mot-clé de ce bilan, en effet, c'est les inégalités. Et oui, car derrière un taux d'inflation unique se cachent des conséquences bien différentes selon que vous êtes riche ou pauvre, grand ou petit.

On apprend ainsi que si le salaire moyen a bel et bien baissé, puisque ça a aussi été inférieur à l'inflation, les revenus des rentiers, eux, ont bien augmenté. En effet, les revenus issus d'un patrimoine immobilier ont augmenté plus vite que l'inflation et les revenus du patrimoine financier, les dividendes, encore plus vite. Selon que vous soyez salarié ou rentier, ce sont donc deux histoires bien différentes que vous avez vécues pendant ces années d'inflation.

Mais ce n'est pas tout. L'inflation a aussi accru les inégalités entre les entreprises. Toutes ne sont pas aussi dépendantes aux matières premières dont le prix a augmenté en flèche, c'est-à-dire l'énergie, les produits agricoles.

Un cabinet de conseil ou de service financier va être assez peu concerné par ces hausses, tandis qu'une industrie productive, beaucoup plus. Toutes n'ont pas non plus la même possibilité de répercuter la hausse des coûts sur leur prix. Typiquement, la petite boulangerie de quartier a dû supporter une montée en flèche du prix de la farine du blé, du gaz, Mais elle ne peut pas, elle, tripler le prix, quadrupler ou multiplier par 10 le prix de la baguette.

A l'inverse, les grandes entreprises de l'agroalimentaire...

Elles ont une surface qui leur permet de mieux absorber la hausse du prix d'une matière première. On dit un intrant, mais aussi d'augmenter leur prix sans perdre en vente. On parle dans ce cas de pouvoir de marché.

L'inflation a donc produit une redistribution entre les entreprises, au profit uniquement de quelques secteurs bénéficiaires comme l'énergie, le raffinage ou l'agroalimentaire. Ce qui nous amène à la seconde conclusion. de l'épisode d'inflation, le rôle joué par les profits.

Ça a déjà été démontré plusieurs fois, dont la première d'ailleurs, par une note du département d'économie de l'Institut Labo ici, en avril 2023. À partir de 2022, ce sont les profits qui sont principalement responsables de la hausse des prix. Les auteurs montrent ainsi dans le livre que 41% de la hausse des prix en 2022-2023 était due aux profits.

Et dans le secteur de l'énergie, c'est même 100% de l'inflation de ces années qui s'explique par les marges des entreprises. La leçon, c'est que les présupposés idéologiques sur lesquels se sont basés les pouvoirs publics face à l'inflation étaient en fait en total décalage avec la réalité. Ils reposaient sur la croyance que l'inflation serait liée uniquement à la relation entre salaire et prix, c'est-à-dire ce que les économistes libéraux nomment la relation de Philips, du nom de l'économiste qu'il a inventé.

En gros, selon Philips, plus le chômage est haut, moins les salariés demandent des hausses de salaire et donc plus l'inflation en EUR. C'est donc sur cette base, sur cette justification que la politique de la Banque Centrale Européenne, l'institution qui contrôle les taux d'intérêt, c'est-à-dire le prix du crédit, s'est faite. En augmentant les taux d'intérêt, la BCE a fait ralentir l'activité, augmenté le chômage et donc produit une baisse des salaires réels comme objectif affiché de freiner l'inflation.

Sauf que ça a été sans effet sur les causes réelles de l'inflation. En revanche, ça a eu un effet bien réel, faire payer la crise aux salariés tout en protégeant les rentiers. Maintenant que le taux d'inflation diminue, ce qui ne s'y finit pas que les prix diminuent, mais simplement qu'ils augmentent moins vite, les auteurs s'interrogent.

La hausse des prix peut-elle revenir ? À rebours du discours dominant qui répond non, ils nous disent Attention, car les causes structurelles de la dernière crise inflationniste sont bien toujours là. La première de ces causes, c'est la baisse de la productivité du travail dans le capitalisme contemporain.

C'est-à-dire que le capital n'arrive plus à produire plus avec la même quantité de travail, ce qui normalement lui permet d'augmenter ses profits. Alors, il est fortement tenté, à la place, d'augmenter les prix pour maintenir ou augmenter ses marges. La deuxième...

C'est la mondialisation de l'économie qui organise notre dépendance aux autres pays pour s'approvisionner en matières premières et en produits industriels. Or, ces circuits d'approvisionnement sont rendus plus vulnérables par la crise écologique et les tensions géopolitiques. Les sécheresses, les inondations, les pandémies, notamment, sont amenées à se répéter de plus en plus souvent, ce qui va continuer à produire des tensions sur notre approvisionnement et donc sur les prix.

Que faire donc ? Dans notre ascension, vous y découvrirez aussi les pistes qu'il propose pour lutter autrement contre l'inflation. Le renforcement du pouvoir des salariés pour que les salaires suivent l'augmentation des prix, l'indexation des salaires, le contrôle stratégique sur certains prix, ou encore la réforme de la Banque Centrale Européenne.

Les idées ne manquent pas pour construire une réponse durable et juste à l'inflation qui ne pénalise pas cette fois le plus grand nombre. Pour en savoir plus, je vous invite à consulter notre sanction sur le site institutlaboisy.fr et si vous la trouvez utile, vous pouvez aussi la partager sur Twitter, Facebook, Instagram, Telegram ou LinkedIn.

Et n'hésitez pas, bien sûr, à vous procurer chez votre libraire le livre Inflation, qui gagne, qui perd, pourquoi, que faire ? et l'offrir à Noël. Voilà, c'est la fin de ce quatrième épisode de Touche pas à mon peuple le podcast de la France insoumise.

N'hésitez pas...

à nous faire vos retours sur ce podcast. Vous êtes nombreux à l'écouter. On a pas mal de commentaires, mais on n'en a jamais trop.

Si vous voulez nous dire pourquoi vous appréciez, si vous voulez nous parler des sujets que vous aimeriez entendre traiter dans le podcast, n'hésitez pas à le faire dans les commentaires. Et puisque vous êtes nombreux et nombreux à nous écouter sur YouTube, je me permets aussi de vous dire ou de vous rappeler que Touche pas à mon peuple est également disponible sur les plateformes de podcast. Comment nous trouver ?

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