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interviewfranceinfo — 8h30 franceinfo· 15 février 2018 25 min

"Jean-Luc Mélenchon essaie de mettre dans la tête des jeunes un sentiment décliniste et fataliste", estime Gabriel Attal

Transcription Whisper (large-v3), avec identification des locuteurs. À recouper avec la source d'origine.

0:13
Présentateur

L'interview politique sur France Info, à la radio, à la télévision avec notre invité ce matin, Gabriel Attal, qui est député des Hauts-de-Seine et porte-parole de La République En Marche, Jean-Michel Apathy. Bonjour Gabriel Attal. Bonjour Jean-Michel Apathy. Gérald Darmanin est ministre des Comptes Publics. Il était déjà l'objet d'une plainte pour viol par surprise. Une deuxième plainte a été déposée mardi. Il s'agit là, selon la plaignante, d'une plainte pour abus de faiblesse. Comment vous réagissez ? C'est la troisième plainte concernant le membre du gouvernement. La deuxième, donc, pour Gérald Darmanin. Comment vous réagissez face à ces événements ?

0:48
Gabriel Attal

Écoutez, c'est évidemment jamais agréable. Je ne vais pas dire le contraire. Après, le Premier ministre a fixé une règle claire qui permet de garder une stabilité gouvernementale, qui est de dire que c'est la mise en examen qui entraîne une décision de démission d'un ministre. Donc il faut s'en tenir à cette règle parce qu'il faut continuer à agir. La règle est claire ? Oui, la règle est claire. Est-ce qu'elle est réaliste ? Elle est claire, elle est réaliste parce qu'elle est décidée par le Premier ministre. Et moi, je n'ai pas à la remettre en question.

Je pense par ailleurs que si on passe d'un système où on dit que la mise en examen, qui n'est pas une condamnation, on bénéficie toujours de la présomption d'innocence quand on est l'objet d'une plainte. Déjà, cette règle-là est appliquée. Si on bascule dans autre chose, qui est de dire qu'une plainte entraîne la démission d'un ministre, on passe à une présomption de culpabilité. Et moi, ça, je n'en ai pas envie pour mon pays. Donc, il faut laisser la justice travailler sereinement.

1:36
Présentateur

Personne n'en a envie, mais en même temps, on se dit, quand on est ministre, on doit être à son travail parce que c'est un travail difficile, exigeant, qui requiert toute votre attention. Et là, évidemment, on comprend que Gérald Darmanin et Nicolas Hulot à sa façon sont quand même un peu entraver, un peu handicapés.

1:51
Gabriel Attal

Ils sont au travail. Ils sont dans leur ministère. Ils étaient aux questions au gouvernement hier. Je les ai vus. Voilà. Si vous me demandez si on préférait ne pas avoir ces sujets-là dans le débat public, je vous réponds oui. Mais le sujet, c'est est-ce que les ministres peuvent agir ? Et Gérald Darmanin comme Nicolas Hulot peuvent agir. Ils agissent. Maintenant, il faut laisser la justice faire son travail. Je ne crois pas.

2:10
Présentateur

En tout cas, ils agissent. La première fois, quand Gérald Darmanin a été mis, du moins quand il a fait l'objet d'une plainte, la première fois, et le Premier ministre, et le Président de la République ont tout de suite manifesté leur confiance à Gérald Darmanin. Et cette fois-ci, hier, tout le monde a noté que ça n'était pas le cas. Que le discours du Premier ministre était un peu plus distant. Il faut respecter la présomption d'innocence, a-t-il dit. Et il faut respecter la personne qui porte plainte. Et débrouillez-vous avec ça. Est-ce que ça traduit quand même une évolution de la part de l'exécutif ? L'évolution étant, ça ne peut pas durer très longtemps comme ça.

2:46
Gabriel Attal

Je ne crois pas. Je pense que si le Premier ministre ne faisait plus confiance en Gérald Darmanin, Gérald Darmanin ne serait plus ministre ce matin. Il a dit sa confiance au départ lorsqu'il y a eu une première plainte. Je ne pense pas qu'il y ait de raison de penser

2:55
Présentateur

que le Premier ministre n'a plus confiance en Gérald Darmanin. Ce n'est pas la confiance sur le fond. C'est la confiance sur la capacité de travail, sur la capacité à gérer le domaine ministériel guélicien. Je vous l'ai dit. Je pense qu'il y a une capacité à agir.

3:04
Gabriel Attal

Il y a une capacité à gérer. Est-ce que, encore une fois, est-ce que ça vient perturber le débat public ? Évidemment, oui. Moi, je préférerais être en train de vous parler de ce qu'on fait pour la réforme du bac, pour l'université, sur le pouvoir d'achat. Évidemment, je préférerais être en train de vous parler d'autre chose. La question, c'est est-ce que les ministres peuvent agir ? Et la réponse est oui. Ils agissent. Ils sont au travail. Donc, il faut qu'on avance et qu'on laisse la justice travailler. Vous en parlez beaucoup entre vous, les députés ?

3:26
Présentateur

Vous en parlez en réunion de groupe, tout ça ? Vous vous dites, ou dans les couloirs, quand même ?

3:30
Gabriel Attal

Non, on n'en parle pas en réunion de groupe. On n'en parle pas spécialement dans les couloirs. Encore une fois, on préférait évidemment qu'il n'y ait pas ces sujets-là dans le débat public. Mais ils sont là. Il faut les gérer. Il faut continuer à agir.

3:41
Présentateur

Nicolas Hulot a été la victime d'une plainte en 2008. L'affaire a été classée, je ne sais pas si le terme est abusif ou pas, du fait de la prescription des faits, puisque la plainte avait été déposée plus de dix ans après les faits. Si cette plainte avait été connue au moment de sa nomination l'an dernier, est-ce qu'il aurait été possible de le nommer, d'après vous ? Moi, je pense que oui.

4:02
Gabriel Attal

Après, elle n'est pas connue. Je ne suis pas président de la République. Ce n'est pas moi qui décide. Mais ce que je veux dire, c'est qu'il faut s'en tenir à des règles claires. Parce que sinon, honnêtement, on rentre dans un système où tout est perturbé et où il y a une instabilité gouvernementale, où là, pour le coup, il y a une difficulté à agir. Si une plainte vient bousculer tout d'un coup une architecture institutionnelle, vous imaginez le système dans lequel on bascule, où tous les matins, on peut se demander si une décision doit être prise.

4:24
Présentateur

En l'occurrence, Nicolas Hulot, lui, il a exprimé son désarroi, sa difficulté à vivre ces moments-là. Il n'a pas hésité à le faire. Il est allé à la radio, à la télévision pour dire « C'est difficile, c'est compliqué. » Et depuis, d'ailleurs, on ne l'a plus beaucoup entendu. Vous disiez à l'instant, ça ne perturbe pas le travail gouvernemental. Un peu quand même, ce sont des hommes.

4:50
Gabriel Attal

Oui, ce sont des hommes avant tout. Évidemment, je pense que ce n'est pas agréable pour eux non plus. Et en même temps, il faut évidemment respecter à la fois la parole, en l'occurrence de la plaignante, et la présomption d'innocence. Parce que s'il y a un fait objectif qui permet d'agir et qui permet de juger une situation, c'est quand même une décision judiciaire. Il faut qu'il y ait un fait judiciaire objectif. Sinon, on ne peut pas rentrer dans un système où vous, ou moi, ou n'importe qui, peut juger de la démission d'un ministre ou pas.

5:15
Présentateur

Vous parlez de la règle, vous avez raison. On a noté qu'au début du quinquennat, trois ministres ont démissionné avant d'être mis en examen. La règle, on l'adapte en fonction des circonstances.

5:23
Gabriel Attal

Ils ont démissionné...

5:24
Présentateur

Et de la gêne et de l'embarras que cela provoque.

5:26
Gabriel Attal

Il y en a peut-être certains qui ont décidé d'eux-mêmes de démissionner. Moi, je ne sais pas, je ne suis pas dans le secret Je ne sais pas, moi, je ne suis pas dans la tête de François Bayard.

5:37
Présentateur

Et en ce qui concerne la prise de position de Marlène Schiappa, tribune dans le journal du dimanche, le week-end dernier, avec des mots très durs, d'ailleurs, sur le fameux article qui a révélé l'affaire Nicolas Hulot, vous êtes sur la même ligne que la secrétaire d'Etat ?

5:51
Gabriel Attal

Moi, je ne juge pas les articles de presse. Ce que je constate, c'est que cet article a quand même été critiqué, dénoncé, y compris par une partie de votre profession. Parce que c'est vrai que quand on lit, il n'y a pas énormément de faits objectifs qui permettent d'alimenter quelque chose. Après, je ne crois pas qu'on puisse reprocher à Marlène Schiappa de ne pas porter haut le combat pour les femmes et contre les violences faites aux femmes. On lui reproche souvent de le porter trop fort. On entend souvent. Donc, je ne crois pas qu'on puisse la soupçonner de quoi que ce soit.

6:19
Présentateur

C'est vrai qu'on parle souvent du corporatisme des journalistes. Mais à propos de l'article de l'hebdo, on ne peut pas dire que le corporatisme était la ligne dominante. Voilà. Bien, vous restez avec nous. Gabriel Attal, il est quasiment 8h40. Voici l'essentiel de l'info avec Edwige Coupez.

6:30
Locuteur 1

« Elle va te hanter jusqu'à ce que tu ailles en enfer. » Le message de la mère de Maëlys sur Facebook à l'assassin de sa fille, Nordal Lelandé, a fini par avouer, acculé par une preuve accablante, une goutte de sang retrouvée dans le coffre de sa voiture. Les restes de l'enfant retrouvés hier en montagne, c'est lui qui a conduit les enquêteurs. L'appel du parquet de Paris opposé à la relaxe de Jawad Bendaoud. Pour le tribunal correctionnel, celui qui a été surnommé comme le logeur de Daesh ne savait pas qu'il hébergeait des terroristes du 13 novembre. Il a déclenché l'alarme incendie pour obliger les élèves à sortir de leur classe.

Un jeune Américain de 19 ans a tiré au fusil d'assaut dans son ancien lycée de Floride. Dernier bilan, 17 morts et 5 blessés graves. L'une des pires fusillades de ces dernières années aux Etats-Unis. Le match retour s'annonce compliqué le 6 mars prochain au Parc des Princes. Immense désillusion pour le PSG battu 3-1 hier sur la pelouse du Real Madrid. Les Parisiens condamnés à l'exploit pour atteindre les quarts de finale de la Ligue des Champions.

7:40
Présentateur

France Info. Gabriel Attal, député des Hauts-de-Seine, porte-parole de La République En Marche et l'invité de France Info, Jean-Michel Abat. Vous faites partie, Gabriel Attal, des parlementaires qui ont travaillé sur le projet de service national ou service civique, je ne sais pas comment il faut l'appeler.

7:53
Gabriel Attal

Service national universel.

7:54
Présentateur

Service national universel, c'était une promesse de campagne d'Emmanuel Macron qui était extrêmement simple dans sa formulation. Dans la pratique, ça risque d'être plus compliqué. On écoute Emmanuel Macron.

8:03
Locuteur 3

Un service national de durée courte, obligatoire et universel sera donc instauré. Chaque jeune Français ira ainsi, à la rencontre de ses concitoyens, fera l'expérience de la mixité sociale et de la cohésion républicaine durant un mois.

8:24
Présentateur

Service obligatoire durant un mois, ça c'est simple. Oui. Et puis finalement, vous avez animé un groupe de travail là-dessus.

8:31
Gabriel Attal

Oui, moi j'ai travaillé avec notre député, Christophe Blanchet, mon collègue. Vous n'êtes pas du tout arrivé à cette préconisation. Il n'y a pas encore d'arbitrage. Donc ça m'étonne qu'on dise...

8:40
Présentateur

Pas d'arbitrage, mais on a vu... Enfin, je ne sais pas, il y a des papiers encore aujourd'hui dans la presse. Une semaine quand on est collégien, puis une semaine après, puis une semaine après.

8:48
Gabriel Attal

Non, non. Ce qui est sûr, c'est que là, on sort d'une séquence où il y a eu des prises de position gouvernementales, politiques, diverses et parfois divergentes, il faut le dire. Et en même temps, moi, je vous dis, je trouve ça normal. On est sur un changement structurel, un bouleversement sociétal tel qu'il serait étonnant quand même qu'il n'y ait pas des idées qui fourmient, qui arrivent. Voilà. Le sujet, c'est maintenant, il faut avancer, on va avancer. Le président de la République n'a jamais dévié de son engagement de campagne. Service national, universel, obligatoire, qui concerne tout une classe d'âge, qui a un objectif de mixité sociale, de lien armé-nation.

Il a dit un mois, ça pourra peut-être être plus.

9:23
Présentateur

Oui, c'est ce qu'on a découvert. Oui, on verra. Entre 3 et 6.

9:26
Gabriel Attal

D'ailleurs, c'est quoi votre opinion ? 3 ou 6 ? Je ne pense pas qu'il faille choisir entre 3 ou 6. Moi, ce que je pense, c'est qu'il faut d'abord un point d'entrée, un point de contact entre les jeunes et, on dit les militaires, moi, je pense qu'on peut l'étendre à l'ensemble des corps en uniforme. C'est-à-dire, y compris les pompiers, les gendarmes, les policiers, un lien entre les jeunes et les corps en uniforme. Ça, c'est le premier point.

Ensuite, je pense qu'il faut qu'il y ait un moment de cohésion, de mixité sociale, de creuset générationnel entre les jeunes, qui soit aussi l'occasion d'adopter un certain nombre de réflexes, de défense face aux catastrophes naturelles, face à des attaques, de premiers secours. Et après, je pense qu'il faut que ce service, il ouvre sur l'engagement. Parce que c'est ça, le sujet. Vous savez, je parle beaucoup de jeunes. Tous les jeunes vous disent qu'ils ont envie de s'engager. Et vous regardez des études, 70 ou 80% des jeunes, quand ils sont interrogés, disent « j'ai envie de m'engager ». Mais 70 ou 80% d'entre eux disent qu'ils ne trouvent pas les voies pour s'engager.

10:20
Présentateur

Attendez, la durée, c'est quand même important. Pardon d'insister, mais 3 mois, 6 mois, c'est quand même dans la vie d'un jeune français.

10:28
Gabriel Attal

Du jeune français, ce n'est pas anodin. Oui, non, c'est sûr. Et ce n'est tellement pas anodin que je ne vais pas, moi, là, ici, décider tout seul devant... Un mois, c'est pas assez ? Non, je crois qu'un mois, c'est assez. Je pense qu'un mois, c'est bien. Ah, vous pensez comment c'est assez ? Oui, je pense que c'est bien, mais je pense qu'en fonction de la solution...

10:43
Présentateur

Vous avez compris pourquoi Emmanuel Macron a parlé de 3 mois ou 6 mois ? Parce que c'est lui qui a introduit ça.

10:46
Gabriel Attal

Parce qu'il y a un groupe de travail, un groupe d'experts qui viennent du terrain, qui viennent des militaires, qui viennent des politiques de jeunesse, qui se réunit la semaine prochaine et qui va faire une proposition opérationnelle très claire au mois d'avril. Donc, il faut le laisser travailler. Et le président de la République a ouvert toutes les voies possibles pour les laisser travailler. Ce que je veux dire, c'est que je pense qu'un mois obligatoire, c'est bien.

Mais qu'après, justement, si l'enjeu, c'est de pousser les jeunes à s'engager, si on peut leur fournir un service à la carte pour leur permettre ensuite de poursuivre un engagement avec un service civique, avec un engagement associatif, c'est très bien. Et à ce moment-là, ça pourra durer plus d'un mois.

11:19
Présentateur

Expérimentation l'année prochaine, mise en place 2020, c'est ça le calendrier ?

11:22
Gabriel Attal

Ça sera bien. Moi, je ne peux pas m'engager, mais je pense que c'est une réforme majeure. Si on peut passer par une phase d'expérimentation dans une ou deux grandes régions, ça peut être bien. On va voir comment avancer rapidement. Mais l'engagement sera tenu, comme tous les engagements de campagne du président de la République jusqu'à l'instant et jusqu'au bout.

11:37
Présentateur

Si, ça ne coûte pas trop cher. Parce que la facture risque d'être salée, quand même.

11:41
Gabriel Attal

Oui, mais alors je vais vous dire, pour le coup, moi, je pense que c'est de l'argent utile. Mais ça, ce n'est pas la question. Non, mais ça coûtera, non, mais vous savez, parce que...

11:48
Présentateur

Où on le trouve, l'argent ?

11:49
Gabriel Attal

Je sais que vous êtes très attaché, Jean-Michel Lapastille, à ces questions. Mais ce que je veux dire, c'est que... Non, pas à temps, et vous avez raison. Ce que je veux dire, c'est que c'est un investissement. Voilà, parce que c'est un investissement pour l'avenir. Parce que quand on, avec ce service, si on arrive à prévenir un certain nombre de décrochages, il y a 100 000 jeunes qui décrochent chaque année. Si on arrive à prévenir un certain nombre de développement de problèmes de santé aussi, parce qu'on peut faire de la prévention en santé avec ce système. Voilà, on investit pour l'avenir et on fait des économies. Donc, il faut aussi réfléchir sur le long terme.

Combien ça coûte et qui paye ? Ah bah, combien ça coûte, ça dépendra de la solution qui est arbitrée. Parce qu'il y a plein de paramètres qui rentrent en jeu.

12:21
Présentateur

Un mois. Un mois, on dit 3 milliards par an.

12:23
Gabriel Attal

Enfin, un mois, il y a des paramètres qui rentrent en jeu. Donc, c'est 3 mois, c'est 9 milliards par an. Est-ce que les jeunes sont hébergés et logés ? Est-ce qu'ils ne le sont pas ? Ou est-ce qu'ils le sont ? Non, mais c'est tout ça, il faut l'arbitrer. Et moi, je ne vais pas donner... Vous êtes obligés, vous êtes obligés de les héberger. Je ne vais pas donner un chiffrage. Ils ne vont pas faire ça de chez eux, quand même. Je ne vais pas donner un chiffrage, alors qu'on ne connaît pas encore... Enfin, ça coûte cher, quoi. Ça coûtera de l'argent, mais j'ai envie de dire, le Président l'a assumé, l'a dit pendant la campagne, l'a budgété dans son programme. Donc, il ne s'agit pas de...

12:48
Présentateur

Ah, on ne sait pas. On n'a pas vu où il avait budgété, mais bon, mettons. Ah, si, si, c'était clair. Non, ce n'était pas clair. Mais ça, ce n'est pas grave. Alors, s'il y a des gens qui sont sûrs et certains d'une chose, et ils en sont très contents, c'est les militaires. Ce n'est pas eux qui paieront.

12:57
Gabriel Attal

Non, ce n'est pas eux qui paieront, ça a été dit. Mais c'est un sujet interministériel. Ça concerne tout autant l'éducation nationale, le ministère de l'Intérieur. Ça peut concerner aussi les droits des femmes, puisque je pense qu'il faut qu'il y ait une formation sur la lutte contre les violences faites aux femmes, sur l'égalité femmes-hommes. Voilà, c'est un sujet interministériel. Il faut que tout le gouvernement y participe.

13:13
Présentateur

L'action publique est toujours difficile, mais si elle n'est pas cohérente, évidemment, elle n'est pas crédible. Donc, dire en même temps, on va réduire les déficits et on va faire des dépenses nouvelles, c'est ça qu'il est compliqué de comprendre à cette étape.

13:23
Gabriel Attal

C'est peut-être compliqué à comprendre, mais il faut l'expliquer. Et moi, je considère qu'il faut faire des choix. Oui, on réduit les déficits et en même temps, on a vu qu'un certain nombre de ministères voient leur budget sensiblement augmenter, qu'il s'agit du ministère de l'Intérieur, du ministère de la Justice. C'est le miracle de la politique. Non, c'est qu'il faut choisir des priorités et en même temps, on fait des économies sur d'autres budgets. C'est ça, c'est faire des choix. Vous savez, pendant des années, on a fonctionné par le rabot, c'est-à-dire qu'il faut faire des économies. On va couper la même chose partout sans se donner de priorité politique.

Là, on fait l'inverse, c'est-à-dire qu'on coupe certains endroits en faisant des réformes structurelles et en même temps, on investit, on parie sur l'avenir dans d'autres secteurs.

13:53
Présentateur

Le baccalauréat est un monument. Il va être réformé. Jean-Michel Blanquer, ministre de l'Éducation.

13:58
Locuteur 5

Il comporte quatre épreuves terminales qui compteront pour 60% dans le résultat. L'épreuve de philosophie qui devient l'épreuve commune par excellence. Et puis, une grande innovation, une innovation majeure de ce baccalauréat, un oral. Un oral qui dure 20 minutes. Cet oral correspond à un projet

14:19
Présentateur

présenté par l'élève. D'autres ministres s'y sont essayés. Ils n'ont pas tout à fait réussi, François Fillon, notamment quand il était ministre de l'Éducation. Ce n'est pas dangereux de faire ce type de réformes. Ça ne risque pas d'amener le printemps-arrive des lycéens à descendre dans la rue, par exemple ?

14:35
Gabriel Attal

Je ne crois pas, moi. Pour deux raisons, en fait. La première raison, c'est parce que c'était, encore une fois, dit dans le programme d'Emmanuel Macron. Il avait été très clair. Il avait dit, je veux réformer le baccalauréat avec quatre épreuves en terminale et avec du contrôle continu. C'est ce qu'on fait. C'est ce que fait Jean-Michel Blanquer. La deuxième raison, c'est que cette réforme, elle ne tombe pas de nulle part. Il y a eu tout un travail avant. Pierre Mathieu a conduit un rapport qui est extrêmement documenté. Il a rencontré l'ensemble des acteurs du lycée. Il y a eu 40 000 témoignages de lycéens qui ont été faits via la plateforme Internet. Cette réforme, elle vient du terrain.

Et elle est profondément juste. Donc, je pense qu'il n'y aura absolument aucun problème avec ça.

15:09
Présentateur

Et alors, elle rencontre une autre réforme qui est celle de l'enseignement supérieur. Là aussi, des responsables politiques disent la réforme de l'enseignement supérieur, c'est la sélection des futurs bacheliers qui ne pourront pas tous entrer dans l'université. Et à sa manière, Jean-Luc Mélenchon l'a dit très clairement.

15:23
Locuteur 2

Le code jusqu'à présent, c'était tout candidat est libre de s'inscrire dans l'établissement de son choix. Le baccalauréat étant le premier grade. Cet article a été abrogé. Alors, venez pas me raconter qu'il n'y a pas de sélection à l'entrée de l'université.

15:35
Gabriel Attal

C'est faux ce qu'il dit. C'est vrai ? C'est faux. L'article en question a été modifié. Mais on dit toujours que le baccalauréat est le premier diplôme de l'enseignement supérieur et qui permet de poursuivre ses études dans le supérieur. Jean-Luc Mélenchon, il a une attitude qui est, je trouve, extrêmement dangereuse. Parce qu'il essaye de mettre dans la tête des jeunes un espèce de sentiment décliniste et fataliste. Ça ne fonctionne pas. Mais moi, je trouve ça totalement irresponsable de sa part. Vous savez, j'étais en réunion publique à Lille il y a quelques semaines. Je me suis retrouvé face à un jeune insoumis de 16 ans.

16 ans qui m'a dit l'université ne doit pas être un lieu d'excellence. Parce qu'il avait été abreuvé de toute cette doctrine totalisante qui considère à dire que parce que tout le monde ne peut pas réussir, il faut que tout le monde échoue. Et moi, je refuse cette position-là. Moi, je ne considère pas, comme Jean-Luc Mélenchon, que les jeunes, ils s'épanouissent dans les blocages d'université ou dans les ZAD. Ils s'épanouissent dans le travail. Ils ont envie de réussir. Ils ont envie de bosser. Ils ont envie d'y arriver. Et je pense qu'il faut tenir ce discours-là et arrêter avec ces discours fatalistes qui sont faux, en plus.

16:27
Présentateur

Un mouvement contestataire d'étudiants, de lycéens, vous paraît peu probable ou vous le redoutez ?

16:33
Gabriel Attal

Moi, je pense que les lycéens comme les étudiants, ils sont attachés à la justice, comme tous les Français. Et que ce qu'on fait sur l'enseignement supérieur, c'est-à-dire sortir du tirage au sort. Il n'y aura plus de tirage au sort parce que c'est ce qu'il y a de plus injuste. Voilà, c'est de la justice. Ce qu'on fait sur le baccalauréat, permettre de remettre de l'égalité dans ce diplôme, de lui redonner du sens, c'est de la justice. Et donc, les jeunes sont attachés à la justice et il n'y aura pas de mouvement contre ces réformes.

16:53
Présentateur

Vous restez avec nous. 8h50, l'essentiel de l'info de Vivre Coupez.

16:55
Locuteur 1

Une nouvelle médaille au JO de Pyeongchang. La 6e pour la France en snowboard cross. Pierre Voltier remporte l'or. C'est son 2e titre de champion olympique après Sochi. Médaille qui fait oublier les déceptions de la nuit. Adrien Théo, 19e seulement de la descente. Tessauer, les 7e du slalom géant. Elle confie passer à côté d'un rêve. Les recherches ont duré toute la nuit hier dans le massif de la Chartreuse. Norda Lelandé a conduit les enquêteurs jusqu'à l'endroit où il a abandonné le corps de Maïlis l'été dernier. Il est passé aux aveux. C'est bien lui qui a tué la petite fille. Il n'a pas encore révélé dans quelles circonstances. Une mise en cause n'est pas une mise en examen.

Benjamin Griveaux rappelle ce matin la règle fixée par le gouvernement alors que Gérald Darmanin est visé par une 2e plainte cette fois pour abus de faiblesse. La démission du président sud-africain Jacob Zoumar attrapé par les affaires de corruption. Il a finalement cédé aux pressions de son parti. C'est le vice-président Cyril Ramaphosa qui va lui succéder. Il a été élu en décembre à la tête de l'ANC.

18:03
Présentateur

France Info. Gabriel Attal député des Hauts-de-Seine porte-parole de La République En Marche et l'invité de France Info. Jean-Michel Apathy. Vous ne connaissez sûrement pas dans le détail l'agenda d'Emmanuel Macron mais on a appris ce matin dans le brief politique sur France Info présenté par Anne-Laure Danier qu'Emmanuel Macron recevrait Thierry Coste qui est le lobbyiste principal du monde de la chasse en France ce qui est très légitime mais écoutez Anne-Laure Danier le lobby ça paye.

18:26
Locuteur 4

Le conseiller connaît bien les lieux il a été le monsieur chasse de Nicolas Sarkozy puis de François Hollande et maintenant d'Emmanuel Macron le lobbyiste cite tous les dossiers qu'il a débloqués le maintien de la chasse à court la simplification du permis de chasser il va encore en discuter ce matin voilà comment Emmanuel Macron se sert des chasseurs pour gommer son image de président déconnecté du terrain.

18:47
Présentateur

Les chasseurs bien aimés du pouvoir on le découvre un peu et le lobby visiblement est efficace. Écoutez il faut entendre tout le monde

18:53
Gabriel Attal

il faut recevoir tout le monde j'imagine qu'il y a beaucoup de personnes en France qui aiment chasser moi j'ai jamais chassé c'est pas mon truc je le dis mais je juge pas ceux qui...

19:03
Présentateur

Vous n'avez pas de point de vue sur la question il y a une pétition qui circule.

19:06
Gabriel Attal

Tant qu'on respecte les règles je crois qu'il y a un cadre qui est strict je vous avoue que je le connais pas parfaitement il y a un cadre il y a des règles il faut les respecter à partir de là...

19:14
Présentateur

Les règles sont faites pour être changées et évoluées c'est même le travail du législateur si je ne m'abuse mais il y a une pétition qui circule qui réclame l'abolition de la chasse à cour vous pourriez signer une pétition comme ça ou pas ?

19:25
Gabriel Attal

Écoutez là instinctivement je vous dirais non

19:27
Présentateur

après je peux toujours être convaincu il faut juste m'expliquer les choses Et la critique récurrente sur Emmanuel Macron président des villes ça on l'entend souvent Laurent Wauquiez l'a dit assez nettement oui

19:38
Gabriel Attal

C'est faux je veux dire moi j'entends bien que c'est l'axe sur lequel décide d'attaquer une partie de l'opposition je veux dire il suffit de regarder les faits ce qu'on fait en matière de santé en matière d'incitation pour les médecins à aller s'installer dans des territoires sous dotés ce qu'on fait en faisant des centres-villes des centres de villes moyennes la priorité une des priorités du quinquennat pour avancer la revitalisation des centres-bourgs tout ça c'est quand même enfin voilà ça ne concerne pas les grandes villes

20:02
Présentateur

il y a aussi les 80 km heure au lieu de 90 qui sont très critiqués

20:07
Gabriel Attal

qui ont du mal à passer

20:07
Présentateur

oui

20:08
Gabriel Attal

oui mais attendez personne n'a pensé que ça serait simple bien sûr que ça embête pour dire un mot acceptable un certain nombre de français mais il y a un moment vous savez être au gouvernement être député dans la majorité c'est prendre des décisions dont on sait qu'elles ne sont pas populaires mais qu'elles sont justes et qu'elles vont dans le sens de l'intérêt général sinon ça ne sert à rien d'être élu et ça ne sert à rien d'agir

20:25
Présentateur

Emmanuel Macron qui baisse beaucoup dans les sondages vous voyez l'une des dernières études il était à 35% d'opinion favorable contre 40% en janvier là à 35% 10 mois après son élection c'est en dessous du score qu'avait François Hollande à la même époque en 2013 comment vous expliquez cette baisse de popularité parce qu'il faut l'expliquer on la constate mais il faut l'expliquer

20:48
Gabriel Attal

d'abord ce que je note c'est que si vous m'aviez invité il y a 2 ou 3 semaines on aurait commenté le fait qu'Emmanuel Macron était au firmament dans les sondages et était dans une phase de hausse spectaculaire

20:56
Présentateur

décembre c'est pas faux depuis janvier ça a un peu baissé les sondages ça bouge ça fluctue

21:00
Gabriel Attal

et moi ce que je constate c'est la phrase du jour ce que je constate c'est que en tout cas Emmanuel Macron le président de la république n'a pas le nez sur les sondages et n'agit pas en fonction des sondages on parlait à l'instant des 80 km heure évidemment si le président de la république et le premier ministre se disaient il faut tout faire pour essayer de maintenir les sondages exactement au point où ils sont ils auraient peut-être pas pris cette décision

21:21
Présentateur

vous évoquiez l'opposition elle a trouvé un autre angle d'attaque c'est le pouvoir d'achat et là dessus vous êtes sérieusement critiqués et attaqués

21:29
Gabriel Attal

oui on est sérieusement attaqués à juste titre non justement pas à juste titre et c'est pour ça qu'il faut faire de la pédagogie je suis très content que vous me permettiez d'en parler il y a eu des décisions qui ont été là aussi annoncées pendant la campagne qui ont été expliquées maintenant il faut expliquer leur mise en oeuvre alors la première chose qu'il faut dire c'est qu'aujourd'hui il n'y a pas un français qui travaille qui voit son pouvoir d'achat baisser au contraire le net augmente parce qu'on a supprimé les cotisations salariales ça c'est des salaires oui et ça augmentera encore plus pour ceux qui bénéficieront de la suppression du premier tiers de la taxe d'habitation en septembre prochain il y a le sujet d'un certain nombre de retraités qui voient leur CSG augmenter et ce sujet il avait été identifié puisque voilà moi-même pendant ma campagne des législatives à Essilie-Moulinot à Venve j'ai eu l'occasion d'échanger avec des retraités sur les marchés sur ce sujet

22:13
Présentateur

même des retraités qui pensaient ne pas être concernés par la hausse de la CSG le sont parce qu'on prend en compte le revenu imposable et pas le montant des retraites il y a un déficit d'explication pour le moins qui est important vous avez raison

22:24
Gabriel Attal

une très grande partie d'entre eux et ça il faut le rappeler et il faut le dire bénéficiera de la suppression de la taxe d'habitation une très grande partie d'entre eux en septembre prochain aura la suppression d'un tiers de sa taxe d'habitation en moyenne pour les français c'est 300 euros je crois ce premier tiers voilà il faut le dire il faut le répéter pour beaucoup d'entre eux donc ça compensera la hausse qu'il y a aujourd'hui et après ça deviendra positif donc il faut le dire et le réaffirmer il faut faire de la pédagogie c'est pas facile mais je suis là aussi pour le faire ce matin

22:49
Présentateur

alors vous disiez les sondages ça monte, ça baisse on dit aussi quelques fois que le fait d'avoir cédé non pas la question de l'aéroport elle-même mais le fait d'avoir cédé aux zadistes à Notre-Dame-des-Landes ce recul de l'autorité de l'Etat a peut-être coûté cher à Emmanuel Macron c'est un argument auquel vous êtes sensible ou pas ?

23:06
Gabriel Attal

non je crois pas d'abord parce qu'on n'a pas cédé aux zadistes parce qu'ils vont partir qu'ils le veuillent ou non ils vont partir

23:11
Présentateur

on a un peu cédé dans les prochaines semaines

23:14
Gabriel Attal

ils seront évacués de la ZAD on va rendre les terrains à ceux qui en sont propriétaires

23:17
Présentateur

173 décisions de justice enfin on va pas faire le film si on a un peu cédé aux zadistes peut-être fallait-il le faire

23:23
Gabriel Attal

un projet de 50 ans je vais vous dire honnêtement on va pas recommencer le débat sur Notre-Dame-des-Landes quand ce projet est né j'avais moins 30 ans voilà donc il faut peut-être le dire comme ça vous savez un projet un projet d'aménagement du territoire qui met 50 ans à se mettre en oeuvre c'est peut-être que sur le fond il y a quelque chose qui cloche et là pour le coup c'est une décision courageuse

23:42
Présentateur

commission culturelle de l'Assemblée Nationale vous travaillez notamment sur le projet de loi à venir sur l'audiovisuel public absolument ça avance ? on a un calendrier ou pas ?

23:51
Gabriel Attal

écoutez il y aura un projet de loi qui sera déposé sur le bureau des assemblées avant la fin de l'année

23:57
Présentateur

oui donc on n'a pas de calendrier

23:58
Gabriel Attal

avant la fin de l'année il y aura un projet de loi c'est quand même déjà assez clair là on travaille on a un groupe de travail qui est mis en place à l'Assemblée Nationale je travaille avec ma collègue Frédéric Dumas avec ma collègue Aurore Berger avec d'autres on avance il y a des enjeux importants il y a un enjeu qui est on en avait parlé ici de toucher davantage les jeunes de faire de l'éducation aux médias de faire de l'éducation à la vie professionnelle il y a un enjeu de proximité il faut vraiment que notamment France 3 France Bleu travaillent ensemble pour mettre en place un vrai média de proximité sur les territoires il faut avancer là-dessus et puis ensuite il y a un enjeu de gouvernance et de financement qu'on va adresser

24:32
Présentateur

et puis la question que tout le monde se pose ce matin vous pensez que le PSG peut refaire son retard sur le réel ?

24:36
Gabriel Attal

alors c'est un drame j'ai pas pu regarder le match hier je suis un soutien du PSG je pense qu'ils peuvent rattraper leur retard je comprends de ceux qui ont vu le match qu'ils ont manqué de mental et le mental ça se travaille il suffira de faire 2-0 au match retour

24:52
Présentateur

il en faut du mental dans tous les secteurs d'activité

24:54
Gabriel Attal

merci beaucoup Gabriel Attal bonne journée