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interviewyoutube.com· 16 septembre 2024 21 min

Fabien Roussel, secrétaire national du PCF, dans le Grand Entretien France Inter du 16/09/2024

Transcription Whisper (large-v3), avec identification des locuteurs. À recouper avec la source d'origine.

0:04
Présentateur

Fabien Roussel, bonjour. Bonjour à vous deux. Et bienvenue sur Inter. On va évidemment revenir avec vous sur les débats qui divisent la gauche. On a encore pu le voir ce week-end à la fête de l'UMA, où l'ambiance fut parfois électrique. Mais d'abord, quelques questions sur le fait que vous soyez reçu demain à Matignon par Michel Barnier. Vous êtes le seul leader du Nouveau Front Populaire à avoir accepté son invitation. Le PS et les écologistes ont refusé. Pourquoi y aller et pour lui dire quoi ?

0:36
Fabien Roussel

D'abord, nous avons toujours dit que nous étions pour le dialogue, pour l'échange. Nous sommes constructifs et nous sommes surtout combattifs. Moi, j'aimerais bien savoir ce que Michel Barnier a dans le ventre, savoir quelle politique il envisage de mettre en œuvre avec le soutien de l'extrême droite, les exigences du président de la République qu'il n'a pas manqué de nous indiquer à nous. Et donc, c'est une question de clarification. Et puis, nous, on va venir avec nos attentes clairement exprimées, que j'ai exprimées aussi à la fête de l'UMA lors de mon meeting.

Nous, on vient en demandant des hausses de salaire, l'abrogation de la réforme des retraites, des moyens pour nos services publics, la santé, l'école, la sécurité. Et donc, nous venons avec des exigences fortes que les Français attendent.

1:25
Invité

Mais Fabien Roussel, quand Michel Barnier a été nommé, vous avez dit avoir, je vous cite, explosé de rire tellement ça paraissait énorme et improbable. Vous avez ajouté sa nomination, on se dit que c'est un véritable bras d'honneur à tous les Français. Alors, pourquoi y aller ? J'entends la volonté de concertation. La question est, avez-vous des espoirs de le faire bouger quand vous dites ça ?

1:46
Fabien Roussel

Mais d'abord, quand j'ai entendu la première fois son nom, j'ai explosé de rire. Parce que quand même, le président de la République, c'est le plus grand des magiciens. Comme je l'ai chanté hier sur la fête de l'UMA, c'est le plus grand des voleurs. Mais alors, c'est surtout pas un gentleman. Dans l'urne, avec un bulletin rouge, il est sorti brun. Il y en a même qui sont rentrés dans l'urne au second tour pour voter le Front républicain contre l'extrême droite, avec un bulletin bleu, et le transforment en bleu marine. Le président de la République, il est fort quand même. Et donc, la coalition arrivée en tête, c'est celle de la gauche.

Et on a un premier ministre de droite, et puis la droite dure. Alors maintenant, dans ce contexte-là, nous disons, nous aussi, que notre volonté, c'est pas de rajouter du chaos au chaos. C'est pas la bonne... C'est pas de brutaliser encore plus la vie politique. Nous voulons des avancées pour les Français. Nous voulons que ça change. Et donc, nous allons dire, nous, que les Français attendent des hausses de salaire. Ils attendent des services publics qui fonctionnent. Ils attendent que la politique change. Et je veux qu'ils disent les choses. La politique, c'est pas une question de casting avec des noms et des personnes. C'est d'abord, qu'est-ce que concrètement...

Quelles sont les mesures concrètes qu'ils vont mettre en oeuvre pour changer la vie des Français.

3:01
Présentateur

Dans ces premières prises de position, Michel Barnier a déclaré ne pas s'interdire plus de justice fiscale. Il dit vouloir ouvrir le débat pour une amélioration de la réforme controversée des retraites. Dire la vérité sur la dette écologique. Tout cela peut aller dans le bon sens pour vous, Fabien Roussel. Vous ne dites pas ce matin, ok, attendons de voir sur ces sujets-là, par exemple.

3:27
Fabien Roussel

Vous savez, les questions sociales nous préoccupent. Nous sommes le parti du travail. Et donc... On va venir avec des attentes fortes en matière de hausse de salaire. Dans le privé comme dans le public. C'est pas que la hausse du SMIC. C'est l'indexation des salaires sur l'inflation. C'est faire en sorte que toutes celles et ceux qui travaillent puissent vivre de leur travail. Vous avez vu l'enquête du Secours Populaire Français qui dit que 31% des ouvriers aujourd'hui vivent en situation de pauvreté. C'est-à-dire, il y a des travailleurs pauvres dans notre pays. Certains qui dorment dans leur voiture. Ils n'ont pas accès au logement. Ils ne peuvent pas payer leur facture.

Ça, c'est inacceptable. Dans une grande puissance comme la nôtre. Donc on vient avec des questions fortes sur la rémunération du travail. Mais il y a aussi les questions de sécurité. Parce que les services publics, c'est aussi ça. Il y a eu hier la marche blanche à Grenoble pour dénoncer le meurtre de sang-froid de cet agent municipal. Il y a eu deux gens qui nous ont heurtés. J'en ai parlé aussi à la fête de l'humanité. Parce que le Parti Communiste Français prend ça à bras-le-corps. Quelques jours avant ce meurtre de sang-froid, j'avais réuni Place du Colonneau.

Il y a eu les élus de Vénitieux, de Chirol, de Noisille-Sec, de Nîmes, de Marseille, frappés par des meurtres à cause de ces trafics, du trafic d'armes, des narcotrafiquants. C'est un véritable fléau. Et il faut prendre ça à bras-le-corps et y mettre des mesures fortes. Ça devrait transcender toutes les forces politiques. Et donc concrètement à Michel Barnier, je vais lui demander. Lui qui parle à tour de bras de « attention à la dette, il faut réduire la dépense publique ». Mais c'est tout l'inverse qu'il faut faire. Il faut investir, investir dans des moyens pour garantir la tranquillité publique.

Par exemple, je lui demanderai de mettre fin à la purge qui a lieu dans la protection judiciaire de la jeunesse. 500 emplois menacés à la PJJ. Et il nous faut un parquet national dédié à la lutte contre les narcotrafiquants.

5:19
Invité

Vous avez dit concernant un éventuel gouvernement de Xavier Bertrand il y a quelques semaines que vous attendriez sa feuille de route avant de vous prononcer sur une éventuelle censure. Est-ce le cas aussi avec Michel Barnier où les communistes censureront quoi qu'il en soit ?

5:32
Fabien Roussel

Je préfère dire que nous censurons en fonction de son discours, de ce qu'il va annoncer. On ne peut pas dire à l'avance « c'est mauvais, on jette ». Mais je vous avoue quand même que j'ai peu d'espoir, peu d'illusion, parce qu'on connaît quand même le personnage. 50 ans de vie politique. À droite, il a travaillé pour tout le monde. Giscard, Chirac, Fillon, Raffarin, il les a tous fait. Il n'a jamais... Donc vous ne dites pas... Vous ne dites pas que vous censurerez, c'est ce que vous dites. Donc la motion de censure, elle est sous le coude, elle est prête, on y travaille. Mais je préfère dire que...

6:09
Invité

Les autres groupes du NFP ont dit « on la votera quoi qu'il ».

6:11
Fabien Roussel

Vous vous dites « j'attends voir ». Je préfère dire « on verra », mais je suis sans illusion.

6:16
Présentateur

Sur la réforme des retraites, Fabien Roussel, une proposition de loi du Rassemblement National pour abroger cette réforme sera examinée lors de la niche parlementaire du RN le 31 octobre. Que vont voter les communistes ? Voteront-ils cette proposition ? Une loi portée par le RN pour abroger la réforme des retraites ?

6:35
Fabien Roussel

D'abord, le Parti communiste français, ses militants, avec les organisations syndicales, on a été à la tête de ce combat contre cette réforme tellement dure pour nos concitoyens. 90% des Français y étaient opposés. Elle a été imposée au forceps. C'est une horreur pour beaucoup de salariés, notamment les femmes. Donc, je le dis, nous ferons tout, tout ce qui est en notre pouvoir, pour qu'elle soit abrogée. Dont votait la proposition de loi du RN ? Concernant celle du Rassemblement National, il y a deux choses que j'aimerais dire. La première, j'aimerais bien que vous posiez la question aux députés siotistes qui ont été élus avec le RN, parce qu'ils sont pour la retraite à 65 ans.

Donc, j'aimerais bien qu'ils aient une forme de cohérence chez eux.

7:19
Invité

On pose la question sur la cohérence du NFP, parce que pour le coup, vous n'êtes pas d'accord sur cette question, sur la proposition de loi du RN.

7:23
Fabien Roussel

Et nous concernant, ça sera débattu lors de nos journées parlementaires jeudi. Les députés décideront à ce moment-là. Je dis une chose. On verra si le texte arrive dans l'année. Je vous connaissais l'article 40. Le texte pourrait être balayé. Donc, moi, je ne vais pas me mettre des nœuds dans la tête avant que ça arrive dans l'hémicycle.

7:41
Invité

Non, mais c'est une question de principe, pardon.

7:43
Fabien Roussel

Et enfin, le RN défend la retraite à 42 annuités. Il l'a dit, Bardella, pendant la campagne des Européennes. Avec eux, les Français vont partir en retraite à 65, 66, 67 ans. Très bien, Roussel. Et donc, ce sont des menteurs concernant la réforme de la retraite. Pardon d'insister. Ils font un coup politique avec cette niche. Mais ce n'est pas eux qui vont défendre la retraite des Français.

8:05
Invité

C'est peut-être un coup politique. C'est peut-être un piège politique pour la gauche. En tout cas, ils vont déposer une proposition de loi pour abroger la réforme des retraites. Léon Desfontaines, qui était votre candidat aux Européennes, et qui est député, qui n'est pas député, qui est député européen, qui dit que ce serait un piège de ne pas voter cette proposition de loi. Vous êtes sur la ligne de Léon Desfontaines ou vous dites, comme Sandrine Rousseau, jamais je ne voterai une proposition de loi du RN, même si elle veut abroger la réforme des retraites ?

8:29
Fabien Roussel

D'abord, les députés communistes le décideront. Ils vous l'annonceront. Vous inviterez André Chassaigne à l'issue de nos journées parlementaires. Et enfin, on juge, nous, les textes, les idées, et pas forcément ceux qui les portent. Ce qui compte, c'est est-ce que c'est utile pour nos concitoyens ? Est-ce que ça peut permettre de faire abroger la réforme des retraites ou pas ? Et je le redis, nous ferons tout pour qu'elle soit abrogée.

8:54
Présentateur

Alors, venons-en Fabien Roussel à la fête de l'UMA et à ses huées qui ont accompagné François Ruffin lors d'une table ronde. Devant une partie du public qui l'accusait implicitement d'être fasciste après ses déclarations sur les insoumis et Jean-Luc Mélenchon. Alors, sur le fond du problème, on va y venir dans un instant. Mais sur ce moment-là, qu'est-ce qu'il dit, selon vous, de l'état de la gauche et du nouveau Front populaire ?

9:23
Fabien Roussel

D'abord, il y a eu beaucoup de débats où nous nous sommes rassemblés, y compris avec des invités comme Dominique de Villepin qui a été saluée, et acclamée pour notamment les propos qu'il tient sur la politique internationale et que nous partageons dans ses grandes lignes. Ce qui s'est passé lors de la fête de l'UMA, qui a été le lieu, et c'est pas très sympathique de leur part, d'échanges vigoureux entre les insoumis et François Ruffin, c'est pas le lieu, la fête de l'UMA. C'est pas le lieu des insultes. Et d'ailleurs, je l'ai dit, à gauche, on a besoin de débattre, on a besoin de dialoguer, on a besoin de le faire devant les Français pour qu'ils connaissent aussi.

Nos différences, nos nuances, mais il n'y a pas de place à l'insulte. Et les insultes dont a fait l'objet François Ruffin ne sont pas acceptables. J'ai vécu les mêmes de la part des insoumis.

10:13
Invité

Mais qu'est-ce que ça dit en fait ? On ne fera pas progresser... C'est pas acceptable, d'accord, mais qu'est-ce que ça dit ? De l'état de la gauche et du NFP ?

10:19
Fabien Roussel

C'est même pas que l'état de la gauche, je dirais que tout est fait dans notre pays pour opposer les Français entre eux, tout est fait pour nous diviser, tout est fait pour diviser la gauche, et donc on doit prendre soin à ne pas... jouer sur ces divisions, on doit surtout prendre soin à être le plus rassemblés possible, et quand il y a des désaccords, il faut pouvoir en débattre sans s'insulter. C'est ça que je dis. Donc je dis halte au feu, arrêtez, par contre on a des débats à avoir entre nous. Alors justement sur le fond. Par exemple sur le fond, sur la croissance, on a des débats là-dessus.

Et Jean-Luc Mélenchon et François Ruffin, je pense qu'ils vont être plus d'accord par rapport à nous, nous nous disons qu'on a besoin de reconstruire dans notre pays une industrie qui produit, qui crée des richesses, et que c'est cette richesse qui permettra de financer la protection sociale, les services publics, le budget de l'État. Et donc comment on va reconstruire notre pays, réduire les émissions de gaz à effet de serre, si on ne reconstruit pas une industrie forte en France ? Et ça ce sont des débats forts que nous devons avoir, où le financement de notre budget, le financement de la France, on le fait que en taxant les riches et en taxant les dividendes.

On sait bien que ça n'avancera pas, il nous faudra bien une banque publique dans notre pays qui prête à taux zéro ou négatif pour les investissements, pour la relocalisation, pour soutenir... l'industrie notamment, avec des critères définis démocratiquement entre nous. Ce sont des débats très importants que nous devons avoir entre nous.

11:39
Invité

Vous parlez de ces débats-là où la gauche n'est pas d'accord en son entier, en tout cas vous n'êtes pas d'accord sur ces points-là, vous auriez pu citer la sécurité également, mais sur le fond ce que dit François Ruffin, cette ligne de clivage que vous connaissez, ce n'est pas la première fois qu'il le dit, il le répète dans son livre itinéraire « Ma France en entier, pas à moitié » et il déplore à nouveau que la France insoumise ait abandonné au Rassemblement national une partie du pays, des bourgs, des campagnes, des ouvriers. Il parle d'un désaccord moral et électoral profond et dans la durée avec Jean-Luc Mélenchon.

Il cite aussi les propos que lui aurait tenus Jean-Luc Mélenchon lors de sa campagne dans le Pas-de-Calais en 2012. Je cite Ruffin « quand il me racontait Hénin, c'était à la limite du dégoût, on ne comprenait rien à ce qu'il disait, il transpirait l'alcool dès le matin, il sentait mauvais, presque tous obèses ». Admettons que tout cela soit vrai, François Ruffin a-t-il raison d'écrire cela ? Ou est-ce qu'il affaiblit son camp et lui-même le divise ?

12:33
Fabien Roussel

Il faut lui poser la question à lui, sur sa responsabilité. En tout cas, des paroles de mépris à l'encontre des gens du Nord et du Pas-de-Calais, des ch'tis, je les connais, je les entends, et ils sont insupportables. C'est une forme de mépris de classe quelque part.

12:51
Invité

Vous voulez dire que Jean-Luc Mélenchon a un mépris de classe ?

12:54
Fabien Roussel

Je considère que...

12:56
Invité

Qu'est-ce que vous dites ce matin ?

12:58
Fabien Roussel

Je considère que de tels propos, s'ils étaient véritablement tenus, euh... c'est du mépris de classe. Et justement, euh... quand on est de gauche, euh... qu'on défend le travail, euh... qu'on défend la dignité, euh... de l'être humain, on défend autant, euh... ceux qui sont dans les banlieues ou qui vivent dans les villages, et qui souffrent, et qui souffrent d'un système économique qui nous rabaisse au plus bas. Tout est fait, encore une fois, pour nous diviser, selon que l'on habite dans les grandes villes ou les villages, selon que l'on soit noir ou blanc, selon que l'on soit musulman ou catholique, selon que l'on habite dans un pavillon ou un appartement.

Et nous devons tout faire pour nous rassembler. Et ce qui nous rassemble, c'est la classe sociale à laquelle nous appartenons, quel que soit notre lieu d'habitation. Et c'est pour ça que je veux faire du combat de classe, de la classe sociale, le monde du travail. La gauche du travail contre la gauche du RSA, c'est toujours vrai. Je l'ai dit à la Fête de l'Humanité il y a deux ans. Je le redis aujourd'hui. Oui, vous l'assumez. Je l'assume pleinement. Et c'est ça qui nous rassemble.

13:58
Invité

François Ruffin sur ce sujet-là.

13:59
Fabien Roussel

Je suis plus d'accord avec lui, oui, tout à fait.

14:01
Invité

Vous êtes d'accord avec François Ruffin, mais est-ce que vous êtes d'accord avec lui quand il dit « Quand je faisais campagne... » Pardon, mais quand je tombais sur un noir, je cite, hein, « Quand je tombais sur un noir ou un arabe, je sortais la tête de Mélenchon sur les tracts. » C'était le succès presque assuré. Mais dès qu'on tombait sur un blanc, pas seulement dans les campagnes, même dans les quartiers, ça devenait un verrou, ça ne passait plus du tout. Du coup, je présentais un autre document sans, je cite, « sa tronche ni son nom ». Manuel Bompard parle d'accusations blessantes, injustes et dangereuses, qui sont une honte en entier et pas à moitié. Qu'est-ce que vous pensez de ça ?

On est obligé de vous interroger sur le fond,

14:31
Fabien Roussel

parce qu'il y a des mots qui sont prononcés. Je vous avouerai que ces échanges, je les ai eus avec François Ruffin après les élections présidentielles. J'en ai beaucoup parlé avec lui. Je lui ai déjà dit, je lui avais demandé à l'époque de faire son coming out, comme il le fait maintenant, de rejoindre le combat que je portais, que je porte toujours, pour avoir un discours de gauche, de classe, qui nous rassemble plutôt qu'il nous divise. Il a fait le choix jusqu'au bout de rester avec Jean-Luc Mélenchon, y compris pendant les élections européennes, où il aurait pu nous rejoindre. Maintenant, il clarifie les choses.

Mais je pense que l'on peut avoir ces débats sans s'insulter, sans invectives de part et d'autre. Et c'est ce que je souhaite. Et c'est pour ça que les insultes que subit François ne sont pas acceptables. On doit pouvoir débattre de ça sans s'insulter.

15:22
Présentateur

On passe au standard inter. Michel, bonjour. Vous nous appelez de la ville de Tulle. Et on vous écoute.

15:30
Auditeur

Oui, c'est ça. Monsieur Roussel, vous êtes vraiment un cheveu de parler clair. Pensez-vous comme Ruffin que Mélenchon soit un boulet ? Boulet n'étant pas une insulte.

15:40
Présentateur

Merci Michel pour cette question. Alors Fabien Roussel va enlever le cheveu, puisque vous êtes un cheveu de parler clair.

15:50
Fabien Roussel

François a utilisé cette expression pour parler des difficultés qu'il avait eu pendant ses élections législatives. Et j'ai rencontré exactement les mêmes. Et beaucoup d'habitants de chez moi me disent aujourd'hui qu'ils n'ont pas voté pour moi à cause de l'alliance avec Jean-Luc Mélenchon qui est un repoussoir pour un grand nombre de nos concitoyens. Un boulet ? Oui, c'est vrai. Et c'est un sujet dont il faut pouvoir parler aussi. C'est une réalité. Est-ce qu'il ne nous empêche pas de rassembler au-delà de ce que nous avons fait aujourd'hui ? Nous avons gagné 193 députés. Nous avons progressé. Mais nous n'avons pas gagné une majorité suffisamment forte

16:34
Locuteur non identifié

pour pouvoir gouverner. Fabien Roussel, un boulet qui a fait 22%

16:38
Fabien Roussel

au premier tour de la présidentielle. Oui, je sais. Une partie des électeurs qui s'apprêtaient à voter pour moi ont filé vers lui. Et j'en ai souffert. Ça relativise. Mais ça n'empêche qu'il a été deux fois candidat à l'élection présidentielle et qu'il n'a jamais réussi à passer le cap de se qualifier. Et la question, ce n'est pas de se qualifier au second tour. La question, c'est de l'emporter. Et est-ce qu'il a une capacité à rassembler la France pour l'emporter ? Alors là, je ne crois pas du tout.

17:10
Présentateur

Dominique est en ligne. Bonjour, bienvenue. Bonjour. On vous écoute.

17:14
Auditeur

Alors écoutez, moi j'ai une question. D'abord, bonjour Fabien Roussel. Bonjour Madame. Merci beaucoup et que j'admire beaucoup. J'ai une question sur la sécurité. J'habite Vénissieux dans le Rhône. Une ville de près de 70 000 habitants. J'habite dans le centre. Tous les soirs, je vois les dealers arriver, traverser devant chez moi, c'est une petite rue, à tout berzingue avec des gros bolides pour ravitailler en drogue la jupe. Tous les soirs, je vois des clochards pisser sur le monument aux morts, se rassembler au monument aux morts, parce que dans les autres villes, on les refuse.

Alors qu'à Vénissieux, on aura bientôt en plein centre-ville de Vénissieux, derrière la mairie, un rassemblement de personnes SDF que je ne critique pas, parce que je sais qu'ils sont victimes de cette société. Mais je voudrais savoir ce qu'un maire communiste peut faire puisque Vénissieux est une ville communiste. Quels sont les moyens d'un maire pour pouvoir éradiquer ce genre de choses ?

18:14
Présentateur

Merci Dominique pour cette question. Fabien Roussel vous répond rapidement.

18:18
Fabien Roussel

Oui, parce que j'ai rencontré Michel Picard, la maire de Vénissieux, comme la maire d'Echirol, Amandine Demore et d'autres, qui dans leur ville, ont des points de deal qui concentrent donc les trafics, les trafiquants, et qui créent énormément de violence, les balles perdues, les blessés, etc. Derrière, il y a le blanchiment de l'argent, etc. Bon. Mais ce qu'ils me disent, c'est qu'ils ont investi dans une police municipale, armée, les maires communistes, de la vidéosurveillance. Et pour autant, les commissariats sont déshabillés, les moyens en police judiciaire sont faibles, et ils ne sont pas suffisants en tout cas.

Les opérations place nette du Président de la République et d'Armanin sont bien, mais elles ne durent que quelques heures. Il en faut tout le temps, de manière perpétuelle. Et donc, tant que l'on n'aura pas mis les moyens suffisants en matière de police de proximité, d'enquête, d'écoute, de brigade financière pour lutter contre le blanchiment de l'argent, tant qu'on ne les tapera pas au cœur de leurs portes de monnaie, ils seront toujours là. Plus du contrôle aux frontières pour empêcher la drogue de rentrer et donc la reprise du contrôle de nos frontières pour mieux les contrôler, c'est essentiel aussi.

C'est ce que nous demandent les maires communistes, c'est qu'il y ait une politique nationale d'État suffisamment forte pour pouvoir accompagner les maires qui, localement, sont bien démunis.

19:36
Présentateur

Encore une question dans le contexte politique que vous avez décrit il y a quelques instants. Défendez-vous, comme Olivier Faure et Marine Tondelier, une candidature unique de la gauche en 2027 ? Dites-vous, comme eux, que sans candidature unique, pas de victoire possible ?

19:54
Fabien Roussel

Écoutez, présidentiel 2027, franchement, je m'exprimerai sur le sujet le moment venu. Mais aujourd'hui, ce n'est pas le moment.

20:02
Invité

Vous ne savez pas

20:04
Fabien Roussel

ou vous ne voulez pas dire ? Il y a 10, 12 millions de nos concitoyens qui vivent sous le seuil de pauvreté. Il y a les 450 salariés du Rizotti dans l'automobile à Salomines qui ont peur pour leur emploi. Vous pensez que si je vais les voir et que je leur parle de présidentiel, on est audible ? C'est maintenant qu'ils attendent des réponses.

20:24
Invité

Est-ce que vous allez tout faire pour travailler à une candidature unique ?

20:26
Fabien Roussel

C'est ça la question. Je vais tout faire pour que ça change maintenant. Je vais tout faire pour que la gauche et les écologistes soient unis, le plus unis possible. Et je ferai tout pour créer les conditions de la victoire. Donc, on va procéder par étapes. Moi, je veux des victoires maintenant, locales, nationales, et je me battrai pour ça maintenant. Et il y a des mobilisations à venir comme celle du 1er octobre à l'appel de la CGT, de la FSU et de Solidaires qui seront importantes pour cela.

20:52
Présentateur

Merci Fabien Roussel. Vous allez pouvoir soigner votre voix. Merci, je parle.

20:58
Invité

Celle d'après la fête de l'Huma.

21:00
Fabien Roussel

Qui a battu un record, non ? Enorme. On approche le demi-million de visiteurs. Et c'est la plus belle fête populaire de notre pays,

21:10
Présentateur

voire d'Europe. Merci encore. 8h46.