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interviewBFMTV· 27 août 2023 36 min

L'intégralité des discours de Gérald Darmanin et Élisabeth Borne à Tourcoing

Transcription Whisper (large-v3), avec identification des locuteurs. À recouper avec la source d'origine.

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Gérald Darmanin

Priorité au direct, on va écouter tout de suite Gérald Darmanin, le ministre de l'Intérieur. On l'écoute.

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Élisabeth Borne

Les collègues parlementaires et maires, et puis vous toutes et tous, et puis les nombreux tourquenois qui sont venus très nombreux, ce qui me fait toujours extrêmement plaisir. Merci à vous d'avoir été tout au long de cette journée présents pour débattre, pour échanger, pour réfléchir à haute voix. Ça fait du bien de se retrouver, ça fait du bien de faire de la politique. Et c'est quoi faire de la politique ? C'est simplement le joli mot qu'on a choisi pour dire s'occuper des gens. Se réunir, c'est s'apprécier, et débattre, c'est se respecter.

Il n'y a aucune crainte à avoir des femmes et des hommes, des citoyens, intéressés par l'avenir de leur pays, pour se réunir et pour débattre, ils ne peuvent en sortir que du bon. Faire de la politique, c'est écouter les avis, les sentiments, l'état d'esprit de nos compatriotes, tenter d'analyser ses avis, ses sentiments, ses états d'esprit, et puis selon les options possibles. La politique se fait toujours à travers des réalités, pouvoir agir quand on a la chance, comme nous, chère Elisabeth, mesdames et messieurs les membres du gouvernement, d'être en responsabilité. Merci aux élus de tous les bords politiques.

Ceux qui soutiennent le gouvernement, et ils sont nombreux, comme ceux qui ne sont plus critiques envers son action. Je remercie tous mes amis qui sont venus depuis le début de cette journée, et ceux qui sont bien sûr restés jusqu'au bout de ce discours, être présents, être présents au discours de la Première Ministre. Ce n'est pas cautionner le gouvernement, c'est comprendre que nous sommes dans un même espace républicain, où évidemment, chacun est respecté.

Merci à tous les associatifs, les chefs d'entreprise, les salariés, les habitants, d'être venus, comme nous le faisons si souvent à Tourcoing, chère Doriane, échanger en toute liberté, sans posture morale, et parce que nous sommes foncièrement convaincus que, quel que soit son statut, quelle que soit sa position sociale, chacun a une voix, la même que celle de son voisin, et que les dimanches de France, où les Français vont voter dans les pré-hauts d'école, la voix du ministre vaut la voix de l'ouvrier, la voix du chef d'entreprise vaut la voix de l'employé. Et c'est ça, la République que nous aimerons.

C'est sans affective échanger avec tous ceux qui, tels le métro du soir à 5h, comme le disait Malraux lorsqu'il défiissait le gaullisme, se retrouve. Merci à toi, chère Elisabeth. Merci, Madame la Première Ministre. Merci d'avoir de ton soutien quotidien depuis un an. Merci d'être revenu à Tourcoing pour la troisième fois. Merci de montrer ton attachement au débat. Nous connaissons tous ton agenda extrêmement chargé. Je sais que c'est devenu dans cette belle terre du Nord où les gens sont toujours courageux, toujours simples et toujours fraternels.

Je sais que, et je pourrais souvent en parler avec toi, la grande sensibilité sociale qui est celle, depuis toujours, des gens du Nord, tu la partages. Tu la partages par ton parcours personnel, chacun le sait, qui force admiration, par ton parcours familial, par ton parcours professionnel. Et tu montres et tu démontres que le mérite, l'égalité des chances et l'attention aux autres sont les moteurs principaux de ton engagement public. Et c'est un exemple pour nous tous. Je voudrais ici vraiment te remercier de ta présence.

Parce que c'est justement le sujet de cette journée, la fibre sociale, les sentiments des Français qui appartiennent aux classes populaires, aux classes moyennes, auxquelles nous avons fait droit tout aujourd'hui, tout cet après-midi. Et c'est ici, à Tourcoing, dans une ville fière de ses origines ouvrières, de ses habitants travailleurs et de ses quartiers populaires, que nous avons posé, ou que nous essayons de poser, comme beaucoup avant nous, la seule question qui vaille au fond, c'est-à-dire la question sociale.

La question de la condition de vie des femmes et des hommes de notre pays qui doit occuper, nous le pensons, tous les débats politiques, ou en premier lieu, les débats politiques. On se pose cette question, car on voit bien que la condition sociale des ouvriers, des employés, des fonctionnaires, des artisans, des commerçants, en un mot, des travailleurs, est un grand sujet de préoccupation, que le doute peut s'installer chez eux, et qu'ils se posent une question pour eux et pour leurs enfants, comment est-ce que nous avons un avenir.

Nous voyons aussi qu'une partie des Français issus de ces milieux populaires s'abstiennent désormais massivement aux élections et ont envoyé des dizaines de parlementaires du Rassemblement national à l'Assemblée. Non pas, je le pense personnellement, par conviction, ou en tout cas par conviction seulement, mais parce qu'ils donnent de nouveau un signal d'alerte à ceux qui les gouvernent. Ces classes populaires sont, il faut bien le dire, souvent ignorées des débats publics et parfois, comme on l'a vu récemment, tournées en dérision.

Tout au long de cet après-midi, on a vu qu'une grande majorité de nos compatriotes se sentaient appartenir à une classe populaire ou à la classe moyenne, non pas en raison d'origine ethnique, non pas en raison de leur religion, non pas en raison de leurs idées politiques, de leurs engagements syndicaux, ni de l'endroit où ils vivent, mais par le seul sentiment, mais très fort, de ne pouvoir vivre que du fruit de leur travail.

Le travail, monsieur le ministre du Travail, si important comme moyen de promotion sociale, n'est pour eux pas assez rémunérateur pour se construire à patrimoine, pour assurer l'avenir de leurs enfants, pour partir en vacances et pour sortir de l'assignation à résidence, dénoncée très justement par le candidat Emmanuel Macron en 2017. Les gens ordinaires dont parle Christophe Guilly n'ont pas de résidence secondaire, ils n'ont pas de portefeuille d'action, ils n'ont pas les moyens de déjouer la carte scolaire, et ils ont besoin de sécurité, car l'État est leur seul bien pour défendre leur famille.

C'est une immense majorité silencieuse qui n'habite pas au cœur des métropoles, à l'immobilier dont il faut se le dire aujourd'hui désormais inabordable pour eux, et qui ont l'impression, sans jamais être aidés, alors qu'ils travaillent, tous les matins, rentrent tard le soir, qu'ils payent leurs impôts, ils n'ont pas l'impression d'être aidés autant qu'ils aident la société. Alors, vrai ou faux, les classes populaires de notre pays ne se sentent pas vraiment considérées ni assez représentées. Elles ont l'impression de ne compter pour pas grand-chose, de subir l'ironie, et parfois, je l'ai dit, le mépris.

Alors, certains observateurs m'ont déjà fait remarquer que ce sentiment d'injustice, d'inéquité, de ressentiment, et parfois de colère, n'était pas fondé. Notre pays, il est vrai, ça a été rappelé cet après-midi, tu l'as rappelé encore, Renaud, et merci de tes propos, depuis les grandes lois républicaines est le seul à garantir le droit à l'éducation gratuite, et pour tous, et la santé, gratuite, et pour tous, le seul à dépenser autant d'argent public pour son système social dans tous les pays occidentaux.

Mais, mesdames, messieurs, un sentiment, même lorsqu'il ne correspond pas à la vérité des chiffres ou à la rationnée du réel, ne se méprise pas, ne se rejette pas d'un revers la main, et ne peut faire pas l'objet de moqueries, surtout de la part de ceux qui n'appartiennent pas aux mêmes difficultés sociales. Un sentiment, c'est comme en amour, en amitié, ça se respecte, et ça se prend au sérieux. Il faut respecter et prendre au sérieux le sentiment qu'ont les employés, les ouvriers, les artisans, les commerçants, les fonctionnaires, qui sentent parfois découragés devant le mal qu'ils se donnent au travail et à une rémunération trop faible.

Il faut respecter et prendre au sérieux le sentiment de toutes ces femmes seules qui élèvent courageusement leurs enfants et qui sont de plus en plus nombreuses dans nos sociétés, notamment dans les catégories les plus populaires, celles qu'on appelle pudiquement les familles monoparentales. Elles sont débordées, débordées par la vie, dans l'insécurité, y compris vis-à-vis de leur ex-conjoint, peu rémunérées, dans des professions éreintantes et essentielles. auxiliaires de vie, assistantes maternelles, infirmières, femmes de ménage, employées communales ou salariées.

Il faut respecter et prendre au sérieux le sentiment qu'ont les parents des quartiers populaires dont les enfants vont dans les écoles où la mixité sociale s'est largement affaiblie, où les difficultés des parents s'additionnent aux difficultés des autres parents et où l'égalité des chances existe difficilement car le déterminisme social y est beaucoup trop fort. Et il faut respecter et prendre au sérieux le sentiment que la population exprime lorsqu'elle souhaite davantage d'autorité, de présence de la police, d'une immigration plus contrôlée et d'une laïcité plus respectée.

Il faut respecter et comprendre le sentiment que les aléas de la vie, le manque de médecins, la canicule dans les logements HLM, le prix de l'essence, les maladies dues à la pollution fait que les aléas climatiques sont aujourd'hui en premier touchés par ceux qui habitent dans les quartiers populaires, ceux qui ne connaissent pas, comme la jeunesse de France, toujours, un avenir meilleur demain. Ces sentiments vécus et répétés poussent souvent au désespoir, à la contestation, à la perte de confiance dans notre démocratie et au vote populiste qui promet tout. Dire cela, ce n'est pas critiquer. Ce n'est pas non plus imaginer un quelconque calcul personnel.

Le courage, c'est de chercher la vérité et de la dire, disait Jaurès, Agnès, je te cite après toi. La fidée et la loyauté, ça ne veut pas simplement se dire se taire pour plaire, alors que parfois on pense un petit peu différemment. Quel drôle de loyauté et de fidélité, c'est ce qui consisterait à ne pas soumettre au débat les convictions et les pistes d'amélioration auxquelles on croit pour le bien collectif, pour son pays, pour son équipe, et quand on a la chance comme de nombreux élus ici de croiser tous les jours des habitants des quartiers populaires qui nous demandent de faire entendre leurs messages à Paris.

Comment rester sourds à toutes ces lettres glissées dans les déplacements, à tous ces messages, à tous ces propos tenus dans les réunions par des habitants que l'on rencontre et qui nous disent ce qu'ils ont besoin de nous ? Alors oui, la vérité, mes amis, c'est que le président de la République et sa majorité ont fait bien plus que quiconque pour les Français modestes. Le dédoublement des classes, une très grande politique sociale qui directement aide des dizaines de milliers d'enfants des quartiers populaires à s'en sortir. Des classes de 12 élèves dans le quartier de la Bourgogne à 92% de logements sociaux à quelques mètres d'ici.

C'est un tremplin pour la réussite et un grand pas pour l'égalité des chances. Dès 2017, je le sais d'autant plus pour avoir été avec mon ami Bruno Le Maire en charge de Bercy, c'est notre majorité présidentielle qui a défiscalisé les heures supplémentaires, qui a baissé l'impôt sur le revenu des petites classes moyennes, qui a supprimé la taxe d'habitation, qui a augmenté l'allocation adulte handicapé, qui a augmenté le minimum vieillesse. Et le chômage, Madame la Ministre du Travail, chère Élisabeth, la plaie des classes moyennes et populaire. Le chômage n'a jamais autant baissé.

Et c'est autant de victoire pour tous ces travailleurs, ces employés qui vivaient, la peur de ne plus avoir un emploi. Moi qui fais encore avec Madame la Maire des permanences, il est extrêmement rare désormais d'avoir des gens qui demandent un emploi. Ce n'était pas le cas en 2014 lorsque nous avons été en responsabilité et on le doit au Président de la République et à son gouvernement. Et nous le savons particulièrement ici, nous les gens du Nord, où dans cette belle terre industrielle, en 20 ans, il y a eu 1 million d'emplois qui furent supprimés dans la mine, dans le textile, dans l'automobile, dans l'imprimerie et ici à Tourcoing et à Roubaix dans la vente par correspondance.

C'est notre majorité qui a simplifié la vie des Français avec l'impôt à la source, le reste à charge zéro pour la santé, le versement automatique des pensions alimentaires ou la prime pour la rénovation des logements. Oui, notre majorité depuis 2017 n'a non seulement pas à rougir mais à être très fière de son action pour les Français les plus modestes. Alors vous me direz constater c'est bien, défendre un bilan dont on peut être fier c'est nécessaire mais quelle proposition ?

En premier lieu je veux ici remarquer qu'il existe désormais et c'est une maladie pour nous tous un eux et un nous entre les prétendues élites pas simplement les élites politiques mais il faut se le dire aussi les élites économiques les élites culturelles les élites médiatiques et une partie du peuple éloigné des lieux de décision et des centres d'intérêt populaire. La petite révolution à laquelle nous assistons je crois Elisabeth c'est qu'il y a désormais plus une différence de degré mais de nature entre la vie quotidienne d'une certaine élite qui vit en centre-ville et celle d'un reste d'un pays qui se sent incompris.

Mes chers amis, deux mondes existent quand 70% des Français prennent leur voiture pour aller travailler tous les jours et que c'est l'inverse dans la capitale de notre pays. La séparation géographique entre les tenants du capital et les travailleurs engendre du fait de la financiarisation du monde une distance de plus en plus forte entre l'ouvrier et le patron. Désormais le directeur général ou la directrice générale est un représentant de plus en plus éloigné lui-même de ses vrais propriétaires de ses vrais actionnaires qu'il connaît peu et que ne voit pas ses salariés et ses ouvriers.

Il m'est arrivé il n'y a pas si récemment à la demande d'un maire qui est ici présent dans notre département d'intervenir pour ne pas former une ligne de production dans une usine. C'est la première fois que j'ai mis une semaine à comprendre qui étaient les vrais décideurs de cette décision et je suis ministre. Changer de patron en une nuit que les syndicats ne puissent pas rencontrer ceux qui décident que le patron ne fasse pas le tour de ses ouvriers le matin ça peut paraître démagogique pour certains mais c'est un monde qui change. La géographie est une belle politique il nous faut rapprocher les gens des décisions.

Dans un second temps il nous faut je le pense très sincèrement et je sais qu'on en a longuement parlé reprendre la lutte contre l'assignation à résidence la grande idée du président de la République. là est le combat républicain. L'assignation à résidence géographique l'assignation à résidence sociale où notre jeunesse nos quartiers populaires doivent comme nos aînés comme nous-mêmes comme j'en ai bénéficié comme nombreux ici en ont bénéficié avoir accès à l'ascenseur républicain être connus selon leurs mérites être connus selon leur possibilité de s'en sortir et de leur courage en une seule génération et de sortir de sa condition sociale.

sans excuse d'origine ou de religion simplement réussir parce qu'on est français et on n'a pas à savoir qui est français ou qui ne l'est pas selon l'envie politique des uns et des autres il n'y a que des français et il faut les reconnaître comme tels. En troisième lieu nous devons nous battre pour que la sécurité bien sûr soit garantie pour tous sur le territoire national. Des milliers de postes de policiers et de gendarmes ont été créés depuis six ans. notre soutien moral financier matériel et de force de l'ordre est sans faille. Grâce au ministre de la justice grâce aux arbitrages de la première ministre des moyens très importants permettent aux magistrats de condamner plus vite.

La lutte contre la drogue la mer de toutes les batailles a été érigée en priorité par des saisies records et des trafics à qui nous portons des coups inédits. Mais il est évident que les français notamment les plus modestes attendent davantage de l'état et peut-être encore davantage de leurs ministres de l'intérieur. Je veux leur dire que je sais leur attente et qu'ils ont raison.

Je veux leur dire qu'ils peuvent être convaincus qu'avec les moyens très importants accordés je vais continuer à mettre toute mon énergie pour affirmer l'autorité de l'état pour pourchasser les délinquants pour lutter contre le séparatisme pour protéger que ceux qui n'ont rien d'autre que la nation que la police que les gendarmes que les pompiers pour les protéger. Mesdames, Messieurs la sécurité et c'est six ans de maire de Tourcoing qui me l'a fait comprendre n'est pas une lubie pour gagner les élections ou pour créer des polémiques. La sécurité est la première des politiques sociales en ce sens que sans sûreté il n'y a pas de liberté d'aller et venir.

Il n'y a pas la possibilité d'être propriétaire. On ne peut pas exprimer librement son opinion ou aller voter ou aller travailler ou voyager ou porter une jupe dans le métro ou pratiquer sa religion ou n'en pratiquer aucune. Sans sécurité il n'y a pas d'égalité des chances. Il n'y a pas d'éducation nationale possible où l'on travaille sereinement. Sans sécurité il n'y a pas de fraternité. La loi du plus fort la loi du plus violent remplace toujours la loi de la République quand le policier n'est plus là.

Mais les policiers et les gendarmes en quête je veux rendre un hommage appuyé avec nos amis militaires chers Sébastien nos policiers et nos gendarmes qui sont eux-mêmes les enfants du peuple et vous êtes Madame la Première Ministre dans une région qui envoie le plus de militaires le plus de policiers le plus de gendarmes dans la fonction publique de la République ils interviennent souvent pour éviter le pire mais nous savons tous qu'ils gèrent un mal qui vient de bien plus loin.

Une urbanisation chaotique des logements dégradés des logements dégradés qui font le beurre des marchands de sommeil une immigration non contrôlée une intégration pas toujours réussie un accueil de l'enfance qu'il faut renforcer pour aider parents et enfants blessés par la vie et je suis très touché que Charlotte Cobell soit parmi nous aujourd'hui une école où l'autorité est moins forte qu'avant une éducation populaire on l'a dit tout à l'heure moins accessible et des parents plus absents Bien posée la question sociale comme le disait Philippe Séguin pour lequel je me suis engagé en politique à l'âge de 16 ans s'est pensé le rapport entre les riches et les modestes entre les bien-nés et le peuple J'ai pensé que c'était le ressort même de la République d'unir ou du moins à chercher à unir le sommet de l'État aux plus démunis des citoyens écrivait-il déjà dans les années 90 Madame la Première Ministre chère Élisabeth mes chers amis je n'oublie pas que je suis comme député du Nord et comme tous les députés du Nord ici présents le successeur de l'abbé Lemire disciple du catholicisme social député pendant presque 30 ans ça ferait rêver il s'est battu parfois contre son évêque contre l'église contre ses amis contre un capital un peu un peu trop égoïste pour être à l'écoute du plus modeste de ses concitoyens d'Asbrouck dont je salue ici le maire il verra la référence il s'est battu l'abbé Lemire pour imposer une meilleure répartition des richesses des meilleures conditions de travail pour les femmes et les enfants et à contribuer aux lois les plus sociales de la troisième république il a été touché par la misère des ouvriers à Tourcoing et à Roubaix et l'ital inventeur et le propagateur des jardins familiaux des jardins ouvriers dont vous avez un exemple ici au bout de ce jardin ces jardins familiaux on connaît ici à Tourcoing leur intérêt ce n'est pas un folklore des centaines et des centaines d'habitants aujourd'hui encore ouvriers et employés peuvent y vivre de leur passion de la nature du bien manger d'une vie plus saine mais aussi nous savons qu'ils le font pour ça pour limiter les dépenses d'un budget trop contraint alors qu'ils travaillent il y a du beau dans les jardins familiaux il y a du beau dans l'héritage de l'abbé Lemire au moment de conclure je ne peux m'empêcher de le citer cet abbé Lemire au moment où il déclara sur sa profession de foi d'ailleurs accessible sur le site de l'Assemblée Nationale et au moment où il a été exclu du diocèse par son évêque et au moment où il retournait dans ses électeurs il disait que en tête de sa profession de foi la politique qui est la mienne s'inspire de l'amour de la République et du dévouement au peuple c'est l'amour de la République et du dévouement au peuple qui nous guide qui guide le président de la République qui guide le gouvernement de la première ministre et qui guide je le sais chacune et chacun de nous malgré nos différences politiques tenir la promesse d'émancipation est le mérite pour offrir à tous les petits tourquennois et à tous les petits enfants de France quelle que soit leur origine la chance que nous avons eue nous-mêmes permettre à tous les enfants de faire des études supérieures s'ils le souhaitent permettre à l'étranger de s'intégrer de devenir plus français que les français comme le disait mon grand-père qui arrivait d'Algérie permettre aux locataires de devenir propriétaires s'ils le souhaitent permettre aux classes laborieuses de vivre du fruit de leur travail et permettre aux jeunes du quartier de la Bourgogne de monter son entreprise et je lui souhaite de conquérir le monde tant de choses ont été faites et tant de choses restent à faire pour aider le plus modeste de nos concitoyens à écouter à représenter et à éviter que les classes populaires n'aillent par dépit dans l'abstention ou au rassemblement national dont nous savons ici dans les Hauts-de-France à quel point c'est un danger quotidien la solution n'est pas seulement dans une réponse technique mais dans le comportement de la femme et de l'homme politique qui a une certaine disposition d'écoute et à essayer de comprendre que chaque personne qui vient le voir c'est comme quand sa maman vient lui demander quelque chose faire cela ce n'est pas penser à une quelconque élection je sais que je ne pourrais pas empêcher les gens de le dire mais c'est de permettre à notre peuple à notre pays que nous aimons tant d'avoir un avenir compatible avec ses valeurs et avec son passé Madame la Première Ministre chère Elisabeth sachons convaincre et je sais que tu as l'énergie pour de tout ce que nous avons fait et disons tout ce qui nous reste à faire et espérons qu'aujourd'hui et demain la France reste la France avec des femmes des hommes politiques qui n'ont que les valeurs à défendre et notre drapeau à protéger je vous remercie

22:20
Présentateur

18h18 sur BFM TV merci d'être avec nous vous venez d'écouter le discours de rentrée du ministre de l'Intérieur Gérald Darmanin depuis Tourpoint et on va écouter tout de suite la Première Ministre qui va aussi prendre la parole dans un instant en direct sur BFM TV Elisabeth Borne qui est montée au petit titre et qui va s'exprimer

22:45
Gérald Darmanin

Mes chers amis je dois vous avouer une chose je n'avais pas vraiment prévu de passer ce dernier week-end d'août à Tourcoing mais invité par Gérald je suis heureuse d'être parmi vous pour partager quelques messages et je vous rassure je ne vais pas être longue d'abord parce que c'est un événement informel ensuite parce que je sais que vous avez déjà beaucoup travaillé enfin parce que l'apéritif nous attend alors d'abord je veux saluer toutes celles et ceux élus ou non partisans de la majorité présidentielle ou non qui ont fait entendre leur voix et leurs idées aujourd'hui Gérald comme beaucoup parmi les présents ici nous connaissons les difficultés des Français pour les avoir vécues chacun a son histoire et moi aussi je me souviens que c'est la République qui m'a aidée alors que j'étais cette fille d'immigré dont la mère devait élever seule ses deux enfants c'est la République qui m'a permis de m'en sortir en me faisant pupille de la nation et en me donnant un salaire pendant mes études sans cela jamais je n'aurais pu être où je suis aujourd'hui alors j'ai une reconnaissance infinie pour la République et mon combat c'est que chaque Française chaque Français d'où qu'il vienne quel que soit son milieu social puisse se dire qu'en France grâce à la République et à son travail tout est possible mes chers amis aujourd'hui la question de l'extrême droite et de sa progression dans nos démocraties est au coeur de nos réflexions et comme vous tous ici je ne résoudrai jamais à ce que l'extrême droite accède au pouvoir dans mon pays il n'y a aucune fatalité mais on ne s'intéresse pas aux classes moyennes et à la France populaire par calcul comme le fait le Rassemblement National on le fait sincèrement pour changer la vie de femmes et d'hommes qui se sentent parfois à l'écart oubliées oui Gérald comme tu l'as dit il faut respecter et prendre au sérieux ce que ressentent les employés les ouvriers et beaucoup de salariés d'artisans de commerçants d'agriculteurs et de fonctionnaires ils ont trop souvent le sentiment que la République ne les entend pas quand ils expriment leur crainte de déclassement pour eux comme pour leurs enfants ce sentiment qu'ils sont exclus tout à la fois de la richesse et des aides avec des espoirs réduits de promotion sociale et je crois que la première chose que nous devons à chacun c'est de la reconnaissance et de la considération ce sont des femmes et des hommes qui veulent vivre dignement dans la tranquillité en profitant des plaisirs simples de la vie partir en vacances aller au restaurant offrir un cadeau à ses proches des femmes et des hommes qui tiennent à donner un avenir meilleur à leurs enfants des femmes et des hommes à qui nous devons parler franchement mais en posant la complexité de certains défis des femmes et des hommes qui attendent des réponses et à qui nous apportons des solutions c'est cette vision des réalités qui a fondé le projet du candidat Emmanuel Macron en 2016 et mon engagement à ses côtés dès la première heure et dès 2017 Emmanuel Macron alors élu président de la république a mis l'émancipation et l'égalité des chances au coeur de son projet et par deux fois il l'a emporté face à l'extrême droite nous pouvons être fiers de ce qui a été accompli depuis six ans tu l'as dit Gérald fier d'avoir dédoublé les classes de CP et de CE1 dans les quartiers prioritaires fier d'avoir supprimé la taxe d'habitation d'avoir revalorisé nos soignants d'avoir mis en place le versement automatique des pensions alimentaires qui changent la vie des mères et de leurs enfants fier d'avoir triplé le nombre d'apprentis une voie qui permet aux jeunes de se former en touchant un salaire fier d'avoir bloqué les prix du gaz et de l'électricité et limité l'inflation dans notre pays fier d'avoir créé 10 000 postes de policiers et de gendarmes supplémentaires lors du précédent quinquennat ce bilan en faveur des français les plus modestes en faveur des français en difficulté en faveur des classes moyennes et populaires c'est celui du président de la république celui de la majorité présidentielle ce bilan toutes celles et ceux qui sont aux responsabilités depuis 2017 le partagent et Gérald tu l'as dit nous avons d'ailleurs en commun avec Bruno la spécificité d'y contribuer depuis le premier gouvernement d'Emmanuel Macron depuis fidèle à nos engagements et à nos convictions nous avons soutenu et mis en oeuvre le projet du président de la république les décisions prises nous en sommes tous comptables nous les assumons nous les soutenons nous avons de quoi être fiers mais nous devons évidemment rester humbles humbles parce que des difficultés persistent et que les français nous demandent de faire plus et mieux humbles parce que nous avons dû assumer des choix difficiles et porter des réformes pour protéger notre modèle social humbles parce qu'il y a encore des attentes et des inquiétudes du ressentiment et parfois des colères le deuxième mandat du président de la république a commencé il y a à peine plus d'un an et il reste beaucoup de travail à accomplir et qu'attendent de nous les français ils veulent du pouvoir d'achat et des perspectives ils veulent de la sécurité et le respect de nos valeurs républicaines ils veulent des services publics qui fonctionnent pour le pouvoir d'achat les français demandent de la dignité un travail qui paye et qui paye mieux que l'inactivité et même si c'est vrai on ne peut pas juste dire nous avons créé 2 millions d'emplois et le chômage est au plus bas depuis 40 ans il faut que chaque famille en ressente les effets dans ce département du nord la réalité aujourd'hui ce sont des usines qui ouvrent près d'ici à dunkerque en 20 ans 6 000 emplois industriels avaient été détruits avec l'installation d'usines de batterie ce sont 16 000 emplois industriels qui vont être créés des emplois de qualité bien payés ça c'est du concret ça change la vie et je crois que nous pouvons tous ici saluer la politique économique conduite depuis 6 ans sous l'autorité du président de la république par le gouvernement en particulier Bruno Le Maire bien sûr la question du pouvoir d'achat est plus large des temps partiels subis aux métiers mal payés en passant par les progressions de carrière et la lutte contre les discriminations nous attendons beaucoup des entreprises et j'aurai l'occasion d'en parler demain au MEDEF ensuite il y a la sécurité et le respect des valeurs républicaines aujourd'hui tu l'as dit le ministère de l'intérieur dispose de moyens sans précédent mais malgré cela dans trop de quartiers des difficultés d'intégration subsistent la délinquance et les trafics persistent et des drames continuent à survenir comme animent ces derniers jours je sais ta détermination Gérald a refusé toute forme de fatalité et à ce que les résultats se voient de même nous avons augmenté le budget de la justice de 40% mais ce que nous disent les français et je l'entends à chaque fois dans ma circonscription du calvados c'est que l'impunité les révoltes et que tous les délinquants doivent être sanctionnés rapidement le ministre de la justice Eric Dupond-Moretti a montré pendant les violences urbaines de juillet qu'on pouvait avoir une réponse rapide et ferme les moyens engagés doivent permettre de rendre cette réponse systématique et puisque j'évoquais les services publics je vous donne un dernier exemple l'école les parents nous demandent des résultats ils veulent que les enseignants absents soient remplacés que l'école apprenne les fondamentaux lire écrire compter se comporter et que les élèves harceleurs soient éloignés le ministre de l'éducation nationale Gabriel Attal prend ces sujets à bras le corps et je compte sur lui car là aussi les parents veulent voir des changements concrets c'est ainsi que nous assurerons la confiance dans l'école de la république et que nous lutterons contre les inégalités de destin au delà de ces quelques exemples j'attends de chacun de mes ministres et ils le savent que les moyens engagés donnent des résultats concrets rapidement visibles pour les français et pour cela nous avons besoin de vous tous parlementaires élus locaux militants citoyens pour faire connaître les réponses qui existent nous dire comment accélérer et comment faire mieux le temps devant nous doit être entièrement consacré à l'action et à un travail de fond intense pour produire des résultats c'est comme cela que nous combattrons les populistes et les extrêmes en leur laissant leur recette démagogique je sais que c'est un point qui rassemble et fédère toutes les forces républicaines au delà de la majorité présidentielle chers amis pour réussir et apporter des solutions aux français nous aurons aussi besoin d'unité l'unité de la majorité d'abord depuis plus de six ans la majorité avance d'un bloc elle a tenu bon même dans les tempêtes elle n'a jamais été empêchée ou bloquée c'est l'unité qui permet le dépassement en rassemblant des citoyens animés par la même volonté de donner des solutions aux français c'est elle qui nous permet de forger des majorités au delà des clivages y compris avec des élus avec qui nous ne partageons pas tout certains sont présents ici et je veux les saluer notre unité et notre force nous devons la protéger à tout prix c'est la condition pour continuer à agir et ne pas paver nous-mêmes le chemin des extrêmes cette unité derrière le président de la république et son projet j'y tiens j'y veille et j'en suis la garante comme chef de la majorité les années qui viennent doivent être celles des résultats des résultats qui se voient nous y parviendrons ensemble dans l'unité dans quelques jours la rentrée politique sera marquée par l'initiative du président de la république qui réunira tous les chefs de parti pour les entendre et dessiner des accords sur quelques grands projets c'est cet esprit d'unité au-delà des clivages qui doit nous guider parce que nous souhaitons la réussite de la France parce que nous avons tout pour y arriver le président de la république compte sur chacun de nous je compte sur chacun de vous vous pouvez compter sur moi vive la république vive la France merci