La valeur travail : critique et alternatives | #AMFIS2024
Transcription youtube_captions. À recouper avec la source d'origine.
bonjour à toutes et à tous et merci pour être présente et présent de manière matinale j'espère que que vous avez bien dormi et que vous êtes prêt pour cette dernière grande journée de conférence et que vous allez assister à au moins quatre ou cinq d'entre elles et rentrer chez vous épuiser ce soir en tout cas on vient vérifier donc vous le savez euh on est ici pour avoir une une discussion collective avec ma de Simonet et Jean-Marie Pillon qui sont tous les deux chercheuses et chercheurs sociologue et qui viennent engager une discussion qui est une discussion de de longue portée mais qui est fondamentale pour ce qu'on fait comme activité politique qui est la discussion autour de ce que parfois on résume du côté notamment gouvernemental comme étant la valeur travail a un terme un petit peu métaphysique qui consiste à dire qu'il y aurait vous vous êtes censé faire mieux à la fin de ma présentation euh un terme un peu méta vous faites-le maintenant dépêchez allez faites-le maintenant voilà voilà voil et oui comme dirait l'autre faites mieux bon donc on est ici pour avoir une réflexion collective sur ce terme pour avoir une réflexion sur ce terme qui est une une projection un peu morale qui consiste à dire qu'il y aurait euh un un rapport positif et mélioratif au travail mais sans jamais définir à la fois ce qu'est ce travail en question dans les termes lorsque c'est employé du côté de la macronie notamment la valeur travail mais quel travail et puis surtout que signifie la valeur parce que la valeur est un terme qui là aussi est polycémique la valeur c'est quelque chose qui a de la valeur pour nous il y a une perspective de d'attachement moral mais la valeur est aussi évidemment une notion économique a de la valeur quelque chose qui a été qui qui a été produit dans dans le d'un mode de production de reproduction donc on voit que le terme de valeur travail est un terme qui est très complexe à saisir qui est contradictoire parfois et c'est la raison pour laquelle nous voulions avoir votre éclairage à tous les deux puisque vous êtes dans vos travaux de recherche spécialiste de ces questions autour de la production de valeur et de la reconnaissance de la valeur de différentes activités humaine alors bon il y a un côté un peu corporatiste parce qu'il y a 2 ans de cela je pense qu'on faisait des séminaires ensemble tous les trois donc j'ai l'impression de revenir au boulot c'est vraiment la fin des vacances totales pour moi cet atelier mais ça me fait plaisir de de revenir au boulot avec vous deux alors la manière don proposit de de poser le sujet pour avoir un moment d'intervention et ensuite derrière évidemment une réflexion collective des questionsréponses c'est de s'interroger sur ce que le sur la place du travail dans le capitalisme néolibéral aujourd'hui capitalisme néolibéral qui est donc un mode d'accumulation il y a différentes formes de capital qui ont existé différentes manières de faire capitalisme encore aujourd'hui dans le monde c'est pas le même capitalisme en France ici aujourd'hui que le capitalisme au Japon que le capitalisme dans des pays émergents que le capitalisme en Amérique du Sud et cetera donc que signifie le capitalisme néolibéral pour le travail et pour mener cette réflexion on aura d'abord les éclairages de Jean-Marie qui va revenir sur la manière dont aujourd'hui ce qui est reconnu comme du travail c'estàdire une activité productive salarié ou indépendante ce qui est reconnu comme du travail se voit largement dévalorisé notamment par des politiques publiques mais pas que donc on va revenenir sur la dévalorisation du travail dans un premier temps avec tes réflexions Jean-Marie et ensuite on aura un second angle d'approche du sujet en se demandant quand est-ce que le travail est reconnu et quand est-ce qu'il n'est pas reconnu c'està-dire on a d'abord la dévalorisation du travail ensuite on aura la méconnaissance du travail avec mode c'est-à-dire revenir sur toutes ces activités qui sont considérées par certain et certains comme du travail mais qui ne sont pas reconnus à ce titre là et on verra que c'est l'articulation entre les deux à savoir dévaloriser du travail et méconnaître du travail qui constitue la base du capitalisme contemporain aujourd'hui C dynamique d'accumulation et d'exploitation voilàessayer de de résumer rapidement pour pas vous prendre trop de temps et surtout qu'on est une séquence large de réflexion Jean-Marie je te laisse le micro et le show un grand merci euh grand merci Adrien pour le pour le lancement merci euh merci aux organisateurs et aux organisatrices pour pour l'invitation et puis merci à vous j'espère que vous regrettez pas trop le la la tente où il y a la la TEF euh voilà voilà merci excellent bravo courage courage on les aura euh c'est pas les séminires à Dauphine exactement ça c'est pour ça que j'ai quitté Dauphine pour Saint-Étienne en esp en espérant avoir un peu plus d'ambiance euh non le donc l'objectif du jour tu as dit c'est de critiquer la valeur travail un weekend trouvais ça marrant et la commande qu'on m' passé donc c'est de critiquer la mise la mise au travail des chôeurs et des chôummeuses et notamment cette focalisation sur le travail di productif donc ce que je vais essayer de faire dans mon dans mon intervention c'est de proposer des éléments pour pas jeter le bébé de de de l'émancipation pardon avec l'eau du bain de la critique du travail en régime capitaliste tu le disais parce que moi je suis toujours assez séduit par les discours sur le refus du travail mais peut y avoir un certain dandisme pour pas dire une forme d'esthétisme bourgeois à faire l'éloge de la paresse donc ce que j'ai essayé de faire c'est essayer de critiquer tout en respectant en fait un truc qui me tient un peu à cœur c'est celles et ceux qui aiment en fait le travail bien fait et pour pour spoiler un peu he la la la fin de mon intervention je dirais que de mon point de vue l'enjeu d'une critique de gauche de la de la valeur travail c'est pas tant de s'opposer au travail productif mais de pouvoir collectivement débattre de finalement qu'est-ce que c'est que qui est utile qu'est-ce qui est productif et qui a le droit de juger ce qui est utile et productif qui a le droit de dire ce qui est utile et donc le le ce que j'ai pris pour point de départ de mon intervention hein c'est c'est un peu un truc de vieux mais c'est quand j'étais jeune j'avais été choqué en fait par un discours de de Sarkozi qui euh parce queil était intronisé candidat de l'UMP avait fait un grand discours où il se prévalait de Léon Bloom euh et j'avais été complètement choqué de de de que ça passe en fait ça passe Ctait complètement légitime il dis oui la valeur travail et cetera et donc essayer de comprendre comment on en est est venu à ce que la droite puisse utiliser cette valeur travail et je pense que pour essayer de le comprendre ce que je vous propose en tout cas c'est de revenir sur deux ruptures la première c'est le 16e siècle alors c'est pas tout près mais j'essaierai d'expliquer pourquoi et puis la deuxième c'est plus près de nous c'est les années 80 pourquoi le 16e siècle parce que donc ça paraît loin je le disais hein mais c'est important de dire que le discours apparemment de droite selon lequel un homme un vrai il travaille et ben il a pas toujours existé c'est dire que ce qui se passe c'est que la discipline productive qui était un truc de moine en fait en fait qui étaent enfermé dans leur couvent en fait ça sort des murs du couvent à cette époque là et ça va envahir toute la société alors je reviendrai pas sur les causes de cette révolution parce qu'il y a des controverses entre historien et cetera mais les causes sont assez communément accepté c'estàdire qu'à partir de ce moment-là il y a une morale qui qui se fixe une morale capitaliste qui est la morale actuelle selon laquelle en fait faut être productif ici-bas sur Terre on se met à considérer que et ben le temps c'est de l'argent que ne pas produire c'est une perte de temps c'est une faute morale et cette révolution intellectuelle elle fonctionne au niveau individuel mais aussi au niveau collectif c'estd que en gros on considère queune grande nation c'est une nation qui est prospère une nation qui produit des choses notamment à l'époque tout le monde est fixé sur les Pays-Bas les Pays-Bas qui produisent alors qu'ils sont tout petits les gens comprennent pas trop mais c'est ça dont il rêve et la révolution industrielle en fait elle va arriver que dans un second temps pour venir entériner confirmer la pertinence de cette rupture et donc parmi les classes dirigeantes on a le sentiment que cette morale elle permet de créer des richesses comme jamais et donc d'où une pression gigantesque qui va être mise pendant les siècles suivants sur tout le monde sur toute chose pour rapporter on va faire le tour du monde pour trouver des choses pour pour exploiter le monde entier et il faut pas être dans le déniis je pense vis-à-vis de cette morale alors elle est ultra puissante à droite he très clairement mais elle est en fait quasi généralisée encore aujourd'hui on a beaucoup de mal à faire quelque chose pour rien même quand on est en vacances hein on se repose pour être plus productif à la rentrée on va prendre des photos pour briller euh vous connaissez sans doute pas euh ces choses-là mais quand j'étais gamin il y avait des soirées diapo c'était insupportable mais en fait ça a été remplacé par Instagram où on va prendre des photos pour briller là aussi euh à la rentrée et cetera et cetera c'est quelque chose qui est encore plus puissant dans l'éducation des enfants l'éducation bourgeoise notamment où on évite les plaisirs pour soi euh on ne fait jamais rien pour rien ok pour les écrans mais si c'est pour apprendre une langue étrangère et cetera et cetera bon je me je me permets cette parenthèse parce que je pense que pour penser une alternative de gauche il faut pas daigner cette composante cruciale de notre morale occidentale on est incapable où on a beaucoup de mal à faire des choses pour rien il faut que ce soit utile à court ou à moyen terme voire à plus long terme quand on est devenu un adulte d'où la proposition à laquelle je finiraai tout à l'heure il faut qu'on se réapproprie ce débat sur OK mais qu'est-ce qui est utile qu'est-ce qui ne l'est pas et qui a le droit de le dire bon à l'époque c'est surtout en monnaie sonnante et tribuchante que l'utile est pensé et de ce fait le le corelaire de cette richesse he jusque jusque là inaperçu on avait jamais gagné autant d'argent que depuis la naissance de cette morale et que la révolution industrielle va générer C l'émergence à peu près de siècle plus tard un peu plus tôt dans certains pays d'un popérisme c'est-à-dire le fait que des gens travaillent comme des forçat mais crèvent la fin un popérisme donc qu'on avait pas venu pas vu venir ou pas voulu voir venir et l'histoire qui suit pour aller très vite hein le 19e le 20e c'est un bras de fer entre d'un côté des honnêtes gens la bourgeoisie qui accusent les classes laborieuses d'être pauvr parce que soit ils travaillent pas suffisamment soit ils dépensent mal leur argent et c'est pour ça qu'il faut pas aider les pauvres qui sont valides ceux qui peuvent travailler parce que ça les pousserait à aller boire leurs aides et donc d'un côté on a une bourgeoisie qui cherche à justifier les bas salaires ouvriers et puis de l'autre on a des travailleurs des travailleuses qui de leur côté se battre pour la dignité matérielle et symbolique afin de pouvoir vivre dignement de leur travail la journée de 8h par exemple les pensions pour les invalides et les plus vieux tout ce qu'on va finir par appeler l'emploi c'est-à-dire un travail dans le cadre d'un statut qui protège et au CP au cours de cette histoire ce qu'on a fini par appeler le travail c'est finalement des personnes le travail qui est une activité on va finir par l'utiliser pour décrire des personnes toutes celles et ceux qui ont besoin de travailler qui ont besoin de leurs bras pour se nourrir grâce et qu'on va opposer finalement au capital c'est-à-dire des gens qui peuvent se nourrir grâce à leur rent grâce à la propriété et cetera et au sortir de cette histoire la valeur travail elle a finalement deux sens qui ne sont pas forcément opposés faut pas forcément les opposer mais qu'il faut bien distinguer pour ne pas se faire entourlouper par les discours moralisateurs actuels la valeur travail c'est à la fois cette morale selon laquelle il est souhaitable de faire quelqu chose de son temps d'être productif et puis c'est aussi merci bien Adrien c'est tout à fait exactement tu me permets de causer c'est aussi la dignité de celles et ceux qui n'ont que leurs bras pour vivre c'est une dignité qui est toujours fragile jamais acquise parce que comme le disait en bras croisa le patronat ne désarme jamais bon et pour comprendre ce qu'on dit aujourd'hui au ch ur il faut prendre en compte le brouillage entre ces deux valeurs entre ces deux valeurs travail et une sorte de retournement moralisateur puisque et ben on attend des classes populaires qu'elles soient des classes laborieuses donc celles et ceux qui ne travaillent pas et ben ce serait des traîtres en quelque sorte donc il faut les remettre au travail il faut remettre au travail celles et ceux qui sont improductifs alors c'est pas complètement nouveau hein comme démarche si on cherche bien dans l'histoire du capitalisme il y a eu presque constamment des initiatives destinées à forcer les plus humbles à travailler pour leur bien il y a eu des ateliers de bien isance il y a eu des couvents usin moi qui viens de Lyon il y a plein de couvent usin à Lyon on a eu des asiles pour faire travailler les les les les gens qui étaient qui étaient sans sans aveux et sans adresse mais c'était là bien souvent des initiatives privées qui se voulaient philanthropique alors j'évoque pas ici la question de l'esclavage qui est en fait une question centrale de cette histoire j'ai pas le temps de m'étendre je suis pas spécialiste de ces questions mais ce serait tout à fait pertinent de l'évoquer dans la discussion mais parce que l'esclavage et son maintien jusqu'à une date très avancée de la révolution industrielle c'est en fait une une c'est c'est c'est la preuve du caractère complètement hypocrite de cette valeur travail mobilisée par les honnet gens laissons ça pour le moment ce sur quoi je voulais enchaîner c'était les années 70 la révolution conservatrice au cours de laquelle il y a eu un progressif retour à l'origine du discours sur les pauvres et les classes populaire et finalement ce serait le goût pour loisiveté qui rendrait les pauvres pauvres là où dans les périodes antérieures on avait fini par concéder le fait que ce qui rendait pauvre c'était le fait d'occuper des emplois en bas de l'échelle des salaires on est revenu petit à petit dans les années 70 un discours sur lappesse des assistés ce qui va y avoir nouveau donc dans ces dernières décennies par rapport aux précédentes c'est que c'est l'État lui-même qui va organiser cette mise au travail des plus humbles alors sans faire une génal une généalogie pardon parfaitement rigoureuse ça va d'abord se formaliser en Angleterre en Nouvelle-Zélande aux États-Unis dans les années 80 alors attention hein c'est pas une morale qui soit qui est particulièrement anglo-saxon he ça trotte dans la tête ça fait frissonner tous les libéraux depuis un moment mais c'est dans les pays où les libéraux vont le plus puissamment prendre en main l'appareil d'État et même l'État providence que ça va se formaliser le plus solidement mais ça trotte dans la tête des libéraux dans tous les pays et donc dans ces pays puis dans l'ensemble des pays occidentaux hein va venir l'idée selon laquelle la les politiques de solidarité en fait elles elles empêchent les pauvres de participer au marché du travail ell les empêche d'être productif c'est une idée qui est très très proche de ce qu'on pouvait entendre un siècle plus tôt hein quand on parlait de l'aide au plus pauvre sauf qu'entretemps il y avait un état social qui s'est développé un État providence qui avait été obtenu de haute lutte par un certain nombre de de mouvements et donc ce qui va se passer c'est que non seulement les mécanismes de la solidarité collective vont être refusés à celles et ceux qui travaillent pas assez mais ces mêmes mécanismes vont être mis au service de la mise au travail des plus en difficulté et donc en soutien de cette idéologie il y a une idée complètement dingue qui va se développer et ça je vous demande de reprendre n'importe qui utiliserait ces termes au cours d'un débat c'est on va développer l'idée de l'exclusion en fait remettre les gens au travail ça permettrait de lutter contre l'exclusion ce serait bien de remettre les pauvres au travail parce que sinon ils vont être exclus les pauvres donc parenthèse à nouveau he mais c'est un discours qui permet de faire totalement l'impasse sur les conditions de travail sur les conditions de rémunération puisque ce qui est grave c'est d'être privé de travail et donc ça devient complètement fou c'estàd que ne pas être aliéné ne pas être exploité ça devient une forme de défaut parce que c'est quelque chose contre lequ il faut se battre il faut se battre contre le manque d'exploitation parce que sinon les gens seraient exclu et la mise au travail pour le bien des pauvres en fait c'est un mantra qu'on va retrouver sous plein de formes mais qui pourrait être résumé ainsi en matière de solidarité l'emploi prévaut employment first disent les les angloaxon la solidarité l'aide et cetera c'est pas un mal en soi mais ça doit servir à retrouver du travail pour vivre dignement et ça on a plein d'exemples de cela même en France dès le début des années 80 par exemple dès le début des années 80 il y a il y a des il y a des des membres du patronat qui participent aux négociations sur l'assurance chômage et bien ces personnesl elles dénient complètement le fait que l'assurance chômage soit une assurance il considèr que c'est de la charité idem lorsque le RMI est mis en place à la fin des années 80 et bien certains le défendent comme un revenu minimum pour survivre dignement et bien on a plein d'autres participants au débat vous savez que le RMI va être voté à l'unanimité mais il y a plein de participants qui considèrent que le RMI ça doit être la le la contrepartie d'un engagement donc il y a cette idée-là qui va faire son chemin c'est l'emploi qui mène à la dignité l'emploi prévau la la solidarité elle n'est légitime que quand elle permet la mise à l'emploi sauf que bah vous le savez hein des emplois et à plus forte raison des emplois diggne et bien il y en a de moins en moins dans les années 80 dans les années 90 dans les années 2000 parce que dans le même mouvement de prise de pouvoir des libéraux sur l'état vous le savez hein il y a toute une offensive contre les conquêtes des travailleurs et des travailleuses pour l'emploi pour la protection de l'emploi et donc on va remettre en question l'essentiel des protections qui sont liés à ces emplois notamment pour les moins qualifiés là va y avoir un glissement et c'est c'est c'est un peu là-dessus que que que que vous vouliez qu'on discute mais il va y avoir un glissement qui a bien été chroniqué par le camarade Fabrice colon c'est que on va progressivement passer de l'emploi prévaut à l'activité prévau c'est que finalement ce qui est positif moralement ce qui est souhaitable c'est pas tant de bosser pour un salaire c'est juste de bosser et ça c'est complètement fou idéologiquement c'estd que l'important c'est de se lever le matin de faire quelque chose de ses 10 doigts au sein d'un collectif sous la subordination d'un donneur d'ordre donc ça c'est la définition du travail mais et bien indépendamment presque de la rémunération Mo tuen parlerais beaucoup mieux que moi mais c'est un truc complètement crucial dans le service civique par exemple le fait qu'il et elle travaille est perçu comme positif mais le fait de les sous-payer est complètement absent de toutes les questions et c'est pour ça c'est c'est pas pour rien qu'on est passé de de Pôle Emploi à France travail c'estàd que on vous on vous a invvite même plus à retrouver un emploi on va simplement vous trouver du travail alors c'est mise en œuvre d'une manière qui peut paraître assez softe he si on compare par rapport à à à à l'Allemagne de à l'Allemagne de l'Ouest à l'Allemagne de l'Est pardon l'Allemagne de l'est également il y a pas de gendarme pour venir vous chercher c'est en partie c'est des mots donc ça peut paraître relativement soft en fait comme mise au travail c'est pas du travail forcé le problème c'est que ça va saturer complètement à la fois le discours de l'aide aux chômeurs et aux chômeuses depuis les les années 2000 mais aussi ça va saturer les dispositifs de de solidarité c'est-à-dire que la violence elle va venir du fait qu'il est impossible ou quasiment impossible aujourd'hui d'accéder à une aide quelconque sans s'engager à faire différents actes à retrouver du travail le plus clair du temps on vous oblige à signer un contrat qu'on pourra vous opposer si on n'est pas content de votre comportement et là aussi on a plein d'exemples on a plein de variations sur ce même thème par exemple le RSA c'est un revenu pour ne pas que vous creviez de faim mais en échange il faut faire des choses précises dans l'ordre avec pour horizon le retrour à un travail mal rémunéré l'assurance chômage ce n'est pas un droit acquis par votre travail c'est un levier pour vous inciter à retrouver du travail on pourra revenir dessus là aussi dans la discussion he sur les dernières réformes de l'assurance chômage mais depuis 2018 on assiste à un complet dévoiement de cette assurance c'est que c'est ce qu'a montré une collègue qui qui s'appelle clair viivesse les allocations elles ne sont plus établies seulement par par rapport à ce que vous avez cotisé mais elles sont paramétré et le bon paramètre je le choisis pas au hasard elles sont paramétré comme un nudge comme une incitation pour vous forcer à reprendre le travail sans égard pour la qualité de ce travail pour la qualité de l'emploi que vous reprendriez les aides pour les jeunes c'est la même chose les aides pour les personnes en situation de handicap c'est la même chose elles sont pensées de la même manière les jours de carence sur la maladie ça permet de vous forcer à aller travailler malade et la retraite qui est peut-être une des seules aides qui est pas har à au retour à l'emploi il y a quand même quelque chose de crucial dans la façon de penser les retraites depuis quelques années c'est que finalement vous ne pouvezz en profiter qu'une fois que vous êtes complètement rincé et incapable de retourner au travail et cetera et cetera je pourrais prendre plein d'exemples la dernière mouture en date c'est les 15 heures de travail gratuit pour les demandeurs d'emploi l'idée c'était de dire parce que si Dieu le veut ça va sauter si jamais vous bénéficiez de la solidarité nationale ça ne peut pas être gratuit ça ne peut pas être pour rien il faut retour que vous serviez à quelque chose que vous soyez utile à un donneur d'ordre alors comme il y a pas assez de boulot on peut pas demander au marché du travail classique de vous donner du travail mais dans l'idéal il faut trouver une activité privée et si jamais on ne peut pas vous trouver d'activité privée et bien il faut que vous participier même gratuitement à la production d'un service public ou d'un service associatif c'est-à-dire que et ça il faut il faut vraiment l'avoir en tête dans cette façon de penser vous êtes incapable et vous êtes illégitime surtout à déterminer et par vous-même ce qui est utile le fait que vous ayez des enfants le fait que vous ayez des parents à qui vous êtes utile c'est complètement extérieur à la façon de réfléchir le cadre de la discussion de ce matin c'était donc celui-là pourquoi une telle focalisation sur l'emploi productif et surtout l'emploi productif d'après les personnes qui tiennent le marché du travail et bien la réponse de mon point de vue elle est un peu claire c'est parce que on ne veut pas payer les gens à décider par eux-mêmes ce qui est utile et comme il y a pas assez mains d'œuvre pour surveiller tous les chômeurs et toutes les chômeuses parce que finalement les ateliers de charité c'est embêtant ça demande énormément de main d'œuvre pour contrôler les chômeurs et bien de ce fait on a tend du marché le marché du travail qu'il détermine les activités qu'il est moral de réaliser et donc tout cela est à la fois très pratique mais aussi très moral donc si on essaie de faire un bilan à ce stade dont on se rend compte c'est que il y a eu différents dévoiement successif de cette valeur travail qui peut être qui peut être valorisable de mon point de vue c'est que dans le discours finalement aujourd'hui l'activité vaut pour elle-même mais dans la pratique elle ne vaut qu'à conditionition d'être utile à l'économie et c'est là où c'est complètement dingue d'un point de vue idéologique on regarde l'histoire du capitalisme vous devez être utile à l'économie mais par contre il est pas certain qu'on qu'on a qu'on va vous rémunérer et on peut même aller plus loin l'idée qui s'est imposée c'est que finalement c'est presque de de la charité que de vous donner du travail donner du travail au moins qualifié c'est presque de la charité obtenir un emploi c'est presque un privilège vous le voyez quand on parle de Bernard Arnaud qu'est-ce qu'on va mettre autour dans la dans l'infographie il a créé combien d'emplois donc les employeurs et les employeuses ce sont des créateurs d'emploi et les demandeurs d'emploi ils quémanderaient de l'emploi pour sortir de l'exclusion et donc on a complètement extirpé du débat le fait que et on on y reviendra avec mode de manière beaucoup plus précise les travailleurs et les travailleuses produisent de la valeur par leur travail et les donneurs d'ordre en tire profit ça a complètement été sortie de l'équation et on n jamais vu ça aussi bien de mon point de vue ce caractère idéologique de la valeur travail ce caractère moralisant au cours de et le fait que on on valorise la dignité attachée à l'activité de travail pendant le caractère hypocrite de cette dignité que dont qu'en attendent les les les les les honnêes gens pendant la période postcovid 2021- 2023 vous savez il y a eu une baisse du chômage très importante et dans les secteurs les plus maltraitants et bien les employeurs commençaient à hurler quand à leur difficulté à trouver du monde dans les conditions de travail antérieur c'est que finalement le fonctionnement des mécanismes de marché c'est-à-dire le fait que bah les emplois les les mieux rémunérés les mieux protégés et bien ils étaient attrayants en fait c'était un problème pour le patronat c'est dire que ils se sont même mobilisés pour limiter les possibilités de choix des salariés et avec Adrien on peut on peut en témoigner comme il le disait il y a quelques temps encore il faisait des enquêtes sociologiques avec moi appo emploi à l'époque France travaille aujourd'hui on s'est rendu compte qu'il y avait quasiment un harcèlement organisé des personnes qui exercent des métiers dit intention c'estàd que si vous bossez dans le BTP si vous bossez dans le soin si vous bossez dans la logistique vous n'avez pas le droit d'être au chômage même si votre dos est pété même si vous êtes en quasi burnout ou que vous venez d'avoir un mot mais que vous cherchez à concilier vie professionnelle et vie personnelle et bien vous n'avez pas le droit d'être au chômage et donc c'est là où on voit que la valeur accordée au travail elle est purement idéologique et discipl ciplinaire c'est que et bien finalement quand les mécanismes de marché quand l'utilité euh quand la dignité que l'on retire du travail devient valorisé par les mécanismes du marché en fait ça pose des problèmes aux employeurs et aux employeuses donc disons-le hein ce brouillage entre les deux approches de la valeur travail d'un côté le fait de vouloir être dignement rémunéré pour son utilité et de l'autre la supériorité morale d'être actif et bien en fait c'est une forme hypocrite de rappel à l'ORD disciplinaire pour inciter les moins qualifiés à travailler malgré des conditions de travail et de rémunération déploraable alors je voulais finir sur quelque chose de plus politique hein dans les les 3 4 minutes qui me reste c'est c'est le fait que on n'est pas toujours à l'aise à gauche il me semble mais peut-être ne serez-vous pas d'accord avec ça mais je trouve qu'on n pas toujours à l'aise à gauche pour critiquer ses politiques jusqu'à la racine c'est dire que le fait que le travail c'est utile et que être utile c'est pas mal et bien en fait on a du mal à le remettre en cause alors on peut rigoler du discours de Rousell sur la gauche des alocs hein et on a bien raison de se [ __ ] de sa gueule mais à gauche et bien la réaction elle est de mon point de vue ni vraiment cohérente ni toujours lisible est-ce qu'on répond que les Aloges c'est bien en soi est-ce que on répond que la gauche c'est aussi le travail est-ce qu'on considère que les gens ont le droit de vivre dignement sans cotiser ou bien est-ce qu'il faut qu'ils aent cotiser pour pouvoir bénéficier de la solidarité et la la mirufin lui aussi il surf beaucoup là-dessus en entretenant un savant quiiproco sur le fait que les Bours travaill les tours profitent et cetera bon pour désamorcer tous ces débats disons-le tout tout de suite et c'est important de se le dire en fait le discours sur la sistana il n'a aucune confirmation statistique et il y a pas besoin d'être angélique ouf d'une certaine manière pour le pire et pour le meilleur en fait les classes populaires elles bossent et elles bossent plutôt de fois qu'une c'estd que le chômage c'est un problème quand il y a pas d'activité économique comme ce fut le cas entre 2008 et 2016 mais dès qu'il y a reprise de l'activité toutes celles et ceux qui le peuvent et bien il travaillent il y a pas de refus massif au contraire il y a une volonté de travailler davantage parce que ce discours sur la valeur travail en fait il est très puissant il est même hégémonique d'un point de vue culturel et c'est pas c'est c'est pas qu'un discours public hein je le disais au début c'est pas que l'émission de de M6 là sur la rue des Aloges qui a produit ses représentations oui c'est très puissant dans les médias bourgeois mais c'est quelque chose qui est très ancré en nous c'est quelque chose qui est très ancré en Occident ce fait que depuis plusieurs siècles on considère que il faut travailler pour être digne quand on fait des observations à Pôle emploi comme on l'a fait avec Adrien quand on discute avec des gens qui enchaînent les petits boulots en fait ce qu'on entend c'est que les gens veulent plus bosser et c'est pareil quand on mène des grandes enquêtes statistiqu ce qu'on voit c'est que les gens qui bossent peu ils aimeraient bien davantage travailler et ça qui c'est ça qui est assez marrant finalement ou peut-être triste c'est que avec le discours de droite hein c'est qu'en fait la droite se bat pour forcer les gens à faire quelque chose qu'ils font déjà et en vrai il y a pas besoin de démanteler l'assurance chômage pour que les gens préfèrent travailler que de ne rien faire et ça c'est assez fou pour de bonnes et de mauvaises raisons en fait le travail c'est ultra structurant dans notre identité dans la façon de se positionner dans la compétition sociale parce que bah bien entendu il y a de la compétition sur la décoration de la cuisine ou sur la décoration du salon il y a de la compétition sur la voiture qu'on conduit ou sur le fait de pas conduire de voiture sur le fait de d'avoir la télé ou pas il y a de la compétition sur le fait que on va mettre le petit dans tel ou tel collège et cetera et cetera sur est-ce qu'on mange des légumes bio il y a de la compétition mais tout cela c'est radicalement enraciné dans les cartes qu'on peut jouer grâce à son boulot pour l'agent qu'on en retire bien sûr mais seulement il y a aussi plus ou moins de prestige qu'on retire des emplois qu'on occupe et ça c'est c'est c'est comment vous le dire c'est c'est les les les personnes que l'on rencontre quand on fait des enquêtes ils sont pas du tout dans le discours sur la fin du travail ils sont critiques à l'égard de leurs conditions de travail et de rémunération ils sont pas du tout DUP quant aux stratégies de leurs employeurs et leurs employeuses mais l'accès à un travail ça structure leur possibilités de vide dignement parmi les leurs la bohème la débrouille et cetera c'est un peu un fantasme petit bourgeois en fait et très concrè ce que l'on souhaite éviter quand on est dans ces positions là de ces franges là du marché du travail c'est de se faire traiter de cassos par contre ça c'est un truc ultra puissant c'est un repoussoir gigantesque ce démarquer de ceux qui ne travaillent pas et qu'on est en mesure de traiter de casassos donc la question de la valeur de l'activité de travail c'est un discours qui n'est pas complètement déconnecté du monde social et de mon point de vue c'est un discours qui sera très difficile de remettre en cause par décret alors que faire et ben déjà il y a la question des gens qui ne peuvent pas travailler temporairement ou à plus long terme pour des questions de qualification pour des questions de maladie pour des questions de fatigue et bien sur ce point je pense qu'il faut déjà arriver à défendre à justifier l'utilité la moralité de la solidarité il faut sans doute qu'on se batte pour faire reconnaître l'utilité de ne pas participer directement au processus productif capitaliste par exemple et de ce point de vue j'ai l'impression que c'est pas complètement impossible par les temps qui court c'estàdire que tous les ponifs sur les gens qui s'interrogent sur la valeur travail les fables sur les ingénieurs qui tournent le dos aux industries fossiles je dis pas qu'il y en a pas he simplement on n voit pas la trace statistique pardon pour l'instant c'est résiduel en revanche le fait que intellectuellement idéologiquement ces questions soitent sur la table je pense qu'on peut s'en servir comme un levier pour dire qu'en fait le capitalisme bah c'est un peu ça qui a ravagé la planète c'est un peu ça qui a construit un certain nombre d'inégalités hommes-femm et que c'est pas du tout le meilleur juge de l'utilité de notre travail que donc il faut penser d'autres endroits d'autres espaces pour penser la valeur du travail chacun est peut-être un bon juge en fait de l'utilité ou collectivement peut y penser et ça c'est vraiment quelque chose que je verse la discussion hein mais je pense qu'il faut qu'on joue avec les mots qu'on mène une guerri intellectuelle pour dire que en fait l'aider aider les gens à vivre dignement c'est peut-être utile à la collectivité il y a un argument que que que que le camarade Zemour michaell euh utilise souvent et qui me semble assez efficace c'est de dire en fait les réformes de laassurance chômage elles vont appauvrir les moins qualifiés et ces personnes c'est tout bête mais c'estes personnes elles ont des enfants est-ce que c'est vraiment ce que l'on souhaite de forcer des enfants à grandir dans l'extrême pauvreté ça pose vraiment des questions en terme d'utilité collective est-ce qu'on y gagne collectivement est-ce que des enfants grandissent dans l'extrême pauvreté et donc c'est à ça qu'il faut réfléchir de mon point de vue hein c'est des façons d'essayer de démonétariser l'utile pardon il y a plein d'études microéconomique qui montre que c'est mieux pour le PIB de mettre les enfants à l'école mais en fait peut-être qu'on s'en fout on veut des profs et des enfants on veut qu'ils aillent à l'école on veut que les enfants aillent à l'école pardon jusqu'à leur majorité parce qu'en fait on trouve ça utile que ce soit pas seulement les familles qui éduquent la jeunesse que ce soit seulement les familles qui transmettent des valeurs donc démonétariser l'utile pardon oui c'est vrai le boulot c'est ce qui est utile mais on n'est pas obligé de le mesurer en fonction du taux de profit donc il faut réfléchir à des façons de discuter aussi collectivement des activités que l'on veut gratifier bien sûr il y a le vote mais ça c'est tous les 5 ans et dans le régime politique actuel et son influence sur la mécanisme sur les mécaniques inter terme des partis ça paraît assez léger en fait 5 ans on a beaucoup applaudi les soignants et sans distinction de grade et de statut pendant le covid mais c'est quoi l'étape d'après comment est-ce qu'on fait pour effectivement valoriser leur travail est-ce que il faut les laisser à la négociation salariale interne à l'hôpital dans un contexte d'austérité est-ce qu'il faut laisser le soin à ces instances là de déterminer la valeur de leur travail il faut se poser la question de ces instances de comment faire pour négocier enfin justement pour discuter collectivement de ce que l'on veut gratifier voà je m'arrête là mais je pense que vous avez compris l'idée être utile c'est pas universel être utile c'est le produit d'un choix politique c'est le produit d'un débat et il faut rouvrir ce débat et il faut arriver à discuter collectivement de qu'est-ce que c'est être utile voil je vous remercie infiniment de votre attention et j'ai hâte de t'écouter merci beaucoup Jean-Marie du coup on posera la question évidemment à la fin de l'utilité de ton intervention dans la dans dans le débat collectif ce sera une première étape pour vous il est en ou ça sera soumis donc au ça sera soumis du coup au débat collectif au soviette que vous constituez à la place de la négociation centrale alors s'il y a un premier aspect de la réflexion que tu as développé ici qui est celui de la valorisation ou de la dévalorisation des activités productives l'injonction à produire et ensuite la valeur qu'on donne au produit se pose une autre question qui est étroitement lié c'est celle de savoir ce qui rentre dans le périmètre de ce que tuappelle du travail savoir ce qui rentre parce que évidemment dire ce qui rentre c'est dire ce qui n'y rentre pas et donc cette dynamique d'inclusion et d'exclusion elle est au centre de tes travaux mode et c'est la raison pour laquelle je donne le micro immédiatement pour revenir avec nous sur sur ce sujet sachant qu'il y a ton dernier livre qui est en vente je crois à l'espace librairie il y est qui est c'est pas incertitude dans le travail c'est l'imposture du travail pardon voilà donc vous le trouverez évidemment au village du livre et vous avez jusqu'à 17h pour lui faire faire une déd si jamais vous la retrouvez sur site voilà je te donne le micro merci merci beaucoup merci à vous toutes et tous d'être là et merci pour cette invitation en fait je suis très très heureuse d'être là pour pour plein de raisons je suis très heureuse d'intervenir avec avec Jean-Marie et je pense qu'il va y avoir plein d'éléments qui se croisent même si je vais prendre un angle d'approche un peu différent je suis très heureuse d'intervenir sur cette question de la valeur travail et donc avec toi aussi évidemment qui réfléchit beaucoup là-dessus et qui agit là-dessus Adrien parce que je pense comme ça a été dit déjà par Jean-Marie que c'est un vrai enjeu politique théorique mais politique aussi stratégique et que je crois aussi que c'est un enjeu qui est pas assez pleinement pris en compte par la gauche aujourd'hui qu'en tout cas on pourrait beaucoup mieux faire sur cette questionl de manière peut-être plus offensive et du coup je sais pas si je vais réussir à donner des outils ou des argument mais voilà si je peux y contribuer un peu avec mon travail et puis le travail d'autres que je vais présenter ici et Ben et ben c'est important pour moi donc voilà je suis je suis ravie d'être là alors j'ai beaucoup de choses à dire tu m'arrêteras à un moment donné tu me connais j'irai pas au bout c'est pas grave on prolongera dans la discussion et si c'est pas suffisamment clair vous hésiterez pas à me faire revenir sur des choses que j'ai évoqué ce que je voudrais faire en fait ici c'est prendre un petit pas de côté pour critiquer aussi cette valeur travail et ouvrir des alternatives puisque c'était c'était ça aussi un peu la question un critique et alternative à partir d'un positionnement qui est celui de la perspective ou des perspectives féministes sur le travail des perspectives féministes matérialistes marxistes en fait je dirais simplement sur le travail et de ce qu'elles peuvent apporter ce que cette critique féministe du travail peut apporter finalement à la réflexion sur la valeur travail et je vais le faire un peu en en essayant de lever ce que j'appelle peut-être un peu rapidement maises deux impostures du travail que les féministes nous ont permis de de mettre en lumière une qui concerne effectivement la définition du travail comme tu l'as dit Adrien c'est quoi le travail de la valeur travail c'est quoi le travail dont on parle en fait depuis ce matin ce sera le premier point et et du coup qui sont les travailleurs et les travailleuses derrière et de soulever aussi une autre imposture qu'elles ont qu'elles ont pu mettre en lumière les analyses féministes du travail à partir je vais revenir de la question du travail gratuit c'est quoi la valeur dont on parle là et de cet équivoque de cette ambivalence du terme valeur qui renvoie aussi bien finalement à la valeur monétaire hein donné une valeur à notre travail et puis aux valeurs morales aux valeurs aux affects presque à tout ce qui nous attache comme tu le disais tout à l'heure jean-mie et je crois que les féministes elles ont eu aussi là-dessus quelque chose de très important à dire qu'on a tendance à à passer un petit peu trop sous silence quand on rentre dans ces débats une fois que j'aurais levé ces impostures j'espère pouvoir vous montrer comment ça permet à mon avis de combattre certains écueils aussi bien des défenseurs de la valeur travail que des opposants et ça va revenir sur des choses que tu disais sur le refus du travail enfin je pense qu'on a on a à la fois des choses à dire pour construire une critique radicale de laassistana mais on a aussi des choses à dire à gauche pour pour aussi proposer montrer les pièges aussi du refus du travail en l'état dans le système capitaliste tel qu'il fonctionne aujourd'hui et si j'ai encore le temps mais c'est pas sûr je voudrais montrer comment tout ça ça peut permettre sinon d'ouvrir une alternative mais en tout cas d'ouvrir des terraau pour des nouveaux fronts de lutte des alliances possibles des stratégies d'émancip passion du travail et là aussi il y a des échos avec ce que tu as dit mais j'y vois aussi un fond commun peut-être de nos formations d'anterroise eu et des stratégies qui nous permettraient peut-être non pas effectivement donc de refuser le travail mais de se réapproprier le travail et de se réapproprier tout le travail don donc et donc dans un des enjeux en fait de rapports sociaux qui sont au cœur de ces questionsl voilà alors c'est quoi l'imposture ou c'est c'est quoi le travail de la valeur travail c'est la première question là je vais repartir en fait tout bêtement et très rapidement donc je m'excuse d'emblé pour la la rapidité avec laquelle je vais sortir les leçons des pensées féministes sur le travail enfin on est tous d'accord qu'elles sont nombreuses qu'il y a plein de controverses qu'il y a plein de débats je pourrais y revenir si ça vous intéresse mais il y a quand même euh une une une analyse féministe du travail qui est partie de la question du travail domestique dans les années 70 et qui a posé en fait avec cette manière de faire rentrer plus proche merci cette manière de faire rentrer finalement les activités domestiques dans l'analyse du travail pour montrer qu'en fait il y avait toute une partie du travail qui était invisibilisé gratuit et assigné à une catégorie de la population qui était les femmes et donc dans ces analyse du travail domestique comme travail gratuit dans la manière dont les féministes ont forcé l'entrée quelque part du travail domestique dans la définition du travail hein elles ont questionné les frontières du travail d'emblé en montrant que les frontières du travail de ce qu'on appelle travail de ce qui vaut comme travail de ce qui est payé comme travail dans notre société ce sont des frontières politiques et que dans le système capitaliste et patriarcal et raciste qui est le nôtre et bien il y a des enjeux en terme de rapports sociaux à dire ça c'est du travail et ça ça n'en est pas elles l'ont montré à partir du travail domestique en montrant combien finalement tu parlais de mes connaissances moi j'aime bien utiliser même l'idée de dénis de travail ce que les féministes ont montré à partir de la non reconnaissance du travail domestique comme du travail c'est des phénomènes c'est Christine delphie qui dit ça c'est pas une soustraction le travail gratuit le travail domestique pensé comme du travail gratuit c'est pas une soustraction c'est pas du travail moins une rémunération c'est un processus politique d'invisibilisation du travail et comment on invisibilise le travail en dévalorisant le travail pour le valoriser comme autre chose donc c'est pas du travail c'est de l'amour c'est pas du travail c'est de la féminité c'est pas du travail c'est de la passion c'est pas du travail c'est de l'engagement et je crois que ce mécanisme politique de dévalorisation évidemment mais derrière ça c'est encore plus fort c'est même pas qu'on dévalorise c'est qu'on sort du champ du travail toute une catégorie d'activités et on les met dans ce qu'on appellerait donc le hors travail donc on construit cette frontière entre travail et h travail hein donc elle elles l'ont montré à partir de la frontière entre la famille d'un côté et et puis le travail de l'autre avec toutes les réflexions par exemple des féministes marxistes donc moi je suis très proche autour de la question du travail reproductif he avec cette idée que finalement pour fonctionner le capitalisme qui c'est'est construit de manière profondément patriarcale en fait a construit d'un côté l'usine où il y a le vrai travail le travail rémunéré salarié et puis à côté bah il a fait fonctionner toute une usine invisible dans lequel il a progressivement finalement forcé ass signer toute une catégorie de la population notamment les femmes he particulièrement les femmes au cœur de cette usine invisible à qui il a donné comme tâche en fait de produire et reproduire la marchandise fondamentale pour le fonctionnement du capitalisme la force de travail pour qu'il ait des gens qui aillent travailler à l'usine le matin et ben il faut qu'ils a été aimé nourr logé blanchi et cetera et ça le capitalisme a construit une travailleuse particulière la femme au foyer hein et avec tout un travail je vous renvoie à Caliban et la sorcière la manière dont finalement on a a domestiqué les femmes pour les faire rentrer en fait dans C ce destin domestique dit Federici qui était pas forcément le leur dont on l'a naturalisé aussi et notamment en ne le payant pasinut faut voir comment elles ont par exemple pensé ces processus de d'invisibilisation et de naturalisation en disant en fait c'est en ne payant pas le travail domestique dans une société où le travail est rémunéré en ne lui donnant pas de salaire qu'on en a fait la condition finalement de la naturalisation et de la nature des femmes donc il y a il y a vraiment toute une réflexion autour de ces processus d'invisibilisation du travail et donc derrière ça nous dit quoi ça nous dit un méfiez-vous des frontières entre ce qui est travail et ce qui n'est pas travail parce qu'elles sont l'enjeu de lutte elles sont l'enjeu de rapports sociaux elles sont l'enjeu de rapport de force premièrement donc ça c'est la première imposture du travail et puis euh et notamment donc avec l'idée que le vrai travail donc ce qui s'est imposé et ce qui est toujours le cas aujourd'hui le vrai travail c'est le travail productif c'est ce travail visible productif rémunéré donc derrière comme le disait Nancy Fraser il y a 10 ans déjà il y a un soustexte genré un BIA genré du travail le vrai travailleur en fait c'est un homme dans nos représentations une conception androcentrée du travail en fait euh et donc ce à quoi on va donner de la valeur c'est à ce travail euh euh considéré comme productif donc l'imposture du travail c'est que le travail de la valeur travail déjà c'est un travail qui repose sur une invisibilisation de toute une série de formes de travail et donc de toute une forme d'appropriation du travail qu'on ne voit pas quand on aborde uniquement cette question du travail reproductif deuxième imposture aussi que ça permet de lever c'est le ce jeu un peu pervers et complexe entre la valeur et les valeurs tu parlais tout à l'heure du service civicque à du service civique he qu'on voit qu'on a vu se développer dans nos associations puis qu'on a vu à partir de 2015 sous la présidence Hollande se répandre dans tous les services public hein ce service civique dont les travailleurs qui travaillent dans les services publics vous disent tout le temps en fait l'emploi civique parce que eux ils voient bien que les gens qui travaillent à côté d'eux travaillent sauf que ce service civique dans notre société aujourd'hui il est pas défini comme du travail il est en dehors du droit du travail il est en dehors de la législation sur le travail il est défini comme quoi socialement comme de l'engagement comme de l'engagement citoyen justement comme du hors travail hein comme de la citoyenneté des jeunes et donc c'est parce que les jeunes ont des valeurs c'est parce que les jeunes ils sont prêts à s'engager qu'on va les inciter parce que ce sont des bons citoyens qu'on va les inciter à faire un service civique alors même qu'on fait fonctionner une partie de nos services publics sur ce travail qui n'est encore une fois pas reconnu comme tel mais catégorisé donc du côté du heur travail donc c'est processus d'invisibilisation du du travail on les retrouve aujourd'hui tel que les féministes les ont décrits à partir du travail domestique on les retrouve en réalité dans plein d'espaces dit comme hors travail hein vous les retrouvez aussi dans tout l'espace de de la passion du travail digital vous êtes pas en train de travailler vous êtes en train de vous passionner de rentrer sur les sites qui vous passionnent et cetera sauf qu'en fait vous êtes en train de produire de la valeur pour les plateformes et pour les gafas dans le dans le secteur évidemment de l'engagement je le disais je vous renvoie on pourrait y revenir moi je travaille là-dessus en CE moment les 45000 bénévoles des des Jeux Olympiques aujourd'hui c'est pas des travailleurs hein c'est pas du travail on est même on a même produit des textes en fait politique qui vont complètement à l'encontre des droits de la définition en fait du travail à partir de la subordination et cetera je dire les inspecteurs du travail l'ont l'ont l'ont largement dit mais personne ne les écoute là-dessus on est en dehors même des définitions même institutionnelles du travail mais ça n'empêche pas de nous dire que c'est pas du travail que c'est de l'engagement que c'est de la citoyenneté que c'est de la passion pour le sport et que donc tout ça ça n'est pas du travail et ça ne mérite pas donc un revenu une reconnaissance des droits sociaux et cetera donc il y a une autre donc voyez bien qu'il y a aussi une autre imposture qui est dans ce jeu en fait entre les valeurs et la valeur pour le dire rapidement dans une forte dans une petite formule en vrai en fait le capital produit de la valeur sur le dos de nos valeurs et ça c'est une question aussi que les féministes ont ont on ont posé clairement il y a pas mal d'économist féministe comme Viviana Zelizer que vous connaissz peut-être qui ont qui ont montré comment la pensée féministe en fait elle nous oblige à penser ensemble les valeurs l'intimité et l'économie ce qu'on ce qui finalement est pas si courant que ça parce qu'on a souvent tendance à penser que bah finalement si les gens le veulent si les gens sont attachés à ce qu'ils font si ça compte pour eux bah finalement c'est pas de l'exploitation finalement si les gens ils ont envie d'être bénévoles pendant les Jeux Olympiques s'ils sont passionnés par le sport si ça leur fait plaisir si les mères elles sont contentes de faire des enfants et de s'occuper de leurs enfants où est le problème pourquoi on poserait la question de l'exploitation et je pense que cet enjeu là il est fondamental aujourd'hui pour pouvoir attraper toute une partie de la manière dont fonctionne en fait l'exploitation capitaliste aujourd'hui qui fonctionne aussi sur le dos de nos valeurs sur le dos en fait de ce qui compte pour nous de ce à quoi on donne de la valeur Oui les jeunes en service civique ils peuvent être très engagés ils peuvent avoir très envie d'être citoyen d'être actif comme tu disais et est-ce que pour autant ça légitime qu'on leur donne aujourd'hui une place dans les services civiques en dehors de tout droit du travail avec une rémunération qui est une indemnité sans aucune protection en terme de droits sociaux est-ce que les jeunes volontaires euh des ou bénévoles des Jeux Olympiques qui tout passionnés qui peuvent être et avec une grande envie d'être présent dans cet événement en fait est-ce que ça légitime le fait que on va donner à la à entreprise Oméga partenaire officiel des Jeux Olympiques grande entreprise quand même capitaliste Suisse qui va avoir qui a eu he pendant les Jeux Olympiques toute une main d'œuvre à disposition pour pouvoir faire la petite main en fait superviser ses bénévol en fait complètement en dehors de tout droit du travail qui ne permet pas qu'il ait une subordination pour des gens qui n'auraient pas de contrat de travail donc l'enjeu il est pas de tomber dans ce oui mais il y a de l'amour oui mais il y a de la citoyenneté oui mais il y a de la passion et il faut justement penser la question de l'exploitation en réalisant qu'aujourd'hui une partie de l'exploitation en tout cas ce que j'appelle une exploitation au féminin neutre une partie de l'exploitation elle s'opère aussi dans des espaces qui sont nos espaces dit dehors travail qui sont nos espaces où les valeurs où il y a tout ce qui compte pour nous effectivement tout ce qui fait qu'on est aussi des aides sociaux culturels qui aiment qui vibre et cetera est-ce que pour autant ça ça doit justifier donc tourner le projecteur fait vers ceux qui exploitent en fait ce travail qui n'est pas reconnu comme tel et qui du coup continue à produire de la valeur sur le dos de nos valeurs ça je pense que c'est une question centrale qui a été ouverte par les féministes et qui est très difficile à poser parce que ça nous confronte en fait à à une dimension de l'exploitation qui est extrêmement intime qui est très dont il est très difficile en fait de de de trouver des voies de sortie mais tant qu'on n pas pensé ces questions là à mon avis on on invisibilise toute une dimension du fonctionnement du du capitalisme aujourd'hui euh voilà mais c'est pour dire aussi que dans ce combat contre ces formes d'exploitation par invisibilisation par gratuitisation il y a un combat aussi qui est pas un combat il y a évidemment le combat des conditions matérielles d'existence qui est le nôtre mais il y a aussi en même temps un combat sur nos valeurs comme elles l'ont dit quand quand Maria Rosa de la Costa disait dans les années 70 le capital nous oblige à travailler gratuitement par l'intermédiaire de ce que nous aimons nous les femmes on nous oblige à travailler gratuitement par l'intermédiaire de ceux que nous aimons et donc elle disait comment on peut se réapproprier l'amour en fait dans ce combat contre l'exploitation capitaliste en fait je pense que c'est des enjeux qu'il faut se poser c'est la question aussi que poser à un autre niveau je reprends les Jeux Olympiques aujourd'hui le collectif sacage 2024 qui a largement dénoncé en fait l'exploitation des volontaires pendant le les Jeux Olympiques et qui disait c'est quoi ces valeurs sportives qu'on met en avant qui permettent à l'entreprise Oméga et à plein d'autres partenaires des Jeux Olympiques d'exploiter gratuitement la passion de plein de jeunes bénévoles enthousiastes disponible cor véable à merci en dehors du droit du travail c'est quoi ces valeurs c'est la question que posaient aussi les aides soignantes réquisitionner quasi gratuitement pendant le covid ou les couturières bénévoles qui ont fait des burnout pendant le covid qui disaent c'est quoi cette solidarité nationale qui demande aux femmes de faire des masassques gratuitement ou d'être de travailler comme être soignante gratuitement pendant le pendant le le covid alors même que nous on n pas les moyens matériels de vivre en ce moment parce qu'on n pas payé pour le travail qu'on sait faire et donc on dévalorise la valeur de notre travail donc voilà je voulais ouvrir là-dessus mais pour dire que il y a derrière ce que j'appelle une guerre des valeurs qui doit prendre au sérieux cette ambivalence entre la valeur avec un grand V des économistes la valeur monétaire et la valeur du travail la valeur économique et nos valeurs alors je je sais plus du tout je vais l'ouvrir sur pourquoi il me semble que c'est ces analyses elles permettent de faire tomber un double écueil autour de cette idéologie de la valeur travail telle qu'elle est devenue aujourd'hui comme le disait telle qu'elle est reprise par la droite aujourd'hui mais aussi soyons clair tel qu'elle est aussi portée par une partie de la gauche aujourd'hui il me semble que quand on lève ses impostures sur le travail telle que la critique féministe permet de le faire à partir du travail gratuit on peut d'abord faire tomber tout un discours sur l'assistana et les assisterés parce que c'est quand même aujourd'hui derrière la valeur travail il y a cet épouvantail en fait de l'assisté et de l'assistana dans le discours aujourd'hui politique alors il me semble qu'on peut fonder une critique encore plus radicale à partir du féminisme pourquoi évidemment il y a un premier niveau de critique qui est aller dans le sens de ce que tu disais Jean-Marie sur bah premièrement effectivement démonter statistiquement cette cet assistana démonter aussi idéologiquement j'ai envie de dire parce que on sait que c'est ceux qui nous survendent la valeur travail qui dans un même moment politique attaqueent les conditions matérielles le statut du travail les institutions du travail précaris dévalorise et cetera le travail euh c'est exactement ce qu'on peut montrer avec le workfire donc que tu évoqué tout à l'heure he qui est cette mise au travail des allocataires de l'aide sociale qui s'est fait dans plein de pays et et qui est en train de donc de nous arver et et comme tu disais tout à l'heure euh espérons que qu'on qu'on arrivera à y échapper on peut tout à fait à un premier niveau attaquer euh cette mise au travail des assistés en montrant tout le travail gratuit qui est mobilisé en fait au nom de cette valeur travail hein on va les remettre au travail pour qu'ils retrouve leur dignité leur citoyenneté oui d'accord donc on les remet au travail sans les rémunérer ou on les rémunér en très peu et on fait fonctionner les services publics les associations les entreprises en fait sur un travail quasi gratuit moi j'ai fait 6 ans d'enquête avec un collègue américain John Krinsky sur l'entretien des parcs de la ville de New York en montrant comment en fait ce petit service public fonctionne très clairement aujourd'hui avec une grande diminution des travailleurs rémunérés fonctionnaires ou même du secteur privé mais rémunéré avec des droits sociaux des droits salariaux et cetera et une arrivée massive depuis les années 80 et 90 de deux types de travailleurs de travailleuses en réalité non reconnu comme tel d'un côté des armées de bénévoles levé par la ville qu'on envoie en fait au nom de leur grande citoyenneté nettoyer les parcs bénévolement et puis de l'autre côté des allocataires de l'aide sociale qui sont aussi là majoritairement des femmes mais des femmes racisées des classes populaires qu'on force en fait à aller travailler gratuitement dans les parcs si elles veulent continuer à toucher leur allocation et nous on a eu des haut fonctionnaires de la ville de New York qui très tôt dans l'quet nous ont dit à Krinsky et à moi que quand on les a mis en concurrence avec quand on a mis la ville de New York en concurrence sur certains quartiers avec des entreprises privées pour voir si ce serait pas plus rentable de déléguer l'entretien des parcs au secteur privé et ben il nous dit très fièrement ce hautfonctionnaire non non on a gagné l'expérimentation contre le privé et il nous dit we have something Corporation don't have free labor nous le service public de la ville de New York on a un truc que les entreprises n'ont pas et donc on a gagné contre les entreprises nous on a du travail gratuit et ce travail gratuit il le dit tout de suite c'est celui de ces milliers d'allocataires d'ê social qu'on va envoyer faire 20h 25h 30h de nettoyage si elles veulent je dis elle parce que c'est majoritairement 75 % 95 % des femmes 75 % des femmes noires ou latina seul avec des enfants à qui on dit maintenant si tu veux continuer à toucher tes allocations tu vas aller faire 20 ou 25 heur de nettoyage donc on a un service public en fait qui a pas privatisé on a un service public qui est resté dans les mains de l'État mais qui a gratuitisé son travail aux deux P de la hiérarchie sociale hein d'un côté à avec ces femmes des classes populaires racisées et puis de l'autre côté avec tous ces bénévoles où là c'est pas la même injonction c'est une injonction morale bah si tu veux me montrer que tu es une bonne voisine une bonne citoyenne descends nettoyer ce parc en bas de chez toi c'est un peu ton parc donc viens nous montrer ta bonne citoyenneté personne ne parle de travail quand on a rencontré le le directeur de de l'entretien des parcs de la ville de New York et quand on lui a poser des questions il a pas de chiffres soit-disant sur les bénévoles il a pas de chiffres sur les allocataires de l'aide sociale tout ça c'est pas des travailleurs tout ça c'est des gens qui viennent montrer ou racheter leur citoyenneté sauf que quand on est sur le terrain au quotidien on voit que le service public peut pas fonctionner sans le travail de ces travailleuses là qui sont des travailleuses gratuites donc il y a cet enjeu là mais j'ai envie de dire qu'il y a en fait la critique féministe elle peut nous montrer ça mais elle peut en montrer encore plus que ça dans les et je pense que là on est auour dans le moment dans lequel on est aujourd'hui avec cette réforme du RSA qui est quand même énorme ça veut dire qu'on a le work faire qui arrive en France moi moi j'ai je suis idéré de l'absence en fait de mobilisation de réaction c'est un changement de paradigme il arrive pas d'un coup ça fait des années que ça rent vous avez hyper bien documenté comment le contrôle des chômeurs s'est inscrit depuis des années et cetera donc ça n'arrive pas comme ça d'un coup mais c'est l'entérinement d'un changement de paradigme radical de dire maintenant les allocataires du RSA ils vont devoir donner 15 à 20ur par semaine en échange de leur allocation et il y a eu très peu de réactions en réalité là-dessus et il y a eu par contre des travaux hyper intéressants qui sans le savoir et c'est pour ça que je pense qu'il faut qu'on prenne conscience de cette histoire des luttes féministes qui sont aussi des luttes antiracistes qui sont aussi des luttes de classe à ce moment-là notamment par les welfare Warriors qui étaient des femmes noires américaines dans les années 70 qui se sont battu contre les premières attaques contre le welfare et elles avaient fait en 76 une conférence où il y a plein de féministes qui se sont réunis hein euh pour les soutenir ou pour partager Federici elle disait à ce moment-là nous sommes toutes des femmes à l'aide sociale c'est toutes parce qu'on est toutes à un homme du guichet de l'aide sociale elle disait et donc elles s'étaaiit pas elles sont pas venu soutenir ces femmes noires au welfare par compassion elles sont venu les soutenir parce que c'était leur lutte aussi et elles sont venus les soutenir parce que ce que disaient ces femmes dans cette grande conférence de 76 et à mon avis il faudrait exhumer les les Archiv aujourd'hui il faudrait reprendre ses arguments elle disait en 76 mothering is work en fait vous nous payez pas à l'aide sociale pour glander parce qu'on fait rien vous nous payez à l'aide sociale parce qu'on élève la force de travail dont le capitalisme a besoin aujourd'hui et on est peu payé en réalité pour faire ça et en fait Federici disait ces femmes elles ont mis le premier pied dans la porte face à l'état qui nous vole depuis des années notre travail reproductif sans jamais nous le payer c'est un premier pied dans la porte pour dire ce travail là il est central au fonctionnement du capitalisme il y a pas de raison qu'on nous le vole et sans n le reconnaître et donc sans le rémunéré et donc il y avait toute une mobilisation pour dire on n'est pas des parisseux je vous rappelle que si le workfir est passé aux États-Unis c'est parce que rigan a con entre autres he et qu' rigan a construit toute une alliance autour d'une conception hyper raciste et sexiste de la welfare Queen qui était cette femme noire des quartiers populaires qui touchait ses allocations en emmerdant l'état c'était ça l'idée quoi en provoquant l'État en ne faisant rien donc toute cette idée de la paresse en fait et du coup elles elles ont construit tout un contre-iscours en disant on est tout le temps au travail suivez-nous dans la journée on élève nos gamins on s'occupe de notre Cartier on s'occupe du soin des personnes âgées des proches de tout ça donc en fait on fait pas rien étonnemment il y a eu des travaux ces dernières années qui ont été monté par le collectif équitas et le Secours Catholique autour de d'un travail collectif avec des les allocataires du RSA pour montrer justement ça ils ont appelé ça un boulot de dingue je vous invite à aller regarder ça c'est c'est disponible sur Internet pour montrer quoi pour montrer qu'en fait les gens qui sont catégorisés comme assistés en fait ils travaillent tout le temps en vrai ils travaillent tout le temps ils travaillent à s'occuper de leurs enfants ils travaillent à s'occuper de leurs proches ils travaillent dans les associations bénévolement ils travaillent dans le soin dans le C dans l'engagement et donc en fait ils ont documenté ça ils ont chiffré ça ils ont essayé de chiffrer ça comme les féministes avaient voulu chiffrer dans les années 70 le poids économique en fait du travail domestique et c'est une manière pour moi extrêmement il y a un autre travail aussi de chercheurs et chercheuses que vous connaissez bien qui est le collectif Rosa Bonheur qui a fait un très beau travail en fait qui s'appelle la ville vue d'en bas qui montre à roubet lieu de la disparition de l'emploi comment en fait les classes populaires à roubet elles travaillent tout le temps elles travaillent de manière informelle elle travaille au noir elle travaille dans le bénévolat elle travaille dans le Kier et cetera et je pense que se réapproprieré en fait cette conception là féministe du travail invisible du travail gratuit de sa productivité en vérité de sa productivité même pour le capital parfois contre quand on arrive à se le réapproprier mais parfois pour c'est aussi une manière d'attaquer beaucoup plus radicalement la question de l'assistana en disant mais en fait les assistés c'est pas des gens qui touchent des aloes en travaillant pas les assistés c'est des que vous appelez les assistés c'est des gens qui travaillent tout le temps mais sans salaire en fait sans salaire sans droits sociaux sans protection et ça je pense que c'est une une critique qui est extrêmement importante à se réapproprié alors elle est pas simple je sais pas combien de temps il me reste ouais plus du tout énormément elle est pas elle est pas hyper simple à se réapproprier peut-être j'aurais pas le temps de dire pourquoi mais on pourra rediscuter des limites mais mais je pense que voilà c'est c'est extrêmement important de garder en tête cette idée que les sans emplois ne sont pas sans travail et que parfois les sans emplois travaillent tout le temps et qu'on leur demande même de plus en plus de travailler tout le temps et donc c'est pas simplement la question de la dégradation des conditions matérielles en fait et de la dévalorisation monétaire de leur travail ça peut être la non prise en compte totale la sortie totale du droit du travail la sortie totale des institutions représentatives du travail la sortie totale et du coup même si j'ai pas le temps de le développer j'ouvre une perche du spectre aussi de la de la protection des travailleurs et des travailleuses qui prend en charge aujourd'hui dans les syndicats les services civics qui prend en charge aujourd'hui les stagiaires non rémunéré qui prend en charge aussi les conditions de travail des mères isolées qui prend en charge aussi donc voilà c'est des enjeux qui s'est battu au niveau syndical sur cette question du travail bénévole gratuit des Jeux Olympiques oui les inspecteurs du travail de la CGT parfois contre la centrale qui soutenait fortement l'engagement parce que l'engagement c'est bien parce que l'engagement ça va contre la marchandisation et cetera donc voilà je pense qu'il y a aussi des enjeux très forts en fait à à transformer les matrices et les et les et les représentations aussi de ceux qui luttent pour les travailleurs et les travailleuses aujourd'hui pour moi il y a un enjeu peut-être que j'aurais pas le temps d'aller plus loin là-dessus mais il y a un enjeu très fort quand les féministes marxistes des années 70 ont voulu faire reconnaître le travail domestique comme du travail reproductif ce qu'elle voulait en fait c'est faire rentrer la femme au foyer dans la classe laborieuse elle les appelait les ouvrières de la maison et elle disait en fait pour nous la faire rentrer dans la classe laborieuse c'est pas la fin du combat c'est le début du combat parce qu'en vrai on aura réunifié la classe des travailleurs et des travailleuses que le capitalisme à dessin à séparer donc je pense que cet enjeu aujourd'hui de refaire rentrer les sans emplois à l'intérieur de la classe laborieuse il est central et peut-être que je vais terminer là-dessus pour pas prendre trop de temps euh il y a une féministe de cette époque des années 70 mais qui est toujours une grande dame aujourd'hui qui écrit toujours aujourd'hui qui est Salma James qui est une féministe anglaise antiraciste marxiste aussi et quand elle réfléchissait sur ce moment des années 70 tout ce mouvement du salaire au travail ménager de la rencontre avec federich Maria Rosa de la Costa etopul Duna fortunati et de tout ce cette mobilisation qu'elles ont fait pour articuler lutte des femmes et lutte des classes en fait elles disent ce que j'ai appris de plus important en terme de stratégie politique c'est que c'est ce qu'elle appelle un peu le sens de la lutte elle dit nous on a montré que la classe était composée de salariés mais aussi de non salariés et elle a dit et elle dit ce qu'on a ce que j'ai compris à ce moment-là c'est qu'il fallait commencer la lutte depuis les non salariés pour aller ensuite vers les salariés quand on commence par les salariés on fait jamais le trajet inverse et je pense que ça c'est quelque chose qu'on a vraiment besoin de reprendre en compte aujourd'hui parce que pour moi dans ces enjeux en terme de dénonciation de toutes les formes d'exploitation aujourd'hui de ces exploitations pas simplement au masculin neutre mais aussi au féminin neutre de cette manière dont nos valeurs sont utilisées pour produire de la valeur sur notre dos en fait aujourd'hui et pour les hommes comme pour les femmes he vous avez compris que je raisonne en terme de conditions de travail et pas en terme de genre biologique puisque voilà c'est ça va beaucoup plus loin que ça et bien je pense qu'il y a un enjeu très très fort en fait qui nous oblige à repenser aussi sinon les contours de la classe laborieuse au moins c'est front de lutte ce qui peut permettre aussi de construire plein de nouvelles alliances autour de la défense de tout notre travail aujourd'hui et de tous les travailleurs et les travailleuses les visibles les invisibles les rémunérés les non rémunérés ceux qui sont reconnus comme tels et ceux qui souffrent d'un déni de travail aujourd'hui merci [Applaudissements] alors je vous demande de les applaudir tous les deux plus fort que tous les autres ateliers [Musique] [Applaudissements] voilà non en fait pas trop non plus parce que maintenant ils vont vouloir ça en enhi avec leurs étudiantes et leurs étudiants donc ils vont revenir à la rentrée en disant vous savez à Valence on vous a plus applaudi à la fin du cours bon donc on a évidemment une pensée pour les pauvres étudiantes et étudiants qui vont devoir être à votre niveau à la rentrée alors peut-être juste avant de d'ouvrir je vais donner enfin pour ouvrir en fait je vais donner le micro à Alice tiens je te le donne je je crois qu'il est éteint il est éteint ah voilà euh donc merci beaucoup et pour vos vos vos deux interventions qui sont évidemment extrêmement riches et sur lesquels on va tenter de rebondir et de de lancer une discussion moi il y a un truc je trouve toujours vraiment intéressant comme comme exemple très matériel dans dans ce que tu dis c'est l'inspection du travail qui a pas le droit d'aller au domicile privé des gens qui déjà en tant que tel vient par l'exemple rappeler cette distinction fondamentale vous pouvez pas surveiller du travail chez quelqu'un parce que du coup ce ce n'est pas du travail ce n'est pas du ressort de l'inspection du travail ce qui parilleurs pose des questions pour travailleurs domestique qui du coup ne sont pas couverts par l'inspection du travail alors on va prendre les questions évidemment en essayant d'avoir la parité donc femme homme dans les questions évidemment la double parité c'està-dire une personne toulousainne et puis une personne du reste de la France quoi parce qu'on va pas exagérer non plus voilà Alice je te laisse gérer ça alors moi je voulais proposer un slogan sur le sur la valeur travail sur le le fait que pour sepposer au travail gratuit est-ce qu'on pourrait pas utiliser par exemple redonnons pour la valeur travail le SMIC 1600 € par exemple ou TR à chaque fois euh moi j'ai une question sur les services civiques je vois beaucoup d'amis justement diplômés m2 par exemple je sais pas endroit de l'environnement qui se retrouve à faire des services civics alors que si je me trompe pas initialement un service civique il y avait pas besoin de qualification du coup je me demandais quelle quelle préconisation quelle mesure on pourrait espérer pour éviter tous ces abus merci oui je essayer de d'avoir une une question synthétique contenue quoi de la de la densité quoi des des interrogations que j'ai reçu peut-être un point en fait quoi qui m'a qui m'a semblé questionnant en tout cas justement vu qu'on est censé réfléchir sur la question du du travail à gauche c'est peut-être que j'ai eu la sensation que vous partiz d'une définition du travail telle que tel que le le définirait la droite à savoir une logique de subordination d'aliénation et de la beur et que je me suis dit mais tiens c'est c'est c'est bizarre parce que en fait moi la manière dont je je pense en fait la question du travail surtout dans un contexte en fait d'urgence écologique d'urgence sociale en fait moi je me sens plutôt impliqué invité en fait à la participation à construire en fait quoi de de la représentation et j'ai l'impression que du coup le travail en fait quoi il peut se situer à cet endroit-là alors je je je repars un peu de ce que vous disiez en fait partir des non salarié de la même manière de laisser en fait les les gens décider de ce qui est utile ou pas parce que le travail en fait a priori en fait constitue la le modèle de société en fait qu'on voudrait en fait définir précisément parce que il s'exerce de manière libre en fait et je crois qu'en fait qu' cette et donc et et et là du coup par rapport à ça je reviens à Friot en fait sur la distinction en fait de la reconnaissance de la personne par rapport en fait à la reconnaissance de la production de cette personne voilà il y je je vais voilà simple je me demande si l'explosion des burnout est pas du à l'absence de conscience de l'exploitation justement c'est-à-dire cette espèce d'injonction qui a à faire un travail qui nous passionnerait même quand il est payé là pour le coup je rebondis sur l'idée de passion je voulez avoir votre avis udessus j'aurais une question pour mode en plus à la fin euh non mais déjà sur la question des des services civiques de de fait je pense qu'on on peut aussi pardon on peut aussi remonter un étage au-dessus c'est-à-dire que pourquoi est-ce qu'il y a des services civiques dans les associations ben parce qu'elles ont pas de sous euh donc elles cherchent à limiter leur elles veulent produire sans payer euh mais pourquoi est-ce qu'il y a des associations sur ces questionslà parce que l'État ne fait pas de de choses donc on en on en revient à un truc qu'on a évoqué un peu c'est comment se réapproprier collectivement et mettre de l'argent sur la table sur sur des pour des causes qui nous paraissent qui nous paraissent justes et donc bah finalement c'est euh c'est le les façons dont fonctionne l'initiative associative en régime néo euh néolibéral qui conduit à ce que les associations essayent de limiter leurs coût pour faire plaisir à leurs donneurs d'ordre et cetera et et ça conduit à la fin effectivement c'est ça devient complètement dingue chercher des gens surqualifiés pour être payé c'est combien c'est 700 balles par mois le voilà euh deuxième question en fait je je suis complètement d'accord avec vous mais j'ai l'impression que c'est un débat enfin à titre personnel c'est un débat interne personnel c'estàd que je je je j'ai l'impression qu'on peut pas déigner le caractère collectif du travail c'est l'essentiel de de la production il ne peut se faire que dans un cadre collectif ou en tout cas c'est là où il donne le le le plus de sa mesure et cetera et ça me paraît difficile d'imaginer un horizon où tout le monde redeviendrait un artisan seul et c'est pas mal aussi le collectif c'est sympa parfois le problème c'est que dans ce cadrelà si on dénie le caractère subordonné du travail en fait on peut oublier toute une partie de de ce qu'évoqué mode à savoir le fait que bah il y a il y a des formes d'exploitation il y a des formes d'invisibilisation du travail il y a des formes de non protection et donc je j'ai le sentiment mais sans doute à tort et peut-être que effectivement je suis moi-même trop mangé par ces 4 C siècles de de capitalisme j'ai j'ai j'ai l'impression qu'on est obligé on c'est dangereux de déigner le caractère subordonné du travail au risque sinon de pas se rendre compte que on fait pas exactement ce qu'on veut dans le travail qu'on a décidé d'abord collectivement et c'est là où je placerai la liberté en fait du travailleur c'est de participer à un collectif de donner de de de participer aux délibérations sur qu'est-ce qu'on veut comment on le veut et cetera mais qu'à partir d'un moment je dis ça aussi parce que je en ce moment je suis en famille dans un collectif de 25 personnes qui essaent d'organiser des repas et j'ai l'impression qu'à un moment il faut quand même que un moment il faut quand même que on divise le travail et que on fasse à peu près ce qu'on avait décid qu'on ferait mais je suis d'accord avec vous que en tout cas c'est une c'est un débat qu'il faut jamais refermer pourquoi est-ce qu'on est là est-ce qu'on le fait librement et cetera mais que ce qui a permis la protection des travailleurs c'est quand même la reconnaissance de leur subordination tant qu'on considérait qu'ils étaient là par choix tant qu'on considérait qu'ils étaient là parce qu'ils avaient contracté personnellement ben en fait c'était la porte ouverte à tout un ensemble de d'exploitation d'aliénation mais aussi de de de violence parce que finalement sil perdait un bras au côté de la machine c'est parce que bah ils avaient bien voulu être là parce que il avait décidé librement et cetera et donc je je pense que c'est un débat qu'il faut jamais refermer pour est-ce que on est là librement pour travailler mais ensuite c'est important de reconnaître la subord ordination du travailleur parce que sinon on va considérer que les erreurs qu'il a faites on va considérer que le fait qu'il est le dos pét on va considérer que tout un ensemble de désagréments liés au travail et bien finalement ce serait de son de ce serait simplement la contrepartie de son libre engagement et pour terminer pour terminer sur le le surmenage je suis complètement d'accord j'ai j'ai pas vu qui posait la question ah voilà je pense que c'est un enjeu majeur mais le le le seul risque que je vois pour avoir eu comme plein de gens euh qui qui font des métiers de de de cadre ou approchant je pense que le risque de cette en fait je la partage mais je pense que le risque de trop enfoncer ce coin-là c'est de reprocher aux gens de les rendre plus ou moins responsablebl de leur burnout alors même que en fait on sait pas ce qui les a mené ça ça ça peut être je l' évoqué tout à l'heure un peu en rigolant mais ça peut être la compétition sociale dans le au sein du lottissement ça peut être la compétition sociale au sein de la famille qui fait que au bout d'un moment bah on a une pyramide de Ponzi du travail qui fait que on se jette à corp perdu dans le travail parce qu'en fait c'est ça qui nous donne une valeur sociale et en fait les managers les cadres les organisations du travail profite effectivement de cette autoaliénation de la valeur qu'on y donne socialement a y a un collègue il y a un collègue ça y est son son nom méchappe qui a écrit des dominants très dominés sur les cadres qui montre très bien que en fait ça y est c'est un colollèg d'vri bon c'est pas grave qui montre très bien qu'en fait les cadres s'auto aliennent au bout d'un moment du fait de leur statut le statut de cadre amène des gens à faire du travail telloriste même s'il est très qualifié si du travail telloriste où ils augmentent leur cadance de manière complètement dingue parce que ga en floco je te remercie qui montre Queen fait au bout d'un moment les gens s'autoexploitent parce que pass c'est une prison dorée et donc je suis tout à fait d'accord avec vous c'est il faut pas reprocher aux gens de faire des des surmenages par contre effectivement derrière il faut qu'on soit toujours comme dans le cas France- Télécom il faut qu'on soit toujours là pour dire attention à la psychologie de c'est l'organisation du travail qui est desl terre derrière le problème c'est la division du travail combien d'argent on a mis sur la table quelle division enfin combien de personnes c'est même pas une question d'argent c'est pres une question RH combien de gens on a mis en en face des tâches qu'on voulait faire et et comment est-ce qu'on a divisé ce travail là et c'est ça qui conduit à des burnout ensuite comment reconstruire après un burnout et cetera je pense que ben je suis sociologue donc je je suis pas toujours un grand amateur de de de de de développement personnel mais pour autant j'ai en tête que derrière reconstruire quelqu'un après un burnout c'est sans doute d'autres chemins qu'il faut prendre mais nous collectivement comment est-ce qu'on lutte contre le le burnout généralisé c'est repenser l'organisation du travail et repenser des trucs très matériels mais c'est combien on est et avoir le le le courage mais ça dans le dans le monde académique c'est un truc qu'on est incapable de faire c'est dire non le jour où il y a pas assez de gens pour faire le travail et on est les premières victimes de ça on est incapable de dire non ce jour-là non on se dit il y a des élèves on va pas les laisser sans prof et cetera et quit appr prendre demain on aura des services civiques en TD merci bah en fait je pense que je vais répondre répondre des choses sur le fond très proche avec peut-être d'autres exemples mais euh merci pour cette question parce que comme j'ai squeezé une partie de je pense que ça vient aussi peut-être de choses que je voulais aborder que j'ai pas abordé euh qui était le le fait que mais bon tu l'avais abordé Jean-Marie avant mais le fait que la réponse en terme de refus du travail à la valeur à la valeur travail en fait à la critique de la valeur travail me satisfait pas pleinement non plus parce qu'on passe à côté du fait que et ça va avec ce côté un peu comme tu disais bourgeois dans situé en fait qui peut se permettre de refuser le travail c'est c'est c'est passé à côté finalement de beaucoup de rapports sociaux dans le travail c'est passé à côté du fait aussi que du coup cette valorisation de l'activité qui serait non subordonnée et cetera en réalité elle est rarement en dehors du capitalisme et que du coup on va juste passer de l'autre côté de la frontière entre ce qui serait travaille et ce qui serait pas travail on sort pas pour autant de l'exploitation donc voilà je pense que l'idée c'est pour moi c'est pas de refuser le travail c'est de se le réapproprier alors je l'ai dit très vite donc je suis d'accord avec vous je l'ai pas j'ai pas insisté là-dessus se réapproprier le travail et se réapproprier tout notre travail c'està-dire notre travail productif notre travail reproductif notre travail militant aussi parce que je pense moi j'ai avant de travailler un peu sur les questions de travail gratuit explicitement j'ai beaucoup travailler sur le monde associatif tu parlais de capitalisme néolibéral tout à l'heure le monde associatif il est pas du tout en dehors du capitalisme néolibéral il se bat parfois contre mais il est aussi un des cheval de troit extrêmement fort un des outils de légitimation du capitalisme néolibéral un des instruments de fonctionnement et cetera donc les enjeux du travail dans le monde associatif sont extrêmement tu l'as évoqué là aussi même si c'est de manière contrainte il y a toute une partie de l'invisibilisation du dénis de travail du travail hors rémunération hors droits sociaux qui a commencé dans le monde associatif avant de se généraliser dans d'autres secteurs peut-être pour les meilleures raisons du monde mais en terme de conditions matérielle d'existance c'est quand même toujours un problème quoi donc voilà je pense que toutes ces formes de travail se les réapproprier c'est-à-dire les arracher au capital ça demande une lutte euh il y a quelque chose de très dialectique et les les féministes qu' on réfléchi sur la question du du travail reproductif elles l'ont dit tout de suite elles ont dit c'est le lieu de la lutte c'est à la fois le travail reproductif de production et de reproduction de la force de travail c'est à la fois un travail indispensable au fonctionnement du capitalisme et c'est un travail qu'on exécute aujourd'hui chapauté par l'organisation capitaliste du travail mais c'est en même temps le travail de production de la vie de production de nos proches de production de notre force de lutte aussi donc c'est le lieu de la lutte et c'est pour pour ça que pour moi la lutte c'est pas refuser c'est pas sortir du travail c'est pas non plus réduire le travail la réduction ça peut être important mais quand on dit réduire le travail on dit réduire quel travail d'abord on est sur le travail reproductif ou le travail productif non on est toujours sur la réduction du travail productif donc je pense que déjà il y a un enjeu genré qui est absolument pas posé mais voilà mais donc les refus les retraits les sorti du travail tant qu'on n pas repensé en fait sur quoi le capital produit de la valeur dans nos activités qu'ell soit catégorisé comme travail ou pas dans notre société et ben on sort pas en fait de ces logiques là donc pour moi l'enjeu c'est pas refuser se retirer et cetera l'enjeu c'est lutter pour se réapproprier collectivement et je pense qu'au fond on dit des choses très proche en fait pour dire à quoi on va donner de la valeur et à quoi on va pas en donner collectivement collectivement ça veut dire que par exemple moi je suis pas du tout dans l'idée de soutenir un revenu universel qui dira à chacun fais ta sauce tu touches de l'argent et puis après bah tu peux faire c tu peux faire ça non parce que là les inégalités sociales les rapports sociaux ils vont jouer à plein en fait c'est collectif parce que et c'est collectif en prenant en compte ce que j'ai dit aujourd'hui parce que sinon quand on va tous se réunir dans la salle pour dire à quoi on donne de la valeur et bien on donnera pas de valeur au travail domestique on donnera pas de valeur au travail gratuit invisible on va rester il y a le risque pour moi dans ces assemblées où on va discuter à quoi on donne de la valeur qu'on oublie en fait encore le travail pas en droccentré et que finalement le vrai travail reste ce travail productif à l'usine dans les entreprises dans les associations donc je pense que non seulement il faut que ce soit collectif non seulement il faut se réapproprier non seulement faut inventer collectivement des institutions faut aller chercher le déjà là moi je veux dire je crois que Bernard Friot il nous a bien formé tous les deux aussi donc évidemment qu'il faut aller chercher le déjà là des institutions qui permettent de se réapproprier collectivement le travail mais il faut peut-être en ter d'autres qui passent aussi par d'autres espaces comme la famille comme nos espaces militants et cetera pour être sûr qu'on va pas en fait juste reproduire dans nos espaces de discussion sur à quoi on donne de la valeur ben la manière dont les rapports sociaux ont défin ce qui en ce qui valait ce qui valait pas il y a une une une artiste qui s'appelle mirley lut landerman qui a fait des performances assez incroyables où elle s'est enfermée dans dans des musées quand elle a eu son enfant elle s'est enfermée avec son enfant pour donner à voir à tout le monde en fait son travail reproductif elle a nettoyé l'espace et cetera et elle disait cette phrase que j'aime beaucoup elle disait lundi matin après la révolution qui descendra les poubelles et c'est une question d'ailleurs qui a été discutter entre Bernard Friot et et euh et euh Frédéric Lordon euh sur cette question aussi de la répartition des tâches mais je pense que c'est pas juste qui c'est pas juste qui descendra les poubelles c'est déjà une question à poser mais c'est aussi qui s'occupera des enfants comment qui pourra dire bah là en fait ça vaut que je parte de cette activité productive pour aller m'occuper de mon grand-père de ma mère de ma grand-mère de et cetera voilà je pense que c'est ça et peut-être que pour comme le disait Jean-Marie tout à l'heure peut-être que du coup pour que ça ça rentre dans le débat pour qu'on soit sûr qu'on l'oublie pas quand on sera tous autour de la table alors il faut aller montrer qu'on n pas simplement dans un espace du choix qu'on n pas simple dans un espace où tout le monde a la même liberté en fait face au travail tout le monde a les mêmes injonctions et que du coup il faut repenscer l'exploitation à mon avis évidemment depuis ce qu'on disent les travailleurs et les travailleuses mais pas uniquement c'est pour ça que j'insistais sur les valeur parce que encore une fois et franchement c'est des discussions que j'ai eu avec des syndicalistes le problème des je reprends cet exemple le problème des 45000 bénévoles des Jeux Olympiques c'est pas les bénévoles c'est pas les bénévoles c'est Oméga c'est fa tourner le projecteur pas vers les exploités vers les exploiteurs d'ailleurs les exploités ils peuvent avoir des très bonnes raisons au-delà de leur passion sportive parce qu'aujourd'hui le fonctionnement du marché du travail et du travail reproductif il joue sur cette économie de la promesse de la preuve des valeurs et tout donc ils savent très bien ces jeunes que non seulement ils vont peut-être voir des sportifs assouvir leur passion mais ils savent qu'ils vont récupérer trois lignes sur leur CV qui leur permettra d'obtenir le boulot de les rêves qui va les attaquer là-dessus moi je vais pas leur dire vous êtes la servitude volontaire du capit non ça ça fait reposer sur les épaules des travailleurs et des travailleuses qui font comme ils peuvent avec le marché du travail tel qu'il fonctionne aujourd'hui donc moi vous me verrez jamais attaquer un bénévole un stagiaire un service civique parce qu'en fait je veux dire ils font avec par contre je pense que l'enjeu c'est pas d'attaquer les exploités ni même de leur envoyer à la figure leur exploitation en disant ah oui tu crois que tu fais ça pour ton bonheur mais en fait exploité je trouve qu'il y a énormément de violence en fait c'est ni la position du sociologue ni la position que qui me semble être la bonne la bonne c'est l'exploiteur la bonne c'est de dire est-ce bien normal comoméga récupère tous ces travailleurs et travailleuses passionnés en dehors de tout droit du travail en dehors de tout la bonne c'est de dire est-ce bien normal que le ministère du Travail à ce moment-là publie un texte qui vient renforcer ce qu'a écrit le cojot je vous renvoie au texte des des inspecteurs du travail qui ont la note des inspecteurs du travail qui ont vraiment démonté ça le min ministère du Travail produit un texte qui renforce ce que dit le Comité olympique mais qui est complètement en dehors des définitions de la subordination qui valent ce qu'ell valent mais qui permettent justement de dire ah là non ça c'est pas du bénévola ça c'est de la subordination donc il y a besoin d'un contrat de travail et d'une rémunération donc on a l'état qui déplace tranquillement des frontières du travail juridique moi ça me paraît impressionnant qu'on puisse laisser ça on est dans un lieu d'attaque et de politisation des frontières du travail par les exploiteurs qui est assez hallucinant donc tant qu'on n pas attaquer à ce niveau-là bah voilà je pense que je pense qu'on n pas fini je pense que le travail c'est le lieu des rapports sociaux c'est le lieu des rapports de force et c'est le lieu aussi bien de notre exploitation mais aussi évidemment de notre émancipation c'est un lieu de de lutte simplement il faut l' menener sur tous les fronts et il y a un risque pour pour moi à la mener que sur un seul front parce qu'on oublie beaucoup de travailleurs et travailleuses et on oublie beaucoup de formes de travail qui sont exploité par le capitalisme aujourd'hui voilà peut-être j'en dis pas trop je sais pas si j'ai [Applaudissements] oui bonjour je m'excuse j'ai pas assisté à toute la conférence petre que seraai redondant mais c'est pas grave en rebondissant sur ce que tu viens de dire il y a un élément qui bien sûr que on va pas s'attaquer au stagiaires au bénévoles et cetera mais il y a un point quand même qu'il faut dire il y avait un dirigeant de la CGT dans le Comité olympique qui était chargé soi-disant de d'organiser les choses pour que l'exploitation les atteintes au au code du travail n'est pas lieu et que ce soit la direction de la socié sopie Binet qu' a dit on va pas empêcher la fête ou que ce soit Bernard tibaou qui depuis 2 ans prépare ça il faut dire que l'élément essentiel qui est le l'organisation qui est chargé de que nous chargeons que nous avons construit pour nous protéger elle était démissionnaires sur cette question donc c'est évidemment pas le cas de d'attaquer quiconque qui est victime l'exploitation mais de de de de bien pointer ces chosesl la je point que je sais pas si vous connaissez la signature de de l'accord sur la formation des années 2000 par l'ensemble des étion syndicale qui a ouvert la boîte de Pandore de la rémunération de parce que auparavant moi quand j'ai commencé à travailler il y avait un salaire il y avait le SMIC dans l'entreprise et le seul salaire qui était en dessous du SMIC c'était l'abattement d'âge c'est dire que avant 18 ans on n'était pas payé au même titre même av le cap qu'un ouvrier et en fait à partir de de de des stages bar c'est à partir de l'acceptation de 75 % de la rémunération du salaire le licenciement à partir des stages bar on a vu des gens qui étaient payés% du SMIC dans les stages et l'année d'après ça a été les Tuque et ils étaient payés plus que 150 que 150 francs on est on on a apaté les gens en disant que voilà vous allez pas vous allez vous former vous allez éviter lescentimement en ayant la rémunération et en fin de compte l'année d'après il suffisait d'un décret de loi et les gens n'avaient plus et l'accord sur la formation il a introduit la réinsertion du travail le retour au travail dansre il a retroduit si vous allez dans are vous regardez les salaires il n'y a aucun salaire qui dépend de la de la grille de de de la convention collective il y a une dizaine de salaires qui dépendent de différentes lois différents accords qui ont été signé par les là je dis qu'ils ont ils ont ouvert la boîte de pendor puisqueà ce moment-là voulez le smix c'est l'EMI principal de du capital il faut pas qu'il a de salaire ça ve dire salaire moyen euh euh de de de l'ensemble de de de faire ne peut pas avoir en dessous ben ça existe plus ça je pense que c'est très important de savoir que on a des instruments qui sont no organisation syndical qui ont par des accords et il faudra le remettre en cause accepté l'ouverture de cette boîte de pendor euh moi j'avais une question sur la question de la réduction du temps de travail même une double question je me permets très vite la première c'est pourquoi et là c'est peut-être pour Monsieur cloué pourquoi est-ce qu'elle est pas plus centrale dans le discours médiatique que tient la France insoumise on entend très souvent parler de la question à très juste titre évidemment de l'augmentation du SMIC ou des services publics pourquoi est-ce que la question de la réduction du temps de travail et pas central ensuite ce serait pour excusez-moi madame je je connais pas votre nomologue comment madame Simonet j'ai trouvé ultra intéressante la critique féministe que vous faites de la réduction du temps travail et j'aimerais savoir si vous pourriez développer un petit peu et aussi proposer des lignes pour justement réduire l'inégalité qui pourrait résulter de cette baisse du temps de travail parce que j'imagine que les femmes prendrai une part d'augmentation peut-être du temps de travail domestique euh j'imagine que c'est l'une des limites que vous Potez donc voilà quelles seraient des mesures politiques concrètes pour lutter contre cette inégalité dans la baisse du temps de travail merci il y a une camarade ici aussi bonjour merci beaucoup pour cette conférence moi j'avais une question concernant comment est-ce qu'on fait pour inclure dans nos luttes pour mobiliser tout ce qui donc les services civiques les stagiaires les formations courtes comme les BTS par exemple les CAP aussi les alternants et cetera alors que d'une part souvent c'est des dispositifs qui sont enfin des dispositifs des des des des des choses qui sont très courtes par exemple un service civique ça dure nécessairement moins d'un an ou un an maximum peut-être donc c'est compliqué de se mobiliser s sur cette période là idem pour les BTS quand c'est une formation qui dure 2 ans c'est compliqué c'est une question que on s'était posé quand enfin que je m'étais posé quand j'étais euh dans le syndicalisme étudiant et qu'on avait pas vraiment su résoudre une question que je me suis aussi posée en étant service civique et pareil qui était qui était assez compliqué donc voilà et de plus en plus pour pour les stagiares par exemple mais pas que les Services Civic aussi qui sont des des des des travailleurs qui sont assez isolés et du coup pour pour ce se enfin faire du collectif ça peut être assez compliqué voilà donc comment on fait merci merci de me donner le micro c'est deux interpellations concernant l'intégration de ces questions par la France smise comment déconstruire aujourd'hui la supercherie de la valeur travail je me pose la question de la bonne prise en compte des travaux notamment de Bernard Friot sur la question du salaire à vie et l'autre question la prise en compte qui me paraît insuffisante en tous les cas la question de la gratuité notamment telle qu'elle est développée par quelqu'un que j'apprécie beaucoup qui est poul Aries voilà c'est tout fait une première vague de réponse du coup je me permet rapidement sur deux points d'abord sur la question de la RTT alors évidemment il faut enfin moi je suis favorable à ce qu'on continu à la mettre évidemment au cœur des combats qui sont menés j'attire une attention forte c'est que pour moi la retraite la bataille de la retraite c'est aussi une bataille pour réduire le temps de travail et donc à ce titre il me semble queon a quand même passé 8 mois de bataille à mettre la RTT au centre ce qui est invite surtout à formuler la lutte pour le droit à un âge digne de départ en retraite comme étant une lutte de RTT parce que ben voilà c'est une diminution temps de travail au long de la vie donc bien sûr qu'il faut penser les RTT comme la baisse du temps de travail dans la journée dans la semaine dans le mois dans l'année dans la vie c'est évident et que cette baisse temps de travail elle passe à la fois par des réductions des des durées passées en poste mais aussi de la de de l'accès à d'autres types de formes de travail valorisé de l'accès à la formation professionnelle de l'accès à différentes manières en fait de de d'avoir une réflexion ou un travail sur la propre valeur de son activité mais donc moi je suis d'accord évidemment sur le fait qu'il faut mener cette lutte là de manière forte euh personnellement j'ai j'ai un petit faible pour la 6e semaine de congé payé mais bon c'est partie des des grandes discussions qu'on peut qu'on peut mener mais voilà je suis d'accord avec toi sur le fait que il faut en faire plus et j'incite à repenser bien la bataille des retraites comme étant un des paramètres de cette lutte sur la RTT se pose la question ensuite de de l'imbrication de la de la socialisation du salaire et de la question de la gratuité et comment les deux peuvent être connectés ben il me semble une des pistes une des pistes c'est évidemment l'autonomie de la sécurité sociale qui je pense est un des espaces qui permet de lier les deux permet à la fois de lier la revendication d'augmenter le salaire brut et super brut donc la part du salaire qui est Mutu ualisé qui est collectivisé et de bien rappeler que le le débat décisif c'est qui décide de ce qu'on fait de ce salaire mutualisé et une des manières d'y répondre qui en tout cas moi me paraît la manière progressiste et la manière en tout cas qu'on qu' porte collectivement les députés de la France insoumise c'est dire que il faut rétablir enfin revenir parce que ça Jama étaé totalement le cas mais assurer l'autonomie de la sécurité sociale entre les mains de celles et ceux qui sont assurés et que du coup il y a un enjeu de pouvoir sur la valeur et qu'une des manières de résoudre enfin une des manières un des sujets qu'on évoque aujourd'hui c'est la capacité qu'on a à décider collectivement de ce qu'on fait avec notre salaire brut et pas juste d'avoir un projet de lo financement de la sécurité sociale qui est voté à l'assemblée tous les ans qui donne une visibilité sur seulement 10 mois sur les différents types de financement qui finit en 493 où en fait enité tout le monde est dépossédé intégralement de l'usage de la valeur parce que la question de l'usage de cette valeur c'est justement l'ouverture ou pas de faire de gratuités les CHU ont été ouverts euh enfin la grande vague de Chu années 60 c'est par l'argent des cotisations sociales qu''s ont été ouverts donc en fait la cotisation permet l'investissement l'investissement permet d'ouvrir des espaces où on produit des choses d'ailleurs un nouvel espace donc on peut totalement rediscuter à zéro de la manière dont on produit de la valeur et dont accorde de la valeur à des formes d'activités qui sont dedans et donc voilà moi c'est comme ça que je verrai la réponse au deux c'est l'extension démocratique de la sécurité sociale pour poser la question de la gratuité et de la collectivisation de la valeur juste sur la question syndicale moi je suis tout à fait d'accord avec vous Bernard thibaau qui va qui va s'associer je suis un grand fan de sport et des Jeux Olympiques en tant que en tant que moment mais voir Bernard thbaau se se se mettre les doigts dans cette et du coup la CGT avec lui dans cette institution la façon dont elle est organisée ce qu'elle représente et cetera c'était à l'origine une connerie et c'était je pas comment dire la façon dont ça a été fait c'était en dessous de tout je pense que la question doit être plus large c'està dire en fait comment on organise un syndicat tu l'as dit tout à l'heure mode en fait les les les syndicats sont pas en rendez-vous sur plein de questions les syndicats fonctionnent mal et se confrontent mal sur plein de questions et de fait enfin moi je je suis je suis encarté dans dans un syndicat qui se trouv être la CGT mais ce serait pareil si j'étais chez solidaire ou ou ou pas d'autres je crois mais c'est de se dire en fait il faut que les syndicats refassent de la politique que ils entretiennent certaines frontières avec les les institutions les partis politiques pour avoir moins de problèmes quand viennent le moment des négociations avec un gouvernement pourquoi pas mais il faut que les syndicats refassent de la politique et si on si il y avait eu de la politique à l'origine des questions enfin des des des des des je sais pas comment dire des des postures et de ce qu'à défendu Bernard thbaau bah il y aurait pas eu tous les problèmes qu'il y a eu c'estàdire que à partir du moment où on se confronte comme le fait mode à la question des bénévoles à partir du moment où où on se confronte en défenseur des des travailleurs de l'inv de l'invisibilisation du travail par rapport à l'organisation d'un tel événement bah en fait il se serait pas passé ce qui s'est passé donc le problème ici de mon point de vue hein c'est pas la CGT en tant qu'institution euh c'est la CGT en tant que enfin sur la façon dont elle construit quoi le problème c'est pas les syndicats c'est la façon dont il fonctionne il faut absolument que les syndicats fonctionnent mieux et il faut absolument mais je pense pas que ce soit l'institution syndical qui en tant que tel pose problème il faut que il faut faire mieux et euh moiême je vous le disais je suis représentant syndical je pense que même à titre personnel je je pense qu'on on doit faire mieux et on est à titre personnel je pense pas être complètement à la hauteur des enjeux et j'en viens du coup à la la deuxième question sur la question de l'inclusion des la question de l'inclusion des comment est-ce qu'on pourrait les appeler les de nos collègues qui travaillent sans avoir de statut c'est un problème qui est majeur qui qui est crucial dans le monde dans lequel je travaille à savoir l'université et moi les seul trucs que que j'ai en tête c'est la façon dont nous on a travaillé mais il y en a sans Doutre plein et et plein de meilleurs mais ce qu'on a tendance à faire c'est prendre conscience du fait que on peut pas leur demander d'aller au charbon parce qu'en fait comme vous le disiez c'est des emplois précaires c'est même parfois même pas des emplois et en fait derrière pour leur CV pour leur carrière et cetera ça peut coûter très cher en fait l'engagement et donc le la façon dont on a de procéder c'est d'abord de faire des espaces on pourrait se dire sécurisés safe où il y a pas de il y a pas de regard de euh leur supérieur il y a pas de il y a pas de connaissance de la part de leur supérieur du fait que ces instances existent et ont lieu il faut des espaces de discussion où ils sont entre eux et il et elles sont entre eux et où finalement ce qu'on attend d'elle eu c'est de formuler des revendications et ensuite c'est nous en tant que titulaire en tant que statutaair qui allons les porter sans filtre sans remise en cause sans discussion de la pertinence et moi il m'est déjà arrivé de défendre des positions avec lesquelles j'étais pas personnellement d'accord parce que bah de fait ça ça c'était pas ça correspondait pas à mon expérience ça correspondait pas surtout à mes responsabilités ça correspondait pas à mes intérêts mais il m'est déjà arrivé de défendre des choses contre mes intérêts entre guillemets parce que c'est l'engagement qu'on avait pris vis-à-vis de vis-à-vis de ces collectifs là céit de dire ben voilà vous ne pouvez pas aller vous cramer nous on ne peut pas se mettre à votre place donc on va pas écrire à votre place on va pas vous demander de le faire mais en fait on va vous demander de créer des espaces que ce soit des boules WhatsApp que ce soit des soviettes locaux qui n'ont pas d'existence légale mais en qui n'ont pas d'existence officielle mais en tout cas écrivez des mobilisations collectivement écrivez des revendications et ensuite nous on ira les porter alors c'est sans doute pas le la panassée je pense qu'il y a beaucoup mieux à faire je pense qu'il faut d'abord lutter contre le fait que ça les crame de s'engager mais pour l'instant on n pas cette force là ou en tout cas on n pas cette on est encore trop lâche pour arriver à se battre là-dessus mais en tout cas on essaie de faire en sorte que leur revendication aille dans les instances de de délibération je vais rebondir sur cette question des syndicats en fait je pense qu'elle est central moi je pense que mon discours il il s'adresse premièrement au synd enfin pour moi aujourd'hui cette critique de la définition du [Musique] travail je l'adresse peut-être principalement en tout cas si j'avais un espoir qu'elle puisse faire avancer les choses c'est par le biais syndical parce que je crois que les syndicats sont un un lieu centrale en fait de de de défense contre le capitalisme voilà parce que je pense que le l'enjeu du travail est central et que du coup ceux qui représentent les travailleurs et les travailleuses ont une place centrale dans la lutte mais que je pense effectivement qu'à plein d'endroits les syndicats reste sur cette définition du travail ou le vrai travail c'est le travail productif c'est le travail androcentré c'est le travail et passe à côté du coup de toute une série de front de lutte d'enjeux de travailleurs et travailleuses et de de de dénis de travail d'invisibilisation et de lutte donc je pense que oui il faut repolitiser le travail du côté des syndicats comme tu le disais euh repenser la question des frontières du travail j'avais j'avais dans mon topo prévu de de donner deux exemples en fait où cette perspective des androcentrés cette critique féministe du travail pouvait ouvrir des nouveaux front de Lust j'avais les Jeux Olympiques et et j'avais le RSA et les Jeux Olympiques moi je passe mon temps à dire en fait si on avait une perspective desandrococentré du travail du point de vue syndical on aurait pu montrer comment cette grande fête du capital attaque tout notre travail en fait attaque par tous les par tous les aspects de notre travail certes le travail salarié rémunéré là il y a eu des choses qui ont été montrées par la CGT même encore récemment sur le fait qu'il y avait des de des des embauches au forfait complètement illégal et cetera donc ok le trava salariés mais les Jeux Olympiques ça trava ça attaque aussi le droit du travail par la manière dont ça mobilise le bénévolat 45000 bénévoles donc ça attaque aussi notre travail en militant notre travail bénévole et le droit du travail on l'a vu tout le dénis de travail et de légalisme autour des 100 papiers on l'a vu aussi ça attaque aussi une autre forme de de dénis de travail les Jeux Olympiques on a beaucoup parlé de la manière dont et à juste titre les classes populaires en sc Sany avaient vu leurs conditions de vie euh complètement attaqué par la destruction des jardins ouvriers on les déplace de logement pour récupérer des logements on a fait la même chose avec les étudiants en CROUS on a construit des autoroutes autour des écoles des quartiers populaires en en ayant pas grand-chose à faire du fait qu'il y avait des gamins qui allaient respirer ensuite voilà ça a été beaucoup analysé en terme à juste titre finalement d'extraction de la valeur hein depuis les quartiers populaires mais on pourrait aussi le lire comme une attaque contre le travail reproductif des classes populaires c'est ce travail reproductif de production et d'entretien de leur force de travail leur travail domestique le soin aux enfants leur leur la manière dont ils vont profiter de l'école dont ils vont profiter des parcs autour de chez eux et cetera c'est le travail reproductif des classes populaire qui a été attaqué aussi en scène saint-en et ça aurait pu aussi être construit sur ce registre là et on aurait pu attendre les syndicats beaucoup plus offensif pour montrer comment finalement ce ce cet événement capitaliste attaquait en fait de de manière frontale toutes les dimensions de notre travail pourquoi ils l'ont pas fait bah parce que la définition du travail qui reste encore dans la tête des syndicats elle est extrêmement marquée par ces frontières du travail et du coup moi je les ai lu les textes de Bernard thbaau sur le bénévolat bah c'est une ode à l'engagement quoi à aucun moment et quand il aborde ceux qui disent qu'il y a du travail dissimulé c'est pour les critiquer parce qu'ils vont casser la fête et ils tiennent un discours terrible alors que avoir des gens qui s'engagent ça permet de lutter contre la marchandisation c'est souvent un discours qui est renvoyé à ceux qui se battent contre le travail gratuit c'est ah oui mais du coup vous allez tout marchandiser et en fait il y a eu des très belles réponses qui ont été faites et du coup ça me fait une transition pour les formes de mobilisation vous avez raison il faut montrer comment c'est dur de mobiliser dans des statuts précaires ou encore plus dans des statut qui sont même pas reconnu comme des statuts de travailleurs et travailleuses après il y a aussi des victoires qui existent il y a des belles luttes qui existe il faut les avoir en tête pour tous ceux et celles qui connaissent pas la mobilisation des stagiaires au Québec en 2017-208 cette immense greffe des stages qui a fait flipper tout le gouvernement québécois où en fait des jeunes femmes hommes aussi non binaire sont sortis dans la rue en disant ah ouais tous les services publics dans ce pays ils fonctionnent sur le travail gratuit des stagiaires et ben vous nous considérez pas comme des travailleurs et travailleuses on est juste des étudiants en formation ah ouais et ben nous on va se mettre en grève et vous allez voir qu'on va vous paralyser vos services publics et ils ont ils ont construit un bras de Fort de bras de fer hyper fort en fait avec les pouvoirs public dans une lutte qui a pas été facile à mener ils ont dû avoir le soutien des féministes ils ont dit d'emblé la grève des stages est une grffe des femmes pas une grffve des femmes au sens biologique une greve des femmes au sens des conditions de travail c'est-à-dire au sens que en fait le capital attend des travailleurs et travailleuses dans ces services publics où on ne rétribue pas les stagiaires de même qu'on rétribue très mal les travailleurs et les travailleuses l'éducation la santé le social la culture en fait qu'on travaille gratuitement qu'on soit des femmes pour le capital qu'on soit homme femme ou non binaire en fait ce qui est attendu c'est qu'on donne par passion au capitalisme et donc c'est pour ça qu'ils ont dit la greffe des des stages est une greffe des femmes on arrêtera d'être des femmes au travail en fait nous on travaille ici on veut être rémunéré pour le travail qu'on fait un salaire pour les stagiaire ils ont même il et elle ont même demandé un stage un salaire pour les étudiants en disant finalement on est en fait dans du travail reproductif ils ont repris les motordes des années 70 qui demandaient un salaire pour les étudiants ils ont engagé une lutte hyper dure parce que là pour le coup leurs collègu titulaire à la fac il les soutenaient pas beaucoup sur la greffe des stages une partie des étudiants aussi les soutenaient pas parce que il disaient non mais nous on va juste se battre contre les frais d'inscription et tout et eu il disaient non non nous on va pas juste se battre contre les frais d'inscription on veut être payé en fait pour tout ce travail pour toutes ces études qu'on fait ça a été une lutte difficile mais ça a été une lutte très belle qui a ouvert plein de de qui a qui a fait des des des échos des petits aussi en Europe euh et c'est vraiment une belle lutte féministe contemporaine et donc il y a un très beau livre qui s'appelle la greffe des stages greffe des stages Greff des femmes une anthologie de la mobilisation de la greffe des stages qui est paru aux éditions remu mén Ning que vous pouvez acheter en ligne et qui est documente en fait leur lutte et qui est une lutte à la fois très pratique hein c'est vraiment de l'auto-organisation mais mais aussi très théorique où ils ont été reprendre ces travaux féministes pour nourrir en fait leur lutte pour nourrir leur critique du capitalisme pour nourrir leur critique du travail gratuit et en fait ils disent souvent et c'est une réponse qu'ils ont faite et que quand quand sillvia federicici est venu pour les soutenir en fait dans leur lutte au Québec il y a plein de gens qui accusaient en fait qui les accusaient de marchandiser l'université ah ouais voulez un salaire pour les pour les étudiants bah en fait vous allez renforcer la marchandisation et federich disait au professeurs qui disaient ça leur disait ah oui vous êtes contre bah rendez votre salaire alors et et en fait l'argument qui développait c'était de dire mais en fait le travail gratuit n'a jamais été une réponse contre la marchandisation le travail gratuit il accompagne la marchandisation en vérité il accompagne la marchandisation donc il faut arrêter de de répondre et malheureusement pour les pour une partie de la pensée syndicale on est encore dans cette idée que s'engager faire les choses par amour par passion et cetera bah ce serait une manière de lutter contre la marchandisation du monde ben non malheureusement je pense que la lutte elle est beaucoup plus rude elle demande d'être beaucoup plus offensive parce qu'en fait encore une fois le capital il produit beaucoup de valeur sur le dos des de nos valeurs de nos engagements de ce qui compte pour nous et c'est là qu'il faut qu'on se bagarre voilà alors j'ai une bonne et une mauvaise nouvelle la bonne nouvelle c'est que vu qu'il y a plus aucun autre atelier autour de nous on applaudit plus fort que la mauvaise nouvelle c'est qu'il y a une activité reproductive qui arrive très vite qui est celle de l'alimentation pour laquelle je suis censé vous libérer et mettre fin à cet espace pour s'assurer qu'il soit utilisable encore cet après-midi alors je vous invite évidemment euh à au grand entretien qui a lieu tout à l'heure avec la première ministre madame casté et je vous invite si jamais vous voulez y venir à vous y prendre un peu un peu en avance pour être sûr de pouvoir rentrer parce que l'entretien sera absolument extraordinaire alors on s'en occupe avec manombri et on espère vous y revoir et puis JZ vous le ratez au pire il y a un meeting demain demain matin donc je compte sur vous toutes et vous tous pour continuer à peupler l'ensemble nos conférences évidemment prendre de l'énergie et de la force pour la semaine prochaine d'être capable d'assurer tous les mouvements sociaux qui s ils sont nombreux
Hadrien Clouet