Franck Allisio : "Contrairement à Retailleau, Ciotti a eu le courage de nous rejoindre !" (BFMTV)
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Chapitres
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Questions et réponses
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On parle d'un homme à 9% dans les sondages pour l'élection présidentielle.
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Rappelons les écarts de sondages avec Édouard Philippe et Marine Le Pen.
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Pour revenir sur le bilan, pourquoi M. Retailleau n'est-il pas l'homme de la droite ?
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Le bilan de M. Retailleau en matière d'OQTF est-il moins bon que celui de M. Darmanin ?
- 1:02RelanceRéponse partielle
Pourquoi M. Darmanin n'est-il pas mené au pinacle comme M. Retailleau ?
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Éric Ciotti a tweeté en faveur de Bruno Retailleau. Que pensez-vous de ce soutien ?
Affirmations vérifiables (citations exactes)
- 0:35PrésentateurFait
« Le bilan de M. Retailleau en matière d'OQTF est plus mauvais que celui de M. Darmanin. »
- 2:23Invité politiqueFait
« Retraite à 60 ans, vous n'avez pas voté les heures en complémentaire du RSA. »
- 2:30Invité politiqueFait
« Vous avez une politique économique de gauche. »
- 3:48Invité politiqueChiffre
« Au premier trimestre 2025, on a reconduit à la frontière 10% de moins d'immigrés illégaux qu'au premier trimestre 2024. »
- 6:12InvitéFait
« L'insécurité n'a jamais été aussi forte qu'aujourd'hui. »
- 6:16InvitéFait
« Les trafics de drogue n'ont jamais été aussi intenses. »
- 6:41InvitéChiffre
« Il y a eu ce mois-ci un record d'entrées sur le territoire français de demandes de réfugiés politiques. »
- 9:25PrésentateurPromesse
« Marine Le Pen veut baisser la TVA sur les consommateurs. »
- 9:27PrésentateurPromesse
« Marine Le Pen veut baisser les impôts de production sur les entrepreneurs. »
- 9:31PrésentateurPromesse
« Marine Le Pen veut baisser les droits de succession et les droits de donation sur les familles et les patrimoines. »
- 9:50PrésentateurFait
« Recordman des impôts et recordman de la progression de la dette. »
Temps de parole
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On parle d'un homme qui est à 9% dans les sondages pour l'élection présidentielle. Soit 10 points de moins qu'Edouard Philippe, soit 20 points de moins que Marine Le Pen. Mais rappelons aussi qu'on est à deux ans de l'élection présidentielle, donc tout est possible si on place les chiffres. Un autre exemple, 10 points en dessous de ce qu'était François Fillon en 2017, qui n'avait pourtant pas été qualifié.
Mais des retournements de situation, on en a vu plein.
Oui, oui, bon. Alors, une autre chose, pour revenir juste sur le bilan, pour vous dire que ça ne sera jamais l'homme de la droite, en tout cas pas l'homme des électeurs sincères de droite à qui nous disons « Tenez bon, on arrive, parce que l'élection sincère LR, il n'a de salut que chez nous ». Un exemple, le bilan de M. Retailleau en matière d'OQTF est plus mauvais que celui de M. Darmanin. Alors, on fait de la mousse autour de M. Retailleau. M. Darmanin a un meilleur... Si on compare premier trimestre 2024 au premier trimestre 2025, il y a un meilleur score, un meilleur résultat en matière de reconduction à la frontière avec M. Darmanin qu'avec M. Retailleau. Ça en dit long.
Oui, parce qu'il a déclaré la guerre à l'Algérie. Pourquoi M. Darmanin n'est pas mené au pinacle comme M. Retailleau ? C'est beaucoup de mousse. Et cette mousse, cette mousse filiatique, lorsqu'elle sera dissipée, il n'en restera pas grand.
Moi, je vais revenir sur la mousse quand même. Parce qu'il y a un certain Éric Ciotti, vous connaissez Éric Ciotti, il a tweeté aussi, il a dit « J'adresse mes félicitations républicaines à Bruno Retailleau qui me succède à la tête des Républicains. Je l'appelle au courage. J'espère qu'il me suivra aussi dans l'union des droites, seule voie pour relever la France et qu'il ne restera pas prisonnier du macronisme finissant qui a ruiné le pays. » Il a raison.
Si M. Retailleau était sincère par rapport à ses convictions, il ferait comme M. Ciotti. Il aurait le courage de M. Ciotti. Ils étaient tous les deux dans la même partie avec la même ligne. Il y en a un qui a eu le courage de franchir le pas pour, justement, dans l'intérêt du pays, pour construire un grand rassemblement pour l'alternance en 1927. Et il y en a un autre qui se remet à parler au centriste et à Édorne-Philippe. Il y a deux choix qui ont été faits. Il y en a un qui va continuer le néo, le post-macronisme, je ne sais pas comment appeler ça. Et il y en a un qui construit l'échange. On va le laisser, Laurence, ça y est, vous répondez. Je crois qu'il y a de l'échange.
Vous pouvez partir dans un tunnel, ce n'est pas pour autant que vous avez raison. Déjà, comprenez une chose, ce n'est pas parce que vous pensez qu'on a les mêmes convictions qu'on a les mêmes. Il y a une place pour une droite qui n'est pas votre droite. Vous êtes de gauche sur l'économie. Pardon de vous le dire, retraite à 60 ans, vous n'avez pas voté les heures en complémentaire du RSA. Vous avez une politique économique de gauche. Mettez-vous à la place d'un Français de droite libéral et qui veut une politique de fermeté sur la sécurité et sur l'immigration. Mais il ne se retrouve pas au Rassemblement national, contrairement à ce que vous voulez dire.
Donc arrêtez de penser que tout le monde va aller courir au Rassemblement national. Génial. M. Ciotti a été président des Républicains grâce à Laurent Wauquiez. Déjà, il me semble que beaucoup perdent la mémoire dans cette élection. Il ne faut pas oublier. Vous savez, moi, je déteste ça. Ça, c'est un truc. Quand j'ai vu certaines personnes soutenir M. Retailleau en expliquant que M. Wauquiez, bon, c'était pas la peine. Alors que c'est même M. Wauquiez qui les a mis en place, comme François-Xavier Bellamy, par exemple, qui est sorti en politique grâce à Laurent Wauquiez. Donc, vous voyez, déjà, moi, ça, si vous voulez, ces changements de comportement, ça m'exaspère.
Référence au Twitter Eric Ciotti. Eric Ciotti vous a rejoint. Il a amené avec lui un député. Mais je crois que vous n'avez pas compris qu'il y a une droite qui n'est pas votre droite. Et cette droite-là, moi, j'espère qu'elle gagnera à la prochaine élection présidentielle. C'est pour ça que j'espère que tout se passera bien au parti Les Républicains. Mais ce que je crains, et là, je vous rejoins, c'est que le bilan actuel, qui, effectivement, je confirme vos chiffres, au premier trimestre 2025, on a reconduit à la frontière 10% de moins d'immigrés illégaux qu'au premier trimestre 2024. Donc, c'est vrai que, pour le moment, les chiffres ne sont pas bons.
Moi, ce que je crains, c'est qu'effectivement, aujourd'hui, le bilan de ce gouvernement sera cher payé par Les Républicains s'il ne s'en différemise pas.
Mais quand on nous écoute, Laurent Sailly, on sent bien que les plaies sont à vif. Comment dire ? La réconciliation chez LR, ça s'amuse douloureux quand même.
Non, mais moi, je ne suis pas chez LR et ma parole n'engage que moi. Je leur souhaite bien du bonheur, avec beaucoup de rassemblement et beaucoup de paisibilité. Mais simplement, ça fait 15 ans que je fais de la politique. Donc, ce n'est pas à moi qu'on va raconter que le soir d'une soirée électorale, parce que tout le monde dit qu'on se rassemble, tout le monde s'aime, que c'est la réalité. Dites la vérité. Vous le savez bien, M. Barbier-Lessier, Mme Royal le sait, on a tous fait des élections. On sait très bien qu'au sein du parti, à partir du moment où plusieurs personnes ont la même ambition, eh bien, ça castagne. Et la castagne, ce n'est pas toujours si mauvais que ça.
Attendez, on va laisser Christian Barbier, Ségolène Royal répondre.
Juste un mot. Je crois quand même que les municipales, cette année, ce millésime 2026, vont un tout petit peu retarder la bataille interne. D'abord parce que c'est essentiel pour les Républicains de sauver leurs fiefs locaux, territoriaux. Ce parti n'a tenu que parce qu'il a gardé son ancrage territorial. Et puis parce qu'il y aura des stratégies différentes. Dans de nombreux endroits, les LR vont devoir se rapprocher au second tour d'une frange des macronistes.
Dans d'autres endroits, il y aura la tentation Ciotti, c'est-à-dire est-ce qu'il ne faut pas pour éviter que la gauche bascule chez les LFI ou chez les Verts ou chez les socialistes un rapprochement avec les RN ou ce qui s'en approchera. Je pense que ça, ça va calmer le jeu. Ça permet à Retailleau de terminer son action au gouvernement, d'aller jusqu'à ses élections. C'est très important d'être au gouvernement. C'est très positif à condition d'en sortir, d'en sortir le moment voulu et de la bonne manière. Macron a plutôt réussi sa sortie en août 2016, se débarrassant de l'effet bilan de Hollande.
Valls, trois mois après, a raté sa sortie du gouvernement et de Matignon, ça l'a disqualifié pour la primaire. Savoir sortir d'un gouvernement, ça, c'est un art très délicat. C'est Golan Royel. Je pense que les Français sont dégoûtés de la politique en ce moment. Quand on les écoute, c'est quand même une condamnation très forte de la politique. Indépendamment, mais il y a les affaires de corruption, il y a le sentiment d'inutilité de la politique, d'inefficacité de la politique et même un contraste entre les discours et les actes. Parce que vous voyez tout le discours de la droite sur la sécurité, vous allez voir ce que vous allez voir, on ne voit rien du tout.
L'insécurité n'a jamais été aussi forte qu'aujourd'hui. Les trafics de drogue n'ont jamais été aussi intenses. Alors, tous les jours, on a des annonces de prison, vous allez voir ce que vous allez voir dans trois ou quatre ans. Mais la réalité de la quotidienneté de l'insécurité, elle est très, très, très, très forte. Et puis, effectivement, Bruno Retailleau, en agressant à l'Algérie, a diminué du coup les OQTF. Alors, ça, c'est extravagant. Il y a eu ce mois-ci un record d'entrées sur le territoire français de demandes de réfugiés politiques. Donc, c'est parce que les pays autour de la France ont serré la vis.
Donc, du coup, les demandeurs d'asile, il y a eu un record des demandeurs d'asile qui sont rentrés sur le territoire français. Et ils nous font des discours sur la sécurité. Donc, à un moment, il y aura le rendez-vous du bilan. Et il y aura un choix des Français par rapport à deux modèles de société. Soit, en effet, il y a une ligne monomaniaque sur la question de l'islam et sur la question de la sécurité. Et là, avec l'objectif de récupérer les voix du RN, je pense que les Français ne vont plus se laisser faire là-dessus. Parce que, quand on les interroge sur leurs priorités, c'est quand même leur avenir.
L'avenir des jeunes, l'avenir de l'emploi, l'avenir de l'éducation, l'avenir de la santé, l'avenir du pouvoir d'achat, l'avenir du bien-vivre, l'avenir de la bienveillance, l'avenir d'être heureux dans un pays que l'on aime et dans lesquels il y a des tensions qui sont devenues insupportables. C'est ça le choix qui aura lieu à l'élection présidentielle.
François-Miquet-Martin, vous nous confirmez les priorités des Français ?
Alors, oui, tout à fait. Les priorités sont très fortement aujourd'hui portées sur le pouvoir d'achat, toujours, et puis ensuite l'insécurité et l'immigration qui sont très fortes. C'est très intéressant d'ailleurs, quand vous regardez les priorités en faveur desquelles se prononcent les sympathisants du RN et les sympathisants LR, on retrouve dans les deux cas, immigration et insécurité, les sympathisants LR sont beaucoup plus sensibles à la question de la dette publique, des finances publiques que ne le sont les autres. Je crois qu'on est en train de vivre un moment très important, qui est un moment de définition des stratégies de recomposition des droites.
Juste un chiffre quand même qui me semble très intéressant dans les enquêtes d'intention de vote qui sont réalisées aujourd'hui. Quand vous avez 8% des Français qui ont l'intention de voter pour Bruno Retailleau, la distribution des votes des sympathisants LR. Vous en avez en réalité 45% des sympathisants LR qui envisagent de voter pour Bruno Retailleau, un quart qui envisagent de voter pour le centre-droit, l'un des candidats du centre-droit, et puis un quart qui envisagent de voter pour le Rassemblement national. Donc il y a une grande disparité. Là-dessus se construit aujourd'hui des tentatives multiples de recomposition.
Alors certains envisagent de faire comme Nicolas Sarkozy, avec l'insécurité, avec un certain charisme, en disant les autres viendront à moi. D'autres envisagent des passerelles, c'est un peu ce que disait Laurence Saillet en disant qu'il y a une dimension qui n'est pas uniquement sociale, qui doit aussi tenir compte du libéralisme, qui peut fédérer des droits différents. D'autres encore disent qu'il y a une part de conservatisme qui doit jouer. C'est d'une certaine manière l'histoire des droites de ces dernières années. Mais cette fois-ci, je crois qu'on va voir d'une certaine manière, peut-être au-delà du macronisme, si les lignes peuvent bouger ou pas.
Pour l'instant, ça ne bouge pas énormément. Je crois que c'est véritablement l'enjeu. Et les cartes et les objectifs auxquels Bruno Retailleau aujourd'hui est confronté, c'est ça. C'est-à-dire se dire, est-ce qu'il est possible de faire bouger les lignes à droite ou pas ?
Juste pour répondre sur l'économie, parce que c'est vrai que c'est fondamental. Marine Le Pen veut baisser la TVA sur les consommateurs. Marine Le Pen veut baisser les impôts de production sur les entrepreneurs. Marine Le Pen veut baisser les droits de succession et les droits de donation sur les familles et les patrimoines. Elle veut financer tout cela, non pas par de la dette, mais par des économies et par une chasse à tous les gaspillages et à toutes les fraudes. De l'autre côté, nous avons Bruno Retailleau, qui appartient à un gouvernement qui est le recordman de l'impôt, même sous M.
Hollande, il n'y avait pas autant d'impôts, recordman des impôts et recordman de la progression de la dette. Donc lequel des deux est le plus socialiste ? Lequel des deux est socialiste ? Eh bien, à la surprise, c'est M. Retailleau. Voilà, M. Retailleau appartient à un gouvernement qui est le record des taxes, qui est le record des impôts, qui est le record de la dette. Et de l'autre côté, il y a une candidate à la présidentielle, une leader de l'opposition, qui veut baisser les impôts et faire la chasse au gaspillage et faire des économies.
J'invite chacun à prendre une calculatrice et à faire les plus et les moins dans le programme économique de Marine Le Pen, qui veut tout donner sans rien prendre et qui au Parlement ne vote pas pour des mesures efficaces. Alors vous dites que le RN est de droite ? Parce que Marine Le Pen dit que le RN n'est pas de droite.
Je dis que ma famille politique a un programme économique qui vise à la fois à libérer, qui a une fibre sociale. Jamais nous ne renierons notre fibre sociale, mais qui a une vraie volonté aujourd'hui de baisser les impôts dans ce pays. Le problème de Marine Le Pen, si vous voulez,
le problème de Marine Le Pen, c'est qu'elle a un...
Franck Allisio