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speechyoutube.com· 26 août 2024 9 min

Discours de Fabien Roussel le secrétaire national du PCF à la REF2024

Transcription Whisper (large-v3), avec identification des locuteurs. À recouper avec la source d'origine.

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Présentateur

On vous a vu réagir à ce qui a été dit, j'ai voulu prendre des notes pendant le débat, vous nous avez exposé votre grand projet de société, économico-social, et donc c'est vous qu'on veut entendre pour le mot de la fin, après ce qui a été dit, et pour faire suite à votre grand projet sur notre sujet du jour.

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Fabien Roussel

Je n'ai pas présenté le projet de société, il y a un peu de choses dedans. Je dis que c'était une question de société, une question de choix de société, d'ailleurs plusieurs d'entre vous ont dit qu'effectivement il fallait partager une ambition commune, une ambition collective, je pense que c'est le cœur du sujet, et que ça fait plusieurs années que l'on navigue un petit peu à lui, il faut savoir où on va. Donc, je vais vous raconter une anecdote vécue. Moi, un jour de semaine, je veux m'acheter une casquette à Paris, et je vais dans un grand magasin, sur des boulevards, sur plusieurs états, les galeries de la famille, tu balances.

Je vais là-bas, je veux m'acheter une casquette, et puis je cherche, je regarde toutes les marques, et je cherche une casquette produite en France. Je vois Adidas, je vois Nike, The North Face, je ne veux pas toutes les faire. Elles sont chères, 50, 60 euros, et elles sont toutes produites en Chine, quelques-unes au Vietnam, mais aucune en France. Terrible quand même. Alors je m'adresse à quelqu'un de la galerie, je lui dis, mais vous n'avez pas de casquette produite en France, vous n'avez pas de produits français ? Non, non, il n'y a pas de produits français.

Mais je dis, il n'y a rien de français, on ne peut pas, vous n'avez pas un rayon, les produits français, les textiles, ah ben si, non, il n'y a pas de rayon, mais là-bas, il y a une marque, c'est le slip français, c'est français. Quand j'ai acheté, pas des slips, des boxers, mais français, j'ai fait, je ne me suis pas mis un slip sur la tête en sortant. Mais, je me suis dit, quand même, c'est... Et je connais, et je l'ai fait, parce qu'en plus, je connais l'histoire du slip français, je vous rejoins, c'est qu'ils ont fait le choix de localiser la production en France, de produire du volume pour pouvoir baisser les prix. Bon, par contre, il faut acheter 4 boxers pour avoir un prix bas.

Bon, comme c'est pour les volumes, je l'ai fait. Mais, en racontant cette histoire, je l'ai racontée pendant mes meetings des élections européennes, d'ailleurs. Parce que produire en France, ça fait partie du projet de société que l'on défend. Produire en France ce dont nous avons besoin, ce dont les français ont besoin. Que ce soit dans le textile, les produits, les biens manufacturiers, etc. Ça ne se décide pas d'un claquement de doigts, mais c'est un projet collectif, un projet de société à construire ensemble, qui prendra du temps. Parce que derrière, il y a les questions de formation, de machines, et effectivement, c'est un grand projet à construire. Mais c'est faisable.

Nous en avons cruellement besoin. A travers cette histoire de casquettes, que j'ai racontée dans mes meetings, je faisais la démonstration que même des produits comme ça, vendus en plus de 60 euros, enfin, si encore, c'est des produits en Chine pour pot de balle, en plus, ils se font des... dessus, les producteurs, c'est pas juste. Donc, ils gagnent beaucoup d'argent, ils doivent produire ces casquettes pour quelques centimes, et puis nous, les Français, comme des... on se fait rançonner, on paie cher. Ça, c'est pas bien. Et donc là, je pense que cette responsabilité à mettre en œuvre, c'est d'abord celle-là. L'État peut agir, les entreprises, les groupes, les premiers quand même.

On a fort de raconter ça dans les meetings, on est venu me voir, on m'a dit, si, si, Fabien, il y a une boîte qui fait de la casquette française, donc je vous le dis, c'est Tranquille et Mille, et donc j'ai acheté ma casquette quand même française, c'est la marque Tranquille et Mille, donc je suis content, il est rouge ou plus, donc comme quoi, il n'est pas perdu, donc j'avais et mon boxer et ma casquette. Mais, vous savez, l'État a un rôle à jouer là-dedans. L'État a un rôle déterminant à jouer dans les 20 prochaines années au nom du défi climatique dont vous avez tous parlé.

Et vous parlez de greenwashing, je parle de défi climatique parce qu'il ne suffira pas de repeindre en verre les murs de nos entreprises et de mettre un label sur les produits que nous vendrons. Il faudra véritablement réussir à produire en France avec le coût carbone le plus faible, ce que nous consommons. C'est valable pour l'agriculture, c'est valable pour les biens manufacturiers, c'est valable pour le textile. 75% des émissions de CO2 de notre pays sont, c'est du CO2 issu des produits importés. C'est d'abord à cause des importations que nous avons un bilan de CO2 aussi catastrophique.

Il y a des entreprises nationales, locales, qui produisent en France, qui font plein d'efforts, mais tout ça c'est balayé parce que d'autres importent de l'extérieur ce que nous pouvons produire en France. C'est le coût de la casquette, c'est le coût des voitures. Vous avez parlé d'un voiture, enfin Renault, la Dacia Sprig populaire, ils la fabriquent en Chine quand même. Et bien là, moi je dis que ça, c'est un coût de canif dans le contrat républicain, dans le contrat écologique. Ce n'est pas acceptable de la part d'un groupe qui en plus, personne, si, si, si, il va être produite en Chine, la Dacia Sprig, si, si. Bon, on verra après.

En tout cas, on a de la part de nos constructeurs, de nos producteurs, une responsabilité à imposer, et l'État doit jouer un rôle. Et l'État doit jouer un rôle important à mettre, pas forcément à contraindre, à interdire, et à construire ensemble. Et si je peux me permettre, je peux encore me permettre une minute, je vais vous raconter une anecdote. Un jour, Gérard Mulier est très en colère contre une affiche du Parti communiste français où on avait écrit que Gérard Mulier paye moins d'impôts qu'une femme de ménage. Vous imaginez ? Je n'ai pas été content. Donc c'était en pourcentage. Donc, il a cherché un besoin, il m'a trouvé, on s'est vu, on s'est parlé.

On a passé une après-midi incroyable à échanger. D'ailleurs, il m'accueille en me disant que c'est un chef d'entreprise que je connaissais, croyant, catholique, fait beaucoup dans la région, et il se présente comme ça. Et je lui dis, pour qu'on se mette à l'aise tout de suite, je lui dis, ben, j'ai toujours pensé que Jésus, c'était le premier communiste. Il me répond, ben, comme il a multiplié les petits pains, c'était aussi le premier capitaliste. Sur cette base-là, on peut se parler. Alors, on avait chacun un atout dans la poche. Et je venais le voir en lui proposant de participer à un fonds de financement économique pour nos entreprises régionales. Il y avait beaucoup de délocalisation.

Et je lui dis, mais pourquoi l'État, la région, et je salue Xavier Bertrand parce que j'étais en compétition régionale avec le gouvernement-là, pourquoi l'État, la région, et les chefs d'entreprise, et grands capitaines d'entreprises comme vous, pourquoi on ne nous mettrait pas tous au bout, public-privé, pour aider nos entreprises, investir, prêter à taux zéro, etc., etc. Déjà, on m'avait fait une réponse incroyable, on m'avait dit, mais monsieur Rousset, qu'est-ce que vous voulez que je mette de l'argent avec l'État, l'État qui, lui, aujourd'hui, me donne de l'argent, alors que je n'en ai pas besoin et que je ne m'en ai pas demandé.

Et à l'époque, c'était le CICE, le contrat impôt compétitivité emploi. Et il recevait 50 milliards, 50 millions d'euros, tous les ans, au titre du CICE, alors qu'il n'en avait pas besoin. Alors bien sûr, vous prenez. Mais il me dit, quel gap j'ai ! Et l'État dépense bien mal son argent.

Et c'est la raison pour laquelle nous disons, nous, que l'État a un rôle à jouer, un rôle de définir l'ambition collective, de définir la trajectoire, et de faire en sorte que l'argent public, son argent, soit utilement dépensé, efficacement dépensé, accompagner les entreprises, prêter à taux zéro, voire à taux négatif, pour permettre des investissements, pour relocaliser l'industrie, pour pouvoir former l'État, un rôle important à jouer, mais pour accompagner. Et c'est une partie du projet que nous défendons. Merci.

9:02
Présentateur

Merci à vous. Et je voulais pas dire que c'est pas possible pour nous. Ça veut dire que la discussion est arrivée au bout. On aurait pu continuer à en parler très longtemps, mais nous aurons d'autres occasions. Merci à tous.

Discours de Fabien Roussel le secrétaire national du PCF à la REF2024 — Fabien Roussel · Pourquijevote