Maud Bregeon, porte-parole du gouvernement - 13/10
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Chapitres
Répartition du ton (temps de parole politique)
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Questions et réponses
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- 0:10OuverteRéponse directe
Aujourd'hui on en est où en matière de radicalisation terroriste ?
- 2:04RelanceRéponse partielle
Est-ce que, d'après vous, le phénomène est réellement sous contrôle de la radicalisation ?
- 2:51RelanceÉludée
Qu'est-ce qu'il en est ? Est-ce que ce projet est abandonné ?
- 4:43RelanceRéponse partielle
Qu'est-ce que ça change, cette proposition de Didier Migaud ?
- 6:14RelanceÉludée
Qu'est-ce que ça change concrètement ?
- 7:37OuverteRéponse partielle
Est-ce que c'est un choix politique ?
Affirmations vérifiables (citations exactes)
- 1:12Invité politiqueChiffre
« On est passé je crois de 838 atteintes il y a un an à un peu plus d'une centaine aujourd'hui. »
- 3:32Invité politiqueFait
« C'est aujourd'hui réalisé par le ministère de l'Intérieur. C'est suivi par les rectorats. »
- 8:04Invité politiqueFait
« Nous conservons, et nous avons une attention toute particulière, à l'ensemble des ministères régaliens. »
- 8:20Invité politiqueChiffre
« Le projet de loi de finances tel qu'il est aujourd'hui prévoit notamment la création de plus de 600 emplois supplémentaires dans le domaine de la justice. »
- 11:21Invité politiquePromesse
« Il faudra une nouvelle loi immigration pour adapter un certain nombre de dispositions. »
- 14:29Invité politiqueChiffre
« L'année dernière 34 000 personnes ont été régularisées dans le cadre de cette circulaire. »
- 22:19Invité politiqueChiffre
« Il y a 12 millions de français qui se chauffent aujourd'hui au gaz. »
- 24:05Invité politiqueChiffre
« Nous allons terminer l'année à plus de 6% de déficit, nous serions à environ 7% l'année prochaine si on ne fait rien. »
- 24:12Invité politiqueChiffre
« Ça nécessite d'aller chercher 60 milliards dans un temps record. »
- 30:40Invité politiqueFait
« la retraite minimale sera revalorisée dès janvier comme c'était prévu »
- 34:38Invité politiqueChiffre
« c'est 4800 enseignants de moins dotés dans les écoles l'année prochaine »
- 38:05Invité politiqueChiffre
« le budget de l'assurance maladie sera en hausse d'un peu moins de 3% »
- 42:39Invité politiqueFait
« 6,1% de déficit cette année ce n'est pas acceptable »
- 45:08Invité politiqueFait
« ce qui s'est passé hier est inadmissible et incompréhensible »
Temps de parole
- Maud Bregeon70 %
- Présentateur13 %
- Intervenant11 %
- Invité6 %
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L'invité de BFM Politique aujourd'hui c'est Maude Bréjon, porte-parole du gouvernement. Bonjour Maude Bréjon.
Bonjour.
Je m'arrête un instant sur la cérémonie qui vient de s'achever à Arras. Aujourd'hui on en est où en matière de radicalisation terroriste ? Est-ce que c'est les adolescents qui sont particulièrement sous le coup de la vigilance de ce gouvernement ?
D'abord c'est une cérémonie qui est extrêmement émouvante et je commencerai bien sûr par avoir un mot pour la famille, pour ses proches, pour tout ce monde éducatif qui est évidemment encore aujourd'hui en deuil. Néanmoins cette cérémonie montre aussi que la République est plus forte et que la République se tient debout face à ceux qui essaient de l'attaquer, face à l'islam politique qui aujourd'hui encore continue de tenter d'avoir atteinte à notre laïcité, à notre République et notamment à travers notre école. C'est évidemment un point de vigilance de tous les instants.
La ministre de l'Éducation nationale Anne Jontey rappelait pour autant ce matin dans les colonnes de la tribune que le nombre d'atteintes à la laïcité en septembre 2024 a considérablement baissé par rapport au même mois l'année précédente en 2023. On est passé je crois de 838 atteintes il y a un an à un peu plus d'une centaine aujourd'hui. Ça a été permis grâce aux décisions politiques qui ont été prises par Jean-Michel Blanquer, par Gabriel Attal évidemment avec l'interdiction du port de la Baïa. Il y a encore beaucoup de chemin à faire. Il y a une prise de conscience politique qu'on doit continuer à mener. Mais moi je suis là pour vous dire que nous ne lâcherons rien.
Maud Bréjean, je vous présente à mes côtés Amandine Attaria, éditorialiste politique à BFM TV qui va vous interroger à mes côtés. Je vous présente également Jules Pecknard de la Tribune Dimanche qui est partenaire de cette émission.
Jules précisément sur cette interview que vous évoquez d'Anne Jeunetais dans les colonnes de la Tribune Dimanche. Également concomitante à l'interview de votre collègue Haute-Mann Nassrou en charge de la citoyenneté dans le journal du dimanche qui pointe, lui, un nombre de mineurs radicalisés en forte hausse. On comprend que les deux propos sont complémentaires mais ils ne disent pas totalement la même chose. Est-ce que, d'après vous, le phénomène est réellement sous contrôle de la radicalisation ?
Il doit toujours continuer à être combattu. Il ne s'agit pas de mettre la poussière sous le tapis. C'est le sens des propos et d'Anne Jeunetais et d'Haute-Mann Nassrou. Il ne s'agit pas de se voiler la face. Il s'agit d'arriver à agir. Et moi, je le redis, il y a eu des dispositions extrêmement sérieuses qui ont été prises par Jean-Michel Blanquer et par Gabriel Attal. Mais il reste encore du chemin. Il reste encore du chemin. Et c'est ce que dit, je pense, Haute-Mann Nassrou dans son interview.
Après l'attentat d'Arras, Gabriel Attal, qui était alors ministre de l'Éducation nationale, avait dit qu'il fallait s'occuper des mineurs radicalisés dans les établissements scolaires et les en sortir par mesure de précaution, ceux qui étaient le plus radicalisés. On n'entend plus parler aujourd'hui de cette mesure. Qu'est-ce qu'il en est ? Est-ce que ce projet est abandonné ? Ou est-ce que Bruno Retailleau reprend cette idée qui, à l'époque, paraissait urgente et essentielle ?
C'est toujours à l'étude. Moi, ce que je retiens essentiellement des propos de la ministre de l'Éducation nationale, c'est d'abord la nécessité d'accompagner le monde éducatif.
Mais sur cette mesure précise de sortir des mineurs radicalisés dans les établissements scolaires.
Elle annonce notamment l'augmentation du nombre d'heures de formation à la demande même des enseignants et du monde éducatif. Je pense que c'est une très bonne chose. Et ensuite, il faut de toute façon avoir un suivi de tous les élèves dont on a détecté une situation de radicalisation. Mais c'est aujourd'hui réalisé. C'est aujourd'hui réalisé par le ministère de l'Intérieur. C'est suivi par les rectorats. Est-ce que cette mesure-là serait mise en œuvre ? C'est aujourd'hui pas encore décidé. C'est encore à l'étude. Et donc, on aura l'occasion d'y revenir. Mais je note, moi, encore une fois, que des actions très concrètes ont été réalisées, qui ont donné des résultats.
Et c'est le sens de la baisse drastique du nombre d'atteintes à la laïcité ce dernier mois. Et je prends acte du chemin qu'on doit encore faire.
Est-ce que ça s'est réalisé concrètement sur les mineurs radicalisés ? Depuis l'attentat d'Arras ?
Je vous parle des atteintes à la laïcité, et notamment des décisions qui ont été prises par Gabriel Attal. Mais chacun voit bien... Vous évoquez le port de la Baia, le Camis, par exemple, à l'école.
Bonne Bréjon, pardon, pour bien comprendre, quand vous dites que les décisions prises par Gabriel Attal, vous évoquez notamment l'interdiction de la Baia et du Camis à l'école, par exemple. Ça, c'est mon très affaire. Pour que nos téléspectateurs puissent suivre en même temps.
Chacun voit bien que Bruno Retailleau a une détermination qui est absolue sur ces sujets, sur les sujets de radicalisation, et plus globalement pour garantir la sécurité des Français, la sécurité des élèves, la sécurité des enseignants, et qu'il ne cèdera pas un centimètre sur la question. Je crois qu'aujourd'hui, sa volonté et sa détermination est une évidence pour tout le monde.
Puisqu'on parle de Bruno Retailleau, plusieurs mesures sont à l'étude, à la fois de son côté et du côté du ministre de la Justice, Didier Migaud, qui, à propos des mineurs, dit envisager de lever l'excuse de minorité, ce qui permet d'avoir des peines plus lourdes pour certains mineurs, et de l'écarter au cas par cas. Qu'est-ce que ça change, cette proposition de Didier Migaud, dans la mesure où c'est déjà le cas aujourd'hui, puisque les juges peuvent précisément, au cas par cas, lever l'excuse de minorité pour les mineurs entre 16 et 18 ans ? Quel est l'apport ou la nouveauté ?
D'abord, Bruno Retailleau, puisque vous ouvrez votre question là-dessus, fait, je pense, aujourd'hui un constat, quel constat partagé par une très large majorité de Français. Que dit Bruno Retailleau ? Bruno Retailleau dit, en matière de sécurité, on a encore du chemin à faire, et partout où vous allez en France, les Français vous le disent. Bruno Retailleau dit ensuite, et on y viendra après, on doit avancer sur le contrôle de l'immigration, et notamment de l'immigration. On va y venir après, oui, tout à fait.
Une fois qu'on a dit ça, on voit bien qu'on a en France, aujourd'hui, un travail à mener pour se doter d'un meilleur arsenal juridique, et ça passe par une réflexion sur l'atténuation de l'excuse de minorité. On en discutera au sein du gouvernement, on en discutera au sein du Parlement, mais face à des phénomènes de violence qui touchent des jeunes de plus en plus jeunes, et avec des niveaux de violence de plus en plus importants. Chacun, je crois, comprend bien, et ce n'est pas une question de droite ou de gauche, c'est juste une question de bon sens, qu'il faut qu'on fasse évoluer la législation. Oui, mais ce que je voudrais comprendre,
c'est qu'au-delà des mots, qu'est-ce que ça change concrètement, encore une fois, puisque les juges peuvent déjà lever l'excuse de minorité au cas par cas ?
On étudiera une possibilité d'avoir une levée automatique, par exemple, de cette excuse de minorité, et voir jusqu'où est-ce qu'on peut la lever ? Est-ce que c'est 16 ans ? Est-ce que c'est en dessous ? C'est des débats qui auront lieu au Parlement. Nous avions nous-mêmes ouvert...
C'est-à-dire qu'on la supprime, alors ?
Nous avions nous-mêmes, il ne s'agit pas de la supprimer, il s'agit de l'atténuer, nous avions nous-mêmes ouvert la porte à cette réflexion-là. C'était une demande qui a été formulée par le groupe de la droite républicaine de Laurent Wauquiez, qui, je comprends, fait débat...
Mais Gabriel Attal avait repris l'idée, mais ça n'a pas avancé pour le moment,
d'où la question que peuvent se poser les Français. Parce que le gouvernement a été formé il y a quelques semaines, néanmoins l'annonce a été faite et par le Premier ministre et par Didier Migaud, d'une réflexion qui allait être menée en ce sens. Je crois qu'encore une fois, il y a des attentes de davantage de fermeté et d'efficacité en matière de justice en France qui sont indéniables. Il faudrait être sourd pour ne pas entendre ce que nous demandent les Français. On peut, en sortant de l'émission, si vous voulez, je vous emmène au marché d'Anthony sur ma circonscription. On les entend tous les jours aussi.
Je le sais bien sur les micro-trottoirs, que vous faites, et plus globalement, j'imagine, dans chacun, dans nos entourages, on ne peut pas rester aveugle face à cette demande-là. On ne peut pas rester aveugle.
Maude Bréjou, vous dites que les Français sont en demande de plus de sécurité. Le pôle sécurité, il fonctionne par le ministère de l'Intérieur, le ministère de la Justice. Le ministre de la Justice, précisément, il s'est plaint cette semaine d'un budget, dit-il, pas à la hauteur, dans les chiffres, dans la copie initiale, tout du moins celle qui a été présentée. Je dis dans la copie initiale puisque vous allez me dire que ça va être réécrit au Parlement.
Mais dans la copie initiale, on voit que le ministère de la Justice doit renoncer à à peu près 500 millions d'euros dans son budget 2024, quand dans le même temps, la police, le ministère de l'Intérieur, récupère 587 millions d'euros de crédits supplémentaires donnés plus à la police et moins à la justice. Est-ce que c'est un choix politique ?
Alors, je voudrais être très claire. Nous conservons, et nous avons une attention toute particulière, à l'ensemble des ministères régaliens. Le budget de la justice ne sera pas en baisse par rapport au budget de l'année précédente.
Il doit renoncer à 500 millions d'euros
qui étaient prévus d'augmentation plus exactement. Le projet de loi de finances tel qu'il est aujourd'hui prévoit notamment la création de plus de 600 emplois supplémentaires dans le domaine de la justice. Donc non, nous ne sommes pas en baisse. C'est moins que ce qui était prévu. Maintenant, il y a un effort national qui est demandé à l'ensemble des ministères.
Mais je vous garantis aujourd'hui, pour avoir bien regardé ce projet de loi de finances, que la justice, l'Intérieur et la Défense sont particulièrement épargnées parce qu'encore une fois, on estime que c'est un sujet absolument prioritaire, qu'il y a des enjeux qui sont colossaux, et parce que simplement, on a entendu les demandes exprimées par les Français lors des élections législatives, et que ces demandes pour beaucoup reposaient sur davantage d'ordre et davantage d'efficacité en matière de justice.
Mais pour l'instant, ce que dit Didier Migaud, c'est que vous demandez plus d'efforts à la justice et un peu moins à l'intérieur.
Il y a une augmentation du budget de la justice qui sera réelle l'année prochaine, et je note d'ailleurs, sans dévoiler de secret, que le Premier ministre et que Laurent Saint-Martin sont restés, bien sûr, le ministre du budget se sont montrés ouverts à des évolutions en faveur d'un plus haut budget pour la justice lors du débat parlementaire. On ne rentrera pas, et je ne rentrerai pas ici dans les chiffres, mais j'ai aussi entendu Didier Migaud évoquer des échanges qu'il avait pu avoir avec le Premier ministre et le ministre du budget et se disant ainsi confiant d'une évolution qui irait dans le bon sens.
Donc il n'y a pas de sacrifice de demander particulier à la justice par rapport aux autres ministères ? On ne pourra pas reprocher à ce gouvernement d'avoir sacrifié quelconque ministère régalien. La sécurité des Français et l'efficacité de la justice sont pour nous une priorité absolue parce que c'est aujourd'hui une priorité absolue pour les Français.
Un mot sur Bruno Retailleau. Est-ce que vous êtes 100% à l'aise avec tout ce qu'il dit, y compris lorsqu'il dit que l'État de droit n'est pas intangible ? Vous savez,
moi j'entends beaucoup de caricatures à l'encontre de Bruno Retailleau depuis sa nomination depuis deux ou trois semaines.
Le Rassemblement national dit qu'il parle comme un porte-parole de Génie.
Non, mais attendez, que dit Bruno Retailleau encore une fois ? Bruno Retailleau dit qu'on doit garantir davantage de sécurité pour le Français et qu'on doit continuer à reprendre le contrôle des flux migratoires. Bruno Retailleau est en fait extrêmement lucide et il fait là un constat de bon sens mais qui est le constat qui je crois a été formulé par une large majorité de Français. Vous le voyez je pense dans les échanges que vous, vous pouvez avoir aussi. Et face à ça, il fait des propositions mais pardonnez-moi, Bruno Retailleau qui a pour mission de garantir la sécurité des Français ne va quand même pas devoir s'excuser d'avoir des idées.
Donc vous êtes à l'aise avec tout ce qu'il dit pour répondre à la question d'abandonnée. Et il fait, pardonnez-moi, il fait des propositions sur les trois échelles qui apparaissent comme pertinentes en la matière à savoir l'international avec un bras de fer qui doit être assumé pour obtenir les laissés-passés consulaires avec les pays d'origine au niveau européen avec une mise en œuvre la plus rapide possible du pacte asile-immigration qui doit permettre, je termine, de contrôler davantage les frontières européennes et des propositions formulées on y reviendra je pense sur le niveau national qui appelleront de nouvelles dispositions législatives. C'est-à-dire
il va y avoir une nouvelle loi immigration pour parler clairement ?
Il faudra une nouvelle loi immigration pour adapter un certain nombre de dispositions et je me permets de prendre quelques minutes pour les expliquer.
A quelle échéance ? Bruno Retailleau
a par exemple mis sur la table une proposition qui doit permettre de faciliter la prolongation de détention des étrangers en situation irrégulière qui présente des profils dangereux dans les centres de rétention administratives. Il propose que les profils les plus dangereux puissent être maintenus en détention non pas au maximum 90 jours comme c'est le cas aujourd'hui mais jusqu'à 210 jours.
Pour le faire on a besoin d'une loi ça passe par du législatif c'est pas du réglementaire et donc on présentera ces propositions législatives plus tôt en début d'année 2025 et on ne s'interdit pas au sein de ces propositions législatives d'y mettre d'autres dispositions qui encore une fois nous apparaîtraient au sein du gouvernement et avec les discussions qu'on aura avec les groupes parlementaires comme utiles pour protéger les français. Il ne doit y avoir aucun tabou en matière de protection.
Juste, vous êtes en train de nous dire il y aura une nouvelle loi immigration début 2025 notamment pour augmenter la durée de détention dans les centres de rétention administrative c'est une annonce. C'est précisément
ce que je viens de vous dire et on ne s'interdit pas de réfléchir à d'autres dispositions qui pourraient être proposées dans cette loi ça se fera dans le cadre de discussions au sein du gouvernement ça se fera dans le cadre de discussions avec les groupes parlementaires à l'Assemblée et au Sénat.
Est-ce que vous pouvez nous citer un ou deux exemples de ce qui pourrait aussi être dans cette loi en début d'année
à l'étude ? Aujourd'hui on parle essentiellement de la prolongation de la durée de détention dans les centres de rétention administrative nous n'avons pas pris de décision supplémentaire pour autant on entend d'une part nos compatriotes qui nous demandent de continuer à agir et puis des groupes parlementaires qui font des propositions
Ce n'est pas du législatif Justement ça pour expliquer à ceux qui nous écoutent c'est-à-dire que ça a occasionné une baisse du nombre de régularisations des sans-papiers via des critères à la fois familiaux de travail Bruno Retailleau a dit que via une circulaire il comptait la remettre en cause donc ça ne passe pas par le Parlement donc ça vous persistez c'est hors débat parlementaire même si certains dans votre majorité n'étaient pas contents de ne pas être consultés à ce sujet
On agit et c'est le cas de l'ensemble des gouvernements qui nous ont précédés par voie législative et par voie réglementaire les deux ne sont pas incompatibles La circulaire valse c'est quoi ?
La circulaire valse qui a été prise fin 2012 c'est une possibilité encadrée et discrétionnaire qui est donnée au préfet pour régulariser environ 30 000 personnes par an sur la base de critères précis qui touchent à la famille qui touchent au travail et qui touchent aux études L'année dernière 34 000 personnes ont été régularisées dans le cadre de cette circulaire 22 000 sur des critères familiaux 12 000 sur des critères de travail et environ un millier sur des critères liés aux études Bruno Retailleau et il a raison de le dire affirme que ces régularisations doivent être aujourd'hui davantage encadrées et donc la circulaire ne sera pas supprimée elle sera remplacée avec des critères qui seront davantage restreints et notamment sur des critères de régularisation dû au cadre familial
ça c'est pour la circulaire vals que Bruno Retailleau va en quelque sorte réécrire ou remplacer par une nouvelle circulaire pour rester sur la loi d'immigration que vous annoncez pour 2025 dans les pistes qui peuvent être avancées est-ce qu'il est question par exemple de reprendre des dispositions qui ont été censurées par le Conseil constitutionnel lors de la précédente loi qui avait été adoptée en décembre dernier la droite y tient beaucoup par exemple ça prévoit notamment
je me permets de préciser que le Conseil constitutionnel a censuré ces dispositions pour des raisons de forme et non pas pour des raisons de fond donc elles peuvent revenir dans une nouvelle loi je ne voudrais pas laisser penser que ce n'était pas
une incompatibilité avec la prostitution
exactement on ne s'interdit il y avait le durcissement du regroupement familial on ne s'interdit rien on ne s'interdit rien ça se fera encore une fois dans un cadre de discussion avec les différents groupes parlementaires mais je note en effet que le groupe droite républicaine de Laurent Wauquiez avait fait des propositions en ce sens j'irai plus loin Hervé Marseille par exemple qui est président du groupe UDI au Sénat avait déposé une proposition de loi qui reprenait un certain nombre de dispositions censurées pour des raisons de forme par le Conseil constitutionnel
à l'Assemblée nationale si on additionne LR plus le bloc central on arrive à à peine plus de 210 voix est-ce que vous allez soyons clairs est-ce que vous allez chercher le soutien du Rassemblement national pour faire voter cette nouvelle loi immigration
on ne va pas chercher le soutien du Rassemblement national on discutera avec l'ensemble des groupes parlementaires y compris le RRM et ça se fera pardonnez-moi dans un cadre de discussion notamment avec Renaissance avec le Modem avec Horizon avec les Républicains qui aujourd'hui soutiennent le gouvernement je ne vous dis pas qu'on va aller négocier avec le Rassemblement national du Pétard vous voyez très bien ou vous voulez m'emmener non
est-ce que vous allez discuter avec eux je dis que parce que c'est important ça fait partie de leurs fondamentaux l'immigration c'est grâce à eux que Michel Barnier a pu passer sa première censure
alors là je suis obligée pardonnez-moi de vous répondre là-dessus le gouvernement tient du fait des 577 députés le gouvernement ne tient pas du fait du Rassemblement national le gouvernement tient du fait de l'ensemble des députés qui ont été élus et qui représentent tous ensemble 67 millions de français un député pardonnez-moi un député la voix d'un député vaut la voix d'un autre député la seule question qui est à se poser en matière de censure c'est y a-t-il une convergence des luttes et des objectifs entre Marine Le Pen et Jean-Luc Mélenchon c'est tout nous ne sommes pas tributaires des voix
des uns ou des autres mais vous dites sur la loi immigration on discutera avec tout le monde une voix égale une voix à ce moment-là mais ce ne sera pas une loi faite pour Marine Le Pen de comprendre ce que vous dites
ce ne sera pas une loi faite pour Marine Le Pen mais on ne fait pas pardonnez-moi on ne fait pas la loi pour tel ou tel groupe parlementaire on fait la loi pour essayer de répondre concrètement à ce que nous demandent les gens et on s'est engagé et Michel Barnier s'est engagé à ce que les propositions de loi qui seront formulées dans l'avenir soient discutées avec les groupes parlementaires qui aujourd'hui soutiennent le gouvernement maintenant une fois que ces lois quand ces lois arrivent à l'Assemblée Nationale ou au Sénat on ne va pas interdire des députés RN mais ou la France Insoumise ou d'autres de s'exprimer sur la question mais qui ne pensent pas
la même chose du tout leurs avis sont radicalement opposés sur le sujet de l'immigration
mais ça ne nous empêche pas d'écouter les 577 députés vous savez moi je crois que encore une fois sans évidemment faire des accords ou sans aller chercher des voix ici ou là on ne peut pas dire qu'on souhaite s'adresser et répondre aux préoccupations de l'ensemble des Français et refuser d'entendre ou de regarder ceux qui par l'intermédiaire du vote que les Français ont formulé les représentent aujourd'hui mais c'est aussi le cas pour les députés de la France Insoumise et ça ne veut pas dire qu'on cherche des accords ça ne veut pas dire qu'on va négocier ça veut juste dire qu'on respecte l'ensemble des Français et quand on respecte l'ensemble des Français on se doit de respecter ceux qui le représentent au Parlement et je crois qu'en fait chacun comprend bien ça
Question simple réponse j'espère simple la précédente loi prévoyait de régulariser un certain nombre de travailleurs sans papier dans des métiers en tension est-ce que c'est toujours prévu ? C'est toujours prévu
et ça se fera dans le cadre encore une fois de la loi et les préfets le peuvent aujourd'hui Et quand est-ce que vous allez définir la liste des métiers en tension parce qu'elle ne s'est
toujours pas fait non plus ? Ce sera fait et ça c'est un travail que mènera Bruno Retailleau dans les semaines à venir C'est quand même contradictoire avec votre objectif de baisse des régularisations sur la remise en cause de la circulaire valse Comment est-ce que ça fait un tout cohérent ?
La circulaire valse je vous donnais les chiffres des régularisations qui avaient été réalisées l'année dernière les deux tiers des régularisations qui ont été réalisées dans le cadre de la circulaire valse le sont pour des raisons familiales ne le sont pas pour des raisons de travail bien entendu qu'on a besoin aujourd'hui d'une immigration du travail Bruno Retailleau ne dit pas le contraire mais on a au sein de cette circulaire valse des critères notamment de regroupement familiaux qui existe et qu'il convient de restreindre Maude Bréjean j'en reviens au budget 2025
le grand morceau du moment présenté jeudi soir oui sans transition j'en reviens au budget 2025 donc qui a été présenté en Conseil des ministres on n'a pas très bien compris sur la question du gaz ce qui allait se passer on a d'un côté la ministre de l'écologie qui dit il y aura une taxation sur le gaz au même titre que sur l'électricité il n'y a pas de raison de défavoriser les énergies propres en faveur des énergies décarbonées le ministre du budget hier dit il n'y aura pas de taxes il suit défavorable et ils sont tous deux membres du même gouvernement que vous Maude Bréjean qui croit entre les deux qui dit la vérité
il n'y aura pas d'augmentation du taxe il n'y aura pas d'augmentation pardon des taxes sur le gaz Laurent Saint-Martin a précisé les choses hier midi donc moi je vous le redis donc la mise de l'énergie s'est plantée c'est aujourd'hui c'est aujourd'hui la position qui est celle du gouvernement et l'arbitrage qui a été formulé par Michel Barnier pourquoi est-ce qu'on ne veut pas augmenter les taxes pourquoi est-ce qu'on ne veut pas augmenter les taxes sur le gaz cette taxe c'est un peu technique on appelle la TICGN bon on va éviter les acronymes voilà elle a doublé cette taxe en début d'année dernière elle a déjà augmenté si on augmentait de nouveau cette taxe début janvier 2025 ce sont les français qui paieraient de plein fouet l'augmentation de cette taxe ce qui n'est pas le cas de l'électricité parce que les prix vont baisser et que l'augmentation
de la taxe
ne vont pas augmenter sauf que ce que dit la ministre de l'écologie on refuse pardonnez-moi on refuse d'augmenter les taxes sur le gaz parce qu'on ne veut pas faire payer davantage leur énergie aux français et on s'engage sur l'électricité à contenir une augmentation à une baisse des factures pardon au-dessus de 10%
ce que dit la ministre de l'écologie c'est que en faisant cela le gaz reste quand même nettement moins taxé que l'électricité presque deux fois moins en mégawatt-heure est-ce que c'est finalement reculer sur la transition énergétique dire bon bah tout ce qu'on vous avait dit sur le verdissement du parc automobile tout ce qu'on vous avait dit sur les usages électriques tout ça est mis de côté finalement l'énergie propre coûtera toujours plus cher que l'énergie pas propre
la transition énergétique elle doit être acceptée et acceptable et pour ça je pense ça ne peut pas passer par de l'argent qu'on irait chercher dans les poches des français vous savez il y a 12 millions de français qui se chauffent aujourd'hui au gaz 12 millions de français comment pourrions-nous aller expliquer alors que beaucoup d'entre eux ont déjà du mal à boucler les fins de mois qu'on procède à une augmentation de la taxe début janvier qui se répercuterait directement sur leur facture je suis désolée l'écologie l'écologie punitive et l'écologie qui consiste à faire payer toujours davantage aux gens c'est pas la solution
cela dit Maude Bréjean sur en tout cas l'électricité les foyers ils sont à peu près 20% ça fait 6 millions qui paient une électricité à taux fixe vont voir ceux-là leurs factures augmenter et parmi eux il y a des professionnels on pense par exemple à des boulangers à ceux qui s'occupent de pressing est-ce que vous avez prévu pour cela des aides pour compenser la hausse
de leurs factures sur l'électricité 80% des particuliers sont aux tarifs réglementés et verront leurs factures c'est notre engagement diminué d'autour de 10% en début d'année prochaine concernant les 20% restants qui sont au prix de marché ils ont en réalité déjà bénéficié des baisses depuis le début des baisses des cours de l'électricité donc je comprends parfaitement votre question mais ceux-là ont déjà bénéficié de la baisse du marché ce qui n'est pas le cas pour ceux qui sont aux tarifs réglementés puisque les tarifs réglementés vont être mis à jour en début d'année
donc rien de plus prévu l'effort est assumé les concernants
pas dans en tout cas dans la copie qui est celle présentée par le gouvernement le cadrage est celui que je viens de vous donner à savoir une baisse des factures pour 80% des français et des baisses de factures qui ont déjà été enregistrées pour les 20% restants pour autant on reste et on l'a beaucoup dit extrêmement ouvert à la discussion au sein du débat parlementaire avec je le rappelle un cadre budgétaire sur lequel il conviendrait de revenir nous allons terminer l'année à plus de 6% de déficit nous serions à environ 7% l'année prochaine si on ne fait rien ça nécessite d'aller chercher 60 milliards dans un temps record un budget qui a été réalisé en quelques semaines c'est difficile moi j'ai conscience d'être porte-parole d'un budget qui est en partie impopulaire qui est un budget de combat mais qui est un budget nécessaire pour redresser les finances publiques françaises parce qu'un pays qui laisse filer son déficit c'est un pays qui va dans le mur et je voudrais dire autre chose c'est un budget qui s'inscrit dans une trajectoire
et on va en évoquer on va évoquer tout cela Maude Bréjon il nous reste encore du temps dans quelques instants ces questions et toutes celles que vous vous posez de chez vous sur la santé les impôts le pouvoir d'achat vous restez avec nous Maude Bréjon à tout de suite dans BFM politique
toujours avec Maude Bréjon
porte-parole du gouvernement invité de BFM politique en partenariat avec la tribune dimanche Maude Bréjon il y a un téléspectateur qui nous écrit sur le budget Ignace qui nous demande bonjour est-il prévu que l'effort national soit demandé aux députés et sénateurs en réduisant leurs frais et leurs indemnités je crois que c'est la question suivante qui s'est affichée à l'antenne Ignace demande est-ce que les députés et sénateurs vont réduire leurs frais et leurs indemnités au titre de l'effort demandé à l'ensemble des français
aujourd'hui c'est une décision qui est souveraine de l'Assemblée nationale et du Sénat donc moi je n'ai pas à me prononcer là-dessus au titre de la séparation des pouvoirs entre l'exécutif et le législatif ce sera à eux décidé c'est évidemment à eux décidé ce n'est pas le gouvernement ce n'est pas le gouvernement qui décide et c'est bien normal ce genre de choses
Alors question plus large parce qu'on a déjà parlé des efforts que vous allez demander aux français mais les budgets de l'Assemblée nationale du Sénat et de l'Elysée vont eux augmenter pour l'année 2025 comment est-ce que vous pouvez expliquer aux français et c'est peut-être légitime mais qu'ils doivent tous faire des efforts mais que cet effort collectif ne concerne ni l'Elysée ni l'Assemblée nationale ni le Sénat
je comprends complètement la question expliquer un petit peu quand même comment ça se passe derrière les pouvoirs publics l'Assemblée nationale le Sénat notamment font leur demande de dotation lors de la construction du projet de loi de finances au gouvernement et au titre encore une fois de la séparation des pouvoirs le gouvernement se doit d'inscrire ces demandes de crédit ces demandes de dotation au sein du projet de loi de finances donc du budget sans négociation et il appartient ensuite à l'Assemblée nationale et au Sénat lors des débats parlementaires qui auront lieu dans les semaines à venir de trancher et de modifier les demandes initiales qui ont été formulées mais au nom du gouvernement vous avez un avis je comprends parfaitement votre question je comprends parfaitement le questionnement que ça peut susciter chez nos concitoyens mais il n'appartient pas à un ministre encore une fois de se prononcer sur l'avis du Parlement et je pense que c'est en fait plutôt sain du reste qu'il y ait des augmentations dues à l'inflation comme c'est le cas pour l'ensemble ou pour une grande majorité des budgets de l'État ça peut aussi s'expliquer sans balayer les questionnements que ça peut susciter ne rentrons pas non plus dans un débat qui amènerait à une petite musique anti-politique et anti-élu c'est difficile d'être député moi je connais bien je l'ai été pendant deux ans est-ce que vous diriez
comme la présidente de l'Assemblée nationale il n'y a rien à économiser en tout cas
c'est une mission de tous les instants ce sont des collègues qui donnent chacun beaucoup à leur territoire qui partagent leur vie entre Paris et leurs circonstances je ne dis pas ça je ne dis pas ça pour faire pleurer dans les chaumières mais je ne voudrais pas laisser penser aujourd'hui que mes collègues à l'Assemblée nationale sont des privilégiés parce que ce n'est pas le cas et je veux dire ce n'est pas le cas d'autant plus dans une période que vous connaissez bien où les élus sont souvent attaqués sont victimes parfois de violences verbales parfois de violences physiques donc attention à la petite musique qu'on pourrait laisser entendre encore une fois anti-politique
et vous avez raison de le dire puisque les ministères notamment font des efforts sur leur budget là l'interrogation c'est qu'y compris des ministres du gouvernement qui ont sans doute tout autant de déplacements peut-être pas à l'international mais qu'Emmanuel Macron ont encore davantage de déplacements que des députés ou des sénateurs eux font des efforts et je me dis un retraité à qui on explique que pendant six mois il va devoir renoncer à la revalorisation de ses pensions comment est-ce qu'on lui fait passer l'idée qu'à l'Assemblée nationale par exemple il y a 10 millions de plus cette année 10 millions de plus c'est encore un débat c'est quoi c'est la dissolution
c'est dû à quoi c'est un débat c'est un débat qui se tiendra au Parlement moi je comprends je comprends l'émotion que ça peut susciter chez une part il y aura un débat il y aura des discussions à l'Assemblée nationale et au Sénat il y a une part de ces augmentations encore une fois du fait de l'inflation qui je pense peuvent s'expliquer et pour le reste je le redis malgré tout parce que même si des efforts sont demandés et notamment à ceux qui le peuvent le plus l'État et les ministères le budget de l'État donnera l'exemple sur les économies qui sont demandées sur les 60 milliards d'euros qu'il y a à trouver 40 milliards touchent à des réductions de dépenses et sur ces 40 milliards 20 milliards donc la moitié sont un effort qui sera fait par le budget de l'État donc l'État montrera l'exemple et c'est bien normal
Un autre élément qui va susciter du débat pendant cette période d'examen du budget ce sont justement les retraites Néla l'évoquait tout à l'heure la non-revalorisation des retraites pendant les 6 prochains mois donc c'est un gel de l'indexation sur l'inflation ça peut rapporter 4 milliards d'euros nous dit-on on sait que l'un de vos alliés vos principaux alliés les républicains sont très opposés à cette mesure est-ce que vous confirmez que le Parlement pourrait trouver une alternative à cette mesure ?
Le Parlement pourra évidemment trouver une alternative à condition de proposer en face des réductions de dépenses supplémentaires vous savez ça ne nous fait pas pardonnez-moi ce décalage de l'indexation sur l'inflation des retraites de 6 mois n'est pas une décision ou une proposition qu'on formule de gaieté de cœur Jules Pécnard on n'est pas heureux de faire cette proposition-là on maintient l'indexation des retraites sur l'inflation c'est un engagement la retraite minimale sera revalorisée dès janvier comme c'était prévu du reste on demande effectivement un effort de 6 mois mais qui est un effort qui nous semble aujourd'hui nécessaire maintenant si le Parlement a des propositions à formuler pour rester dans le cadre budgétaire des fameux 60 milliards mais permettre de baisser davantage de dépenses ici ou là on sera parfaitement ouvert
Est-ce qu'il peut y avoir une piste par exemple l'abattement de 10% sur les pensions et les retraites ça pourrait rapporter plus de 4 milliards d'euros est-ce que ça peut être une piste ?
L'abattement pour frais professionnels dont bénéficient les retraités à l'abattement de 10% c'est vrai qu'on entend ce débat dans le bloc central certains qui disent tout sera discuté et moi j'entends
beaucoup de propositions donc ça peut être discuté vous dites vous n'êtes pas fermé à ce type de proposition nous on n'est pas fermé par principe vous savez il y a encore une fois un budget qui est un budget difficile à construire en un temps record Michel Barnier Laurent Saint-Martin notre gouvernement on met des propositions sur la table au fond on formule une équation qui marche une équation qui nous semble équilibrée et qui nous semble juste qui n'est pas facile à réaliser mais qui nous semble juste avec un effort principal sur la réduction des dépenses et des contributions pardonnez-moi ciblées et temporaires notamment pour ceux qui le peuvent le plus du reste on étudiera et c'est normal c'est le débat parlementaire toutes les propositions qui seront formulées à l'Assemblée nationale et au Sénat et le gouvernement se positionnera et prendra le temps de le faire sur chacun des amendements et acceptera les amendements qu'il estime être bon pour le pays avec deux lignes rouges la première c'est le maintien du cadre budgétaire tel qu'il est présenté parce que c'est bon parce que pardonnez-moi mais redresser les finances publiques c'est protéger les français et c'est protéger le pays à moyen terme et en préservant autant que possible les classes moyennes qui travaillent
puisque tout est ouvert à la discussion parlementaire est-ce qu'il peut y avoir à l'issue des débats moins de 4000 suppressions de postes par exemple dans l'éducation nationale ça aussi cela fait partie des éléments ouverts à discussion
en fait je vous le redis nous n'avons pas nous ne sommes pas fermés par principe la méthode Barnier c'est aussi accepter d'avoir un gouvernement qui formule des propositions mais qui n'arrive pas avec un dossier qui serait fixé qui serait figé sur lequel aucune discussion serait possible mais je vous repose cette question
parce que vous entendez bien les syndicats d'enseignants vous entendez bien la communauté éducative qui s'est émue de ces suppressions de postes donc leur dire ça peut bouger à l'issue des débats c'est un élément aussi important et de confiance
pour eux le principe d'un débat parlementaire c'est de permettre à un projet de loi que ce soit le budget ou n'importe quel autre de pouvoir être amendé le droit d'amendement pour les parlementaires c'est constitutionnel donc bien sûr qu'on est ouvert à faire évoluer ce projet de loi ce qu'on dit ce qu'on dit c'est que notre responsabilité c'est de redresser la trajectoire des finances
sur cette mesure précise cette idée de supprimer 4000 postes d'enseignants les enseignants peuvent se demander Michel Barnier avait dit qu'il s'agissait uniquement de réduire un nombre de postes de fonctionnaires qui n'étaient pas en contact avec le public alors les enseignants déjà sont en contact avec le public donc première contradiction et deuxièmement tous les enseignants savent que en Europe nous avons les classes les plus chargées en primaire et au collège donc est-ce que ça n'est pas une priorité pour vous que ça se passe mieux de décharger un peu les professeurs aujourd'hui au regard de ce que font
nos collègues européens l'école est une priorité absolue et je ne voudrais pas qu'on puisse penser le contraire néanmoins il y a des faits démographiques qui sont extrêmement factuels nous aurons l'année prochaine près de 100 000 96 000 élèves scolarisés en moins si on suivait cette courbe démographique à la lettre c'est 4800 enseignants de moins dotés dans les écoles l'année prochaine bon déjà on est si je puis dire un peu mieux disant par rapport à ce que le suivi de la démographie nous amènerait à faire et ensuite il n'y aura pas pardonnez-moi de décision brutale il y aura des discussions à l'Assemblée nationale il y aura des discussions avec le monde enseignant pour qui on a un respect total et absolu et les choses se feront en bonne intelligence d'ailleurs en parallèle et on n'en parle pas suffisamment mais le gouvernement a annoncé et nous avons annoncé la création de 2000 places d'aide d'aidants d'AESH supplémentaires j'aimerais qu'on puisse aussi un petit peu en parler et le mettre en valeur les personnels qui accompagnent notamment les élèves en situation de handicap qui sont intégrés dans des classes ordinaires et c'est autant de vies d'élèves et de familles derrière qui changeront donc on essaie vraiment dans le cadre budgétaire contraint qui est le nôtre de préserver ce qu'est ce joyau de l'éducation nationale
je vous arrête là-dessus est-ce qu'il n'y a pas une dissonance entre ce que vous dites ce qui dans les chiffres paraît tomber sous le sot du bon sens et ce qu'a dit Michel Barnier lui-même ce qui correspond au ressenti du terrain il a dit lui-même dans sa déclaration de politique générale nous devons trouver des réponses aux défis posés par le remplacement des professeurs absents est-ce que cette suppression de 4000 postes est-ce que ça colle avec cette réalité ressentie sur le terrain néanmoins
on entend parfaitement ce qui est ressenti sur le terrain vous savez moi je l'entends dans ma circonscription par les enseignants et par les familles et par les élèves mais on a aujourd'hui des chiffres encore une fois 100 000 élèves en moins à la rentrée prochaine qui je crois justifie qu'on mette en adéquation qu'on mette en adéquation le service public avec la réalité du terrain j'entendais d'ailleurs enfin je lisais d'ailleurs avant de venir François Bayrou qui porte une attention très particulière à l'école qui a été ministre de l'éducation nationale expliqué dans des colonnes de vos confrères du JDD qu'il comprenait cette décision donc ne surréagissons pas on est encore une fois en amont des débats les choses pourront évoluer l'école est évidemment une priorité absolue du gouvernement parce que c'est l'assurance vie de la République et il y a des données aujourd'hui factuelles avec des élèves en moins l'année prochaine et c'est je pense normal et c'est du bon sens qu'on puisse les intégrer Briève Maud Bréjons
ce sont des suppressions de postes concertées avec les collectivités c'est-à-dire que ça sera par 4000 sur l'ensemble du territoire ou il faudra regarder où est-ce qu'il y a plus de besoins où est-ce qu'il y en a moins
ce sera évidemment concerté mais nous n'avons pas une approche bête et méchante de la question ce sera concerté avec les collectivités ce sera concerté avec les associations avec les syndicats d'enseignants et c'est normal de le faire comme ça nous n'avons pas pour volonté de brutaliser quelque institution que ce soit nous avons un contexte aujourd'hui qui n'est pas le même que celui qu'il était l'année précédente ou l'année d'encore avant et on essaie de faire au mieux au mieux avec les ressources qui sont les nôtres je poursuis
sur les préoccupations des français et de ceux qui nous regardent la santé est-ce que ce soigner coûtera plus cher l'an prochain ?
ce soigner évidemment encore une fois est également une priorité ça fait aussi partie
des priorités qui avaient été annoncées par Emmanuel Macron oui et d'ailleurs question simple
ça coûtera plus cher ça ne coûtera pas plus cher le budget de l'assurance maladie sera en hausse l'année prochaine le budget de l'assurance maladie sera en hausse d'un peu moins de 3% ça représente 9 milliards d'euros il y a des réflexions qui sont menées qui sont incluses dans le projet de loi de finances de la sécurité sociale notamment sur la question des indemnisations journalières pour des cas d'absentéisme c'est je pense une réflexion légitime mais nous resterons et je le dis aujourd'hui un des pays par exemple avec le reste à charge le plus faible de tous les pays de l'OCDE donc il faut quand même pardonnez-moi le reste à charge c'est ce que payent les mutuelles il faut raison garder sur la question
néanmoins les mutuelles vont certainement comme il y aura une baisse du remboursement par la sécurité sociale du montant des consultations les mutuelles vont devoir compenser donc est-ce que vous savez que ça va toucher particulièrement les seniors ou bien ceux qui par exemple ont des affections longue durée ceux-là qu'est-ce que vous leur dites aujourd'hui pour est-ce que vous essayez même de les rassurer ou est-ce qu'il faut qu'ils admettent qu'ils doivent contribuer à l'effort eux aussi
en sachant pour compléter que les mutuelles ont augmenté leur cotisation le prix de leur cotisation de 8% l'année dernière
on est parfaitement au fait et lucide sur la situation et on s'engage à ce que ces modifications qui interviendront dans le cadre du projet de loi de finances de la sécurité sociale n'impactent pas les plus fragiles et notamment ceux qui sont aujourd'hui dans le cadre d'infections de longue durée c'est-à-dire vous demandez aux mutuelles
d'être raisonnables dans l'augmentation des tarifs par exemple
il y aura évidemment une discussion avec les mutuelles de quoi on parle on parle de ce qu'on appelle le ticket modérateur c'est la part de remboursement qui touche à la sécurité sociale contre la part de remboursement qui touche aux mutuelles une évolution effectivement pourra avoir lieu de façon à demander aux mutuelles de supporter une charge un peu plus importante ça se fera en discussion avec elles et le gouvernement sera extrêmement vigilant à ce que les répercussions sur le prix des mutuelles soient le plus faibles possible néanmoins le budget qui aujourd'hui est alloué à la santé est un budget colossal vous savez ce que
nous disent les français qui nous écoutent au fur et à mesure de l'émission c'est qu'en fait tout ça finalement ce sont des hausses d'impôts déguisées pour les français que ce soit des retraités ceux qui se soignent ceux qui achètent des voitures des hausses d'impôts déguisées en fait
on fait aujourd'hui au mieux pour préserver les domaines qui sont pour nous des domaines essentiels mais vous prenez la santé par exemple je reviens sur mon exemple des indemnités journalières l'État prend en charge quand vous êtes en arrêt maladie une partie de vos indemnités journalières en 2017 ça coûtait environ 8 milliards d'euros par an à l'État d'accord aujourd'hui l'année 2024 ça aura coûté environ 17 milliards parce que les absences ont augmenté et que ces absences durent bien plus longtemps que ce que c'était il y a quelques années bon on voit bien que c'est une situation qui n'est pas normale et donc il est je crois légitime qu'on plafonne par exemple les indemnités journalières pour autant je le redis sur l'essentiel nous préserverons évidemment la capacité de l'État à permettre aux Français de se soigner et c'est bien normal c'est un budget difficile c'est un budget difficile mais sur les sujets de la santé comme sur l'éducation on sera extrêmement vigilant et le débat se tiendra au Parlement
est-ce qu'il est si difficile précisément que ce budget vous n'aurez d'autre choix que de le faire passer par 49-3
notre volonté c'est vraiment de laisser le débat se faire de laisser le débat se faire c'est pas contradictoire vous pouvez laisser se faire le débat
et choisir le 49-3 à la fin
il y a une certitude c'est qu'à la fin il faudra un budget pour la France je pense qu'on est tous d'accord là-dessus du reste le débat doit pouvoir se tenir autant que possible à l'Assemblée nationale et au Sénat
le débat va se tenir mais est-ce que pour vous la possibilité est ouverte
d'utiliser un 49-3 on ne ferme pas la porte par principe puisque à la fin c'est un budget pour le pays mais ce n'est pas notre souhait notre souhait c'est que le débat puisse se tenir jusqu'au bout que les parlementaires puissent prendre leurs responsabilités qu'on puisse voir et dire aux Français ce qu'est la proposition de budget qui aura été in fine proposée par l'Assemblée nationale et par le Sénat en sortie de commission et en sortie d'hémicycle mais on ne s'interdit pas par principe d'avoir recours à un outil qui est un outil constitutionnel
mais quand vous voyez certains réfractaires dans la majorité y compris par exemple Gérald Darmanin dont vous êtes proche qui dit qu'il envisage de ne pas voter le budget parce que les hausses d'impôt ne lui conviennent pas est-ce que vous avez envie de leur dire revenez à la raison et rejoignez-nous la question
que je pose aujourd'hui c'est sommes-nous d'accord sur le constat sommes-nous d'accord pour dire que 6,1% de déficit cette année ce n'est pas acceptable que 7% l'année prochaine si on ne fait rien c'est courir à la catastrophe donc Gérald Darmanin n'est pas lucide si la réponse est oui on doit trouver 60 milliards d'euros en quelques semaines je ne dis pas que notre copie elle est parfaite et j'entends les critiques qui peuvent être formulées ici ou là sur la question des impôts qui je le rappelle toucheront en priorité les plus fortunés et les entreprises qui font le plus de profit non ça touchera tous les français les hausses d'impôts contributions exceptionnelles et ciblées toucheront les français oui mais il y a le malus sur les voitures il y a les dépenses sur la santé j'en reviens à votre question sur les critiques qui peuvent être formulées ici ou là on a un budget qui est difficile et on le sait on a un devoir de responsabilité vis-à-vis du pays parce qu'on ne peut pas laisser filer le déficit comme c'est le cas aujourd'hui et donc face à cette réalité Michel Barnier pose des propositions sur la table j'entends j'entends que c'est difficile j'entends que c'est pas toujours très populaire au-delà du contenu de la copie
certains dans votre camp appellent Michel Barnier par exemple à engager sa responsabilité dès le début du débat parlementaire dans la mesure où il est impossible de trouver une majorité vu que vous êtes vous êtes 213 sur 577 il n'y a pas de
pardonne-moi le respect du parlementarisme c'est j'ai accepté de laisser le débat se tenir à l'Assemblée nationale se tenir au Sénat même si parfois on perd sur certains amendements même si l'orientation prise n'est pas exactement celle que souhaitait le gouvernement mais je crois que c'est sain et moi je dis à tous ceux qui aujourd'hui font des propositions font des critiques que je peux entendre sur le budget tel qu'il est proposé si vous avez des idées pour faire différemment et mieux nous sommes ouverts proposez-nous et on écoutera l'intégralité des propositions
donc tout sera ouvert au débat parlementaire dans les prochains jours en commission et ensuite en séance publique je l'explique pour nos téléspectateurs une dernière question un mot de Bréjon un dernier mot des violences en marge d'une manifestation écologique en Gironde Jordan Bardella a appelé le ministre de l'Intérieur à interdire les soulèvements de la terre ce collectif aux modes d'action parfois radicaux quelles sont les suites envisagées après ce qu'on a vu hier en Gironde pour les soulèvements de la terre on sait que Gérald Darmanin avait essayé de dissoudre ce collectif mais que la justice l'avait débouté
d'abord ce qui s'est passé hier est inadmissible et incompréhensible on ne peut pas se servir d'une cause écologique pour donner lieu à des violences et donc Bruno Rotaillot continuera à instruire le dossier maintenant je ne peux pas vous faire de promesses sur cette question aujourd'hui parce que comme vous l'avez dit Gérald Darmanin a déjà tenté de dissoudre les soulèvements de la terre et que cette demande a été retoquée par la justice
Merci Maude Bréjon porte-parole du gouvernement d'avoir été l'invité de BFM Politique Merci Amandine et Jules de m'avoir accompagnée toute la régie pour la réalisation de cette émission
Maud Bregeon