Retraites, grève du 5 décembre, profanation d'un cimetière juif... Le "8h30 franceinfo" de Jordan Bardella
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Bonjour Jordan Bardella. Bonjour. Est-ce que vous allez manifester demain ?
Je serai en tout cas solidaire des manifestations qui vont avoir lieu partout en France, comme une majorité de Français. D'ailleurs, un sondage qui est sorti ce matin, RIS Interactive, nous dit que 70% des Français soutiennent la mobilisation. C'est ce que disait aussi le sondage France Info il y a quelques semaines seulement. Je suis vice-président du Rassemblement National et en tout cas nous considérons que notre rôle, le parti politique d'opposition, qui a remporté les élections européennes et qui aspire à gouverner en tout cas le pays à partir de 2022 et de proposer une alternative politique et une sortie de crise politique à cette convergence des luttes aujourd'hui qu'on peut déplorer.
En tout cas, les Français n'ont pas d'autre moyen de se faire entendre que de descendre dans les rues. Mais moi j'attire quand même votre attention sur le fait que d'abord la CGT n'a pas le monopole de la contestation sociale et que vont descendre dans la rue demain beaucoup de gens. Des policiers, des infirmiers, des gilets jaunes, des cheminots, des gens qui travaillent dans les services publics et qui considèrent aujourd'hui que le climat absolument délétère que nous vivons dans notre pays, à savoir que les services publics les plus essentiels n'ont plus les moyens de travailler et de fonctionner correctement, n'est plus tenable.
Et effectivement j'apporte mon soutien à tous les gens qui vont descendre dans les rues demain.
Renaud Delis. Je n'ai pas bien compris Jordan Bardal, vous apportez votre soutien, mais vous, vous ne descendrez pas dans la rue, vous ne manifesterez pas demain et vous considérez que ça n'est pas la place des élus du Rassemblement National.
Moi, si, si, certains de nos élus, certains de nos militants, nos cadres et nos adhérents participeront probablement à ces manifestations, comme ils l'ont toujours fait par le passé. Il n'y a pas de position commune, unanime, il n'y a pas de position unanime. La position, c'est la position qu'on adopte à chaque manifestation, c'est de dire, nous sommes un parti politique et notre rôle, c'est de proposer justement une sortie de crise politique à ce que vivent les Français et à la détresse de plus en plus de Français aujourd'hui. Maintenant, nous laissons la liberté totale à nos adhérents, nos militants, nos élus d'y participer.
Beaucoup y participeront localement, comme ils y ont participé lors des manifestations des Gilets jaunes. Moi, j'ai eu l'occasion d'y participer également au tout début, mais je dis aux Français, l'heure est trop grave. Voilà, je suis évidemment solidaire et j'ai une pensée pour les gens qui, demain, seront bloqués par les grèves qu'il y aura notamment dans les transports, parce qu'ils ne pourront pas aller travailler, parce qu'ils ne pourront pas partir, déposer leurs enfants chez les grands-parents, etc.
Mais je dis que le moment, il est trop grave et qu'il est important que la communauté nationale fasse bloc face à la brutalité sociale et face au démantèlement de notre modèle de protection sociale qui est en train de mettre en oeuvre le gouvernement. En tout cas, la grève, elle s'annonce très suivie.
Elle s'annonce très suivie, ça va être un casse-tête pour les personnes qui iront quand même travailler. Un seul TGV sur 10, un seul train sur 10, d'ailleurs, au niveau national, c'est une moyenne, 11 lignes de métro fermées à Paris. Trafic donc très perturbé et évidemment, les travailleurs vont devoir s'organiser. C'est le cas, par exemple, de cette femme croisée par nos confrères de France Bleu Périgord.
Ils ont sûrement le raison, mais bon, ils ne se préoccupent pas trop de nous. C'est contraignant et, enfin, je ne sais pas, tout le monde se plaint qu'on n'a pas assez de sous et tout ça, mais bon, il faut aussi poser des questions sur nous, quoi.
Jordan Bardella, il faut aller jusqu'où dans ce mouvement ?
Je ne sais pas, jusqu'à ce que le gouvernement cède. Vous savez, on ne peut pas gouverner éternellement contre son peuple. Et en tout cas, la réforme que propose Emmanuel Macron sur les retraites, qui consiste en fait à travailler plus pour gagner moins, ne reçoit pas l'approbation d'une majorité de Français.
Mais vous dites jusqu'à ce que le gouvernement cède, ça veut dire que vous êtes prêt à une grève dure ?
Non, je dis que la sortie de crise doit être politique. Et que si le pays se retrouve dans une situation de blocage, alors il faudra utiliser le référendum. Puisque Emmanuel Macron considère que sa réforme est bonne pour le pays. Les Français considèrent que la réforme qu'il s'appelle est un mètre en oeuvre. Toute profession confondue. Ce n'est pas uniquement les cheminots. Est-ce que les policiers iraient manifester si leurs conditions de travail étaient correctes ? Est-ce que les infirmiers descendraient dans la rue s'il n'y avait pas aujourd'hui pour eux le besoin de soigner par exemple des Français et des malades dans les couloirs des hôpitaux ?
Donc la situation elle est délétère partout. Et je dis effectivement que si le pays se retrouve dans une situation de blocage, alors c'est de la responsabilité du gouvernement et il faudra engager un référendum sur cette réforme des retraites, dont ma conviction est que les Français ne la souhaitent pas.
Un référendum on répond par oui ou par non, Jordan Bardella ? C'est quoi la question s'il y a un référendum sur cette réforme ? Souhaitez-vous cette réforme des retraites ? C'est un peu court par rapport à la complexité de cette réforme et de son contenu ?
Non parce que je pense que les Français ont parfaitement compris que l'objet de cette réforme était une fois de plus de faire des économies, était une fois de plus de travailler plus pour gagner moins. Il y a des rapports, des premiers rapports qui sont sortis qui n'émanent pas du Rassemblement National. Vous avez vu peut-être cette étude de l'Institut de la Protection Sociale qui nous dit que par exemple avec la réforme du gouvernement, une mère qui est seule perdrait en moyenne 9% de retraites. Et qu'une mère qui est seule avec deux enfants perdrait 17% de sa moyenne de retraite. Donc je crois que c'est extrêmement important.
Vous connaissez parfaitement aujourd'hui Jordan Bardella tous les détails de cette réforme, du passage du système par points, catégories par têtes, catégories ? On en connaît en tout cas les grandes lignes.
Le gouvernement entretient volontairement flou. Il était convenu que cette réforme soit faite avant les élections européennes. Ensuite on nous a dit qu'on va la faire après les élections européennes. Et désormais on nous dit qu'on va la faire après les élections municipales. Mais moi j'ai lu les rapports de M. Delvoix. Un texte doit être présenté au Conseil des ministres en janvier. Donc normalement on sera avant les municipales. Pardon mais j'ai lu le texte, les rapports en tout cas qui sont faits par M. Delvoix qui est haut commissaire en charge de la réforme des retraites. Et on entend en tout cas qu'il s'agirait évidemment de supprimer les régimes spéciaux.
Qu'il s'agirait probablement d'instaurer un âge pivot en dessous duquel, on parle de 64 ans en dessous duquel vous n'aurez pas une retraite à taux plein. Et en tout cas ce qu'on sait c'est qu'on va modifier...
L'âge pivot n'est plus du tout à l'ordre du jour.
En tout cas, en tout cas, j'en suis pas convaincu et les français non plus. En tout cas ce qui est certain c'est qu'on va modifier la structure même du système de retraite. Aujourd'hui votre retraite, il faut que les français le savent, et ils sont au courant les français, que votre retraite lorsque vous êtes fonctionnaire elle est calculée sur les 6 derniers mois. Lorsque vous êtes salarié du privé elle est calculée sur les 25 meilleures années. Mécaniquement, en calculant la retraite sur l'intégralité de la carrière comme le souhaite et comme le fera le gouvernement, alors la moyenne de votre retraite va baisser.
Donc encore une fois j'ai une analyse de bon sens sur cette réforme de retraite.
Vous êtes contre l'alignement de tous les régimes de retraite et donc des règles du secteur public sur celles du secteur privé. Je dis qu'il y a en tout cas des régimes spécifiques aujourd'hui dans le modèle de retraite qui se justifient. Vous évoquiez le calcul des retraites pour l'ensemble de la fonction publique. Oui mais je crois qu'il se justifie.
Je crois qu'il se justifie. Et est-ce qu'on imagine un marin pêcheur travaillé jusqu'à 65 ans ? Est-ce qu'on imagine un militaire travaillé jusqu'à 65 ans ? Donc il y a des régimes spécifiques qui peuvent se justifier. Je dis que le problème n'est pas là. Et je dis que dans le modèle actuel, qui contrairement à ce qu'on nous explique, ça ne va pas être la catastrophe de la catastrophe. J'ai lu le rapport du Conseil et de l'orientation des retraites qui nous dit que globalement le système de retraite sera stable en 2025 et il continuera d'être stable en 2050 à hauteur d'environ 14% du PIB. Donc je dis que le problème n'est pas là.
Et je dis que dans un système où les actifs et ceux qui travaillent financent la retraite de ceux qui ne travaillent pas, alors le problème de fond de notre système de retraite, c'est le chômage de masse. Et parce qu'on n'arrive pas à enrayer le chômage de masse dans notre pays, parce qu'on se refuse d'instaurer des mesures de bon sens sur l'emploi, alors évidemment on va les taper au portefeuille et on va les taper sur le système de retraite. Sauf que les Français aujourd'hui sont rincés et les Français n'en peuvent plus. On continue de parler de la réforme des retraites et de ces régimes spéciaux
que vous défendez ce matin sur France Info. Jordan Bardella, invité du 8h30 de France Info. 8h41, toute l'info, c'est avec Edouard Marguer.
Avec la grève contre la réforme des retraites, ce sera une journée noire de chez noire. Demain annonce sur France Info la Fédération Nationale des Usagers des Transports. Un TGV sur 10 circulera. Pareil pour les TER, les Intercités, les Transiliens. Pour les Ouigos, il faudra faire avec un train sur six. Ces journées de galère donc à la SNCF et dans les transports en commun en général, dans les grandes villes, à Paris, surtout où 11 lignes de métro seront fermées. Pour assurer un minimum de service, Jean-Baptiste Djebari annonce qu'une cinquantaine ou une soixantaine de cars Macron pourraient être mobilisés.
Le ministre de l'Intérieur Christophe Castaner se rend à Westhofen dans le Barin après la profanation du cimetière juif. Il y sera en fin de matinée. Le ministre dénonce des actes abjects et répugnants. Des croix gammées ont notamment été taguées sur 107 tombes. Les émissions de gaz carbonique continuent d'augmenter sur la planète qui se réchauffe plus 0,6% cette année pour ce gaz à effet de serre selon le Global Carbon Project. L'utilisation du charbon est pourtant en baisse mais elle est compensée par une hausse du recours au pétrole et au gaz naturel. Son magret de canard l'a rendu célèbre. Le chef étoilé André Daguin est mort à l'âge de 84 ans à Hoche, dans le Gers.
Il a aussi été le patron des restaurateurs dans les années 2000.
France Info. Et tout est plus clair.
L'eurodéputé Jordan Bardet, la vice-présidente du Rassemblement National, invité de France Info ce matin, on parlait des régimes spéciaux. Lesquels faudrait-il sauver ? Vous parliez des marins pêcheurs par exemple ou des militaires ? Lesquels ont grâce à vos yeux ?
Je dis que le problème n'est pas là. Et que tant qu'on considérera aujourd'hui que le problème de notre pays, c'est les régimes spéciaux et qu'il faut pointer du doigt tel ou tel... Je dis qu'il y a peut-être des régimes spéciaux sur lesquels il faut travailler, mais ce n'est pas le problème.
Il faut conserver ou pas les régimes spéciaux de la SNCF et de la RATP ?
Mais ils ont déjà été modifiés en l'occurrence.
Aujourd'hui, est-ce qu'il faut les toucher ? Est-ce qu'il faut les supprimer ou est-ce qu'il faut les conserver ?
Le coût de ces régimes spéciaux, c'est à peine 1% sur la totalité du système de retraite. Donc je dis que le problème n'est pas là. Et je veux dire, ne passons pas notre temps à parler de faux problèmes. On approche des fêtes de Noël. Et on vit dans un pays où, semaine après semaine, de plus en plus de professions descendent dans la rue. Moi, j'ai lu ce sondage, vous l'avez peut-être vu d'ailleurs, il faut pour Marianne qui est sortie il y a quelques semaines, qui nous dit que 71% des Français sont aujourd'hui résignés ou révoltés.
Et ils sont beaucoup plus nombreux à l'aide qu'ils ne l'étaient il y a un an, alors que des Français sont descendus avec un gilet jaune pendant des semaines et des semaines. Et on vit aussi dans un pays où vous avez des Français qui se suppriment de désespoir. Il y a encore un policier qui s'est suicidé hier dans la région de Bordeaux. Les agriculteurs qui sont descendus dans les rues il y a quelques jours, il y a 20% de nos agriculteurs qui vivent sans revenus, et il y a un agriculteur qui se suicide tous les jours. Mais vous dites que ce n'est pas le moment parce que le contexte social est trop tendu ?
Non, mais je dis qu'il y a aujourd'hui des services publics de première ligne auxquels il faut apporter immédiatement une réponse, et notamment une revalorisation salariale. Les policiers, les infirmiers, les professeurs sont aujourd'hui des professions qui sont en première ligne. Jean-Michel Blanquer, d'ailleurs, le ministre de l'Éducation nationale,
annonce ce matin qu'il n'y aura, selon lui, pas de baisse de pension pour les professeurs, puisqu'il y aura un système de prime qui sera mis en place d'après lui.
En tout cas, moi je vois aujourd'hui des policiers qui n'arrivent plus à boucler les fins de mois, et qui mettent pourtant au quotidien leur vie en danger pour protéger celle des autres. Un gardien de la paix, lorsqu'il commençait dans les années 80, gagnait presque deux fois le SMIC. Aujourd'hui, un gardien de la paix, c'est un peu moins de 1500 euros lorsqu'il démarre. Alors, soit on continue effectivement à jeter des jeunes qui commencent dans la police, qui commencent dans le milieu hospitalier, qui commencent dans l'enseignement d'auditoire extrêmement difficile, et on continue à les sous-payer, et à ce moment-là, ces professions ne seront pas suffisamment attractives.
Bien souvent, ils remplissent un rôle d'assistante sociale aujourd'hui dans beaucoup de territoires, dans beaucoup de quartiers, et je dis que tant qu'on ne donnera pas ce coup de pouce essentiel à ces services publics de première ligne, alors on ne s'en sortira pas.
Alors, Jordan Bardella, vous prenez donc à la fois l'augmentation des salaires de toutes ces catégories de fonctionnaires, vous l'évoquiez, vous l'évoquiez, les enseignants, les policiers, les infirmières, etc. Et vous prenez aussi dans votre programme le retour à la retraite à 60 ans, à taux plein, pour tous les Français. Comment est-ce que vous financez ? Comment est-ce que vous financez cette enceinte ? Pas exactement. Combien ça coûte ?
Prenons-nous une retraite à 40 annuités pleines. Alors, évidemment, si vous commencez à travailler à 25 ans, vous partirez à 65 ans. Mais on prône une retraite à 40 annuités pleines. 40 annuités, aujourd'hui c'est 42, demain ce sera davantage. Comment vous financez ma question ? Le problème, encore une fois, de notre système de protection des retraites, c'est l'emploi. Et tant qu'on ne relance pas l'emploi dans notre pays, alors on ne sauvera pas le système de retraite. Je pense qu'il y a des économies de bon sens à faire dans notre pays. Il y a un rapport parlementaire qui est sorti il y a quelques semaines, qui pointe les 45 milliards d'euros de fraude sociale.
Alors on pourrait par exemple, j'ai vu que la carte d'identité allait changer de format en 2021, on pourrait par exemple mettre en place la carte vitale biométrique, pour limiter les centaines, les dizaines de milliers de fausses cartes vitales qu'il y a dans notre pays, et lutter contre la faute. Voilà une source d'économie. Vous l'évaluez à combien cette source d'économie ? Je dis que c'est probablement plusieurs millions d'euros, puisque en tout cas le rapport sur la fraude sociale va jusqu'à 45 milliards d'euros. Ce n'est pas moi qui le dis, ce sont des sénateurs.
Non mais en tout cas, le problème c'est la fraude sociale et la carte vitale biométrique, c'est en tout cas l'une des solutions.
Mais quelques millions sur les 8 à 17 milliards d'euros de déficit pour le système des retraites qui est prévu d'ici 2025.
Il y a des économies à faire sur l'argent que nous donnons à l'Union Européenne chaque année. Moi je siège au sein d'un Parlement européen, au sein d'une institution européenne qui depuis des années maintenant impose l'austérité, impose de saigner à l'os un certain nombre de nos services publics, impose entre autres la libéralisation du rail, et donc par conséquent la fermeture d'un certain nombre de petites lignes notamment dans les campagnes, impose la libéralisation des services publics à commencer par celle de EDF. Je vous rappelle que grâce à la privatisation magique d'EDF qui a été imposée par les gouvernements successifs, l'électricité a pris 50% en 10 ans.
Et ce que je regarde c'est que nous donnons plus que nous ne recevons auprès de l'Union Européenne. Nous perdons chaque année 10 milliards d'euros cash. Donc je dis qu'il est temps de lutter contre la fraude, d'aller récupérer l'argent qu'on donne à l'Union Européenne chaque année, et d'aller faire des économies de bon sens. L'immigration par exemple, je sais que c'est un tabou. Non, il faut en tout cas réduire drastiquement la cotisation que nous donnons à l'Union Européenne chaque année, qui sert en grande partie à financer des normes d'autérité.
Vous pensez comme Emmanuel Macron que la règle des 3% du PIB sur les déficits publics est une règle d'un autre âge ? Oui, oui, je le crois. Il a raison Emmanuel Macron.
Je le crois parce qu'au nom du respect de cette sacro-sainte règle des 3%, on s'est nous-mêmes pris les pieds dans le tapis et imposé de saigner à l'os des services publics aussi essentiels que les hôpitaux, que la police, que les services régaliens et que les services publics de l'État. Autre source d'économie, l'immigration. Moi j'entendais l'autre jour, les hôpitaux de Paris, la PHP, qui est donc l'établissement qui gère les hôpitaux de Paris, nous expliquait que la moitié du déficit des hôpitaux de Paris, la moitié du déficit de la PHP, près de 200 millions d'euros, était liée à des soins de clandestins qui n'étaient pas remboursés.
Donc tant qu'on continuera effectivement d'avoir une politique extrêmement généreuse, avec des gens qui viennent de l'étranger sans forcément avoir cotisé, et bien effectivement ça nous coûtera beaucoup d'argent. Il ne faut pas soigner les sans-papiers malades ? Non mais les urgences, il faut évidemment les prendre en charge.
Les urgences, il faut évidemment les prendre en charge. Un sans-papier qui se présente aux urgences et qui a besoin d'être traité, est-ce qu'il faut le prendre en charge ou pas ?
Mais s'il est dans une situation d'urgence, bien sûr, mais vous savez aujourd'hui que le tourisme médical, ça existe ? Aux urgences ? Oui, probablement. C'est ce que disent les hôpitaux de Paris.
Si ces personnes ont des crises, des rouges, etc., vous n'avez pas peur que toutes ces maladies se propagent beaucoup plus vite si on arrête de les soigner ?
Vous savez, si on fait du cas par cas, on ne pense pas. Pour contester une politique, il faut la regarder dans son ensemble. C'est des maladies qui reviennent en France. Moi ce que je regarde, c'est que 41% des Français ont renoncé à se soigner l'an dernier, parce que les soins étaient beaucoup trop chers. Et je dis qu'on ne peut pas continuer d'avoir des soins beaucoup trop chers pour nos compatriotes quand on continue d'offrir les soins gratuits à des gens qui viennent de l'étranger. Parfois c'est vrai pour bénéficier de notre système de protection santé. Mais les urgences doivent évidemment être prises en charge.
Mais pardon, mais 1 milliard d'euros pour l'ensemble de la palette gratuite qui est offerte à des gens qui viennent ici de manière parfois illégale. Donc effectivement, la politique c'est du bon sens. Et je considère qu'en temps de crise, il faut effectivement réserver les moyens de l'État à nos compatriotes d'abord. Et puis il y a aussi beaucoup d'autres économies à faire dans les dépenses de l'État.
La Cour des comptes pointait il y a quelques années l'ensemble de ses comités théodules, c'est-à-dire l'ensemble des conseils représentatifs, l'ensemble d'organes annexes qui sont associés à l'État, qui coûtent énormément d'argent, ça peut aller jusqu'à 20 milliards d'euros par an, souvent pour recaser les copains. Donc je dis faisons les économies qui s'imposent, faisons des économies de bon sens avant d'aller taper les Français au portefeuille, avant d'aller augmenter les tarifs du gaz, avant d'aller augmenter les tarifs de l'électricité, et avant d'aller augmenter les tarifs des péages et des autoroutes. C'est en tout cas ce qui s'annonce par le gouvernement dès le début d'année 2020.
Jordan Bardella, vous restez avec nous, 8h05, en toute l'info, Edouard Marguier.
Les pensions de retraite des professeurs ne baisseront pas grâce à un système de primes. Jean-Michel Blanquer le promet dans Le Parisien aujourd'hui en France. Le ministre a aussi envoyé un courrier aux enseignants qui seront nombreux à faire grève demain. Le SNU-EPP, premier syndicat du primaire, annonce 70% de grévistes et 4 écoles sur 10 fermées. Pour assurer un minimum de transport en Ile-de-France, une cinquantaine ou une soixantaine de cars Macron pourraient être mobilisés dès demain. C'est ce qu'annonce le secrétaire d'État en charge de la question.
Les gendarmes seront tenaces pour mener l'enquête sur la profanation du cimetière juif de Vestofen, dit le préfet du Barin, qui condamne ces inscriptions odieuses. 107 tombes ont été recouvertes de croix gammées et du chiffre suprémaciste blanc. Avertissement pendant la COP25, la conférence sur le climat à Madrid. Les émissions de CO2 dans le monde vont augmenter de 0,6%. Cette année, c'est le Global Carbon Project qui publie ses prévisions. La transition énergétique ne se fait pas assez rapidement, selon les chercheurs. Marseille, solide 2e de la Ligue 1 de football. L'OM s'impose 2-0 à Angers. Lyon s'est incliné à domicile. 1-0 contre l'Ile.
France Info. Et tout est plus clair.
Jordan Bardella, eurodéputé, vice-président du Rassemblement National, invité du 8.30 de France Info ce matin. Jordan Bardella, un cimetière juif, a été profané hier en Alsace, dans le village de Vestofen. 107 tombes recouvertes de croix gammées. C'est dans ce cimetière que sont enterrés des membres de la famille de Jean-Louis Debré, l'ancien président du Conseil constitutionnel. Il a fait part de son émotion sur France Info.
Comment est-ce qu'aujourd'hui on peut décider des croix gammées sur des tombes ? Comment est-ce qu'on peut ignorer le passé ? Comment est-ce qu'on peut souhaiter, entre guillemets, le retour à cette époque où les juifs étaient exterminés ? Ce qui s'est passé a été pour moi un coup de poignard. Et j'ai honte. Et j'ai vraiment envie de pleurer.
Jean-Louis Debré, ancien président du Conseil constitutionnel, qui a envie de pleurer après cette profanation d'un cimetière en Alsace. Jordan Bardella. Il y a un regain de l'antisémitisme en France, vous aussi, ça vous émeut ?
Manifestement, oui, il y a un regain de l'antisémitisme en France depuis maintenant quelques années. Ça donne envie de pleurer, ce genre d'image ? Oui, bien sûr, bien sûr. Mais vous savez, moi j'ai grandi en Seine-Saint-Denis, dans une cité de Saint-Denis. Et j'ai vu, moi, beaucoup de nos compatriotes de confession juive partir de ces quartiers parce qu'ils n'y s'y sentent plus en sécurité. Et je crois que l'État a un devoir vis-à-vis de nos compatriotes juives, mais d'ailleurs vis-à-vis de tous les Français, qui est de les protéger. Or, l'État est absolument défaillant dans toutes ses missions.
Donc cette profanation, c'est aussi une faillite de l'État ?
Oui, parce qu'il y a évidemment ce malaise social et cette crise sociale dont nous sommes solidaires, mais il y a évidemment un ensauvagement de la société que nous pointons du doigt depuis des années. Et nous le disons d'ailleurs bien seuls, bien seuls, que le premier danger aujourd'hui pour nos compatriotes de confession juive qui sont obligés de fuir un certain nombre de quartiers, c'est la montée du fondamentalisme islamiste. Là, manifestement, ce ne sont pas des fondamentalistes islamistes.
Ce sont des suprémacistes blancs, d'après les inscriptions.
Vous êtes très bien, mais je n'ai aucune forme de tolérance que ce soit des suprémacistes ou que ce soit des fondamentalistes islamistes. Je vous dis qu'en tout cas, s'il y a un danger aujourd'hui à l'égard de nos compatriotes juifs, il est bien le fait de la montée d'un islam politique qui les pousse à fuir un certain nombre de la société.
Et là, encore une fois, on parle bien de droits gammés dans un cimetière.
Oui, bien sûr, je les condamne et je n'ai aucune forme de tolérance avec quelque violence qui soit de toute manière.
Même si cet anti-séutisme vient éventuellement de l'extrême droite, ça existe aussi. C'est-à-dire que vous me liez... Non, mais c'est juste pour comprendre. Vous voyez un lien dans la question de votre avis ?
Je ne sais pas, je sens une question un peu subliminale. Non, non, elle est liée à la profanation du cimetière de Westhofen. Alors, je le redis, comme ça, il n'y aura aucun souci de votre côté. Je n'ai aucune forme de tolérance avec ce genre d'acte, avec ce genre de violence. Mais je ne sais pas quel est le subliminal de votre question.
Il n'y a pas de subliminal, c'est juste que là, manifestement, c'est une action de l'extrême droite. Comment faire donc pour lutter contre ce regard d'antisémitisme qui vient aussi de l'extrême droite ?
En tout cas, et je condamne absolument toutes les formes de violence et toutes les formes d'antisémitisme. Il faut que l'État fasse preuve de la sévérité la plus totale avec les gens qui commettent ce type d'actes. Donc envers les groupes suprémacistes blancs. Il y a aussi eu beaucoup d'actes, en tout cas anti-chrétiens, dans notre pays l'an dernier. Ils ont dépassé les mille faits recensés. Et effectivement, je constate que l'État ne fait pas grand-chose et que l'État qui faillit sur les questions sociales a aussi failli dans la première de ses missions, qui est celle d'assurer la sécurité de ses concitoyens. Parce que moi, je considère que la sécurité, c'est la première des libertés.
Maintenant, oui, ce qui menace aujourd'hui les Juifs en France, c'est le fondamentalisme islamiste.
Précisément, pour conforter cette frange de la communauté juive qui se sent menacée aujourd'hui en France, il y a un député de la majorité, Sylvain Maillard, hier, qui a présenté une résolution visant à assimiler l'antisionisme à l'antisémitisme, en reprenant une définition internationale, de certains organismes justement, sur cette notion d'antisionisme qui serait un paravent de l'antisémitisme. Marine Le Pen, elle s'est inquiétée d'un texte qui vise à menacer la liberté d'expression.
Oui, parce qu'il y a une... Je pense qu'il faut être extrêmement vigilant avec ces sujets. Je partage le point de vue d'une centaine d'intellectuels juifs qui ont publié une tribune dans Le Monde qui s'inquiètent effectivement... Si vous aviez été député hier à Paris, en France, vous auriez voté contre ce texte. La liberté d'expression, je pense que je me serais abstenu parce que je pense que la rédaction de ce texte est assez dangereuse. Il ne faut pas, si vous voulez, évidemment que derrière l'antisionisme se cache un certain nombre d'antisémites, à commencer par beaucoup de gens qui se situent à l'extrême gauche notamment.
Maintenant, il ne faut pas non plus empêcher, en tout cas en France, la critique de la politique de l'État d'Israël. Parce que la politique de l'État d'Israël doit pouvoir être critiquée. Ça ne veut pas dire qu'on est antisémite, ça veut dire qu'on a des critiques à l'égard d'une politique qu'on peut considérer effectivement comme offensive sous certains points. Maintenant, effectivement, eu égard à la liberté d'expression, je me joins moi à l'appel d'une centaine d'intellectuels juifs qui ont publié une tribune qui émettent des critiques... Je ne peux peut-être pas voter contre, je me serai en tout cas abstenu et je me serai joint effectivement à leur problème.
Depuis sa prison, Patrick Balkany annonce qu'il se présente au municipal à Levallois-Péret. Ça vous fait rire ? J'allais vous demander si ça vous choque. En tout cas, ça vous fait rire ?
Parce que c'est une histoire un petit peu sans fin. Moi, je pense que Patrick Balkany doit évidemment payer pour la fraude fiscale.
Il a été condamné en première instance pour fraude fiscale, pour blanchiment aggravé, mais il a fait appel. Donc le procès en appel pour fraude fiscale commence lundi et celui pour blanchiment aggravé aura lieu en février. Voilà, tout à fait.
Écoutez, s'il peut se présenter aux élections, je pense qu'il le fera. Si la justice lui en empêche, alors il ne le fera pas. Mais en tout cas, je n'habite pas à Levallois, mais c'est aux habitants de Levallois de trancher. Je suis assez respectueux de la démocratie et je considère que d'ailleurs, en démocratie, le seul juge, c'est le peuple.
Mais il est très soutenu, Patrick Balkany.
Il est soutenu dans sa ville. Maintenant, au-delà, beaucoup s'indignent effectivement du comportement qui a été le sien et on ne peut pas évidemment avoir, on ne peut pas si vous voulez, faire preuve de tolérance zéro avec l'insécurité au quotidien et faire preuve de laxisme avec cette foro de fiscal et cette délinquance fiscale qui, je crois, mine aussi l'image que beaucoup de Français ont de la politique. Et en tout cas, moi, ce n'est pas ma conception.
Une dernière question, Jordan Bardel. Est-ce que vous serez candidat au régional en 2021 ?
Je ne sais pas. Je n'ai pas pris ma décision. C'est probable. En tout cas, ma décision n'est pas prise. On parle de vous
pour conduire une liste peut-être en Ile-de-France.
La décision n'est pas prise et je vous ferai savoir ma décision dans les prochains mois. En tout cas, je suis concentré sur la campagne municipale et j'espère que nous aurons, nous remporterons un certain nombre de mairies au mois de mars parce que notre bilan, en tout cas, il est très bon et partout, les Français nous ont fait confiance. Nos scores explosent. Ce qui veut dire nous essayer, c'est nous adopter.
Vice-président du Rassemblement National, Jordan Bardella, eurodéputé. Merci d'avoir été l'invité de France Info ce matin. Et l'info politique, n'oubliez pas, c'est aussi un podcast original sur France Info. Paris, la bataille, le feuilleton des municipales. Un nouvel épisode tous les vendredis. Un podcast à écouter sur franceinfo.fr, disponible aussi sur l'application Radio France. Sous-titrage ST' 501
Jordan Bardella