Laurent Jacobelli : "la Macronie s'agrippe à ses postes et ses sièges, sans vouloir écouter la voix du peuple"
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Transinter, Amélie Perrier, le 6-9.
Une élection au bout du suspense, trois tours, des alliances incertaines. Et voilà la macroniste Yael Brown-Pivé, présidente de la précédente Assemblée nationale, qui garde son perchoir. Les oppositions crient au scandale. Bonjour Laurent Jacobelli. Bonjour. Vous venez d'être élu député de Moselle pour le Rassemblement national, également porte-parole du parti de Marine Le Pen. Après le second tour des législatives, c'est une nouvelle déception pour vous ?
Oui, bien sûr, les Français ont été très clairs, je crois, pour les Européennes et pour les deux tours des législatives. Ils ne veulent plus d'Emmanuel Macron. Et pourtant, qui est président de la République ? Emmanuel Macron, qui est toujours Premier ministre, Gabrielle Attal, et qui est présidente de l'Assemblée nationale, Yael Brown-Pivé. On a un peu l'impression que ce que disent les Français n'est pas entendu au plus haut lieu et que la macronie s'agrippe à ses postes, s'agrippe à ses sièges, sans vouloir écouter la voix du peuple. C'est, je l'avoue, assez inquiétant. C'est aussi le résultat des magouilles d'entre-deux-tours. Vous parlez de magouilles ?
Ah oui, clairement, quand la macronie appelle à voter pour LFI, que LFI laisse passer M. Darmanin, que ceux qui étaient contre la retraite à 64 ans font élire Mme Borne, c'est une espèce de gloubile-boulga politique et institutionnelle auquel on ne comprend plus rien, qui rebat les cartes, mais de façon complètement aléatoire, voire discriminatoire pour certains partis. Et on en arrive là. On en arrive là. Par les trahisons, par les négociations honteuses de certains, on en arrive là.
Après, on savait que personne n'avait la majorité absolue dans cette Assemblée nationale. Il fallait des compromis, il fallait des alliances.
Oui. C'est le jeu. Vous avez raison. S'allier, ce n'est pas quelque chose d'onteux en soi. Vendre son âme, c'est un peu plus suspect. Quand je vois le parti, le groupe de M. Wauquiez, qui est arrivé en faisant le fort à bras, et qui a dit « je serai dans l'opposition, je serai déterminé, etc. » et qui, au bout d'une demi-heure, vendait ses électeurs pour quelques postes de vice-président et de caisseurs, et bien, ça laisse pantois. Et je crois que, clairement, aujourd'hui, tout le monde peut le constater, la seule force droite dans ses bottes, claire, sereine, permanente, fière de ses valeurs et qui les tient, c'est le Rassemblement National.
Vous, vous avez fait alliance avec Éric Ciotti, par exemple, à droite.
Avant, mais on l'a fait avant, en étant très clair. Tout le monde savait, en allant voter pour un candidat soutenu par Éric Ciotti, ou soutenu par Jordan Bardella et Marine Le Pen, pour qui il votait et quelles étaient les alliances. Ce ne sont pas des alliances d'arrière-cuisine, ce ne sont pas des petites tractations honteuses, ce ne sont pas des mensonges aux électeurs. La trahison des Républicains, ou ce qu'il en reste hier, est, je crois, assez flagrante.
Et moi, d'ailleurs, je profite de votre antenne pour dire à tous ceux qui sont réellement de droite, tous ceux qui veulent vraiment soutenir un mouvement patriote, de nous rejoindre, parce que, clairement, Laurent Wauquiez a fait le choix de la Macronie.
Alors, on a lu, quand même, ces derniers jours, que Yael Brunpivet discutait avec vous, avec l'ERN, avec Sébastien Chenu, justement, peut-être, pour sauver son poste au perchoir, peut-être en négociant des postes de vice-président.
Oui, mais vous savez, plutôt que les bruits de couloir, il faut regarder la réalité.
Vous n'avez pas discuté avec Yael Brunpivet ?
Pas de négociation. Nous, vous savez, on parle à tout le monde, on est poli. Nous, on ne refuse pas de serrer la main à quelqu'un parce qu'il ne pense pas comme nu. Ça, on le laisse à la France insoumise, à son impolitesse et à son étroitesse d'esprit.
Donc, vous avez discuté avec Yael Brunpivet ?
Non, non, mais pas de négociation. D'ailleurs, regardez hier Sébastien Chenu, qui était notre candidat, et j'aurais vraiment aimé qu'il soit président de l'Assemblée nationale, il aurait été un très bon président. Il s'est maintenu pendant les trois tours, ce qui montre bien que jusqu'au bout, nous avons défendu nos électeurs, envers et contre tout, et loin des tripatouillages auxquels les autres se sont versés. Non, je crois que nous avons gardé la tête haute et je crois qu'on peut en être fiers.
Alors, Sébastien Chenu, il a obtenu au troisième tour 141 voix. Il en avait eu 143, les deux tours avant. Elles sont parties où, les deux voix, là ?
Alors, écoutez, je n'en sais strictement rien, mais enfin, grosso modo, il a gardé quand même l'entièreté de ses voix dans un climat très compliqué. Vous savez, on avait le choix entre maintenir ceux qui ont amené la France dans le mur avec Yaël Brunpivet, soit faire élire un communiste, ce qui aurait fait de nous un des trois pays au monde où l'Assemblée était communiste avec la Corée du Nord et Cuba. Donc, honnêtement, c'est compliqué.
Vous avez préféré ne pas choisir, en fait ?
Ah ben si, on a choisi. On a choisi Sébastien Chenu.
Mais vous n'aviez aucune chance, puisque vous étiez loin quand même avec 143 députés.
Est-ce une raison pour trahir nos électeurs ? Est-ce une raison pour trahir nos idées ? Est-ce que nous voulons continuer avec la Macronie comme depuis 7 ans ? Est-ce qu'on veut continuer la faillite de la France, l'insécurité, l'immigration, la baisse du pouvoir d'achat ? Bien sûr que non. Est-ce qu'on veut travailler avec les communistes, avec la France insoumise, ces gens qui peuvent sombrer dans la violence du jour au lendemain, qui appellent à l'insurrection, quand le résultat des urnes ne les satisfait pas ? Évidemment, non. Donc nous, nous avons maintenu le cap, maintenu sur notre programme, et maintenu nos valeurs. La démocratie, la République, le respect des institutions.
Est-ce qu'il n'y a pas quand même un refus d'obstacle ? Parce qu'on le voit, le vote RN a pris beaucoup d'ampleur. Vous êtes le premier parti de France en nombre de voix aux législatives. Vous avez eu plus de 9 millions de voix au premier tour. 10 millions au deuxième tour, même. Vous êtes le premier parti, mais vous n'y arrivez pas. Il y a encore ce plafond de verre.
Non, mais ce n'est pas un plafond de verre. Vous savez, on était seul contre le parti unique. Seul contre 10 partis qui s'alliaient contre nous. Une espèce d'alliance improbable qui allait du nouveau parti anticapitaliste dont le patron est poursuivi pour apologie du terrorisme à des proches de Gérald Darmanin. Si vous voulez, face à tout cela, avoir 143 députés, avoir 11 millions d'électeurs et 37% des voix, c'est magistral, c'est historique. Après, on peut s'interroger. Comment se fait-il que dans notre système, quand on est le premier parti de France, quand on a autant d'électeurs, on se retrouve écarté des postes à responsabilité ?
Là, il y a une question, un enjeu républicain, un enjeu démocratique. Et ça mérite qu'on s'y attarde.
Vous demandez une réforme des institutions aujourd'hui ? C'est le système qui fonctionne mal ?
Clairement, Emmanuel Macron a amené nos institutions et notre République dans le chaos. Il a rendu notre pays ingouvernable à dessein, à dessein, pour maintenir ce qu'il lui reste de pouvoir. Je pense que ça pose aussi la question de la proportionnelle à l'Assemblée nationale. Parce qu'on voit bien que le scrutin majoritaire à deux tours était fait pour éviter les alliances improbables, les incertitudes, le chaos dans l'Assemblée. Or, ça ne l'évite pas. Donc, autant que chaque Français soit représenté à due proportion de son poids dans l'électorat. Et ça, ce serait normal. Donc oui, bien sûr, il va falloir qu'on s'y penche.
Mais nous, vous savez, on est attachés à la Ve République, attachés à nos institutions. Et c'est toujours assez malheureux de voir un président de la République qui joue avec les zones grises de cette Constitution pour se maintenir coûte que coûte au pouvoir. Il y a un côté fin de règne assez calamiteux.
Est-ce que les macronistes, justement, ne sont pas plus malins que vous en se servant mieux des institutions, mieux du droit, aujourd'hui ?
On peut appeler ça...
Et ils arrivent
à se maintenir au pouvoir. Oui, on peut appeler ça malin, on peut appeler ça malhonnête aussi, intellectuellement. Faire alliance avec les pires élus de la République, des gens violents, des gens fichés, des gens homophobes, des gens proches des islamistes ou des gens antisémites pour se faire élire et puis après dire qu'ils sont infréquentables, c'est, en termes de morale, à ses limites. Voilà. Moi, je crois à la morale en politique, je crois à l'éthique en politique, je crois à la politesse en politique et c'est comme ça que nos 143 députés comptent se comporter. Si d'autres sont sans foi ni loi, je pense qu'il faudra qu'ils l'assument devant les électeurs.
Alors, les négociations se poursuivent à l'Assemblée nationale. Aujourd'hui, demain, on va répartir des postes très importants. Là aussi, qu'est-ce que vous réclamez ?
Vous saviez, lors de la mandature précédente, nous étions 88 députés et nous avions deux vice-présidents. Je ne vois pas comment avec 143 députés, je compte dedans nos alliés proches d'Éric Ciotti, nous aurions moins que deux vice-présidents.
Il y a six vice-présidents, vous en voulez encore deux ?
Non, mais je pense qu'on peut avoir au moins deux vice-présidents et des postes à la question. L'idée, ce n'est pas de réclamer des postes. Je pense qu'il faut être clair, c'est simplement que les électeurs qui ont voté Rassemblement national ou qui ont voté pour la droite d'Éric Ciotti se retrouvent représentés simplement à l'Assemblée nationale qui est la maison du peuple, qui est la maison commune. Comment certains peuvent décréter que nous ne pouvons pas y avoir de représentants ? Comment certains peuvent redélimiter les frontières de la démocratie en s'incluant dedans et en excluant les oppositions ?
Vous savez, les régimes qui, à chaque fois, ont créé le parti unique et décidés que ceux qui n'étaient pas dans le parti unique étaient une opposition irrespectable, ça a toujours mal fini. Donc nous, on tient notre démocratie à nos libertés.
Alors justement, Yael Broun-Pivet, votre meilleure avocate, elle a dit qu'elle trouvait sain que chaque groupe politique, quel qu'il soit, puisse être représenté au bureau. C'est une alliée, donc, dans cette histoire et dans les négociations
donc on verra bien cet après-midi si lorsque nous présentons à la candidature de la vice-présidente Hélène Laporte et Sébastien Chenucchi ont fait leur preuve, dont tout le monde a dit qu'ils étaient compétents, dont tout le monde a dit qu'ils étaient neutres lorsqu'ils étaient au perchoir, eh bien nous verrons bien si la majorité actuelle fait en sorte que nous puissions y arriver ou si au contraire elle participe à ce « barrage » entre guillemets. Je ne vois pas d'ailleurs comment on peut faire barrage à la volonté populaire dans une démocratie, mais en tout cas, c'est ce qu'ils disent et on verra bien.
Des actes maintenant, et aucun membre élu à la question, eh bien ça posera une vraie question démocratique et il faudra que ceux qui ont empêché 11 millions de Français d'avoir leur voix à l'Assemblée nationale nous expliquent comment se sont eux les Républicains. Moi vous voyez, je crois que ce blind test, ce crash test en direct montre bien qui est républicain et qui ne l'est pas et je crois que le Rassemblement national est républicain de A à Z. Je ne suis pas sûr des autres groupes.
La Commission des finances, elle est pour vous ou elle est pour le nouveau Front populaire ?
Elle devrait être pour nous. Nous sommes le premier groupe de l'Assemblée nationale et très largement parmi les 11 ou 12 groupes qui sont là.
Vous ne considérez pas le nouveau Front populaire comme un groupe ?
Mais ce n'est pas un groupe. Enfin, quand j'entends Mme Chikirou dire que les socialistes sont des punaises de lit quand je les vois se créper le chignon pour le moindre poste ou la moindre idée, quand je vois que certains s'arc-boutent sur le SMIC à 1 600 euros et que d'autres disent que c'est une fantaisie, je ne vois pas comment ces gens-là peuvent se réclamer bloc unitaire. Nous, nous le sommes. Voilà, on pense la même chose, on a les mêmes valeurs, on est solidaires les uns avec les autres. Mon petit doigt m'a dit que l'alliance contre-nature de M. Wauquiez avec la Macronie avait mis dans la balance ce poste-là.
On verra bien, on verra bien s'il y a eu des négociations d'arrière-cuisine ou pas cet après-midi.
Laurent Jacobelli, porte-parole du Rassemblement National. On va aller au standard tout de suite puisque David nous a appelé. Bonjour David. Oui, bonjour. Allez-y, posez votre question.
Oui, voilà, c'est une question, remarque. Moi, je voulais demander à M. Jacobelli en remarquant que, s'il a conscience que le RN finalement n'est pas le meilleur allié de la Macronie puisque en volant en fait les thématiques sociales qui sont issues de la gauche et en soutenant une politique économique qui est la même que la Macronie ou que la droite, c'est-à-dire le capitalisme, le néolibéralisme, eh bien, forcément, il se trouve que on se retrouve avec les mêmes et le Front National qui dénonce une... enfin, le RN qui dénonce une supercherie fait partie complètement de la supercherie.
Alors, je signale quand même qu'effectivement, ils ne sont pas les seuls responsables parce que le Parti Socialiste historiquement, depuis 1983, a joué ce jeu de faire monter le FN et donc maintenant le RN. Donc, c'est parfaitement un parti de système qui entretient le système et qui est soutenu aussi par les médias de système et même aussi
par les médias de système. Laurent Jacobelli va vous répondre, David. Laurent Jacobelli vous répond.
Bonjour David, merci pour votre analyse. Alors, j'ai quelques points de désaccord mais je pense que ça ne vous surprendra pas. Vous dites que nous avons volé, entre guillemets, les thèmes sociaux à la gauche. D'abord, je pense qu'aucun thème n'appartient à personne et moi, je suis plutôt heureux, je viens du gaullisme social, que les thèmes sociaux soient pris et préemptés par tous les partis. Vous savez, je viens d'une région, d'un département, la Moselle, où nos entreprises de sidérurgie notamment ont fermé, nos mines ont fermé principalement à cause de la gauche.
Vous voyez, cette gauche sociale qui, au moment où il a fallu abandonner les ouvriers et les salariés pour la mondialisation, a lâché nos travailleurs. Je crois que la gauche, aujourd'hui, s'occupe de certains quartiers, c'est vrai, s'occupe du communautarisme et a lâché les ouvriers. Ceux qui font la sortie d'usine, ceux qui parlent aux salariés, aujourd'hui, dans le département de la Moselle et dans la région Lorraine en général, mais partout d'ailleurs, c'est nous, c'est le Rassemblement National. Donc, vous savez, c'est compliqué de vouloir préempter un thème et de ne pas s'en occuper. C'est, je crois, la faute majeure de la gauche.
Nous, nous assumons notre côté social mais aussi notre côté ferme sur le régalien. Vous parlez d'alliance ou vous parlez de, comment dirais-je, de connivence. Nous, on le dit, on joue le jeu des institutions, on accepte le verdict des urnes quand il est bon ou quand il n'est pas bon. En revanche, vous aurez remarqué, en regardant ce qui s'est passé à l'Assemblée Nationale, que nous n'avons pas fait d'alliance contre nature. Ni, bien sûr, avec le nouveau Front Populaire, ça paraît une évidence mais je préfère le dire, ni même avec la Macronie. Nous, nous avons été clairs, nous avons maintenu notre candidat.
D'autres ont choisi une autre politique, celle de la négociation improbable, celle de la trahison de leurs électeurs. Ce n'est pas notre cas. Alors après, on ne peut pas être d'accord avec notre programme. J'ai l'impression que c'est votre cas et ça se respecte, ça s'appelle la démocratie. En revanche, vous ne pouvez pas nous reprocher de changer d'idée comme de chemise et de changer d'allié en permanence. Nous ne sommes pas dans cette logique-là, quitte parfois à le payer. C'est vrai que c'est aussi pour ça que nous n'avons pas la majorité absolue, mais nous l'assumons.
Laurent Jacobelli, il y a également ce message de Maxime sur l'appli France Inter. J'aimerais savoir ce que M. Jacobelli pense du fait que 54% des électeurs du RN assument d'être racistes d'après le dernier rapport de la CNCDH paru il y a quelques semaines.
Je crois que c'est faux. Je pense qu'on dit en permanence que vouloir la priorité nationale, comme nous le proposons, c'est raciste. Beaucoup de médias expliquent que vouloir contrôler l'immigration, c'est raciste. Et donc, en changeant la définition du mot raciste, on en change aussi, j'allais dire, ceux qui pensent y appartenir ou pas. Je pense que si on prend la définition même du racisme, c'est-à-dire imaginer une hiérarchie des races, entre guillemets, imaginer que certains sont supérieurs à d'autres, imaginer que, eh bien évidemment, aucun de nos électeurs, je le crois en tout cas, n'est raciste. Donc, une fois encore, il faut bien définir les mots.
Alors, vous avez votre député quand même, Christophe Bentz, député élu en Haute-Marne, qui a dit distinguer les races, « C'est un travail de bon sens, accessible à tous et nécessaire à certains débats. »
Ça, c'est pas raciste ? J'en ai parlé avec lui. Il n'a pas tenu ses propos et il attaque, d'ailleurs, je crois, en diffamation ceux qui ont déformé certaines de ses paroles. Pour le connaître un peu, d'ailleurs, pour avoir siégé à ses côtés, je crois évidemment qu'il n'a pas prononcé ses mots. Maintenant, je vois bien... Et Florence Joubert,
en Dordogne, qui dit, elle déclare que « La carte d'identité d'un arabe n'est qu'un vulgaire chiffon, un ticket universel de rationnement. »
Alors, on va être très clair. Il y a, on en a compté une dizaine, peut-être une quinzaine, de candidats qui ont tenu des propos qui ne correspondent pas ni à notre programme, ni à notre...
Ce sont des députés élus, qui vont siéger à l'Assemblée nationale.
Je vais répondre. Je vous en prie, monsieur Joubert. Parce que sinon, on peut faire la liste, il y en a 15. Oui, je sais bien, je sais bien, et je sais bien que vous vous régaleriez à le faire. Mais nous, on est très clair, et Jordan Bardella, et je l'en remercie, a une position franche, nette et rapide. Quand quelqu'un a tenu ou est supposé avoir tenu ce type de propos, il est convoqué dans ce qu'on appelle, nous, en interne, la commission des conflits. Il a le droit de se défendre parce que parfois, des propos sont tronqués, parfois, etc. Donc nous, on veut évidemment faire les choses dans les règles.
Et s'il s'avère que des propos racistes, homophobes, ce que vous voulez, qui ne sont contraires à notre philosophie et qui sont contraires à notre programme et à nos valeurs, eh bien, les personnes seront exclues. Je ne peux pas être plus clair. Moi, ce que j'aimerais... Le problème,
c'est que Jordan Bardella, il parle de quelques brebis galeuses. Effectivement, on a fait une liste, il y en a plusieurs dizaines,
en fait. Certains journaux ont fait des listes. Par exemple, il y a un nom, je l'ai oublié, où la personne rappelait notre programme de priorité nationale. Le journaliste qui analysait ça disait la priorité nationale, c'est raciste et donc le député est raciste. Non. Voilà. Ça, c'est faux. C'est une espèce d'itération à peu près improbable. En revanche, les propos que vous venez de dire ou d'autres propos qui nous paraissent c'est effectivement injustifiable, nous allons regarder dans le détail et nous prendrons toutes les mesures. Moi, j'aimerais, j'aimerais que tous les partis politiques aient la même exigence.
J'aimerais, par exemple, qu'il n'y ait pas à l'Assemblée nationale un député fiché S, leader d'un groupe ultra-violent dont certains des membres ont tabassé un jeune parce qu'il était juif. J'aimerais qu'il n'y ait pas ces gens-là.
Vous avez trois députés qui ont appartenu à la cocarde étudiante et qui ont participé à des actions violentes avec des groupes d'ultra-droite,
par exemple. Manon Bouquin,
Gaëtan Dussaucet, Aurélien López-Ligori.
Comment peut-on dire que Gaëtan Dussaucet a participé à des actions violentes
à la cocarde étudiante ? Je ne sais pas
s'ils ont appartenu ou pas mais c'est un syndicat étudiant, excusez-moi, mais je crois tout à fait calme. Il est de droite patriote, ce syndicat, mais ce n'est pas grave, ce n'est pas un crime en France, même à France Inter, je pense. Donc, non, il ne faut pas faire des amalgames improbables. Voilà. Il y a des gens qui se sont mal comportés et on l'assume. Voilà, je ne peux pas vous dire mieux.
Ce n'est pas l'explication de votre plafond de verre, justement, c'est que vous avez un personnel politique qui n'est pas encore assez formé, qui n'est pas encore assez solide et qui a quand même pas mal de casseroles.
D'abord, nous sommes plus sous l'œil du microscope que les autres et je vais vous dire tant mieux et j'ai envie de vous remercier d'ailleurs parce que ça nous force à être plus exigeants, ça nous force à être meilleurs et nous le devons à nos électeurs qui nous voient en nous un espoir et le futur parti de gouvernement. Mais moi, je vous le dis, ce que vous avez appelé ou ce que Jordan Bardella a appelé des brebis galeuses, il y en a malheureusement dans tous les partis. C'est la vie, c'est la nature humaine. Quand vous avez plus de 100 personnes dans une organisation, il est impossible que tout le monde soit parfait.
C'est comment cette organisation réagit lorsqu'il y a quelqu'un qui est détecté. Eh bien moi, je suis fier, je vous le dis, de faire partie d'un mouvement qui n'accepte pas les écarts de langage ou les écarts d'attitude et j'aimerais, je le répète, que tout le monde ait la même éthique et j'aimerais bien qu'on scrute tous les députés de la France insoumise et qu'il y ait la même exigence envers eux. Je crois qu'il n'en resterait pas beaucoup.
Laurent Jacobelli, on retourne tout de suite au standard pour entendre la question de Virgile. Bonjour Virgile. Bonjour Madame, bonjour Monsieur Jacobelli. Bonjour. Une question toute simple sur le changement de constitution. S'il pouvait être voté qui est un projet de la gauche pour passer à la proportionnelle pour ce type d'élection, est-ce que vous venteriez pour ou contre comme l'augmentation des salaires notamment ?
Alors il y a deux choses, il y a changement de constitution et changement de mode de scrutin. Sur le changement de mode de scrutin, oui, nous défendons la proportionnelle intégrale depuis longtemps parce que nous, nous pensons que le peuple doit être représenté intégralement et dans la diversité de ses opinions à l'Assemblée nationale. Donc sur ce point-là, je vous rejoins. Nous, nous pensons que la constitution de la Vème République, elle peut tenir le coup avec ce changement de mode de scrutin. Nous pensons qu'elle est un bon rempart aux dérives autoritaires, elle est un bon rempart aussi au fait qu'on n'écoute pas le peuple et donc nous, on y tient à cette Vème République.
Elle doit être amendée de la manière dont je viens de le dire. On croit moins à la VIème République de Jean-Luc Mélenchon si c'est ce qui est en filigrane de votre question parce qu'on voit bien les débordements de la France insoumise, on voit bien les tentatives, les tentations autoritaires et ça ferait peur de les suivre dans la définition d'une nouvelle République. Vous savez, quand je lis M. Adrien Quatennens qui dit qu'il n'est pas satisfait du résultat des urnes et des nominations et qu'il faut marcher vers Matignon, ça glace le sang. Et donc, évidemment, on ne veut pas aller dans ces dérives.
Nous, on tient à nos institutions, on tient à la République, on tient à la démocratie qui sont des valeurs cardinales auxquelles ils ne font évidemment pas renoncer.
On a cette question de Francis également sur l'appli. Il demande comment des ministres ont pu voter à l'Assemblée pour le perchoir hier. Il leur est interdit de voter en tant que débuté. Alors, pourquoi ne portez-vous pas plainte devant le Conseil constitutionnel ? Il y a un débat constitutionnel sur ces 17 ministres qui étaient également élus députés et qui ont pris part au vote hier. 17 ministres. Yalbrun Pivet a été élu avec 13 voix d'avance.
Oui, il y a un débat. D'abord, il y a une jurisprudence. Ce n'est pas la première fois que ça arrive. Si j'ai bien compté, ça fait 7 fois que ça arrive. Vous me direz, ce n'est pas parce qu'on a une mauvaise habitude qu'il faut continuer et que ça devient une règle. Mais vous savez, pour être très honnête, ça n'aurait rien changé puisque ce sont leurs suppléants qui auraient voté et il y a fort à parier qu'ils auraient voté la même chose. Par contre, ça pose une vraie question, vous avez raison, sur la confusion des pouvoirs.
Ça pose une vraie question sur le fait que la Macronie semble avoir beaucoup de mal à lâcher le pouvoir, à s'y tenir comme une moule à son rocher et c'est un peu inquiétant parce que le signal qui a été envoyé, c'est Macron, non merci. Ça a été envoyé 3 fois, 2 fois au législatif comme signalé une fois aux européennes où je le rappelle, nous sommes arrivés largement en tête avec Jordan Bardella. On a fait le double de voix de la Macronie. Donc évidemment, ça laisse une impression de déni démocratique mais pour être très concret et rassurer votre auditeur, je pense que ça n'aurait pas changé le résultat du vote.
Merci beaucoup Laurent Jacobelli, député RN de Moselle, également porte-parole du Rassemblement National. Bonne journée. Bonne journée.
Laurent Jacobelli