Laure Lavalette : "On ne peut pas gouverner indéfiniment contre son peuple !" (LCI)
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Chapitres
Répartition du ton (temps de parole politique)
Propositif 36 %Attaque 44 %Défensif 20 %
Questions et réponses
Taux de réponse directe : 84 % (directe = 1, partielle = 0,5, éludée = 0)
- 1:23FerméeRéponse directe
Répondez directement sur la dissolution. Vous la souhaitez aussi ?
- 2:05OuverteRéponse directe
Est-ce que si on dissout, on règle la crise politique ?
- 2:33OuverteRéponse partielle
Pourquoi les Français ne voteraient-ils pas pour vous ?
- 4:56OuverteRéponse directe
Réaction à l'entretien de Pierre Moscovici : un gouvernement technique peut-il fonctionner ?
- 5:49OuverteRéponse directe
Si vous êtes appelé, iriez-vous au Matignon ?
- 7:26OuverteRéponse directe
Battre en brèche l'idée du gouvernement technique : est-ce réaliste ?
Affirmations vérifiables (citations exactes)
- 0:05Invité politiqueFait
« On est dans un chaos budgétaire, migratoire, sécuritaire. »
- 0:17Invité politiqueFait
« Mais c'est bien la première fois en 16 mois qu'on aurait une majorité à l'Assemblée nationale. »
- 1:55Invité politiqueChiffre
« 66% quand même. »
- 3:28Invité politiquePromesse
« On aurait fait baisser les impôts de production. »
- 3:29Invité politiquePromesse
« On aurait réduit l'immigration. »
- 4:01InvitéFait
« Hausse du chômage. »
- 4:01InvitéChiffre
« L'instabilité politique qui nous coûte 15 milliards d'euros par an, selon l'OFCE. »
- 6:26Invité politiqueFait
« qui demandait 8 milliards d'efforts supplémentaires aux retraités et zéro effort à l'immigration, même clandestine. »
- 6:37Invité politiqueFait
« On ne peut pas faire comme si, ce soir, je ne représentais pas 11 millions de Français. »
- 12:53Invité politiqueChiffre
« En 2027, le poids de la dette sera de 107 milliards. »
- 13:15Invité politiqueChiffre
« Jordan Bardella à 35%, c'est quelque chose qui ne s'est jamais vu dans les sondages, sous la Ve République. »
- 20:18InvitéFait
« La force du RN, c'est d'apparaître comme une alternative pour beaucoup de ces électeurs pour mettre fin à la crise. »
- 26:35Invité politiqueChiffre
« 1 000 milliards de dettes, c'est absolument colossal. »
- 26:39Invité politiqueChiffre
« C'est 43 % de notre PIB. »
- 30:46Invité politiqueFait
« Maïne Le Pen et Jordan Bardella, je vous le dis, ont le même programme économique. »
- 30:59Invité politiqueChiffre
« Ce n'est pas 100 milliards de défense du tout, c'est 100 milliards d'économie que nous voulons. »
- 35:13Invité politiqueFait
« que c'est presque petit bras une union des droites dont on a besoin de rassembler sur l'entièreté de l'échiquier politique. »
- 35:23Invité politiqueFait
« moi, sur ma circonscription, je suis la première à avoir eu un suppléant LR avant même que l'UDR soit créée. »
- 36:14Invité politiqueFait
« Maintenant, on a des alliés qui étaient LR il y a encore très peu de temps et ils ont été touchés par la grâce. »
- 36:20Invité politiqueFait
« Éric Ciotti a eu le courage de venir jusqu'à nous. »
Temps de parole
- Laure Lavalette25 %
- Invité20 %
- Invité 220 %
- Invité 39 %
- Présentateur8 %
- Invité 47 %
- Invité 57 %
- Invité 65 %
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Moi je suis un peu navrée, je pense qu'il est temps de siffler la fin de la récréation. Ce n'est pas un nouveau Premier ministre dont on a envie, c'est évidemment un sursaut. On est dans un chaos budgétaire, migratoire, sécuritaire. On voit bien que les Français n'en peuvent plus. J'ai été très marquée, moi, par les propos de M. Lecornu hier, quand il dit « il y a une majorité pour la non-dissolution ». Mais c'est bien la première fois en 16 mois qu'on aurait une majorité à l'Assemblée nationale. On n'a pas eu de majorité sur le budget, on n'en a pas sur les grandes options pour redresser le pays.
Par contre, pour ne pas aller aux urnes, pour ne pas revenir devant les Français, parce que vraisemblablement, tout le monde a un peu la trouille d'y retourner. Là, d'un coup, ils trouvent une majorité. Mais c'est affligeant. On est en train d'offrir aux Français le spectacle de tout ce qu'ils abordent, de tout ce qu'ils détestent. Je pense qu'il est temps de revenir évidemment au peuple. L'intérêt du pays commande une dissolution, c'est évident. La situation de la France nécessite des grands choix. Et pour ces grands choix, ça nécessite une majorité. Vous savez, M. Brun et moi, on est d'accord sur pas grand-chose pour le coup. Il veut augmenter les impôts pour faire baisser le déficit.
On n'a pas du tout la même vision sur l'immigration. Mais je respecte beaucoup ce qu'il pense. Et je pense qu'il faut aller devant les Français, leur dire, voilà, nos projets sont ceux-là. Les Français trancheront. Et c'est ça, la démocratie. Il ne faut pas avoir peur, mon cher collègue, de revenir devant les urnes.
Non, pas peur du tout. D'ailleurs, vous recevrez dans quelques minutes, pardon. Je fais le teasing Frédéric Dhabi qui montrera les sondages et qui montre qui gagnerait en vérité les prochaines élections. Vous voulez la dissolution ? Donc ce sera effectivement, dans quelques instants, le sondage étudiant. Mais répondez directement sur la dissolution. Vous la souhaitez aussi ? Qu'est-ce qui se passerait ? Vous la souhaitez aussi ? Je vais vous expliquer pourquoi je pense qu'il faut donner une dernière chance à la discussion avant une éventuelle dissolution. Pourquoi ? Parce que, en vérité, le RN gagnerait beaucoup de députés, certes. La gauche en gagnerait beaucoup.
Et le bloc central s'effondrerait. Mais personne n'aurait de majorité absolue. Et donc, on se retrouve dans la même situation. Et là, ce sera encore plus dur. Ça vous est difficile de parler au nom du peuple français ? Il y a un an, quand même. Je veux dire, il y en a fait un an. Et d'ailleurs, les sondages ne disent pas que les gens ont meurt d'envie de dissoudre.
66% quand même. Ce n'est pas rien.
On en a un où on montre qu'il y a 40 qui veulent dissoudre, 41 qui ne veulent pas dissoudre. 66% veulent retourner au Soudre. Ils veulent que le président de la République s'en a, mais pas dissoudre. Non, revenez-moi. Et donc, la question qui se pose aujourd'hui, c'est de savoir, est-ce que si on dissout, on règle la crise politique ? Moi, ma conviction, c'est que ce qui va se passer, c'est que le RN aura plus de députés, certes. La gauche, nous aurons plus de députés, certes. Et à la fin, on se rend dans la même situation, avec encore moins de possibilités de faire adopter un budget, puisque nos options sont radicalement opposées.
Et donc, moi, je dis, donnons une dernière chance à la discussion, avec les forces qui le veulent bien, pour adopter un budget, parce que nous l'avons déjà fait au mois de janvier. Lors la valette, là-dessus. Pourquoi c'est différent sur la dissoudre, pas dissoudre ?
Mais, vous savez, au soir du second tour des élections législatives, l'année dernière, les Français voulaient toujours moins d'immigration, plus de sécurité, plus de pouvoir d'achat. Ils ne vont pas voter pour vous. Non, mais pourquoi ? Parce que vous avez fait des alliances absolument délétères. Non, mais c'est les gens qui ont voté, c'est pas vous. Mais je suis d'accord, monsieur. C'est les gens qui ont voté contre vous pour battre vos candidats massivement au deuxième tour.
C'est pas la faute des partis politiques. C'est les gens qui vous ont rejeté.
Alors, vous avez quand même fait des sacrés accords, quand même,
que vous avez proposés aux gens. Les gens auraient pu quand même voter pour vous. Je l'entends.
Mais il n'empêche que, finalement, simplement être contre Jordan Bardella, là, ça ne fait pas une politique. On le voit bien. Vous avez fait des alliances un peu délétères avec le nouveau Front populaire, avec lequel vous êtes quand même bien embêtés. On sent bien que votre positionnement est quand même difficile. Avec ce bloc central qui, lui aussi, j'allais dire, s'est compromis avec le nouveau Front populaire. En tout cas, on voit bien. Effectivement, ça a empêché Jordan Bardella. Et vous avez raison d'arriver à Matignon, ce que je déplore, parce que depuis 16 mois, on aurait sûrement fait baisser la TVA, par exemple, sur les énergies. On aurait fait baisser les impôts de production.
On aurait réduit l'immigration. Mais, en fait, ce que je veux vous dire, c'est que ça ne fait pas un programme. On le voit bien. Nous sommes dans une crise institutionnelle. Vous le voyez bien, mon cher collègue, on ne vote plus rien à l'Assemblée nationale. Il ne se passe rien depuis un an. Et, vous le savez comme moi, sous la cinquième, c'est le peuple qui est souverain. La Cour suprême, c'est le peuple. Il faut revenir devant le peuple. Et ça va être beau, parce que si vous avez plus de députés, on va enfin pouvoir s'affronter votre programme, mon programme. Et les Français vont trancher.
On n'est pas là pour faire une pièce de théâtre, Laurent Vallette. La vérité, c'est qu'est-ce qui se passe aujourd'hui ? 40% d'augmentation des plans sociaux dans notre pays depuis janvier. Hausse du chômage. L'instabilité politique qui nous coûte 15 milliards d'euros par an, selon l'OFCE. Notre devoir, c'est se mettre autour de la table pour essayer de débrouiller cette histoire et adopter un budget. Et d'ailleurs, on l'a fait au mois de janvier. D'ailleurs, vous n'avez vous-même pas censuré le budget que nous avions négocié, parce que ça permettait au pays d'avancer. Et moi, je le dis, il y aura l'élection présidentielle. Elle arrive très vite, en vérité. On y est, là.
On y est dans six mois.
Vous pensez qu'on va encore passer un an et demi comme ça ?
Et qu'est-ce qui va se passer, là, franchement, en un an ? Rien du tout. C'est le problème.
Il faut des mesures sécuritaires. Il faut des mesures contre l'immigration, de pouvoir d'achat, monsieur.
Il faut aujourd'hui qu'on arrive à faire passer un budget de toute urgence. Une nouvelle dissolution, ça repousserait le budget, finalement, au milieu de l'année prochaine. Et donc, tant d'instabilité créée, tant de chômeurs créés, tant de difficultés.
Parce que là, ce n'est pas l'instabilité, ce n'est pas des chômeurs. C'est encore pire.
Donc, essayons de se donner une chance. Un certain nombre de choses ont été faites, de concessions. Sur les retraites, on a obtenu cette concession. Et je le dirais, vraiment, si ce n'est pas possible, oui, il faudra dissoudre. Alors, Philippe Brun et Laure Lavalette, j'aimerais vous faire réagir à ce qu'on vient de recevoir, c'est-à-dire l'entretien de Pierre Moscovici aux Parisiens. Et il est un personnage important, puisqu'il fait partie de ceux qui sont cités comme papables, ministrables ou premiers ministrables, avec une position historique de centre-gauche, connaisseur de la chose publique, de la chose économique.
Et on lui pose la question, un gouvernement technique, ça peut fonctionner pour l'interrogation ? Un gouvernement purement technique, ça n'existe pas. Le gouvernement est forcément politique, mais il peut être dirigé par une personnalité dotée d'une expertise particulière. Vous êtes cruelle, ce n'est pas bien. Regardez, quatre moqueurs, quatre personnes sur un plateau, quatre moqueurs. La ficelle est assez grosse, quand même. Heureusement que moi, je suis gentil. Donc, une personnalité dotée d'une expertise particulière et détachée des partis politiques. Question suivante. « Si vous êtes appelé, iriez-vous au Matignon ? » La question ne m'a jamais été posée. Réaction là-dessus.
Sérieusement, cette fois, là, on a une piste, en tout cas, celle d'un gouvernement de gauche, de centre-gauche. J'aimerais vos réactions là-dessus. D'abord, Laure Lavalette, puis Philippe Brun.
Non, mais au secours. Enfin, je veux dire, c'est l'ancien monde, mais ce n'est pas possible. Mais est-ce qu'on va boire le calice jusqu'à l'Ali ? Je vous pose la question. Est-ce qu'on va boire le calice jusqu'à l'Ali ? Jusqu'où va-t-on aller dans cette cinquième République ? Enfin, encore une fois, revenons-en au peuple. Mais je ne comprends pas que ça effrétend à la fois le président de la République et mes collègues. Enfin, vous voyez bien l'instabilité. Et je veux dire, c'est même plus une instabilité. C'est grippé. Le système est grippé. On ne peut pas se satisfaire de ça. On ne peut pas se satisfaire de budget comme le dernier que nous avait proposé, M.
Bayrou, qui demandait 8 milliards d'efforts supplémentaires aux retraités et zéro effort à l'immigration, même clandestine. On ne peut pas faire comme si, ce soir, je ne représentais pas 11 millions de Français. Vous ne pouvez pas... M. Brun, vous avez fait 1,7% à la présidentielle. Dans la dernière élection, on n'a pas fait 1,7% à arrêter. Comment pouvez-vous imaginer... Je ne peux pas vous sortir les scores de Jean-Marie Le Pen il y a quelques années.
La dernière élection, pardonnez-moi, la gauche a eu 192 sièges. On n'a vu que 140. Plus de 60% des Français pensent qu'on a un problème avec lui. Ils ont voté massivement contre vous au deuxième tour. Il y a une raison quand même.
Mais je ne pense pas.
Est-ce que vous vous reconnaissez ? Vous reconnaissez quand même que les gens ne sont pas... Allons de l'avant. Quand on voit des gouvernements de gauche, vous pourriez être, je pense, le fils, si on regarde les années, de Pierre Moscovici. Est-ce que vous le voyez comme un Premier ministre ? Il a l'âge de mon père, effectivement. Voilà. Vous voyez. Est-ce qu'il pourrait être pour vous mener un gouvernement de gauche ? Est-ce qu'il fait partie de ces personnalités ? On peut les rappeler. Il y a Pierre Moscovici qui est cité. Bernard Cazeneuve, évidemment Olivier Faure. Mais là, on est dans ce qui est plus immédiatement aux affaires.
En tout cas, d'abord, je vais battre en brèche l'idée du gouvernement technique. Non, mais là, ce n'est pas technique, Pierre Moscovici. Alors, Pierre Moscovici lui-même, il dit qu'il est de gauche. Et puis, si son programme convient à ce que nous proposons, bien sûr... Ça veut dire quoi ? Il dit qu'il est de gauche. Vous avez des doutes ? Il partage les valeurs de la gauche. Donc, on a dit... Qu'est-ce qu'on a dit ? On a dit qu'on voulait imprimer ce qu'il partage les valeurs de la gauche. Pierre Moscovici, a priori, je le crois, partage les valeurs de la gauche. Et ensuite, nous négocierons avec lui un programme de gouvernement s'il était nommé.
Je tiens, en tout cas, à battre en brèche l'idée du gouvernement technique. Parce que moi, je dis que ça fait déjà huit ans qu'on est un gouvernement technique. Qui a voté pour Mme Buzyn ? Personne. Qui a voté pour Mme Pénicaud ? Personne. Qui a voté pour Mme Vidal ? Personne. Qui a voté pour M. Dupond-Moretti ? Personne. Donc, on a eu une succession, en fait, de ministres qui étaient beaucoup des technocrates, quelques-uns de la société civile. Il est temps, je crois, au contraire, de mettre au gouvernement des gens qui savent ce que c'est que l'on dit. J'aimerais vos réactions à nos éditorialistes et vous, M.
Méhus, et vous, Natacha Polony, sur cette première hypothèse d'un gouvernement de gauche, puisqu'elle est sur la table. Alors, un gouvernement, donc, Pierre Moscovici. Alors, il faut quand même dire que Pierre Moscovici est caractéristique de ces socialistes français, je pense à Pascal Lamy, je pense à Jacques Delors avant, qui ont dérégulé totalement l'Union européenne et qui nous ont amenés là où nous sommes. C'est-à-dire, avec cette idée qu'en fait, il fallait ouvrir les frontières, que quiconque émettait l'idée que la désindustrialisation était un problème, était évidemment un réactionnaire, un ringard. Parce que c'est ça qu'a mené Pierre Moscovici en tant que commissaire européen.
Et vraiment, on voit le résultat aujourd'hui. Donc, je pense que ce serait formidable. Vraiment. Excellente idée. — Il n'y a que la France pour inventer la nécessité d'avoir un gouvernement de gauche dans une France qui est à droite. On verra le résultat de vos sondages. Mais les sondages qui ont eu lieu... — Vous qui décidez que la France est à droite. — Non, c'est les Français dans les sondages. Quand vous additionnez... — Et la droite n'a pas gagné. Genre LR, votre parti conféré au Figaro, n'a que 45 députés. Vous, vous êtes le représentant du système qui représente 45 députés. Donc le Figaro adore LR et Bono-Otahou. C'est 45 députés. Donc ils n'ont pas voté à droite. Les droites...
— Vous avez parlé à la place des gens. Si vous voulez vous abugler pour ne pas voir que la France est à droite, ça, ça... — Pourquoi ils votent pas pour la droite, alors ? Expliquez-moi, alors. — Je crois que si vous additionnez les droites dans leur ensemble, vous arrivez à plus de 40%. Alors que la gauche... Les gauches, vous êtes à 24%. — D'accord. — Donc vous voyez, la France... — Madame Blamette, elle a pas envie d'être additionnée avec LR, en fait. Donc je vois pas pourquoi vous faites ça. Marine Le Pen, elle me dit « Je suis pas de droite, etc. » Vous avez une sorte d'injonction. Le Figaro a décidé « Les Français sont droites. » Et quand on les interroge, ils sont pour établir l'ISM.
— Mais non, c'est pas Figaro qui a décidé, c'est des sondages. — Non, non, ils sont pour établir l'ISM. Ils sont pour la retraite à 60 ans. — Ils sont contre l'immigration. Ils sont pour la taxe Zoukman. Ils sont pour davantage de services publics. Ils sont pour qu'on régule l'installation des médecins sur le territoire. Ils sont pour qu'on arrête les accords de libre-échange internationaux. — Non, mais vous m'avez coupé. — Laissez-moi reprendre ma parole. C'est formidable. — Que les Français sont tous de droite. Pardon, c'est battu en brèche. — Mais vous, alors, vous appuyez sur les sondages pour dire... Les sondages disent que les Français sont pour nous. Formidable.
Ils sont pour la peine de mort. Donc, du coup, vous rétablissez la peine de mort. — Ça dépend lesquels. Il y a beaucoup qui disent qu'ils sont contre la peine de mort. — Ah non, majoritairement. Donc, si vous appliquez les sondages, parce qu'à chaque fois que vous nous sortez, les Français sont majoritairement pour... À ce moment-là, vous rétablissez la peine de mort. On est loin de Bad Inter, en 81. — C'est de regarder ce qui s'est passé pendant les élections et de faire un gouvernement en fonction des résultats des élections et pas en fonction de l'idée que vous vous faites de l'opinion.
— L'erreur principale, c'est de croire que la gauche est arrivée en tête aux élections, ce que la gauche impose dans le débat public. C'est le nouveau... C'est le Front républicain qui a gagné. Sauf que le Front républicain, c'est quoi ? C'était une addition, Laure Lavelle a dit, de gens de Renaissance, de gens de LFI, de gens du Parti Socialiste. Aujourd'hui, vous vous entendez plus. Vous nous dites que la gauche va gouverner. Vous êtes incapables de vous entendre avec LFI. Vous ne voulez même pas. C'est la gauche qui va gouverner, en fait. J'ai la même question que Karl Léus. Je me la posais. Tout à l'heure, vous avez dit, il faut la gauche. Mais c'est la gauche avec LFI, sans LFI.
Parce que s'il n'y a plus LFI, la gauche, c'est pas du tout le premier groupe à l'Assemblée. Donc, on fait comment ? — Par exemple, c'est une bataille de nains. — Ah oui, ça, oui. — Qui est nain, alors ? — Excusez-moi, on a quand même le premier groupe à l'Assemblée nationale, c'est bien l'Assemblée nationale. — Tout est tellement fragmenté aujourd'hui. Il n'y a plus de socle commun. Donc, ils sont très peu nombreux. En vrai, il y a les macronistes qui restent. Ensuite, la gauche, si vous vous excluez LFI, ça fait 121. Vous avez une vingtaine de députés centristes de Liotte qui sont prêts à rentrer. Donc, ça fait, si on additionne avec Liotte, ça fait 160.
— Alors, monsieur le député, vous permettez que vous interrompt... Pardon, je vous interromps tous, parce qu'on aura un sondage, là, dans quelques minutes. C'est un sondage très sérieux, mené par Rolègue Dhabi, qui donne les intentions de vote en cas de législative. Donc, réservons notre attention pour ça. Pardon de vous interrompre, mais c'est dans 8 minutes. Donc, on aura des chiffres neutres et très intéressants. D'ici là, j'aimerais quand même vous mettre l'autre hypothèse, qui est celle d'un Lecornu 2, qui succéderait à Lecornu 1, avec un Sébastien Lecornu, bien sûr, qui vraisemblablement serait entouré de ministres renouvelés, parce qu'on imagine mal un gouvernement copié-collé.
Est-ce que, pour vous, après l'intervention de monsieur Lecornu, par le fait que peut-être il pourrait avoir à ses côtés des gens plus à droite ou plus à gauche, c'est une hypothèse acceptable ? Lors la valette.
Donc, en fait, vous êtes en train de me vendre l'idée que monsieur Lecornu arriverait en 2-3 jours à nous sortir un gouvernement, ce qu'il n'est pas arrivé à faire en 26 jours, quand même. Enfin, stop. Enfin, voilà, c'est une énième provocation. Monsieur Lecornu est le premier, le dernier des macronistes. Il faut rappeler aux Français, ces gens-là ont fait 1 000 milliards de dettes en 7 ans, autant que la dette entre la fin de la Seconde Guerre mondiale et les années 2000. En 2027, le poids de la dette sera de 107 milliards.
La dette, c'est ce qui nous empêche d'emprunter à des taux corrects sur le marché, c'est ce qui nous empêche d'investir dans la recherche et le développement, c'est ce qui nous empêche de construire des hôpitaux, des porte-avions. Enfin, stop ! Du balai qui nous laisse les clés de la Maison France. On a d'autres choix. Vous le disiez tout à l'heure, je pense que les Français, dans leur grande majorité, je veux dire, Jordan Bardella à 35%, c'est quelque chose qui ne s'est jamais vu dans les sondages, sous la Ve République. Donc, majoritairement, les Français adhèrent... Vous avez raison de rappeler ces sondages,
mais vous êtes un peu ingrate. Moi ? Regardez, Sébastien Lecornu vous fait un cadeau. Sur un plateau, après avoir dit, Sébastien Lecornu, Mme Borne, après avoir dit pendant des mois que vouloir revenir sur la réforme des retêtes était populiste, maintenant, ils sont prêts à faire ce sacrifice extrême, de faire du populisme à leur tour, peut-être, mais en tout cas, pour apaiser, pour arrondir les choses. Et puis, vous me répondez, qu'est-ce que ça change ? Ce serait une énorme changement.
Je veux dire, vous voyez bien que là, ils vendraient leur maire pour pouvoir rester au gouvernement et pouvoir rester députés.
Peut-être qu'ils vendraient leur maire, mais ils rejoignent un peu votre position. Vous devriez remercier.
Mais non, mais moi, je suis navrée. Je suis navrée du spectacle qui est donné par Mme Borne. Souvenez-vous, c'était un totem. Si jamais on ne votait pas cette réforme des retêtes, le monde s'écroulait. Elle est passée avec une violence... C'est peut-être cynique, mais ça rejoint votre position. Vous devriez la saluer. Au secours, donnez-nous les clés. Envoyez Jordan Bardella à Matignon. Et je vous assure que très rapidement, le sort des Français va changer. Parce qu'en fait, je voudrais que les Français comprennent. Un budget, c'est la traduction comptable de choix politiques. Et ces choix politiques, ils sont nécessairement différents.
Et heureusement, parce que nous ne sommes pas de la même famille. Et c'est ça qui est beau, parce qu'encore une fois, je suis une amoureuse de la démocratie. Mais voilà, est-ce que vous voulez plus ou moins d'immigration ? Plus ou moins d'impôts ? Plus de services publics ? Moins de services publics ? Enfin, ce sont des questions. Donnez-les aux Français qu'ils y répondent, qu'ils tranchent avec une majorité tout à fait claire.
Hypothèse de Cornu. Non, c'est une très mauvaise idée. Non, en raison d'ailleurs de ses qualités propres. Je ne vais pas d'ailleurs taper sur lui, je trouve qu'il a fait son devoir. Dans la période, il y a des gens qui font leur devoir.
One soldat.
Non, mais c'est suffisamment rare. Aujourd'hui, des hommes de devoir, on en a plus beaucoup. C'est quelqu'un qui a fait son devoir. Il a eu raison d'émissionner. Je ne suis pas certain d'ailleurs que ce président a pu lui demander. Il a eu raison de le faire à la suite de l'imbroglio avec LR. Il a eu raison aussi de continuer sa mission et d'essayer de trouver des discussions et de les lancer. Et je trouve qu'il a été digne et donc il faut aussi le saluer. Il n'est pas l'homme de la situation. Pourquoi ? Malgré ses qualités. Parce que, je vous le répète, pourquoi sa mission a échoué ? Pourquoi il n'a pas réussi à être Premier ministre plus de quelques heures ?
Parce qu'on voit au travers, c'est le président de la République, c'est le bras armé du président de la République. Et donc, malheureusement, les principes sont une chose. Parfois, on s'assoit sur les principes. Vous savez, comme moi, si demain, il va au Parti socialiste en disant, allez, moi, je vous donne Bercy, je vous donne un, deux, trois, quatre grands ministères. Vous ne serez pas tenté ? Non, mais tenté sur le fond. Pas seulement tenté pour des marocains, mais pour peser sur la politique. Vous n'avez jamais entré dans un gouvernement macroniste. Vous les avez fait élire, c'est mieux. Moi, j'ai refusé deux fois d'être ministre à l'époque. Quel ministère vous avez refusé ?
Tout ça a été sorti à l'époque. Quel ministère vous avez refusé ? Attention, je retire ce que j'ai dit. Quel ministère ? Non, je n'ai pas compris. Vous avez dit quoi ? Je n'ai pas entendu. Et à chaque fois, ils essaient de débaucher des gens. Et on a toujours dit non. Tout le monde est toujours approché. Quand Barnier a été nommé, il a essayé d'approcher des socialistes. Ensuite, même chose avec François Bayrou. On a toujours dit non. Le Corny a dit qu'il ne faisait pas de débauchage, normalement. Donc, ce n'est pas ça la question, en vérité. La question, c'est d'essayer de se mettre d'accord pour avoir un budget. Ensuite, on a d'autres élections.
Les élections municipales sont très importantes. 36 000 communes en France. Et puis ensuite, il faut qu'on prépare sérieusement la présidentielle. Et l'intérêt du pays, c'est qu'on prépare sérieusement l'élection présidentielle. On a besoin d'avoir des candidats qui soient bien préparés. Si c'est le Corny, s'il est de nouveau nommé, de ce que vous dites, vous ne voulez pas, vous le censurez ? Je pense que c'est une très mauvaise idée. Parce qu'il sera censuré par beaucoup de monde, je ne sais pas, pour le Parti Socialiste. Il n'y a pas le Parti Socialiste. Vous ne traviez à vous. En tout cas, je pense que c'est une très mauvaise idée. Vous le censurez ou pas ?
Moi, je dis que c'est une mauvaise idée. Mais vous êtes député, vous avez un avis, M. Brun. Moi, je ne dégaine pas des censures comme ça sur les plateaux de télé. On verra bien, on discutera du fond. Moi, je dégaine. Donc, le Parti Socialiste ne censure pas. Le gouvernement, le Corny 2, peut continuer à vivre. Je n'ai toujours pas compris, Philippe Brun. Je n'ai toujours pas compris une chose. Dans l'état actuel de l'arithmétique à l'Assemblée, il faut à un moment donné une majorité. Cette majorité a besoin d'aller jusqu'aux socialistes et d'aller jusqu'aux LR. On a vu depuis un an que les lignes rouges des uns empêchaient les autres d'adhérer et que donc, ça ratait.
En quoi est-ce que vous espérez que là, ça va se passer mieux ? C'est ça, je ne comprends pas. Et quand vous nous dites, on va faire un gouvernement de gauche, mais les lignes rouges, elles seront les mêmes. L'arithmétique est la même. Les insoumis vous torpilleront parce qu'ils ont intérêt à accélérer le calendrier électoral. Donc, vous avez besoin des macronistes. Vous avez même sans doute besoin des LR. Or, vous n'en voulez pas et eux ne veulent pas de vous. On fait quoi ? Alors, comment on a fait au mois de janvier ? Je rappelle qu'on a adopté un budget. On l'a permis grâce à la discussion et le dialogue entre les différentes forces politiques.
Oui, parce que vous avez fait des concessions. On a obtenu, on a fait des concessions. Tout en nous expliquant que vous ne voulez pas de discussion. On propose toujours des concessions. Enfin, j'ai dit, excusez-moi, entre le contre-budget du Parti Socialiste et ce qu'a annoncé hier Sébastien Lecornu, il y a quand même une vraie différence. Et, comment dire, avec François Bayrou, on avait obtenu une hausse de la taxe sur la transaction financière. On avait obtenu une hausse de 1 milliard des crédits pour l'hôpital. On avait obtenu la fin de la désindexation des retraites, la fin des franchises médicales et des remboursements de médicaments. Bref, on avait obtenu ça.
Là, c'est autre chose, c'est un nouveau projet de budget et il a décidé de se s'aborder avec un vote de confiance. Mais en janvier, le budget aujourd'hui de la France, il a pu être adopté grâce à la discussion. Donc, pourquoi ce ne serait pas possible dans l'autre sens ? Je crois que c'est possible. Philippe Rhin, merci beaucoup. Je n'ai toujours pas compris quel mystère on vous avait proposé à l'époque. Vous tapez sur Google. Bon, on va tout plaît taper sur Google. Merci beaucoup, monsieur le député. Dans quelques instants, ce sera un moment très intéressant.
Frédéric Dhabi va nous rejoindre, s'il vous plaît, puisqu'on va découvrir ce sondage IFOP fiducial qui va permettre d'avoir une photographie de la France politique telle qu'elle est. Et ça va nourrir notre discussion. Parce que quel Premier ministre pour la France ? Si possible, il doit quand même refléter un peu ce qu'est la France d'aujourd'hui. C'est un indice aussi sur ce qu'est la France demain. Le grand maître de l'économie, Pascal Péry, nous rejoint. Bonsoir, Friska Thévenot. Bonsoir, Friska Thévenot. Merci beaucoup d'être là. Vous représentez la majorité présidentielle, qui n'est plus tout à fait une majorité, mais qui est toujours...
Et qui n'est plus très unie en termes présidentielles non plus. Mais enfin, elle est unie. Je suis une macroniste, il n'y a pas de... Oui, mais à côté, ça tangle un petit peu.
Tendance Macron, tendance... Rassurez-vous, je suis tout à fait à l'aise chez moi. Je n'ai pas à choisir. Je suis les deux.
Alors, on verra ça. Vous allez un peu vite dans la discussion. Frédéric Dhabi, merci beaucoup d'être là. C'est un sondage que vous avez organisé extrêmement intéressant, notamment sur ce que serait une union des droites. Mais d'abord, l'état des forces de la France ce soir. Oui, le rapport de force électorale en cas d'élection législative anticipée, souhaité par deux tiers des Français. Effectivement, trois enseignements. Le Rassemblement national arrive très nettement en tête avec ses différents alliés, 35 à 36% selon les hypothèses. Ça fait un score particulièrement important. En progression par rapport au premier tour des élections législatives.
Et le bloc RN, Eric Ciotti reconquête, atteint son hypothèse sur 39 et 40%. Ce n'est jamais arrivé dans une étude préélectorale. Et c'est quatre points, trois points au-dessus. Ce qu'on avait constaté le 30 juin 2024, un RN attrape tout. Parce qu'on l'a déjà dit ici, la force du RN, c'est d'apparaître comme une alternative pour beaucoup de ces électeurs pour mettre fin à la crise. J'aimerais votre première réaction là-dessus. Parce que c'est un premier coup de théâtre, effectivement. Beaucoup le conjecturaient. Mais ça, c'est plus qu'une conjecture. C'est un travail. Et notamment, même Marine Le Pen, qui était sur ce plateau, saluait. C'était il y a 15 jours.
La qualité, souvent, de vos travaux. On voit ici la progression du RN, qui, effectivement, est très marquée. Je ne sais pas qui veut réagir d'abord. Natacha Polony. Ça ne semble guère étonnant dans le contexte actuel. C'est-à-dire qu'il y a une colère et une indignation chez les Français. Et on sait qu'en général, la colère et l'indignation portent les votes vers ceux qui n'ont jamais exercé le pouvoir jusqu'à présent. C'est la logique. Donc, ils sont les récipiendaires de l'espèce de gabegie à laquelle nous assistons et qui, globalement, fait honte à beaucoup de citoyens français.
En deux mots, il me semble que les préoccupations centrales des Français, c'est dans l'ordre, aujourd'hui, le pouvoir d'achat, la question de leur revenu, c'est la question de l'insécurité et la question de l'immigration. Le RN a une offre, une proposition de valeur claire sur ce sujet, à la différence de tous les autres. Et il apparaît comme vierge en termes d'exercice du pouvoir. Donc, il est assez naturel. Quand vous prenez les Français, globalement, l'opinion, elle est quand même très à droite, aujourd'hui, dans ce pays, sur ces questions-là. – C'est pas ce que pense Philippe Brun, j'en suis frip. Vous avez un allié à la personne de Carbis.
– Oui, je me suis échappé un court instant, je peux écouter Philippe Brun, mais bon, on pourra en discuter. Non, ça me paraît à peu près évident. Le contester est toujours possible. – Deuxième résultat du sondage, Frédéric Dhabi. – Deuxième enseignement, c'est l'État du Bloc central, qui est clairement la force politique sanctionnée par les électeurs. Aujourd'hui, s'il y avait des élections législatives, 13% pour des candidats Renaissance, Modem, Horizon, UDI, c'est 8 à 9 points de moins que ce qu'avait obtenu le Bloc central, qui avait fait un score honorable le 30 juin 2024 aux dernières élections législatives. – En une seule année, une glissade pareille.
– C'est une glissade que l'on voit, qu'on a vu aussi dans les enquêtes préélectorales présidentielles, c'est-à-dire qu'on a parlé d'Arius il n'y a pas très longtemps, où le fait majeur, c'est une difficulté maintenant très lourde du Bloc central à faire revenir sur son nom, sur ses candidats, le vote Macron 2022 de la présidence. – Alors réaction là-dessus des deux politiques. – Un élègue sur deux, Emmanuel Macron choisit un candidat du Bloc central. – Réaction là-dessus des deux politiques, puisque vous êtes directement concerné Elor Lavalette, et vous d'abord Priscatevnaud. Priscatevnaud.
– Le sondage ne me choque pas malheureusement, je vais le dire assez simplement, c'est ce qu'on entend, c'est ce qu'on voit et c'est ce qu'on constate maintenant depuis quelques semaines, et c'est aussi le résultat de l'année qui vient de se dérouler. Quand on dit que les Français nous disent qu'ils ne comprennent pas ce qui se passe depuis un an, quand on ne prend pas réellement acte pleinement de la décision qui est issue des urnes de la dernière dissolution, à savoir, nous n'avons plus de majorité, le fait majoritaire n'existe plus à l'Assemblée nationale, et pourtant on donne le sentiment aux Français qu'on ne sait pas ou qu'on ne veut pas partager le pouvoir.
Et donc on retrouve cela effectivement sur une photographie. Maintenant ce que j'aimerais rappeler aussi, c'est qu'un sondage c'est une photographie, et que si demain on doit retourner aux urnes, on ne doit pas avoir peur, et là je suis assez d'accord, on ne doit pas avoir peur de devoir retourner aux urnes, à savoir encore pourquoi faire et pour défendre quoi. Il y a des dynamiques de campagne qui se mettent en place, et on l'a vu l'année dernière, on arrive aussi à faire mobiliser, à faire bouger les dynamiques de campagne.
Et on précise évidemment toutes les prudences d'usage, c'est un sondage sans nom, c'est un sondage de rapport de force pure, et puis aussi on ne sait pas s'il y aurait un front anti-RN ou pas, mais l'état des forces est quand même là.
Je pense que la morale de cette histoire, si je puis dire, c'est qu'on ne peut pas diriger contre son propre peuple. Et souvenez-vous, on a eu une grosse séquence électorale l'année dernière, les européennes ou Jordan Bardella arrivent très en tête, ça n'était jamais arrivé en 30 ans, aussi haut avec autant de participation, je pense que M. Laby peut confirmer. Au premier tour des élections législatives...
Simon Veil en 84 et 89. J'étais panée. C'est une autre époque.
C'est pas vrai, j'étais né. Donc un score faramineux aux élections européennes, un score faramineux au premier tour des élections législatives, et il y a eu, je pense, le péché originel de la crise que nous vivons maintenant, ce sont ces alliances qui sont, je pense, contre nature, parce que je pense, Mme Priska-Tevnaud, que vous n'avez pas forcément grand-chose non plus à voir avec les gens avec qui vous vous êtes alliés pour pouvoir avoir ce nombre de postes, et je pense que c'est ça qui fait que les Français ont perdu confiance aussi dans ce bloc central. J'aimerais...
Et voir en nous les gens qui ont beaucoup perdu sur leurs idées et maintenant n'ayant pas varié son majoritaire dans le pays.
Votre réaction à ce que disait Carl Olive, Carl Olive de votre camp, Priska-Tevnaud, qui disait, avec cette histoire de front républicain, je le cite, on a pris les Français pour des comptes. Mais bien sûr. C'est ce qu'il disait. Qui pense à ce que vous... Et ça se traduit là.
Bien sûr, moi j'en suis persuadée. On a menti aux Français. Ça n'a pas fait, et ce que je disais tout à l'heure, ça n'a pas fait une politique d'être simplement contre Jordan Bardella.
Je vais du coup répondre à ce que la question m'est posée. Je vais répondre à ce que la question m'est posée. Je pense qu'on est en train aussi un peu de refaire l'histoire de la dernière législative. Excusez-moi. Oui, effectivement, il y avait une grosse poussée Rassemblement National. Les sondages le montraient. Il y avait aussi une dynamique qui le montrait. Mais le premier défaut de cette campagne, pour vous, le Rassemblement National, ça a été le Jordan Bardella, qui, voyant potentiellement Matignon arriver, a commencé à bégayer. Le premier qui a commencé à avoir peur, c'est lui. Dans quel monde, Chris Cattelno, ceci est arrivé ? Non, mais souvenez-vous, ce n'est pas drôle.
Moi, je ne rigolerai pas beaucoup. Mais regardez, sur la réforme des retraites, dont on parle encore en permanence aujourd'hui...
Que vous êtes en train de suspendre.
Non, moi, non. Mais je le dis assez simplement.
C'est clair.
On est matroniste, mais va trop. Non, non, moi, je vous le dis assez simplement. Je suis assez cohérente et constante. Mais Jordan Bardella, sur un certain nombre de plateaux télé, voyant Matignon arriver, disait « Alors, la réforme des retraites, pas si sûre que ça, je ne sais pas. L'Europe, pas si sûre que ça, je ne sais pas. » Ben oui, parce que face à l'arrivée des responsabilités, d'un seul coup, on se rend compte que son programme politique ne tient pas. Et économiquement, vous vous rapprochiez bien plus, effectivement, du programme économique de la NFP, de ce que vous vouliez bien dire.
Donc, moi, je le dis aussi, vous avez eu un certain nombre de maladresses sur le fond, et de maladresses aussi au regard de ce que nous sommes, la France. Souvenez-vous de ce genre de grande cacophonie sur les binationaux portés par M. Chenu.
Madame Thévenot, vous, votre... Comment dire...
Mais j'espère que vous êtes prêts maintenant.
Je comprends que ce soit difficile de porter le budget d'Emmanuel Macron pendant 7 ans. 1 000 milliards de dettes, c'est absolument colossal. On a 1 300 000 de prélèvements obligatoires. C'est colossal. C'est 43 % de notre PIB. On est au-dessus de la moyenne européenne. Et malgré tout, nos services publics sont absolument... Au bout de 7 ans, Macroniste... 1 300 milliards. Oui, 1 300 milliards. Juste pour que les gens n'aient pas l'impression qu'on ne doit qu'un milliard. Oui, oui, non, non. 1 300 milliards, c'est un prélèvement obligatoire, ce qui est absolument colossal.
Et malgré tout, au bout de 7 ans de chez vous, on est moins en sécurité, on a moins de pouvoir d'achat, il y a plus d'immigration. Oui, mais c'est exactement ce dont les Français ne peuvent plus. 500 000 immigrés légaux qui rendent parents, les Français n'en veulent plus. Vous savez, il y a un consensus, par exemple, 70 % des Français sont d'accord, unanimement, pour dire... Éventuellement, je peux peut-être terminer une phrase, Madame Thévenot ? Je comprends que vous soyez gênée, mais quand même. Ils sont d'accord pour réserver les logements prioritairement aux Français. Je veux dire, 70 %, ça veut dire que c'est quand même une idée qui est transpartisane dans notre hémicycle.
Mais pourquoi ne vous en saisissez-vous pas ? Pour essayer, justement...
Mais parce qu'on ne siège pas, il n'y a pas d'assemblée en soi. Enfin, je veux dire...
D'accord, d'accord. C'est très drôle d'annonce, je pense, pour vous en saisir. Vous ne voulez pas voir l'éléphant de l'immigration ? Répondez brièvement et on va avancer.
C'est une question très importante, Madame Laure Lavalette, que vous êtes en train de dire. Vous dites, il y a ceci, il y a cela, etc. Et ça fait un an que vous n'en saisissez pas, etc. Enfin, qu'est-ce qui s'est passé au cours de la dernière année ? Vous avez passé minutieusement tout votre temps à regarder la France insoumise, à leur tendre la main pour faire tomber chacun des gouvernements. Et quand un gouvernement aime Laure Lavalette, on ne siège pas, vous le savez très bien, on est toutes les deux parlementaires. Et donc, on ne peut pas travailler sur tous les projets. Ça fait trois ans que je siège avec vous, quand même, Madame Thévenot.
Et vous le savez très bien, oui, mais avant l'arrivée à vous... Vous êtes saisie de l'immigration avant, dans les trois dernières années ? J'ai pas saisi... Oui, sans vous, et malgré vous, d'ailleurs. Non, mais au secours, on ne peut pas dire n'importe quoi, Madame Thévenot. On a perdu une année au service des Français. À vous regarder...
Alors, mesdames, mesdames, madame Thévenot et madame Lavalette, on va dans un instant découvrir ce sondage qui est très intéressant sur ce que vous soutenez, je crois, à Karl Mélus, c'est-à-dire l'union des droites. C'est-à-dire... Je sais qu'il y a plusieurs lignes au Figaro, mais il y a... Non, entre... Attendez, attendez, attendez, s'il vous plaît. Avant ça, j'aimerais juste finir sur la formule de Karl Olive, évidemment, qui a créé une surprise sur ce plateau quand il disait Karl Olive, quand même, quelqu'un de votre camp qui disait le front républicain, le barrage anti-aérien, ça a été prendre les Français pour des comptes. Mais il a raison. C'est très insincère.
Non, mais c'est marié, c'est associé des gens qui ont des idées totalement inverses sur des sujets absolument fondamentaux. Et pardonnez-moi, ça conduit au résultat de Frédéric Dhabi ce soir, ce sondage Ipsos fiducial, ça conduit à 36% de gens... Il faut fiducial. Pardon ? Il faut fiducial. Je crois que c'est la concurrence. Pardon. Non, il faut fiducial. C'est les outimines et les waras, il faut pas se tromper. Je dois le répéter combien de fois pour me faire pardonner. C'est bon pour vous. Allez-y, allez-y.
Ça conduit au résultat que nous donne Frédéric Dhabi ce soir, qui est un résultat avec un bloc très à droite, qui est finalement homogène sur le plan idéologique, et qui représente ce courant. Le front républicain, combien de cocu en France ? Ça fait combien de cocu ? Vous avez fait voter des gens. On a eu la variante con, on a un cocu. Pour des candidats républicains, des candidats macronistes, et l'inverse aussi. Est-ce que vous pensez que c'était durable ? Franchement, la réponse, c'est non. C'est surtout que c'est à géométrie variable, c'est-à-dire qu'on accepte de voter ou de faire élire des insoumis quand on en a besoin, puis après, ils sont plus dans l'arc républicain.
C'est surtout ça qui est choquant. Mais pour autant, il ne faut pas négliger une chose, c'est quand même qu'il y a eu deux tiers de Français qui ne voulaient pas que le Rassemblement national soit élu. Et ceux-là, ils existent aussi, même s'ils ont des idées divergentes. Le problème, en revanche, ce que vous disiez, Prisca Thévenot, et qui pose problème, vous dites, Jordan Bardella bégayait, etc. Mais ce n'est pas qu'il bégayait, pas du tout. C'est juste qu'il changeait de programme.
Parce que tout le drame, et ça rejoint ce que vient de dire Pascal Péry, c'est que tout le drame du Rassemblement national, c'est qu'il a deux programmes en même temps sur les questions économiques et qu'il est en train d'évoluer pour aller vers l'Union des droites, pour la rendre possible. Alors, s'il vous plaît, une évolution un peu libérale ne vous ferait pas de mal, Madame la Vallée.
Il n'y a qu'un seul programme économique. Maïne Le Pen et Jordan Bardella, je vous le dis, ont le même programme économique. On veut faire rendre nos entreprises compétitives. Il y a des nuances dans la valette. Vous voulez débrouiller ça, c'est des nuances. Je vais vous expliquer comment, si vraiment vous voulez convaincre. On va faire du coup d'économie là-bas. Non, c'est 100 milliards d'économie qu'on va faire en France. On le parle d'autre fois. Ce n'est pas 100 milliards de défense du tout, c'est 100 milliards d'économie que nous voulons.
Et Pascal Péry, on poursuivra cette question. Mais restons à ce dont on vient de parler, c'est-à-dire plafond de verre ou non pour l'ORN. Est-ce qu'il y aura de nouveau un barrage anti-RN ? Est-ce que surtout entre la droite classique et la droite nationaliste, il y a un cordon qui ne va plus exister ? Voilà, ça c'est l'autre partie du sondage qui est très riche en enseignement. Oui, c'est une question supplémentaire qu'on a posée sur que doivent faire en cas d'élection législative que doivent faire les Républicains. Et on voit qu'on n'a que 29% des sympathisants républicains, c'est une minorité, qui souhaitent voir les Républicains présenter des candidatures partout.
On a 41% qui disent que les Républicains doivent s'allier avec Reconquête et les candidats du Rassemblement national. Ça monte à 63% chez les électeurs RN et 20% du côté du bloc macroniste. Cette question résume la difficulté existentielle de l'ARN depuis 2019, depuis la campagne des élections européennes. Pardon, Frédéric Lamy, c'est qu'une partie regarde du côté de Macron et l'autre du côté de Le Pen. Soyez encore plus explicite. Quand on demande aux électeurs LR est-ce que vous êtes prêts à faire alliance avec le RN, 41% dit oui, c'est ça ? Tout à fait. Et 20% choisissent des candidats du bloc central. Et les autres ? Et les autres sont pour des candidatures autonomes LR.
Comme je vous le disais, c'est ça qui existe, c'est ça qui existe. Alors rappelons bien... Les scores très faibles des LR dans beaucoup d'élections. Rappelons bien, parce que là on est au cœur d'une... Si ça évolue, c'est extrêmement important pour la vie publique française. Vous nous dites que quand on demande aux LR sur 10 LR, est-ce que vous êtes prêts à vous allier avec le RN ? 4 sur 10 disent oui. Oui, tout à fait. Présenter des candidatures communes dans le chasse et la conscription avec Reconquête, les UDR d'Éric Ciotti et les candidats du Rassemblement national. Et alors la même question au sens inverse aux électorennes, 6 sur 10 disent oui, on est prêts à pactiser avec les LR.
Tout à fait. C'est un choc pour vous, en tout cas c'est un cap. Ça montre, on comprend mieux pourquoi Sébastien Lecornu dit qu'il y a une majorité absolue au Parlement pour qu'il n'y ait pas de dissolution. Parce que pour les LR... Ils ont peur de ça. Ah ben ils ont peur de ça. Évidemment, ça veut dire que c'est l'explosion de LR. Parce que 40% c'est beaucoup, mais c'est pas la majorité non plus. Et donc vous avez ce tiraillement et puis il faudrait affiner circonscription par circonscription. Parce que vous avez des endroits, ce chiffre doit être beaucoup plus élevé. Dans le sud notamment, dans le sud de la France. Dans le sud ou...
Enfin, vu la progression du RN, peut-être dans d'autres endroits. Dans le bas par exemple. Le problème, c'est ça, c'est que les députés qui vont vouloir survivre à une dissolution n'auront peut-être pas d'autre choix que de s'allier, de demander la mensuétude du Rassemblement national. Après, il y a d'autres endroits ou quand le RN est moins fort, on ne le fait pas. Mais donc on va vers une explosion des LR. Et c'est pour ça qu'ils n'ont pas du tout envie, eux aussi, de la dissolution. Sachant, Carl, qu'une majorité de députés LR élus le 7 juillet ont été face au Rassemblement national. Donc ça changerait la donne dans des zones de force de LR et du Rassemblement national.
Est-ce qu'en clair, le tabou de l'Union des droites est en train de sauter, en tout cas pour une partie de la droite française ? Alors, si on raisonne juste en chiffres comme ça, on se dit évidemment qu'il faut faire l'Union des droites. Comme l'a dit Frédéric Dhabi, il y a une majorité pour les droites. Après, quand on regarde le programme, il ne peut pas y avoir du nom des droites. La droite de Bruno Retailleau l'a encore dit, s'il y a suspension ou abrogation de la réforme de retraite, on n'y est pas. Donc, vous faites des principes. Regardez en Italie, M. Salvini et Mme Méloni ont des énormes différences. Ils sont quand même alliés. Ça, c'est des intérêts politiques, ça.
Ben oui, mais il y a un moment... Ne faites pas trop de principes. C'est mauvais pour la santé. Bruno Retailleau le dit, il y a des valeurs. Et il y a des gens qui ont des valeurs. Vous voyez bien que le Rassemblement National évolue et, justement, cherche à tant prix à s'approcher parce qu'il aspire à exercer le pouvoir et que, donc, les vieux principes, le vieux discours sur le dépassement de la gauche et de la droite, etc., est en train de disparaître parce qu'il voit bien qu'ailleurs, dans les autres pays, ça marche. Et donc, ils se disent que c'est la seule façon d'accéder efficacement au pouvoir.
Laurent Lavalette, vous êtes directement concerné parce que peut-être que le résultat le plus frappant de ce sondage, c'est quand même que 63% des gens du RN seraient prêts en réalité contrairement à ce que dit Mme Le Pen. Je rappelle que, dans l'objectif de 2027, Mme Le Pen était très réservée là-dessus, alors que là, ces électeurs, visiblement, beaux électeurs, seraient assez prêts maintenant à une forme d'union plus avancée. Parce qu'on pense,
j'allais dire, que c'est presque petit bras une union des droites dont on a besoin de rassembler sur l'entièreté de l'échiquier politique. Vous voulez tout manger, ça, c'est autre chose. On peut vous remonter. Souverainiste de tout échiquier, venez chez nous. Mais je vais vous dire, moi, sur ma circonscription, je suis la première à avoir eu un suppléant LR avant même que l'UDR soit créée. Donc, c'est pas à moi qu'il faut dire ça. Mais je vais vous dire, moi, je m'honore, d'ailleurs, pour le coup, d'être la seule sur ce plateau à avoir systématiquement voté les amendements quand ils amélioraient le quotidien des Français, d'où qu'ils viennent.
J'ai voté des amendements du Nouveau Front Populaire, de Mme Thévenot, de LR, de Liotte, parce que si le ciel est bleu, le ciel est bleu, que ce soit n'importe quel de mes adversaires politiques qui le dit, je pense qu'il ne faut pas être sectaire, il ne faut pas être dogmatique. Donc, effectivement, cette union très large, elle est nécessaire et je pense, encore une fois, qu'il faut poser des choix très simples aux Français.
Je peux vous poser une question à beaucoup plus long terme. Est-ce que vous imaginez un jour, vous, si vous étiez ministre d'un gouvernement, est-ce que vous imaginez siéger des RN et des LR dans une même équipe gouvernementale comme en d'autres temps ? Il y a eu des ministres socialistes et des communistes dans un même gouvernement.
Regardez, vous me dites ça. Maintenant, on a des alliés qui étaient LR il y a encore très peu de temps et ils ont été touchés par la grâce. Ils se sont dit que ce cordon sanitaire était idiot. Éric Ciotti a eu le courage de venir jusqu'à nous. Éric Ciotti, c'est un LR tout frais. Enfin, je veux dire, il a été bien plus LR que QDR. Donc, on n'a aucune difficulté, évidemment, à faire ça. Encore une fois, ce qui compte, c'est les grands choix. Voilà, je vous le disais tout à l'heure. Est-ce que vous voulez plus d'immigration, moins d'immigration ? Plus de sécurité, moins de sécurité. Plus d'impôts, moins d'impôts. C'est des choix simples qu'il faut poser aux Français.
Il est temps, justement, je pense, d'en revenir au peuple. En tout cas, on voit bien que de jouer contre son camp, de jouer contre le peuple, ça donne une cartographie très différente.
Merci beaucoup, madame la députée, d'avoir été avec nous. Merci, Laura Vallette.
Laure Lavalette