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interviewfranceinfo — 8h30 franceinfo· 25 avril 2026 10 min

Marges brutes des distributeurs de carburants, guerre au Moyen-Orient, Donald Trump... L'interview d'Andréa Kotarac

Transcription Whisper (large-v3), avec identification des locuteurs. À recouper avec la source d'origine.

0:01
Présentateur

Et j'ai le plaisir de retrouver à mes côtés Mathilde Ciro. Bonjour Mathilde. Bonjour Thomas. Notre invité politique ce matin est l'un des porte-parole du Rassemblement National Conseiller Régional d'Auvergne-Rhône-Alpes.

0:20
Invité

Oui, Andréa Cotarac est avec nous. Bonjour Andréa Cotarac.

0:24
Locuteur

Bonjour.

0:25
Invité

On l'a appris, c'est une information France Info grâce à Paul Barcelone. Les marges brutes des distributeurs de Total, Desso, Avia, Carrefour, etc. ont augmenté depuis le début du conflit. Donc depuis que les prix à la pompe ont augmenté pour les Français. Est-ce que dans cette situation, il faut, selon vous, contraindre ces distributeurs à baisser leurs prix ?

0:49
Andréa Kotarac

Bien sûr, il faut contrôler les marges des distributeurs. C'est la base. Rocard l'avait fait lorsqu'il expliquait qu'il voulait bloquer les prix. En réalité, il contrôlait les marges. Et de la même manière, le Rassemblement National propose une baisse de la TVA de 20 à 5,5 sur le carburant, mais aussi sur le gaz et l'électricité. Ça doit évidemment s'accompagner d'un contrôle des marges des grands distributeurs. C'est une évidence.

1:10
Invité

Ça veut dire que le gouvernement qui avait évoqué un décret de plafonnement des marges des distributeurs, cette fois-ci, doit mettre sa menace à exécution ?

1:18
Andréa Kotarac

Non, mais en fait, le gouvernement dit tout et son contraire. D'abord, un, il ne veut pas baisser les taxes sur le carburant, alors que même que du Parti communiste jusqu'à nous, nous sommes d'accord avec ça. La Commission européenne, elle-même, a repris cette idée du RN qui date de 2022 pour inciter les États à le faire. Les États, nos voisins l'ont fait. L'Italie, l'Espagne, l'Allemagne, ils ont baissé les taxes sur le carburant. Nous, non.

1:40
Présentateur

Au risque d'assécher encore un peu plus les finances publiques, Andréa Cotarac.

1:44
Andréa Kotarac

Non, mais ce que ne dit pas M. le Premier ministre, c'est qu'avec cette situation anormale d'augmentation des prix du carburant, l'État a fait 2 milliards sur la TVA.

1:57
Invité

C'est une crise qui coûte aussi à l'État. 6 milliards d'euros, selon Bercy, ce sont les chiffres qu'on a appris cette semaine.

2:02
Andréa Kotarac

Ils viennent de gagner 2 milliards, justement, sur le dos des Français. Maintenant, effectivement, ça coûte un bras. Nous, on a budgétisé cette mesure à 10,6 milliards. La baisse de la TVA de 20 à 5,5 sur le carburant, mais aussi sur l'électricité. 17 milliards, selon Bercy. Non, ils ont parlé de 9. Mais bon, nous, c'est 10,6. Après, la politique, c'est des choix. Vous savez que la France a augmenté sa contribution à l'Union européenne. C'est 8 milliards. Vous savez que la distribution, par exemple, de prestations sociales non contributives aux primo-arrivants, c'est 6 à 7 milliards.

Vous savez que l'AME, l'aide médicale d'État qu'on veut transformer en aide médicale d'urgence, c'est 1,3 milliard. Bref, il y a des choix politiques à faire. Où est-ce qu'on met la priorité ? Manifestement, le carburant, c'est aussi, en tout cas, si on ne fait rien, c'est la croissance tout court qui va être étouffée dans notre pays, ce qui est un peu plus grave.

2:55
Invité

Justement, vous dites que la politique, ce sont des choix. Vous plaidez au Rassemblement national, avec d'autres, pour la suspension du C2E, le certificat d'économie d'énergie. Mais comment on fait, dans ces cas-là, si on se passe de cette enveloppe pour financer la rénovation, la transition énergétique ?

3:15
Andréa Kotarac

Bien sûr qu'il faut une transition énergétique. Et je crois que le Rassemblement national est le premier parti écologiste de France, puisque nous avons été les seuls à être cohérents et, par exemple, à privilégier l'électrification et la décarbonation de notre économie. Pourquoi ? Eh bien, à travers le nucléaire. Nous sommes les seuls à demander à ce que les centrales marchent à plein régime, comme c'est le cas aux Etats-Unis et ailleurs, ce qui n'est pas le cas chez nous. Nous sommes les seuls à avantager, finalement, cette énergie par rapport aux autres.

3:42
Invité

Alors, on peut se passer de 8 milliards d'euros, c'est à peu près ce que ça rapporte, le C2E.

3:47
Andréa Kotarac

On pensait que nous étions des archaïques. La réalité, c'est que même le GIEC, qui est à la bouche de Marine Tondelier, toutes les quatre phrases, confirme ce que dit le Rassemblement national, puisque le GIEC, dans ses cinq scénarii, explique qu'il faut pousser et aller vers l'énergie du nucléaire. Donc, vous voyez, si vous poussez vers l'énergie du nucléaire, si vous déliez le prix du gaz, de l'électricité sur les marchés européens, vous allez baisser le prix de l'énergie.

4:09
Invité

Mais vous ne répondez pas à la question.

4:11
Andréa Kotarac

Mais la question, c'est qu'en fait, il faut tout revoir. On ne peut pas taxer d'un côté en proposant des subventions. Il faut revoir de manière systémique, en privilégiant le nucléaire, en baissant les prix, en baissant les taxes. Et croyez-moi, vous allez avoir une marge de manœuvre financière, c'est une évidence.

4:26
Invité

Mais vous voyez bien que là, c'est quand même un cercle vicieux, parce que cette crise, elle coûte. Elle coûte parce que nous sommes dépendants, justement, des hydrocarbures, des carburants, des énergies fossiles. Et dans le même temps, il faudrait toujours baisser les taxes, baisser des taxes qui permettent de financer cette transition écologique, cette transition énergétique qui coûte beaucoup d'argent.

4:49
Andréa Kotarac

Non, mais c'est systémique. Toutes les choses sont liées les unes avec les autres. Je vous parle du carburant, mais on peut parler aussi du kérosène. Vous avez vu que pour les avions, par exemple, l'association des aéroports de Paris nous a expliqué qu'il y aura probablement une pénurie. Dans les aéroports européens, avec des avions cloués au sol, quelles seront les répercussions sociales ? Là aussi, je vous pose la question. Maintenant, c'est systémique. Il faut voir qu'à la base, il faut orienter le pays vers l'électrification, vers le nucléaire. Et manifestement, cela, c'est le Rassemblement National qui a été coréen. Je rappelle quand même que les Macronis ont fermé la centrale de Paris.

Le gouvernement est là depuis dix ans. Et à ma connaissance, le gouvernement a, par exemple, fermé Fessenheim. C'était Emmanuel Macron qui l'avait fermé sous ordre de François Hollande. Fermer Fessenheim, c'est rouvrir des centrales à charbon, comme c'est le cas en Allemagne. Depuis, le nucléaire a été largement relancé. Non, attendez. Est-ce que vous considérez ça comme écologiste que de rouvrir des centrales à charbon ? Je ne le crois pas. Est-ce que vous trouvez normal, par exemple, que l'Union européenne impose la fabrication d'ici 2035, maintenant c'est un peu mis de côté, mais de voitures électriques ? C'est très bien de construire des voitures électriques.

Mais vous avez entendu le patron de Renault, devant le Sénat, il a dit mais il n'y a eu aucune détude d'impact. On ne nous a même pas renseigné. Résultat, c'est l'économie chinoise et l'industrie chinoise qui produit des voitures électriques. Est-ce que vous considérez comme écologique que d'aller importer du lithium et des terres rares depuis la Chine ? Je ne le crois pas. Vous savez, le Haut Conseiller au Climat nous a expliqué que 50% des émissions de la France, c'est de l'importation. Et l'ouverture de la mine dans l'allié par Emmanuel Macron, ça fait trois ans que le Rassemblement national le demande.

Donc oui, ils sont au gouvernement depuis dix ans, mais que de temps perdu, j'ai envie de dire. Que de temps perdu.

6:30
Invité

Une trêve de trois semaines, Andréa Cotterac, a été décrétée au Liban. Trêve fragile, puisque les frappes se poursuivent aussi dans le sud du Liban. Dans le même temps, des pourparlers doivent se tenir à Islamabad, entre Iraniens et Américains. Le détroit d'Hormuz est toujours bloqué. Est-ce que, dans ce contexte, la France a raison de tenter de jouer un rôle de médiatrice ? On sait que le président Emmanuel Macron s'est entretenu hier, notamment avec les présidents libanais, syriens et le prince héritier de Jordanie.

7:02
Andréa Kotarac

Oui, je crois que... Je suis assez critique vis-à-vis d'Emmanuel Macron et des Macron-News, vous avez l'air marqués. Mais quand les choses vont dans le bon sens, je ne dis pas le contraire. Emmanuel Macron, je crois, a raison d'être médiateur. Il a raison de vouloir défendre la souveraineté du Liban, de vouloir défendre la stabilité et la sécurité. Et cette région, elle est en proie à des énormes tensions. Je vous prends l'exemple. Hier, on a commémoré le génocide arménien. Les Arméniens vivent en Arménie. Ils ont des problèmes avec l'Azerbaïdjan et le Karabakh, le retour des réfugiés.

Il y a des Arméniens qui vivent en Syrie avec un président qui est un ancien d'Al-Qaïda et une division par quatre des chrétiens. Il y a des Arméniens au Liban qui sont bombardés par Benyamin Netanyahou. Il y a énormément d'Arméniens en Iran qui, eux aussi, subissent évidemment la crise et les bombes. Donc, si vous voulez, c'est l'ensemble de la région qui est en proie à des tensions. Et manifestement, la guerre entreprise par Donald Trump et Benyamin Netanyahou sur l'Iran affecte directement nos intérêts. On a parlé de carburant à l'instant, de kérosène. On peut parler des engrais azotés pour l'agriculture.

On peut parler d'hélium, vous savez, le gaz hélium qui participe à la fois dans l'industrie française, mais aussi dans les scanners, par exemple, dans les hôpitaux. Donc, c'est l'ensemble de nos intérêts essentiels qui sont touchés par cette crise. Et M. Macron a raison de jouer le médiateur et la stabilité.

8:18
Invité

Vous citez le président américain Donald Trump. Quel regard vous portez sur sa présidence et sur ses initiatives diplomatiques qu'il a prises au Moyen-Orient ? On vous pose la question parce que son élection avait été plutôt bien accueillie dans vos rangs.

8:33
Andréa Kotarac

Non. Moi, j'ai toujours dit, et Marine Le Pen en tête, que les États-Unis étaient un pays souverain et que c'était les Américains qui avaient élu leur président et que ce président, quel qu'il soit d'ailleurs, puisque les présidents démocrates aussi ont bombardé d'innombrables pays, à commencer par la Serbie sans passer par d'autres pays.

8:51
Présentateur

Jordan Bardella a aussi dit que l'élection de Trump était un message extrêmement positif pour le monde occidental, Andréa Cotarac.

8:57
Andréa Kotarac

C'est positif, notamment sur la lutte contre l'immigration, etc. Mais on n'a jamais été, on n'a jamais douté du fait que Trump défendrait ses intérêts. D'ailleurs, on ne l'a pas accueilli aussi chaleureusement que vous le dites, puisqu'on savait qu'une guerre commerciale allait être entreprise par Donald Trump, notamment sur les taxes aux frontières, et qu'il était temps de défendre nos intérêts. Si vous voulez, l'avantage qu'est Donald Trump au pouvoir, c'est que le RN parle la même langue, celle des patriotes, celle de ceux qui ne croient plus dans cette mondialisation heureuse qui a appauvri bon nombre de nos peuples occidentaux.

Cette mondialisation heureuse qui a provoqué des délocalisations. Vous dites que vous parlez la langue de Donald Trump. On parle la langue des patriotes, notamment on peut parler avec les Chinois, on peut parler avec les Américains, on peut parler avec les Indiens, on peut parler avec nombre de pays d'Afrique, des personnes qui, sans naïveté, ont compris qu'il fallait défendre leur production locale. Le seul continent aujourd'hui qui pense toujours à la mondialisation heureuse de M. Attali, c'est l'Union Européenne avec ses 43 traités de libre-échange en vigueur qui, vous le voyez, noient nos agriculteurs, tuent l'industrie française, notamment en matière automobile.

Donc vous voyez, on est assez lucide sur le fait de défendre nos intérêts.

9:59
Invité

Donc ça veut dire que voilà, on sent que vous prenez vos distances avec le président américain, mais que vous revendiquez quand même une communauté de pensée avec lui.

10:08
Andréa Kotarac

On les a prises dès le départ, cette distance, parce que nous ne sommes pas les Etats-Unis, nous sommes la France et on défend les intérêts de la France.

10:14
Invité

Merci beaucoup Andréa Cotarac d'avoir été avec nous, le porte-parole du Rassemblement national.

10:19
Présentateur

Et merci à vous Mathilde Sirop. On se retrouve demain évidemment pour un nouveau 8.30 France Info.