PISA 2026 : L'ÉDUCATION, GRAND ÉCHEC DE LA MACRONIE
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Chapitres
Répartition du ton (temps de parole politique)
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Affirmations vérifiables (citations exactes)
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« Le niveau scolaire est en chute libre. Les adolescents n'ont tout simplement jamais eu autant de mal à lire, à se concentrer et à raisonner. »
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« Notre pays se classe 31e en math sur les 91 pays participants, 24e en science et 25e en lecture. »
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« Il y a des collèges où il y a une concentration de difficultés sociale, de difficultés scolaires et donc je souhaite qu'on ferme ces collèges. »
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« Pour moi, il faut avancer la maternelle de 3 ans à 1 an. »
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« PISA dit des choses intéressantes. C'est un indicateur sur le système éducatif mais c'est un indicateur parmi plein d'autres. »
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« On estime qu'en 6 ans, on a perdu presque l'équivalent d'une année de scolarité pour les élèves de 15 ans. »
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« Les élèves sont pas à l'aise avec l'écrit ou en tout cas pas avec des textes longs. »
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« On est dans un système où l'ascenseur social ne fonctionne pas du tout parce qu'on est dans les pays d'OCDE qui fonctionnent le moins là-dessus. »
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« C'est une discipline qui est extrêmement cumulative. C'est-à-dire que on pourrait comparer un jeu comme le Jenga. »
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« Dans un système français qui est hyper normatif, c'est-à-dire tout le monde la progression pour tout le monde est prévue à la même vitesse. »
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« En math ben quand on a raté le coche à un moment bah c'est très difficile de récupérer parce qu'il manque on a des lacunes. »
Temps de parole
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Le niveau scolaire est en chute libre. Les adolescents n'ont tout simplement jamais eu autant de mal à lire, à se concentrer et à raisonner. Notre pays se classe 31e en math sur les 91 pays participants, 24e en science et 25e en lecture. Tout d'un coup, tout le monde s'est mis à parler que de ça et puis le soufflet est retombé à peu près aussi vite qu'il est qu'il est monté. Pourquoi les mathématiques ? C'est une question que vous êtes certainement posé souvent autrefois quand vous étiez sur les bandes de l'école ou du lycée. Quand on dit dans la rue je suis mathématicienne, le premier réflexe, c'est une surprise. Déjà qu'est-ce qu'on peut bien faire dans ce métier ? La deuxième réaction c'est soit moi j'ai toujours adoré les maths ou j'ai toujours détesté les maths. Et voilà.
Il y a des collèges où il y a une concentration de difficultés sociale, de difficultés scolaires et donc je souhaite qu'on ferme ces collèges. Pour moi, il faut avancer la maternelle de 3 ans à 1 an. Je pense que c'est c'est une spécialité française de faire des petites réformes éducatives tout le temps sans sans jamais les évaluer, les budgetter, enfin voilà, se s'inscrire vraiment dans une vision stratégique de long terme, ben on va continuer à épuiser les gens. Le test est inquiétant mais la réaction est pas appropriée en fait. Loréon, je suis mathématicienne. C'est souvent un métier qui fait un petit peu peur, voilà, mais que j'exerce avec beaucoup de plaisir depuis presque 30 ans. Je suis aussi très engagée
notamment au sein de l'Amémie des Sciences sur les problématiques autour de l'éducation. Je voudrais déjà peut-être mettre quelques quelques repères. Donc d'abord PISA dit des choses intéressantes. C'est un indicateur sur le système éducatif mais c'est un indicateur parmi plein d'autres. Donc je pense que déjà c'est important de de le préciser. Ensuite cette baisse, je sais pas si c'est très rassurant mais concerne la France mais essentiellement tous les pays de l'OCDE. Et c'est une baisse effectivement qui est très importante puisque on estime qu'en 6 ans, on a perdu presque l'équivalent d'une année de scolarité pour les élèves de 15 ans. Donc voilà, c'est un indicateur à prendre au sérieux mais aussi à confronter avec plein d'autres choses.
Alors cette année le PISA euh a évalué en terme de niveau. Après, il y a plein de questions aussi qui sont posées au aux élèves et qui sont intéressantes. sur la question je dirais des connaissances, il y a la partie je dirais français pour les élèves français, les maths et les sciences cette année. Euh je pense que moi ce qui me frappe avant le la question du niveau en math, c'est la lecture en fait. Les élèves sont pas à l'aise avec l'écrit ou en tout cas pas avec des textes longs. Comprendre les informations dans un texte long, ça devient vraiment compliqué. Et ça c'est quelque chose encore une fois qui se voit pratiquement dans tous les pays. Ça vient dire un changement euh peut-être de dire un changement de civilisation, c'est c'est c'est trop fort. Mais quand même voilà
quelque chose qui euh qui fait que on n' pas le même lien à l'information par exemple. Après ce qui me frappe aussi c'est effectivement l'usage qu'on a fait de ces tests au milieu de la rentrée pour en faire un sujet très médiatisé en tout cas localement. C'est-à-dire que tout d'un coup, tout le monde s'est mis à parler que de ça et puis le soufflet est retombé à peu près aussi vite qu'il est qu'il est monté. Donc c'est dommage parce que d'une part tout le monde se rejette la faute. Le ministre sur les parents, les sur les téléphones, les parents sur les profs, enfin voilà. Et donc pour moi ça ça reflète un un grand climat de défiance qui est pas du tout propice à à transformer les choses en profondeur. Et je pense que c'est c'est
une spécialité française de faire des petites réformes éducatives tout le temps sans sans jamais les évaluer, les budgetter, enfin voilà, se s'inscrire vraiment dans une vision stratégique de long terme, ben on va continuer à épuiser les gens. Le test est inquiétant mais la réaction est pas appropriée en fait. Une autre chose qui apparaît clairement dans ces tests, c'estes inégalités sociales et le fait que qu'on est dans un système où l'ascenseur social ne fonctionne pas du tout parce qu'on est dans les pays d'OCDE qui fonctionnent le moins là-dessus. Donc je pense que ça fait quand même au moins aussi important que dire les résultats en moyenne. Et il y a une partie et je le dis ici qui est aussi de la responsabilité des médias parce que quand même les médias sans faire le
l'agenda politique y participe. Comment est-ce qu'on fait en sorte que l'éducation soit pas juste le sujet le jour où on sort les tests les résultats PISA mais soit un vrai sujet de fond ? C'est un sujet majeur pour notre démocratie. L'éducation, c'est un investissement, c'est l'avenir d'un pays. Donc comment est-ce qu'on on fait que ce soit pas la dernière roue du carosse ? Ça ça c'est c'est vraiment important. Et je pense que les médias ont aussi un un rôle à jouer parce que bah ils orientent quand même le le débat public. Je vois bien quand on dit dans la rue dans la rue où gens qu'on croise, je suis mathématicienne, la le premier réflexe, c'est une surprise déjà. Qu'est-ce qu'on peut bien faire dans ce métier ? Et puis le deuxième la deuxième
réaction c'est soit moi j'ai toujours adoré les maths ou j'ai toujours détesté les maths. Et voilà c'est et je pense que si je disais que j'étais universitaire mais je fais une autre discipline je pense que la réaction serait pas aussi épidermique. Donc clairement on voit que c'est une discipline qui laisse pas les gens insensibles. Alors moi ma première interprétation de ça c'est que que ça ça a été je pense qu'il a un peu moins aujourd'hui une discipline de sélection. On est dans un système français qui même si les objectifs affichés, c'est de de d'amener tout le monde à un certain niveau d'étude, de culture, euh reste un système qui est quand même extrêmement compétitif et sélectif. Donc on a cette espèce de paradoxe qui est pas très bien
assumé mais mais voilà. Et les maths font partie des disciplines qui font la sélection. Donc ça, je pense que je pense que ça c'est un une raison en tout cas qui qui fait que que les gens se se place par rapport à cette discipline qui a cette réaction épidermique. Il y a une autre chose, il me semble, qui est spécifique de cette discipline, c'est que c'est une discipline qui est extrêmement cumulative. C'est-à-dire que on pourrait comparer un jeu comme le Jenga ou voilà, on est en train de construire une grande pyramide et si on commence à construire avec des trous, ben l'ensemble est quand même assez assez instable et voir ça tient pas. Et donc je pense que c'est ça
fait partie des disciplines où quand on commence à larguer les gens et voilà, je je siège depuis maintenant quelques mois au conseil supérieur des programmes, pour moi c'est une vraie une vraie question de dans un système français qui est hyper normatif, c'est-à-dire tout le monde la progression pour tout le monde est prévue à la même vitesse. Alors que c'est un peu étrange hein, quand on apprend à marcher, on sait qu'il y a des enfants qui marchent à 6 mois, d'autres à 18 mois. C'est pas parce qu'un enfant on va lui répéter il faut que tu marches à 6 mois que forcément il va marcher à 6 mois. Donc on le sait très bien pour la marche mais on a pas l'impression pour les autres disciplines c'est pareil. Moi je crois quand même que c'est pareil. Donc chacun va avancer un rythme
différent. Et il se trouve qu'en math ben quand on a raté le coche à un moment bah c'est très difficile de récupérer parce qu'il manque on a des lacunes et construire avec sur un terrain qui a des lacunes c'est vraiment compliqué. avant de faire vraiment des maths, on apprend à compter et je dis pas que c'est évident, c'est c'est important mais on en fait rien. Donc c'est comme si vous appreniez que B et A ça fait bas, donc vous êtes capable de déchiffrer un texte mais on vous a jamais appris que avec ce texte on peut raconter une histoire et ça c'est c'est très frustrant ça. on perd toute la partie de plaisir ou comme si on vous apprenait à lire les notes et puis on vous apprend pas que ces notes là on peut les transformer en une musique et donc donc voilà je trouve que il y a
aussi que c'est pas une discipline en tout cas dans la façon dont elle est enseignée aujourd'hui, c'est pas une discipline où il y a du plaisir et ça pour moi c'est voilà donc on a trois éléments qui je pense entretiennent ce cette relation difficile aux mathématiques.
C'est un travail donc effectivement qu'on a mené depuis presque 3 ans avec l'Académie des Sciences. Donc dans les missions de l'Académie des Sciences, il y a tout ce qui touche à l'enseignement des sciences, quel que soit le niveau, hein. C'est pas juste pour les universitaires, c'est à partir de de la maternelle. Et il y a beaucoup de choses qui ont été faites depuis plusieurs dizaines d'années, mais on voit bien aussi que l'enseignement des sciences, quelque part, il y a quelque chose de de pas naturel à le à le séparer du reste de l'enseignement. Et donc on voit aussi hein comme tout le monde avec les tests PISA avec les avec avec Talis avec tout tout tout ce qui revient sur le système éducatif les difficultés à recruter des enseignants, les soucis autour de la
santé mentale euh voilà donc on voit que le système est à bout de souffle. L'idée c'était vraiment de de consulter le plus largement à la fois des acteurs, je dirais éducation nationale, mais aussi des gens qui prennent qui prennent en charge les aspects médicaux-sox, les collectivités territoriales qui prennent en compte aussi le périscolaire, voilà, et puis les familles, voilà, d'essayer de de comprendre finalement comment fonctionne notre, j'aime bien dire écosystème. Ça, je crois que vraiment l'éducation, c'est un écosystème qui est qui est large, qui est pas forcément suffisamment concerté aujourd'hui. de voir où ça pêche et quelque part quel quelle grande ligne on pourrait dessiner. Voilà, pour justement une vision stratégique. On accompagne cette
publication d'un document grand public qui est qui est le document que je voudrais présenter ici plus encore plus que ce rapport qui pose cinq questions sur finalement qu'est-ce qu'on veut faire de notre école. Et donc les les questions qu'on pose c'est est-ce que le plaisir d'apprendre c'est un mythe ou une réalité ? Donc voilà, quels sont les moteurs ? Comment est-ce qu'on imagine les parcours des élèves qu'on donne plus de flexibilité, plus de temps aussi, plus de place aux appétences de chacun sans renoncer à à une exigence qui soit commune mais voilà quel est le la place du plaisir et je pense que c'est vraiment très important. La deuxième question qu'on pose, c'est apprendre ensemble qu'est-ce que ça change. Donc cette cette question de l'école qui a à la fois le un objectif de de
transmettre, de d'instruire, mais aussi d'être le lieu où on vit ensemble. Et ça c'est très important. C'est le dernier lieu en dans notre pays où on vit ensemble et où on peut faire société. Donc je pense que l'école ne doit pas renoncer à cette mission. Ensuite, on a une une question qui est qui est aussi en en lien avec ces problématiques autour de l'inclusion. Est-ce que c'est l'élève qui s'adapte à l'école ? qui est le cas aujourd'hui, on a un système normatif et l'élève doit rentrer dedans. Ou est-ce que c'est à l'école de s'adapter à l'élève finalement ? Est-ce queon remet l'élève au centre du système éducatif ? une question sur bah les enseignants. Je crois qu'aujourd'hui ce qui plombe vraiment le le travail des enseignants, c'est leur solitude. C'est on une petite
formation rapide et puis après vous retrouvez seul dans une salle de classe avec très peu soutenu par personne en fait, c'est ni par l'institution, ni par vos pères, ni par ni par les parents, ni par voilà comment est-ce qu'on comment est-ce qu'on introduit plus de collectif, plus de formation aussi. Mais voilà, comment est-ce qu'on on sécurise ce métier aussi en terme de Ouais. de de humainement. Et puis une question sur euh qui est une question qui devrait se poser pour tous les services publics qui comment est-ce qu'on fait une école qui est à la fois locale et labellisée, c'est-à-dire locale qui s'adapte à une réalité de terrain, une réalité et qui sans renoncer à l'équité nationale. Donc voilà, à partir du moment où l'école est un service public, ces questions se
posent. Voilà. Et on choisit dans ce livret de pas donner des réponses en disant il suffit de faire ça, il faut et de prescrire. Et dans ce cas-là, on reste dans un système descendant où tout est prescrit d'en haut hein, ce qui est une très grande spécificité de notre système français, mais plutôt de dire ben on peut trouver des éléments de réponse dans des initiatives de de terrain qui existent déjà. Et pour moi, c'est très important de sortir du cercle vicieux de cette de cette défiance de dire l'école va mal, donc on trouve plus de profs et donc comme on trouve plus de profs, on va recruter bah qui on peut, des gens qui seront pas forcément formés et donc on est encore plus méfiant par rapport à l'école. Voilà, ce cercle, je pense qu'il est vraiment destructeur
pour notre système éducatif. Et donc le choix qu'on fait c'est de dire ben non, on peut aussi voir aussi tout ce qui se fait de bien sur le terrain parce que certes le système se porte pas très bien mais il reste des gens quand même super motivés qui investissent du temps, de l'énergie et de fait ça porte des résultats. Donc voilà pour chacune de ces questions, on propose trois initiatives de terrain et on a dû en choisir. C'était un c'est un crève cœur de choisir parmi tout ce qu'on a vu qui est qui est super et dire mais voilà, il s'agit pas de faire la même chose partout, de prescrire que c'est comme ça, mais de voir que si on laisse cette marge de manœuvre aux équipes éducatives, il s'agit pas d'une liberté pédagogique, on laisserait chaque prof décider ce qu'il veut, mais de laisser
une marge de manœuvre collective. euh comment est-ce que une équipe pédagogique lui laisse du temps de d'un espace de créativité, un une formation aussi euh qui donne des des billes pour euh pour pouvoir répondre à à une situation locale. Mais voilà, comment est-ce qu'on donne cette cette marge de manœuvre pour que euh localement sur le terrain, on trouve des réponses adaptées. C'est de là que peut venir un changement.