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InterviewFrance Inter — L'invité de 6h20 (sur Site radio)· 27 avril 2026 7 minContradictoireFond programmatiqueSanté

Semaine cruciale de négociations à l'OMS sur les vaccins et pathogènes

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Chapitres

Répartition du ton (temps de parole politique)

Propositif 65 %Défensif 35 %

Affirmations vérifiables (citations exactes)

  • 0:48Invité politiquePromesse
    « Il s'agit de définir un système mondial qui va permettre l'échange des virus en cas de pandémie et aussi l'accès aux bénéfices qui sont tirés de ces virus. »
  • 2:04PrésentateurFait
    « Ça veut dire que si cet accord, si ce traité est définitivement validé, adopté, ratifié, ça veut dire que le labo en question va devoir en donner la formule de son vaccin. »
  • 3:54Invité politiquePromesse
    « C'est des négociations très difficiles parce qu'il s'agit de définir un texte juridique très précis à propos d'un futur qui est complètement incertain. »
  • 4:48Invité politiqueFait
    « C'est sûr que pour une pandémie qui va toucher tous les pays du monde, le mieux, c'est d'avoir un accord qui soit adopté par tous. »
  • 5:17PrésentateurChiffre
    « Et actuellement, est-ce qu'il y a des virus qui vous inquiètent particulièrement qui font peser des risques sur la santé mondiale ? »

Temps de parole

  • Invité politique66 %
  • Présentateur34 %

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0:00
Présentateur

France Inter, le 5-7. Il est 6h21, si l'humanité devait être confrontée à une nouvelle pandémie de type Covid, serait-elle mieux organisée pour y faire face ? Une question cruciale sur laquelle travaille l'OMS depuis plusieurs années. Les états membres de l'Organisation Mondiale de la Santé se réunissent cette semaine à Genève en Suisse. Bonjour Sylvie Briand. Bonjour. Vous êtes scientifique en chef de l'OMS. Quel est l'enjeu de cette dernière séance de négociation ? Qu'est-ce qui est au cœur des discussions ?

0:36
Invité politique

Alors, la négociation actuelle porte sur la définition d'une annexe au traité qui a été adoptée. Le texte a été adopté l'an dernier, lors de l'Assemblée Mondiale de 2025. Et là, en fait, il s'agit de définir un système mondial qui va permettre l'échange des virus en cas de pandémie et aussi l'accès aux bénéfices qui sont tirés de ces virus.

1:00
Présentateur

Mais ça sert à quoi d'échanger des virus ?

1:03
Invité politique

Alors voilà, parce qu'en fait, pour produire des vaccins ou des traitements ou des diagnostics, on a besoin d'avoir accès aux virus qui produisent la maladie. Et donc, en général, ces virus, surtout au début d'une pandémie, ils ne sont pas partout. Ils ne sont que dans certains endroits de la Terre. Et donc, il faut que les pays qui soient les premiers touchés partagent immédiatement ces virus pour qu'on puisse produire les vaccins et les traitements.

1:28
Présentateur

Donc, le but, c'est qu'à terme, on trouve des vaccins beaucoup plus rapidement et qu'ils soient mieux répartis sur l'ensemble de la planète en fonction des besoins, c'est ça ?

1:37
Invité politique

Tout à fait. Donc, on essaye effectivement, c'est une course contre la montre. Cette fois-ci, on a mis un peu moins d'un an pour trouver le vaccin, mais ça a mis beaucoup plus de temps pour se répartir, pour que tout le monde ait accès aux vaccins. Donc, ce qu'on essaye de faire, c'est à la fois d'accélérer le processus de développement, mais aussi la distribution à tous les pays dans le monde.

1:57
Présentateur

Prenons un exemple. Imaginons, malheureusement, il y a une nouvelle pandémie. Un labo français trouve un vaccin. Ça veut dire quoi ? Ça veut dire que si cet accord, si ce traité est définitivement validé, adopté, ratifié, ça veut dire que le labo en question va devoir en donner la formule de son vaccin, va devoir mettre à disposition de l'OMS une partie de sa production. Ça veut dire qu'il n'aura pas la liberté de vendre son vaccin à qui il veut et au prix qu'il veut ?

2:23
Invité politique

Alors, ça veut dire qu'il devra effectivement donner à l'OMS une proportion de sa production, jusqu'à 20% en temps réel, de façon à ce que ces 20% puissent être distribués aux pays qui ne peuvent pas avoir accès aux vaccins. Et les labos participent à ces négociations ? Ils sont d'accord pour faire ça ? Alors, ils ont dit qu'ils étaient d'accord pour avoir un système plus équitable, parce qu'ils ne peuvent pas produire s'ils n'ont pas accès aux vaccins. Pardon, aux virus. Aux virus, oui, aux virus. Donc, la première phase, la phase initiale, c'est effectivement d'avoir accès aux matériels biologiques.

3:06
Présentateur

Donc, c'est une sorte de donnant-donnant, c'est on vous donne accès au virus, comme ça vous pouvez faire votre recherche et développer des vaccins, qu'après vous revendrez en grande majorité, mais en en donnant une partie à l'OMS aussi, c'est ça ? Voilà, c'est ça.

3:19
Invité politique

C'est de façon à faire un système beaucoup plus équitable, parce qu'en cas de pandémie, il n'y a jamais assez de vaccins pour tout le monde. Et donc, évidemment, c'est les pays les plus riches qui vont avoir accès en premier, mais pas seulement, parce que les tout petits pays, par exemple, même s'ils ont de l'argent, ils n'auront pas forcément accès, parce que les producteurs préfèrent vendre aux pays qui vont commander des grandes quantités.

3:42
Présentateur

Alors, il y a une question de calendrier, parce que là, il faut avoir un texte à proposer avant la prochaine Assemblée mondiale de la santé dans un mois. Là, c'est vraiment la dernière semaine de négociations. Vous êtes confiante ? Il est possible que ça échoue ou pas ?

3:54
Invité politique

C'est des négociations très difficiles, parce qu'il s'agit de définir un texte juridique très précis, à propos d'un futur qui est complètement incertain, parce qu'on ne sait pas quel virus va émerger, quels seront les vaccins ou les traitements qui pourront être développés à partir de ce virus, et ni quel traitement pourra être produit. Donc, en fait, il y a beaucoup d'incertitudes. Donc, c'est quelque chose de très précis pour un futur tellement imprécis qu'évidemment, les négociations sont très compliquées.

Mais on a vu l'an dernier, pour l'adoption du texte général, qu'à la dernière minute, les diplomates ont passé beaucoup de nuits à discuter, et puis à la fin, il y a eu un texte qui a été adopté quand même. Donc, il y a de l'espoir. Adopté à la quasi-totalité des États membres de l'OMS,

4:41
Présentateur

à l'exception de quelques pays, dont les États-Unis. Le fait qu'ils n'en fassent pas partie, est-ce que ça a un impact sur sa portée ?

4:48
Invité politique

C'est sûr que pour une pandémie qui va toucher tous les pays du monde, le mieux, c'est d'avoir un accord qui soit adopté par tous. Mais bon, je pense que si déjà un petit nombre de pays peut donner l'exemple, commencer à bâtir un monde plus équitable, basé sur la collaboration, l'entraide et la solidarité, je pense que c'est déjà bien. Surtout dans le contexte actuel où on a tellement de tensions géopolitiques, de guerres et justement du chacun pour soi.

5:15
Présentateur

Et actuellement, est-ce qu'il y a des virus qui vous inquiètent particulièrement, qui font peser des risques sur la santé mondiale ?

5:20
Invité politique

Alors, on a des systèmes de surveillance et on a dans le radar une douzaine de familles de virus. Et donc, il y a déjà des équipes de recherche qui cherchent à trouver des nouveaux vaccins, des nouveaux traitements ou des diagnostics pour ces virus. Et c'est des collaborations mondiales, en fait. Et la France est le leader d'un de ces réseaux de recherche sur les phylovirus, c'est-à-dire les virus liés à Ebola et marbours et des fièvres hémorragiques très dangereuses.

5:53
Présentateur

Une dernière question, Sylvie Briand, à propos de cette tribune signée par plusieurs centaines de médecins et de scientifiques pour défendre la vaccination. Il parle d'un bien commun de l'humanité qui n'a jamais été autant remis en cause. Aux Etats-Unis, les bébés sont de moins en moins vaccinés, la rougeole est en très forte recrudescence. En France également, la couverture vaccinale n'est pas au maximum. Est-ce que vous êtes inquiète, vous aussi ?

6:14
Invité politique

Oui, parce qu'en fait, je pense qu'il y a beaucoup d'incompréhension sur la valeur des vaccins et que les gens ne se rendent pas compte, en fait, du bénéfice que les vaccins ont apporté à la santé humaine depuis des décennies. Et si on arrête de vacciner, en fait, des maladies qui avaient disparu vont revenir. Donc, la fièvre jaune, des méningites, des choses très graves pour lesquelles on n'a pas forcément des traitements très efficaces.

6:41
Présentateur

Merci beaucoup, Sylvie Briand, scientifique en chef de l'OMS. Vous étiez en direct dans le 5-7.