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InterviewFrance Inter (sur YouTube)· 9 septembre 2025 9 minContradictoireActualité / polémiqueInstitutions & électionsÉconomie & entreprisesSolidarités & familleTravail & emploi

"Je crois à la lucidité, il est temps de cohabiter", affirme le socialiste Olivier Faure

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Chapitres

Répartition du ton (temps de parole politique)

Propositif 60 %Attaque 20 %Défensif 20 %

Questions et réponses

Taux de réponse directe : 59 % (directe = 1, partielle = 0,5, éludée = 0)

  • 0:14OuverteRéponse directe

    Bonjour Olivier Faure, merci d'être avec nous ce matin sur France Inter.

  • 0:49FerméeÉludée

    Est-ce qu'Emmanuel Macron a essayé de vous joindre dans la nuit ?

  • 0:59OuverteRéponse directe

    Donc pas d'appel du président de la République, vous parliez de lucidité.

  • 1:05RelanceRéponse partielle

    Depuis la dissolution, vous reprochez au président de ne pas avoir tenu compte du résultat des élections, et là vous dites on veut gouverner seul sans macronistes.

  • 1:15RelanceRéponse partielle

    Mais au fond Olivier Faure, vous subirez exactement le même sort que Michel Barnier et François Bayrou.

  • 1:54FerméeRéponse directe

    On arrive à peu près à 120 députés, au nom de quoi vous iriez à Matignon ?

Affirmations vérifiables (citations exactes)

  • 0:27Invité politiqueFait
    « Vous avez demandé à Emmanuel Macron de choisir pour Matignon quelqu'un venant de la gauche, fort de vos 66 députés, le tout en voulant détricoter le bilan du macronisme. »
  • 1:26Invité politiqueFait
    « La différence entre Michel Barnier, François Bayrou et ce que nous pourrions faire, la gauche et les écologistes, c'est que nous respecterions le Parlement. »
  • 1:47Invité politiqueFait
    « Et donc un gouvernement qui propose, et ensuite un Parlement qui dispose. »
  • 4:19Invité politiqueChiffre
    « Pourquoi est-ce qu'on devrait considérer encore aujourd'hui que sur 91 milliards d'exonérations de cotisations sociales patronales, on ne peut pas en prendre 2,9 ? »
  • 6:00Invité politiqueChiffre
    « Le coût a été évalué, c'est 500 millions par an. »

Temps de parole

  • Olivier Faure65 %
  • Présentateur35 %

6,6 interruptions / 10 min (chevauchements et interjections détectés).

Modèle mistral-small-latest · prompt v1· les citations sont vérifiées mot pour mot dans le transcript ; le taux de réponse directe est calculé à partir des verdicts question par question. Aucun label idéologique n'est produit.

0:01
Présentateur

France Inter, la grande matinale. 7h48, Benjamin Duhamel, votre invité, le premier secrétaire du Parti Socialiste. Bonjour Olivier Faure. Bonjour Benjamin Duhamel. Merci d'être avec nous ce matin sur France Inter. Alors que dans quelques heures, François Bayrou remettra formellement sa démission au président de la République, un nouveau Premier ministre doit être nommé dans les tout prochains jours. Voilà ce que dit l'Elysée. Et vous avez demandé à Emmanuel Macron de choisir pour Matignon quelqu'un venant de la gauche, fort de vos 66 députés, le tout en voulant détricoter le bilan du macronisme. Vous croyez au miracle Olivier Faure ?

0:34
Olivier Faure

Je crois à la lucidité, je crois à un pays divisé, je vois un pays exaspéré, et donc je pense qu'il est temps de cohabiter.

0:44
Présentateur

On va rentrer dans le détail de ce qui pourrait advenir. Vous avez été contacté hier soir, vous disiez non. Est-ce que dans la nuit, Emmanuel Macron a essayé de vous joindre, un message, un appel ?

0:53
Olivier Faure

Oui, dans la nuit, je dormais sur mes deux oreilles, et donc je n'ai pas entendu le réveil, enfin le réveil, le téléphone sonner, et donc non.

0:59
Présentateur

Donc pas d'appel du président de la République, vous parliez il y a quelques instants Olivier Faure de lucidité. Il y a quand même quelque chose de paradoxal. Depuis la dissolution, vous reprochez au président de ne pas avoir tenu compte du résultat des élections, d'être dans une logique d'hégémonie, et là vous dites, on veut gouverner, on veut gouverner seul, sans aucun macroniste. Mais au fond Olivier Faure, vous subirez, si d'aventure Emmanuel Macron vous nommait, exactement le même sort que Michel Barnier et François Bayrou.

1:21
Olivier Faure

La différence entre Michel Barnier, François Bayrou et ce que nous pourrions faire, la gauche et les écologistes, c'est que nous respecterions le Parlement. Et donc l'idée n'est pas de se proclamer majoritaire, nous ne le sommes pas, personne ne l'est. Et aucune coalition aujourd'hui ne peut dire, j'arrive au pouvoir parce que je suis majoritaire absolu. Et donc il faut prendre acte de cette minorité, et faire tourner le Parlement de manière à respecter les équilibres qui ont été, d'une certaine façon, décidées par les Français il y a un an. Et donc un gouvernement qui propose, et ensuite un Parlement qui dispose.

1:54
Présentateur

député, avec les écologistes et les communistes, on arrive à peu près à 120 députés. Au nom de quoi vous iriez à Matignon ?

2:02
Olivier Faure

Mais au nom de quoi ? Au nom de simplement de ce que les Français ont pu dire, scrutin après scrutin, et leur volonté aujourd'hui de voir les choses changer. Et moi ce que je crois, c'est que nous avons besoin aujourd'hui de sortir de cette séquence infernale dépressive dans laquelle nous sommes entrés. Et donc, qu'est-ce que vous voulez qu'on fasse ? Qu'on reprend la formule du guépard, de Visconti, en fait...

2:24
Présentateur

Il faut que ce change pour que rien ne change.

2:26
Olivier Faure

Exactement. Et bien, moi je pense que justement, ce que veulent les Français, ce n'est pas qu'on leur repasse les mêmes plats en permanence, en changeant uniquement la salade.

2:33
Présentateur

Vous avez entendu Jean-Luc Mélenchon, non seulement il refuse ce qu'il appelle votre tambouille, mais il considère que si vous arriviez à Matignon, vous seriez obligé de vous entendre avec les macronistes.

2:42
Olivier Faure

Mais Jean-Luc Mélenchon dira ce qu'il voudra. Moi je me souviens très bien qu'il y a un an, y compris son propre groupe, celui de l'AFI, avait accepté l'idée du compromis. Parce qu'il n'est pas possible de faire autrement. Et que nous avons une obligation de chercher des accords au fur et à mesure, sur nos bases, mais qui permettent d'avancer, parce que ce pays ne peut pas rester immobilier.

3:04
Présentateur

Donc Olivier Faure, chercher des accords, ça veut dire que Jean-Luc Mélenchon n'a pas tort. Si vous arriviez à Matignon, vous seriez obligé de négocier avec les macronistes pour faire en sorte non seulement de ne pas être censuré, mais aussi que votre budget, vos textes de loi puissent passer.

3:17
Olivier Faure

Mais c'est exactement ce que disait Jean-Luc Mélenchon il y a un an.

3:20
Présentateur

Pas tout à fait.

3:21
Olivier Faure

Si.

3:21
Présentateur

Non.

3:22
Olivier Faure

Non, il a tout dit. Enfin, c'est vrai, vous avez raison, il a beaucoup dit des choses très différentes. Mais enfin, moi je me souviens que Lucie Casté, au mois d'août, écrit avec l'ensemble des présidents de groupe du NFP, et dit, en fait, nous n'avons pas de majorité, nous devrons chercher des compromis texte par texte. C'est très exactement ce que je dis aujourd'hui. Il faut trouver des compromis texte par texte. Et je mets au défi, Jean-Luc Mélenchon, demain, de s'opposer à la taxe Zuckmann, de s'opposer à la suppression de la réforme des retraites, de s'opposer à un gouvernement qui voudrait rendre le pouvoir d'achat aux Françaises et aux Français.

3:51
Présentateur

Olivier Faure, la base de discussion, c'est votre contre-budget, celui que vous avez présenté, un effort de 22 milliards contre 44 pour François Bayrou. Là encore, une question très précise. Est-ce que vous pouvez me citer une économie budgétaire que vous proposez au Parti Socialiste, qui ne soit pas ni la suppression d'un crédit d'impôt, ni le rabotage d'une niche fiscale ? Une économie ?

4:12
Olivier Faure

Mais pourquoi ? Je vais le faire, mais enfin, pourquoi devrait-on renoncer à ce que vous venez de dire ? Pourquoi est-ce qu'on devrait considérer encore aujourd'hui que sur 91 milliards d'exonérations de cotisations sociales patronales, on ne peut pas en prendre 2,9 ? On est loin de la prise du palais d'hiver par les bolcheviques. Ce n'est pas ma question, Olivier Faure. Mais si, c'est ma réponse. Vous voulez pour vous dire... Oui, bien sûr.

4:32
Présentateur

Il y a des économies à faire, et vous le reconnaissez. Est-ce que vous pouvez me donner un exemple d'une économie à faire qui ne serait pas la suppression d'une niche fiscale ou un crédit d'impôt qui disparaîtrait ?

4:43
Olivier Faure

Je vous en donne plusieurs. Un premier qui est, par exemple, sur le fonctionnement de l'État. On a prévu de reprendre 5,4 milliards.

4:49
Présentateur

Et qui viennent d'où, les 5,4 milliards ?

4:51
Olivier Faure

Mais tout simplement, en fait, dans la régulation, par exemple, les politiques d'achat de l'État, par exemple, sur la régulation du fonctionnement des agences de l'État. Je pense aussi aux politiques de prévention.

5:01
Présentateur

Les agences, le Sénat dit maximum 540 millions d'euros qu'on peut économiser.

5:05
Olivier Faure

Je ne sais pas comment vous arrivez à 5 milliards. Je ne parle pas que des agences. Je parle de la politique d'achat de l'État qui, aujourd'hui, peut être centralisée. Il y a pas un nombre de choses que l'on peut réaliser. Et donc, nous avons chiffré à 5 milliards la possibilité de revenir sur le train de vie de l'État de manière générale. Donc, ça, voilà un premier exemple. Mais il y a aussi des politiques de prévention. Comment est-ce qu'on fait pour aujourd'hui que... Sur la balle bouffe. Comment est-ce qu'on fait pour qu'on ait des politiques de prévention qui permettent de réaliser des économies de long terme ?

5:32
Présentateur

Donc, quand c'est des hausses d'impôts, c'est clair, mais quand c'est des baisses de dépenses, c'est beaucoup plus fou.

5:36
Olivier Faure

Je vous donne un autre exemple. Non, non, pas flou du tout. Je vous donne un autre exemple. Non, parce que les vraies économies, ce sont celles de long terme. Je vous donne une économie de long terme qui est indispensable. Vous avez aujourd'hui des Françaises et des Français qui sont mal logés, qui vivent dans des passions thermiques qui sont trop chaudes l'été, trop froides l'hiver. Ça a des conséquences sur leur santé. Le coût a été évalué, c'est 500 millions par an. Le coût de ces rénovations, c'est 6 milliards et demi. Ça veut dire qu'en 13 ans, on a complètement rentabilisé les 6 milliards et demi qu'on a investis.

Voilà une économie qui est une économie très vertueuse parce qu'elle permet à la fois à tout le monde de vivre mieux et en même temps à l'état d'économiser au bout de 13 ans. Donc, voilà des sujets sur lesquels nous devons intervenir. Et moi, je ne crois pas simplement à ce que vous pouvez dire. C'est-à-dire qu'on n'est pas obligé de créer une purge pour les Français et d'aller chercher dans les poches de la classe moyenne et de la classe populaire ce que François Béroux a fait.

6:28
Présentateur

Olivier Faure, le plus probable reste la nomination d'un Premier ministre issu de ce qu'on appelle le socle commun. Alors, je n'ai toujours pas compris votre position. Si un macroniste est nommé à Matignon, par exemple Sébastien Lecornu, est-ce que vous le censurez automatiquement ou pas ?

6:43
Olivier Faure

Mais pour l'instant, je ne répondrai pas à cette question. Moi, ce que je souhaite, c'est que ce soit la gauche et les écologistes qui aillent à Matignon. Mais ça, on a compris. Mais simplement là, Emmanuel Macron dit nomination d'un Premier ministre dans les prochains jours. Mais je ne vais pas entrer dans un récit qui serait celui de dire ce que je ferai avec tel ou tel. La réalité, c'est que pour l'instant, nous devons nous revendiquer le pouvoir et faire en sorte que cette possibilité existe. Mais pardon Olivier Faure, mais si vous ne répondez pas,

7:05
Présentateur

si vous ne répondez pas, ça veut donc dire qu'il n'y a pas de censure automatique du Parti Socialiste d'un éventuel Premier ministre issu du Bloc Central. Vous ne me faites pas parler, je ne vous ai pas répondu. Donc ne dites pas ce que j'aurais dit, je n'ai rien dit. Et pourquoi vous ne dites rien ? Est-ce qu'il n'y a pas un message de clarté envoyé aux Français de savoir ce que ferait le Parti Socialiste ?

7:19
Olivier Faure

La clarté, c'est aujourd'hui que nous voulons le changement. C'est simple, Benjamin Emmanuel, le changement. En sorte que les Français qui sont dans la rue, qui vont manifester et qui expriment à tour de rôle leur exaspération puissent enfin trouver un débouché politique à travers un changement qui ne peut pas être, de mon point de vue, la continuation de ce qui se fait depuis 8 ans.

7:39
Présentateur

Il n'y a pas de censure automatique du Parti Socialiste si Sébastien Lecornu, Catherine Vautrin est nommé à Matignon. Mais vous avez la tête dure, mais moi aussi. Oui. Bon, écoutez, vous ne répondrez pas, là encore, les auditeurs jugeront. Pour terminer, Olivier Faure, un mot sur la mobilisation sociale de demain. Et ce mot d'ordre « bloquons tout » que vous souhaitez accompagner, c'était vos mots il y a une dizaine de jours, ça veut dire que vous approuvez les blocages de raffinerie, d'axes autoroutiers, de lycées, d'universités qui sont prévus demain ?

8:05
Olivier Faure

Ça veut dire que je comprends que les Françaises et les Français aient envie d'agresser un message au chef de l'État. Est-ce que ça veut dire que je suis d'accord avec des propositions qui seraient violentes, qui créeraient le chaos ? La réponse est non. Parce que je pense qu'au contraire, toutes celles et ceux qui veulent le changement n'ont pas intérêt à redonner la main au chef de l'État en permettant de passer d'un sujet qui est un sujet économique, social, environnemental à un sujet qui viendrait sécuritaire. Donc vous n'êtes pas favorable à ces blocages ?

Je viens de vous répondre, je viens de vous dire que je ne souhaite pas d'action violente, je ne souhaite pas qu'on puisse donner le sentiment que celles et ceux qui aujourd'hui manifestent leur désaccord avec le chef de l'État donnent le sentiment qu'ils sont pour le chaos. Je ne suis pas pour le chaos, je suis pour des solutions. Je souhaite que nous puissions rendre au pays une capacité à espérer. Ce que nous proposons dans notre contre-projet, dont vous avez évoqué rapidement le sens, c'est que nous pensons que nous pouvons à la fois réduire les déficits, nous pouvons relancer l'activité et nous pouvons rendre le pouvoir d'achat. Voilà ce que nous voulons.

9:06
Présentateur

Merci Olivier Faure et donc Nicolas, on sort de l'ambiguïté cassé des pans.