CE QUE MACRON RÉSERVE AUX ÉTUDIANTS S'IL EST RÉÉLU
Transcription youtube_captions. À recouper avec la source d'origine.
Des moyens financiers s’ils sont nécessaires ils ne se suffisent pas à eux-mêmes. 50 % des étudiants seulement se présentent aux examens de première année. Autre exemple, nous sommes dans un pays, et c’est une fierté mais où un étudiant sur trois est boursier et a pu en bénéficier.
Et pourtant nous n’avons jamais vu autant de précarité étudiante. On ne pourra pas rester durablement dans un système où l’enseignement supérieur n’a aucun prix pour la quasi-totalité des étudiants, où un tiers des étudiants sont considérés comme boursiers et où pourtant nous avons tant de précarité étudiante, et une difficulté à financer un modèle qui est beaucoup plus financé sur l’argent public que partout dans le monde pour répondre à la compétition internationale. Les universités ne devront d’abord, plus seulement garantir l’accueil des étudiants dans une formation mais garantir l’orientation des jeunes vers l’emploi.
Je m’appelle Naïm Shili je suis porte-parole d’Alternative, une fédération de syndicats étudiants locaux et je suis venu ici pour revenir sur les annonces d’Emmanuel Macron la semaine dernière au congrès des présidents d’universités. Emmanuel Macron a annoncé la semaine dernière qu’il fallait en finir avec un système où la quasi-totalité des étudiants ne payaient pas de frais d’inscription. Tout d’abord, c’est faux, aujourd’hui il n’y a que les étudiants boursiers qui ne payent pas de frais d’inscription, c’est « que » 27 % des étudiants et des étudiantes, pour le reste, ce sont des frais d’inscription qui vont de 170€ à 380€ entre les licences et le doctorat.
Donc c’est pas du tout la gratuité. Et ça va même jusqu’à 600 et même plusieurs milliers d’euros pour les écoles d’ingénieurs. Donc c’est faux de dire que l’université elle est quasiment gratuite pour la quasi-totalité des étudiants et surtout c’est extrêmement méprisant en vue de toute la hausse de la précarité étudiante qu’il y a eu ces dernières années.
Ce discours d’Emmanuel Macron, c’est simplement une feuille de route en cas de réélection en avril prochain. On montre qu’après avoir mis en place la sélection à l’université, augmenté les frais d’inscription pour les étudiants étrangers et étrangères, il compte continuer dans cette voie-là en cas de réélection en faisant une université qui soit au service du patronat plutôt qu’un université au service de nos propres choix d’avenir, qui nous permettrait de nous émanciper, de faire nos propres choix d’études en toute conscience de cause. C’est ça l’objectif de Macron, et la hausse des frais d’inscription ça serait une des parties de cette nouvelle université en cas de réélection.
Très concrètement, si demain il y a une hausse généralisée des frais d’inscription pour toutes et tous ça veut dire qu’il y aura des centaines de milliers de jeunes qui ne pourront plus accéder à l’université. Pour ceux et celles qui y accéderont ça sera au prix d’un endettement, d’un surendettement. Avec les mêmes conséquences qu’on voit au Royaume-Uni ou aux Etats-Unis où 10, 15, 20 ans après avoir fini ses études, on est toujours là à devoir payer ses prêts étudiants.
C’est ça l’université que veut Macron, comme ce qu’il a fait pour les étudiants étrangers. 2770€ en licence, 3770€ en master, c’est ça l’avenir qu’il nous réserve en cas de réélection en avril prochain. L’université que veut Macron, c’est une université où tout se vend, tout s’achète, où du coup pour y accéder il faut forcément y mettre le porte-feuille, en plus d’une sélection sociale sur algorithme avec Parcoursup, on aura une sélection financière sur le porte-feuille.
Et donc l’objectif c’est, augmenter les frais d’inscription mais aussi augmenter le recours aux prêts étudiants. Stanislas Guerini patron de la République en Marche il y a quelques années, il avait déjà fait cette proposition dans les think-tank macronistes comme à l’Institut Montaigne, on pousse aussi cette proposition, et donc on voit que d’un côté, la hausse des frais d’inscription et la hausse du recours aux prêts étudiants, c’est vraiment le programme d’Emmanuel Macron pour l’université après 2022. On a besoin de plus de moyens dans l’université mais ces moyens ils doivent venir de l’État.
On ne doit pas reposer sur les étudiants. Augmenter les frais d’inscription, ils l’ont déjà fait, c’est la création de la CVEC par exemple : une taxe étudiante, la « Contribution vie étudiante et campus », obligatoire pour rentrer dans l’enseignement supérieure, qui consiste à faire reposer le financement de la vie étudiante sur les étudiants eux-mêmes. Et avec la hausse des frais d’inscription, c’est ce que le gouvernement veut faire, pour l’ensemble du fonctionnement de l’université.
Les conséquences, on l’a vu au Royaume-Uni et aux Etats-Unis, c’est premièrement le fait qu'il y a des étudiants qui ne sont pas en capacité de payer leurs prêts étudiants et donc derrière c’est l’État qui doit compenser et qui doit tout simplement donner de l’argent aux banques pour compenser la défaillance des prêts. Et derrière, on voit aussi que c’est tout simplement les classes populaires qui ne peuvent plus accéder à l’université. Donc on dit « oui » pour un investissement dans l’enseignement supérieur mais il doit venir de l’État et pas reposer sur les étudiants et les étudiantes.
Ces annonces elles sont clairement dans la continuité de ce que fait ce gouvernement depuis le début du quinquennat, on a un gouvernement qui a fait le grand chelem ! la mise en place de la sélection avec Parcoursup, la hausse des frais d’inscription pour les étudiants étrangers, la privatisation et la précarisation de la recherche avec la LPR et on sait qu’il veut continuer. Emmanuel Macron, il avait la possibilité d’éradiquer la pauvreté dans l’enseignement supérieur, ça fait des années, des mois qu’on se mobilise, qu’on interpelle sur la question de la précarité étudiante.
Il faut une réforme des bourses. Lui-même, Macron n’a pas arrêté de la promettre sans jamais la mettre en place. Mais plutôt qu’éradiquer la pauvreté dans l’enseignement supérieur, il a décidé d’éradiquer les pauvres de l’université.
Et donc c’est pour ça qu’on appelle à se mobiliser massivement le 3 février prochain partout en France, dans l’ensemble des villes universitaires. Premièrement, pour refuser toute hausse des frais d’inscription et aussi pour demander des mesures concrètes, un plan d’urgence face à l’état de l’université, des places en plus pour inscrire les sans-facs, qui se mobilisent toujours comme c’est le cas à Nanterre, des mesures face à la précarité étudiante avec le retour du repas à 1€ pour toutes et tous, et enfin un plan d’urgence pour vivre convenablement à l’heure du COVID et alors qu’on voit très bien qu’on ne peut pas vivre dans de bonnes conditions d’études sans distanciation et sans masques FFP2 distribués.
Emmanuel Macron