Aller au contenu
Pourquijevote
Tous les transcripts
InterviewFrance Inter — L'invité de 8h20 (sur Site radio)· 27 mars 2013 11 minContradictoireActualité / polémiqueÉconomie & entreprisesTravail & emploiRetraitesImmigration & asile

Marine Le Pen

Transcription Whisper (large-v3), avec identification des locuteurs. À recouper avec la source d'origine.

Analyse automatique

Générée par IA — peut contenir des erreurs. Méthodologie

Chapitres

Répartition du ton (temps de parole politique)

Propositif 30 %Attaque 60 %Défensif 10 %

Questions et réponses

Taux de réponse directe : 78 % (directe = 1, partielle = 0,5, éludée = 0)

  • 0:22OuverteRéponse directe

    Quelles sont les solutions du Front National pour relancer l'emploi et la croissance ?

  • 2:07FerméeÉludée

    L'accord chez Renault avec gel des salaires et augmentation du temps de travail, vous le signez ?

  • 4:26ComplaisanteRéponse partielle

    Il préconisait le repli de l'État sur ses fonctions purement régaliennes.

  • 4:48RelanceRéponse directe

    C'est-à-dire ?

  • 5:56OuverteRéponse directe

    Notre système de retraite doit-il être réformé pour répondre au déficit et à l'espérance de vie ?

  • 7:16RelanceRéponse partielle

    Ça ne règle pas la question des retraites ?

Affirmations vérifiables (citations exactes)

  • 0:33Invité politiqueFait
    « On ne sortira pas du problème de l'augmentation régulière du chômage tant qu'on n'admettra pas que le modèle économique qui a été choisi par l'UMP et l'EPS a échoué. »
  • 0:43Invité politiqueFait
    « Ce modèle économique, il a été fondé sur l'ouverture totale des frontières, sur le libre-échange, sur cette fameuse loi du commerce qui devait tout réguler sans que l'État n'intervienne. »
  • 0:59Invité politiqueFait
    « Il est fondé sur la concurrence internationale que je considère comme profondément déloyale puisqu'elle nous met aujourd'hui face à des pays qui fabriquent au moins aussi bien que nous surtout lorsqu'on leur transfère notre technologie mais avec des coûts qui sont très inférieurs parce qu'ils n'ont pas de système de protection sociale, ils ne respectent pas les normes sanitaires, environnementales, etc. »
  • 1:19Invité politiqueFait
    « Donc ce modèle est un échec. C'est donc tout ce modèle qu'il faut abandonner pour revenir à un modèle national, un modèle de patriotisme économique, un modèle où l'État stratège doit revenir poser les règles du jeu. »
  • 2:14Invité politiqueFait
    « Non mais je crois que là on est en train de prendre les Français pour des imbéciles et notamment le gouvernement parce que la réalité... »
  • 2:32Invité politiqueFait
    « ils annoncent des suppressions d'emplois, ils annoncent des fermetures d'usines et puis après ils font en réalité du chantage en disant bon pour finir on fermera pas l'usine mais on vous demande d'accepter la déflation salariale. »
  • 2:47Invité politiqueFait
    « ils continuent à ouvrir des usines. C'était avant dans les pays d'Europe de l'Est, c'est maintenant dans les pays du Maghreb, Algérie, Maroc qui vont produire des voitures qui vont rentrer en concurrence directe avec celles qui sont fabriquées en France. »
  • 3:41Invité politiquePromesse
    « Je suis la seule sur la place politique française à demander le rejet de ce modèle. »
  • 3:48Invité politiqueFait
    « depuis les années 80, le parti socialiste non seulement s'est soumis à ce modèle ultralibéral, mais qu'il l'a accéléré. »
  • 4:00Invité politiqueFait
    « Il n'y a qu'à regarder Chypre pour s'en apercevoir, mais pas seulement. »
  • 4:51Invité politiqueFait
    « Les pires défauts de la gauche, c'est-à-dire ce que j'appelle le gaucho-laxisme dans la gestion de l'insécurité où, en permanence, le délinquant doit faire l'objet de la plus grande considération quand la victime n'a qu'à se faire discrète. »
  • 5:08Invité politiqueFait
    « Ce gaucho-laxisme qui fait dire à Mme Taubira que la prison n'est pas la solution, que la solution, c'est la compréhension à l'égard des criminels, etc. »
  • 5:35Invité politiqueFait
    « la peur du mariage homosexuel, de la GPA et la marchandisation du corps parce qu'il s'agit en réalité, la GPA c'est la marchandisation, l'ultime, parce que c'est la marchandisation du vivant, de l'humain. »
  • 6:46Invité politiqueFait
    « Il faut donc retrouver un système de protection sociale nationale, donc en exclure notamment les étrangers, le système de protection, l'arrêt de l'aide médicale d'État, la préférence nationale qui permet de réserver, comme d'ailleurs est en train de le proposer doucement M. Cameron, réserver le système de protection sociale aux Français, réserver les logements sociaux aux Français. »

Temps de parole

  • Marine Le Pen81 %
  • Présentateur19 %

1,9 interruption / 10 min (chevauchements et interjections détectés).

Modèle mistral-small-latest · prompt v1· les citations sont vérifiées mot pour mot dans le transcript ; le taux de réponse directe est calculé à partir des verdicts question par question. Aucun label idéologique n'est produit.

0:00
Présentateur

Bonjour Marine Le Pen, le Front National a connu deux événements marquants ces derniers jours, la partielle de l'Oise où pour la première fois vous avez fait presque jeu égal avec l'UMP dans un second tour et puis quelques jours plus tôt à l'Assemblée, une question d'actualité de Marion Maréchal-Le Pen à propos des Roms qui a recueilli les applaudissements spontanés d'une vingtaine de députés UMP. On va en reparler mais d'abord l'actualité c'est le chômage qui est au plus haut. Quelles sont les solutions du Front National pour relancer l'emploi et la croissance dans notre pays ?

0:26
Marine Le Pen

On ne sortira pas du problème de l'augmentation régulière du chômage tant qu'on n'admettra pas que le modèle économique qui a été choisi par l'UMP et l'EPS a échoué. Ce modèle économique, il a été fondé sur l'ouverture totale des frontières, sur le libre-échange, sur cette fameuse loi du commerce qui devait tout réguler sans que l'État n'intervienne. Il est fondé sur le rejet de tout protectionnisme.

Il est fondé sur la concurrence internationale que je considère comme profondément déloyale puisqu'elle nous met aujourd'hui face à des pays qui fabriquent au moins aussi bien que nous surtout lorsqu'on leur transfère notre technologie mais avec des coûts qui sont très inférieurs parce qu'ils n'ont pas de système de protection sociale, ils ne respectent pas les normes sanitaires, environnementales, etc. Donc ce modèle est un échec.

C'est donc tout ce modèle qu'il faut abandonner pour revenir à un modèle national, un modèle de patriotisme économique, un modèle où l'État stratège doit revenir poser les règles du jeu là où il s'est effacé devant les règles du commerce et notamment du commerce évidemment le plus prédateur.

1:46
Présentateur

On reviendra peut-être sur l'Europe un peu plus tard, précisément sur des questions d'actualité, par exemple sur l'automobile qui nous a beaucoup occupé ces derniers mois, l'accord chez Renault, la direction qui décide de rapatrier une partie de sa production de véhicules qui s'engage à ne pas fermer d'usine en échange d'un gel des salaires et d'une augmentation du temps de travail que vous signez ?

2:14
Marine Le Pen

Non mais je crois que là on est en train de prendre les Français pour des imbéciles et notamment le gouvernement parce que la réalité... Là c'est pas le gouvernement là, Renault c'est un accord dans une grande entreprise. Oui mais la réalité c'est que Renault annonce, c'est toujours pareil, ils font toujours la même technique, ils annoncent des suppressions d'emplois, ils annoncent des fermetures d'usines et puis après ils font en réalité du chantage en disant bon pour finir on fermera pas l'usine mais on vous demande d'accepter la déflation salariale. Et pendant ce temps-là, ce que les Français ne savent pas, c'est que pendant ce temps-là, ils continuent à ouvrir des usines.

C'était avant dans les pays d'Europe de l'Est, c'est maintenant dans les pays du Maghreb, Algérie, Maroc qui vont produire des voitures qui vont rentrer en concurrence directe avec celles qui sont fabriquées en France. Et ça avec la bénédiction du gouvernement socialiste. Mais encore une fois, je veux dire soit on rompt avec les règles qui sont en oeuvre aujourd'hui, soit on ne rompt pas. Mais si on ne rompt pas, eh bien il faut que le gouvernement assume les conséquences. Et les conséquences, c'est la multiplication des délocalisations.

C'est à terme, évidemment, en fonction de cette fameuse loi de la compétitivité, la fermeture d'usines qui seront considérées demain comme non compétitives par rapport à la concurrence internationale déloyale. Et ce système est un système mortifère. Donc moi je suis la seule sur la place politique française à demander le rejet de ce modèle. puisqu'on sait très bien que depuis les années 80, le parti socialiste non seulement s'est soumis à ce modèle ultralibéral, mais qu'il l'a accéléré. Il a largement contribué aux dérégulations. Il a évidemment largement contribué à la fusion des banques de dépôt et des banques d'affaires qui posent un si grand problème aujourd'hui.

Il n'y a qu'à regarder Chypre pour s'en apercevoir, mais pas seulement. Il a largement contribué à la privatisation, je veux dire, de pans entiers de notre économie. Et aujourd'hui, il pleure sur le lait renversé. Oui, il n'y a qu'à malheur, c'est que nous, nous étions pour le maintien des frontières, ce qui changeait tout. Vous comprenez ? Eh oui, si, ça change tout.

4:24
Présentateur

Et aujourd'hui... Il préconisait le repli de l'État sur ses fonctions purement régaliennes.

4:30
Marine Le Pen

Si je peux essayer de, peut-être, de résumer ce qu'est le gouvernement actuel, il arrive au tour de force de réunir en même temps les pires défauts de la droite et les pires défauts de la gauche.

4:48
Présentateur

C'est-à-dire ?

4:51
Marine Le Pen

Les pires défauts de la gauche, c'est-à-dire ce que j'appelle le gaucho-laxisme dans la gestion de l'insécurité où, en permanence, le délinquant doit faire l'objet de la plus grande considération quand la victime n'a qu'à se faire discrète. Ce gaucho-laxisme qui fait dire à Mme Taubira que la prison n'est pas la solution, que la solution, c'est la compréhension à l'égard des criminels, etc.

Le mépris des valeurs traditionnelles qui s'expriment en toutes circonstances de la part de la gauche et que l'on peut, d'ailleurs, toucher du doigt dans la peur du mariage homosexuel, de la GPA et la marchandisation du corps parce qu'il s'agit en réalité, la GPA c'est la marchandisation, l'ultime, parce que c'est la marchandisation du vivant, de l'humain. Et les pires défauts de la droite ? Et les pires défauts de la droite, c'est-à-dire l'ultralibéralisme, la fascination pour le commerce, pour la finance et puis cette tendance éminemment critiquable à venir en aide à ceux qui n'en ont pas besoin.

5:55
Présentateur

Quelques questions économiques encore. Notre système de retraite, il faut à nouveau le réformer pour répondre à la fois au déficit du régime et à l'augmentation de l'espérance de vie ?

6:04
Marine Le Pen

Si on ne sort pas de ce modèle économique, bien entendu, c'est la seule solution.

6:08
Présentateur

Le modèle, là, c'est un autre modèle, c'est le modèle du système par répartition.

6:11
Marine Le Pen

Non, non, pas du tout, monsieur. Le système par répartition ne peut pas survivre avec le modèle économique qui est choisi par la droite et par la gauche, ce n'est pas possible. La réalité, c'est que tant que l'on ne mettra pas fin à un système social qui est devenu international, où l'on prend en charge l'intégralité des difficultés du monde, on ne pourra pas sauver notre système de retraite. Et tant qu'on choisira un modèle économique qui fabrique du chômage, on ne pourra pas créer les richesses qui vont susciter les emplois de demain, emplois qui paieront dans le système de répartition les retraites de ceux qui ont arrêté de travailler.

Il faut donc retrouver un système de protection sociale nationale, donc en exclure notamment les étrangers, le système de protection, l'arrêt de l'aide médicale d'État, la préférence nationale qui permet de réserver, comme d'ailleurs est en train de le proposer doucement M. Cameron, réserver le système de protection sociale aux Français, réserver les logements sociaux aux Français.

7:16
Présentateur

Ça ne règle pas la question des retraites ? Ou alors vous voulez mêler l'argent de l'État et faire financer massivement par l'État ?

7:24
Marine Le Pen

Monsieur, si bien sûr que oui, il y a un lien. Et merci de me permettre de l'expliquer. On ne cesse de parler aujourd'hui du coût du travail. On dit mais il y a, le coût du travail est trop lourd en France et on justifie les difficultés de compétitivité avec ce coût du travail. Mais le coût du travail, c'est quoi ? C'est en même temps le prix de l'immigration et le prix du chômage. Donc si vous agissez sur le coût que représente l'immigration et si vous agissez sur la création d'emplois, c'est-à-dire le retour au plein emploi plutôt que l'aggravation systématique du chômage, vous réglez le problème du coût du travail.

8:00
Présentateur

Enfin, les chômeurs cotisent pour les retraites, Mme Le Pen. Mais je n'ai pas de rapport avec ce que je viens de dire. Ce n'est pas un problème, il y a un rapport entre la population active et le nombre de retraités à qui on doit verser des pensions.

8:11
Marine Le Pen

Monsieur, les chômeurs cotisent pour les retraites. C'est l'argent, encore une fois, de la protection de la perte d'emploi qui finance les retraites. Donc vous êtes pour le retour à la retraite à 60 ans. Les chômeurs, hélas, ne peuvent pas, sont privés de la création de richesses. Vous êtes pour la retraite à 60 ans. Je suis pour la retraite à 40 annuités, la retraite pleine, au bout de 40 annuités.

Ce qui n'arrivera plus jamais, notamment à ma génération, je ne parle même pas de la génération suivante, puisque avec les risques de chômage inouïs que vive la population française aujourd'hui, le temps partiel, et j'en passe et des meilleurs, le moins qu'on puisse dire, c'est que ceux qui toucheront une retraite pleine au bout de 40 ans auront déjà peut-être 67, 70, peut-être même 75 ans.

8:56
Présentateur

La fiscalisation des allocations familiales, pour ou contre ? Contre. Contre.

9:02
Marine Le Pen

Contre, parce que les allocations familiales, il faut bien se souvenir à quoi ça sert. Ça sert à faire des enfants, ce qui est utile d'ailleurs pour sauver le système de retraite par répartition, entre autres. C'est donc la base d'une politique nataliste. C'est ça l'objectif. C'est pour ça que tout ce qui va dans le sens de la fiscalisation ou de la soumission des allocations familiales à un niveau de revenu est totalement absurde. En revanche, ça me permet de vous dire, je ne veux pas que vous me disiez que je suis obsédée, mais enfin, c'est dans la même logique, que je ne vois pas l'intérêt pour un État de pousser à la natalité d'étrangers sur le territoire français.

9:40
Présentateur

La suppression du genre de carence pour les fonctionnaires ?

9:43
Marine Le Pen

Moi, je suis contre. Je pense qu'il faut une égalité d'ailleurs entre le privé et le public dans ce domaine. Et moi, je trouvais qu'après tout, deux jours pour tout le monde, ça me paraissait une bonne chose.

9:55
Présentateur

Enfin, pour tout le monde, vous savez que la plupart des... Beaucoup de salariés du privé n'ont pas de jours de carence. Ils sont pris en charge dès le premier jour grâce à des accords de branche.

10:04
Marine Le Pen

Ce sont des accords de branche. Mais le principe de base, c'est que sans accord, c'est toujours pareil, l'accord peut toujours déroger à la loi. Mais sans accord, il m'apparaît très logique qu'il y ait le même système pour les salariés du privé et les salariés du public.

10:18
Présentateur

Marine Le Pen, invitée de France Inter jusqu'à 9h45. On vous retrouve dans quelques minutes avec des questions d'auditeurs et celles de nos chroniqueurs ici à France Inter et dans un instant, la revue de presse.