Aller au contenu
Pourquijevote
Tous les transcripts
InterviewFrance Inter (sur YouTube)· 5 novembre 2025 6 minContradictoireActualité / polémiqueÉconomie & entreprisesSécuritéInstitutions & élections

Shein veut "se faire de l'argent, peu importe ce qu'ils vendent", pour Antoine Vermorel-Marques

Transcription Whisper (large-v3), avec identification des locuteurs. À recouper avec la source d'origine.

Analyse automatique

Générée par IA — peut contenir des erreurs. Méthodologie

Chapitres

Répartition du ton (temps de parole politique)

Propositif 30 %Attaque 50 %Défensif 20 %

Questions et réponses

Taux de réponse directe : 100 % (directe = 1, partielle = 0,5, éludée = 0)

  • 0:11OuverteRéponse directe

    Comment des poupées pédopornographiques ont-elles pu se retrouver en vente sur son site ?

  • 0:40OuverteRéponse directe

    En quoi c'est un scandale d'État ?

  • 1:12RelanceRéponse directe

    Donc il y a clairement un manque de volonté politique selon vous ?

  • 1:26RelanceRéponse directe

    Et alors comment vous expliquez ce manque de volonté politique alors ?

  • 2:22OuverteRéponse directe

    Donc ça veut dire que vous allez aussi demander des explications au gouvernement ou aux administrations concernées.

  • 2:55RelanceRéponse directe

    Alors il y a parfois des contradictions qu'on a du mal à comprendre. La Poste, une entreprise publique, vient de signer un partenariat avec une autre plateforme chinoise...

Affirmations vérifiables (citations exactes)

  • 0:42Invité politiqueFait
    « C'est un scandale d'État parce que n'importe quel commerce, chez moi par exemple à Rouen ou à Paris, qui vendrait des poupées pédopornographiques, se verrait fermer dans la minute par le préfet, par un arrêté préfectoral. »
  • 0:52Invité politiqueFait
    « Et là, parce que c'est une plateforme en ligne, parce qu'elle se cache derrière ce qu'on appelle la notion de marketplace, en disant « je ne suis pas responsable de ce que je vends, mais je fais des bénéfices quand même sur ce que je vends », eh bien on ne ferme pas la plateforme. »
  • 1:07Invité politiquePromesse
    « Et donc c'est la raison pour laquelle nous on demande au gouvernement de prendre des mesures fortes, allant jusqu'à la suspension de la plateforme, comme on a pu le faire pour d'autres plateformes, comme Wish par exemple, il y a trois ans. »
  • 1:51Invité politiquePromesse
    « Moi je pense que l'arsenal législatif il n'est pas suffisant, et c'est ce qu'on va montrer dans notre mission d'information et dans le rapport que j'en mettrai en décembre, qu'il faut que les responsabilités des plateformes soient renforcées. »
  • 2:01Invité politiquePromesse
    « Et je pense aussi que l'on doit avoir une capacité pour l'État de suspendre temporairement les plateformes quand elles ne respectent pas nos normes. »
  • 3:54Invité politiquePromesse
    « La Poste, en tout cas, ce que l'on demande notamment dans la note que je remets aujourd'hui au plan, c'est que la Chine ne bénéficie plus de tarifs postaux privilégiés. »
  • 4:02Invité politiqueChiffre
    « Parce qu'aujourd'hui, ce qu'on ne sait pas, c'est que la Chine est toujours considérée comme un pays en voie de développement. Donc en clair, le timbre pour envoyer de la Chine vers la France est moins cher que le timbre de la France vers la Chine. »
  • 5:16Invité politiqueChiffre
    « La première c'est combien de bénéfices ils se sont faits avec ces poupées pédopornographiques. »
  • 5:24Invité politiquePromesse
    « La deuxième c'est est-ce qu'ils sont capables de sortir la liste exhaustive de tous les clients qui ont acheté ces poupées et les transmettre sans délai à la justice, sans attendre que la justice les demande. »
  • 5:33Invité politiquePromesse
    « Et la troisième c'est quels sont les processus qu'ils ont mis en place pour que ça ne se reproduise plus. »

Temps de parole

  • Antoine Vermorel-Marques72 %
  • Présentateur28 %

10,4 interruptions / 10 min (chevauchements et interjections détectés).

Modèle mistral-small-latest · prompt v1· les citations sont vérifiées mot pour mot dans le transcript ; le taux de réponse directe est calculé à partir des verdicts question par question. Aucun label idéologique n'est produit.

0:00
Présentateur

Ce mercredi aurait dû être un jour de fête pour Xi'in, avec l'ouverture de son premier vrai magasin au monde, en l'occurrence au BHV à Paris. Mais dans le même temps, le géant chinois du commerce en ligne est sous le feu des critiques en France. Comment des poupées pédopornographiques ont-elles pu se retrouver en vente sur son site ? Les patrons de l'entreprise vont devoir s'expliquer devant les députés dans deux semaines. Et c'est notre invité qui a envoyé la convocation. Bonjour Antoine Vermorel-Marques. Bonjour. Vous êtes député LR de la Loire. Vous êtes également le rapporteur de la mission parlementaire d'information sur les contrôles des produits importés en France.

Alors cette mission, elle a commencé en juillet, donc bien avant cette nouvelle polémique. Et vous n'y allez pas de main morte, vous dénoncez carrément un scandale d'État à propos de Chine. En quoi c'est un scandale d'État ?

0:42
Antoine Vermorel-Marques

C'est un scandale d'État parce que n'importe quel commerce, chez moi par exemple à Rouen ou à Paris, qui vendrait des poupées pédopornographiques, se verrait fermer dans la minute par le préfet, par un arrêté préfectoral. Et là, parce que c'est une plateforme en ligne, parce qu'elle se cache derrière ce qu'on appelle la notion de marketplace, en disant « je ne suis pas responsable de ce que je vends, mais je fais des bénéfices quand même sur ce que je vends », eh bien on ne ferme pas la plateforme.

Et donc c'est la raison pour laquelle nous on demande au gouvernement de prendre des mesures fortes, allant jusqu'à la suspension de la plateforme, comme on a pu le faire pour d'autres plateformes, comme Wish par exemple, il y a trois ans.

1:12
Présentateur

Donc il y a clairement un manque de volonté politique selon vous ?

1:15
Antoine Vermorel-Marques

Il y a un manque de volonté politique.

1:16
Présentateur

Parce qu'on pourrait le faire, il y a les outils.

1:17
Antoine Vermorel-Marques

Il y a des outils qui permettent de suspendre au moins temporairement, au moins temporairement en disant « on a constaté sur cette plateforme la vente de poupées pour des pédos criminels quand même, avec des pédos criminels qui venaient sur la plateforme mettre des notes aux objets 3, 4, 5 étoiles en fonction de leurs désirs qui sont quand même complètement abjects. Et on devrait pouvoir, au-delà d'avoir vu qu'ils avaient retiré les articles, vérifier que les process internes de la plateforme permettent que ça ne se reproduise pas. Et pas simplement leur dire « ah ben surtout ne récidivez pas, sinon on sera fort avec vous ».

1:48
Présentateur

Et alors comment vous expliquez ce manque de volonté politique alors ?

1:51
Antoine Vermorel-Marques

Moi je pense que l'arsenal législatif il n'est pas suffisant, et c'est ce qu'on va montrer dans notre mission d'information et dans le rapport que j'en mettrai en décembre, qu'il faut que les responsabilités des plateformes soient renforcées. Et je pense aussi que l'on doit avoir une capacité pour l'État de suspendre temporairement les plateformes quand elles ne respectent pas nos normes. On ne peut pas venir en France demander le marché français, mais ne pas respecter les règles françaises. Ce n'est pas possible. Et donc c'est que quand on va en Chine, quand la France exporte en Chine, les Chinois vérifient que nos produits sont conformes à leurs règles.

Et bien on doit pouvoir faire la même chose en France et en Europe.

2:22
Présentateur

Donc ça veut dire que vous allez aussi demander des explications au gouvernement ou aux administrations concernées. Là vous avez convoqué les patrons de Chine, vous allez faire la même chose avec des ministres ?

2:30
Antoine Vermorel-Marques

Oui, avec le président Romain Eskenazi de la mission, on a décidé d'auditionner soit Roland Escur, soit le nouveau ministre Papin à la fin de nos auditions pour comprendre pourquoi le gouvernement, même si, je rappelle quand même pour la question des poupées pédopornographiques, que c'est la DGCCRF qui a bien fait son travail et qui a fait un signalement au procureur de la République, ce qui montre que nos services d'État peuvent porter les projets et surtout les oppositions à ces plateformes quand il y a une volonté politique, mais ça doit être renforcé.

2:55
Présentateur

Alors il y a parfois des contradictions qu'on a du mal à comprendre. La Poste, une entreprise publique, vient de signer un partenariat avec une autre plateforme chinoise, dans l'occurrence Saint-Émou, pour distribuer les colis. C'est quoi exactement la logique ? Parce que d'un côté, il y a une loi qui a été votée à la quasi-unanimité au Sénat et à l'Assemblée, la loi contre l'ultra-fast fashion, et de l'autre, il y a une entreprise publique qui signe un accord avec ceux qui vendent cette fast fashion.

3:15
Antoine Vermorel-Marques

En fait, ce qu'il faut comprendre, c'est que dans les années 80, on a vécu la désindustrialisation du pays. Et aujourd'hui, tout le monde en parle comme si c'était une catastrophe. Et c'est une catastrophe. Et aujourd'hui, on est en train de vivre la décommercialisation du pays, avec la fermeture de nos boutiques en centre-ville, la fermeture aussi de grands magasins. Tout ça parce qu'on importe non plus maintenant des conteneurs, mais des petits colis. Et donc le colis que vous achetez sur Internet, avant il était mis en paquet chez vous, maintenant il part directement de Chine et il arrive directement chez nous. Et on vit cette décommercialisation.

3:45
Présentateur

Donc pour vous, il ne devrait pas y avoir d'accord comme vient de le faire La Poste ?

3:48
Antoine Vermorel-Marques

La Poste, en tout cas, ce que l'on demande notamment dans la note que je remets aujourd'hui au plan, c'est que la Chine ne bénéficie plus de tarifs postaux privilégiés. Parce qu'aujourd'hui, ce qu'on ne sait pas, c'est que la Chine est toujours considérée comme un pays en voie de développement. Donc en clair, le timbre pour envoyer de la Chine vers la France est moins cher que le timbre de la France vers la Chine. Donc on subventionne avec nos impôts la capacité d'importer des petits colis chinois ou asiatiques. Et ça, c'est complètement inadmissible.

Il faut qu'on arrive à mettre fin aussi à ça, de façon à ce qu'on puisse non seulement plus être naïf, mais en plus ne plus subventionner les importations quand on a une balance commerciale aussi négative que celle de notre pays.

4:24
Présentateur

Mais est-ce que Chine, là, ce n'est pas le bouc émissaire en ce moment, parce que les déboires du petit commerce et notamment du prêt-à-porter français, ils ne datent pas de Chine, ils ont commencé bien avant son arrivée, il y a déjà des années.

4:32
Antoine Vermorel-Marques

Ce n'est pas une question de bouc émissaire, parce qu'ils ont quand même été condamnés par la CNIL pour mauvaise gestion des données personnelles de leurs clients, condamnés par la DGCCRF pour pratiques frauduleuses, montrées du doigt par l'OCDE. Donc si vous voulez, il y a quand même un nombre de... Et là maintenant, les poupées pédopornographiques. Donc il y a quand même un nombre de condamnations qui font que cette plateforme ne respecte pas dans l'ensemble les normes que l'on impose à nos propres entreprises françaises et européennes.

4:57
Présentateur

Et c'est pour cela que vous convoquez donc les dirigeants de Chine. Ce sera normalement le 18 novembre, je dis bien normalement, parce qu'est-ce qu'ils vous ont déjà répondu ? Ils vont venir ou pas ?

5:03
Antoine Vermorel-Marques

Ils ne nous ont pas encore répondu, on attend leur réponse. Ce serait quand même très étonnant de leur part de vouloir s'implanter en France, mais de ne pas être capable de répondre aux parlementaires français qui les interrogent.

5:12
Présentateur

Et que voulez-vous savoir ? Qu'est-ce que vous allez leur demander ?

5:14
Antoine Vermorel-Marques

Moi je vais leur demander trois choses. La première c'est combien de bénéfices ils se sont faits avec ces poupées pédopornographiques. Parce qu'aujourd'hui ils disent on les a retirés, mais enfin ils les ont quand même vendus. Et ils se sont faits du bénéfice sur le dos de nos enfants. La deuxième c'est est-ce qu'ils sont capables de sortir la liste exhaustive de tous les clients qui ont acheté ces poupées et les transmettre sans délai à la justice, sans attendre que la justice les demande. Et la troisième c'est quels sont les processus qu'ils ont mis en place pour que ça ne se reproduise plus.

Parce qu'aujourd'hui ils ont une catégorie sur leur plateforme qu'ils appellent le bien-être sexuel. Le bien-être sexuel entre guillemets, qu'ils ont juste suspendu. Mais est-ce que dans une semaine, deux semaines, trois semaines, ils rouvrent la capacité ? Parce qu'en fait ce qui les intéresse, et on le voit y compris avec le BHV, et on le voyait hier avec Christophe Castaner, c'est de se faire de l'argent peu importe ce qu'ils vendent.

5:59
Présentateur

Merci beaucoup Antoine Vermorel-Marquez, député LR de la Loire. Et donc deux dates à retenir, un 18 novembre pour cette convocation des dirigeants de Chine devant votre mission parlementaire d'information sur les contrôles des produits importés en France. Mission qui rendra son rapport le 9 décembre. C'est bien ça ?

6:14
Antoine Vermorel-Marques

C'est ça.

6:14
Présentateur

Je vous souhaite une bonne journée.

6:15
Antoine Vermorel-Marques

Merci à vous. Merci à vous.