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interviewfranceinfo (sur YouTube)· 27 mai 2025 12 min

Patrick Kanner, invité de la matinale de Franceinfo, canal 27

Transcription youtube_captions. À recouper avec la source d'origine.

Bonjour Patrick Caner. Bonjour madame, c'est le jourgi, on va dire pour les socialistes, celui du premier scrutin pour désigner d'ici au 5 juin le premier secrétaire du parti. Il y a trois textes d'orientation qui sont sur la table.

Il y a celui d'Olivier Fort qui est le sortant, celui de Boris Vallot, le patron des des députés socialistes à l'Assemblée nationale, celui de Nicolas Mayer Rossignol. Euh vous êtes euh vous soutenez donc le le maire de Rouan qui semble un peu être le challenger d'Olivier Fort. Euh pourquoi est-ce que c'est votre candidat ?

Parce qu'il prône la rupture avec les insoumis. Il prennent la clarté surtout effectivement dans les alliances euh y compris au regard des municipales qui arrivent maintenant dans 8 mois. Euh, il prenne aussi la clarté euh dans les la recherche de nouvelles coopérations avec la gauche sociale.

Je pense en particulier avec place publique et Raphaël Luisman. Il prône aussi un discours très européen dans la clarté. Donc c'est cette clarté qui m'a séduit et qui me séduit depuis maintenant le Congrès de Marseille du PS en 2023 avec Nicolas Mayer au Signol.

Est-ce que vous dites par là que si lui c'est la clarté, ça veut dire que Olivier Fort qui a été 7 ans à la tête du PS, lui c'est le flou. Ça a été le flou. Écoutez, Olivier Fort a dû prendre le Parti socialiste en 2018 dans des conditions très compliquées.

Ça personne ne peut le déigner et c'est quelque chose difficile que de gérer un parti qui a connu un échec dans une élection présidentielle, un deuxème échec en 2022. Donc Olivier Fort, il a un bon bilan, il a un bilan si on devait se limiter uniquement au nombre d'adhérents, ce n'est pas un bon bilan puisque nous sommes avec 39815 adhérents qui pourront voter potentiellement, mais on sait qu'il n'y aura que 20 à 25000 votants ce soir. Donc nous sommes devenus quand même un petit parti.

Et il y a quelques années, j'avais eu cette phrase un petit peu rude, je vous le concède, qui était de dire mais moi je veux pas que mon parti rentre dans une logique gropusculaire dans un clim dans un climat crépusculaire et je pense qu'on nous y sommes aujourd'hui. Alors c'est vrai que donc ça c'est à mettre au crédit si je puis dire d'Olivier Fort. Bah c'est un c'est un crédit particulier, vous savez c'est le plus petit nombre d'adhérents au PS depuis 1945.

Ce qui veut dire que quelque part, nous n'avons pas su attirer et et nous avons eu beaucoup de départs, beaucoup de départs. Donc l'objectif de Nicolas Maosignol, c'est notamment en premier lieu de faire revenir tous les socialistes qui nous ont quitté sur un projet politique social-démocrate, européen, écologiste, féministe qui permettent finalement de retrouver toute notre place au sein de de la gauche. Olivier Fort a fait un Septena, il a travaillé, personne ne peut le le nier.

Mais la question c'est est-ce que ça a percuté au-delà des socialistes ? Et permettez-moi de le dire que aujourd'hui on a un manque de crédibilité sur la classe politique française et que nous devons donc sûrement promouvoir un changement. 40000 adhérents seulement hein, vous l'avez dit vont vont voter.

On on est quand même très très loin des 1200 adhérents suscités par le le parler. Exactement par qui ont voulu mettre à leur tête Bruno Rota. Euh il y a pas eu ce même engouement sur ce scrutin.

Euh pourquoi ? Mais c'est c'est ce que j'essaie d'expliquer, c'est que il faut que nous remettions au centre du village à gauche le Parti socialiste. Aujourd'hui, nous sommes concurrencés par les filles, nous sommes concurrencés par les verbes, y compris aussi un peu par le Parti communiste.

Place publique s'est développé au travers de Raphael Gluxman et de la campagne européenne dans la case-neuve à monté sa propre sensibilité au travers d'un mouvement qui s'appelle la convention. Donc tout ça est appelé par cercle concentrique à revenir vers le Parti socialiste. Et moi je souhaite que le parti que j'ai connu euh qui a eu jusqu'à 200000 adhérents, plus de 200000 adhérents euh dans à l'époque mitérandienne, c'est vrai, mais on a connu des d'autres époques fastes avec le Nelg Jospin, et bien je souhaite aujourd'hui et bien que nous retrouvions cette force centrale et ça ça veut dire pas d'accord pour les municipales avec les insoumis.

Ah, nous nous sommes clairs. Nous pensons que euh le NFP est caduc et qu'il faut reconstruire une nouvelle euh alliance, une nouvelle alliance politique avec notamment ce qui nous ressemble. Elle est fi a brutalisé la vie politique française, a pris des positions inacceptables, notamment depuis le 7 octobre 2023, le massacre euh qui s'en est suivi euh en Israël, tout ça et puis des je dirais des dérives sur le plan de la laïcité, des dérives sur le plan euh d'un comportement finalement vis-à-vis de la politique.

Moi je je ne veux pas je pense que en plus elle est fine amènera jamais la gauche au pouvoir et que Jean-Luc Mélenchon qui est candidat coûte que coûte quoi qu'il en coûte est aujourd'hui une impasse pour la gauche. Donc oui, il faut se séparer de Lfi. Ça veut dire aussi pour 2027 François Ruffin qui propose une primaire de Poutou à François Hollande pour vous c'est ça tient pas la route ?

Je vais vous faire la même réponse que je fais à vos confrères qui me disent "Mais comment on fait pour décider qui sera le candidat Vous savez, il y a une étape qui s'appelle les municipales. Il faut d'abord réussir les municipales avant d'visager toute procédure visant à désigner un ou deux ou trois candidats. Ce qui est certain, c'est qu'il faut de l'unité.

Est-ce que l'unité, c'est l'uniformité ? Je ne je n'en suis pas sûr. Mais il faut que la gauche se rassemble et notamment pour permettre à un candidat social-démocrate, quelqu'un qui soit différent de Jean-Luc Mélenchon, qui sera le candidat lui-même, de pouvoir espérer passer la barre du second.

Un dernier mot sur l'état d'esprit de cette de cette campagne. Lors d'un meeting, on a entendu le maire de Saint-Touin, Karim Boamran, très vif he vis-à-vis des insoumis, notamment d'Éric Cocrel en disant alors je le cite, on va le défoncer. Alors, il parle des municipales, on voit un peu sursauter d'ailleurs derrière lui.

Comment vous qualifiez ces propos ? Parce que quand on reproche aux insoumis finalement d'être dans une violence verbale, là clairement c'en est une aussi. He oui.

Bon, vous savez qu' Karim à son style. Voilà, c'est un style direct, il vient des quartiers, c'est un maire exceptionnel de Saint-Toin. Moi, je le vois travailler, il est formidable.

Et voilà, il a il a une expression un peu un peu rude, je vous le concède. C'està-dire que c'était pas défensé physiquement, vous l'avez bien compris. C'était c'était de battre Ericrel.

Parce que il faut quand même que tout le monde sache à votre micro euh que aujourd'hui les filles n'a qu'une seule préoccupation, c'est faire tomber les villes socialistes. Même à droite, peu importe. L'objectif c'est qu'il y ait moins de maires socialistes pour préparer le terrain à monsieur Mélenchon.

Et bien là, c'est une très grande régressivité. La réponse voilà un petit peu directe de de monsieur Boamran ne veut pas dire pour autant qu'il soit violent. Je vous le rassure, cet après-midi, le vote solennel des deux textes sur la fin de ville, l'un sur le les soins palliatifs, l'autre sur l'aide à mourir, ça va se passer à l'Assemblée nationale.

Les socialistes voteront pour est-ce que vous pensez déjà que cette première étape va être franchie, qu'il y aura une majorité ? Oui, c'est très bien. Vous savez, les soins palliatifs euh n'existe pas aujourd'hui dans 21 départements français.

C'est une injustice absolue devant ce qui est essentiel à savoir voilà mourir dans de bonnes conditions si vous me permettez cette expression. En tout cas mourir dans la dignité. Euh donc il faut qu'il y ait des soins palliatifs partout dans notre pays et l'aide à mourir si le tête vous semble équilibré.

Oui, c'est on aurait pu aller plus loin mais vous savez on attend depuis tellement longtemps de permettre cette nouvelle liberté qui n'est pas une contrainte pour toutes celles et tous ceux qui ne croient pas à ce dispositif et qui estiment que c'est contraire à leur conviction que je respecte aussi. Simplement, c'est un texte de liberté, non pas un texte de contrainte. Euh les députés s'exprimeront en leur âme et conscience.

Ça touche à l'intime, ce qui est normal, y compris d'ailleurs chez les socialistes. Il y aura sûrement des socialistes qui ne voudront pas voter ce texte. il arrivera au Sénat.

Et qu'est-ce qui va se passer au Sénat ? Est-ce que je le rappelle, il y a une majorité de droite au Sénat euh qui qui qui ne laissera pas. J'espère que les débats seront apaisés et qu'il y aura une force de conviction tellement importante que chacun comprendra que il faut permettre à celles et ceux qui souffrent et qui ont décidé de partir parce qu'ils ne veulent pas non plus imposer à leur entourage des des souffrances et un manque de dignité par rapport à leur dégradation physique.

Il faut permettre à celles et ceux qui connaissent cela et on a un sénateur LR qui est qui est atteint de la maladie de Charco aujourd'hui et bien de pouvoir dire "J'ai envie de partir, laissez-moi partir." Deux dernières questions rapidement. Les taxis d'ailleurs qui qui qui poursuivent leur mobilisation contre la baisse de leurs tarifs sur les transferts sanitaires, un un transfert un transfert sanitaire qui a vraiment explosé en 5 ans et le coût pour la sécurité sociale avec François Bayot semble avoir accepté de revoir sa copie.

Il a raison ou au contraire il doit tenir. Bon parce que je rappelle il y a 40 milliards d'euros d'économie à faire. Écoutez moi je je vous cache pas que je suis un peu perplexe.

J'ai pas tout compris la la réaction monsieur Bairou parce qu'il dit en même temps je vous ai compris. lui il a dit ça au mais en même temps il faut faire les efforts. Je je sais pas comment ça fonctionne.

Donc on aura un débat y compris. Mais vous vous trouvez que c'est 300 millions d'euros d'économie à faire pour l'assurance maladie qui je rappelle est dans le rouge est allé sur 3 ans. Est-ce que vous pensez que les taxis doivent faire cet effort ?

Mais mais tout le monde doit faire un effort pour rétablir les comptes de la sécurité sociale qui ont été dégradés. Vous savez, moi j'ai appartenu à un gouvernement qui avait réussi à rétablir les comptes de la sécurité sociale. Donc on a laissé déraper les choses aujourd'hui.

Donc vous dites François Baot doit tenir bon. Il doit aboutir à une constatation qui fasse que les taxis se sentent respectés et qu'ils puissent de manière volontariste participer à un effort dont le pays a besoin. C'est un équilibre fragile et monsieur Bairou doit être clair dans ses propositions.

Manifestement, il a pas été compris dans sa réponse à la délégation qu'il a reçu il y a maintenant 48 heures. Un tout dernier mot sur cette motion de rejet du plomb qui est censée faciliter le quotidien des des agriculteurs. Ça va le texte va aller directement en commission parire mix paritaire avec sans doute peut-être trouver un consensus.

LFI annoncé le dépôt d'une mention de censure. Est-ce que la gauche enfin les socialistes vont la soutenir cette motion de censure ? C'est cela appartient bien sûr à la décision de Boris Vallot et de de ses amis et collègues députés.

Euh en tout cas, ce qui est certain, c'est que la procédure qui a été utilisée hier est totalement inédite, pour ne pas dire exotique. Euh mais ça fait 2 ans qu'ils attendent les agriculteurs aussi faire voter contre un texte qu'on a soi-même soutenu, c'est quand même assez extraordinaire. Donc oui, mais parce que il y avait de l'obstruction, enfin il y avait 3500 amendements dont 1000 qui venaient de la droite. 1000 qui venaient de la droite.

Donc dans ce cadre-là, je pense que le parlement a été bayonné, la semaine nationale a été bayonnée. On force la main aux parlementaires et le vrai problème en fait dans cette affaire, c'est qu'un texte comme ça aurait justifié un projet de loi et non pas une proposition de loi venant d'un sénateur tout à fait respectable qui est monsieur Duplomb. Et aujourd'hui, on ne passe que des propositions de loi, fin de vie, narcotrafic, loi Paris, Lyon, Marseille.

Est-ce que le gouvernement travaille et propose et fixe le cap comme le précise l'article 20 de la Constitution ? Permettez-moi aujourd'hui d'en douter. Merci beaucoup Patrick Caner.

Bonne journée à vous. Yeah.