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interviewEurope 1 — La Grande interview· 24 juin 2026 22 min

«Il faut réarmer notre chaîne pénale», estime Eric Ciotti

Audio original de l'émission.

Transcription Whisper (large-v3), avec identification des locuteurs. À recouper avec la source d'origine.

0:01
Présentateur

8h13, la grande interview CNews Europe 1 avec Éric Ciotti ce matin. Bonjour Éric Ciotti. Bonjour. Président de l'UDR, maire de Nice, évidemment. Merci beaucoup d'être là. On est pendant une vingtaine de minutes ensemble, à la fois sur CNews et sur Europe 1. On va évidemment balayer tous les sujets d'actualité. Le gros sujet d'actualité que vivent tous les Français actuellement, c'est la canicule. Une grande partie du pays est confrontée, la quasi-totalité est confrontée à cette importante vague de chaleur. Je voulais savoir déjà, comment vous le vivez-vous ?

Est-ce que ça vous inquiète ou est-ce que vous vous dites, bon ben, c'est bientôt l'été et il fait un petit peu plus chaud que d'habitude ?

0:37
Éric Ciotti

Non, bien sûr, ça ne peut qu'inquiéter. On voit bien que ces épisodes sont de plus en plus fréquents, quasiment récurrents, chaque année, sur des durées de plus en plus longues, avec des nuits extrêmement chaudes, ce qui pose d'ailleurs la problématique, et que nous sommes face à un changement climatique. L'évidence, elle est là, et la solution face à ce changement qui est devant nous, qui est grave, qui est inquiétant, qui peut modifier nos modes de vie, doit être l'adaptation.

Ce mot d'adaptation, il a été ignoré pendant des années par ceux qui nous gouvernent, qui ont préféré aller vers des politiques d'interdiction, de décroissance, inspirées globalement par la gauche et l'extrême gauche. Or, il faut s'adapter. Nous avons un retard considérable. Regardez ce qui se passe aux États-Unis, ce qui se passe au Japon, en Corée du Sud, dans des pays qui connaissent ces épisodes, comme nous, ils s'y adaptent. Ils s'y adaptent par la science, par le progrès, par l'énergie, par des modes de production d'énergie électrique massifs, notamment. Et ils s'y adaptent, c'est le sujet du jour qui fait polémique, alors que ça devrait être une évidence, par la climatisation.

On a des taux d'équipement pour les ménages. À peine un quart des ménages ont un équipement de climatisation en France. C'est 91% au Japon, 90% aux États-Unis, 56% en Italie. Et derrière, il y a des victimes, derrière cette mauvaise préparation, et notamment les personnes vulnérables, les plus âgées. Et il y a des enfants qui souffrent aussi.

2:20
Présentateur

Marine Le Pen a déclenché une polémique à gauche en disant qu'il fallait développer la climatisation. Comment vous l'avez vécue ?

2:27
Éric Ciotti

La gauche est enfermée dans son obscurantisme et dans son idéologie. Là, on n'est pas face à de l'idéologie, on est face à du bon sens. Moi, j'ai deux réponses. Nous avons déposé une proposition de loi à l'Assemblée nationale pour rendre obligatoire la climatisation, qui d'ailleurs doit être réversible, avec du chauffage l'hiver, bien entendu, ce qui évitera l'émission de gaz à effet de serre, permettra de remplacer des chaudières au fioul ou au gaz. Donc, proposition de loi, obligation de la climatisation dans les établissements scolaires, obligation de la climatisation dans les maisons de retraite et dans les hôpitaux. Et deuxième réponse, je l'ai faite là en tant que maire de Nice.

Ma première mesure, avec la baisse des impôts après mon élection, une semaine après à Nice, a été de lancer le plan de climatisation. D'ici l'année prochaine, nous aurons climatisé 1200 classes d'écoles. Toutes les classes des écoles niçoises seront climatisées. Nous avons déjà commencé pendant les vacances de Pâques. Les premières écoles ont été aménagées. Il y en a peu encore, parce qu'il faut lancer des procédures, des appels d'offres. Mais d'ici l'été 2027, quasiment toutes les écoles seront équipées. Là, on est dans du concret. Et les enseignants me remercient, les parents d'élèves aussi, parce qu'on est dans du concret, qu'ils soient de droite ou de gauche.

Mais c'est tellement stupide de dire que la climatisation est de droite et que ça serait, je ne sais pas, quelque chose d'abominable vu avec les lunettes un peu déformantes de l'extrême gauche.

4:11
Présentateur

Éric Ciotti, invité de la grande interview CNews Europe 1. Ce matin, les écologistes proposent la création d'un congé climatique pour les salariés exposés aux fortes chaleurs. Qu'est-ce que ça vous inspire ?

4:21
Éric Ciotti

Je crois que ce n'est pas très réaliste. Il faut s'adapter. Le congé, c'est la décroissance et on s'arrête. Non, il faut s'adapter. Alors, il peut y avoir, justement, des créneaux horaires de travail peut-être différents, des mesures de protection, la climatisation aussi dans certains lieux de travail. On ne peut pas le faire partout, naturellement, notamment pour les métiers qui travaillent dehors. Mais arrêter tout, non, ce n'est pas la solution. Ça, c'est la décroissance. Ça, c'est la vision des écologistes qui veulent arrêter l'économie parce qu'il y a un changement climatique. Nous, nous proposons de nous y adapter.

5:00
Présentateur

Les défaillances de la justice. On va en parler avec vous, Éric Ciotti. On va parler, évidemment, du meurtre de la petite Liana. Le rapport de la mission d'inspection remis lundi au Premier ministre après la mort de Liana met en lumière une réalité qui est implacable, insupportable pour les parents de la victime. Selon ce rapport, l'urgence de la situation n'a pas été prise en compte. C'est un rapport qui révèle notamment l'absence de suivi du dossier d'une autre fillette, prénommée Rosa, qui aurait été violée à plus de 50 reprises par Jérôme Barrella.

Malgré une plainte déposée en août 2025, il y a près d'un an, Jérôme Barrella n'aurait jamais été entendu, qui n'a jamais été entendu par la justice, ni par les enquêteurs. D'ailleurs, Gérald Darmanin promet des sanctions pour les magistrats impliqués. Laurent Nunez, le ministre de l'Intérieur, prononce des mutations d'office pour deux gendarmes. Est-ce que la réponse est au niveau du choc, selon vous ?

5:49
Éric Ciotti

Il y a eu manifestement des fautes. En tout cas, le rapport pointe ces fautes. Ces fautes, elles doivent être sanctionnées. Personne, quelque fonction occupée que ce soit, ne peut être irresponsable dans notre pays. Il faut qu'il y ait cette responsabilité individuelle lorsqu'on est tenant, garante d'un service public. C'est vrai partout et ça doit être pour tous. Après, cette affaire, elle traduit aussi un dysfonctionnement global. L'absence chronique de moyens d'enquête. Moi, ça fait des années, des mois, que je lance un cri d'alarme sur le déficit d'enquêteurs dans notre pays. On a un déficit de magistrats. Il y a quatre fois moins de procureurs en moyenne qu'en Europe, en France.

Il y a deux fois moins de juges qu'en Europe. Mais il y a aussi aujourd'hui un effondrement de la filière d'investigation, c'est-à-dire des enquêteurs, de ceux qui, sur le terrain, permettent d'avancer, de faire avancer les enquêtes. Parce que s'il n'y a pas d'enquêteurs, il y a une accumulation. On l'a vu, tous les dossiers qui ont été ressortis, ils étaient mis dans des tiroirs. Et on ne va pas au bout de la traque de ceux qui présentent un danger manifeste dans ces affaires, comme dans les affaires de stupéfiants, comme dans les affaires de criminalité organisée. Donc aujourd'hui, on ne peut pas se cacher. Il faut beaucoup plus de moyens d'enquête.

Ça, c'est, je dirais, le premier maillon de la chaîne. Et à la sortie, il faut beaucoup plus de places de prison aussi pour qu'il y ait de la fermeté. Parce que si on interpelle et qu'immédiatement après, c'est souvent le cas en matière de stupéfiants, les personnes se retrouvent en liberté, eh bien, tout le travail qui est fait tombe à l'eau. Ça veut dire qu'il faut aujourd'hui réarmer notre chaîne pénale du début à la fin, avec beaucoup plus de force. L'État est devenu obèse dans certains domaines où on aurait besoin de beaucoup plus de liberté, d'un État plus modeste. Je pense à toutes les normes, à la réglementation. Quand on fait un chantier, on est bloqué.

Moi, en tant que maire de Nice, là, j'ai vécu la semaine dernière, on doit reconstruire une route après la tempête Alex. Eh bien, les travaux sont différés plusieurs mois parce qu'on a trouvé un escargot et que, sur la route détruite, des herbes ont poussé et qu'il faut des autorisations de défrichement. Derrière tout ça, il y a des fonctionnaires qui sont payés à faire ça. Ils sont payés à faire ça, à bloquer, en utilisant, d'ailleurs, des lois stupides, on y revient, qui ont été votées. Mais ces moyens, et pendant le même temps, dans les commissariats, il manque des dizaines d'enquêteurs.

Donc, il faut que l'État se réorganise, qu'il devienne plus léger quand il bloque, qu'il empêche, qu'il entrave la liberté qui nuit à l'initiative et qu'il devienne beaucoup plus fort dans les missions pour lesquelles il est fait, c'est-à-dire la police, la justice, la défense nationale. L'État régalien s'est effondré depuis des décennies. Ça n'a pas été la priorité de M. Macron. Ça n'a pas été la priorité de ceux qui nous gouvernent. Donc, il faut réarmer l'État et il faut un choc sécuritaire. Il faut un quoi qu'il en coûte sécuritaire. On dépense beaucoup d'argent inutilement dans beaucoup de domaines et aujourd'hui, nos policiers, nos magistrats sont dans une situation de quasi-disette.

9:26
Présentateur

Une dernière question concernant le meurtre de l'IANA. Nicolas Dupont-Aignan souhaite rouvrir par référendum le débat sur la peine de mort. Jean-Dane Bardella s'y oppose. Bruno Retailleau se dit favorable à une castration chimique obligatoire pour certains criminels sexuels. Et vous ?

9:40
Éric Ciotti

Moi, je m'oppose à la réouverture de ce débat sur la peine de mort. Ce n'est pas la réponse adaptée. Ça ne protégera pas plus, malheureusement, de ces terribles prédateurs. Il faut les traquer, il faut les isoler. Il y a ces procédures de rétention de sûreté qui avaient été votées lorsque Nicolas Sarkozy était président de la République. Dans les années après 2007, il faut plus les appliquer. Il faut les appliquer peut-être et les élargir pour qu'on isole, qu'on protège notre société de ces prédateurs. Mais réouvrir le débat sur la peine de mort, pour moi, c'est non.

10:17
Présentateur

Je voulais revenir avec vous sur ce qui s'est passé après la fête de la musique et sur ce qui se passe d'ailleurs après de nombreux matchs de football, finale de la Ligue des champions ou matchs de l'équipe de France. Justement, la France va affronter prochainement la Norvège à 21h, compte tenu de l'horaire de cette rencontre. Match à 21h, vendredi soir. Est-ce que vous craignez de gros débordements ? Et qu'est-ce que ça dit de l'époque ?

10:41
Éric Ciotti

Ça dit un ensauvagement de notre société. Ça dit des jeunes, des moins jeunes, qui n'ont plus aucun repère, qui ne respectent ni la loi ni les règles, qui trouvent n'importe quel prétexte, souvent un prétexte heureux, pour piller, détruire, brûler. On a vu ces véritables hordes barbares. Après la victoire du Paris Saint-Germain, on l'a vu dans toutes les villes, je l'ai connu à Nice, on voit au-delà même des événements nationaux d'importance, au quotidien, le soir, des rixes, des coups de couteau, de plus en plus fréquents. Donc il y a une violence qui s'est installée dans notre société et il faut que la société réagisse. Donc c'est ce choc sécuritaire qu'il faut imposer.

Mais ça, on ne peut pas le faire avec des gens qui ont démissionné, ceux qui nous gouvernent, qui n'ont aucune force, qui n'ont aucune volonté d'exprimer l'autorité. Il faut que l'autorité républicaine se réimpose. Et là, il faudra une confrontation avec ces barbares. Il faudra leur dire et leur prouver surtout que la société démocratique, la vie en société, elle est plus forte que leur violence, que leurs règles. C'est tout cela qu'il faut engager. Et ça sera un combat difficile. Mais pour cela, il faut de la volonté. Ceux qui nous gouvernent n'ont aucune volonté. Chaque fois, ils nous disent non, mais tout va bien.

On a vu le ministre de l'Intérieur dire non, mais tout s'est parfaitement bien passé.

12:10
Présentateur

Alors qu'est-ce qui fait que vous, vous y arriveriez ? Qu'est-ce qui ferait que vous y arriveriez ? Je crois qu'il faut... Parce que ce discours casseur-payeur, on l'a entendu,

12:19
Éric Ciotti

Gabriel Attal, Céline Cornet et d'autres. Voilà, mais tout ça, c'est de la com'. Il faut trois ingrédients majeurs. Il faut de la volonté, parce que souvent, pour des raisons idéologiques, on ne bouge plus. Aujourd'hui, le gouvernement ne bouge plus, parce qu'il est, avec le pistolet sur la tempe, du Parti Socialiste. Le Parti Socialiste, quelque part, cette situation, elle lui va bien. Il faut du courage. C'est ce qui manque à ceux qui nous gouvernent, parce que ça va bouger. Lorsqu'il va falloir aller chercher chez eux ces barbares et les mettre hors d'état de nuire, ça va bouger dans certaines cités. Et puis, il faut des moyens. Je reviens à ce que je disais il y a quelques instants.

Sur des moyens policiers, majeurs, une chaîne pénale, des établissements pour les mineurs délinquants. Il y a une impunité totale sur les mineurs. Dans ces violences, il y a souvent des mineurs. Et ces mineurs, ils ne risquent rien. Et ils le savent. C'est pour ça qu'ils cassent.

13:16
Présentateur

Votre parti, l'UDR, Éric Ciotti, va avoir sa niche parlementaire. Demain. Demain. Voilà, demain. Vous pourrez donc fixer l'ordre du jour. Vous avez annoncé, déposé une proposition de loi sur l'interdiction de célébrer le mariage d'étrangers en situation irrégulière résidant en France. De nombreux Français se disent que ce serait tout à fait normal. C'est du bon sens. C'est du bon sens. Voilà, vous avez résumé parfaitement la situation. Et ce que je voulais dire. Robert Ménard va être jugé en septembre, parce qu'il a refusé de célébrer le mariage d'un Algérien sous OQTF. Est-ce que vous pourriez tenir votre promesse ? Est-ce que, selon vous, ce texte va être voté ou pas ? Je l'espère.

14:03
Éric Ciotti

Va passer ou pas ? Vous savez, nous l'avions déjà présenté il y a un an. C'est un texte qui vient du Sénat, d'ailleurs, d'un groupe centriste. C'est un texte de bon sens. Il dit quoi ? Il dit qu'on ne peut pas sanctionner un maire qui refuse de célébrer le mariage d'un citoyen français avec un étranger en situation irrégulière que l'État français demande d'expulser avec une OQTF. C'est un principe de base. On veut expulser quelqu'un, mais on l'autorise à se marier en France. Une fois qu'il sera marié, il va rester définitivement sur le territoire. Donc, on est au règne du but-roi. Et on a sanctionné des maires qui ont été menacés.

Robert Ménard, mais d'autres en région parisienne également, qui, si on leur dit, si vous ne célébrez pas le mariage, vous allez payer chaque jour une astreinte de plusieurs milliers d'euros. Donc, souvent, ils cèdent parce qu'il y a cette pression. Je pense que la justice et l'État auraient sans doute d'autres priorités que celle-là à s'attaquer aux élus. Mais, donc, nous voulons changer la loi parce qu'elle est stupide aujourd'hui. L'année dernière, nous avions déposé ce texte. Il avait été bloqué une journée entière par LFI, par l'extrême gauche, par la gauche aussi. Et il n'avait pas été adopté par l'absence aussi des députés LR puisque M. Wauquiez leur avait demandé de ne pas être là.

J'espère, j'espère demain, qu'il y aura ce retour du bon sens.

15:31
Présentateur

Vous devez avoir des radars.

15:32
Éric Ciotti

J'ai échangé hier avec le garde des Sceaux qui m'a fait part de son soutien. C'est lui qui représentera le gouvernement au banc. Donc, j'espère, j'espère que ce bon sens que j'évoquais sera au rendez-vous de nos débats, qu'il y aura une majorité pour l'adopter et qu'ensuite, la navette pourra faire son travail et qu'avant la fin de la session, on adopte définitivement ce texte pour protéger les maires parce qu'on ne peut pas laisser les maires dans cette incertitude juridique face à cette menace que les Français ne peuvent pas comprendre.

On aura également un texte sur les squats aussi qui rendra obligatoire quand quelqu'un prend un abonnement électrique pour un logement, de prouver qu'il a le droit d'occuper ce logement. Aujourd'hui, les fournisseurs d'électricité donnent l'abonnement, vous appelez, sans aucun contrôle, à quelques clics. Et donc, une fois que les personnes ont l'abonnement, il reste des mois, voire des années, dans des logements. C'est un drame pour les propriétaires, c'est un drame pour les personnes. Je l'ai vécu à Nice. On a fait fermer par la force deux immeubles depuis que je suis maire. Il y avait une cinquantaine de squatteurs dans un immeuble qui pourrissait un quartier entier. On tient cet immeuble.

Il y a une présence policière permanente. Donc, c'est un combat. Mais il faut aussi qu'on ait les armes juridiques. Giorgia Meloni l'a fait en Italie avec beaucoup de force. Il faut qu'on le fasse également en France.

17:08
Présentateur

Éric Ciotti, je vais vous parler également du colloque hier soir que vous avez organisé à l'UDR, votre parti, afin de présenter l'intégralité de votre programme économique. 70 propositions qui représentent, vous nous dites, 200 milliards d'euros d'économies et 150 milliards d'impôts rendus aux Français. Rien que ça. Est-ce que vous pouvez nous le présenter ? C'est énorme.

17:31
Éric Ciotti

C'est une révolution. Quelques axes. D'abord, il faut refaire une organisation territoriale. Je dirais plus que deux échelons territoriaux. La commune, la province. Pour les collectivités comme pour l'État, beaucoup moins d'agences de l'État. On veut en supprimer 400. On veut supprimer la moitié des normes. Commune, province, ça veut dire qu'il n'y a plus de départements, plus de régions. Absolument, qui seraient regroupés dans une entité que nous appelons province et où toute l'organisation de l'État, notamment les préfets, on supprimerait les recteurs, tout serait placé sous l'autorité d'un préfet qui serait beaucoup plus efficace et de l'autre côté, avec deux échelons de collectivité.

Aujourd'hui, on ne sait plus qui fait quoi. Donc, on a cette réorganisation territoriale. On a des économies sur les dépenses de l'État, sur la suppression de toutes ces agences, de ces comités qui ne servent à pas grand-chose, voire à rien, mais qui coûtent beaucoup. La volonté aussi de réformer notre système de retraite. Il faudra y venir avec de la capitalisation. Aujourd'hui, on a un système par répartition. Compte tenu de l'évolution démographique, il y a moins de naissances, il y a plus de personnes, l'espérance de vie est plus importante, donc plus de personnes à la retraite. Le système par répartition n'est plus viable aujourd'hui, tout seul.

Il faut qu'il subsiste, ce soit le socle de notre retraite, mais que chacun puisse se constituer aussi une retraite individuelle par capitalisation. Ça a été fait dans tous les pays de l'Europe du Nord, avec un immense succès. Et en plus, ces fonds de capitalisation, peuvent être investis dans l'économie. C'est 2 000 milliards d'euros potentiellement dans 20 ans si on commence aujourd'hui. On ne l'a jamais fait en France. Il faut commencer. On propose de l'étaler sur 15 ans avec une petite part des cotisations que nous payons aujourd'hui pour les retraites qui constituerait, qui amorcerait ce fonds de capitalisation pour faire sa propre retraite. Donc, il y a ces sujets.

On a lancé un grand plan hier sur l'intelligence artificielle. On veut une loi cadre pour que l'administration passe à l'intelligence artificielle. Il y a des gains de productivité. Il y a des gains de services. On aura sans doute besoin de moins d'emplois aussi aujourd'hui. Vous savez, hier, on avait au colloque, on avait notamment Jacques Delarousière qui a été le patron du FMI. C'est un immense économiste pour lequel j'ai beaucoup de respect. On avait Agnès Sarnot-Verdier-Molinier. On avait Renaud Dutrey, l'ancien ministre, qui est venu participer. Et l'ERN vous suivra ? Parce que c'est votre allié. On travaille ensemble. Vous ne serez pas candidat à la présidentielle, a priori.

20:13
Présentateur

Non, je ne serai pas candidat. Donc, ça sera soit Jordan Bardella, soit Marine Le Pen.

20:16
Éric Ciotti

Le candidat de l'Alliance nationale, du redressement national, du changement dont notre pays a tant besoin. On va travailler ensemble. Et la contribution de l'IDR, c'est d'apporter ces propositions. On a beaucoup travaillé avec des experts de très grande qualité. Ils étaient présents hier. Et on veut apporter cette contribution sur l'organisation territoriale, sur l'organisation de l'État, sur les salaires. On veut que les salaires augmentent aussi. Parce qu'en France, le coût salarial est quasiment le plus élevé en Europe. Mais le salaire net est parmi les plus faibles. Pourquoi ? Parce qu'on prélève trop de charges.

Donc, il faut que le modèle social, aujourd'hui, qui pèse sur les salaires et la compétitivité des entreprises soient financés différemment, avec des économies aussi, avec une allocation sociale unique. Mais sur les emplois dans la fonction publique, Jacques Delarrozière disait ce chiffre. En 40 ans, on a créé un million de fonctionnaires en France. Il n'y en a plus qu'en Allemagne, alors que la population allemande est beaucoup plus importante. Il faudra une évolution. L'intelligence artificielle peut le faire. Voler sur l'industrialisation aussi. Notre industrie a été divisée par deux en 20 ans. C'est un drame pour le pays. Il faut redonner de la force à la production française.

21:31
Présentateur

Merci beaucoup, Éric Ciotti, invité de la grande interview sur News Europe. Bonne journée, à bientôt. Merci, Éric.

«Il faut réarmer notre chaîne pénale», estime Eric Ciotti — Éric Ciotti · Pourquijevote