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AutreFrance Inter — Le téléphone sonne (sur Site radio)· 19 décembre 2025 38 minContradictoireMixteSolidarités & famille

Fêter Noël : Une joie ou une corvée ?

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Répartition du ton (temps de parole politique)

Propositif 10 %Défensif 1 %

Temps de parole

  • Présentateur25 %
  • Auditeur22 %
  • Invité20 %
  • Auditeur 216 %
  • Auditeur 37 %
  • Auditeur 43 %
  • Auditeur 53 %
  • Auditeur 62 %

2,3 interruptions / 10 min (chevauchements et interjections détectés).

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0:00
Présentateur

France Inter, France Inter, le 18-20, Eric Delvaux. Préparer les cadeaux, préparer les repas de réveillon, se préparer à recevoir la famille notamment, trop manger, trop boire, trop dépenser aussi, et si finalement ces réveillons de fin d'année étaient plus une corvée qu'un plaisir. Certains plaident d'ailleurs pour un Noël entre amis, juste entre amis, d'autres pour un Noël sans cadeau acheté trop loin, pour moins polluer, pour moins encombrer aussi. Au téléphone sonne ce soir, je vous demande comment vous appréhendez cette injonction à faire Noël, quel plaisir y trouvez-vous, ou au contraire, comment ces rituels vous insupportent au point d'associer cette longue séquence à une corvée.

Une étude que je vous cite, une étude Opinion Way, nous dit que pour un Français sur trois, c'est en ce moment la période la plus stressante de l'année. Alors, venez-nous raconter, si c'est le cas, quelle charge mentale vous subissez avant, pendant ou après les réveillons en famille. J'attends vos questions, vos témoignages, le téléphone va sonner jusqu'à 20h. Le téléphone sonne, 0145 24 7000. Avec un premier témoignage vocal, celui qu'Émilie vient de laisser sur l'application Radio France.

1:22
Auditeur

Bonjour, je suis Émilie, je suis enseignante en collège, et en effet, cette période est la période la plus stressante pour moi, à la fois parce qu'il y a Noël, les cadeaux, le menu à gérer, les problèmes avec la famille aussi, qui a du mal à s'adapter, et en plus, malheureusement, ça tombe en plein pendant la période des bulletins, des conseils de classe, des réunions parents-profes. Bref, c'est l'horreur.

1:46
Présentateur

Merci de ce témoignage, Émilie, avec ce soir trois invités pour vous répondre. Sylvie Protassier, vous êtes psychologue clinicienne, psychothérapeute et psychanalyste à Paris. Jean Viard, faut-il encore préciser, Jean Viard, que vous êtes sociologue, élève d'Edgar Morin, directeur de recherche associé au Cévis-Pof-CNRS. J'en profite aussi pour signaler votre dernier livre, Une France bousculée, le livre parait aux éditions de l'aube. Et puis Jean-Pierre Guénaud, vous êtes historien, éditeur, écrivain, journaliste et spécialiste Noël. Vous avez même été le secrétaire du Père Noël au bureau du courrier durant sept ans. On en parlera évidemment. Bienvenue à tous les trois.

Sylvie Protassier, psychologue, psychanalyste, je vais vous renvoyer ce premier témoignage d'Émilie. Pour qui cette séquence de Noël est d'abord une angoisse, un stress ? Que disent les patients qui viennent vous consulter lorsqu'ils évoquent ce stress ? Pour quelles raisons principalement ?

2:52
Auditeur

Alors, il y a... Bonjour d'abord. Bonsoir. Et il y a un certain nombre de raisons qui sont des raisons de pouvoir, c'est-à-dire chez qui ça va se passer ? Il y a la géographie, où ça va se passer ? Est-ce qu'il faut aller chez celui qui a l'appartement le plus grand et qui va pouvoir recevoir plus de monde ? Ou bien il faut... Faut-il aller chez celui qui est le plus âgé parce qu'il a un rôle supposé hiérarchique dans la fratrie, par exemple, ou dans la famille ? Il y a effectivement les dates et l'organisation générale. Faut-il arriver à combiner... Peut-on arriver à combiner les exigences des familles recomposées, des conjoints mariés, des beaux-parents, des belles familles, etc.

Oui, donc, il y a du stress.

3:43
Présentateur

Il y a du stress. Jean Viard, Noël reste malgré tout une célébration de la famille transgénérationnelle même.

3:51
Auditeur

Oui. Alors, c'est vrai qu'il y en a qui ont des problèmes. Et puis, il y a des gens pauvres, il y a des gens seuls, il y a des gens qui ont perdu un enfant. Enfin, il y a des tas de raisons. Mais honnêtement, ça reste une grande fête. Et si vous voulez, moi, ce qui me frappe, c'est le développement des marchés de Noël. Le monde qu'il y a sur Noël, c'est plus simplement dans la maison. Alors, c'est très peu religieux. Mais c'est dans la ville. Tous les villages ont des marchés de Noël. Alors, parlons des plus connus comme Colmar ou Strasbourg. Ça n'existait pas il y a 30 ou 40 ans. Donc, je trouve que, si vous voulez, c'est devenu un moment public important. Et c'est un moment de joie.

Moi, c'est un moment autour de l'enfance, malgré tous les problèmes qu'on peut citer. Moi, je garderais ce côté-là, même si je suis d'accord. Et le stress, il est lourd de l'organisation, tout ça. C'est souvent les femmes qui le portent. Donc, c'est à dire aussi. Mais je crois, gardons quand même l'idée que c'est d'abord positif. Et puis après, évidemment, il y a aussi les problèmes.

4:38
Présentateur

Quelques questions sur l'aspect religieux de ce rendez-vous. Jean-Pierre Guénaud, je me tourne vers vous. Je rappelle que vous êtes historien, écrivain, spécialiste de Noël. Le Père Noël, on va le rappeler, ancien secrétaire même, du Père Noël. Le Père Noël a été profane avant d'être religieux.

4:54
Invité

Il a été profane. C'est l'héritage des fêtes du solstice d'hiver, des saturnales. Pendant longtemps, au début du christianisme, entre le 1er et le 4e siècle, on ne fête pas Noël. On ne fête pas l'enfant Jésus. Ça n'existe pas, ce n'est pas là. La date de naissance de Jésus n'est pas mentionnée dans les évangiles. Et puis, au 4e siècle, l'Église choisit le 25 décembre pour essayer de remplacer les fêtes païennes populaires et pour donner une signification chrétienne à une date qui est déjà festive. Il faut attendre le Moyen-Âge. Petit à petit, du 5e au 15e siècle, Noël s'impose en Europe. Les messes de minuit, les grands repas communautaires, les crèches vivantes.

C'est un moment de joie qui devient sacré, proféne. Et c'est surtout au 19e siècle que Noël se renforce, devient un événement culturel et familial.

5:49
Présentateur

Et aussi consumériste, on va en parler à partir des années 30. Et commerciale. On va évidemment en parler ce soir. Rémi est en ligne. Bonsoir Rémi. Bonsoir. Vous êtes à l'antenne.

6:00
Auditeur

Écoutez, merci pour la qualité de vos émissions. Moi, je voulais souligner ce qui me gêne par-dessus tout dans cette fête qui est devenue pour moi une fête vraiment commerciale. Le fait qu'on a tous bien conscience qu'on est dans un monde fini. Et pourtant, on continue à produire, à surproduire, à consommer, à surconsommer. Et il y a deux jours, j'étais vraiment choqué par exemple par une décoration de Noël qui montrait des ours polaires. Et je me dis, voilà, des gens vendent ça, achètent ça. Et ils font venir des décorations comme ça, qui viennent du bout du monde, dans des super containers, qui polluent les océans. Et qui contribuent donc à la disparition des ours polaires.

Mais on continue à acheter des ours polaires pour décorer des sapins ou des rues. Voilà, je trouve ça totalement absurde. Et même indécent.

6:54
Présentateur

Merci de ce témoignage, Rémi. Jean Viard, cette consommation, ce consumérisme indécent, nous dit Rémi. On peut peut-être rappeler aussi que le concept de cadeau de Noël a un peu évolué ces dernières années. Au fur de la seconde main, ça ne choque plus personne.

7:11
Auditeur

Oui, mais c'est ça que j'allais dire. D'abord, le premier cadeau de Noël, c'est des livres. Il faut toujours le rappeler. Évidemment, il y a presque 30 ou 40% des jouets qui sont d'occasion. Et ce que je trouve intéressant, c'est qu'on ne le cache plus. À une époque, si on n'avait pas d'argent et qu'on allait acheter un truc d'occasion, on n'était pas sûr qu'on allait le dire. Alors que maintenant, c'est honorable. Parce que quand même, mine de rien, l'économie de la réutilisation, elle se développe. On pourrait dire qu'elle ne va pas assez vite et tout. Et je trouve que ça m'a surpris, moi je vais vous dire, que les cadeaux de Noël qui étaient...

Vraiment, je pensais que c'était un lieu où ça n'allait pas prendre. Sur le vêtement, ça a déjà pris depuis un moment. Ça a pris beaucoup. Donc, si vous voulez, je pense qu'il y a une évolution qui est intéressante. Parce qu'on veut donner du sens. Et le sens, effectivement, comme l'a dit Jean-Pierre Guénaud, évidemment, le sens, il est ancien dans toutes les civilisations. On passe d'une saison à une autre. C'est bien ça l'enjeu. Et après, on aura Pâques qui sera le deuxième moment du dispositif.

Mais donc, effectivement, insistons quand même, même si j'entends bien ce que dit l'auditeur, et c'est respectable, mais insistons sur le fait que ce développement de la réutilisation est un signe fort.

8:14
Présentateur

Sylvie Protassieff, je rappelle que vous êtes psychologue, psychanalyste, et vous vouliez réagir au témoignage de Rémi.

8:20
Auditeur

Oui, je voulais ajouter qu'il y a quand même une pratique qui se développe là depuis plusieurs années, qui est la pratique, je ne sais pas s'il y a un terme en français, du Secret Santa, ou pour éviter les prises de tête.

8:31
Présentateur

On ne sait pas à qui on va offrir un cadeau. Seul celui qui offre, c'est...

8:35
Auditeur

Et il a une règle du jeu qui est donnée par celui qui invite, et qui consiste à dire, chacun apporte quelque chose entre 1 et 10 euros, entre 1 et 15 euros, par exemple, et chacun va piocher dans une corbeille.

8:51
Invité

C'est ce qu'on faisait au Nouvel An avant. Et il faut aussi citer les gens qui, avec une certaine forme de cynisme, revendent les cadeaux de Noël sur Ebay, le lendemain et le lendemain. Quand vous fréquentez Ebay, c'est Noël, mais dans un...

9:05
Présentateur

Ebay ou d'autres plateformes, évidemment.

9:07
Invité

En fait, c'est le moment de la trêve, et il faut, je crois, faire allusion au fait qu'énormément de familles ne vont pas si bien que ça. Et alors, évidemment, au moment de Noël, les familles se retrouvent avec toutes les hiérarchies qui étaient évoquées tout à l'heure, et là, ça pose un problème, parce que quand les gens ne parlent pas le silence, le fait de ne pas communiquer, ce sont des métastases. Et elles ont tendance à rejaillir quand les gens se retrouvent autour d'une table, parce qu'à ce moment-là, comme les occasions de se voir sont parfois rares, les gens sont dispersés, les familles sont dispersées, eh bien, il y a tout un tas de rancœurs qui vont ressortir.

Et puis, cette ritualisation fait que les gens n'ont pas forcément... Ils ont l'idée d'une fête convenue, d'une fête imposée, et parfois pas avec la spontanéité qui devrait être là. Mais il ne faut pas oublier quand même que reste la magie de l'enfance. Et là, il y a un problème par rapport à l'enfance. L'enfant rêve, et puis, petit à petit, l'adulte qu'il va devenir, d'abord adolescent, puis adulte, va affronter ce qu'à l'infournier, dont le Grand Moulin appelle la dure vie basse. Et là, les paramètres vont changer.

10:15
Présentateur

Et on va en parler dans un instant, évidemment, avec Sylvie Protassief, psychologue et psychanalyste. On va retourner au standard, reprendre la question d'Alexandre, qui nous appelle des Yvelines. Bonsoir, Alexandre. Bonsoir, je vous entends très bien. Nous aussi. Donc, vous êtes à l'antenne. Allez-y.

10:31
Auditeur

Alors, oui. Je voulais simplement apporter mon témoignage sur le fait que lorsqu'on a la chance d'avoir une famille stable avec des gens qui s'entendent à peu près bien, je pense qu'il faut vraiment faire attention à essayer de conserver cette chance-là. Moi, je suis dans une situation dans laquelle, après un divorce, je me retrouve tout seul à Noël, après avoir vécu plein de Noël en famille. Une année sur deux, je fête Noël en tête-à-tête avec mes enfants parce que je n'ai plus aucune famille dans la région. Mes parents sont décédés. Mon frère habite très loin. Enfin bon, donc, pas de fête de famille. Et l'année suivante, mes enfants fêtent Noël avec la famille de leur maman.

Et moi, je me retrouve tout seul à la maison à me regarder dans le miroir en mangeant un morceau de saumon fumé. Voilà. Donc, mon message, c'était surtout... Effectivement, ce n'est pas facile quand les familles sont dissociées et s'entendent mal. Mais pour les gens qui ont la chance d'avoir une famille qui va bien, il faut penser qu'on a une grande chance de pouvoir fêter cette fête qui est une fête familiale, en famille, se retrouver, même si on ne s'est pas vus depuis longtemps, c'est une chance qui est importante, je pense.

11:37
Présentateur

Merci de l'avoir dit avec autant de sincérité, Alexandre. Je soumets votre témoignage à Sylvie Protasief. Noël, c'est parfois l'occasion de réparer la famille. Je sais que ça va faire l'objet d'un livre que vous êtes en train d'écrire.

11:51
Auditeur

Oui, alors effectivement, en tant que psychologue, je vois beaucoup de gens dont les problématiques relèvent de leur vie de famille passée et parfois présente. Et il est absolument visible que les occasions comme les fêtes de fin d'année et surtout Noël, parce que 31, c'est autre chose, les fêtes de fin d'année vont être un espoir, vont représenter, pour ceux qui se plient aux rendez-vous familiaux, vont représenter un espoir fou de réparer tout ce qui n'a pas bien fonctionné depuis le début. Et le problème, c'est que cet espoir est toujours déçu. Alors, je suis d'accord avec le dernier auditeur. Évidemment, ce n'est pas le cas de tout le monde. Et heureusement.

Mais je voulais ajouter aussi que de plus en plus maintenant, quand on sait que quelqu'un est seul pour le 24, il est possible que des gens l'invitent. Et je pense que c'est quelque chose qu'il pourrait chercher autour de lui, des amis, des voisins. Il y a des gens qui seront ravis certainement de l'inviter mercredi.

13:10
Présentateur

Jean-Pierre Guénaud, il y a une tradition dans l'histoire, lors des réveillons, de laisser une place comme ça à l'inviter à ces périodes-là ?

13:18
Invité

Oui, très certainement. Mais parce qu'il y a l'infini solitude. C'est le moment où les solitaires sont crucifiés. Les gens ne savent peut-être pas qu'il y a un million et demi d'enfants qui écrivent au Père Noël chaque année. Le Père Noël qui est à Libourne. C'est une institution qu'a porté Françoise Deltaux. J'ai été un des secrétaires qui lui a succédé.

13:39
Présentateur

Il faut rappeler, je fais une parenthèse, il faut rappeler cette histoire. Comment est né dans les années 60 le secrétariat du Père Noël ?

13:44
Invité

Eh bien, Jacques Marrette, ministre des PTT, trouvait que ces millions de lettres qui partaient en fumée dans l'atmosphère, ça n'allait pas. Donc, il a d'abord créé un secrétariat du Père Noël à Paris, puis à Libourne. Et chaque année, la Poste recrute 60 lutins du Père Noël qui répondent aux enfants. Et alors, à chaque fois, on propose quelqu'un et secrétaire du Père Noël. Ce que les gens ne savent peut-être pas, c'est qu'il y a 20 000 adultes qui écrivent chaque année au Père Noël. Vous allez vous en parler, évidemment. Le Père Noël, alors ils écrivent en toute connaissance de cause, c'est une bouteille à la mer.

Mais c'est pour des causes désespérées, en général, des maladies d'enfants, des choses incurables. Mais ces gens qui écrivent au Père Noël, j'ai l'habitude de dire que le Père Noël est un peu le psychanalyste des pauvres et le confident des esselés.

14:32
Présentateur

Dites-nous précisément, lorsque vous, pendant 7 ans, vous avez reçu des lettres d'adultes adressées au Père Noël, ils vous demandaient quoi ? Ils vous disaient quoi ?

14:41
Invité

Je vais vous citer la plus tragique que j'ai reçue. C'est une vieille dame qui écrit au Père Noël pour lui dire « Cher Père Noël, je t'écris pour te dire que cette année, je ne vais pas pouvoir faire grand-chose pour mes petits-enfants parce qu'avec 800 euros par mois, je ne m'en tire pas. De toute façon, mes petits-enfants, mes enfants ne veulent pas que je les vois. Alors, heureusement qu'il y a un peu de publicité, sinon je n'aurai jamais le passage du facteur. » Voilà ce qu'elle dit au Père Noël.

Donc, c'est quelque chose de désespérant qui montre bien que le Père Noël n'a pas seulement un rôle magique, n'a pas seulement pour rôle, comme Françoise Dolto l'avait compris, de faire rêver les enfants, mais s'il n'existait pas, il faudrait le réinventer. Il est un dernier recours, un peu mythique, et à cet égard, il joue un très beau rôle. Il faut rappeler peut-être aussi

15:30
Présentateur

que Jean-Pierre Marrette, l'ancien ministre des Postes et télécommunications en 1962 chez Pompidou, était aussi le frère.

15:36
Invité

Françoise Dolto est devenue la secrétaire

15:40
Présentateur

du Père Noël à son tour.

15:42
Invité

Elle a été très critiquée par certains collègues de Sylvie Protassiev parce que beaucoup de psychanalystes l'ont dit « mais dans quoi as-tu mis les doigts ? » Françoise Dolto, pédiatre

15:51
Présentateur

et effectivement psychanalyste aussi. Jean Viard, un tiers des Français expliquent une enquête opinionnouée que ce qu'ils redoutent le plus dans les réveillons, c'est de passer une soirée en famille. Comment est-ce que résonne cette statistique chez le sociologue que vous êtes ?

16:09
Auditeur

Comme toutes les statistiques, il faut être prudent, mais si vous voulez, ce qui est vrai, c'est que vous savez, 63% des enfants naissent hors mariage et à peu près un tiers des couples sont recomposés. Donc on voit bien derrière tout ça qu'on n'a plus du tout dans la famille traditionnelle, hiérarchique, organisée, sur le papier en tout cas, on est dans des familles beaucoup plus compliquées, beaucoup plus évolutives et c'est vrai que notamment la question dans les familles recomposées, qui a les enfants le soir et qui a les enfants le lendemain-midi et suivant la distance entre les deux ex, il y a possibilité de partager. En général, on échange une année sur deux, etc.

Il y a tout ça qui joue et la France est un pays où on vit loin les uns des autres. Vous voyez, moi je suis souvent en Belgique, ce n'est pas pareil, ils sont à une heure les uns des autres. Nous, bon, c'est beaucoup plus loin. Il y a tout ça qui joue. Je voudrais rajouter une chose, ça a quand même beaucoup changé, c'est qu'aujourd'hui, c'est les vacances qui durent entre Noël et Jour de l'An. Si vous voulez, jusqu'en 1981, entre Noël et Jour de l'An, on travaille. La cinquième semaine ? Voilà. On a calé la cinquième semaine entre Noël et Jour de l'An. La plupart des entreprises ont fait comme ça. C'est un peu ça renvoie à ce qui se passe entre le 1er et le 15 août.

C'est important parce qu'en fait, il y a deux fêtes. Il y a une première fête qui est quand même surtout familiale et les enfants. Et puis après, il y a une deuxième fête qui est d'ailleurs souvent le lieu d'émancipation des individus, qui est plus festive, plus érotique, on va dire, etc. Et au fond, les deux fêtes se négocient. C'est-à-dire qu'on dit aux ados, bon, écoute, t'es un peu grand, mais tu viendras, il y a les grands-parents, mais après, on va te laisser la maison, je sors du rayon. Vous voyez, il faut penser système de fête. C'est pour ça que presque un Français sur deux va se déplacer pour aller dans la famille, dans la résidence secondaire ou au ski.

Et beaucoup dans la famille. Voilà. Donc, il faut dire ça.

17:46
Présentateur

Sylvie Protasief, revenir dans la famille pour Noël, pour ceux qui le vivent mal, c'est souvent qu'ils ont eu leur vie affective, leur vie professionnelle. Et quand ils reviennent à la maison, ils redeviennent enfants à la place où ils étaient avant.

18:00
Auditeur

Ah oui, oui, oui. Et c'est ça qui est mal vécu. Il y a quelques jours, une de mes patientes m'a dit, bon, cette année, ça sera moins pire que l'an dernier parce qu'au moins, cette année, j'ai un job.

18:12
Présentateur

C'est-à-dire qu'elle était critiquée pour avoir un...

18:14
Auditeur

Oui, l'an dernier, c'était, bon, alors, qu'est-ce que tu deviens ? Alors, je m'inquiète pour toi.

18:18
Présentateur

La charge mentale était venue de l'intérieur. Tout le monde lui disait,

18:21
Auditeur

mais t'as essayé ceci, t'as essayé cela, etc.

18:24
Présentateur

Et venez nous raconter, jusqu'à 20h ce soir, comment vous vivez cette période de Noël. Une joie, une tristesse, une corvée, 01 45 24 7000. Annie nous appelle de La Rochelle. Bonsoir, Annie.

18:44
Auditeur

Bonsoir. Merci de prendre mon appel. Alors, pour commencer, moi, je dirais que je n'aime pas particulièrement la période de Noël, mais je ne l'aime plus qu'avant. Avant, c'était souvent avec les parents qui étaient une cause de discorde dans la famille et dans la fratrie. Les parents étant morts, maintenant, Noël est beaucoup plus joyeux. Donc, on fait ça en petit comité avec mon conjoint, mon fils, et souvent, un ou deux de mes frères. Nous sommes trois enfants. Donc, c'est cordial, c'est convivial. Il n'y a pas de discorde. Ça se passe bien parce qu'on s'aime bien, tout simplement. Et puis, alors, en ce qui concerne les cadeaux, alors, chez nous, il n'y a pas de débauche de cadeaux.

Je suis dans une démarche anti-consumériste et zéro déchet depuis très, très, très longtemps. J'offre des cadeaux utiles tels qu'une paire de pantoufes, une paire de lunettes et aussi des cadeaux alimentaires. Je suis devenue une spécialiste des confiseries de Noël, donc j'offre beaucoup des confiseries que j'ai faites moi-même. Souvent des... Et en plus, quand je ne les fais pas moi-même, j'offre quelque chose qui se mange avec peu d'emballage. Ce qui fait que je n'ai pas de stress en ce qui concerne la cuisine ou autre. On fait des choses simples. Merci. Et Noël se passe bien.

20:12
Présentateur

Merci d'être venue le dire aussi sincèrement ce soir. Deux aspects dans votre question. J'ai bien compris l'aspect consumériste et vous faites tout pour y échapper. Je vais peut-être revenir avec vous, Sylvie Protassiev, sur le fait qu'Annie apprécie bien plus cette séquence de Noël depuis que les parents ne sont plus là. Cette angoisse, cette tristesse de Noël, c'est toujours lié plus ou moins avec le lien d'amour ou de manque d'amour des parents ?

20:37
Auditeur

Oui, c'est le manque. C'est... j'ai été moins aimée que je l'aurais souhaité. S'il y a une fratrie, j'ai été moins aimée que mon frère, ma soeur, la cousine. J'ai des patients qui me disent « On m'a toujours donné ma cousine en exemple ? » Comme si...

20:59
Présentateur

Et ça, ça ressort toujours à Noël quand on a grandi.

21:03
Auditeur

Évidemment, parce que c'est une blessure.

21:05
Présentateur

Jean Viard, en famille à Noël, on évite de parler de sexe et surtout de politique ou l'inverse ?

21:11
Auditeur

Oui, on dit souvent ça. Il ne faut pas parler de sexe ni de politique sinon on se met à se disputer. Alors je ne sais pas si totalement vrai. Mais c'est vrai que leur pas de famille de Noël, c'est aussi un peu un état des lieux. Ce que disait désir la dame l'année où elle était au chômage, en gros, tout le monde lui donnait des conseils. Elle est de la malheureuse. Ça veut dire que

21:26
Présentateur

le réseau familial est aussi là pour ouvrir son carnet.

21:29
Auditeur

Oui, pour ouvrir et puis il y a aussi les jeunes. Donc je veux dire effectivement leur pas de qu'est-ce que tu fais au tirané. Je veux dire, c'est ça. Vous savez que le premier moyen de trouver du travail, ce n'est pas pour l'emploi, enfin ça s'appelle France Travail, c'est les réseaux familiaux. C'est de loin le plus efficace. Donc c'est pour dire que la famille ça reste une tribu aujourd'hui la famille. C'est une tribu avec des ex, avec quatre familles différentes. d'autres qu'on voit beaucoup mais au fond c'est une tribu et cette tribu elle est solidaire y compris pour aider les jeunes dans la vie. Donc ça il faut le dire aussi.

Pour ça j'entends tout à fait ce qui se dit mais je dis en même temps je pense que dans la plupart des familles ça reste quand même la grande joie autour de l'enfance. Et Jean-Paul Guéneau l'a dit, c'est quand même la fête de l'enfance. Ce n'est plus l'enfant Jésus parce qu'il y a 4% des Français qui vont à la messe, enfin entre 3 et 4%, même si ça reste dans notre culture bien sûr. Mais effectivement c'est la fête de l'enfance, c'est la fête des petits qui grandissent et les voir les cousins l'année pour l'année d'après comment ils sont devenus, etc.

Donc au fond c'est la croissance qui est au cœur de la famille et je pense que ça c'est quand même un grand moment festif et un grand moment de bonheur et de transmission.

22:36
Présentateur

Jean-Pierre Guéneau vous souhaitiez réagir

22:37
Auditeur

au camionnage d'année.

22:37
Invité

Oui ce qui contribue à faire que parfois Noël apparaisse comme une corvée c'est le facteur de l'oubli. On oublie le sens de Noël et il y a quelque chose de très significatif. Chaque année la poste émet des timbres de fête. Cette année une fois de plus il y a douze timbres autocollants qui ne sont pas particulièrement jolis mais alors il y a quelque chose d'étonnant aucun ne fait allusion au sens de Noël. La nativité il n'y a pas une nativité dans les timbres de Noël cette année.

Alors il est là le symbole formidable c'est le symbole de la nativité du renouveau et quand on voit une vierge avec l'enfant dans ses bras c'est une mère c'est le renouveau on ne peut pas s'empêcher de penser à la séquence finale la piéta c'est-à-dire celle qui après avoir mis au monde son enfant l'accompagnera dans la mort d'une certaine façon lui fera faire le voyage dans l'autre sens.

23:29
Présentateur

Cela dit c'est peut-être aussi une question de laïcité je me sens entre guillemets mais pour que la poste ne mette pas d'état pour les gens

23:35
Invité

là il y a une forme de laïcité historique car aujourd'hui Noël est une fête universelle qui n'est pas seulement fêtée par les chrétiens ou par les juifs elle est fêtée par tout le monde elle est fêtée par des gens qui ne sont pas croyants elle est fêtée par des musulmans qui ne veulent pas rester au bord l'occasion de se retrouver cette occasion de communion de convivialité est quelque chose d'indispensable tant il est vrai que ce qui structure la société c'est le lien social et ces fêtes au Moyen-Âge il y avait des fêtes sans arrêt parce que la vie était très dure et ces fêtes aidaient les gens à tenir le coup

24:09
Présentateur

on va prendre Laurence en ligne dans un instant mais sur cet aspect Jean Viard sur le volet religieux Noël de moins en moins religieux ça explique aussi pourquoi des enfants des autres religions en France reçoivent aussi des cadeaux

24:23
Auditeur

oui alors pas tous je pense qu'il y a encore des familles qui ne le font pas pour opposition au catholicisme mais si vous voulez en France il faut dire il y a un français sur deux à peu près qui ne déclare aucune religion il y a à peu près 30% qui se reconnaissent de culture chrétienne mais je vous disais il y en a 3 ou 4% qui vont à la messe le dimanche donc la société est très profondément déchristianisée ce qui n'enlève pas la dimension culturelle il n'y a qu'à se promener il y a des clochers partout et donc je veux dire les marques restent effectivement dans le territoire mais je pense que Noël est d'abord devenu la fête de l'enfance avant d'être effectivement une fête religieuse mais d'ailleurs c'est ce que les chrétiens avaient très bien compris ce que disait Jean-Paul Guénaud c'est-à-dire en récupérant au fond la vieille fêle du solstice c'est-à-dire l'idée de l'année qui finit et de la naissance qui vient c'était bien avant Jésus et en ce moment je dirais qu'on est un peu après Jésus mais ça doit toujours rester le moment de la naissance parce que c'est bien le passage le solstice il est toujours là et si vous voulez il faut remettre le sens du passage des saisons comme un passage de la vie donc la naissance qui nous entraîne qui n'est pas forcément la naissance de Jésus qui est la naissance de l'enfant de tout enfant qui naît dans son rapport à sa mère qui est une très belle relation c'est ce que rappelait

25:31
Présentateur

Jean-Pierre Guénaud Laurence est en ligne bonsoir Laurence

25:37
Auditeur

bonsoir

25:38
Présentateur

vous êtes à l'antenne

25:38
Auditeur

et bien oui moi j'ai été très émue par le témoignage je crois son prénom c'était Alexandre un monsieur qui a une année sur deux allait être tout seul et donc voilà donc je voulais lui proposer évidemment pas à l'antenne mais par votre intermédiaire lui proposer mon numéro de téléphone parce que ça ça m'a bouleversée et voilà je supporte pas l'idée que des gens soient tous seuls

26:03
Présentateur

écoutez on va pas vous donner son numéro de téléphone mais on va lui donner le vôtre éventuellement et c'est lui qui décidera s'il apprécie cette invitation pour qu'il ne passe

26:14
Auditeur

je pense pas que je sois toute seule à lui proposer à lui proposer ça voilà on vit dans une société où il y a quand même beaucoup le divorce c'est une rupture je crois que ce monsieur a été divorcé il y a toutes sortes de ruptures dans la vie ça en fait partie et c'est l'idée que des gens soient seuls et il y en a beaucoup c'est vraiment c'est vraiment insupportable donc voilà toute simplicité je lui propose mon numéro et d'autres gens certainement lui proposeront le leur aussi

26:39
Présentateur

et bien merci également toute simplicité je précise que vous n'êtes pas la seule effectivement à avoir été émue par le témoignage d'Alexandre qui rappelait l'importance d'avoir une famille au moment de de célébrer les réveillons de fin d'année Sylvie Protasief on va revenir sur les raisons qui sont invoquées quand vos patients viennent vous dire à quel point ils n'aiment pas cette période qu'est-ce qui est mis en exergue généralement ?

27:02
Auditeur

alors bon au-delà des sujets familiaux

27:04
Présentateur

vous êtes psychanalyste et psychologue clinicienne

27:07
Auditeur

au-delà des sujets familiaux qui sont quand même omniprésents il y a un sujet dont on n'a pas parlé là pour le moment c'est la disparition de la lumière donc du jour et la renaissance de la lumière on parlait de naissance de renaissance la renaissance de la lumière quand les jours vont augmenter et j'ai souvent alors il y a souvent des personnes qui à partir du moment de début novembre commencent à dire oh là là puis les fêtes arrivent oh là là j'aime pas cette période etc. et puis il n'y a plus de lumière et puis les jours baissent et puis etc.

et on est passé en horaires d'hiver enfin c'est il y a un côté pour certaines personnes un peu photosensibles enfin je ne sais pas si c'est le bon terme enfin qui qui ont besoin de luminosité de luminosité et bien Noël va être tout de même ah mais au moins dans une semaine les jours vont recommencer à augmenter alors ça fait passer un peu la pilule

28:03
Invité

en fait Jean-Pierre Guenot c'est la lumière que les pays scandinaves ressuscitent parce que quand vous êtes dans les pays scandinaves à Noël il y a des chandeliers et des bougies partout c'est-à-dire qu'on restitue la lumière par ce biais là

28:15
Présentateur

il faut rappeler peut-être aussi Jean Viard que c'est aussi une période Noël le solstice la journée la plus courte de l'année le jour le plus court de l'année

28:24
Auditeur

non mais c'est sûr c'est le jour mais là on a déjà tourné si vous voulez c'est le jour le plus court de l'année et en même temps on éclaire la ville parce que justement regardez comme toutes nos villes sont illuminées parce que comme c'est le moment où il fait le plus noir Noël les permet pendant quasiment un mois d'éclairer la ville d'une façon magnifique le travail qui est fait en lumière publique moi de Noël de plus en plus je le pense dans la rue si vous voulez c'est pas ça je pense des marchés de Noël je pense des éclairages publics les efforts que font les communes pour inventer de l'éclairage donc ça veut dire justement on est au moment du noir et au fond de Noël c'est le moment où on signale que la lumière revient et on commence évidemment par la lumière électrique mais je trouve que ça c'est important parce que du coup on a plaisir à se repromener dans la ville sinon se promener dans la ville en décembre quand il n'y a pas de lumière c'est pas grave mais aller au Champs-Élysées si vous êtes parisien moi dans mon village c'est éclairé on a à nouveau envie de faire la grande rue

29:11
Présentateur

vous avez compris ce paradoxe qui a été évoqué par nos auditeurs qui évoquait l'aspect trop consumériste on consomme trop on brûle trop d'électricité vous l'entendez aussi un peu ?

29:22
Auditeur

c'est à moi que vous parlez ?

29:23
Présentateur

oui à janvier

29:23
Auditeur

oui non mais je l'entends mais en même temps vous voyez les gens qui nous ont téléphoné sont soit ce monsieur tout seul qui est très émouvant soit des gens qui sont contre la consommation qui ont une réflexion sur la gestion de la consommation et c'est très bien mais je veux dire faisons attention que pour plein de gens ce qui les limite c'est le revenu et en fait s'ils pouvaient acheter un peu plus sans doute qu'ils le feraient donc il faut bien voir que la première limitation dans les milieux populaires ça a été l'inflation notamment sur les produits alimentaires qui ont augmenté de 23% donc si vous voulez il y a toute cette question je dirais que le frein le premier frein à la consommation surtout en cette période c'est l'inflation et puis il y a les choix idéologiques aussi et je crois qu'il faut le dire quand même parce qu'il y a des gens qui ne vont pas faire de cadeaux cette année parce qu'ils n'ont pas d'argent il y a des gens qui ne vont pas acheter une dinde enfin une dinde parce que regardez comme dans les supermarchés l'oeuf se vend de plus en plus et le poulet blanc aussi donc il faut insister là-dessus sur ces manques je crois que c'est la première restriction de Noël en ce moment c'est l'inflation

30:21
Présentateur

Françoise est en ligne au standard de France Inter vous nous appelez de Quimper Françoise bonsoir et bienvenue

30:27
Auditeur

tiens bonsoir

30:29
Présentateur

vous êtes à l'antenne

30:30
Auditeur

oui oui oui oui je voulais dire simplement que dans la famille on ne dépense pas vraiment beaucoup d'argent pour Noël parce que pour les adultes en tout cas nous tirons donc au sort et puis ça qui fait que chaque adulte offre un seul cadeau à un autre adulte voilà et puis la valeur n'est pas spécialement élevée bon voilà et c'est très voilà

30:56
Présentateur

merci merci de ce témoignage vous l'avez évoqué Sylvie Protasief le secret de Santa prend de l'importance et permet de réduire les coûts mais oui

31:06
Auditeur

mais oui pourquoi pourquoi passer deux mois à chercher les cadeaux les plus astronomiques ou les plus faramineux alors que ce qui compte c'est de passer un excellent 24 décembre au soir dans une ambiance chaleureuse d'ailleurs j'ai constaté que ceux qui s'en sortent bien à ce moment là sont ceux qui vont choisir la manière dont ils vont fêter le 24 c'est-à-dire avec qui ils vont le fêter combien ils vont être à quel endroit ils vont être et savoir refuser ce qui ne leur convient pas

31:43
Présentateur

il y a pas mal de questions qui vont dans ce sens là Sylvie Protasief peut-on passer outre l'angoisse de Noël comment se réconcilier avec cette période question que l'on vous pose directement et bien oui

31:57
Auditeur

choisir choisir c'est-à-dire se dire finalement ce n'est pas une obligation absolue

32:04
Présentateur

c'est-à-dire oublier la stratégie de l'évitement il faut rentrer dedans en disant j'assume mais je choisis

32:10
Auditeur

mais je choisis je choisis l'organisation qui me convient je choisis ceux avec qui j'ai envie de passer Noël je choisis de ne pas être sur place au moment de Noël parce que je choisis d'aller faire un petit voyage juste pendant trois jours comme ça je fais Noël selon mon envie

32:34
Invité

c'est moi qui choisis je ne subis plus Jean-Pierre Guénaud ce qui est important c'est la notion de trêve il ne faut pas oublier que les premières fraternisations pendant la guerre de 14 entre les français et les allemands datent de décembre 14 date de décembre

32:48
Présentateur

il y a eu un beau film là-dessus d'ailleurs

32:50
Invité

et quelle est la tonalité globale c'est le rejet de l'autre c'est le rejet de l'autre et le soir de Noël c'est la communion le symbole d'une crèche est magnifique dans la crèche il y a des bergers il y a des gens du peuple qui sont venus il y a les rois mages les rois mages ils sont venus de très loin ce sont des migrants et d'une certaine façon pendant cette nuit-là on redécouvre une vérité toute simple c'est que nous ne sommes riches que de l'agrégation de nos différences et c'est là il faudrait faire la trêve de ce qui se passe actuellement c'est-à-dire le rejet des immigrés il est effarant de voir que je suis catholique 70% de mes congénères rejettent les migrants oubliant une parole qui aimez-vous les uns les autres donc vraiment cette notion de trêve me paraît très importante même si les gens savent que peut-être ça ne durera pas puis alors cette notion de trêve par les temps qui courent quand on voit ce qu'est l'actualité aussi bien au Proche-Orient qu'en Ukraine ou en Russie on en a terriblement besoin

33:51
Présentateur

Stéphanie nous appelle de Savoie bonsoir Stéphanie bonsoir vous êtes à l'antenne

33:56
Auditeur

oui je vous appelle parce que moi je voulais surtout parler du fait que je trouve que malheureusement ces fêtes on subit un peu une injonction à faire la fête à être heureux à voir des gens alors qu'en fait c'est une soirée comme une autre on peut très bien être tout seul et passer une bonne soirée pourquoi est-ce qu'il faudrait absolument s'amuser en même temps que tout le monde je trouve ça toujours un peu ridicule et du coup ça me fait penser à un soir de Noël que moi j'ai trouvé absolument génial dans ma vie moi à Noël en tant que mère de famille c'était une grosse période parce qu'il fallait préparer le repas de Noël le repas du réveillon 46 cadeaux de mon côté du côté de mon mari le voyage du lendemain de Noël pour aller d'une famille à l'autre en TGV se réveiller vos oraux enfin bref je vous passe c'était extraordinaire et on s'est séparé mon mari et moi j'avais pas beaucoup d'aide de sa part entre parenthèses et là je me suis retrouvée toute seule et j'ai pu aller au cinéma c'était encore possible à l'époque et je me suis retrouvée toute seule avec Will Smith et c'était juste parfait

35:02
Présentateur

écoutez merci de ce témoignage spontané Sylvie Protassia vous le disiez finalement choisir son Noël c'est une façon de repousser l'angoisse et la tristesse

35:12
Auditeur

de choisir de passer Noël avec le héros d'un film qui est un bel homme en plus c'était vraiment merveilleux

35:19
Présentateur

vous parlez de Will Smith notamment une question Jean Viard sur le volet religieux de Noël des auditeurs nous demandent si ce volet religieux dans quelle proportion est-il devenu minoritaire chez les français

35:31
Auditeur

c'est ce que je disais tout à l'heure puisqu'il y a 32% des gens qui se reconnaissent de culture catholique à peu près et puis à la messe il y en a 2 ou 4% peut-être que le soir de Noël il y en a un peu plus mais on ne doit pas arriver à 10% si vous voulez donc la dimension purement religieuse de gestes religieux se fait de moins en moins mais en même temps je vais te dire une dernière chose c'est un rituel Noël et pour faire société on a besoin de rituel et donc c'est important même si on n'est pas catholique d'effectivement de dire il y a une date c'est un rituel il faut le partager à sa manière on peut le vivre tout seul mais même si on le vit tout seul c'est quand même le soir de Noël et une société c'est des rituels partagés c'est ça qui fait qu'on appartient à la communauté et je crois que c'est très important on n'est pas des individus dans un désert on est inscrit dans une histoire puisque c'est une très vieille histoire Noël évidemment mais on est aussi un jus dans un réseau et c'est important aussi de le valoriser même si on décide de le vivre seul mais c'est quand même Noël

36:23
Présentateur

Sylvie Protassief il y a encore des questions sur la difficulté pour certains d'aller passer Noël en famille et cependant malgré cette douleur nous dit cette auditrice certains reviennent chaque année au réveillon en famille ils reviennent ils viennent chercher quoi

36:37
Auditeur

à chaque fois ? une réparation du passé tout simplement et que malheureusement ils risquent de ne pas trouver c'est à dire qu'ils aimeraient qu'on leur dise des mots d'amour qu'ils n'ont pas reçu par exemple et alors qu'on va leur dire oh t'as grossi donc si on vit ce genre de choses l'année d'après il est légitime de se poser la question de savoir si vraiment on veut y retourner et c'est vrai que souvent on y retourne

37:09
Invité

il faut relire tout ce qu'écrit Dino Buzzati sur Noël et sur la dimension existentielle de Noël je crois qu'il y a là quelque chose de très très important c'est le moment de faire le point et c'est là que rejaillissent les interrogations fondamentales sur la vie et sur la mort

37:30
Présentateur

merci d'avoir répondu aux questions des auditeurs il y avait aussi à propos d'une question Jean-Pierre Guénaud on a plus le temps mais c'est dès le début du 20ème siècle que l'image du Père Noël a été mise à toutes les sauces on aurait aimé vous entendre

37:43
Invité

et merchandisé par les américains

37:45
Présentateur

exactement c'est pour ça qu'il est devenu rouge avec Coca-Cola non non c'est pas Coca-Cola

37:49
Invité

ah bon ? c'est une imposture de Coca-Cola c'était une autre marque de soda 30 ans avant

37:53
Présentateur

merci d'avoir répondu aux éditeurs de France Inter le téléphone sonne c'est terminé à suivre leur philo de Patricia Martin avec une rediffusion sur le thème de la nuit comment observer la nuit comment penser la nuit autrement Patricia Martin on va en parler avec le philosophe le philosophe Mickaël Fossel et le géographe Luc Wax-Dinsky qui