L'interview en intégralité de Me Jacqueline Laffont, avocate de Nicolas Sarkozy
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Chapitres
Répartition du ton (temps de parole politique)
Propositif 10 %Attaque 70 %Défensif 20 %
Questions et réponses
Taux de réponse directe : 100 % (directe = 1, partielle = 0,5, éludée = 0)
- 0:00OuverteRéponse directe
Qu'est-ce qui motive ce pourvoi en cassation ?
- 2:00OuverteRéponse directe
Comment expliquez-vous cette décision ?
- 4:00OuverteRéponse directe
Est-ce de l'acharnement contre l'ancien président ?
- 6:00OuverteRéponse directe
Comment justifiez-vous les écoutes téléphoniques ?
- 8:00OuverteRéponse directe
Quels sont vos espoirs avec ce pourvoi ?
Affirmations vérifiables (citations exactes)
- 0:10Locuteur 1Fait
« nous considérons que des problèmes de droit sérieux se posent depuis le premier jour »
- 0:30Locuteur 1Fait
« une affaire de corruption sans contrepartie sans argent sans avantage et sans intervention »
- 0:50Locuteur 1Chiffre
« on a une instruction de 9 années on a une enquête préliminaire de 6 ans on a 0 preuve »
- 2:30Locuteur 1Fait
« on a un arrêt sur mesure tellement sur mesure cet arrêt que trois mois plus tard il y a deux décisions capitales qui ont été rendues »
- 4:30Locuteur 1Fait
« Nicolas Sarkozy est certainement de tous les présidents de la 5e République celui qui a eu des rapports les plus conflictuels avec le monde judiciaire »
- 6:30Locuteur 1Fait
« ce que nous comprenons à travers les échanges qui sont faits c'est que on reproche pas des faits à Nicolas Sarkozy les juridictions l'ont reconnu »
- 8:30Locuteur 1Fait
« la loi sur la confiance de décembre 2021 aucune de ces fadettes et aucune de ces écoutes n'aurait pu être faite telle qu'elles ont été »
Modèle mistral-small-latest · prompt v1· les citations sont vérifiées mot pour mot dans le transcript ; le taux de réponse directe est calculé à partir des verdicts question par question. Aucun label idéologique n'est produit.
mettre la fond bonsoir qu'est-ce qui motive ce pour moi en cassation alors ce qui motive c'est pour vous en cassation c'est que nous considérons que des problèmes de droit sérieux se posent depuis le premier jour certes nous n'avons pas été entendu jusqu'à présent mais la Cour de cassation est là pour ça la Cour européenne des droits de l'homme est là le cas échéant pour ça la Cour de justice de l'Union européenne et la pour cela ça veut dire que nous sommes jusqu'au bout ça veut dire que nous irons jusqu'au bout dans ce dans ce dossier parce que nous considérons que Nicolas Sarkozy ne peut se voir condamner comme il a été avec une absence totale de preuve pour des faits de corruption et de trafic d'influence je dois quand même dire que il faut le rappeler c'est du jamais vu on a une affaire de corruption sans contrepartie sans argent sans avantage et sans intervention nous avons une affaire de corruption non pas pour avoir fait quelque chose de corruption avec quelqu'un donc un magistrat avec lequel il est acquis que Nicolas Sarkozy n'a jamais parlé une affaire de corruption non pas pour avoir fait quelque chose mais pour avoir envisagé le cas échéant d'avoir fait quelque chose donc franchement on est dans une affaire hors-norme on est dans une affaire hors norme depuis le 1er jour pardon mais quand vous l'expliquez vous avez dit quand même vous allez l'émotion fort ceux que vous avez utilisé tout à l'heure une décision stupéfiante d'accord mais unique et injuste comment vous expliquer que c'est de l'acharnement contre l'ancien président ecoutez je pense que il y a dans ce dossier une problématique qui n'est pas spécifique à cette affaire une problématique qui est celle selon laquelle la justice n'aime pas ce délger voilà la justice peut se tromper elle a du mal à reconnaître ses erreurs elle a toujours du mal à reconnaître ses erreurs on voit par exemple le taux de d'affaires qui peuvent faire l'objet de révision c'est absolument ridicule et infime et bien la justice n'aime pas cette tromperie elle aime encore moins dans un dossier qui est à ce point médiatisé dans un dossier qui concerne un homme politique que tout le monde connaît puisqu'il s'agit d'un ancien président de la République dans un dossier que je considère comme hors norme mais dans lequel des moyens hors-normes ont été engagés franchement on a une instruction de 9 années on a une enquête préliminaire de 6 ans on a 0 preuve on a des bouts de conversation téléphonique entre un avocat et son client des conversations tronquées qui ont été collées et qui à notre avis contrevienne à des principes fondamentaux que sont notamment la protection du secret les écoutes téléphoniques elles ont été validées par la justice vous savez elles ont été validées et pour répondre finalement à la question que vous me posez tout à l'heure on est dans un dossier où franchement on a un peu eu le sentiment d'avoir eu un petit arrêt sur mesure je suis pas la seule à l'avoir dit on a un arrêt par donnez-moi de vous dire qui est un arrêt Sarkozy on a des commentateurs qui nous ont dit et pas des moindres des professeurs de droit pas des militants la politique ni des partisans de Nicolas Sarkozy on a un arrêt sur mesure tellement sur mesure cet arrêt que trois mois plus tard il y a deux décisions capitales qui ont été rendues l'une par la chambre criminelle de la Cour de cassation en juin 2016 alors que notre arrêt nous était de mars 2016 qui venait finalement désavouer cette première décision et l'une par la Cour européenne des droits de l'homme dans un arrêt vers cynique convaincu qui vient dire qu'il est absolument impossible de pouvoir condamner un client sur le fondement de conversation écoutez avec ce qu'on avocat donc effectivement on a essayé vous avez raison de le dire mais franchement dans une durée est-ce que finalement la justice veut se payer Nicolas Sarkozy je pense que ce qui est encore plus dangereux que cela c'est que la justice c'est probablement sincère finit par être sincère finit par se convaincre qu'elle a en face d'elle le pire des individus capables de tous les mots c'est ça qui est extrêmement dangereux et finit par être aveuglé d'ailleurs je l'ai plaidé ça a été la conclusion de ma plaidoir j'ai demandé à la Cour de se méfier des vents contraires intérieurs qui peuvent peut-être parfois vous amener à avoir des décisions qui ne sont pas tout à fait conformes droits dans lesquels il y a un peu et d'ailleurs vous avez vous cet après-midi Twitter un article du Monde que nous n'avions pas vu ah bah oui pardon j'ai pas je pensais pas bien la tête Nicolas en essayant de voir qui était la présidente du tribunal se fixe Clément et son parcours et je suis tombé un peu par hasard sur une interview qu'elle a donné à nos confrères du monde ou elle se montrait très critique de la politique pénale de Nicolas Sarkozy alors juste à dire d'ailleurs que si Nicolas Sarkozy allait au bout de cette politique pénale il s'agissait de supprimer les juges d'instruction ce qui n'a pas fait d'ailleurs elle elle quitterait le métier elle ne serait plus magistrate c'est vrai que moi même je m'interrogeais comment finalement une juge qui politiquement s'est opposé au président de la République peut être celle qui va ensuite jugé le prévenu Nicolas Sarkozy c'est une excellente question c'est ce qu'on appelle devant la Cour européenne des droits de l'homme si vous voulez le défaut d'impartialité objectif ça veut dire que il y a là une prise de position par un magistrat qui faisait partie de la composition de jugement on avait déjà été confronté à la même chose d'ailleurs au cours de l'instruction qui est venu s'affronter je l'ai découvert là et grâce à vous au président de la République Nicolas Sarkozy non non mais je suis d'accord sauf que non quand j'ai fait j'ai fait le test c'est pas si simple que cela mais en tout cas cet article existe et effectivement je me dis quand on a des magistrats qui sont à ce point sensible et ils ont raison de l'aide sur des questions de conflits d'intérêts est-ce que la question ne se pose pas de savoir si il n'aurait pas fallu s'interroger sur la possibilité de juger Nicolas Sarkozy quand on l'a combattu violemment à ce point d'abord Nicolas Sarkozy est certainement de tous les présidents de la 5e République celui qui a eu des rapports les plus conflictuels avec le monde judiciaire et avec les magistrats on en a eu 10 exemples mais on a le sentiment qu'il y a contentieux oui mais même pas seulement pas seulement du contentieux qui a qui a un climat par nature effervescent jusqu'à l'incendiaire dès que c'est lui qui est en cause bon c'est la première chose la deuxième chose c'est que moi je n'ai cessé d'être stupéfait je ne suis pas magistrat et je ne suis pas juriste mais j'ai suivi comme beaucoup de journalistes d'assez près tout ce qui s'est passé j'ai toujours été stupéfait du de la façon dont les écoute ont eu lieu je vais toujours étonné que on puisse par exemple enregistrer des conversations entre un avocat et son client à ma connaissance théoriquement on doit faire ça quand on enregistrait dans des conditions qui étaient aberrantes à propos évidemment d'une autre affaire ce qui est contestable en tout cas de la forme et le fond le fond je vais dire quand même ce que dit le tribunal Nicolas Sarkozy s'est servi de son statut d'ancien président pour servir son intérêt personnel et c'est un dévoiement qui porte lourdement atteinte à l'état de droit et qui exige donc une réponse claire moi je sais pas moi qui suis le défenseur mais en ce qui concerne son intérêt faut aussi se rendre compte de quoi il s'agit en réalité il a cherché à obtenir par indiscrétion des informations sur ce qu'elle est lui arriver ça changeait rien à la décision c'était une information avec un téléphone sous un pseudo c'est vrai que c'est pas illégalodon alors attendez attendez mettre la fond mettre la fond pardon mais il n'a pas pris il y a eu l'utilisation à une époque où les messageries cryptées enfin il y a eu une volonté de protéger effectivement des discussions entre un avocat et son client la volonté de protéger discussions avec son client tout le monde là aujourd'hui les avocats fonctionnent avec des messageries cryptées vous le faites nous le faisons pour protéger vos sources nous pour protéger notre secret on va dire que c'était l'ancêtre le bismuth en question effectivement de cela un alias mais ce que je veux dire c'est que d'abord ça n'était pas un nom utilisé par le président Nicolas Sarkozy premièrement et deuxièmement encore une fois les messages pour pour discuter vous savez enfin ce qui est digne ce qui est digne je vais vous dire c'est de vouloir protéger le secret des conversations entre un client et un avocat voilà ça non seulement c'est dit mais c'est conforme aux principes fondamentaux de notre droit dans ce dossier là j'estime que ces principes fondamentaux sont bafoués et je le dis pour Nicolas Sarkozy mais je le dis pour l'ensemble des justiciers voilà aujourd'hui c'est lui dont tout le monde semble son accommoder facilement pas tant que ça d'ailleurs parce que je comprends qu'il y a quand même des réactions mais mais le sujet il est celui-là oui je voulais vous poser la question est-ce que vous dites qu'il y a des problèmes de droit dans cet arrêt est-ce que c'est uniquement la légalité de ces écoutes que vous allez contester et par ailleurs autre question une fois qu'on en a passé cette question des écoutes et ce que vous admettez comme l'a dit la justice que dans ces écoutes il y a la mention de d'une infraction à savoir vouloir corrompre un magistrat pour obtenir des informations confidentielles qu'est-ce que vous répondez là-dessus alors je réponds d'abord que le fond et la forme sont liées et que la procédure c'est vraiment la garantie fondamentale du fond voilà ça c'est la première chose la deuxième chose c'est que on s'est largement expliqué sur ces écoutes qui sont tronqués qui sont découpées qui sont interprétés qui sont mises bout à bout il a Nicolas Sarkozy a été écouté pendant des mois et des mois et des mois ce qui est quand même déjà en soi absolument stupéfiant sur un avocat dont les enquêteurs savaient qu'il sur un une ligne pardon les enquêteurs savaient qu'elle était dédiée au seul conversation avec avec son avocat et ce que je viens dire c'est que ce que nous comprenons à travers les échanges qui sont faits c'est que on reproche pas des faits à Nicolas Sarkozy les juridictions l'ont reconnu mais l'idée une idée qu'il aurait eu enfin là nous sommes encore une fois dans un procès énorme dans des moyens en homme dans des atteintes hors normes et dans une condamnation qui n'est pas justifie j'ai une vraie curiosité alors peut-être ça va pas du tout vous plaire mais c'est que ça finisse par aller vraiment devant la co-européenne des droits de l'homme et j'imagine ce que serait une décision de la Cour européenne des droits de l'homme si un ancien président français était traité autrement par la Cour européenne des droits de l'homme que par la Cour de cassation française je pense que l'image que ça donnerait pour la justice française serait une humiliation sans précédent quel est votre espoir avec ce pourvoi parce que en première instance il a été condamné l'appel il est condamné et ça va même au-delà des réquisitions du parc général et ça confirme finalement le la première instance pourquoi tout d'un coup le tout ça serait cassé si la Cour de cassation existe c'est bien que de temps en temps il lui arrive de casser des décisions si cette Cour suprême existe et bien qu'elle a un sens et qu'elle a une utilité donc évidemment nous avons l'espoir que la justice a du mal à reconnaître ses erreurs mais oui mais je pense que nous nous rapprochons d'une institution qui est la Cour suprême la Cour de cassation où on fait du droit où on a des magistrats qui ont peut-être un peu plus de recul qui sont peut-être un peu moins débordés par leur idéologie personnelle ce que je voudrais quand même que vous sachiez c'est que tout ce qui s'est passé dans cette affaire les fadettes et les écoutes téléphoniques ce que je peux dire de façon absolument certaine c'est que aujourd'hui la loi change la jurisprudence change et avec la loi sur la confiance de décembre 2021 aucune de ces fadettes et aucune de ces écoutes n'aurait pu être faite telle qu'elles ont été il y aurait pas eu de procès merci la loi évolué dans le bon sens et c'est ce que nous allons essayer d'obtenir devant la chambre criminelle de la Cour de cassation merci Maître Jacqueline Laffont avocate de Nicolas Sarkozy merci d'être venu sur le plateau de BFM
Nicolas Sarkozy