🔴 EN DIRECT - Clémentine Autain face aux Grandes Gueules sur RMC
Transcription Whisper (large-v3), avec identification des locuteurs. À recouper avec la source d'origine.
On l'a tous vu. Je suis élue de grandes banlieues, donc je fais aussi le plein. Et c'est vrai que c'est hallucinant la hausse qui est insupportable pour la majorité des Français qui doivent prendre leur voiture pour aller bosser et qui ne savent pas comment faire.
Il coûte plus cher d'aller travailler.
Exactement. D'autant plus qu'au même moment, vous avez l'explosion du prix de l'alimentation, vous avez l'explosion du prix des loyers, etc. Donc prenons le cas de l'essence. Vous savez que Total a dégagé des bénéfices de l'ordre de 15 milliards d'euros. 15 milliards d'euros, d'accord ? Et avec des parties très importantes redistribuées en dividendes. Nous, ce qu'on propose, c'est de taxer ces dividendes pour remettre dans le giron commun de l'argent pour faire face à cette hausse des prix. Ce qu'on propose également, c'est de bloquer les prix des produits de première nécessité.
En l'occurrence, sur l'essence, vous le savez, on veut vraiment qu'on arrête cette hausse des prix qui risque de continuer. Là , on est à 5,5% d'inflation. On avance vers les 7% probablement à la rentrée. C'est absolument ingérable. Donc nous, on propose de bloquer les prix.
Même s'il y a moins d'inflation en France qu'ailleurs en Europe, notamment, on dit le gouvernement, grâce au bouclier qui a été mis en place pour les prix sur l'électricité et le gaz. C'est vrai qu'il y a plus d'inflation en Espagne, en Italie, ou même en...
En tout cas, le compte n'y est pas et on pourrait faire tellement mieux en augmentant les salaires, le SMIC, pour y compris... Jusqu'à combien ? 1500 ? 1500, 1500 tout de suite, voilà , plutôt que de faire des chèques. C'est très compliqué, vous savez, la logique des chèques.
Comment trouver cet argent ? Parce que le gouvernement dépense beaucoup d'argent, mais là , avec vous, on en dépense encore plus. Oui, mais sauf que nous, on est capable de générer des recettes,
ce qui n'est pas le cas du gouvernement. Quand je vous dis qu'on taxe les entreprises qui font des gros profits, total, 5 milliards. Mais regardez, là , c'est 20 milliards le gouvernement. Nous, on trouve déjà en 3 secondes, avec une seule entreprise du CAC 40, 5 milliards. Mais vous allez prendre dans la poche des sociétés d'autoroutes, vous allez prendre dans la grande distribution, vous êtes capable de dégager de l'argent. Par ailleurs, nous proposons globalement une réforme de l'impôt. Et cette réforme de l'impôt, parce que Mme Borne a dit hier, nous ne voulons pas augmenter les impôts, mais on est en total. D'abord, il les augmente.
Vous savez que la CRDS, ça va parler, ceux qui regardent leur fiche de paye, la CRDS, qui devait être une ponction sur les salaires provisoires, est en réalité maintenue jusqu'en 2033. Donc il y a bien, de fait, une hausse des impôts qui est déguisée.
Il y a la suppression de la redevance, donc ça c'est quand même du coup d'achat.
Alors, comment allons-nous payer ? Mais nous sommes en désaccord. Comment allons-nous payer un audiovisuel public ? Soit on décide qu'on en a plus, ce qui a l'air d'être le projet du gouvernement, et alors il les trouve où ? Il veut ramener le déficit public à 3%, d'ici à 2027, ce qui représente 80 milliards d'euros. Où le gouvernement va-t-il trouver l'argent ? C'est la question qu'il faut vraiment poser aux marcheurs qui vont venir ici, à tous ceux qui soutiennent ce gouvernement. C'est que l'horizon qui est donné est un horizon de réduction de la dépense publique, et en revanche, on ne sait pas aller chercher les recettes.
Je vous ai dit, taxation des dividendes, c'est l'activité, mais quelles mesures pour relancer l'activité ?
Il n'y a plus de recettes fiscales, et c'est une bonne nouvelle, d'ailleurs c'est grâce à cet argent qu'ils vont financer, c'est ce que j'ai dit Broudeau-le-Mer, on a des recettes fiscales supplémentaires, parce que l'argent est rentré, il y avait la croissance économique.
Il n'y a aucune politique de relance de l'activité. Nous, nous proposons un plan, qui est un plan de relance de l'activité, notamment sur le secteur de la transition écologique, qui est générateur potentiellement de travail. Nous proposons la relance de l'activité par le partage du temps de travail. Écoutez bien cette mesure-là .
Mais quand vous avez un contre-programme, est-ce que vous ne voterez rien du projet de loi du gouvernement ?
On va regarder mesure par mesure. Vous savez, on peut voter article par article.
Voilà , c'est pour ça que je vous pose la question.
Donc il peut y avoir des articles, on va regarder dans le menu détail et prendre la décision collective, mais je n'exclus pas qu'il y ait certaines mesures où, au final, on les vote.
Et vous aimeriez que le gouvernement reprenne, peut-être pas toutes vos mesures, mais une mesure ou deux, parce qu'on parle beaucoup de l'entreprise.
On aurait bien aimé qu'ils s'inspirent, oui, de notre projet.
Et peut-être que pendant le débat parlementaire, ça va arriver.
Mais comprenez que c'est vision contre vision.
Vous êtes pour le partage du temps de travail.
Oui.
Mais il y a de la pénurie partout. Les entreprises ont du mal à recruter. C'est faux ? C'est faux ? C'est ce qu'on entend. Alors là , je me permets. Non, mais vous comprenez ma réflexion. Très bien. Je la comprends parfaitement et je la comprends parfaitement. Il y a pénurie de main d'oeuvre, donc les gens sont plutôt prêts à payer des heures supplémentaires, parce qu'il n'y a personne qui veut...
Il y a des secteurs qui sont dans cet état, je pense en particulier à la restauration.
Et pas que.
Moi, je voulais que je vous dise mon sentiment. Je pense que si on augmentait les salaires, on aurait du personnel. Donc, il faut savoir quelle est la bonne solution pour répondre à cette pénurie. Mais si vous prenez en macro, vous savez, écoutez juste ce sujet, je vous assure, c'est qu'aujourd'hui, on a un emploi pour 13 chômeurs. Un emploi pour 13 chômeurs. Donc, on a un problème structurel, ce qui n'empêche pas ce que vous décrivez, c'est-à -dire certains secteurs où il y a de la pénurie, parce que ce sont des métiers difficiles et très mal rémunérés. Voilà , et très mal rémunérés. La même chose dans les hôpitaux.
Moi, je vois bien, chez moi, l'hôpital Robert-Ballonger, il y a un problème qui est réel. Mais on trouve ça propre non plus ? Il y a des postes... Ben oui, mais enfin, les profs, vous avez vu les salaires ? Vous avez vu les salaires des profs ? Avec le gel du point d'indice ?
Oui, mais vous parlez de macroéconomie, sauf que la vie, les gens, c'est de la microéconomie. Vous savez, ce qui donne les emplois, ce sont les PME, vous le savez.
Oui, mais alors, il faut protéger les PME et les TPE, ce qui n'est pas le cas aujourd'hui, puisque celles qui sont favorisées, ce sont les grands...
En montant à 500 euros, ça va être dur pour beaucoup d'entreprises.
Il faut soutenir l'activité des TPE, PME. Donc, relancer le carnet de commande, ça, c'est quand même important. Donc, si vous faites la transition écologique en investissant des milliards, je vous assure, pour un paquet de TPE, PME, ça va fonctionner. Et on peut avoir des mesures protectrices, avec aussi une progressivité de l'impôt, qui n'est pas la même pour les entreprises du CAC 40 que pour les TPE, PME. Ce qui n'est pas le cas aujourd'hui. Vous savez que proportionnellement, les petites entreprises paient beaucoup plus d'impôts que les grands groupes, et donc ça, nous le dénonçons. Donc, on a des mesures de compensation pour soutenir l'activité des petites et des moyennes entreprises.
Clémentine Autain, question des grandes gueules. Marianne Soubré. Oui, moi j'avais juste une question, mais là , c'est juste sur les hôpitaux. On reviendra après sur le... Oui, mais on n'a pas non plus 50 minutes. Ah d'accord, alors comme on n'a pas le temps, je vais rester sur... Va directement à ta question. En ce moment, vous êtes effectivement au cœur d'une polémique. Donc, je vous ai vu hier, justement, dans... Ah d'ailleurs, on est déjà sortis du pouvoir d'achat, non ? Oui, parce qu'il nous reste beaucoup de temps, ça va très vite. C'est pour ça qu'il m'a... D'accord. Donc, je vous ai vu hier dans l'émission avec Olivier. Je vous ai regardé, j'ai essayé de comprendre.
Je vais vous dire ce que j'en ai compris. Oui, j'ai compris que, quant à Abouaf, ça a été écarté. Dans un premier temps, vous avez tous dit que c'était à cause des attaques racistes dont il était l'objet, que vous avez préféré écarter sa candidature, compte tenu du contexte. Lui, aujourd'hui, dit, ça n'est pas vrai, j'ai été écarté parce qu'il y avait des accusations contre moi. C'est ce que j'ai compris, hein, de...
Je me permets tout de suite, là , de... En fait, ce qui s'est passé, c'est qu'on l'a écarté. Voilà . C'est-à -dire qu'on a eu des témoignages, on a eu des témoignages dont j'ai été destinataire, pas dans le cadre de la commission parce que moi, je n'en fais pas partie. D'accord. J'ai été mise en copie et j'ai moi-même rencontré l'une des plaignantes vis-à -vis de Tabouaf personnellement. Sachant qu'aujourd'hui, il n'y a pas de plainte contre lui. Il n'y a pas de plainte parce que les femmes ne veulent pas porter plainte parce qu'elles ont peur, parce que la médiatisation est aussi un frein terrible. Plus on en parle, moins elles ont envie de porter plainte, je ne vous cache pas.
Alors là , vous faites que je suis, juste une parenthèse par rapport à ça. Vous avez raison, c'est très bien qu'il y ait un comité. Vous êtes le seul parti où il y a un comité et on ne peut que s'en féliciter. Par contre, je vous ai entendu hier dire que les femmes avaient peur de porter plainte, etc. Il y a quand même un gros effort qui a été fait par la police et je ne saurais que vous encourager à les aider, à accompagner les femmes. Je ne suis pas si longtemps à le faire. Vraiment, faites-le parce que vous savez comme moi, quand on est avocat, on sait que la justice, elle ne doit pas se faire dans votre commission ou ailleurs.
Elle doit se faire dans les commissariats et ensuite dans les tribunaux.
Je suis parfaitement d'accord avec vous et d'ailleurs, je ne cesse de dire qu'un mouvement politique n'est pas la justice. Un mouvement politique n'établit pas la vérité. C'est bien de l'entendre. Un mouvement politique, en revanche, a des règles internes de fonctionnement. Et nous, nous voulons prémunir notre mouvement des hommes violents et faire en sorte qu'il y ait également une corrélation, une adéquation entre les principes féministes qu'on affiche et la réalité des hommes que l'on promeut. Donc, on est allé le voir pour lui dire, voilà , tu ne peux pas être investi par la France Insoumise au regard des témoignages dont nous disposons.
Et à ce moment-là , on lui a dit, il y a deux solutions. Soit tu te retires. Les femmes ne voulaient pas que ce soit public. Je le dis et je le redis, les femmes ne souhaitaient pas que ce soit public. Et par ailleurs, il y avait un autre problème. C'est qu'à partir du moment où ça devenait médiatisé, vous voyez bien la situation dans laquelle se trouve Tahabouaf. C'est qu'il ne peut pas se défendre. Les témoignages ne sont pas publics. Et il n'y a pas la justice pour que lui-même, c'est ce qu'il vous reproche. Mais il pose une vraie question.
C'est une vraie question. A ce sujet, écoutons ce que disait son avocat, Maître Bourdon, qui était l'invité ce matin d'Apolline de Malherbe.
D'évidence, il y a eu une espèce de précipitation à un certain nombre de partis poussés par une vague citoyenne, par une exigence de vigilance tout à fait légitime et compréhensible de se doter de procédures, de filtrage, de sorte que dans un temps bref, on puisse dire à un candidat, « Ah, écoutez, là , il y a les soupçons, etc. » Il faut que vous mettiez de côté. Je ne suis pas aussi là cela. Mais je dis simplement que tout ça s'est fait dans un tel bricolage. Tahabouaf a essuie des plâtres, des plâtres très douloureux, très durs, d'un dysfonctionnement, d'une inadaptation de ces mécanismes qui, encore une fois, ont été conçus dans la précipitation.
On aurait dû le présenter une narration des faits.
– Oui, c'est ça. Tahabouaf, ce n'est pas ce qu'on lui reproche précisément. Et donc, il n'a pas le droit, finalement, à un débat contradictoire.
– Exactement.
– Vous reconnaissez ça que ça dysfonctionne ?
– Moi, je pense qu'on est devant une difficulté et qu'on n'est pas au bout de l'expérience qu'on a mis en place.
– Il a payé un peu les pots cassés, là .
– D'abord, il n'est pas le seul. Ce n'est pas la première fois qu'on est face à des situations de ce type. Ce n'est pas la première fois. et on n'est pas le seul mouvement où il y a des procédures de cette nature. Donc, moi, je ne dis pas que ces procédures sont parfaites. Je dis juste que nous avons pris nos responsabilités, encore une fois, devant des témoignages qui nous paraissaient circonstanciers, qui nous paraissaient graves, et qu'en effet, entre plusieurs mots, d'une certaine manière, on a fait un choix, un choix solide.
– Est-ce que vous lui avez demandé de ne pas expliquer la vraie raison de son éviction et de dire qu'il s'agissait en fait des attaques racistes qui le poussaient à renoncer ?
– Non, ce n'est pas comme ça… – L'attacracie, ce qui existait d'ailleurs. – Oui, ben voilà . – Non, mais d'accord. – Ce n'est pas comme ça que ça s'est passé. – Après, on ne va pas… – Non, mais oui ou non, parce que… – Non, ce n'est pas… – Non, ce n'est pas… – Je ne crois pas que ça… – Alors, je ne sais pas si ça passionne absolument les procès.
– Non, mais il vous accuse de ça. – Il vous accuse de ça, donc on veut savoir si c'est vrai ou pas.
– Oui, mais je ne suis pas d'accord avec ça. La nature de la discussion n'a pas été celle-là . La nature de la discussion était de savoir s'il se retirait ou s'il ne se retirait pas et que nous serions obligés publiquement de dire les raisons pour lesquelles il n'était pas investi. C'était ça le sujet de la discussion. Moi, j'ai découvert son communiqué ensuite. Donc, j'ai compris qu'il avait tranché et je pense que c'était souhaitable à ce moment.
– Mais pendant deux jours, vous avez laissé faire quoi ?
– Mais qu'est-ce que vous ne voulez pas ce qu'on dise ?
– Parce qu'en fait, les attaques racistes… – Alors, prenez-le dans l'autre sens, Olivier de Pouchon. – Le poussaient, le poussaient, donc il y a une espèce de manipulation de l'opinion publique ?
– Non, alors, prenez-le dans l'autre sens. – Qu'est-ce que vous vouliez qu'on dise ? Qu'on dise la vérité ?
– Oui, mais ce n'était pas pour ça qu'il se retirait. – Alors, prenons-le dans l'autre sens. – Oui, il fallait dire la vérité.
– Il fallait dire aux Français la vérité ?
– Bien sûr.
– Ah, mais je ne le crois pas. – Alors, accuser quelqu'un qui, quand même, il n'y a pas de plancher aux choses. – Pour deux raisons.
– Il fallait dire, nous estimons qu'en fonction des témoignages que nous avons, il ne peut pas rester candidat.
– Je vais vous dire pourquoi. Il y a deux raisons pour lesquelles ce n'est pas, en effet, le point de vue que nous avions retenu. Le premier, c'est les plaignantes. Entendez cela. Les femmes ne souhaitaient pas que ce soit public. Je vais vous faire une confidence. La victime, la première qui est venue me parler, la femme qui m'a donné la première deviseu, le témoignage, elle s'est assise en face de moi. La première chose qu'elle m'a dite, c'est « je ne veux pas parler parce que je ne veux pas participer à la campagne contre lui, qui est une campagne ratiste et domestique. » – Elle m'a parlé à moi, elle ne veut pas parler publiquement. Entendez-le. – C'est terrible. – Oui, c'est terrible.
– C'est terrible, vous savez, c'est parti que des gens d'une communauté ne peuvent pas dénoncer un violeur de la même communauté, c'est quelque chose qui existe…
– Pourquoi vous préjugez qu'elle est de la même communauté ?
– Non, c'est le cas, elle vient vous voir. – Non, vous n'avez pas compris.
Elle ne voulait pas, par son témoignage public, finalement participer de la campagne. – Donc protéger quelqu'un qu'elle accusait ? – Pas le protéger, ne pas participer. – Elle ne l'a pas protégée, elle a parlé dans la cellule. Elle a parlé dans la cellule. – C'est ambigu, on connaissait que c'est ambigu. – Et deuxième point, il y a deux arguments, si vous pouvez me permettre. Le deuxième, c'était aussi pour Tahabouaf. À partir du moment où vous savez qu'il n'y a pas de plainte publique, que donc il va être, comme il est aujourd'hui, c'est-à -dire accusé d'agression sexuelle grave, sur la place publique, sans aucune possibilité de se défendre.
Vous voyez bien qu'il y a un problème, vous voyez bien qu'il y a une difficulté.
– Ça, c'est le cas pour beaucoup de personnalités ?
– Exactement. – Mais ça, c'est bien le reconnaître. – Il y en a beaucoup qui ont, du coup, refermé la chape de plomb. – C'est bien le reconnaître. – On peut faire mieux, on peut faire comme PPDA, on peut faire comme a été fait avec beaucoup d'autres cas. – C'est-à -dire ne rien dire.
– En fait, vous avez sanctionné Tahabouaf, vous l'avez jugé, vous l'avez condamné. – Non, non, on ne l'a pas jugé, on ne l'a pas condamné. – Il a perdu son investiture. – Oui, d'accord, mais oui, attends, c'est une chance de mettre quelqu'un de côté en lui disant « il y a trop de casseroles, on n'en sait rien, écoute, on va voir ». – C'est une sanction quand même. – Mais attends, mais c'est une chance de dire. – Oui, oui, c'est une chance de dire. – C'est une chance de dire, oui, dans ce sens-là , oui. – Non, non, mais vraiment, moi je ne prends aucune partie.
– Non, mais je suis d'accord avec vous sur ce point.
– Il a été sanctionné, peut-être, sur des affirmations erronées, qui n'ont pas été vérifiées. C'est possible.
– Mais c'est toute la difficulté, c'est ce qu'on appelle le principe de précaution.
– Ah, ben là , on entre dans une nouvelle dimension.
– Mais ils ont le droit, non, mais je ne dis pas que je suis d'accord, mais ils ont le droit de le faire. – C'est vrai, il faut le dire en tout le temps. – Nous sommes une organisation politique, nous ne sommes pas les tribunaux. Nous avons un principe de précaution, nous avons une volonté de rechercher une éthique entre nos pratiques et les personnes qui nous les font.
– Et c'est vrai que vous pour Éric Coquerel, par exemple, qui est lui aussi…
– Et c'est vrai que vous, absolument, pour Éric Coquerel.
– Il y a une plainte, il est accusé d'harcèlement sexuel.
– Alors, ah bon, vous savez quelle est la qualification ?
– J'ai écouté ce qu'a dit Sophie Tessier, ça ressemble à du harcèlement sexuel, ce qu'elle dit.
– Oui, ce qu'elle dit aussi, c'est que ce n'est pas pénalement répréhensible.
– Elle a porté plainte.
– Oui, alors on va voir, mais là , en l'occurrence, elle a saisi la cellule. – Non, mais c'est le même traitement, elle a saisi la cellule, d'accord ? Et donc la cellule s'empare de ce sujet et va estimer… – Il n'y a pas de poids de mesure ? – Il n'y a pas de poids de mesure. – Parce que Éric Coquerel ne fait pas la même chose chez vous que d'avoir… – Non, par contre, ce que je peux vous dire, c'est que les faits n'ont strictement rien à voir.
– Voilà , c'est ce que je vais vous dire. – Voilà , je me permets quand même. – C'est important, mais c'est bien aussi de faire des distinctions.
– Et encore plus rien à voir avec M. Abad. – Et j'ai entendu sur BFM en permanence la comparaison, vous demandez qu'Abad démissionne et vous laissez Éric Coquerel, excusez-moi, entre des témoignages de viols multiples avec usage de drogue pour parvenir à ses fins et ce qu'a raconté ce ficticier sur votre antenne, c'est-à -dire une drague insistante avec des mains sur les hanches, pardonnez-moi. – D'accord, mais c'est bien de faire des distinctions. – On ne peut pas, on ne peut pas, ou alors… – Parce qu'on a vu que vous ne faisiez plus de distinctions entre les faits.
– Non, non, mais pour comprendre simplement, les faits reprochés à Taha Bouhaf sont, contrairement aux faits reprochés à Éric Coquerel, pénalement… – Plus grave. – Pénalement… – Oui, oui. – Vous vous dites ? – Ah oui. – D'accord. – Pénalement repréhensible. – Bon, d'accord. – Kevin Bossuet. – Non, mais comme ça on comprend. – Oui, sur la lutte contre les violences sexuelles, je suis évidemment d'accord. Il y a deux choses qui m'ont choqué dans cette affaire.
La première chose, c'est que finalement, à chaque fois que l'on critique Taha Bouhaf pour ses propos contre la police, tout de suite, on est taxé de racisme, on est taxé d'islamophobes, c'est-à -dire que c'est vous qui essentialisez ce jeune homme Taha Bouhaf, alors que moi, très clairement, je m'en fiche de sa couleur de peau, je m'en fiche de sa religion, mais je condamne tous les propos qu'il a pu tenir contre la police, par exemple. Et c'est vrai qu'il y a eu une vague raciste de la part de l'extrême droite, mais je crois qu'il ne faut pas tout mélanger. On peut aussi avoir des critiques républicaines et un débat républicain.
Et la deuxième chose, ce que je vous reproche, c'est que vous avez érigé ce garçon comme étant le symbole, finalement, de la jeunesse des banlieues. C'est-à -dire, sauf que moi, des jeunes des banlieues, j'en croise tous les jours. Moi aussi. Oui, mais vous aussi. Il y en a beaucoup qui aiment la police. Il y en a beaucoup qui aiment la République. Il y en a beaucoup qui ne pensent pas, comme Taha Bouhaf, finalement, vous l'avez érigé comme représentant des banlieues, pour le jeter et pour le traiter de tous les noms par la suite. Est-ce que vous n'avez pas l'impression, finalement, d'avoir égratigné l'image de ces jeunes des banlieues ?
Et moi, j'ai l'impression que, finalement, là , vous ne cherchez plus des électeurs, vous cherchez des victimes. Vous êtes sans arrêt en train de nous raconter, voter pour la NUPES parce que nous, on représente les musulmans, voter pour la NUPES parce que nous, on lutte contre le racisme, etc. Mais je ne sais pas. Il faut arrêter d'essentialiser les gens. Je connais des gens qui sont musulmans, je connais des gens qui sont d'origine étrangère et qui votent pour Macron ou qui votent pour la droite. Voilà , vous n'avez pas le monopole de la lutte contre l'islamophobie ou de la lutte contre le racisme. Et c'est ça que je vous reproche.
Beaucoup de choses avec lesquelles je suis en désaccord avec ce qui vient d'être dit. D'abord, je ne crois pas que Taha Bouhaf incarne l'ensemble de la jeunesse des banlieues. Heureusement. Je pense également qu'on peut tout à fait critiquer un certain nombre de ses propos, y compris moi. J'ai été d'accord avec certains de ses propos, en désaccord avec d'autres.
On a été traité de raciste.
Voilà , et je combats le racisme, donc ça c'est clair. Mais vous ne pouvez pas nier à l'inverse, qu'en revanche, l'extrême droite a décidé d'en faire sa cible. Donc ça s'est plus passé dans cet ordre-là , si vous voulez. C'est que l'extrême droite a décidé que c'était la cible et a décidé qu'il était la quintessence de la représentation de tous ces sauvages des banlieues populaires. Donc pour moi, c'est plutôt dans ce sens-là que ça s'est fait. Et ensuite, il y a deux choses qui sont distinctes. Il y a tout ce qui relève de cette campagne raciste, faite aussi de mépris de classe, qui est une chose.
Et une deuxième question, qui est principielle, qui est le combat que nous avons contre les violences faites aux femmes. et reconnaissez au moins que nous n'avons pas mis la chape de plomb. Je suis d'accord avec vous. On a agi, et je vous assure que ce n'était pas évident, pour l'avoir fait personnellement, que c'était particulièrement douloureux et qu'on se retrouve dans une situation qui pose, vous avez raison, plein de nouvelles questions auxquelles il va falloir répondre. Mais il me semble que le procès ne doit pas être d'abord le procès de femmes comme moi, ou comme Sandrine Rousseau, qui essayons d'agir...
Vous vous sentez blessée lorsqu'on vous attaque sur cette histoire par rapport à votre parcours personnel ? Oui, je vous dis franchement... Vous avez raconté, parce que vous-même, vous avez été victime d'un viol. Est-ce que vous avez l'impression qu'on vous renvoie... Enfin, on met en doute votre sincérité, ça vous blesse ?
C'est même assez insupportable. Il faut être très honnête, c'est d'une violence inouïe. Et que, je le dis, je l'ai déjà dit sur un plateau, mais que personne ne m'ait demandé à aucun moment si ce n'était pas difficile pour une femme qui a été victime, de viol, d'avoir à traiter cette question-là . Et si on pouvait me parler juste gentiment, sans m'agresser, de 25 000 questions, en me mettant sur la sellette, comme si j'avais voulu faire passer je ne sais pas quoi au-dessus du combat, qui est quand même le combat de ma vie contre les violences faites aux femmes, c'est vrai que je ne le vis pas très très bien.
Après, je suis une femme politique, vous avez vu, donc je tiens debout, il n'y a pas de souci. Voilà , j'ai le cuir dur, il n'y a pas de problème, mais je trouve ça assez gonflé, pour vous dire les choses franchement.
Mais Didier Gézard, dernière question, il nous reste 30 secondes. Rapidement, juste... La chose qui me turlipine un peu, c'est le combat de coq qui est en train de se passer à l'Assemblée nationale, entre le Rassemblement national et vous, où nous, on est le premier parti d'opposition, nous, on est le premier parti d'opposition, et j'ai peur que ça, ça fasse une sorte de conflit où rien n'avance, où tout le monde essaie de bloquer pour s'imposer en numéro un de parti d'opposition, et que les perdants, ça soit les Français, parce que rien n'avance dans le truc.
Et ce que je vous demande, c'est la question que je vous pose, c'est, est-ce que vous avez bien pris conscience que ce que vous avez fait, c'est quand même historique, que la NUPS arrive à tellement de parlementaires, c'est historique, et est-ce que vous avez, quand même, est-ce que vous avez pris conscience de ça, et qu'est-ce que vous allez faire pour ne pas tomber dans justement ce piège du blocage ? Est-ce que vous avez des instructions justement de votre...
Non, enfin moi ce qui me tient, alors le combat de coq, c'est vraiment pas mon truc.
Mais c'est ce qui se passe actuellement.
J'espère qu'on n'en est pas là .
Je ne te sers pas la main, je te bloque, je d'un âge...
Il y a un enjeu, par contre, il y a un enjeu, en effet, de savoir qui va prendre le leadership dans l'opposition à Emmanuel Macron, et qui n'est pas qu'une posture de blocage, de conflit, qui est aussi une posture de perspective politique alternative. Parce qu'à un moment donné, ça ne va pas tenir cette histoire. C'est très instable. En moins d'un an, il y a la dissolution. Voilà , c'est très instable. Donc à nous... Vous vous préparez à une cohabitation.
Non, à une dissolution. Et donc à une cohabitation derrière.
Potentiellement à une dissolution, en tout cas à gouverner à la place de ceux qui gouvernent aujourd'hui, clairement. C'est clair.
Merci Clémentine Autain d'être venue dans les grandes gueules. Estelle Denis, salut Estelle. Salut les GG. À partir de midi sur RMC. Salut tout le monde.
Écoutez, on va parler des 20 milliards...
Clémentine Autain