Rencontres de Taizé à Paris : «Ces jeunes venus d'Europe expriment leur besoin de spirituel, d'enracinement», déclare Monseigneur Matthieu Rougé
Audio original de l'émission.
Transcription Whisper (large-v3), avec identification des locuteurs. À recouper avec la source d'origine.
Analyse automatique
Générée par IA — peut contenir des erreurs. Méthodologie
Chapitres
Répartition du ton (temps de parole politique)
Propositif 85 %Attaque 5 %Défensif 10 %
Questions et réponses
Taux de réponse directe : 93 % (directe = 1, partielle = 0,5, éludée = 0)
- 0:18OuverteRéponse directe
Quel regard portez-vous sur cette ferveur autour de Noël ?
- 1:22OuverteRéponse directe
Avec les retraites spirituelles, de plus en plus de jeunes se rendent dans les abbayes. Qu'en pensez-vous ?
- 2:31OuverteRéponse directe
Beaucoup de chrétiens vivent des situations difficiles dans le monde. Comment réagissez-vous ?
- 4:06OuverteRéponse directe
Comment interpréter l'appel du pape à ne pas oublier les racines chrétiennes de l'Europe ?
- 5:13RelanceRéponse partielle
Y a-t-il des offensives anticléricales contre les chrétiens en France ?
- 7:38RelanceRéponse directe
Cet anticléricalisme vis-à-vis des crèches existe depuis des années. Comment les catholiques le vivent-ils ?
Affirmations vérifiables (citations exactes)
- 0:23PrésentateurChiffre
« 15 000 jeunes chrétiens sont attendus à Paris, ou près de Paris aujourd'hui, pour les rencontres de Thésée. »
- 9:50PrésentateurChiffre
« 2 millions de Français qui vont au moins une fois par semaine à la messe. »
- 10:01PrésentateurChiffre
« Il y a de plus en plus de catéchumènes. »
- 2:38PrésentateurFait
« C'est la communauté religieuse la plus persécutée. »
- 2:45PrésentateurFait
« Je parle notamment du Nigeria, où il y a, j'ose le mot, un nettoyage ethnique et religieux. »
- 8:00Invité politiqueFait
« Il y a eu, comme chaque année, mais peut-être de manière un peu plus sensible, une sorte de Noël bashing. »
Temps de parole
- Invité politique61 %
- Présentateur38 %
≈ 2,8 interruptions / 10 min (chevauchements et interjections détectés).
Modèle mistral-small-latest · prompt v1· les citations sont vérifiées mot pour mot dans le transcript ; le taux de réponse directe est calculé à partir des verdicts question par question. Aucun label idéologique n'est produit.
Et à 8h12, Charles Huillier, vous recevez à présent Mgr Mathieu Rouget, évêque de Nanterre. Effectivement, bonjour Mgr Rouget. Bonjour, et j'espère que tous les auditeurs sont dans la lumière et la joie de Noël. Effectivement, et merci d'être avec nous en studio ce matin, si on repense cette période ô combien importante pour nous catholiques. Et justement, j'aimerais avoir votre regard sur cette ferveur autour de Noël. Preuve en est, 15 000 jeunes chrétiens sont attendus à Paris, ou près de Paris aujourd'hui, pour les rencontres de Thésée. Ça va durer jusqu'à jeudi, au programme, prières, activités diverses, et rencontres entre jeunes issus du monde entier.
J'imagine que cette ferveur, ce regain de ferveur même, doit vous réjouir Monseigneur.
Oui, bien sûr, c'est une joie, et en même temps, c'est un point de départ. Il s'agit que cette ferveur fasse tâche d'huile. Vous savez, on souligne beaucoup l'augmentation du nombre des catéchumènes. Un mot un peu compliqué peut-être pour tous. C'est nouveau baptisé, adulte. Les adultes qui se préparent au baptême, qui demandent le baptême. D'ailleurs, tout le monde ne sait pas qu'on peut recevoir le baptême, et la confirmation, et la première communion, à tout âge. Et c'est vrai qu'aujourd'hui, il y a une soif spirituelle qui s'exprime à travers la hausse du nombre des catéchumènes et des confirmants adultes.
Et je pense que ces jeunes qui vont venir de toute l'Europe expriment cela aussi, cette soif spirituelle, ce besoin d'enracinement.
Avec les retraites spirituelles, je me suis moi-même rendu pour un reportage à l'abbaye de Boulor dans le Gers. De plus en plus de jeunes se rendent dans ces abbayes pour tout simplement passer parfois une semaine auprès des religieuses en déconnexion totale avec le monde qui nous entoure, parce qu'elles doivent d'ailleurs, ces personnes qui vont dans cette abbaye, laisser leur portable de côté, de toute façon, ça ne capte pas beaucoup là-bas.
Alors, en déconnexion, mais surtout en reconnexion avec l'essentiel, ce qui donne sens à la vie, que chacun cherche à sa manière, et que les chrétiens découvrent pleinement dans le Christ. J'ajouterais quand même que les jeunes vont volontiers dans les abbayes se recueillir. Moi-même, je rentre quelques jours en abbaye après Noël, où j'ai vu pas mal de jeunes présents. Je trouve que les jeunes ont du mal à franchir le pas de l'engagement pour être aussi ceux qui, dans quelques années, accueilleront dans les abbayes.
Et je me permets de le dire aujourd'hui à votre antenne, aujourd'hui, ces jeunes qui redécouvrent la foi, j'espère que beaucoup feront le pas de l'engagement dans la vie religieuse et aussi dans le sacerdoce.
Alors, magnifique message d'optimisme que vous nous livrez là, Mgr Rouget. Néanmoins, beaucoup de chrétiens dans le monde vivent des situations extrêmement difficiles, et je pèse mes mots. C'est la communauté religieuse la plus persécutée. Je parle notamment du Nigeria, où il y a, j'ose le mot, un nettoyage ethnique et religieux. Je parle du Soudan, je parle du Moyen-Orient. C'est une situation, un contexte qui, j'imagine, Mgr Rouget, vous affecte énormément.
Oui, bien sûr. C'est terrible ce qui se passe dans ces pays-là. Et pour nous, chrétiens de France, qui pouvons vivre pleinement notre foi, même si elle est parfois un peu, disons, remise en cause, eh bien, c'est important d'exprimer une très grande solidarité spirituelle et aussi matérielle avec ces églises, ce que nous nous efforçons de faire, et notamment, je pense aujourd'hui aux chrétiens du Moyen-Orient. Tout ce qui se fait, par exemple, avec l'œuvre d'Orient, va dans le sens de cette solidarité spirituelle. il n'est pas pensable que le Moyen-Orient, où la foi chrétienne et biblique a surgi, soit peu à peu, en fait, vidée d'une présence chrétienne. Et donc, pour nous...
Est-ce que vous acceptez le terme génocide au Nigerien ? Non, moi, je pense qu'il faut éviter ce genre de terme. L'important n'est pas de mettre des mots... Et puis, aujourd'hui, il ne s'agit pas de mettre de la violence verbale sur la violence physique. Il s'agit de dire les choses, d'exprimer une solidarité et se donner les moyens d'avancer.
Bon, le pape Léon XIV a lancé cette semaine à Rome lors de sa bénédiction Ourbi et Torbi. Alors, magnifique image, d'ailleurs, très émouvante. Le pape Léon XIV a, je cite, appelé l'Europe à ne pas oublier ses racines chrétiennes. Comment faut-il interpréter cette phrase, Mgr Mathieu Rouget ?
Alors, avec le pape Léon, tout est toujours à la fois paisible, détendu et fort. Et donc, il a insisté sur la paix du monde qui naît avec la naissance du Christ.
Vous n'y voyez pas une résistance aussi ?
Un message de résistance ? Alors, encore une fois, à la manière du pape Léon, qui je trouve extrêmement bienfaisante. C'est-à-dire déterminée et paisible en même temps. Moi, ce qui m'a frappé dans le message de Noël du pape, c'est la manière dont il a eu de mettre l'attention sur des conflits, des guerres dont personne ne parle. Et ça, c'est bien le regard catholique, universel du pape. Je pense à ce qu'il a dit de la situation aux confins du Cambodge et de la Thaïlande, ou en Birmanie, ou en Haïti. Et ce regard universel sur toutes les pauvretés et toutes les violences, et tout ça en insistant que pour nous, chrétiens, la paix et la naissance du Christ vont de pair.
Alors, il y a quand même, et c'est vrai que nous évoquions la situation des chrétiens du monde entier, communauté la plus persécutée, je l'ai dit, je l'ai répété, la préfecture de police de Paris a hier signalé qu'un homme a été interpellé après l'agression d'un sacristain à l'église de la Madeleine. Vous avez eu vent, j'imagine, de cette information. Y a-t-il tout de même ces offensives anticléricales, le mot est faible, contre les chrétiens en France ? Vous admettez qu'elles existent. Les actes anticrétiens, ils sont en hausse. Ils existent. Et les chiffres sont là.
Ils existent. Ils ne sont pas du même ordre.
Non, on ne compare pas l'incomparable, évidemment.
Que ce qui se passe, évidemment, dans les pays comme le Nigeria, ou le Burkina, ou ailleurs.
Ce n'est pas pour ça que ce n'est pas grave, en France.
Après ça, sans relativiser les choses, moi, depuis 32 ans que je suis prêtre, j'ai vu plusieurs fois des sacristains agressés par un clochard un peu aviné, par quelqu'un qui mêle une rhétorique agressive à l'égard des chrétiens, et en même temps à des équilibres personnels. Maintenant, pour moi, je veux dire qu'aujourd'hui, en France, il y a bien sûr des actes violents, et il faut les dire.
Et en augmentation, selon le ministère de l'Intérieur. À l'égard des chrétiens.
Il faut les dire, il faut les prévenir, et il faut les condamner. Et pour moi, le plus nuisible, si vous voulez, aux chrétiens en France, aujourd'hui, c'est plutôt une sorte de petite musique qui existe dans certains médias, dans une certaine intelligentsia. Et les crèches de Noël également. Et les crèches de Noël également, monseigneur. C'est une phrase, où le fait même d'être un chrétien fervent vous fait rencontrer l'accusation d'être un intégriste. Sur certains médias. Alors, je crois que... Si vous voulez citer les médias, vous pouvez, monseigneur. C'est une sorte de petite musique dans une partie de la pensée commune, si vous voulez. Une sorte de lieu commun.
Être un catholique fervent, ce serait menacer, en quelque sorte, les valeurs communes. Et je crois que c'est ça qui est le plus nuisible et le plus douloureux pour les catholiques. Aujourd'hui, que chacun puisse vivre sa religion paisiblement, sereinement. Et face à ça, il ne s'agit pas pour les catholiques de se victimiser, mais d'être pleinement eux-mêmes, avec sérénité, avec enracinement, sans se laisser trop intimider
par cet anticléricalisme de fond. Notamment vis-à-vis des crèches de Noël. Mais vous, vous dites qu'en fait, ça fait des années que cet anticléricalisme vis-à-vis des sapins ou des crèches existe en France. Mais tout de même, ce n'est pas pour ça que les catholiques de France n'en souffrent pas. Et vous le savez, j'imagine.
Oui, mais alors moi, ce qui m'a frappé, c'est qu'il y a eu, comme chaque année, mais peut-être de manière un peu plus sensible, une sorte de Noël bashing. Je vous le confirme. Mais en retour, autour, par exemple, le fait de souhaiter Joyeux Noël, j'ai été impressionné de voir sur les réseaux sociaux des institutions publiques, des personnalités notoirement non-chrétiennes qui ont multiplié les souhaits de Joyeux Noël.
Le Joyeux Noël d'Emmanuel Macron a été un peu plus timide que celui de Madame Mélonie en Italie. Permettez-moi de vous le dire.
Certes, mais si vous voulez, j'ai l'impression que le Noël bashing s'avère finalement contre-productif pour ceux qui voudraient effacer Noël. Et j'ai le sentiment qu'au jour de cette année, les souhaits de Joyeux Noël n'ont été que plus abondants.
Quand vous voyez que lors du marché de Noël de la Défense à Paris, il y a parfois des stands où la nourriture est halale, est-ce que vous comprenez, Mgr Mathieu Rouget, que cela puisse un peu surprendre certains catholiques ? C'était un reportage de Cyril de la Morinerie, d'ailleurs, très éclairant sur Europe 1. Alors, excellent Cyril de la Morinerie.
Moi, ce qui m'a frappé au marché de Noël de la Défense, c'est qu'il y ait une rue entière dédiée aux crèches, avec des centenriers provençaux. Et donc, j'avoue que j'étais assez impressionné de voir l'abondance des crèches. Après, que la restauration soit pluriculturelle, en un sens, moi, je m'en réjouis. Ça permet que des hommes et des femmes aux origines les plus variées puissent venir à ce marché et découvrent les crèches.
Parce que, pour moi, l'important, ce n'est pas de défendre une identité, mais c'est de partager ce qui me fait vivre la lumière du Christ, de cet enfant qui, naissant à Bethléem, va transformer l'histoire de fond en comble en ouvrant le chemin d'un amour qui va jusqu'au bout.
Mathieu Rouget, merci infiniment, Monseigneur Mathieu Rouget, d'avoir été avec nous ce matin sur Europe 1. Je rappelle quand même ces chiffres qui sont très, très encourageants. Outre les 15 000 jeunes qui se rendront aujourd'hui à Paris pour les rencontres de Thésée, 2 millions de Français qui vont au moins une fois par semaine à la messe. Chiffre sans doute sous-évalué. Et il y a de plus en plus de catéchumènes. Et je me permets, Monseigneur Mathieu Rouget, de vous souhaiter un joyeux Noël. Une belle octave, comme on dit, parce que vous me le confirmez, on peut encore souhaiter un joyeux Noël pendant 8 jours après le 25 décembre, c'est ça ?
Tout à fait. Donc moi, je souhaite joyeux Noël à tous vos éditeurs aussi. Mais vous savez l'important ? Ce n'est pas simplement de fêter Noël, mais c'est que Noël porte du fruit dans nos vies, des fruits de foi et des fruits d'amour. Merci infiniment, Monseigneur, d'avoir été parmi nous ce matin. et des fruits d'amour,
1,2,3,9,6,7,6,6,7,6,6,7,7,7,7,7,7,7,7,7,7,7,7,7,7,7,7,7,7.