Elisabeth Borne annonce démissionner de la direction de Renaissance, à moins d'un an de la présidentielle
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Benjamin Duhamel, Florence Paracuelos La grande matinale
Et nous recevons donc dans le grand entretien ce matin une ancienne première ministre aujourd'hui députée du Calvados vos questions et réactions sont les bienvenus chers auditeurs au 01 45 24 7000 et sur l'application Radio France Bonjour Elisabeth Borne Merci d'être avec nous ce matin sur France Inter alors que vous publiez Réveillons-nous aux éditions Robert Laffont demain votre contribution en vue de 2027 sous-titré appel à un rassemblement républicain et démocrate on y retrouve vos propositions pour réformer le modèle social, vos propositions sur l'Europe l'immigration, un droit d'inventaire du macronisme aussi, on y reviendra mais d'abord pour qu'on comprenne qui est en face de nous ce matin est-ce que ce livre, Elisabeth Borne c'est celui d'une candidate à l'élection présidentielle ?
Alors non, c'est pas du tout le sens de ma démarche et je pense qu'aujourd'hui on a pléthore de candidats donc moi j'ai voulu mettre sur la table des propositions aujourd'hui le débat public est saturé par les propositions des extrêmes et donc dans ce livre moi j'ai voulu dénoncer ces réponses des extrêmes et dire qu'il y a un autre chemin mais qui suppose qu'on se retrousse les manches qu'on se rassemble moi je crois beaucoup à un rassemblement de la gauche réformiste à la droite modérée pour apporter des vraies réponses aux français
Mais juste Elisabeth Borne vous dites non c'est pas du tout ma démarche quand nos confrères de Paris Match vous disiez il y a quelques semaines après tout pourquoi pas moi ? Juste là encore pour clarifier pour nos auditeurs est-ce que parmi cette pléthore de candidats que vous citez est-ce que vous envisagez la possibilité de porter ces idées que vous que vous défendez dans ce livre en vue de 2027 ?
Alors écoutez moi je suis dans une démarche un peu différente voyez je pense que c'est très important de proposer un projet et je vous le dis on voit qu'on a des extrêmes qui sont aujourd'hui à un niveau très élevé dans les sondages et c'est important de dire qu'il y a d'autres réponses d'autres chemins Donc pourquoi pas vous ?
Non mais moi je vais vous dire je ne crois pas à l'homme providentiel et c'est pour ça que je fais des propositions dans mon livre parce que je pense qu'il faut que on retrouve un président de la république tel que son rôle est défini dans la constitution de 1958 et c'est pour ça que notamment je fais des propositions sur les institutions sur lesquelles on pourra revenir avec un septennat non renouvelable un premier ministre qui préside le conseil des ministres parce que c'est à lui de gouverner c'est lui qui est responsable devant le parlement et donc je pense que voilà toutes ces aventures individuelles ces guerres d'égo je pense que c'est important vous savez j'ai écrit 250 pages de propositions et c'est ça qui m'intéresse et je pense que c'est comme ça qu'on peut se rassembler
alors on va revenir à vos propositions pour la France mais finalement ce projet ces propositions que vous faites est-ce que vous les vous les avez envoyées à Gabriel Attal puisque c'est lui sans doute le candidat de votre parti renaissance
alors en fait je ne me retrouve pas complètement dans la ligne qui n'est pas forcément débattu au sein de renaissance donc j'ai décidé de démissionner du conseil national de renaissance de me mettre en retrait du bureau exécutif et de me consacrer à la structure que j'ai créée bâtissons ensemble qui est un espace ouvert qui a vocation à rassembler au-delà des partis à animer des débats dans des territoires pour faire émerger des propositions concrètes mais ça veut dire que vous quittez le parti de Gabriel Attal je reste comme adhérente parce que c'est un parti auquel je suis attaché je suis attaché aux militants et je suis attaché aux valeurs qu'on a pensées en 2017 mais je ne souhaite pas participer aux instances
vous dites qu'effectivement vous quittez les fonctions qui sont les vôtres dans ce parti est-ce que vous restez pas au milieu du guet si vous êtes en désaccord avec un parti qui est sur le point de désigner Gabriel Attal comme candidat à l'élection présidentielle pourquoi y rester ? parce que ce parti
c'est mon histoire politique et je suis en désaccord avec la ligne actuelle mais pour autant je reste attaché
à ce parti il n'y a pas un petit côté mauvais perdant Elisabeth Borne quand on est dans un parti adhérente avec quelqu'un qui s'apprête à être candidat qui a été élu à la tête du parti par les adhérents est-ce que la logique ne serait pas que vous le souteniez ?
peut-être vous dire que moi j'ai eu une vie avant la politique et que je me suis engagé et c'est peut-être voilà pas habituel mais je me suis engagé pour porter des idées et des valeurs auxquelles je crois et donc voilà je souhaite avoir un espace où ces valeurs sont portées et où on peut se rassembler et se préoccuper de faire des propositions aux français sur la base de valeurs auxquelles je crois fondamentalement
qu'est-ce qui vous dérange dans cette ligne de Gabriel Attal ?
enfin je ne vais pas ouvrir vous voyez des critiques sur Gabriel Attal
si vous dites que vous ne vous retrouvez pas dans sa ligne il faudrait mieux nous expliquer pourquoi parce que sinon c'est difficile
ce que je peux vous dire par exemple et c'est ce que j'évoque dans ce livre moi je suis convaincu qu'on peut protéger notre pays dans le respect du droit international que la France a toujours porté le droit international que ce n'est pas une faiblesse qu'évidemment il faut se mettre en situation de peser face à des puissances qui sont assez désinhibées je suis aussi convaincu qu'on peut protéger les français sans remettre en cause la constitution dans le respect de l'état de droit
mais ça vous entendez Gabriel Attal vouloir remettre en cause le droit international en fait moi
je ne supporte pas quand on met en cause le conseil constitutionnel qu'on peut dire que la constitution est un carcan vous voyez notre constitution elle a permis de faire les lois d'urgence post-attentat les lois d'urgence pendant le Covid et voilà donc je vous dis ce à quoi je crois et donc je souhaite dans cet espace que je crée
pouvoir porter ces valeurs dont vous créez ce parti qui s'appelle Bâtissons Ensemble encore un mot là-dessus avant de parler des propositions que vous faites dans ce livre pour bien comprendre dans l'année qui nous reste avant l'élection présidentielle ce que vous appelez de vos voeux puisque vous vous mettez en retrait de vos fonctions dans ce parti vous en créez un nouveau dans le même temps vous appelez un rassemblement il y a un pléthore de candidats ou de potentiels candidats comment est-ce qu'à la fin vous vous retrouvez pour qu'il n'y ait qu'un seul candidat à l'élection présidentielle dans cet espace politique
alors c'est pas moi qui vais vous dire comment on sort des aventures individuelles pour que chacun veuille bien se retrouver ce que je souhaite faire c'est avoir des idées qui sont sur la table je pense que c'est important que ces idées elles existent qu'elles circulent et qu'elles puissent rassembler donc c'est ce à quoi moi je veux consacrer mon énergie à porter des débats d'idées à dire aux français que oui le monde est inquiétant oui ils vivent des difficultés dans leur vie quotidienne oui on fait face à une multiplication de crises oui on a un modèle social qui s'essouffle et qu'on finance depuis des décennies par la dette mais il y a un chemin à condition de se retrousser les manches et de se rassembler
donc vous ferez la campagne de celui ou celle qui reprendra pour l'instant
je souhaite que ces idées elles existent et que le débat ne soit pas monopolisé ne soit pas monopolisé par des extrêmes dont je constate que les thèses finissent par déborder
au delà de ces parties extrêmes Elisabeth Borne vous contribuez donc à ce à ce débat d'idées avec ce livre commençons par ce que Florence évoquait tout à l'heure le droit d'inventaire du macronisme que vous faites vous parlez notamment d'une pratique du pouvoir inadaptée est-ce que vous comprenez que pour quelqu'un qui a fait partie de l'exécutif pendant 7 ans ça puisse interpeller à moins Elisabeth Borne que vous preniez pour vous-même cette pratique du pouvoir inadapté
je ne parlais pas du premier ministre dans cette critique donc du président voilà non mais je pense vous voyez moi je suis vraiment convaincu que je suis contre un pouvoir solitaire et un peu vertical je pense je pense qu'il faut respecter les corps intermédiaires je pense qu'il faut dialoguer avec les collectivités je pense qu'il faut donner toute leur place aux partenaires sociaux donc ça c'est comme ça c'est une critique
pure
de la politique d'Emmanuel Macron c'est une critique de méthode mais après je développe dans le livre le fait que je crois que les intuitions qui ont été portées en 2017 étaient bonnes même si naturellement il faut aussi tenir compte d'un monde qui a évolué depuis mais sur la méthode je pense qu'il faut faire autrement
mais est-ce que vous prenez votre part parce que peut-être que certains de nos auditeurs s'étonnent en vous entendant ils savent que vous avez défendu une réforme des retraites qui a mis des millions de personnes dans la rue que vous avez fait passer des budgets à coup de 49-3 là encore est-ce que cette pratique du pouvoir inadapté vous considérez vous aussi qu'à un moment donné dans la façon dont vous avez conduit les affaires du pays il y a des choses que vous ne referiez pas de la même manière
alors sur la pratique l'utilisation du 49-3 moi j'ai gouverné en majorité relative et je crois que vous avez pu remarquer que tous mes successeurs en tout cas ceux qui ont eu à faire passer un budget ont dû recourir au 49-3 parce que ça fait partie des règles dans notre cinquième république voter un budget c'est affirmer son soutien au gouvernement quand vous n'avez pas une majorité qui soutient le gouvernement vous êtes obligé de recourir au 49-3
et un septennat non renouvelable le fait que le premier ministre préside le conseil des ministres et non plus le président comme ça se fait dans un certain nombre d'autres pays européens en fait vous souhaitez quoi c'est un retour à un président de la république qui inaugure les chrysanthèmes comme c'était le cas sous la quatrième république qu'au fond ils n'interviennent plus est-ce que ça correspond à la demande que les français mettent dans un président de la république qu'on élit tous les 5 ans et en qui on place un certain nombre même beaucoup d'espoir est-ce que ça c'est cohérent avec ce que veulent les français
je pense qu'on voit que nos institutions notamment avec les réformes qui ont pu intervenir en 2000 le quinquennat l'inversion du calendrier sont déséquilibrées qu'il y a une confusion sur le rôle entre le président de la république et le premier ministre je rappelle que la constitution de 1958 dit le premier ministre ou le gouvernement détermine et conduit la politique de la nation et c'est une bonne chose puisqu'il se trouve que le premier ministre est responsable devant le parlement qu'il est au contact du parlement en permanence et donc je pense que c'est important effectivement qu'on revienne à l'esprit de nos institutions en donnant toute sa place au premier ministre responsable
devant l'assemblée en sachant qu'on en a vu défiler un certain nombre ces derniers mois de premiers ministres dans la situation parlementaire que l'on connait avec l'absence de majorité
oui absolument mais du coup vous voyez je pense que c'est aussi important qu'on puisse avoir des coalitions dans notre pays je pense que les français ils attendent qu'on apporte des réponses dans leur vie quotidienne et apporter des réponses ça suppose d'avoir du temps de pouvoir voilà porter des réformes dans la durée et donc de la stabilité ça passe par des coalitions c'est pour ça que je propose aussi d'introduire une dose de proportionnelle
ce qui par ailleurs Elisabeth Borne est une promesse était une promesse d'un certain nombre de candidats et qui n'a pas pu être qui n'a pas pu être oui moi je le regrette oui je le regrette et vous le regrettez sur les sujets du quotidien précisément vous faites un certain nombre de propositions dans le champ économique notamment un impôt minimal de 15% sur les multinationales non sur les personnes physiques oui sur les personnes physiques ça résonne avec l'actualité on voulait vous interroger sur ce qui est en train de se passer entre Total et le gouvernement la gauche demande et propose une taxation de ce qu'ils appellent les surprofits de Total Total qui sur le premier trimestre a fait près de 5 milliards d'euros de bénéfices des bénéfices en nette hausse et Total le patron Patrick Pouyanné qui répond s'il y a une surtaxe on arrêtera de plafonner les prix les prix à la pompe pour les automobilistes quel regard est-ce que vous portez sur cette menace du président de Total Patrick Pouyanné ?
je crois que chacun sait que les bénéfices de Total ne sont pas faits en France et qu'il y a des règles qui font qu'on ne peut pas taxer deux fois une entreprise les bénéfices ils sont faits dans des pays où Total paye des impôts et en France leur activité ne fait pas de bénéfices on a essayé je rappelle pendant la crise inflationniste moi quand j'étais première ministre de taxer les surprofits bon ça n'a pas eu le rendement espéré parce qu'il y a des règles qui font qu'on ne taxe pas deux fois donc ça ne fonctionne pas non mais vous voyez je pense que la taxe minimum de 15% qui existe sur les multinationales à l'échelle de l'OCDE c'est une bonne réponse ça permet de s'assurer qu'on taxe bien
ces multinationales et comment on fait aujourd'hui pour aider les économistes et l'économie plus largement qui est perturbée par cette crise des carburants ?
je pense que moi je partage le sens des réponses qui sont apportées par le gouvernement vous savez je suis dans une circonscription qui est très rurale et je vois ce que ça veut dire pour des français c'est l'angoisse d'aller faire le plein aujourd'hui quand vous habitez à 20 kilomètres à 30 kilomètres faites 60 kilomètres par jour c'est effectivement une angoisse donc il faut s'adresser à ces gros rouleurs comme le gouvernement a repris le terme et les accompagner au mieux et je pense que c'est mieux de cibler sur les personnes qui sont mises en difficulté dans cette crise plutôt que d'avoir des remises carburant comme ça avait pu être fait et puis on a aussi une situation budgétaire donc il faut tenir compte
vous revenez également Elisabeth Band dans votre livre sur la question des retraites sujet que vous connaissez particulièrement bien puisque vous avez porté cette réforme avec Olivier Dussop avec Olivier Dussop vous n'êtes pas seul effectivement qui reportait l'âge légal à 64 ans avec cette question centrale qui monte de plus en plus dans le débat de la solidarité entre les générations vous posez à un moment donné la question notamment du gel des pensions des retraités les plus aisés dans votre livre François Villeroy de Gallo le gouverneur de la Banque de France qui va quitter ses fonctions a écrit une lettre où il parlait de choix gérontocratiques qui avaient été faits ces dernières années c'est-à-dire qui favorisaient les seigneurs les retraités au détriment des actifs est-ce que ça ça fait partie des débats qui devront avoir lieu au cours de l'élection présidentielle le rééquilibrage entre les retraités et ceux qui travaillent est-ce que la France a fait le choix de la gérontocratie ces dernières années
oui moi je sais pas si j'emploierais ces termes je pense en effet et il y a toute une partie de mon livre que je consacre à la jeunesse et je pense qu'il faut investir pour notre jeunesse et donc ça suppose de ne pas consacrer toutes nos ressources pour payer les retraites on a aussi les dépenses de santé des personnes âgées qui pèsent aujourd'hui sur les actifs et je pense qu'il faut absolument investir dans la recherche dans l'innovation dans l'éducation dans l'insertion professionnelle des jeunes qu'il faut investir dans la transition écologique et donc on doit poser la question de la maîtrise des dépenses de notre modèle social qui dans la pérennité doit être garantie et je pense qu'on y a tous
mais donc ça veut dire concrètement Elisabeth Borne faire éventuellement faire payer les retraités les plus aisés peut-être ne pas augmenter les retraites tous les ans vous voyez
le débat qu'on a eu sur le dernier budget où finalement on a renoncé y compris pour les retraites les plus élevées à ne pas les indexer dans un contexte d'inflation enfin où l'inflation était très faible c'est autant de ressources dont on se prive pour investir pour notre jeunesse et vraiment la jeunesse moi c'est quelque chose qui me tient à coeur finalement quand on parle de la jeunesse aujourd'hui c'est pour proposer des interdictions des sanctions je pense qu'on a un autre message à porter à la jeunesse la jeunesse c'est notre avenir on doit investir pour la jeunesse on doit donner sa chance à chacun c'est ce que j'ai porté comme ministre du travail et comme première ministre avec le plan un jeune une solution il faut donner des nouvelles chances aux jeunes il faut permettre à chacun de trouver sa voie il faut aussi s'assurer qu'on lutte contre les déterminismes vous savez c'est quelque chose qui est très fort dans notre pays par exemple en permettant à plus de jeunes filles d'aller vers les métiers scientifiques et d'ingénieurs c'est le plan filier math que j'ai porté il faut ouvrir les portes à notre jeunesse et dire qu'on a confiance en eux
sur l'immigration vous plaidez pour des objectifs d'accueil débattus chaque année au parlement et vous avez des propos plutôt sibylins sur la question du regroupement familial qu'est-ce qu'il faut changer selon vous en sachant que ça ne concerne plus que 5% des titres de séjour délivrés chaque année il y a un problème pour vous avec le regroupement familial ?
d'abord je dis qu'il faut rester fidèle à nous-mêmes et qu'il n'est pas question de remettre en cause le droit à l'agir privé et familial mais aujourd'hui il y a des règles très strictes qui font que le regroupement familial doit être effectif dans les deux ans pour les personnes des immigrés qui ont vocation à rester de façon permanente sur notre territoire je constate qu'on a un vrai problème d'intégration vous savez moi quand je visite
ça veut dire revoir les règles du regroupement familial
ça veut dire peut-être se donner plus de temps pour faire ce regroupement familial ça veut dire aussi dans notre immigration de travail et je pense que cette immigration de travail elle est indispensable quand vous voyez qui on a dans nos hôpitaux comme aide-soignante comme infirmière voire comme médecin ce sont souvent des personnes étrangères donc cette immigration de travail y compris sur des métiers qualifiés elle est importante donc plus d'immigration de travail
et moins d'immigration familiale
je dis qu'on doit se poser la question des règles c'est une question qui est posée à l'échelle de l'Europe et quand on a comme moi j'ai pu le voir des écoles dans lesquelles 80% des parents ne parlent pas français c'est un problème c'est un problème pour donner effectivement toute leur chance de réussite aux élèves
mais c'est pas un peu complexe de dire on a besoin de travailleurs étrangers mais ne faites pas venir vos familles vous allez rester en France et occuper des fonctions
je pense qu'il n'y a pas de doute que ceux qui ont vocation à s'installer définitivement dans notre pays ont droit au regroupement familial c'est le principe du droit à la vie privée familiale on peut regarder les règles en termes de délai et je pense que ce débat et que par ailleurs vous voyez il y a quelque chose dont on s'occupe assez peu dans notre pays c'est l'intégration on n'a pas de vraie politique d'intégration quand moi j'ai pu voir vous savez y compris ça s'appelait Pôle emploi à l'époque France Travail aujourd'hui des réfugiés qui avaient des diplômes mais auxquels on n'apprenait pas le français dont on ne se préoccupait pas de la reconnaissance des diplômes qu'on n'accompagnait pas vers l'emploi je pense que cette politique d'intégration elle mérite d'être portée c'est pour ça que je propose un ministère de l'immigration et de l'intégration
un ministère de l'immigration
et de l'intégration je n'ai pas dit de l'identité nationale vous l'aurez
échappé comme sous Nicolas Sarkozy en 2007
mais porter une vraie politique d'intégration ça me paraît indispensable y compris parce qu'aujourd'hui on demande aux étrangers qui s'installent en France de parler français mais on n'a pas mis en place une offre pour apprendre le français
qui me semble au niveau sur la question de l'immigration toujours un mot sur les positions qui sont prises dans le débat public notamment par le candidat pour le coup Bruno Retailleau président des républicains qui concernant la décision de Pedro Sanchez le premier ministre espagnol de régulariser 500 000 travailleurs il dit il faut mettre au banc de l'Union Européenne l'Espagne
oui je me demande pourquoi il ne parle pas de l'Italie qui a aussi décidé d'accueillir plus d'immigrés et de régulariser aussi des étrangers en situation irrégulière
est-ce que vous avez encore des valeurs communes avec Bruno Retailleau
je vais vous dire quand moi j'entends Bruno Retailleau proposer un référendum sur l'immigration pour contourner la république des juges incarnés par le conseil constitutionnel non je pense qu'on ne porte pas les mêmes choses donc pas de valeurs communes avec Bruno Retailleau et par ailleurs et par ailleurs vous savez tous ceux qui prétendent que c'est en se plaçant en marge de l'Europe qu'on pourra maîtriser l'immigration irrégulière mente aux français
donc ça veut dire que dans le rassemblement tout à l'heure que vous appelez de vos voeux c'est-à-dire de la gauche réformiste à la droite républicaine
j'ai parlé de la droite modérée
donc Bruno Retailleau il ne fait pas partie de cette
et moi vous voyez quand on critique le conseil constitutionnel quand on porte l'idée que les lois nationales devraient prévaloir sur les traités je ne partage pas ces valeurs
pour terminer Elisabeth Borne vous consacrez plusieurs pages de votre livre au rassemblement national ce parti que vous aviez qualifié d'héritier de Pétain il y a quelques années est-ce que comme la plupart des personnalités de votre camp vous le renvoyez dos à dos avec la France insoumise ou est-ce que vous faites une différence laquelle ?
je pense que les deux se font à la courte échelle je pense que quand Jean-Luc Mélenchon fait un débat où il vous parle du grand remplacement ça fait monter le rassemblement national et donc voilà je pense que les thèses que porte aujourd'hui la France insoumise les thèses que porte aujourd'hui le rassemblement national sont extrêmement dangereuses
donc ce sont deux dangers équivalents
et c'est pour ça que dans mon livre je dis il y a un autre chemin que ces réponses populistes on doit pouvoir proposer des vraies réponses aux français en s'attaquant aux causes et pas simplement aux symptômes et pas en faisant des propositions simplistes
merci Elisabeth Borne d'avoir été au micro de France Inter ce matin
Élisabeth Borne