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interviewyoutube.com· 25 novembre 2021 32 min

Édition spéciale, entretien exclusif avec Gabriel Attal Partie 1 TELESUD 25/11/21

Transcription Whisper (large-v3), avec identification des locuteurs. À recouper avec la source d'origine.

0:27
Présentateur

Bonjour à tous et bienvenue dans cette émission spéciale. Je vous propose de découvrir aujourd'hui le portrait de Gabriel Attal. Il est le porte-parole du gouvernement d'Emmanuel Macron. A 32 ans, il est le plus jeune ministre de la Ve République. Il va nous ouvrir les portes de son bureau, là où il travaille aujourd'hui, au porte-parole, au cœur du 7e arrondissement de Paris. Il va nous confier son ascension fulgurante et sa tenacité de travail.

0:57
Gabriel Attal

Gabriel Attal naît le 16 mars 1989 dans la ville de Clamart, en région parisienne. Yves Attal, son père, est avocat, puis producteur de cinéma à quelques temps, journaliste au Monde. Sa mère, Marie de Courry, s'est salariée dans une société de production. Ensemble, ils auront trois filles et un garçon, Gabriel. Son adolescence, il la passe dans le 13e et 14e arrondissement de Paris, auprès de ses trois sœurs. Après une scolarité à l'école alsacienne, le jeune Gabriel fait son entrée à Sciences Po Paris. Il a déjà un goût prononcé pour la politique. Sur ces images, il n'a que 22 ans, mais déjà un discours bien rodé. Prendre la parole en public, on dirait qu'il a fait ça toute sa vie.

1:49
Invité

« Quand je suis allé à Marseille rencontrer les alter-mondialistes, on s'engage dans des associations peut-être plus que... » « Est-ce qu'il ferait un bon politique ? » « Moi je voterais pour lui. » « J'ai dit Gabi président. » « Carrément, président. » « C'est lui le futur président ? » « C'est lui le futur. » « Donc ces images vous valent très très cher. »

2:05
Gabriel Attal

Déjà à 22 ans, son entourage décèle en lui un brillant avenir politique. Sa première rencontre avec l'univers politique, c'est en 2006, quand il intègre le parti socialiste et s'implique dans la campagne de Ségolène Royal. Il est alors étudiant à Sciences Po et travaille déjà l'exercice du débat politique.

2:24
Invité

« ... et même des élus de l'UMP qui attendent finalement que la gauche soit élue pour pouvoir faire évoluer... » « Non mais alors là franchement Gabriel, je suis assez... »

2:31
Gabriel Attal

Son sens de la répartie ne passe pas inaperçu. Sans compter qu'au cours de ses études, il s'est construit un solide réseau. Le jeune homme fait alors la rencontre de Marisol Touraine, ministre de la Santé. Entre eux, le cours en passe, son diplôme de Sciences Po en poche, il commence un premier job de plume pour Marisol Touraine. C'est lui qui écrira les discours de la ministre pendant 5 ans, jusqu'en 2017. Très jeune, Gabriel Attal pousse. Une à une, les portes de la politique, comme conseiller municipal de Venves, à l'âge de 25 ans. Il rend alors sa carte du PS pour rejoindre en marche le mouvement d'Emmanuel Macron. Une rencontre décisive qui va changer sa vie.

Trois ans plus tard, sa carrière connaît un nouveau rebond puisqu'il est élu député de la 10e circonscription des Hauts-de-Seine. Ce qui lui donne la légitimité d'être le porte-parole du parti La République En Marche. Le 16 octobre 2018. Gabriel Attal est nommé secrétaire d'État auprès du ministre de l'Éducation nationale et de la Jeunesse. Il devient alors le plus jeune ministre de la 5e République. A cette fonction, il sera notamment chargé de mettre en place le service national universel. Dans les médias, on le voit partout, il intervient sur tous les fronts.

Quand il s'agit de remplacer Sibeth Ndiaye au poste de porte-parole du gouvernement, son nom arrive directement en haut de la liste. le 6 juillet 2020, il est nommé porte-parole du gouvernement, un poste qui pourrait bien l'emmener dans quelques mois à être le porte-parole du candidat Emmanuel Macron.

4:10
Présentateur

Gabriel Attal nous reçoit aujourd'hui dans son bureau, au cœur de cet hôtel particulier qui est l'hôtel de Rottlin-Charolais, qui n'est autre que le ministère du porte-parole de la 5e République.

4:26
Gabriel Attal

– Bonjour. – Bonjour Elisabeth.

4:28
Présentateur

– Alors comment je dois vous appeler ? Monsieur le porte-parole, Gabriel Attal, monsieur le ministre, que veut la bien-séance ?

4:33
Gabriel Attal

– Comme vous préférez. – Mais comment je dois vous appeler ? Monsieur le ministre, que veut la bien-séance ?

4:34
Présentateur

– Comment je dois vous appeler ? Monsieur le ministre, que veut la bien-séance ? – Comment je dois vous appeler ? Monsieur le ministre, que veut la bien-séance ?

4:36
Gabriel Attal

– Ah bah dans le civil on m'appelle Gabriel, parfois on m'appelle monsieur Attal, monsieur le ministre.

4:41
Présentateur

– Monsieur le porte-parole, non.

4:42
Gabriel Attal

– Non, pas souvent, non, mais voilà.

4:46
Présentateur

– Alors donc c'est ici que vous travaillez, c'est votre bureau ? Tous les matins vous arrivez à quelle heure ?

4:50
Gabriel Attal

– C'est mon bureau, absolument, j'ai beaucoup de chance, c'est un très bel endroit, l'hôtel de Rottlin-Charolais. On est ici dans ce qui s'appelle la chambre à coucher de Mademoiselle de Charolais, puisque c'était historiquement une chambre il y a très longtemps, au début du 18ème. À quelle heure j'arrive le matin, ça dépend des journées, puisque souvent mes matinées commencent sur des plateaux de télévision ou de radio, où je fais des émissions matinales, et puis ensuite je rejoins immédiatement après mon bureau et j'enchaîne avec des réunions à Matignon, à l'Élysée, à l'Assemblée nationale.

5:17
Présentateur

– Donc debout souvent à 6h du matin, 5h du matin, 7h du matin ?

5:19
Gabriel Attal

– Souvent il faut se lever tôt quand on est porte-parole, parce qu'on doit être dès le matin, parfois à 7h30 ou à 8h, en direct sur les ondes. Personne ne peut être spécialiste de tout, mais moi je dois être capable d'expliquer tout ce qu'on fait sur tous les sujets, et donc c'est beaucoup de travail, vous voyez, il y a beaucoup de dossiers de notes, parce que je dois prendre connaissance de ce qu'on fait sur l'accès à la fibre dans les territoires, sur la Biélorussie en ce moment, sur le Covid évidemment, sur les questions d'éducation, les questions de transport, de logement, donc c'est très vaste.

Donc l'essentiel de mon temps, en réalité, il est moins sur les plateaux de télévision que pour préparer mes passages sur les plateaux pour expliquer notre action. Servir son pays, c'est passionnant, et puis le faire en plus dans cette fonction qui permet d'avoir un regard sur l'ensemble de l'action du gouvernement, c'est vraiment passionnant.

6:05
Présentateur

Alors ici, est-ce qu'il y a des objets personnels ? Est-ce que vous avez mis un peu votre patte, votre petite touche perso ?

6:10
Gabriel Attal

Un peu. Déjà mon bureau, c'est personnel, puisque c'était le bureau de mon papa, qui est décédé brutalement fin 2015. C'est le bureau de travail qui a toujours été le sien, et donc j'ai repris son bureau. Il vous suit partout, ce bureau ? Il me suit partout. Je l'avais à l'Assemblée nationale quand j'ai été élu député en 2017. Je l'ai ensuite eu au ministère de l'Éducation nationale quand j'étais secrétaire d'État à la jeunesse. Et aujourd'hui, c'est mon bureau de porte-parole du gouvernement. Je pense qu'il aurait aimé savoir que son fils utiliserait son bureau dans des fonctions aussi prestigieuses.

6:45
Présentateur

Et pourquoi vous avez besoin de ce bureau à chaque fois ?

6:48
Gabriel Attal

C'est quelque chose qui me permet de garder un lien avec lui. On voit que d'ailleurs, il est assez usé. Il y a des traces un peu partout. Et quand je vois une trace là, d'une tasse ou quelque chose, je m'imagine toujours que c'est mon père qui, en travaillant, a posé quelque chose ici. Et donc oui, c'est un lien très personnel.

7:06
Présentateur

Est-ce que c'est lui qui vous a donné le goût de la politique ?

7:10
Gabriel Attal

Mon père n'était pas du tout engagé politiquement. Il n'était pas élu, même pas militant dans un parti. Mais il était très intéressé par la vie de la cité. Et je pense qu'il m'a transmis ce goût.

7:22
Présentateur

Comment ? Comment il s'y est pris ?

7:24
Gabriel Attal

C'était des discussions. Très souvent, depuis que je suis tout petit, des échanges sur les sujets d'actualité, sur les sujets politiques. Je me souviens être allé voter avec lui à plusieurs reprises, y compris quand j'étais enfant. Je l'avais accompagné. Et puis, c'est vrai que moi, l'engagement politique, c'est quelque chose qui m'a attiré assez tôt. Et il m'a toujours encouragé dans cette voie. C'est-à-dire tôt ? Moi, j'ai adhéré au Parti socialiste. Je devais avoir 17 ans. C'est jeune quand même pour s'engager. Je me suis aussi engagé dans des associations. Mais du coup, voilà. Il m'a beaucoup poussé à l'époque. Ma mère était plutôt sur la retenue.

Elle me disait c'est très violent, la politique. Je ne veux pas trop que tu ailles t'exposer là-dedans, te mettre en danger là-dedans.

8:04
Présentateur

Parce que votre papa n'était pas dans le milieu politique. Il était avocat et puis producteur de cinéma. Puis il a travaillé comme journaliste au Monde, je crois.

8:10
Gabriel Attal

Ah oui, ça, c'était au tout début, effectivement. Mais il a surtout été avocat et producteur de cinéma, mais très intéressé par la vie politique, par les idées aussi. Et donc, il m'a transmis ça.

8:21
Présentateur

Alors ici, on voit cette pancarte du Conseil des ministres. C'est quoi ? C'est votre premier Conseil des ministres ?

8:26
Gabriel Attal

Alors, c'est non seulement mon premier Conseil des ministres, mais cette pancarte, c'est mon premier compte rendu du Conseil des ministres. C'est la pancarte qui était sur le pupitre quand j'ai fait mon premier compte rendu à l'Élysée. Je l'ai gardé en souvenir parce que c'est d'abord, c'était un moment important, mais c'était un moment de très grand stress et de très grande angoisse pour moi.

8:47
Présentateur

Au lendemain de l'annonce du nouveau casting gouvernemental, le premier Conseil des ministres se tenait le 7 juillet 2020. Le ministre de l'Éducation, Gabriel Attal, désormais porte-parole du gouvernement, effectue alors son premier compte rendu. Il a pour but de dévoiler le futur plan d'action de l'exécutif. Et pour lui, c'est l'épreuve du feu. Gabriel Attal a des dossiers brûlants. Il doit prendre la défense de Gérald Darmanin, accusé de viol, en invoquant la présomption d'innocence. Il justifiait aussi les nominations d'Éric Dupond-Moretti à la justice, et de Roselyne Bachelot à la culture, qui font polémique et nient toute droitisation du nouveau gouvernement.

9:35
Gabriel Attal

Nous avons dans ce gouvernement de très fortes personnalités et des personnes qui ont eu tout un parcours. C'est notamment le cas d'Éric Dupond-Moretti, qui ont eu un parcours, qui ont eu à prendre des positions à travers ce parcours, quand elles exerçaient des fonctions, en l'occurrence la fonction d'avocat, peut-être d'autres fonctions pour d'autres membres du gouvernement. Quand on rejoint le gouvernement, on devient solidaire de l'action du gouvernement. Je peux vous assurer que l'ensemble du gouvernement est solidaire de cette action. Merci beaucoup. C'était une première pour moi, mais pour moi, ça s'est bien passé, en tout cas, je crois.

Et puis, la semaine prochaine, je crois que c'est comme ça qu'on dit. C'est une fonction qui est importante. Et puis, encore plus quand on est à l'Élysée, derrière le pupitre officiel, en sortie du Conseil des ministres, avec toute la presse en face de soi, c'est une pression énorme. On a peur de dire quelque chose de pas juste. Et donc, je me souviens avoir été extrêmement stressé. Et je l'ai gardé en souvenir, parce que... Je me souviens avoir été extrêmement stressé. Et je l'ai gardé en souvenir, parce que... Aujourd'hui, c'est quand même toujours évidemment une tension, mais c'est moins de stress. Ça permet de voir d'où on vient et comment on a progressé.

10:32
Présentateur

Et comment ça s'est passé après, d'ailleurs, les comptes rendus, les commentaires ? Le premier Conseil des ministres, vous vous rappelez ?

10:38
Gabriel Attal

Je crois que sur le premier, on a vu que j'étais stressé. Je m'en suis difficilement caché. Mais j'ai l'impression qu'on a considéré que j'avais quand même correctement tenu la tête.

10:50
Présentateur

Je vois que vous avez deux petites statuettes africaines.

10:52
Gabriel Attal

Absolument. C'est d'ailleurs... Elles sont assez agréables. Elles sont assez récentes, puisque c'est un cadeau que m'a fait mon homologue du Congo, Kinshasa, qui s'appelle Patrick Mouyaïa Katwembe, qui est le porte-parole du gouvernement du Congo, et qui est venu me voir puisqu'il était en déplacement en France. On s'est rencontrés. Il m'a offert ces deux petites statuettes qui sont très jolies et que j'ai gardées dans mon bureau.

11:14
Présentateur

Alors, qu'est-ce qu'on se raconte quand on se rencontre comme ça, deux porte-paroles ? Un porte-parole africain, un porte-parole français. Qu'est-ce qu'on te raconte ?

11:21
Gabriel Attal

Non seulement on est deux porte-paroles, mais en plus, on est de la même génération. Donc, c'était vraiment intéressant. Évidemment, on ne fait pas face aux mêmes défis dans nos pays. Mais quand même, on a retrouvé des enjeux qui sont un peu les mêmes et qu'on partage, notamment la capacité à communiquer efficacement à l'ère numérique et des réseaux sociaux, la question des fausses informations aussi qui circulent, les fake news qui circulent sur les réseaux sociaux. Comment est-ce qu'on fait pour y répondre ? Et donc, c'était assez intéressant en termes de partage d'expériences. Il m'a aussi dit qu'il s'inspirait de la manière dont on fonctionne en France, que pour le compte-rendu de...

du Conseil des ministres aussi, il avait repris un certain nombre d'éléments qu'on a, nous, en France. Et puis, moi, j'ai appris aussi des choses. Il m'a donné quelques idées aussi que je pourrais reprendre, notamment des moments d'échanges avec la presse qu'il organise, lui, avec ses collègues du gouvernement, voilà, en médiateur, entre guillemets, pour, voilà, insister sur certains sujets. Donc, c'était intéressant.

12:16
Présentateur

Vous êtes allé en Afrique ?

12:18
Gabriel Attal

Je suis allé plusieurs fois en Afrique, absolument, notamment depuis que je suis au gouvernement. Je m'étais rendu au... Je m'étais rendu au Sénégal avec Edouard Philippe, qui était Premier ministre à l'époque, puisqu'il y avait une réunion, un séminaire des deux gouvernements qui se tenaient à Dakar. C'était passionnant. J'étais à l'époque en charge de la jeunesse. J'avais rencontré des jeunes engagés, des jeunes Français engagés sur place en service civique ou en volontariat, puis des jeunes Sénégalais aussi. Et puis, je me suis rendu ensuite au Nigeria.

Voilà, c'était pour une remise de décoration au départ, mais j'ai pu faire beaucoup de rencontres avec la jeunesse nigériane, notamment des jeunes artistes, une jeune galerie d'art. C'était aussi passionnant.

12:57
Présentateur

OK. Et je vois que vous avez une télé. Qu'est-ce que vous regardez à la télévision ?

13:00
Gabriel Attal

Je fais les médias nationaux, les radios, les télés, mais je veux aussi m'adresser aux Français via la presse quotidienne régionale. Donc, toutes les semaines, je pars en déplacement partout en France et je réponds à la presse quotidienne régionale, qui est aussi très regardée et très suivie par les Français.

13:14
Présentateur

Voilà. Le sujet du jour, c'est quoi en ce moment ? C'est le Covid ?

13:16
Gabriel Attal

Malheureusement, en ce moment, c'est beaucoup le Covid et l'épidémie de Covid-19, qui repart puisqu'on est entré dans une cinquième vague en France.

13:24
Présentateur

On a l'impression qu'il y a cette obsession du reconfinement, de la peur du reconfinement.

13:28
Gabriel Attal

C'est une réalité ? Je l'entends. J'entends que les Français, évidemment, craignent cette échéance parce qu'on a eu une première vague. On espérait être sortis définitivement du Covid. Et puis, on a eu une deuxième vague, une troisième vague, une quatrième vague. On en est à la cinquième vague. À chacune des vagues de l'épidémie, finalement, on a progressé dans notre manière d'y répondre. Première vague, on ferme tout. Les restaurants, les commerces, les écoles, tout est fermé et tout le monde reste chez soi. Deuxième vague, on a pu laisser les écoles ouvertes. Troisième vague, ce n'était pas tout à fait un confinement parce qu'on disait aux gens, les restaurants étaient fermés, etc.

Mais on leur disait qu'il fallait surtout rester dehors et pas chez eux, en fait. Quatrième vague, on a pu tout laisser ouvert grâce aux passes sanitaires. Là, il y a une cinquième vague. Je ne sais pas ce qu'elle donnera, jusqu'où elle montera, quel impact elle aura sur l'hôpital. Ce que je sais, c'est que grâce aux vaccins et grâce aux passes sanitaires, on a quand même des outils et des arts qui vont nous permettre de l'affronter. Et probablement de ne pas revenir à des mesures de confinement qu'on a connues au début de cette crise.

14:24
Présentateur

C'est l'hôpital qui est le juge de paix, finalement, des mesures sanitaires, des restrictions sanitaires ?

14:30
Gabriel Attal

Oui, c'est vrai qu'au début de cette crise, quand on n'avait pas encore le vaccin, on regardait surtout le nombre de contaminations. Parce qu'on se disait, le nombre de contaminations qu'on a aujourd'hui, il nous dit ce que sera la situation à l'hôpital dans 15 jours. En général, on voyait une vague de contamination et 15 jours après, on voyait la même vague à l'hôpital. Et en fait, depuis le vaccin, on voit une vague de contamination. Mais on ne voit plus la vague de contamination. On ne voit plus la même vague à l'hôpital parce que le vaccin, il réduit le risque de faire des formes graves. Donc on pouvait avoir une vague très forte de contamination.

Et puis à l'hôpital, une situation qui est moins tendue. C'est ce qui s'est passé cet été. Cet été, on a eu des très hauts niveaux de contamination d'incidence. Et puis à l'hôpital, on a eu une situation qui était difficile, mais qu'on a réussi à tenir. Si on n'avait pas eu le vaccin, on aurait dû confiner cet été, probablement. On aurait dû fermer des restaurants, des bars. On n'a pas eu à le faire. Et donc vraiment, je pense qu'on peut quand même avancer avec une certaine confiance, parce qu'elle n'exclut pas la vigilance.

15:26
Présentateur

Depuis deux jours, Gabriel Attal a un invité d'honneur qui le suit partout. Il s'appelle Arthur Bocheron. Il accompagne le ministre dans le cadre des Duodays, une initiative mise en place par le gouvernement pour favoriser l'insertion professionnelle des personnes en situation de handicap. En France, ils sont 12 millions. Arthur Bocheron est une star des réseaux sociaux. Chaque jour, il enregistre des millions de vues sur TikTok. Cette fois, il pourra y faire figurer sa rencontre avec Brigitte et Emmanuel Macron et ses moments de la vie trépidante d'un ministre.

16:05
Invité

Du coup, Gabriel Attal m'a invité parce qu'on se suivait sur les réseaux. Et voilà.

16:18
Présentateur

J'aimerais savoir, où est-ce que vous avez grandi ? Vous venez d'où ? Quelle région ?

16:29
Gabriel Attal

Moi, j'ai grandi à Paris. Et puis, je me suis installé à Venves, juste à la fin de mes études. C'est dans les Hauts-de-Seine. J'étais étudiant, je cherchais un appartement pas trop cher et franchir le périphérique. Quand on est un jeune parisien, souvent, ça permet d'avoir un appartement plus abordable. C'est comme ça que je me suis installé à Venves. Je n'ai jamais quitté cette ville. J'ai été élu conseiller municipal en 2014 et puis député en 2017.

16:56
Présentateur

Qu'est-ce que vous avez fait ? Quel est votre parcours scolaire, étudiant ?

17:00
Gabriel Attal

Alors moi, j'ai fait Sciences Po à Paris, un master d'affaires publiques. Tout de suite après le bac ? Tout de suite après le bac. Je suis rentré en 2007. Et puis, j'ai suivi en parallèle une licence de droit à Assas, Paris 2.

17:14
Présentateur

Alors, certaines moises lentes disent que vous faites très premier de la classe. Est-ce que c'est vrai ? Est-ce que vous étiez du genre premier de la classe ?

17:19
Gabriel Attal

Je ne sais pas si je fais premier de la classe. C'est aux observateurs de le dire. Non, je ne crois pas que j'étais très premier de la classe. Non, je ne crois pas que j'étais très premier de la classe.

17:26
Présentateur

C'était quel genre d'élève ?

17:29
Gabriel Attal

Je pense que je suis passé à peu près par tous les états. J'ai été à la fois l'élève dissipé, l'élève sérieux. Voilà, je pense que dans une scolarité, on passe par différents états. Mais bon, je pense que voilà, j'étais quand même assez sérieux. Mais je ne crois pas que j'étais le premier de la classe. Très ambitieux, vous étiez très ambitieux.

17:49
Présentateur

Vous saviez tout de suite ce que vous voulez faire à la terminale plutôt ? Moi, j'ai toujours eu envie de m'engager.

17:55
Gabriel Attal

Et notamment de m'engager politiquement. C'est d'ailleurs un peu un running gag avec mes camarades, notamment au lycée et en terminale. On riait beaucoup de ça. Je n'étais pas tout à fait sûr de ce que j'avais envie de faire quand j'étais au lycée. J'ai eu envie d'être avocat. À un moment, je me suis dit aussi que j'avais envie de rejoindre la haute fonction publique et de passer l'ENA. Finalement, je n'ai fait ni l'un ni l'autre. Je me suis tout de suite engagé en politique. Mais ce qui ne veut pas dire que je ferai ça toute ma vie. Je pense que plus tard dans ma vie, j'aurai d'autres expériences et je ferai autre chose.

18:28
Présentateur

Premier engagement, c'est militant au PS ?

18:30
Gabriel Attal

Tout à fait. J'ai adhéré au Parti Socialiste en 2006. Plutôt sur l'aile réformiste du PS, comme on dit. Mais c'est mon premier engagement politique.

18:40
Présentateur

Et comment ça s'est suivi après vos premiers pas en politique ? Donc, vous prenez votre carte du PS, vous continuez vos études, vous faites à ça. Et puis, qu'est-ce qui se passe ? J'ai pris ma carte au PS.

18:50
Gabriel Attal

J'ai poursuivi mes études. J'ai... À l'occasion de mes études, j'ai fait un stage avec la députée à l'époque, Marisol Touraine, que j'ai du coup appris à connaître. Et puis, en 2012, elle a été nommée ministre de François Hollande, ministre des Affaires Sociales et de la Santé. Et à ce moment-là, elle m'a rappelé. J'avais travaillé avec elle pendant la campagne. Et elle m'a proposé de rejoindre son cabinet en tant que plume. Donc, j'écrivais les discours. Évidemment, j'ai accepté. Et donc, j'ai eu cette expérience-là dans le précédent quinquennat. En 2014, je me suis présenté sur la liste aux élections municipales dans ma commune de Vente. J'ai été élu conseiller municipal.

Et donc, j'avais cet ancrage local. Et puis, quand Emmanuel Macron a créé En Marche, j'ai tout de suite rejoint son mouvement. Je n'avais pas prévu de me présenter aux élections législatives en 2017. Mais finalement, il a souhaité que des jeunes puissent être candidats à ces élections. Et j'ai eu envie de me présenter. À ce moment-là, je me suis présenté. J'ai été élu député de la commune.

19:52
Présentateur

Est-ce que vous pouvez dire que c'est Emmanuel Macron qui a été la rencontre déterminante dans votre carrière politique ?

19:57
Gabriel Attal

Ah oui, bien sûr. En tout cas, je n'occuperai pas les fonctions qui sont les miennes aujourd'hui si je n'avais pas croisé la route d'Emmanuel Macron et si je n'avais pas décidé de le suivre et s'il ne m'avait pas fait confiance, à la fois pour être candidat aux législatives et puis ensuite pour rejoindre le gouvernement.

20:11
Présentateur

Est-ce qu'à votre avis, pour réussir en France, il faut avoir du réseau ?

20:17
Gabriel Attal

Je pense qu'avoir du réseau, ça aide, évidemment. Et tout l'enjeu... Et notamment l'enjeu de notre action, c'est de faire en sorte que ceux qui n'ont pas de réseau au départ ne soient pas freinés dans leur capacité à réussir. Et ça commence très tôt, vous savez. Il y a une des premières actions qu'on a mise en place au début du quinquennat qui me tenait beaucoup à cœur. C'est le fait de mettre en place une plateforme pour les stages de 3e. Les premières inégalités vis-à-vis du réseau, on les voit en classe de 3e. Quand il faut faire un stage en entreprise et que vous avez des jeunes dont les parents ont un réseau, ils ont des amis, qui sont...

qui ont des fonctions importantes dans l'entreprise, qui sont journalistes, qui sont avocats, qui sont politiques, qui peuvent obtenir un stage de 3e pour leur enfant. Puis vous avez des enfants dont les parents n'ont pas de réseau et qui font... C'est une expression qui est souvent employée, notamment dans certains quartiers, ce qu'on appelle le stage kebab. On va faire son stage de 3e au kebab du coin. C'est des choses qui m'ont été dites parce qu'on n'a pas le réseau. On a mis en place une plateforme, mon stage de 3e, en ligne, qui permet à ces enfants des quartiers les plus difficiles d'accéder à une offre de stage de 3e de qualité.

Et pour ça, on a mobilisé des grandes entreprises qui ont déposé des offres de stage, parfois des grands groupes du CAC 40. On a mobilisé les services de l'État, les préfectures, les agences régionales de santé pour qu'elles déposent des offres de stage aussi, de sorte que des enfants de 3e qui n'ont pas le réseau par les parents puissent bénéficier d'un stage. Et ça, c'est une action qui se poursuit ensuite tout au long de la vie. Et tout ce qu'on fait pour donner davantage de moyens, de connexions pour des jeunes qui n'ont pas de réseau, ça vise aussi à répondre à cet enjeu-là.

21:55
Présentateur

Vous aimez beaucoup les initiatives. Pendant le Covid, vous avez mis en réseau sur une plateforme des associations. De quoi vous êtes le plus fier à ce jour dans votre carrière politique ?

22:06
Gabriel Attal

C'est vrai que pendant le Covid, j'ai créé la plateforme jeveuxaider.gouv.fr. Je l'ai fait parce que j'ai reçu beaucoup de messages, notamment sur Instagram, de gens qui me disaient « j'ai envie d'être utile pendant cette crise, d'aider des associations, mais je ne suis pas adhérent d'une association, je ne suis pas en lien avec des associations, donc je ne sais pas comment faire ». Et là, je me suis dit qu'il faut arriver à mettre en lien des personnes qui ont envie de s'engager et puis des associations qui ont besoin de bénévoles.

Parce qu'on sait que les bénévoles réguliers des associations, ils sont en général assez âgés, et donc pendant le confinement, ils restaient vraiment chez eux et on leur demandait vraiment de ne pas sortir. Et ça a eu un engouement qui a dépassé toutes mes attentes. 400 000 personnes qui se sont inscrites et qui sont allées aider des associations, c'était massif. Et puis, mon autre « fierté », c'est le Service national universel que j'ai lancé, qui vise à remplacer ce qu'était le service militaire jusqu'à ce qu'il soit suspendu par Jacques Chirac.

Avec un vrai moment de creuset républicain, de cohésion, de mixité sociale, de découverte de l'engagement, de lien armée-nation pour tous les jeunes en France de 15-16 ans, que j'ai donc lancé en 2019.

23:12
Présentateur

On vous attaque souvent dans la presse, dans les médias, sur votre jeune âge, votre ascension fulgurante. Est-ce que c'est quelque chose qui vous blesse et qui vous irrite ?

23:19
Gabriel Attal

Laissez très fortement par les attaques, je ferai un autre métier. Forcément, quand vous vous engagez en politique, vous êtes exposé à des attaques, vous êtes exposé à des critiques. Parfois, et d'ailleurs souvent, elles sont infondées, parfois mensongères. Mais malheureusement, c'est le lot de la politique et j'ai appris à m'y faire, à me blinder à ce niveau-là. Donc, non, ça ne m'empêche pas de dormir.

23:47
Présentateur

Vous partagez votre vie avec Stéphane Serret, ex-conseiller politique d'Emmanuel Macron et président de Renew Europe. Est-ce que c'est compliqué d'être en couple avec un homme politique ?

23:55
Gabriel Attal

Alors moi, vous savez, je ne m'exprime jamais sur ma vie privée. Donc, j'entends votre question. Vous avez le droit de poser cette question. Mais mon droit, c'est de ne pas souhaiter m'exprimer sur ma vie privée.

24:06
Présentateur

Et aujourd'hui, votre prochain cheval de bataille, c'est quoi ?

24:14
Gabriel Attal

Ça, on verra. L'avenir nous le dira. Aujourd'hui, je suis porte-parole du gouvernement, je n'ai plus de dossiers thématiques qui me sont propres. Donc, mes motifs de satisfaction, c'est d'avoir terminé une interview comme celle-ci et que ça se soit plutôt bien passé. Voilà. Donc, ce n'est pas tout à fait la même satisfaction. Mais c'est important aussi parce que je n'ignore pas la responsabilité qui est la mienne, qui est de porter la voix du gouvernement en France, mais aussi à l'international. Et pour ça, évidemment que je travaille beaucoup et que c'est un enjeu fort. Après, je ne sais pas ce que je ferai ensuite. On verra. Vous ne savez pas ce que vous allez faire ?

Ah non, je ne sais pas ce que je ferai ensuite.

24:51
Présentateur

Si on vous propose d'être porte-parole du candidat Emmanuel Macron, ça vous plairait ?

24:55
Gabriel Attal

Aujourd'hui, la question, elle ne se pose pas. Donc, moi, je ne me projette pas sur ces sujets-là. C'est dans un mois et demi. C'est dans cinq mois, l'élection présidentielle.

25:02
Présentateur

Non, mais au mois de janvier, il va se déclarer candidat.

25:04
Gabriel Attal

Après ça, vous avez des informations que je n'ai pas. A priori. Je ne sais pas. Vous avez des informations dont je ne dispose pas. Moi, je souhaite qu'il soit candidat encore une fois. Mais il a dit qu'il présiderait, qu'il agirait jusqu'au dernier quart d'heure. Et quoi qu'il arrive, quelle que soit la place que j'occuperai, je me mobiliserai évidemment pour permettre sa réélection et pour défendre son projet.

25:23
Présentateur

Comment voyez-vous cette prochaine élection ?

25:26
Gabriel Attal

D'abord, aujourd'hui, je vois qu'elle est assez loin. C'est dans cinq mois. Et pour nous, aujourd'hui, ce n'est pas l'actualité que de se préoccuper de l'élection présidentielle. Pourquoi ? Parce qu'on vient de vivre et on est encore en train de vivre…

25:38
Présentateur

N'en parlez jamais, y pensez toujours.

25:40
Gabriel Attal

Évidemment qu'on peut y penser. Forcément, moi, c'est quelque chose que j'ai en tête, évidemment. Mais… On vit une des plus graves crises vécues par le monde et par notre pays depuis un siècle, avec la crise Covid et les difficultés économiques qui en ont résulté. Et donc aujourd'hui, on ne peut pas se consacrer à une élection présidentielle à cinq mois de cette élection au moment où on doit continuer à gouverner et à agir pour prendre les mesures nécessaires pour protéger la santé des Français et pour relancer l'économie. C'est ça, aujourd'hui, notre grande priorité. L'élection présidentielle, ça viendra en son temps.

Moi, je souhaite évidemment que le président soit candidat à sa réélection. Et je souhaite qu'il soit réélu aussi, pour qu'il puisse poursuivre d'abord la protection des Français dans ce contexte, mais aussi l'œuvre de modernisation et de transformation qui a été la sienne depuis 2017 en France. Je ne crois pas seulement que le débat de la présidentielle sera celui d'une forme de continuité, parce que la crise qu'on a vécue, elle nous impose de mettre en place une action qu'on a engagée de reconstruction de notre pays et de projection dans l'avenir. Et donc, c'est un vrai débat que de savoir comment est-ce qu'on veut reconstruire la France.

On a commencé, nous, à lancer un certain nombre d'initiatives, je pense à France 2030, pour projeter notre pays dans l'avenir, pour investir dans des secteurs stratégiques et redevenir pionniers dans un certain nombre de secteurs. Et je crois, oui, que ce sera un débat important de la présidentielle.

26:58
Présentateur

Oui, monsieur le ministre. Donc, la prochaine élection va se jouer à la fois sur le programme et sur la personnalité ?

27:05
Gabriel Attal

Je pense que c'est deux enjeux dans une élection présidentielle. Il y a la question du programme, du projet pour le pays, du cap qu'on veut lui donner. Puis, évidemment, je pense que la... La personnalité compte. On dit souvent que c'est la rencontre d'un homme avec les Français à l'élection présidentielle. D'une femme, d'ailleurs. Mais en tout cas, je pense que la personnalité des candidats, candidates, évidemment qu'elle va jouer beaucoup parce que le président de la République, c'est la clé de voûte de nos institutions. Il conduit l'exécutif en France. Mais il a aussi, évidemment, un rôle à l'international.

Ce qu'on a vu depuis 2017, c'est que le regard du monde sur la France a changé depuis l'élection d'Emmanuel Macron. Et de voyager, de rencontrer des personnes à l'étranger, elles vous le disent. Il suffit de regarder aussi la situation économique. Depuis deux ans, la France est redevenue le pays le plus attractif en Europe pour les investissements étrangers. Et ça, on le doit notamment à la personnalité du président de la République aussi, qui a redonné confiance à des investisseurs étrangers pour venir développer des projets économiques en France, au service de l'emploi en France et de l'économie en France. Et donc, je pense que la personnalité, évidemment, qu'elle compte dans ce débat.

Et au-dessus de 100, une première depuis la mi-septembre. Il y a une augmentation de l'ordre de 6 à 10 % sur une semaine. Donc ça augmente. Il ne faut pas attendre que ça explose pour s'inquiéter. Il faut d'ores et déjà aujourd'hui faire très attention. Le gouvernement ne prévoit aucune mesure de reconfinement. L'exécutif mise sur la vaccination et l'obligation du rappel de la troisième dose pour les plus de 65 ans. À ce jour, 69 % de la population française a reçu au moins deux doses de vaccin. Par définition, on exclut régulièrement. Par définition, on exclut régulièrement. Par définition, on exclut régulièrement. Par définition, on exclut régulièrement.

Ce que je dis ensuite, c'est qu'aujourd'hui, il n'est pas prévu ni de près ni de loin de reconfiner. Encore une fois, cet été, on a eu des très hauts niveaux d'incidence et on a pu tenir la situation, même si ça a été difficile et éprouvant pour les soignants, à l'hôpital grâce à la vaccination. Mais pour ça, il faut que l'immunité conférée par le vaccin se poursuive et donc que les Français éligibles fassent leur rappel de vaccination. Sur TF1, Olivier Véran, le ministre français de la Santé, avait également alerté sur cette situation qui ressemble clairement au début d'une cinquième vague.

Aujourd'hui, plus d'un département sur trois affiche désormais un taux d'incidence supérieur à 100 et la quasi-totalité sont au-dessus de 50. Mais cette hausse des contaminations ne se traduit pas par une augmentation brutale du nombre d'hospitalisations.

29:30
Invité

On sent clairement au début d'une cinquième vague, la circulation du virus s'accélère 40% de plus en une semaine. C'est ce que nous avons connu lors des précédentes vagues. La grande différence, c'est que parce que nous sommes massivement vaccinés, parce que nous avons le pass sanitaire, parce que nous respectons les gestes barrières et qu'on se protège les uns les autres, on peut passer cette vague.

29:46
Gabriel Attal

Dans le reste de l'Europe, la pandémie repart aussi à la hausse. Tandis que l'Autriche a décidé d'instaurer un confinement pour les personnes non vaccinées contre le Covid-19, les Pays-Bas, eux, ont également remis en place des restrictions sanitaires.

30:00
Présentateur

Est-ce que vous pensez faire, par exemple, comme d'autres pays ont commencé à le faire, l'Autriche, à renforcer les mesures de prévention ?

30:09
Gabriel Attal

Un vrai confinement, c'est-à-dire demander à des personnes non vaccinées, les obliger à rester chez elles. C'est quelque chose d'abord qui n'est pas possible juridiquement aujourd'hui. Il faudra faire voter un nouveau texte de loi. On a déjà fait voter des textes pour prévoir de nouvelles mesures. Mais aujourd'hui, ce n'est pas quelque chose qui est prévu en France, précisément parce qu'on a aussi un cadre avec le pass sanitaire qui nous permet déjà de faire peser la contrainte sur les personnes qui ne sont pas vaccinées plutôt que sur celles qui sont vaccinées. Donc les restrictions sanitaires, ce serait plus quoi, finalement ?

Aujourd'hui, il n'est pas prévu d'avoir des restrictions supplémentaires. Maintenant, dans ma phrase, ce qui est important, ce n'est pas de restrictions supplémentaires, mais c'est aussi le « aujourd'hui », parce qu'on sait que la situation peut évoluer. Mais moi, je crois profondément que depuis 18 mois de crise sanitaire, on a appris comment est-ce qu'on pouvait gérer cette crise. Et en plus, on s'est enrichi d'outils supplémentaires qui nous permettent de lutter contre l'épidémie, et notamment le vaccin, qui a quand même un effet remarquable sur les formes graves du virus.

Vous avez aujourd'hui neuf fois moins de risques d'être admis en réanimation ou de décéder du virus si vous êtes vacciné que si vous n'êtes pas vacciné. Et on a en France une couverture vaccinale qui est massive. Et donc, ce qu'on peut espérer, c'est que, quand bien même la cinquième vague serait très forte avec des taux d'incidence très élevés, elle ne se traduirait pas par une déferlante sur l'hôpital qui nous obligerait à prendre des mesures supplémentaires. Maintenant, moi, je ne peux jamais dire jamais. Et les mesures supplémentaires, on les connaît. Ça peut être un renforcement du télétravail. Ça peut être ensuite des restrictions supplémentaires telles que celles qu'on a connues.

Mais on a vu cet été qu'on était capable d'avoir des hauts niveaux de vaccination. On a vu cet été qu'on était capable d'avoir des hauts niveaux de vaccination. On a vu cet été qu'on était capable d'avoir des hauts niveaux d'incidence et de ne pas avoir à reprendre des mesures de couvre-feu ou de confinement. Et donc, moi, encore une fois, je suis quelqu'un d'optimiste. En tout cas, j'essaie d'avancer avec confiance quand on a des raisons d'être confiant. Et donc, je pense qu'on peut traverser l'hiver sans avoir à revenir à des mesures très dures pour le moral des Français et pour notre économie.

Édition spéciale, entretien exclusif avec Gabriel Attal Partie 1 TELESUD 25/11/21 — Gabriel Attal · Pourquijevote