Bruno Le Maire : "Ni inquiet, ni soulagé, je suis mobilisé"
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Chapitres
Répartition du ton (temps de parole politique)
Propositif 60 %Attaque 30 %Défensif 10 %
Questions et réponses
Taux de réponse directe : 78 % (directe = 1, partielle = 0,5, éludée = 0)
- 0:07OuverteÉludée
Vous êtes soulagé ce matin ou inquiet ?
- 0:44OuverteRéponse directe
Vous vous êtes fait peur parce que 4 points d'écart entre Macron et Le Pen ?
- 3:20OuverteRéponse directe
Qu'est-ce qu'il doit faire Macron pour faire la différence dans ces 15 jours ?
- 3:57OuverteRéponse directe
Elles sont où ces réserves de voix ?
- 5:37RelanceÉludée
Si vous gagnez, est-ce que la légitimité d'Emmanuel Macron est posée ou pas ?
- 6:16OuverteRéponse directe
Qu'a voulu dire Macron hier soir en parlant d'inventer quelque chose de nouveau ?
Affirmations vérifiables (citations exactes)
- 0:44Invité politiqueFait
« Mais vous vous êtes fait peur parce que 4 points d'écart entre Emmanuel Macron et Marine Le Pen »
- 0:51PrésentateurFait
« Emmanuel Macron a amélioré son résultat de 2017 après un quinquennat qui a été un quinquennat d'épreuve »
- 1:37Invité politiquePromesse
« pour battre Marine Le Pen, c'est d'avancer sur ces sujets-là »
- 1:37PrésentateurFait
« Sur la retraite à 65 ans »
- 1:44PrésentateurChiffre
« Nous avons réussi à créer plus d'un million d'emplois »
- 1:47PrésentateurFait
« On peut financer notre modèle social »
- 2:10PrésentateurFait
« Vous avez vu, Alba Ventura, une seule proposition de Marine Le Pen sur le climat ? »
- 2:34PrésentateurFait
« à déployer davantage d'énergie renouvelable, à construire des centrales nucléaires »
- 3:10PrésentateurFait
« la lutte contre la taxation digitale, la taxation minimale, la lutte contre l'évasion fiscale »
- 5:16PrésentateurFait
« Dissent, vous êtes bien sympathiques, mais moi, je n'arrive pas à m'en sortir avec mon salaire »
- 5:28PrésentateurFait
« On a financé nous-mêmes les salaires »
- 8:21PrésentateurFait
« L'inflation en France, c'est l'indexation des petites retraites sur l'inflation »
- 8:33PrésentateurPromesse
« Emmanuel Macron a dit que nous indexerions les pensions de retraite dès cet été sur l'inflation »
- 9:13Invité politiqueChiffre
« Valérie Pécresse sous la barre des 5% »
Temps de parole
- Présentateur80 %
- Bruno Le Maire13 %
- ?7 %
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Alba Ventura, vous recevez donc ce matin le ministre de l'économie, des finances et de la relance, Bruno Le Maire.
Bonjour Bruno Le Maire.
Bonjour
Alba Ventura.
Vous êtes soulagé ce matin ou inquiet
?
Mobilisé.
Il
reste un second tour, c'est le tour le plus difficile.
Tout
commence, c
'est
une nouvelle campagne avec deux visions de la France qui vont s'affronter. Je veux évidemment remercier tous ceux qui ont voté pour nous, appeler à la mobilisation la plus générale possible dans les jours qui viennent, et puis surtout appeler tous ceux qui peuvent se reconnaître dans le projet de Emmanuel Macron. François Langlais l'a bien décrit, la valorisation du travail, la construction européenne, la protection du climat et la lutte contre le réchauffement climatique, à nous rejoindre et à travailler avec nous.
Mais vous vous êtes fait peur parce que 4 points d'écart entre Emmanuel Macron et Marine Le Pen, vous vous attendiez à ce score aussi serré
? D
'abord je ne suis pas surpris, ensuite je pense que c'est un bon score.
Emmanuel
Macron a amélioré son résultat de 2017 après un quinquennat qui a été un quinquennat d'épreuve, avec la crise des gilets jaunes, le Covid. Il est en tête, il est largement en tête, mais je le redis,
tout
reste à faire. Le second tour c'est une autre histoire, c'est une autre bataille qui commence, avec, je veux insister là-dessus, deux visions de la France qui ne sont pas les mêmes. Ce n
'est
pas la même chose, suivant que vous aurez dans quelques jours Emmanuel Macron reconduit pour 5 ans, ce que je souhaite et ce pourquoi je me bats, ou Marine Le Pen élue. D'un côté vous avez effectivement la valorisation du travail, un pays qui est tout
proche du plan d'emploi. C'est ça votre scénario
pour battre Marine Le Pen, c'est d'avancer sur ces sujets-là.
C'est d'avancer sur des propositions très
concrètes. Sur la retraite
à 65 ans.
C'est
de faire de l'idéologie, c'est de dire, regardez, nous nous avons réussi à créer plus d'un million d'emplois. Nous sommes tout près du plan d'emploi, on peut y arriver. Et en plus, nous, on peut financer notre modèle social. On croit à l'hôpital public et on sait qu'il faut réinvestir sur l'hôpital public. On croit à l'éducation nationale et on sait qu'il faut réinvestir sur les enseignants. Mais il faut financer tout ça.
Et
la meilleure façon de financer tout cela, c'est que tous collectivement, nous travaillons davantage. Elles sont où les réponses de Madame Le Pen sur le financement de son projet ? Nous disons que la transition climatique, c'est clé. Vous avez vu, Alba Ventura, une seule proposition de Marine Le Pen sur le climat ?
À
part démonter les éoliennes, c'est quoi les propositions de Marine Le Pen sur le climat
?
Globalement,
l
'environnement a été assez peu abordé.
Mais
c'est
majeur l'environnement.
Globalement, par tous les candidats. Ça doit être, à mon sens,
un des grands thèmes de l'entre-deux-tours. Comment est-ce que nous réussissons à lutter contre le réchauffement climatique, à déployer davantage d'énergie renouvelable, à construire des centrales nucléaires auxquelles nous croyons, pour émettre moins de CO2 et être la première économie totalement décarbonée en Europe ? Voilà une deuxième ambition qui peut rassembler très largement. Qu
'est-ce qu'il va devoir faire, Emmanuel Macron, dans cet entre-deux-tours
? Je termine juste sur notre projet, un troisième pilier,
l
'Europe. Ce n
'est
pas la même chose dans 15 jours. Suivant que vous avez une alliée de Vladimir Poutine qui dirige la France, ou quelqu'un qui a montré pendant cinq ans qu'il savait faire occuper à la France les premières postes en Europe et obtenir des résultats très concrets, la lutte contre la taxation digitale, la taxation minimale, la lutte contre l'évasion fiscale, tout ce que nous avons réussi à faire pendant ces cinq années au service de la France et de l'Europe.
Bruno Le Maire, qu'est-ce qu'il doit faire, Emmanuel Macron, pour faire la différence dans ces 15 jours qui nous séparent du second tour
?
À lui, dont on a reproché d'être entré tardivement dans la campagne, de ne pas avoir fait campagne, d'avoir refusé les débats
?
Croyez-moi, je pense qu
'il
piaffe de faire campagne.
Et
il sera sur le terrain, il le sera dès aujourd'hui. Il a envie de retrouver les Français, j'en suis convaincu. Il a envie de faire campagne très librement dans cette entre-deux-tours où il y
a
une nouvelle histoire qui s'écrit. Il sera auprès des Français, près des Français, sur le terrain, dans toutes les journées qui vont s'ouvrir à partir de maintenant.
Elles sont où ces réserves de voix
? Les
réserves de voix, elles sont dans
l
'âme collective française.
C'est joliment dit, mais ça veut dire quoi ? Non, mais ce n
'est pas joliment dit, c'est ce que je pense. Les réserves de voix, elles ne sont pas dans un parti ou dans un autre.
Elles
ne
sont
pas dans la droite ou dans la gauche qui ont disparu. Droite et gauche ne veulent plus rien dire aux Français. Tous ceux qui emploient encore ces termes n'ont pas compris que ça ne répondait pas aux grands enjeux du moment. Mais il y a une âme collective française qui croit encore dans le destin de la France, qui pense qu'être uni, c'est mieux qu'être divisé. Être avec les autres Européens, c'est mieux que d'être contre eux. Bruno
Le Maire, le paysage politique aujourd'hui, c
'est
mieux pour la
France.
Et
c'est à cette âme collective que j'en appelle, parce que c'est elle qui permettra à Emmanuel Macron et à la majorité de gagner.
Aujourd'hui, le paysage politique, c'est trois blocs. C'est Emmanuel Macron, mais c'est aussi un bloc à l'extrême droite et un bloc à l'extrême gauche avec Marine Le Pen et avec Jean-Luc Mélenchon.
C'est la preuve que la recomposition politique qu'avait lancée Emmanuel Macron en 2017 est allée jusqu'au bout et qu'elle se réalise. Aujourd'hui, elle se concrétise. Mais s'il y a une main qu'il faut tendre aujourd'hui, c'est la main vers tous ceux qui, aujourd'hui, en France,
n
'arrivent pas à boucler leur fin de mois. Sont inquiets pour leur avenir. Dissent, vous êtes bien sympathiques, mais moi, je n'arrive pas à m'en sortir avec mon salaire. Pour leur dire, ces voix ont été entendues. Que nous avons essayé de faire le mieux possible, notamment pendant la crise, pour protéger. Quand il y
a
eu la crise du Covid, on a protégé. On a financé nous-mêmes les salaires. On a essayé de protéger le mieux
possible contre la flambée des prix de l'essence,
des prix de l'essence, de l'électricité et du gaz. Est
-ce que la légitimité d
'Emmanuel Macron est posée
?
Plafonnez les prix d'électricité. Nous avons essayé d'apporter une réponse sur les prix du carburant. Donc, je veux dire à toutes ces catégories de Français qui sont inquiets pour leur avenir, parfois révoltés, parfois en colère, nous vous avons entendus et nous continuerons à vous soutenir.
Si vous gagnez,
est
-ce que la légitimité d'Emmanuel Macron est posée ou pas
? Je
ne comprends même pas cette question. Ben si. Mais non, je ne la comprends
pas. Si, vous la comprenez
très bien. Non,
je ne la comprends pas et je ne l'admets pas. Pourquoi ?
Parce
que quand les Français ont voté
et
qu
'ils
se sont prononcés pour un candidat ou pour une candidate, le peuple souverain a décidé et celui qui est élu est légitime.
Bruno Le Maire, qu'a voulu dire Emmanuel Macron hier soir quand il explique « Je suis prêt à inventer quelque chose de nouveau pour rassembler toutes les sensibilités ». Est-ce que ça veut dire qu'un nouveau parti
va
être créé avec qui ?
Oui,
ça veut dire qu'il faut une majorité présidentielle.
Pas
de coalition,
pas
de rassemblement
de briquet de
broc. Non, en tout cas, je vous dis moi, conviction personnelle, je pense que nous n'avons pas intérêt à avoir une majorité façon puzzle avec des petits morceaux qui essaient de s'ajuster en permanence parce que c'est une perte de temps.
Et qu'on
voit
bien dans la situation politique actuelle où il faut rassembler le plus largement possible, s'ouvrir, répondre aux préoccupations de Français qui ne s'en sortent pas et y répondent concrètement qu'on a mieux à faire que de passer 5 ans à essayer de rafistoler les morceaux du pesote de la majorité. Donc il faut, à mon sens, une majorité présidentielle autour d'un parti présidentiel organisé autour des
grands éléments de
projet.
Ça existe déjà. Il y a déjà En Marche et puis avec une quirielle de partis autour. Vous
le dites vous-même, il y
a
une quirielle de partis autour. Je souhaite qu'il y ait un parti présidentiel uni, rassemblé autour de propositions plutôt que de rassembler autour de sensibilité. Les propositions fortes, structurantes, le travail, la maîtrise des finances publiques, la construction européenne, le climat. Voilà ce qui peut structurer une majorité. Après, chacun peut mettre l'accent sur un point ou sur un autre, mais vous avez deux options possibles. Celle du puzzle et du retour à la 4ème République, j'y suis opposé. Celle du rassemblement autour d'un projet et du président de la République qui donne une force pour gouverner pendant 5 ans, j'y suis favorable.
Donc dans un même
parti
?
Dans un parti qui est un parti présidentiel.
Oui,
dans un seul et même parti.
Inventer quelque chose de nouveau, ça peut aussi être de nouvelles propositions
? Mais
il faudra de toute façon de nouvelles propositions.
Il
faut écouter.
Mais
de quoi ? Il faut écouter ce qui a pu être dit par les Français pendant cette élection. Il y a eu des inquiétudes, par exemple, des retraités qui s'est manifesté légitimement pendant la campagne. Ils ont dit, mais écoutez, vous avez vu l'inflation ? Plus de 4%. C'est vrai que vous nous avez protégés.
L'inflation en France, c'est l'indexation des petites retraites sur l'inflation. Elle est moitié moins forte
qu'en Espagne. Je tiens à rappeler que nous avons protégé. Mais les retraités nous disent, moi, ma pension de retraite, elle n'augmente pas quand les prix augmentent. Qu
'est
-ce que vous faites ? Nous les avons entendus. Emmanuel Macron a dit que nous indexerions les pensions de retraite dès cet été sur l'inflation. Peut-être qu'il y a d'autres éléments qu'il va falloir entendre une fois encore de la part des Français les plus fragiles, les plus modestes, qui ne s'en sortent pas.
C'est une forme de méa
compas, ça ?
C'est de la reconnaissance qu'il
y a
des choses à entendre dans une élection. Et ce qu'il faut le plus entendre, c'est ceux qui sont le plus en difficulté, c'est ceux qui n'arrivent pas à boucler leur fin de mois, c'est ceux qui trouvent encore que leur travail ne paye pas suffisamment malgré les efforts que nous avons faits. Il faut les écouter, les respecter et faire droit à leur demande.
Vous avez évoqué tout à l'heure votre ancien parti Les Républicains, Valérie Pécresse sous la barre des 5%. L'LR est mort pour vous
?
La droite, la gauche, Les Républicains, le parti socialiste, tout ça a disparu, bien sûr, parce que les vraies questions ne sont pas celles-là. Les vraies questions, c'est comment est-ce que vous faites pour lutter contre l'achauvement climatique ? Comment est-ce que vous faites ? Qu'est-ce que vous allez faire de plus ? Comment est
-ce
que vous faites pour que ceux qui travaillent et qui ne s'en sortent pas travaillent et s'en sortent ? Comment est-ce que vous faites pour que la construction européenne nous protège et ne nous expose pas ? Voilà les vraies questions. Et moi,
je
vais vous dire, droite, gauche, ça n'apporte aucune réponse
aux
questions que se posent les Français.
Bruno Le Maire, Nicolas Sarkozy, est-ce qu'il serait important qu'il apporte son soutien à Emmanuel Macron ?
Tout soutien est le bienvenu.
Nicolas Sarkozy, vous y comptez ? Tout soutien.
Vous comptez vraiment
sur lui
?
Je pense m'être exprimé clairement sur ce qui peut faire gagner Emmanuel Macron et ce pourquoi je plaide. Je vous parle de l'âme française, j'y crois profondément.
Mais qu'est-ce qu'il peut apporter, Nicolas Sarkozy ? Au
fond d'elle-même, une ambition qu'il faut arriver à saisir, à réveiller, à comprendre, que tous ceux qui se reconnaissent de cette ambition autour du président de
la
République nous soutiennent, tant mieux. Mais il ne s'agit pas de faire des débauchages individuels ou des soutiens individuels. Nicolas Sarkozy est un ancien président de
la
République. Il a une voix particulière dans le débat public. Ce n'est certainement pas à moi de lui dicter son comportement. Je veux simplement qu
'on
pose bien devant les Français l'alternative qui se joue dans quelques jours. Une France rétrécie. qui a peur, qui perd son esprit de conquête,
c
'est celle de Marine Le Pen. Une France qui tourne le dos à ses partenaires européens, c'est celle de Marine Le Pen. Une France qui fait des propositions qui ne sont pas financées
et
qui vont finalement appauvrir les catégories populaires, c'est la France de Marine Le Pen. Et la France que nous proposons, que j'ai suffisamment décrite, celle du travail, du rétablissement de nos finances, de la construction européenne et de l'engagement pour le climat.
Si Emmanuel Macron devait l'emporter, vous vous rempilez à Bercy au ministère de l'Économie
? Je
pense
que
mon sort personnel n'a aucune.
C'est une
question sur
votre avenir. C
'est
une question
tout à fait légitime, mais elle n'a aucune espèce d'importance.
Merci beaucoup Bruno Le Pen.
Bruno Le Maire