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Podcast / conversationC dans l'air (sur YouTube)· 3 mai 2024 11 minComplaisantPortrait personnelEurope & internationalEnvironnement & énergieSécurité

Stéphane Faure - Dans la tête des jeunes européens #cdanslair l'invité du 02.05.2024

Source d'origine 3 locuteurs

Transcription Whisper (large-v3), avec identification des locuteurs. À recouper avec la source d'origine.

Analyse automatique

Générée par IA — peut contenir des erreurs. Méthodologie

Chapitres

Répartition du ton (temps de parole politique)

Propositif 90 %Attaque 5 %Défensif 5 %

Questions et réponses

Taux de réponse directe : 96 % (directe = 1, partielle = 0,5, éludée = 0)

  • 0:13OuverteRéponse directe

    Pourquoi vous êtes lancé ce double défi : 4000 km à vélo et aller à la rencontre de la jeunesse européenne ?

  • 1:21OuverteRéponse directe

    Vous considérez qu'il y a une génération qui est en train de se construire, la génération guerre en Ukraine ?

  • 1:42OuverteRéponse directe

    Est-ce que vous avez trouvé un point commun entre la jeunesse polonaise, française, ukrainienne ?

  • 2:30OuverteRéponse partielle

    Est-ce que vous avez rencontré aussi une autre forme de jeunesse, celle qui fait le salut fasciste dans les rues de Milan ?

  • 4:11OuverteRéponse directe

    Vous écrivez que vous entrez pour la première fois dans un pays en guerre. Comment est-ce que vous décrivez cette rencontre ?

  • 5:35OuverteRéponse directe

    Qu'est-ce qu'ils vous disent de vous ? Qu'est-ce qu'ils voient en vous ?

Affirmations vérifiables (citations exactes)

  • 0:41InvitéFait
    « Je suis né en janvier 90 et j'ai eu l'immense privilège de grandir dans une Europe en paix. »
  • 0:48InvitéFait
    « Le 24 février 2022, quand j'ai vu les troupes de Poutine partir à l'assaut de l'Ukraine, j'ai ressenti un énorme choc. »
  • 2:08InvitéFait
    « Donnez-moi trois mots, trois valeurs pour définir votre société idéale. »
  • 2:12InvitéFait
    « Ce qui ressortait en permanence, c'était liberté, égalité, solidarité, tolérance, ouverture, paix. »
  • 3:24InvitéChiffre
    « Quand on regarde les enquêtes d'opinion, qu'on additionne les voix pour les listes de gauche et les listes centristes, on s'aperçoit qu'au final, la jeunesse est majoritairement plus à gauche et plus centriste qu'elle n'est pro-Rassemblement national. »
  • 5:51InvitéFait
    « We need more weapons. On a besoin de plus d'armes. »
  • 7:42InvitéFait
    « Il y a une colère aujourd'hui chez les jeunes. Puis, parce qu'il y a les reports du GIEC qui s'accumulent, qui sont tous plus alarmistes les uns que les autres. »
  • 10:01InvitéFait
    « La jeunesse britannique, pro-européenne, majoritairement, ne s'est pas mobilisée. Résultat, ce sont les retraités qui ont voté pour quitter l'Union européenne. »

Temps de parole

  • Invité60 %
  • Présentateur40 %

3,7 interruptions / 10 min (chevauchements et interjections détectés).

Modèle mistral-small-latest · prompt v1· les citations sont vérifiées mot pour mot dans le transcript ; le taux de réponse directe est calculé à partir des verdicts question par question. Aucun label idéologique n'est produit.

0:08
Présentateur

à toutes et à tous. Bienvenue dans C'est dans l'air. Je reçois ce soir Stéphane Faure. Bonsoir. Bonsoir. Alors vous êtes journaliste et vous publiez 4000 kilomètres. C'est publié chez Grasset. Vous êtes parti en Europe à vélo à la rencontre de la jeunesse européenne. Et là, évidemment, la première question se dit pourquoi vous êtes lancé ce double défi. Déjà 4000 kilomètres à vélo en Europe, c'est une chose. Et en plus, ensuite, pour aller faire parler de la jeunesse européenne. Pourquoi ? Parce que moi, en fait, je suis

0:34
Invité

un enfant des lendemains du mur. Je suis né en janvier 90 et j'ai eu l'immense privilège de grandir dans une Europe en paix. Et le 24 février 2022, quand j'ai vu les troupes de Poutine partir à l'assaut de l'Ukraine, j'ai ressenti un énorme choc, comme je pense énormément d'Européens et de jeunes Européens. Et donc, j'ai eu le sentiment que l'Europe était un moment un peu charnière de son histoire entre l'attaque russe, le désengagement américain qui est de plus en plus marqué et peut-être encore plus si Trump est réélu en novembre.

Et donc, moi, j'ai voulu aller prendre le pouls de la génération qui vient de la jeunesse en lui posant une question, à savoir à quoi est-ce qu'on peut rêver quand on est jeune en Europe ?

1:21
Présentateur

Vous considérez qu'il y a une génération qui est en train de se construire, qui est la génération de février 2022, la génération guerre en Ukraine ?

1:29
Invité

Je pense que ça a été un vrai choc. Pour les jeunes, clairement, ça a été un vrai choc. Mais ce n'est pas le seul sujet qui est la structure.

1:37
Présentateur

Vous abordez aussi la question du climat. On va y venir. Juste avant de rentrer dans le détail de vos rencontres, est-ce que vous avez trouvé un point commun entre la jeunesse polonaise, la jeunesse française, la jeunesse de Kiev ? Est-ce qu'il y a un fil entre tout ça ? Est-ce qu'il y a une jeunesse européenne, en fait ? Ou est-ce que c'est une blague de considérer qu'il n'y a qu'une seule jeunesse ?

2:00
Invité

Non, non, non. Il y a une jeunesse européenne. Il y a une jeunesse européenne et, en fait, on le retrouve au niveau des valeurs. Moi, il y a une question que j'ai posée à chaque fois que j'ai rencontré des jeunes. C'était « Donnez-moi trois mots, trois valeurs pour définir votre société idéale ». Et ce qui ressortait en permanence, c'était liberté, égalité, solidarité, tolérance, ouverture, paix. Et ça, je trouve que c'est extrêmement structurant pour cette jeunesse.

2:25
Présentateur

Est-ce que vous avez rencontré aussi une autre forme de jeunesse, celle qui parfois fait le salut fasciste dans les rues de Milan, celle qui défend des valeurs conservatrices, celle qui vote majoritairement, si on ne parle que de la France, pour un parti comme le Rassemblement national, puisque la jeunesse française choisit d'abord le Rassemblement national. Est-ce que vous l'avez rencontrée aussi, cette jeunesse-là ? Vous l'avez écoutée ?

2:50
Invité

Alors, moi, je n'ai pas eu la chance de la rencontrer parce que mon voyage était dicté par l'inattendu, par la surprise.

2:59
Présentateur

Vous n'êtes pas allé les chercher ?

3:00
Invité

Non, je ne suis pas allé les chercher, mais je ne suis allé chercher personne. Je suis allé au hasard des routes, au hasard de l'aventure. Et donc, je n'ai pas eu la chance, parce que j'aurais bien aimé, la rencontrer. Ce sera pour le prochain livre. Mais juste là-dessus, moi, je me méfierais des illusions d'optique. Aujourd'hui, certes, le Rassemblement national est, soi-disant, le premier parti chez les jeunes. Mais quand on regarde les enquêtes d'opinion, qu'on additionne les voix pour les listes de gauche et les listes centristes, on s'aperçoit qu'au final, la jeunesse est majoritairement plus à gauche et plus centriste qu'elle n'est pro-Rassemblement national.

3:39
Présentateur

Vous feriez attention sur un mouvement d'une forme de conservatisme en Europe de cette jeunesse-là. Vous n'y croyez pas, en fait. C'est ça que vous nous dites ?

3:47
Invité

Non, je pense que ça existe. Et ça existe parce qu'aujourd'hui, l'Europe doute. L'Europe, on le voit, elle décroche économiquement, géopolitiquement depuis 20 ans. Et ça crée forcément des peurs, des frustrations. Mais il y a aussi une Europe qui espère. Et moi, c'est ce que...

4:05
Présentateur

Et vous êtes de ce côté-là, vous êtes de cette Europe qui espère, de cette Europe qui veut qu'on parle du climat, etc. Commençons par Kev.

4:11
Locuteur non identifié

Oui.

4:11
Présentateur

Forcément. Vous écrivez, en cet instant et pour la première fois de ma vie, j'entre par un brumeux matin de printemps dans un pays en guerre. Ça, c'est celui de la jeunesse de l'après-Berlin qui, du coup, redécouvre les affres de la guerre.

4:28
Invité

Oui, le tragique de l'histoire. En fait, moi, je pensais que jamais de ma vie, je verrais la guerre de nouveau sur le continent européen. Je ne suis pas le seul. Tous mes amis... Enfin, c'est pour ça que tout à l'heure, je parlais de choc pour cette jeunesse, pour notre jeunesse. Et donc, ouais, moi, je... Je débarque en Ukraine et là...

4:49
Présentateur

Et vous rencontrez une jeunesse qui est prête à se battre. Oui. Et qui vous dit « Je suis prête à prendre les armes pour défendre mon pays ».

4:54
Invité

Oui, et puis qui le fait. Et qui le fait, bien sûr. J'ai rencontré un soldat... Maria et Olexi. Oui, exactement. Et ça, c'était une rencontre hyper marquante. C'était dans un café du centre de Kiev. Et c'était... Ouais, voilà, on les voit à l'écran, tout à fait. Et donc là, il y a écrit « Esprit indomptable » sur son torse à lui. Et avec eux, en fait, c'est hyper fort parce qu'on tutoie le tragique de l'histoire. On voit une jeunesse qui est prête à mourir pour vivre ses rêves de liberté, de démocratie. En fait, son rêve européen, quoi. Eux, ils n'ont qu'une envie, c'est de s'arrimer à l'Europe définitivement.

Parce qu'ils savent très bien pourquoi ils se battent et contre quoi ils se battent.

5:35
Présentateur

Et comment est-ce qu'ils vous voient ? Vous les rencontrez, vous les faites parler, mais qu'est-ce qu'ils vous disent de vous ? Qu'est-ce qu'ils voient en vous ?

5:42
Invité

En moi, ils voient un messager, je pense. Ah oui ? Ouais, ouais, ouais. Et d'ailleurs, je leur transcris dans mon livre, ils me disent... Ils finissent à chaque fois leur tirade par « We need more weapons ». On a besoin de plus d'armes. Parce que lui, il me le dit, moi, j'ai mon mortier, il est fait de briquet de broc. On ne peut pas lutter à armes égales, on ne peut pas défendre cette civilisation politique qui nous tient tant à cœur et pour laquelle on se bat et qu'on aimerait rejoindre. On ne peut pas le faire si on n'a pas d'armes.

6:14
Présentateur

En Pologne, allez, en Pologne, vous rencontrez Pauline. Pour les jeunes comme moi, il est clair que l'Europe protège nos derniers droits. Sans ça, on ressemblerait à la Russie. Mais combien de temps la digue va-t-elle résister ? Vous rencontrez une jeunesse qui a des espoirs, qui défend son territoire et une jeunesse qui a des peurs, en particulier dans cette région-là de l'Europe, notamment en Pologne, qui a peur du voisin russe.

6:37
Invité

Oui, tout à fait. Quand on a vécu 40 ans sous la domination soviétique, alors pas les jeunes...

6:42
Présentateur

Ça, vous le racontez, c'est intéressant. Vous racontez comment cette jeunesse-là vit avec les traumas du passé.

6:46
Invité

Oui, parce que c'est consciencieusement transmis par les grands-parents, par les parents qui ont vécu cette domination, cette peur de la surveillance, du totalitarisme, le fait de ne pas pouvoir penser librement. Et ça, en fait, c'est une réalité extrêmement concrète pour eux. Et ils savent très bien que si l'Ukraine perd cette guerre, eux, ils sont les prochains.

7:09
Présentateur

Vous allez dans la Hongrie de Orban. Et il y a un sujet qui émerge et que vous portez, vous, très personnellement, c'est le sujet de la lutte contre le réchauffement climatique. Je crois que je dois amettre... Oui, j'ai constaté de la résignation. Auprès de qui vous avez constaté de la résignation ? Auprès... De ceux qui défendent la lutte contre le réchauffement climatique et qui ne se sentent pas soutenus ?

7:35
Invité

Oui, c'est vrai qu'il y a une colère aujourd'hui chez les jeunes. Puis, parce qu'il y a les reports du GIEC qui s'accumulent, qui sont tous plus alarmistes les uns que les autres. Et au final, rien n'est vraiment fait pour couper notre dépendance aux énergies fossiles. Et on voit que... Bah... Ouais, il n'y a pas vraiment de... Enfin, oui, rien n'est fait. Voilà.

8:00
Présentateur

Voilà, c'est ça. Et vous dites, vous rencontrez en Pologne Léna, Maria, Jagoda, 15 ans, qui ont monté un groupe d'action dans leur lycée pour mobiliser, manifester, pour rendre l'air plus respirable et l'avenir plus désirable. Vous citez Margaret Mead qui dit cette phrase à laquelle vous croyez un petit groupe de citoyens engagés, réfléchis, capables de changer le monde. En réalité, c'est toujours ce qui s'est passé. Résigné, mais en même temps, vous y croyez encore ?

8:22
Invité

Bien sûr. Hein ? Bien sûr. Mais justement, cette phrase, elle est magnifique. Et ces jeunes ados polonaises, elles sont extraordinaires parce qu'elles ont 15 ans et elles militent déjà. Et je pense qu'elles nous rappellent que rien n'est perdu.

8:33
Présentateur

C'est quoi le rêve européen ?

8:35
Invité

Le rêve européen, c'est quelque chose, pour moi, c'est la force des liens et qui s'incarne collectivement dans nos modèles d'état-providence. On n'est pas du tout dans la quête individualiste de la liberté à l'américaine, sa glorification de l'argent, de la propriété privée. Nous, ce qu'on propose en Europe, c'est une façon d'être au monde. On est fiers de nos héritages, on est conscients de nos tragédies et on est riches de nos alliances. Et ça, moi, je l'ai retrouvé encore une fois dans la question que je posais aux jeunes. Je vous l'ai dit, les valeurs qui ressortaient à chaque fois, c'était la liberté. C'est ça qu'on partage. Et c'est ça, en fait, le rêve européen.

9:11
Présentateur

Et pourquoi, à votre avis, ils ne sont pas prêts à se mobiliser pour les défendre dans les urnes, ces valeurs-là ? En tout cas, là, ce ne sont que des enquêtes, mais 44% des électeurs prévoient de voter aux élections européennes. En 2019, à peine un inscrit sur deux avait voté. En 2014, à peine 43% des inscrits avaient voté. Donc, ça, c'est l'ensemble de la population. Mais on sait que les jeunes, traditionnellement, ne votent pas beaucoup et encore moins pour ces élections-là. Vous en avez parlé avec eux ?

9:40
Invité

Alors, moi, c'était il y a un an que j'ai fait ce voyage. Donc, les élections européennes, c'était un peu distant. Déjà, elles sont pour beaucoup de jeunes aujourd'hui.

9:47
Présentateur

Je rappelle que c'est début juin.

9:48
Invité

Voilà, le 9 juin. Donc, surtout, on va voter. Mais moi, je pense que le message de tout ça, c'est que la jeunesse, elle a le choix. Elle a le choix. C'est elle qui fait basculer les élections. On l'a vu pour le Brexit. La jeunesse britannique, pro-européenne, majoritairement, ne s'est pas mobilisée. Résultat, ce sont les retraités qui ont voté pour quitter l'Union européenne. Un avenir capturé. Et en Pologne, à l'inverse, à l'automne dernier, 70% de mobilisation chez les jeunes. Ils font basculer l'élection. Ils virent les nationaux populistes du Parti droit et justice. Et ils mettent une coalition pro-européenne au pouvoir.

10:23
Présentateur

Donc, vous dites aux jeunes d'aller voter pour prendre en main votre destin. Oui, bien sûr. Il y a plein de choses que vous leur dites et que vous racontez dans ce livre. Je rappelle ce titre, 4000 kilomètres périple à vélo. D'ailleurs, à vélo, 4000 kilomètres, ça va ?

10:35
Invité

Ça va, ça va. J'ai un peu mal au genou.

10:39
Présentateur

Bon. À la rencontre de la jeunesse européenne, c'est chez Grasset. Merci beaucoup, Stéphane Ford, d'être venu sur ce plateau. On continue de parler de la jeunesse, celle qui se mobilise dans les campus américains et dans les facultés françaises. A tout de suite. Merci.

10:49
Locuteur

Merci. Merci. Merci. Merci.

Stéphane Faure - Dans la tête des jeunes européens #cdanslair l'invité du 02.05.2024 · Pourquijevote