LA GAUCHE S'EFFRITE, ZEMMOUR PIÉTINE, LE PEN REMONTE
Transcription youtube_captions. À recouper avec la source d'origine.
Macron qui assume ses déclarations, Christiane Taubira qui participe à la Primaire populaire, Valérie Pécresse qui se prend pour Sarkozy, Éric Zemmour qui n’a pas ses signatures et Marine Le Pen qui regagne du terrain. C’est le sommaire de la Guerre du trône numéro 10. Non, il ne regrette rien.
Tout au contraire, Emmanuel Macron persiste et signe. C’était vendredi à l’occasion d’une conférence de presse commune avec Ursula von der Leyen, à l’occasion de la présidence française du conseil de l’Union européenne. On peut d’émouvoir sur des formes d’expressions qui paraissent familières, que j’assume totalement.
Moi je m’émeus de la situation dans laquelle nous sommes. La vraie fracture du pays est là. Quand certains font de leur liberté qui devient une irresponsabilité un slogan, non seulement ils mettent en danger la vie des autres, mais ils restreignent la liberté des autres.
Et ça, je ne peux pas l’accepter. Si, samedi, le mouvement contre le passe sanitaire devenu vaccinal a repris des couleurs, il n’a pas cependant retrouvé l’ampleur des manifestations de l’été dernier. Quant aux sondages, ceux-ci n’enregistrent pas de variation qui serait imputable à la volonté du chef de l’État d’emmerder les non-vaccinés.
Un sondage Ipsos réalisé les 5 et 6 janvier, au lendemain donc de ses déclarations, montre que le chef de l’État se maintient. Bref, dans cette séquence, Emmanuel Macron n’a, pour l’instant, ni perdu, ni gagné. Dimanche, Christiane Taubira a fait un pas supplémentaire vers sa candidature à l’Élysée.
À Bondy, en Seine-Saint Denis, l’ancienne Garde des Sceaux de François Hollande a annoncé qu’elle se ralliait à la Primaire populaire, cette consultation qui prétend désigner un candidat unique de la gauche. J’annonce que j’accepte les règles de la Primaire populaire. Puisque nous voulons gouverner ensemble, puisque nous savons que nous sommes capables de gouverner ensemble, acceptons l’augure de la Primaire populaire.
J’invite donc les candidates et les candidats de gauche, écologie comprise, à en faire autant. Christiane Taubira a toutes ses chances, puisqu’elle est la seule personnalité politique de premier plan à avoir accepté de se soumettre à cette consultation. Au point d’ailleurs, qu’on peut se demander si la consultation en question n’a pas été envisagée pour propulser sa candidature.
Vendredi, histoire d’accentuer la pression, l’eurodéputé Pierre Larrouturou, candidat lui aussi à la Primaire populaire, et onze militants anticlimat ont entamé une grève de la faim. Objectif : contraindre les candidats de gauche à accepter le cadre de la Primaire populaire. Pierre Larrouturou est coutumier de ce type d’action.
En 2020, il avait mené une grève de la faim pour demander “une vraie taxe sur les transactions financières”. En 2013, il avait observé une grève de la faim de quatre jours devant l’Assemblée nationale pour alerter les élus sur “la gravité de la crise sociale et économique”. Quoi qu’il en soit, la presque candidature de Christiane Taubira n’enthousiasme pas Anne Hidalgo.
Jean-Pierre Elkabbach, je suis candidate, si elle est candidate elle ira avec je ne sais quelle force politique et je ne sais quel programme ou projet, mais ça ne retire rien au fait que ce sera une candidature de plus et pas une de moins. Donc moi je suis candidate, soyons très clairs. Il y a quelques semaines, pourtant, la maire de Paris plaidait pour une primaire de la gauche.
Mais elle espérait bien, alors, que celle-ci l’opposerait à Yannick Jadot. Et qu’elle pourrait ainsi prendre la tête d’un bloc capable de passer devant Jean-Luc Mélenchon. Mais Jadot n’entend pas replonger dans une primaire.
Du coup, la semaine dernière, Hidalgo a remis sa proposition dans sa poche. Mais cette primaire n’a de sens que si Yannick Jadot y vient. Il vous a dit non ?
Il a dit non, j’ai entendu, je lui redis aujourd'hui que c’est sans doute ce qui peut créer de l’espoir. Elle l’a redit, mais en vain. Vendredi, Yannick Jadot a mis les points sur les i.
Quand c’est non, c’est non. Les Françaises et les Français adorent les idées. Ils adorent le débat d’idées.
Ils se foutent un peu plus des questions de personnes. Et ils ont raison. Ce que nous voulons faire, c’est justement porter des idées.
Ce que nous voulons faire, ce n’est pas sauver telle formation politique, ce n’est pas organiser le temple solaire du sacrifice collectif ou du suicide collectif. Ce que nous voulons faire, c’est gagner cette élection présidentielle. Le temple solaire du sacrifice collectif… L’expression est heureuse.
Car le raisonnement des tenants de la Primaire populaire reste purement arithmétique. En politique, les voix ne s’additionnent pas forcément. Rien ne dit que les électeurs d’Anne Hidalgo voteraient pour Jean-Luc Mélenchon, par exemple.
Et l’inverse est vrai. Bien malin, encore, serait celui qui pourrait dire si les électeurs de Yannick Jadot préfèreraient Mélenchon à Macron. Et les communistes ?
Voteraient-ils pour Hidalgo ? Pour Jadot ? Cette initiative fait l’impasse sur les différences de programmes.
C’est une gauche de la morale et des grands mots. Elle voudrait ainsi rassembler ceux qui maniaient la matraque pendant les manifestations contre la loi travail et ceux qui se faisaient matraquer. Il ne faut pas pousser grand-mère dans les orties.
Si François Hollande n’a pas pu se représenter, c’est bien parce qu’une partie de la gauche ne veut plus entendre parler de l’autre partie. Et puis, surtout, cette affaire de primaire vient trop tard. C’est trop tard, parce qu’il faudrait non seulement que vous désigniez quelqu’un, puis qu’on s’accorde sur un programme, qui ne fait pas de bruit qui ne fâche personne à l’intérieur de la coalition.
Et bah, allez après convaincre les gens qu’il faut se mobiliser pour nous, en disant : “Ah tiens, la bonne nouvelle c’est que je reviens avec mon petit collier de perles avec écrit dessus tous les logos des partis.” Les gens n’y croient pas. La vraie primaire de la gauche, c’est le premier tour.
Et pour l’instant, il n’y en a que deux qui peuvent prétendre le franchir : Mélenchon et Jadot. Anne Hidalgo, Fabien Roussel et les autres devraient se faire une raison. À droite, Valérie Pécresse n’en finit pas de donner des gages à Éric Ciotti et à l’aile droite des Républicains.
Pour l’occasion, la présidente de la région Ile-de-France n’hésite pas à mettre ses pas dans ceux de Nicolas Sarkozy. Il faut ressortir le karcher, il a été remisé à la cave par François Hollande et Emmanuel Macron depuis dix ans. Aujourd’hui, il est temps de nettoyer les quartiers.
Mais apparemment, cette inflexion droitière n’a pas suffi à retenir Guillaume Peltier, l’ancien vice-président des LR, rétrogradé pour avoir affiché ses sympathies pour Zemmour. J’ai pris la décision de soutenir le seul candidat de la droite, le seul candidat fidèle aux valeurs du RPR, le seul candidat capable de battre Emmanuel Macron, parce que capable de rassembler tous les électeurs de droite. Le seul candidat fondamentalement courageux et lucide sur l’état de la société française.
J’ai décidé de soutenir Eric Zemmour. Déclaration qui a entraîné une réaction immédiate de Christian Jacob, le président des Républicains. “Guillaume Peltier fait un retour aux sources en rejoignant Éric Zemmour.
Par cette décision, il est de fait exclu de notre famille politique.” Si Christian Jacob parle de retour aux sources, c’est parce que Guillaume Peltier a commencé sa carrière militante au Front national de la jeunesse. Il a ensuite rejoint Bruno Mégret puis Philippe de Villiers, pour finalement atterrir chez les Républicains.
On serait Zemmour, on se méfierait… Du côté d’Éric Zemmour, justement, ça ne va pas très bien. Le polémiste peine à recueillir les parrainages nécessaires à sa candidature. Il s’en est ouvert chez Cyril Hanouna : Avec Reconquête, nous représentons aujourd’hui des millions de Français sur tout le territoire, dans chaque département.
Je demande aux Français qui regardent votre émission : Trouvez-vous normal qu’un candidat crédité à près de 15% dans les sondages, représentant des millions de Français, ne puisse finalement pas se présenter parce qu’il lui manquerait 500 signatures ? Le même jour, Europe 1 affirmait que Les Républicains aidaient Zemmour à trouver des parrainages. On comprend pourquoi.
Si Zemmour se présente, il prend des voix à Marine Le Pen. Du coup, Valérie Pécresse augmente ses chances d’accéder au second tour. Marine Le Pen a aussitôt réagi : J’imaginais bien que si Valérie Pécresse donne des parrainages à Eric Zemmour, c’est au bénéfice de Valérie Pécresse.
En réalité, l’espérance d’Eric Zemmour semble-t-il n’est pas tant d’être au second tour mais que Valérie Pécresse y soit. Hier soir, Geoffroy Didier, le directeur de la communication de Valérie Pécresse, annonçait que les maires qui parraineront Éric Zemmour s’excluront des Républicains. On attend de voir… La candidate du Rassemblement national a repris l’initiative.
Elle a réussi à ramener au bercail une partie de ceux qui lorgnaient vers Zemmour. Comme Robert Ménard, le maire de Béziers. Oui je te soutiens, j’apporterai, je signerai, je te l’ai dit je ne vais pas changer d’avis évidemment, mon parrainage.
Je dis à un certain nombre de mes maires amis de faire la même chose parce qu’on a besoin d’entendre ta voix, on a besoin d’entendre ta voix, et ce que tu incarnes aujourd’hui mieux que tu ne l’as jamais incarné, mieux que tu ne l’as jamais incarné, tu incarnes cet espoir que moi j’ai comme élu local, d’avoir quelqu’un à Paris qui nous écoute, qui nous entende. Ce déplacement à Béziers a également été l’occasion pour Marine Le Pen de réaffirmer sa stratégie : l’union nationale. Par opposition, bien sûr, à l’union des droites prônée par Éric Zemmour.
Dans un pays aussi divers que la France, le challenge c’est justement celui-là, c’est d’arriver à trouver quels sont les éléments essentiels qui permettent de constituer demain un gouvernement d’union nationale. Je pense être aujourd’hui, et en capacité, et je viens vous dire que j’ai la ferme volonté de mettre en place cette union nationale. Derrière cette union nationale, il y a clairement une volonté de rassemblement au second tour.
Marine Le Pen a appris de son échec en 2017. Pour l’emporter contre Emmanuel Macron, ou un autre, il lui faudra s’ouvrir à d’autres forces. Raison de plus pour commencer à leur tendre la main dès aujourd’hui.
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Valérie Pécresse