Julien Odoul : "Nos dirigeants ne défendent pas les intérêts de la France !" (LCI)
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Chapitres
Répartition du ton (temps de parole politique)
Propositif 15 %Attaque 65 %Défensif 20 %
Questions et réponses
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- 1:30OuverteRéponse directe
Est-ce que c'est la soumission de l'Europe aux États-Unis ou la soumission des 27 ?
- 5:32OuverteRéponse directe
Une victoire politique pour Donald Trump ?
- 12:50OuverteRéponse directe
Est-ce que vous êtes d'accord pour un retour du texte devant le Parlement ?
- 21:32OuverteRéponse partielle
Qu'est-ce que vous auriez fait pour convaincre Donald Trump de ne pas imposer les produits européens de 15% ?
Affirmations vérifiables (citations exactes)
- 0:17Invité politiqueFait
« qui ont vendu au peuple français, le fait que la mondialisation allait être formidable et le fait que l'Union Européenne allait renforcer et défendre nos intérêts. »
- 0:25Invité politiqueFait
« Ce n'est pas un accord, c'est une capitulation. »
- 1:02Invité politiqueFait
« Sanofi et LVMH, industrie évidemment, société française, allaient payer la facture pour BMW, BMW et Volkswagen. »
- 3:00Invité politiqueChiffre
« Thierry Breton l'a dit avec beaucoup de réalité. Vous avez à la fois les 15% de droits et le déclin, la baisse, la perte de valeur du dollar »
- 10:27Invité politiqueChiffre
« 15% en moyenne pour les produits européens et donc français qui sont exportés vers les États-Unis. C'était 4,8% avant l'arrivée de Donald Trump. »
- 13:20Invité politiqueFait
« qui n'ont jamais défendu nos intérêts économiques et stratégiques, qui n'ont jamais engagé le bras de fer, et surtout qui ont confié à d'autres le soin d'organiser la vie économique, l'avenir de notre industrie, de notre agriculture »
- 14:10Invité politiqueFait
« Les Allemands, encore une fois, ont mieux négocié pour défendre leurs voitures de luxe plutôt que nous, et ont sacrifié nos agriculteurs pour vendre davantage de Mercedes et de BMW. »
- 15:17Invité politiqueFait
« L'erreur, c'est de ne pas avoir pris Donald Trump au sérieux. Il avait vraiment une mission, il porte cette mission, rétablir la balance commerciale des États-Unis par des moyens qui sont absurdes »
- 15:59Invité politiqueChiffre
« Il aurait pu, l'un et l'autre, ensemble, faire pression. Ce sont deux économies majeures et le total des populations, c'est l'équivalent de la Russie, la France et l'Allemagne, ensemble, 67 et 82 millions. »
Temps de parole
- Julien Odoul68 %
- Invité19 %
- Auditeur2 %
- Auditeur 22 %
- Auditeur 32 %
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Alors déjà on n'est pas sur une position similaire. La déception est la même, on va dire ça comme ça alors. Pas vraiment, parce que la soumission dont parle François Bayrou, c'est la sienne. C'est celle de tous les européistes, de tous ces euro-BA qui nous ont vendu depuis des années, qui ont vendu au peuple français, le fait que la mondialisation allait être formidable et le fait que l'Union Européenne allait renforcer et défendre nos intérêts. On voit bien que tout cela a été du vent et une escroquerie. Ce n'est pas un accord, c'est une capitulation. C'est une capitulation, non pas vis-à-vis, il n'y a pas de surprise d'un point de vue de Donald Trump. Donald Trump, il défend ses intérêts.
Il n'y a même pas de surprise de la part de Mme von der Leyen, elle défend aussi ses intérêts, c'est-à-dire les intérêts allemands. C'est un accord aujourd'hui qui fortifie, qui renforce l'économie américaine et qui défend et qui renforce l'industrie automobile allemande, qui est la seule qui est préservée, les intérêts allemands sont préservés dans cet accord. En revanche, comme le disait Marine Le Pen il y a six mois déjà, elle prévenait en disant que Sanofi et LVMH, industrie évidemment, société française, allaient payer la facture pour BMW, BMW et Volkswagen. C'est ce qui se passe actuellement.
Et on peut en vouloir aux gouvernants français de s'être soumis totalement, d'avoir laissé les clés de la maison à l'Union européenne. Et très clairement, le silence assourdissant de M. Macron en dit long sur son acceptation de cette fédéralisation, de cette perte de souveraineté et de ce morcellement de nos intérêts stratégiques. Le chef de l'État n'a pas encore réagi à cet accord. Une question toute simple, est-ce que c'est la soumission de l'Europe aux États-Unis ou la soumission des 27 ? Mme von der Leyen avait mandat de la part des 27 pour aller négocier cet accord.
En matière de commerce extérieur, les traités de l'Union européenne, en fait, confient cette responsabilité à la Commission, à l'Union européenne. Mais en fait, le problème n'est pas là. Le problème, c'est que nous n'avons pas, vis-à-vis des États-Unis, nous, Européens, l'attitude que l'agression du 24 février 2022 aurait dû entraîner. On sait depuis le 24 février, depuis l'élection de M. Trump deux ans après, qu'on ne peut pas compter sur les États-Unis dans les conditions idylliques dont rêvent certains atlantistes prolongés, notamment en Europe. Bon. Une fois qu'on le sait, il faut comprendre que Trump a besoin absolument de redresser sa balance commerciale qui est très déficitaire.
La France n'est d'ailleurs pas responsable de ce déficit. Hélas, nous n'exportons pas assez aux États-Unis, mais il est vrai que l'Europe est un gros créancier de l'Union européenne. Que Trump défende le point de vue des Américains, enfin, le point de vue de l'intérêt à court terme américain, c'est une évidence. À partir de ce moment-là, il fallait que les chefs de l'État, qui, en France d'ailleurs, a la responsabilité constitutionnelle de négocier les traités internationaux, s'engagent et s'impliquent totalement dans une affaire qui était une affaire forcément difficile. Or, manifestement, Trump a obtenu tout ce qu'il voulait. Thierry Breton l'a dit avec beaucoup de réalité.
Vous avez à la fois les 15% de droits et le déclin, la baisse, la perte de valeur du dollar qui permet, en additionnant l'un à l'autre, d'arriver à peu près aux 30% dont ils avaient besoin. Alors, est-ce que ça sera suffisant ? Et je m'arrête, la réponse est non, parce qu'il n'y a pas de politique industrielle américaine derrière cela et qu'il n'y a aucune raison de penser que les produits américains qui ne trouvent pas de clients aujourd'hui en trouveront plus de mains avec ces droits de douane supérieurs. Ce qui est marquant aujourd'hui, c'est qu'une grande partie de la classe politique française, pour une raison ou une autre, se dit déçue de cet accord.
Regardez ce que disent, par exemple, Bruno Rotaillot à droite, Raphaël Glucksmann à gauche. Alors, pour Rotaillot, cet accord est une très mauvaise nouvelle pour l'Europe. Il est le symptôme d'un problème, celui de la faiblesse de l'Europe et de sa dépendance malsaine vis-à-vis des États-Unis. Pour Raphaël Glucksmann, ça arrive. Vous allez l'apercevoir là aussi. L'Europe pourrait être forte si elle était portée par des dirigeants courageux. Ce deal perdant avec Trump est le produit d'une faiblesse politique et morale désespérante. Alors, ceux qui défendent cet accord disent, les États-Unis, ce sont les plus forts aujourd'hui.
L'Europe a été, et par l'Europe, je dis Madame von der Leyen, pragmatique. On ne pouvait pas faire beaucoup mieux, ça aurait pu être pire, mais on s'en sort finalement avec les honneurs. Est-ce le cas ?
Non, parce qu'en réalité, il n'y a même pas eu de tentative. Ce qui est très frappant quand même dans cet accord, qu'on peut à peine appeler un accord, c'est que c'est effectivement un échec cuisant pour l'Europe, c'est-à-dire 15% de droits de douane, mais pas de mesures de rétorsion. C'est-à-dire qu'il n'y a pas de réaction du côté européen. C'est-à-dire qu'une fois de plus, l'Union européenne est un peu le dindon de la farce du commerce international. C'est un reproche qui lui est fait à juste titre de ne pas savoir défendre ses intérêts efficacement.
Et là, moi, ce qui me frappe, c'est qu'on est face à un dirigeant sans foi ni loi, Donald Trump, qui a décidé de faire fi de toutes les règles du droit international, là en matière commerciale, et que c'est face à cette méthode-là que l'Union européenne a cédé. C'est-à-dire, elle a cédé face aux menaces, face à l'absence totale de prise en compte du multilatéralisme, face à ce qui fait en fait aussi son identité, c'est-à-dire la défense d'un certain nombre de principes. On pourra reparler de ce que contient aussi cet accord sur l'achat de gaz naturel liquéfié aux États-Unis.
Plus les armes.
Plus les armes, donc on fait fi de la question des valeurs.
Alors, on va juste donner cette petite parenthèse pour que ceux qui nous écoutent comprennent. 750 milliards de dollars d'achats en énergie, Europe-États-Unis, et 600 milliards de dollars supplémentaires d'achats et d'investissements, notamment comprenant des achats d'armes, on va en parler tout à l'heure.
Et donc c'est une victoire politique pour Donald Trump ? Oui, finissez, pardon, allez-y. Une victoire politique pour Donald Trump, parce qu'un de ses objectifs, c'est évidemment d'affaiblir l'Union européenne, économiquement, mais aussi politiquement. Et là, la victoire, elle est double et elle est très claire. Et je me permettrai de répondre aussi ensuite aux propos de M. O'Doul, parce qu'après avoir quand même loué la victoire de Donald Trump, après avoir porté au nu Elon Musk, etc., c'est quand même un petit peu gonflé de maintenant venir expliquer que c'est absolument ce que... Vous dites est faux.
Alors, vous savez quoi ? C'est parfait. Il y a une petite coupure pub, on parlera tout ça juste après. Merci à tous. Vous restez avec nous, évidemment, pour la suite de ce débat. L'électricité passe en offensive et attention à l'énorme faute des énergies fossiles. Le carton est très mérité.
Allez, l'électricité ! Il s'élance, attention, la rampe ! Le match électricité-énergie fossile, ça se joue tous les jours. Je n'ai quand même pas soutenu les énergies fossiles. Découvrez le futur du nettoyage. Que ce soit rond, jaune, ou que votre chien joue avec, Siffle nettoie. Nouveau Siffle Infinite Clean. Le premier spray tout-en-un au probiotique naturel. Spécialement conçu pour nettoyer et garder toutes vos surfaces propres plus longtemps. Essayez le nouveau Siffle Infinite Clean. Testez la différence. En ce moment, c'est satisfait ou 100% remboursé.
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C'est quoi, ça ?
C'est mon ticket, qu'est-ce Leclerc ! Quoi ? Tout ça ?
Pour ce prix ?
Je peux le voir ? Il y en a encore que ça étonne. Leclerc est moins cher qu'Intermarché, magasin U ou Lidl, par exemple. Et chez vous, vérifiez qui est le moins cher sur l'appli Mont Leclerc. Leclerc ! Oubliez tout, sauf la joie d'être ensemble. Avec les fines bulles de Badois, bulles de joie. Bonjour, c'est Aurélie de Carglace. Avec une chaleur pareille, forcément vous mettez la clim. Et si vous avez un impact avec l'écart de température, crac, ça peut sussurer. Alors avant d'en arriver là, venez vite chez Carglace. Un impact, chez nous, c'est simple. En 30 minutes, la réparation s'est faite. Nos clients nous le disent, c'est rapide et efficace.
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Merci d'être avec nous sur LCI. L'actualité se poursuit. Oui, évidemment, la classe politique française, en grande partie dépitée par l'accord commercial signé hier entre l'Union Européenne et les États-Unis. Nous sommes collectivement entrés dans un nouveau monde. C'est ce que dit ce soir Thierry Breton sur LCI, nouveau monde de Donald Trump.
Écoutez. Donald Trump a imposé à l'ensemble de la planète des nouvelles règles, des nouvelles règles commerciales, dans le seul intérêt et but de profiter aux seuls États-Unis d'Amérique, dont acte, on en prend acte, mais c'est exactement le monde dans lequel nous entrons.
Voilà, 15% en moyenne pour les produits européens et donc français qui sont exportés vers les États-Unis. C'était 4,8% avant l'arrivée de Donald Trump. Et puis ce chiffre a été augmenté à 14,8%. Vous vous souvenez, le 2 avril avec cette présentation dans les jardins de la Maison Blanche. Les accords font réagir aussi en Europe. Frédéric Merz, c'est le chancelier allemand. Regardez ce qu'il dit. Alors, réaction en deux temps pour l'Allemagne. D'abord, Merz estime que les intérêts fondamentaux de son pays sont préservés, que cet accord est donc un moindre mal. Et puis aujourd'hui, il change un peu de discours.
Le chancelier allemand, il évoque, je cite, des dégâts considérables pour une partie de l'industrie de son pays. Moindre mal aussi pour l'Italie. On va écouter Giorgia Meloni.
Évidemment, je considère comme positif le fait qu'un accord ait été conclu. J'ai toujours pensé qu'une escalade commerciale entre l'Europe et les Etats-Unis aurait des conséquences imprévisibles, voire dévastatrices.
Voilà, là, le raisonnement, il est assez simple. Ce n'est pas formidable, mais c'est mieux qu'une guerre commerciale avec les Etats-Unis. Ça tient, ça ?
Non, ça ne tient pas, parce que là, il faut voir quand même derrière les emplois qui vont être détruits. Il faut voir les conséquences immédiates pour nos concitoyens. Et donc, en termes de réaction politique, moi, il y a plusieurs choses qui me frappent. Je me permets de revenir sur ce que je disais tout à l'heure. Vous ne pouvez pas avoir été au RN aussi laudateur face à Donald Trump, ses méthodes, même Elon Musk, être en pas moison devant Elon Musk. J'ai regardé même votre compte X aujourd'hui. C'était un génie, c'est quelqu'un d'absolument en avance sur son temps.
Comment vous pouvez ensuite venir expliquer aux citoyens français, après les avoir portés au nu comme ça, que c'est condamnable ? Donc, moi, je trouve qu'il y a une très forte...
Si vous n'avez pas compris, je vous expliquez.
Oui, j'ai sûrement mal compris. Une très forte hypocrisie. Et sur les autres réactions politiques qui me frappent aussi, c'est du côté de l'ancienne majorité, du côté du gouvernement. François Bayrou semble être dans une position de commentateur. Il se désole, effectivement, il déplore cet accord, mais il reste quand même acteur, puisque derrière les États membres, ils vont devoir le ratifier. Et je pense, et je suis convaincue, qu'aujourd'hui, il faut remettre de la démocratie là-dedans. Il faudra passer par le Parlement.
Il faudra absolument que cet accord, qui est un très mauvais accord, revienne devant le Parlement, les représentants du peuple, pour qu'effectivement, ils aient un mot à dire, parce que derrière, ce sera luisible pour nos entreprises, pour les citoyens, et donc un petit peu de démocratie.
Julien Audoul, avant de parler, est-ce que vous êtes d'accord pour un retour du texte devant le Parlement ? Tous les accords doivent être ratifiés au Parlement. J'aimerais expliquer quand même, et rappeler certaines choses. On ne peut pas reprocher à un dirigeant politique, quel qu'il soit, de défendre les intérêts de son peuple. Donald Trump, qu'on l'aime ou qu'on ne l'aime pas, moi je conteste les méthodes, elles sont contraires aux intérêts de mon propre peuple. Il a été élu sur un programme, c'était écrit noir sur blanc, il défend les intérêts de son peuple.
En revanche, on peut reprocher et condamner l'attitude de nos dirigeants à nous, qui n'ont jamais défendu nos intérêts économiques et stratégiques, qui n'ont jamais engagé le bras de fer, et surtout qui ont confié à d'autres le soin d'organiser la vie économique, l'avenir de notre industrie, de notre agriculture, et notamment à des étrangers, et notamment à une puissance étrangère qui est l'Allemagne. Parce que, encore une fois, l'Union Européenne qui a été construite sur le « ensemble on sera plus fort », finalement c'est seule l'économie allemande qui s'en sort, seul le commerce extérieur de l'Allemagne s'en sort, seule l'industrie automobile allemande s'en sort. C'est ça le résultat.
L'économie allemande ne va pas si bien que ça en ce moment. En tout cas, elle va beaucoup mieux que la nôtre. Elle va beaucoup mieux que la nôtre, et elle sortira. En termes de croissance, en termes de commerce extérieur, les chiffres allemands ne sont pas fermés. Les Allemands, encore une fois, ont mieux négocié pour défendre leurs voitures de luxe plutôt que nous, et ont sacrifié nos agriculteurs pour vendre davantage de Mercedes et de BMW. Voilà, c'est ça la réalité.
Donc moi, encore une fois, d'une phrase, ce que nous pouvons reprocher, c'est l'escroquerie de l'Union européenne, l'escroquerie de cette mondialisation qui, aujourd'hui, est malheureuse, et le retour, nous appelons le retour de la nation. Seules les nations peuvent défendre leurs intérêts. On le voit réussir. A négocier avec Donald Trump. Mais j'aimerais qu'on avance un tout petit peu, si vous le permettez.
C'est quand même hypocrite. Vous saluez le volontarisme de Donald Trump dans ses prises d'opposition sur l'Ukraine, etc. Vous le portez au nu. Ce sont vos alliés à l'échelle internationale. Mais quels alliés ? Mais bien sûr, si vous avez salué sa victoire... Mais je ne dis pas... Mais si vous dites... Et ne soyez pas condescendants,
je ne suis pas condescendant, mais encore une fois, nous sommes des patriotes, nous défendons les intérêts de la France. C'est Donald Trump, aujourd'hui, est l'adversaire des intérêts de la France. C'est tout.
C'est pas ce que vous dites.
Une chose est sûre que si on soit à l'extrême droite, au centre, à l'extrême gauche, à droite, à gauche, tout le monde semble dire ce soir que cet accord n'est pas bon pour l'Europe et pour la France. Rassemblement national, si vous me permettez. Sur le fond, l'erreur, c'est de ne pas avoir pris Donald Trump au sérieux. Il avait vraiment une mission, il porte cette mission, rétablir la balance commerciale des États-Unis par des moyens qui sont absurdes, qui n'apporteront aucun succès, mais qui, à court terme, sont tragiques. Mais vous avez l'impression qu'il n'a pas été pris au sérieux, Donald Trump ? La preuve, c'est qu'il n'y a pas eu une constante, une équipe.
Avec tout le respect que j'ai pour Mme Ursula von der Leyen, si c'était vraiment une affaire de l'Allemagne et de la France, nous avons un nouveau gouvernement d'Allemagne qui a l'air d'être volontaire et énergique. Nous avons un président en France qui n'hésite jamais à donner son avis sur la marche du monde. Il aurait pu, l'un et l'autre, ensemble, faire pression. Ce sont deux économies majeures et le total des populations, c'est l'équivalent de la Russie, la France et l'Allemagne, ensemble, 67 et 82 millions. Donc, nous pouvions, ensemble, avoir une position solidaire à l'intérieur de l'Europe et entraîner l'Europe dans une attitude plus forte.
Or, cela n'a pas été fait parce qu'on a laissé la Commission négocier seule avec des techniciens qui sont tout à fait respectables mais qui n'ont pas l'autorité politique d'un chef de gouvernement élu comme Mers et d'un président qui, même s'il n'a plus beaucoup de temps devant lui, est cependant président de la France. Est-ce que cet accord met aussi à jour les failles de l'Europe ? Oui, l'Europe n'est pas unie. Écoutez, écoutez ce que dit Victor Orban de la façon dont s'est déroulé devant les caméras la conclusion de cet accord. On en parle juste après. Même à première vue, il me semble évident qu'il ne s'agit pas d'un accord.
Ce n'est donc pas un accord que le président Donald Trump a conclu avec Ursula von der Leyen. C'est Donald Trump qui a mangé von der Leyen au petit déjeuner. Voilà ce qui s'est passé. Nous nous en doutions car le président américain est un négociateur de poids lourd et la présidente un poids léger. La position du président américain est beaucoup plus confiante et celle de la présidente de la commission est toujours plus fragile. J'en dirai quelques mots plus tard. Ça c'est le Premier ministre hongrois. Alors, européen évidemment, membre de l'UE, mais aussi proche des idées et du personnage d'ailleurs de Donald Trump, anti-européen aussi sur bien des plans.
Alors, je reviens à l'émission d'hier soir. Louis Sarkozy nous disait hier « Mais que voulez-vous qu'elle fasse von der Leyen ? » Elle a été pragmatique. Il y a un précédent qu'elle avait en tête. C'est le précédent Zelensky. Ce qui s'est passé, je crois que c'était le 28 février dernier, à la Maison-Blanche. Elle ne voulait pas reproduire cela. Elle l'a laissé faire. Elle l'a laissé faire son show. Et puis l'accord a été conclu. Est-ce qu'il y a une humiliation dans ce qui a été fait hier soir par le président américain vis-à-vis de l'Europe ?
Je pense que oui. Même sur la forme.
Sur la forme. Invité dans son... La présidente de l'Union européenne, c'est un petit peu désinvolte. Lui couper la parole, c'est un petit peu désinvolte. C'est toute son éducation. Elle le savait. Elle aurait dit en tenir compte. Ses collaborateurs leur ont dit « Madame la Présidente, ne faites pas ceci, ne faites pas cela. Faites plutôt ceci, faites plutôt cela. » Et elle aurait été encadrée par des chefs de gouvernement représentant des grandes nations. Madame Mélanie aussi, très bien. Ça aurait été sérieux. Il y aurait eu une solidarité. Là, on a vraiment le sentiment que la directrice des ressources humaines de la Commission s'est fait taper sur les doigts par une bête politique.
Il faut bien le reconnaître. Monsieur Longuet, ne soyons pas naïfs. Madame Ursula von der Leyen est évidemment en lien étroit avec le chancelier allemand, avec le gouvernement allemand. Ne dites pas qu'elle est seule et qu'elle s'est fait manger et qu'elle s'est fait humilier par Donald Trump. C'est accepté. Elle a réussi cette image. Oui, mais en termes d'image, je veux bien. Mais la réalité, c'est que les Allemands ont toujours plébiscité les intérêts américains, que ce soit d'ailleurs pour l'armement. Ils achètent des avions américains. Ils n'achètent pas des Rafales français. Vous le savez très bien. Il n'y a de couple franco-allemand que sur le papier pour la galerie.
Dans le couple franco-allemand, vous n'avez qu'une seule puissance qui accepte d'être mariée, c'est la France, qui est toujours soumise aux injonctions de l'Allemagne, de Berlin, de la Banque centrale, etc., et de la Commission européenne, puisque c'est le même bloc. Et vous avez une puissance qui défense ses intérêts. C'est tout. Vous avez su établir avec les chanceliers allemands, quelle que soit d'ailleurs leur étiquette politique, des relations de confiance. Je constate que le président Macron n'a pas pris le temps d'établir des liens de confiance avec le chancelier-maire, ce qui, il faut bien reconnaître, n'est au pouvoir que depuis quelques semaines.
Ce qui est très frappant, c'est la passivité d'un certain nombre de gouvernants, dont les nôtres, face à ce qu'est en train de faire Donald Trump, c'est-à-dire faire éclater toutes les règles qui régissaient le commerce international, mais pas seulement, parce que moi, je fais un parallèle avec ce qui est en train de se passer en ce moment à Gaza. Il n'y a absolument, vous allez comprendre pourquoi, il n'y a absolument aucune réaction face à ce qui est une violation très très claire du droit humanitaire et l'Union Européenne qui est organisée par Israël
avec la complexité des Etats-Unis. La France y participe, l'Arabie Saoudite aussi, il y a quand même des réactions.
Oui, mais il n'y a pas de sanction. Si vous voulez, aujourd'hui, l'accord d'association de l'UE avec Israël prévoit le respect des droits humains. Aujourd'hui, on est dans une situation où la faim est utilisée comme armée de guerre. Mais là aussi, c'est de la propagande. Et donc, on a une passivité qui est très très très débitée à longueur de journée. Cette passivité face à l'éclatement de toutes les règles, le droit humanitaire, les règles du commerce international. J'aimerais qu'on revienne à ce qui nous occlute,
c'est-à-dire cet accord conclu entre l'Europe et les Etats-Unis. Alors évidemment, sans grande surprise, les Russes se moquent. Ils se moquent de nous via la voix de Dmitri Medvedev. Ils ricanent les Russes alors qu'eux-mêmes sont en train de discuter avec les Chinois ou dans le cadre d'un accord commercial. Cet accord commercial est avantageux pour Washington et tout à fait humiliant pour les Européens. Il n'a pas fondamentalement tort. C'est ce qu'on a aussi entendu ici toute la journée côté européen. Et moi, la question que j'ai à vous poser à tous les trois, je comprends votre déception, vos critiques, je les entends.
Qu'est-ce que vous auriez fait, vous, hier soir ou ces derniers mois pour convaincre Donald Trump de ne pas imposer les produits européens et en l'occurrence les produits français de 15% ? On va commencer avec vous, Julien. Alors le problème de votre question, c'est toujours un peu la même question quand il y a une crise terrible. Le missile va arriver dans 30 secondes. Qu'est-ce que vous faites ? Malheureusement, quand tout a été fait... Parfois, c'est au bon endroit, ça permet de se rendre.
Non, mais vous savez, quand tout a été fait pour que nous arrivions à cette situation, perte de souveraineté, fédéralisme forcené, viol notamment du vote des Français en 2005 sur le traité constitutionnel, on s'en rappelle et ça a laissé des traces, quand finalement l'État français n'est que, j'allais dire, sous la tutelle de la gouvernante allemande et fédéraliste, quelle marge de manœuvre on doit avoir ? Qu'est-ce que vous auriez fait ? Mais nous voulons une Europe des nations. Nous voulons décider. Nous voulons que le peuple français puisse défendre son agriculture, son industrie, son commerce, ses intérêts stratégiques. Ou Marine Le Pen aurait été plus armée, seule, face à Donald Trump ?
Mais nous ne sommes pas seuls. En fait, c'est ça que j'ai l'impression. Sans l'Union européenne, on serait seuls. On est une puissance mondiale, on est membre du Conseil de sécurité des Nations Unies, on est une puissance nucléaire, on a peut-être l'une des rares armées au monde qui peut se projeter indépendamment, on est une puissance mondiale. Je rappelle que la Suisse, qui est un tout petit pays, arrive à défendre son industrie, son commerce, son identité, ses frontières. Voilà. Donc ça marche. Et moi, je veux bien qu'on essaye de dompter à 27 Donald Trump, première puissance mondiale. J'aimerais que la France déjà commence à dompter la 67e puissance mondiale qui est l'Algérie. Voilà.
Si on pouvait avoir un rapport de force déjà avec l'Algérie, ce serait bien pour commencer. Merci.
Julien Odoul