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interviewC à vous· 2 avril 2026 52 min

Impôt sur le revenu : faut-il multiplier les contrôles ? - C à Vous l’Intégrale - 02/04/2026

Transcription youtube_captions. À recouper avec la source d'origine.

... - A.-E.Lemoine: Bonsoir.

Très heureuse de vous retrouver. On est en direct jusqu'à 21h avec toute l'équipe. Salut à tous.

Bonsoir, R.Ménard. Vous êtes le maire de Béziers.

Vous avez démarré un 3e mandat après avoir été réélu au 1er tour avec plus de 65 % des voix. C'est un plébiscite mais ça ne vous empêche pas de vous remettre en cause, de faire des mea culpa, notamment à l'occasion de cette "Lettre à Clara" qui s'adresse à votre fille de 24 ans, qui ne partage pas du tout vos idées. On peut même dire qu'elle est à l'opposé, que ce soit sur l'immigration, la sécurité, le mariage pour tous ou la fin de vie.

Vous ne reniez pas vos idées, mais vous exprimez des regrets parfois, le sentiment d'être allé trop loin. On en parle avec vous dans un instant. Votre réaction aussi sur les moyens accordés à la police municipale... - E.Tran Nguyen: Vous voulez leur donner encore plus de pouvoirs.

Dans d'autres villes, au contraire, des maires voudraient désarmer la police municipale. Un débat clivant... - A.-E.Lemoine: Qui vous fera certainement réagir.

Votre Edito, Patrick, est consacré à la fiscalité des plus riches. - P.Cohen: On savait que 13 000 millionnaires ne payaient aucun impôt sur le revenu, zéro.

On sait depuis hier pourquoi et comment. - A.-E.Lemoine: Egalement ce soir, le scandale des erreurs médicales. - Au début, quand on me dit qu'il y a un problème avec mon oeil, je me dis que ça peut arriver.

Pourquoi moi? Qu'est-ce que j'ai fait? Je suis un bon gars, un père de famille... - L.Amar: Cet homme devait se faire opérer des sinus et il est ressorti de la salle d'opération sans son oeil. - A.-E.Lemoine: D.Trump et E.Macron, dans le 5/5? ... - E.Macron: Les propos que j'ai pu entendre ne sont ni élégants ni à la hauteur. - L.Sénéchal: Petite passe d'armes entre les deux.

D.Trump a fait remonter les cours de la Bourse hier soir en s'adressant à la nation. Il a dit que la guerre allait continuer et qu'on allait faire revenir l'Iran à l'âge de pierre. - A.-E.Lemoine: Après 20h, on retrouvera A.Lutz, A.Crespo-Mara et V.Sanson au coeur d'un magnifique documentaire.

Et dans L'OEil de Pierre? - P.Lescure: Le portrait de celui qui, chez Pivot, se présentait comme un snob à l'envers, avec son accent et sa célèbre fossette.

Je veux parler de Kirk Douglas, qui nous parlera en français. - A.-E.Lemoine: B.Chameroy est en cuisine aux côtés de R.Beaufour.

Salut! - B.Chameroy: Oui. - R.Beaufour: Bonsoir... - B.Chameroy: Bonsoir à tous.

Ce n'est pas du tout la période, mais Rébecca a décidé de nous préparer une frangipane. Qui aura la fève? Le suspense est total. - R.Beaufour: Mais ce ne sera pas une galette.

C'est une tourte aux pommes de terre et ail des ours. - B.Chameroy: Mais il y a bien une fève!

On saura qui l'aura après 20h. - A.-E.Lemoine: A tout à l'heure.

Tout de suite, L'Edito de Patrick. On en sait un peu plus sur les 13 000 millionnaires qui ne payent pas d'impôt sur le revenu. - P.Cohen: C'est toute une histoire.

Tout est parti d'une interview d'E.Lombard à "Libération". C'était le ministre des Finances de F.Bayrou.

Il lâche une bombe... ...

Scandale et démenti de l'ancienne collègue d'E.Lombard à Bercy, A.de Montchalin, ministre du Budget et aujourd'hui présidente de la Cour des comptes. - A.de Montchalin: Il n'est pas vrai que des dizaines de milliers de Français fortunés ne payeraient aucun impôt sur le revenu.

Il n'y a pas de documents à Bercy qui le montreraient. Si c'était le cas, cela fait bien longtemps, évidemment, que cette situation aurait été dénoncée et corrigée. - P.Cohen: Les parlementaires tentent tout de même de tirer l'histoire au clair.

Les sénateurs finissent par récupérer des chiffres. - E.Lombard a dit vrai.

Son propos est tout à fait exact au regard des chiffres qui nous ont été communiqués à l'issue d'une demande que nous avions adressée, par écrit, aux services de Bercy, puis d'une rencontre par un contrôle sur pièces et sur place. - P.Cohen: 13 335 foyers assujettis à l'impôt sur la fortune immobilière, qui s'applique au patrimoine immobilier supérieur à 1,3 million d'euros. 10 % des foyers qui payent cet impôt n'ont payé en 2024 aucun impôt sur le revenu, zéro.

On peut dire que 1,3 million de patrimoine immobilier, ce n'est pas une grande fortune. C'est un petit appartement familial à Paris, disons...

Mais si on considère les 4000 foyers les plus riches, qui ont un patrimoine immobilier moyen de 14 millions d'euros, là, ça commence à devenir considérable, 15 % de ceux-là ne payent rien. Il y a même un foyer qui verse zéro en affichant un patrimoine de 142 millions d'euros! - A.-E.Lemoine: Mais comment est-ce que c'est possible? - P.Cohen: Pour une partie, c'est de la triche.

C'est ce qu'on a appris hier de la bouche d'une responsable de la Direction générale des finances publiques. Environ 1/4 de ces millionnaires "pauvres", appelons-les comme ça, ont fait l'objet d'un contrôle ces 3 dernières années. 58 % de ces contrôlés ont subi un redressement.

C'est énorme, plus de 2000 foyers qui ont menti au fisc et minimisé leurs revenus. Ils ont été redressés, et pas qu'un peu...

En tout, 104 millions d'euros rappelés. Si vous faites une division, chaque foyer épinglé a étouffé en moyenne quelque 60 000 euros d'impôts. Le redressement moyen d'un impôt sur le revenu tourne autour de 2000 euros en France...

Là, c'est 30 fois plus. - A.-E.Lemoine: Tout le monde ne fraude pas? - P.Cohen: Non.

Une note nous renseigne sur le profil de ces 13 000 millionnaires. Ils sont âgés. La moitié a plus de 68 ans.

Le profil type serait davantage celui d'un propriétaire âgé, sans doute un héritier, dont le patrimoine immobilier a vraisemblablement pris de la valeur au fil des décennies, mais dont les revenus déclarés restent modérés, plutôt qu'un profil de jeune entrepreneur optimisant sa fiscalité. Mais il faut distinguer 2 catégories dans ces 13 000. 1/3 de ces foyers affichent un impôt nul avant toute réduction ou tout crédit d'impôt.

Et les 2/3 devraient être redevables mais ramènent leur impôt à zéro grâce à des niches fiscales et des mécanismes d'optimisation. C'était ce que disait E.Lombard, légal mais contestable.

Attendez-vous à en apprendre davantage car une commission d'enquête parlementaire sur l'imposition des plus riches vient de se mettre en place, avec C.de Courson comme rapporteur. Elle a commencé ses auditions la semaine dernière.

Si j'ai une prédiction à faire, je dirais que la fiscalité des riches sera l'un des sujets de la présidentielle à venir. - A.-E.Lemoine: Ce n'est pas une prédiction de Madame Irma? - P.Cohen: Non, c'est quelque chose qui préoccupe légitimement l'opinion publique, à un moment où les caisses de l'Etat sont vides. - A.-E.Lemoine: J'imagine que votre fille Clara serait scandalisée en voyant ces 13 000 millionnaires qui ne payent aucun impôt. - R.Ménard: Tout le monde est scandalisé.

En même temps, 1,3 million en patrimoine, en province, c'est beaucoup. Mais à Paris, on connaît le prix de l'immobilier...

Tu peux ne pas avoir un rond et avoir hérité d'un appartement qui vaut ça. Ensuite, il y a l'optimisation fiscale. C'est pas illégal, mais c'est pas moral.

Il y a des gens plus malins que toi qui tapent à la bonne porte et qui trouvent des gens pour les aider à payer moins d'impôts. Et puis il y a les finauds, les gens qui truandent, qui trouvent des moyens de ne pas payer. Ceux-là, il faut les condamner. - A.-E.Lemoine: Les condamner? - R.Ménard: Il y a quelque chose qui m'exaspère.

Je suis plutôt de droite, ça ne vous a pas échappé...

Ce qui m'exaspère, c'est cette droite qui pense qu'aujourd'hui, il faudrait ne jamais toucher aux riches. C'est un truc dont je discute avec ma fille. Je n'ai aucune haine du riche.

C'est un truc très français...

Tu es jaloux, mais je trouve ça minable. - P.Cohen: Y compris chez les entreprises? - R.Ménard: J'ai des copains qui sont riches, tant mieux pour eux.

Ca ne vous enlève rien. Le type aime les belles bagnoles, il en achète, c'est une chose...

Mais dans la période où on est, je ne trouve pas anormal que les riches en question payent plus d'impôts. Tu peux ne pas détester les gens qui ont un goût certain pour l'argent et qui réussissent, mais aussi te dire que, quand tout le monde va mal, quand le pays va mal, tu fais un effort. - P.Cohen: Et c'est quoi, votre idée sur l'héritage?

La question va se reposer, une fois qu'on aura le profil...

Il y a des héritiers immobiliers, de génération en génération, qui ont des patrimoines et qui passent leur vie sans travailler. Ca existe. - R.Ménard: Je sais, mais il y a héritier et héritier.

Quand tes parents ont bossé toute leur vie pour acheter une maison qui vaut 300 000 euros, que tu payes des impôts, honnêtement...

Les gens se disent que c'est un impôt de plus. Qu'on fasse payer un certain nombre de gens richissimes, ça ne me choque absolument pas. Je me méfie des généralités où on met tout le monde dans le même sac. - A.-E.Lemoine: Vous abordez cette question du capitalisme.

Vous en abordez beaucoup d'autres, des questions qui vous divisent, des sujets que vous n'abordez plus jamais en famille avec votre fille. Pourquoi? Parce que ça dégénère?

Ca veut dire que le dialogue est devenu difficile, y compris avec sa fille, quand elle ne partage pas vos idées? - R.Ménard: Je ne suis pas le seul parent comme ça.

Chacun a sa vie. On voit moins nos enfants. Je les vois à Noël, où on se retrouve.

Tu n'as juste pas envie de pourrir le repas! En plus, ma femme Emmanuelle fait de la politique, je suis maire...

On prend la liste: ça, on n'en parle pas, ça non plus...

On finit par exclure beaucoup de choses. - A.-E.Lemoine: Parce que vos idées sont trop radicales? - R.Ménard: Je ne sais pas.

Ma fille a des idées radicales aussi, sur le féminisme ou quoi... - A.-E.Lemoine: Vous, vous n'êtes pas féministe? - R.Ménard: Honnêtement, pas vraiment.

Mais ça ne fait pas de toi un macho! - A.-E.Lemoine: Vous n'êtes pas féministe? - E.Tran Nguyen: Vous êtes contre l'égalité des hommes et des femmes? - R.Ménard: Mais non, je suis pour l'égalité, au boulot...

Je ne travaille qu'avec des filles. A Reporters sans frontières, je ne travaillais qu'avec des filles. Ce n'est pas démagogique.

Je les trouve plus concrètes, plus consciencieuses. - A.-E.Lemoine: Mais bizarrement, moins bien payées que les hommes. - R.Ménard: Dans une mairie, une fille ne gagne pas un centime de moins qu'un mec.

Même situation dans le public, il n'y a aucune différence de salaire. - P.Cohen: Elles ne font pas toujours les mêmes métiers que les hommes. - R.Ménard: Chez moi, les cadres, c'est que des filles! - E.Tran Nguyen: Pourquoi vous n'êtes pas féministe, alors? - A.-E.Lemoine: Elle trouvera systématiquement...

Quel exemple je pourrais trouver? - R.Ménard: Je fais gaffe!

Je suis peut-être plus traditionnel. Je trouve qu'on peut réussir sa vie en ayant des enfants et en élevant des enfants. Pas si tu y es contraint...

C'est aussi une façon de réussir sa vie. J'ai des femmes, des amis qui ont élevé leurs enfants. Je ne trouve pas ça si ringard que ça.

Ma fille trouvera que c'est une façon un peu vieillotte de voir les choses. Mais je suis un vieux monsieur! - A.-E.Lemoine: Des affiches antimigrants dans les rues de Béziers, alors que les Syriens essayaient de fuir leur pays... - Le maire de Béziers crée un nouveau scandale, mais il assume. - R.Ménard: La réalité peut vous blesser, vous choquer, mais quand dans certaines écoles de ma ville, on a les 2/3 des enfants qui sont d'origine immigrée, pardon, mais le seuil de tolérance est déjà dépassé. - A.-E.Lemoine: Ca, ça fait partie des regrets que vous exprimez dans cette "Lettre à Clara". - R.Ménard: Oui, je l'ai dit.

Je ne me trouve pas des excuses. Je ne supporte pas les gens qui disent "j'ai eu tort, mais..." Le "mais" finit par devenir plus important et il n'y a pas de regrets.

J'ai des amis qui m'ont appelé, qui m'ont dit que je ne devrais pas dire ça. Je peux dire dans ma ville que les 2/3 des enfants sont issus de l'immigration, dans les écoles publiques, et que c'est une mauvaise nouvelle... - A.-E.Lemoine: Vous appelez à plus de mixité sociale? - R.Ménard: C'est d'abord les gens issus de l'immigration qui payent d'être dans des quartiers où il y a de la délinquance, où il n'y a pas de mixité sociale.

Mais tu ne le dis pas comme ça. Je le regrette, maintenant. - A.-E.Lemoine: Vous maintenez que l'immigration est trop nombreuse, mal contrôlée et pas assez assimilée? - R.Ménard: Mais bien sûr!

On n'assimile pas. Je le dis dans le livre. C'est plus facile de réussir dans la vie et de se faire intégrer en France quand tu t'appelles Robert plutôt que Mohamed.

Je le vois tous les jours. On ne peut pas avoir autant de Mohamed à un moment donné si on ne sait pas les accueillir favorablement. On n'accueille pas, parce qu'il y a trop de gens qui arrivent.

Tu peux dire ça et ce n'est pas un propos qui pose problème. Comment je peux être élu avec plus de 65 % des voix dans une ville où l'immigration est aussi importante? Parce que les gens qui sont immigrés votent pour moi.

Pourquoi? Parce que je vous dis ça et qu'ils le savent. Je suis né en Algérie, je suis pied-noir.

On vient du même endroit. Je suis un maire autoritaire, et personne, y compris dans la population issue de l'immigration, ne le regrette. - A.-E.Lemoine: Votre fille vous dit que vous vous trompez lourdement... - R.Ménard: Elle me dit que, elle, elle pense qu'une société créolisée, c'est une bonne chose pour la France.

Je ne le crois pas. Je crois qu'une immigration contrôlée et choisie, c'est une bonne chose pour ce pays. Quand je vais à l'hôpital, je vois bien, comme nous tous, que la moitié des internes sont issus de l'immigration.

Si tu ne les vois pas, je ne sais pas où tu regardes! - P.Cohen: Mais ils sont intégrés... - R.Ménard: Oui, parce qu'ils ont un métier.

Chez moi, toute une partie des gens ne sont pas intégrés. Je me suis battu toute ma vie pour le statut de réfugié politique. Mais quand tu ne donnes pas à quelqu'un le statut de réfugié politique parce qu'il n'est pas réfugié politique, il ne faut pas garder les gens chez nous.

Le problème, pour s'éviter ce drame qui consiste à se demander comment on sort des gens de France...

Il faut accueillir moins de gens en France. Chez moi, 80 % des gens, y compris à gauche, pensent exactement ça. On accueille trop de gens, et comme on en accueille trop, on ne sait pas bien les recevoir.

Ce n'est pas plus compliqué que ça. - A.-E.Lemoine: Vous avez été un opposant farouche au mariage pour tous.

La petite Clara a été de toutes les Manifs pour tous dans une poussette. On imagine qu'elle n'est pas du tout d'accord avec vous aujourd'hui. Vous avez refusé de marier un couple homosexuel.

Mais il y a quelques mois, 2 femmes gendarmes vous ont demandé de les marier. Qu'est-ce que vous leur avez répondu? - R.Ménard: Il faut habiter dans la ville, pour que je les marie.

Mais je me suis posé cette question. Pourquoi j'ai écrit cette lettre? - A.-E.Lemoine: Maintenant, vous mariez des couples homosexuels? - R.Ménard: On l'a toujours fait, à Béziers.

Moi, je n'ai pas eu l'occasion de le faire. J'essaie d'expliquer à Clara pourquoi. Je n'ai jamais été homophobe.

Ca ne me traverse même pas l'esprit. Pourquoi on était opposés au mariage pour tous? Parce que ça a entraîné la PMA et la GPA.

Petit à petit, ça l'a fait, même si ce n'était pas inscrit dans les textes. On parie combien? On se donne rendez-vous dans 10 ans...

Nous, on y était opposés pour ces raisons-là. Je pense qu'on avait raison. Mais la façon, encore une fois, de le dire...

Clara me reproche régulièrement de me retrouver avec des amis dont elle dit: "Mais comment tu peux être..." Elle a raison.

La révolte qu'elle incarne, même dans ses excès...

On s'aime, même avec les excès. Je pense qu'elle a raison de m'alerter. C'est elle qui m'a le plus changé.

Je ne la remercierai jamais assez. J'ai fait ce livre pour ne pas lui dire quelque chose d'insupportable, qui est: "Tu as 20 ans, c'est pour ça que tu penses comme ça. Plus tard, Tu seras plus raisonnable, tu apprendras la vie." Je n'ai pas envie de cette fuite, de lui dire des choses qui ne sont pas gentilles. - P.Cohen: Vous avez été un compagnon de route du RN, comme on dit.

C'est comme ça que vous avez été élu pour la première fois maire de Béziers. Vous dites qu'E.Zemmour a été votre ami mais qu'il ne l'est plus, notamment à cause de ses prises de position sur l'invasion russe en Ukraine.

Vous avez rappelé que vous vous situiez résolument à droite. Par hypothèse, en cas d'arrivée au pouvoir du RN l'an prochain, pourriez-vous considérer que vous faites partie de la majorité présidentielle et éventuellement gouverner avec? - R.Ménard: Je crains que même si je le souhaitais, ça ne se fasse pas, tant nos rapports sont détestables.

Je vous rappelle qu'ils ont présenté quelqu'un contre moi... - P.Cohen: Qui a fait 6 %. - R.Ménard: Qui n'était pas parti pour faire ça!

Je ne suis pas mécontent d'avoir réduit le RN chez moi à moins de 9 %. Et il était député... - P.Cohen: 6 %, c'est pas beaucoup, pour un député! - R.Ménard: C'est même une gifle que tu prends! - A.-E.Lemoine: Et vous ne voudriez pas leur mettre cette gifle au niveau national? - R.Ménard: Ma satisfaction, dans une ville où il y a tant d'immigration, c'est aussi d'avoir réduit LFI à moins de 4 %.

Je trouve que ce n'est pas rien. Les gens qui tiennent des discours aussi radicaux, aussi loin de la réalité, aussi idéologiques, je les ai réduits à ça et j'en suis assez fier. - A.-E.Lemoine: Donc vous êtes en dehors?

Vous ne vous sentez pas appartenir à ce... - R.Ménard: Ce dont je rêve, ce pour quoi je vais me battre...

Il faut que je gagne l'agglomération et j'espère que ce sera fait la semaine prochaine...

Je ne veux pas me retrouver devant le choix entre J.Bardella et...

Mais si j'étais contraint de choisir, je choisirais J.Bardella, Sans hésitation. - A.-E.Lemoine: Quelle est la solution pour qu'on ne se retrouve pas au 2d tour avec ce choix? - R.Ménard: Que tous les politiques de droite que je connais arrêtent de se chamailler et se disent qu'ils ont plus de choses qui les rassemblent que de choses divergentes.

On peut avoir des désaccords, mais on a des choses en commun. C'est ce que je dis à Clara, et aussi ce qu'elle me dit...

Il y a tout un tas de gens avec qui j'ai plein de points communs. Comment on n'arrive pas à s'entendre? C'est un voeu pieux, je vous dis ça, mais je n'y crois pas 2 secondes et demie...

Ils ne sont même pas foutus de se mettre d'accord sur la façon de sélectionner celui qui les représente, alors tu vois, avant de choisir celui qui va les représenter, les poules auront des dents! Mais j'ai toujours trouvé que le RN a su, avant les autres, mettre le doigt sur des questions qui étaient de vraies questions. Les réponses qu'ils y apportent, c'est une autre paire de manches.

Mais je me rappelle, car on s'est retrouvés dans cette situation plusieurs fois...

Il y a des plateaux de télévision où tu parlais de l'immigration et tu étais le facho de service. - P.Cohen: Je me rappelle d'une discussion qu'on avait eue autour de l'affiche qu'on a vue tout à l'heure et que vous regrettez aujourd'hui! - R.Ménard: Là-dessus, vous aviez raison.

Sur d'autres terrains...

Je pense qu'on peut parler de ça sans se jeter la vaisselle à la figure. Il faudrait peut-être que j'écrive une lettre... - A.-E.Lemoine: La "Lettre à Patrick"! - P.Lescure: Pour l'instant, c'est la "Lettre à Clara" et vous y évoquez la fin de vie.

Votre fils Pierre était atteint de la maladie de Charcot. Vous dites que vous l'avez aidé à en finir. Depuis, quand on vous demande ce que vous pensez de l'euthanasie et du suicide assisté, vous refusez toute prise de position catégorique.

Finalement, ce que vous dites à Clara sur presque tous les sujets, c'est qu'on n'est pas vraiment sûr de rien? - R.Ménard: Mais bien sûr.

J'apprends des choses. Tu m'aurais demandé la fin de vie, et quand c'est mon frère, mon petit frère, qui a la maladie de Charcot, c'est une merde absolue. A l'époque, il n'y avait même pas les ordinateurs qui permettent aujourd'hui de parler...

Tu finissais étouffé, pour dire les choses brutalement. Il me demande ça, je n'ai même pas réfléchi une seconde. Ce n'est plus un débat théorique.

Ce n'est plus, à l'Assemblée, être pour ou contre...

Qu'est-ce que vous auriez fait, à ma place? Tu dis évidemment oui à ton frère. C'était terrible, c'était un appel au secours.

Ca ne me venait même pas à l'esprit de lui dire non. C'est pour ça que je ne veux pas répondre à ces questions. Je suis contre une nouvelle loi.

Ca relève des gens. Tu as toujours un médecin pour t'aider. - A.-E.Lemoine: Je ne suis pas sûre que tous les Français sachent à qui s'adresser... - R.Ménard: Peut-être, vous avez raison.

Mais je ne veux pas me prononcer pour ou contre. Je sais une chose: il faut assurer des soins pour que les gens ne souffrent pas. Je ne voulais pas que mon petit frère souffre.

C'est terrible. A partir de là, chacun se dépatouille comme il peut. Aucune loi ne répondra à tous les cas de figure, aucune! - A.-E.Lemoine: On a le droit de ne pas être d'accord avec vous. - E.Tran Nguyen: Je vais vous parler de la décision d'un maire qui continue de faire réagir et qui a déjà des conséquences.

Il y a 10 jours, le maire de Saint-Denis annonce vouloir désarmer les policiers municipaux de sa ville. Il va le faire progressivement. Il va commencer par supprimer les lanceurs de balles de défense.

Une décision pour rétablir, selon lui, un lien de sécurité et de confiance avec la population, mais aussi pour mieux répartir le budget de sa ville. Mais cette décision aurait déjà des conséquences, bien loin de Saint-Denis, en l'occurrence à Nice, selon E.Ciotti. - E.Ciotti: J'ai lancé un appel à ces policiers qui ne se sentent plus en sécurité.

Ils seront les bienvenus à Nice. On a déjà 5 candidatures, qui ont quitté leur poste après le désarmement par le nouveau maire de Saint-Denis. Ces policiers sans armes vont être des cibles, leurs vies sont menacées.

Donc ils quittent ces fonctions pour des villes qui vont les protéger. - E.Tran Nguyen: Ce que dément le maire de Saint-Denis, qui annonce un seul départ.

En tout cas, que les policiers deviennent automatiquement des cibles dès qu'ils ne portent plus une arme, c'est à vérifier. En revanche, cela a un impact sur l'attractivité du métier. Certains policiers demandent à être armés et s'inquiètent dans certaines villes gagnées par LFI, comme à Vénissieux, près de Lyon.

La police municipale n'est pas munie d'armes létales. Un conseiller municipal affirme lui aussi que désarmer les fonctionnaires serait une erreur. - C'est comme si on m'enlevait mon outil de travail.

Si vous avez une arme, on espère tous ne pas vouloir s'en servir automatiquement. Le but, c'est un effet dissuasif. Il ne faut pas leur enlever ce qu'ils ont.

Vous allez amoindrir les moyens d'intervenir pour les policiers. Ils sont en 1re ligne et ils sont en danger. Qui protège ceux qui nous protègent?

C'est une forme de recul. On ne doit pas opposer l'apaisement et la sécurité. - E.Tran Nguyen: A ceux qui aimeraient que la police municipale ait plus de pouvoir, voici les réponses...

Chez vous, à Béziers, les policiers municipaux sont armés depuis le 1er février 2015. A l'époque, vous l'aviez fait savoir avec des affiches qui avaient fait polémique. C'était devenu un débat national.

Vous ne la regrettez pas, celle-là? - R.Ménard: Pas du tout. - E.Tran Nguyen: Vous dites que le policier, c'est le "nouvel ami" de la police municipale.

B.Cazeneuve avait dénoncé la tonalité délibérément provocatrice de cette campagne. Mais ça ne suffit plus, pour vous.

Vous voudriez leur accorder encore plus de pouvoir. Ca veut dire que la police nationale est en échec? - R.Ménard: Ca veut dire qu'il n'y a pas assez de policiers nationaux.

S'il y avait assez de policiers nationaux, il n'y aurait pas de policiers municipaux. Ca coûte de l'argent. Je ne rêve que d'une chose: que la police nationale fasse bien les choses. - E.Tran Nguyen: Ce ne sont pas les mêmes prérogatives. - R.Ménard: C'est le 2e problème.

Mais bien sûr qu'on a besoin de plus de policiers nationaux. Les policiers municipaux ont besoin de plus de pouvoir. Pour ne pas que ce soit un débat en l'air...

Est-ce qu'un policier municipal a le droit de vous demander vos papiers d'identité? Non. Est-ce qu'un policier municipal a le droit de vous demander d'ouvrir votre coffre de voiture?

Non. Est-ce qu'il a le droit à accéder au fichier des voitures volées? Non.

C'est invraisemblable de pas leur donner ce pouvoir. On le sait. Ils sont en première ligne.

A Nice, pendant l'attentat, qui sont les premiers à arriver? Eux. J'en ai parlé avec les policiers municipaux de chez moi.

Ca leur paraît fou furieux. Je ne veux plus de débats comme ça. 90 % de la population chez moi est pour l'armement de la police.

Ils se foutent de savoir s'ils sont de droite ou de gauche. C'est une minorité de gens. C'est caler un discours idéologique sur la réalité.

J'attends qu'on revoit le même maire et on en reparle dans 3 ans. - P.Cohen: Il explique que jusqu'en 2020, il n'y avait pas d'armement de la police municipale. - R.Ménard: Vous avez remarqué, l'extension...

Le trafic de drogue...

Vous croyez que la situation ne se détériore pas? Je suis la seule mairie Où il y a une brigade spécialisée dans les affaires de drogue. Les gens n'en peuvent plus.

Dans l'absolu, c'est pas notre boulot, vous avez raison. Je peux pas dire aux gens: "Attendez, c'est à l'Etat de faire le job. On va pas changer la situation." Les gens ne l'entendent pas. "Monsieur le maire, faites quelque chose." Alors je fais quelque chose.

C'est du pragmatisme. - A.-E.Lemoine: Je rappelle "Lettre à Clara".

Votre fille répond dans une lettre publiée à la fin de cet ouvrage. Restez avec nous pour le reste de l'actualité. - Je sors du bloc Et je sens une douleur sur mon genou droit.

Je dis: "Pourquoi j'ai mal là?" La personne qui est à côté de moi me dit: "Vous êtes rentrée pour être opérée du genou." "Pas celui-là, l'autre." - C'était votre bébé sourire? - Oui. ... - L.Amar: Cette histoire d'un chiffre qui fait froid dans le dos.

Chaque année en France, environ 30 000 patients décèdent des suites d'un accident médical. Des associations et des professionnels de santé ajoutent même que l'on recense tous les ans 160 000 fautes de ce type. C'est ce qui est arrivé à l'homme que nous avons rencontré cet après-midi.

Il s'appelle Maxime. En janvier, il entre à la clinique de Paris-Bercy pour une banale opération des sinus qui doit durer une heure. Il en ressort 5 heures plus tard avec un oeil en moins. - Je crois qu'il casse un peu pour nettoyer le sinus.

Il l'a cassé 2 fois, a priori. Il le retire avec un outil très puissant. Ca rentre dans mon nez.

Il a aspiré mon oeil dans la machine. Ils ont pas réussi à l'arrêter. Le chirurgien ophtalmo est venu en urgence.

A priori, c'est lui qui m'a sauvé la vie. Après, on m'a expliqué que ça pouvait être très grave. Je me dis: "Pourquoi moi?

Je suis un bon gars, un bon père de famille..." - L.Amar: "Le scandale des accidents médicaux", c'est le titre d'un livre paru aujourd'hui.

Son auteur est neurochirurgien et expert auprès de la Commission nationale des accidents médicaux. Il a pris la plume surtout pour en expliquer les causes. - Il y a plusieurs causes.

Un déficit dans la formation des médecins, qui a changé et qui ne s'est pas adaptée à notre société. Il y a des causes systémiques, c'est-à-dire la tarification à l'activité. On privilégie la quantité à la qualité.

Ca introduit une sorte de stress permanent. Pour soigner, il faut avoir du temps. Troisièmement, le nivellement par le bas.

On a dilué les services dans des pôles multidisciplinaires et où les administratifs ont pris le pouvoir sur les médecins. - L.Amar: Depuis 2023, une hausse de 13 % d'erreurs médicales déclarées.

Mais beaucoup d'incidents ne sont pas signalés. Dans le cas de Maxime, les premiers comptes-rendus postopératoires ne mentionnaient pas la disparition de son oeil gauche. Pourtant, les séquelles de l'intervention le suivront toute sa vie. - Au début, c'était compliqué même de marcher.

Quand vous vivez sans votre oeil gauche, vous avez une perte de repères que votre cerveau ne comprend pas. Vous compensez et c'est là que ça commence à tanguer. La précision, c'est compliqué.

Un trottoir, la journée, je vois qu'il y a un écart. La nuit, je ne vois pas. Si je regarde droit devant et que quelqu'un me dit de regarder à droite, mon oeil va rester ici...

Mes enfants ont eu peur et du coup, j'ai commencé à mettre les patchs. "On dirait un héros Marvel!" - L.Amar: Aujourd'hui, le héros Marvel se bat pour obtenir une réparation financière.

Il est accompagné par un avocat. Seul, il se heurterait à un système qui peine à reconnaître ses fautes. Une omerta, dit même le professeur. - Personne n'aime avouer qu'il s'est produit un accident.

Le médecin, dans l'enseignement qu'il reçoit, n'a pas une culture de sécurité. Pire, nous passons actuellement directement à la culture de la culpabilité, d'où ces non-déclarations et cette omerta. C'est la 1re mesure appliquée, qui est que les événements indésirables graves associés aux soins doivent être déclarés. - L.Amar: Il plaide pour la création d'une commission d'enquête parlementaire. - A.-E.Lemoine: Merci beaucoup, Louis.

Tout de suite, le 5/5 de L.Sénéchal. On commence avec cette passe d'armes entre D.Trump et E.Macron. - L.Sénéchal: Trump vient de virer P.Bondi.

C'est elle qui affirmait qu'elle avait, sur son bureau, tout le dossier Epstein prêt à être publié. Ca a expliqué en partie la défiance de la base Maga de D.Trump. - P.Cohen: Il a mis à sa place son ancien avocat personnel. - R.Ménard: Il est toujours surprenant! - L.Sénéchal: Il est toujours dans l'outrance, par exemple en ce qui concerne E.Macron. ...

Rires. - L.Sénéchal: Cette vidéo a été retirée du site de la Maison-Blanche sans explication, mais trop tard.

Il fait référence au geste, il y a près d'un an, au moment de l'ouverture de l'avion présidentiel...

Une petite chamaillerie de couple, avait dit E.Macron. Il a réagi aux propos de D.Trump. - E.Macron: On parle de choses trop graves.

On parle de guerre, de femmes et d'hommes qui sont au combat. De femmes et d'hommes et de civils qui sont tués, de la guerre qui sévit dans la région. Les propos que j'ai pu entendre, auxquels vous faites référence, ne sont ni élégants ni à la hauteur.

Voilà. Je ne vais pas y répondre. - R.Ménard: Il a raison.

C'est dégueulasse. Vous oseriez dire ça? J'ai envie d'être avec notre chef de l'Etat, quand même.

L'autre est un gros salopard qui dit des choses immondes. Il ment comme il respire. Il faut se lever tôt le matin avant de faire des commentaires politiques, parce que dans la nuit, avec le décalage horaire, il a pu changer d'avis sur à peu près tout. - L.Sénéchal: Vous ne trouvez pas qu'il a une énergie folle, comme disait Bardella? - R.Ménard: Il gagne du fric personnellement sur tous ses mensonges. - A.-E.Lemoine: Les propos de Trump sur l'Iran ont mis du carburant sur la hausse du prix de l'essence. - L.Sénéchal: Quelques heures avant son discours où il disait d'en finir avec l'Iran...

Il est revenu avec un discours va-t-en-guerre. Il a promis de renvoyer l'Iran à l'âge de pierre. Encore un demi-tour.

Ce qui est plus intéressant, c'est presque ce qu'il a dit avant son discours. - P.Cohen: Apparemment, il a tweeté ça par erreur.

Ca a été mis en ligne...

Elle devait pas être publique. - L.Sénéchal: C'est en marge d'un dîner pour Pâques à la Maison-Blanche. ...

Rires. - P.Cohen: C'est ce qu'il pense. - L.Sénéchal: C'est ce qu'il a dit à 3h du matin. - R.Ménard: Il est chef...

Le chef du Liechtenstein, ça n'a pas de conséquences. Là, il est à la tête de la plus grande puissance au monde. Je ne comprends même pas comment ils arrivent à supporter un type comme ça. - L.Sénéchal: Ca a fait remonter immédiatement les cours de la Bourse.

Plus 15 % chez nous. Des opposants de Trump collent des autocollants du président avec la mention "c'est moi qui ai fait ça", devant les prix exorbitants de l'essence. - P.Cohen: Mais beaucoup moins cher que chez nous. - L.Sénéchal: Maintenant, on est quasiment à 1,20 euro le litre aux Etats-Unis.

En France, la situation devient problématique. - On cherche de l'essence. Je n'ai plus de réserve. - Vous avez encore 10 kilomètres dans la réserve? - Max. - Je suis à la moitié du réservoir.

C'est un petit réservoir. - Vous anticipez un peu? - Voilà. - J'ai une petite retraite.

On voulait aller à Guérande pour un week-end de 3 jours. Ce n'est pas possible. Notre week-end est annulé. - L.Sénéchal: 92 % des Français se disent inquiets du prix de l'essence.

Avec les opérations prix bloqués de certaines entreprises, 16 % des stations se sont retrouvées à sec. La colère commence à déborder. La Coordination rurale a été reçue tout à l'heure au ministère de l'Agriculture après le blocage d'un dépôt de pétrole près de Caen. - A.-E.Lemoine: Les autoroutes toujours plus chères. - L.Sénéchal: Le 1er péage de France, c'était en 61, où? - A.-E.Lemoine: A Béziers! - L.Sénéchal: En Côte d'Azur. - Le chemin de la Côte d'Azur s'est raccourci par l'ouverture dans sa totalité de l'autoroute Esterel-Côte d'Azur, la 1re autoroute française à péage.

Il convient de noter que sa construction a coûté 22 milliards d'anciens francs. Désormais, grâce à ses 63 km d'autoroute, on mettra pour ce parcours moitié moins de temps. Appréciable pour les vacanciers pressés d'arriver à la mer.

Ils le sont toujours. - L.Sénéchal: Le gouvernement Villepin choisit de privatiser le réseau autoroutier pour 15 milliards d'euros en 2006.

Elles auront rapporté 76 milliards d'euros d'ici 2036, d'après un avocat spécialiste des actions collectives qui lance une procédure devant le Conseil d'Etat. Il demande aux 12 millions d'automobilistes en France qui ont un badge de télépéage de se joindre à lui. - Nous sommes aux portes de Toulouse.

Il y a une portion de l'A68 que peuvent emprunter les automobilistes. Pour cela, il faut payer 50 centimes d'euro. L'octroi était un impôt du Moyen Age payé par toute personne qui souhaitait rentrer dans la ville.

A Toulouse, c'est ce qui existe. Si vous voulez vous rapprocher de la ville centre, vous devez payer un impôt aux sociétés d'autoroutes, sachant qu'elles utilisent le tiers de cet impôt pour payer leurs actionnaires. - A.-E.Lemoine: Merci de votre présence, maître Lèguevaques.

Des péages qui sont vraiment dignes du Moyen Age. - Me C.Lèguevaques: L'Etat a demandé 15 milliards et ça va rapporter 75 milliards... - A.-E.Lemoine: L'Etat a privatisé les autoroutes en échange de 15 milliards d'euros, à l'époque.

Ca a rapporté... - Me C.Lèguevaques: 76 milliards si on considère que les péages d'ici la fin de la concession.

Il y a un 2e prix. Il y a des travaux qui sont faits chaque année. Ces travaux sont faits par qui?

Par des sociétés propriétaires d'autoroutes. On fait travailler des sociétés soeurs. On met de la valeur ajoutée là où on veut. - A.-E.Lemoine: Ce sont les automobilistes qui payent ça? - Me C.Lèguevaques: Oui.

A chaque fois que vous passez les péages, vous payez une redevance Pour services rendus disproportionnée par rapport au service rendu. - A.-E.Lemoine: Pourquoi? - Me C.Lèguevaques: Chaque fois que vous payez 100 euros de péage, il y a 33 euros qui partent en dividendes.

L'autoroute, c'est un service public administratif d'aménagement du territoire. Payer 33 % d'impôts, c'est anormal. La rentabilité de LVMH ou de Total est inférieure à 15 %.

Là, le service public doit payer 2 fois plus cher. - A.-E.Lemoine: Un Paris-Lyon sur l'A6, par exemple...

L'Inspection générale des finances exprime ce coût à 6 %. Comment justifier ça? - Me C.Lèguevaques: Le delta s'explique parce qu'il y a d'abord une indexation sur l'inflation.

Les prix, chaque année, au 1er février, sont augmentés en fonction de l'inflation de l'année d'avant. Le 2e facteur, c'est parce qu'il y a des travaux soi-disant faits pour entretenir le réseau. Encore faut-il que ces travaux existent.

C'est à peu près 5 milliards de travaux...

Vous payez des dividendes qui remboursent la dette. Là, vous avez des acteurs privés très puissants qui avaient les moyens de payer cash et qui ont fait un montage... - Me C.Lèguevaques: Ils se sont endettés.

Ils ont fait un LBO. Ca leur permet de faire des économies d'impôt de l'ordre de 700 millions d'euros. Ils ont fait le choix, plutôt que de rembourser le LBO, de se gaver de dividendes. - R.Ménard: Qu'une société privée gagne de l'argent, ça ne me choque pas vraiment.

C'est les chiffres qui me sidèrent. Qu'est-ce qu'il faut obtenir? Qu'ils baissent le prix du péage? - P.Cohen: Certaines concessions s'achèvent bientôt. - L.Sénéchal: 2031 pour les premières. - A.-E.Lemoine: Vous ne voulez pas que ça redevienne un service public... - R.Ménard: Il faut imposer des tarifs plus bas. - Me C.Lèguevaques: Il y a le passé et le futur.

Pour le passé, les usagers des autoroutes ont le droit de réclamer le remboursement Du trop-perçu. C'est l'objectif de la procédure. Si nous sommes assez nombreux... - A.-E.Lemoine: Vous êtes déjà 200 et quelques. - Me C.Lèguevaques: Si on est très nombreux, ce sera un moyen utile pour les pouvoirs publics de résister enfin aux sociétés d'autoroutes.

Dans le fameux rapport sénatorial dont je parlais, on explique que l'Etat a peur des sociétés d'autoroutes. Il a peur des procédures. Comme pour l'aéroport de Nantes, il y a des indemnités très fortes si jamais on ne respecte pas exactement le contrat.

Nous, on est en dehors de ça. On critique le contrat et on leur dit tout ce qui ne va pas et d'essayer, pour les prochains contrats, que ça ne se reproduise pas. - A.-E.Lemoine: Mais dans l'immédiat, vous ne réussirez pas à faire baisser le prix du péage, concrètement. - Me C.Lèguevaques: C'était une recommandation de l'IGF.

On demande aux juges de dire que les actes pris Par les ministres sont illégaux, que les augmentations sont illégales, qu'il y a un surprix, et donc tout ce qui est surprix doit être remboursé. - R.Ménard: Avec ce qu'on a payé comme autoroutes depuis... - Me C.Lèguevaques: Il y a prescription.

C'est pas au-delà de 5 ans. - A.-E.Lemoine: C'est 36 euros au départ, puis 46 euros si la procédure va jusqu'à l'indemnisation, avec en plus 10 % prélevés sur les sommes récupérées.

C'est un petit investissement que vous demandez aux automobilistes. - Me C.Lèguevaques: Oui.

C'est du classique, dans ce genre de procédure. - A.-E.Lemoine: Merci d'être venu sur notre plateau.

En route vers la Lune! - L.Sénéchal: Jusqu'ici, tout va bien.

Les 4 membres de l'équipage de la mission Artemis-2 sont à 60 000 km de la Terre déjà. Ils font plusieurs tours pour prendre de la vitesse. Ils feront la grosse poussée dans quelques heures pour s'extraire...

Rires. - A.-E.Lemoine: Tous ensemble! - L.Sénéchal: Pour s'extraire de l'attraction terrestre.

Dans 3 jours, ils seront en direction de la Lune. Le décollage a eu lieu hier. C'était notamment sur France 2.

Quelques chanceux étaient aux premières loges, vraiment. ...

Cris d'exclamation. ... - L.Sénéchal: A la télé et dans le jardin.

Il y a quand même un petit problème...

Dans les toilettes. 20 millions de dollars, les toilettes. On peut faire ses besoins la tête en bas.

Elles étaient en panne. Il a fallu plusieurs heures pour les réparer. Précision de la Nasa: le problème ne concernait que la récupération d'urine mais pas les matières fécales. - A.-E.Lemoine: On en vient au meilleur poisson d'avril. - L.Sénéchal: La RATP a déployé hier une campagne de pub dans le métro qui vantait sa nouvelle compagnie aérienne 100 % électrique avec des slogans accrocheurs.

Je vous en ai sorti quelques-uns. Les voici. - A.-E.Lemoine: Métro Javel, mais il n'y a pas de métro Java... - L.Sénéchal: C'est l'île de Java.

BlaBlaCar propose de faire des trajets non pas en voiture mais en calèche ou en poney. On a pris l'exemple de Paris-Béziers. On vous propose un service de cochevalage.

C'est un cheval d'avril. Certains médias s'y mettent, comme France.tv Slash, qui affirme que les ramasseurs de balles à Roland-Garros n'auront plus le droit de bouger pour esquiver les balles.

Ici Limousin, poisson d'avril interdit par la direction. Les équipes s'en émeuvent et parlent d'une tradition française ancestrale. ...

Radio Nova a prétendu avoir été assignée devant l'Arcom par M.Sardou qui s'indignait de l'absence de variétés françaises à l'antenne. J.-M.Aphatie a cru que R.Ménard rejoignait D.Lisnard.

Il a écrit ceci, pour rectifier. Vous n'étiez pas content. - R.Ménard: Je lui ai dit qu'il pourrait peut-être vérifier avant de le dire.

Je lui ai dit aussi qu'il pourrait s'excuser. Ca lui passe en travers de la gueule. Il en est incapable.

Ca m'exaspère. Je le connais. On était ensemble sur RTL. - A.-E.Lemoine: Vous n'avez jamais été piégé par un poisson d'avril? - R.Ménard: Tu le dis! - L.Sénéchal: Il l'a dit, là. - R.Ménard: Vu comme il le dit... - A.-E.Lemoine: C'est un travers de journaliste? - R.Ménard: De ne pas reconnaître ses erreurs? - A.-E.Lemoine: D'homme, je dirais. - R.Ménard: Parce que les femmes, elles sont mieux, dans ce domaine? - L.Sénéchal: On peut avoir une petite planche apéro?

Hier, c'était le championnat de France d'apéro. - R.Ménard: Je ne mange pas de ça. - L.Sénéchal: On va laisser faire les professionnels, qui se sont affrontés sous nos caméras. - J'ai associé feta, basilic et concombre.

J'ai associé également de la confiture de raisin avec le chèvre. - J'ai choisi de mettre des macarons, pour ceux qui veulent terminer sur une note sucrée et gourmande. - J'ai du chocolat à la chèvre. - 4,2 kg, je crois. - L.Sénéchal: Vous allez dire que les plus heureux, ce sont les jurés.

Pas forcément. - Il y avait 5 planches. J'ai goûté au moins 20 à 25 fois, déjà.

Le pire que j'ai fait, c'était 100 croissants d'affilée. - L.Sénéchal: On gagne 1000 euros, quand même. 2/3 des Français prennent l'apéritif au moins une fois par semaine.

Ca fait 40 millions d'apéros organisés chaque semaine en France. - A.-E.Lemoine: 40 millions! - R.Ménard: Des tapas, chez moi.

Maintenant, il y a une cuisine végétarienne. - A.-E.Lemoine: Partout en France, pas qu'à Béziers!

Béziers n'est pas le centre de la France, R.Ménard. "Lettre à Clara" est disponible en librairie.

Merci d'avoir accepté de nous parler de cette action collective.