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interviewRMC — Face à Face· 6 avril 2021 23 min

L'invité de Bourdin Direct : Valérie Pécresse - 06/04

Audio original de l'émission.

Transcription Whisper (large-v3), avec identification des locuteurs. À recouper avec la source d'origine.

0:00
Valérie Pécresse

Vous écoutez RMC. RMC Bourdin Direct.

0:05
Présentateur

Jean-Jacques Bourdin. Valérie Pécresse, bonjour. Merci d'être avec nous, présidente de la région Île-de-France du Mouvement Libre. L'école à la maison, ça commence aujourd'hui. Vous aviez demandé le 24 mars dernier l'avancée des vacances scolaires. Le gouvernement Emmanuel Macron vous ont écouté. Vous êtes, j'imagine, satisfaite, Valérie Pécresse.

0:33
Valérie Pécresse

Ce que j'ai voulu dire, il y a 15 jours, c'est que l'épidémie commençait à devenir hors contrôle dans les écoles. Et j'ai voulu tirer le signal d'alarme. C'est pour cela que j'avais fait cette proposition d'avancer les vacances scolaires. Le gouvernement a peu ou prou retenu ma proposition en mettant en distanciel les élèves à partir de cette semaine. Mettre en distanciel les élèves. Ça veut dire aussi que nous avons fait à la région Île-de-France le bon choix, celui d'accélérer la transition numérique et de donner des ordinateurs à chaque élève et à chaque professeur de façon à ce qu'on puisse vraiment travailler à la maison. Ordinateurs à chaque élève ?

Ordinateurs et tablettes numériques à chaque élève, à chaque lycéen et à chaque professeur en Île-de-France.

1:21
Présentateur

Chaque lycéen ?

1:22
Valérie Pécresse

Absolument. Nous sommes en charge du lycée. La région est en charge du lycée.

1:25
Présentateur

Oui, je sais.

1:26
Valérie Pécresse

Mais cette transition numérique, c'était un virage que nous avions pris. Et nous avons décidé d'accélérer avec la crise Covid. Bien nous en appris. Parce que ça permet aux lycéens de la région de pouvoir effectivement télétravailler. Ça n'est pas forcément le cas partout. Il y a une forme d'inégalité qui se crée avec cette fracture numérique qui est encore très présente dans les familles.

1:45
Présentateur

Est-ce que vous avez des signaux encourageants en région Île-de-France et dans les 16 départements ? Vous avez des informations évidemment. Encourageants, nous disant que finalement les premières mesures de restriction sanitaire sont efficaces. Est-ce qu'elles sont efficaces ?

2:03
Valérie Pécresse

Alors, ce qu'il faut aujourd'hui, c'est vraiment freiner la pandémie, pas seulement la ralentir. Alors oui, on voit des légers signes de ralentissement en Île-de-France. Encourageant. Mais ça n'est pas encore suffisant. Et cette décision de fermer les écoles, même si elle plonge certaines familles, j'allais dire, dans l'imprévu, l'impréparation, l'improvisation. Et que c'est toujours très compliqué à vivre quand on doit tout réorganiser du jour au lendemain. J'aurais aimé être entendu plus tôt. Et j'aurais aimé qu'on donne un préavis à toutes ces familles pour qu'elles puissent se réorganiser. Mais néanmoins, c'était la bonne décision. De même, il faut continuer à télétravailler massivement.

Parce que où est-ce qu'on se contamine ? On se contamine dans les établissements scolaires. Mais on se contamine aussi au bureau, notamment à la cantine, au restaurant d'entreprise. Donc il faut continuer de télétravailler massivement.

2:56
Présentateur

Les amendes sont-elles assez fortes ? Je vous dis ça parce que que constate-t-on en Ile-de-France, notamment, mais pas qu'en Ile-de-France ? On constate des groupes de personnes qui se réunissent, je ne sais pas, pour prendre l'apéritif dehors. On constate, comme ça s'est passé à Paris dans le 9e arrondissement, une messe célébrée dans une église, avec des fidèles qui sont là sans aucune règle sanitaire. Est-ce qu'il faut, je ne sais pas moi, multiplier les contrôles, alourdir les amendes, comme ça se fait dans d'autres pays d'Europe ?

3:30
Valérie Pécresse

Aujourd'hui, on est passé dans une 3e phase de l'épidémie. Je crois que c'est celle de la responsabilisation individuelle. Il faut que les Français se sentent responsables. Il faut qu'ils se protègent et qu'ils protègent les plus fragiles. Donc il faut que nous soyons disciplinés, disciplinés, que nous respections les consignes. C'est encore un mois, on voit bien, on est dans une course contre la montre, entre la vaccination et le virus.

3:55
Présentateur

Vous croyez, à la date du 15 mai, au début de la réouverture, le 15 mai, franchement ?

4:02
Valérie Pécresse

Tout va dépendre de la campagne de vaccination. Il faut une campagne de vaccination pied au plancher, en accélération permanente. Et si c'est le cas, alors oui, on peut envisager des réouvertures à partir de la mi-mai. Mais ça dépendra évidemment du gouvernement, de sa capacité à organiser la campagne vaccinale. Et ça dépendra aussi, vraiment, de l'autodiscipline des Français. Et c'est pour ça que moi, je les appelle à respecter, même si parfois ça peut paraître ubuesque. Même si quand on sort l'attestation avec les 10 cases à cocher, ça peut paraître bureaucratique. Il faut le faire. Il y avait d'autres solutions. Il faut le faire pour protéger les autres et se protéger soi-même.

4:41
Présentateur

Il y avait d'autres solutions, franchement ?

4:43
Valérie Pécresse

Je ne crois pas. Je ne crois pas.

4:44
Présentateur

Vous pensez que le gouvernement, finalement, a pris les bonnes mesures et applique et fait appliquer ce qui doit être appliqué ?

4:53
Valérie Pécresse

Ce que je crois, c'est qu'il fallait, il faut, dans cette pandémie, à chaque fois, prendre les décisions qui ont le moins d'impact sur l'activité économique. Parce que la crise économique et sociale, elle est réelle et elle s'ajoute à la pandémie. Alors ça veut dire quoi ? Ça veut dire que je pense que le gouvernement a bien fait de ne pas reconfiner en janvier. En revanche, ce que j'ai trouvé flou et un peu hésitant, c'est les semaines qui ont suivi le retour des vacances de février. C'est le mois de mars. Pendant le mois de mars, il y a eu une forme de valse hésitation avec un gouvernement qui, visiblement, ne voulait pas prendre les décisions et qui a été un peu acculé à le faire.

Mais aujourd'hui, je pense qu'il y a sans doute trop attendu en mars. Mais maintenant, les décisions sont prises. Ce sont les bonnes décisions et il faut les respecter.

5:41
Présentateur

Il faut les respecter. Vous lancez un appel à la responsabilité des Français. Oui, mais parlons de vaccination. Est-ce que les Français sont responsables ? Quand vous voyez que dans le nord, il y a beaucoup de Français qui refusent le vaccin AstraZeneca. Quand vous voyez qu'au stade de France, et vous allez me confirmer si c'est vrai, il y a beaucoup d'habitants de Seine-Saint-Denis ou d'autres départements d'Île-de-France qui refusent le vaccin Moderna. Vous confirmez, c'est vrai ?

6:10
Valérie Pécresse

Aujourd'hui, pour le stade de France, c'est plus une difficulté. Ouverture aujourd'hui, la vaccination au stade de France, c'est un vaccinodrome géant qui ouvre aujourd'hui en Île-de-France. Il y en a déjà un d'ouvert, c'est le vaccinodrome de Saint-Antoine-Île-Ville, il est plein. Donc le sujet, c'est d'amener les francisciliens à la vaccination, de les amener, de les convaincre. Donc cette question de vaincre la défiance vis-à-vis des vaccins, moi je crois qu'il faut qu'on utilise toute une série de nouveaux moyens. Peut-être vacciner des prescripteurs d'opinion. Par exemple, vous M. Bourdin, par exemple... J'ai reçu ma première dose.

Ah ben voilà, mais non mais typiquement, des artistes, des sportifs, des personnalités, les vacciner pour dire, ça n'est pas dangereux, allez-y, on peut le faire. Sur le vaccinodrome de Seine-Saint-Denis, du Grand Stade, il faut aussi en faire la publicité. Moi je suis prête par exemple, dans les RER, dans les métros qui passent à Seine-Denis, à dire, il y a ici un vaccinodrome, venez faire vacciner.

7:11
Présentateur

Il n'y a pas assez d'action, on ne communique pas suffisamment.

7:15
Valérie Pécresse

Il faut aller chercher les Français et il faut aller les convaincre de se faire vacciner.

7:19
Présentateur

Oui, parce qu'en Seine-Saint-Denis, on n'a pas très envie, apparemment, on n'a pas très envie, je ne sais pas, mais dans tous les cas, ça ne rencontre pas le succès attendu.

7:26
Valérie Pécresse

Mais vous savez, il y a beaucoup de Français qui ne savent d'abord pas comment faire pour aller se faire vacciner, qui ne connaissent pas bien les procédures, qui ont peut-être passé des heures déjà au téléphone à trouver des créneaux de rendez-vous. Donc ces Français-là, il faut aller les chercher. Nous, nous avons organisé des processus d'aller vers, aller vers les personnes pour leur dire, venez vous faire vacciner. Les transports à la demande en Ile-de-France, dans le milieu rural, aujourd'hui, sont gratuits pour pouvoir amener les personnes qui habitent, les habitants des villages, pour pouvoir les amener dans les villes qui procèdent à la vaccination.

8:02
Présentateur

Mais est-ce qu'il n'y a pas un risque aujourd'hui ? Les Français ont envie de choisir leur vaccin.

8:06
Valérie Pécresse

C'est le risque. C'est le risque. Alors, face à cela, je vais vous dire. Oui, que faire ? Je vais vous dire, Jean-Jacques Baudin, il y a beaucoup de Français qui sont prêts à se faire vacciner avec le vaccin AstraZeneca. Il y en a plein. Donc si on s'aperçoit que les personnes prioritaires, c'est trop restrictif et qu'on n'arrive pas et qu'on reste avec des doses, il faut se fixer un principe simple. Zéro gaspillage, zéro stock. Zéro gaspillage, zéro stock, ça veut dire pouvoir ouvrir la vaccination au-delà des personnes autorisées, s'il reste des stocks, s'il reste des vaccins.

Par exemple, sur le AstraZeneca, dire, écoutez, toutes les personnes de plus de 55 ans, puisque c'est réservé pour les personnes de plus de 55 ans, même si elles ne sont pas fragiles, même si elles n'ont pas de comorbidité, comme on dit, même si elles n'ont pas de maladie, toutes les personnes de plus de 55 ans pourront y avoir droit. Et vous verrez, petit à petit, que nous irons vers l'immunité collective, parce que c'est ça le but. Mais il faut qu'il y ait zéro stock et zéro gaspillage. Le maire de Cannes, David Pissnard, l'a fait. Quand il avait des doses en trop, il a vacciné tous ceux qui passaient à proximité, qui étaient prêts à se faire vacciner.

Je crois qu'il faut qu'on soit très pragmatique.

9:18
Présentateur

Les autotests, bientôt disponibles en pharmacie, à partir du 12 avril, doivent-ils être aussi vendus en grande surface ?

9:25
Valérie Pécresse

Sur les autotests, j'ai tout de suite alerté le gouvernement, ils devaient être réservés aux lycéens et aux étudiants. Pour moi, c'était incompréhensible. D'abord, parce que, mère d'adolescent, je sais que les autotests, et pour les jeunes, ce n'est pas forcément ceux qui iront plus se tester, mais parce que je pense qu'il faut les ouvrir au grand public. Donc déjà, le fait qu'ils arrivent en pharmacie le 15 avril, qu'ils soient mis en vente libre, est déjà une bonne nouvelle. Mais on a trop tardé sur les autotests. Dans les autres pays, ils sont en vente libre depuis très longtemps.

9:59
Présentateur

Bien sûr. Donc il faut absolument permettre leur vente dans les grandes surfaces.

10:04
Valérie Pécresse

Dans les pharmacies, en tout cas, c'est indispensable. Et pourquoi pas dans les grandes surfaces ? Moi, je n'y suis pas du tout hostie.

10:09
Présentateur

Vous n'êtes pas opposé. Bien, les aides. Je sais que la région prévoit de nouvelles aides. Vous aviez versé en novembre une aide forfaitaire de 1 000 euros à tous les commerçants, les cafetiers, les restaurateurs, les artisans. Vous allez renouveler cette aide ?

10:25
Valérie Pécresse

Absolument. Nous avons eu 10 000 commerces, restaurateurs, qui ont dû fermer en novembre. Que je n'appellerai pas non essentiels, parce que cette expression a été préventable. Des commerçants qui ont été obligés de fermer en novembre, pour la deuxième fois, nous en avons aidé 10 000 avec cette aide au loyer. Nous allons réouvrir cette aide de 1 000 euros pour tous les commerçants, les artisans, les services qui sont obligés de refermer durant ce mois d'avril. Et donc, ce sera à partir de jeudi, sur le site de la région Île-de-France.

10:55
Présentateur

Et pour les étudiants ?

10:57
Valérie Pécresse

Alors, les étudiants, c'est un cas très particulier. Vous savez que nos étudiants, malheureusement, depuis septembre, ils ne sont pratiquement pas retournés en cours. Très peu pour les travaux dirigés, ou une fois par semaine depuis le mois de janvier. Donc, ces étudiants, ils ont en Île-de-France un pass pour se transporter, qui s'appelle le pass imaginaire, qui est un pass annuel, qu'on ne peut pas suspendre, parce que c'est un pass annuel à tarif réduit. Et donc, nous avons décidé de faire un geste, un geste de dédommagement vis-à-vis des familles qui ont pris ce pass. Et donc, nous rembourserons trois mois de pass imaginaire. Ça correspond à 85 euros.

Et ce sera à partir du 22 avril, sur le site d'Île-de-France Mobilité.

11:36
Présentateur

Aide aussi au club de sport de la région, je crois.

11:39
Valérie Pécresse

Alors, là aussi, nous avons fait beaucoup d'aides pour le secteur de la culture, vous le savez, qui est à l'arrêt. Mais il y a un secteur qui avait été totalement oublié, qui était le secteur sportif. Aujourd'hui, près d'un tiers des licenciés n'ont pas renouvelé leur licence, cette année. Donc, ça veut dire que les clubs sportifs sont à l'agonie. Un certain nombre d'entre eux risquent de fermer, notamment des petits clubs, des clubs de proximité, qui vivent avec des bénévoles, qui n'ont plus un euro. Donc, j'ai décidé, en Île-de-France, de faire un plan massif de soutien à l'ensemble du mouvement sportif.

Ça veut dire que tous les clubs pourront être aidés, en fonction, évidemment, de leur taille, de leur rayonnement, si ils sont départementaux, régionaux. Et nous ferons cela pour leur permettre de se relancer, de redémarrer, de racheter des équipements pour l'été.

12:27
Présentateur

Nous parlons de la région, parlons des élections régionales, qui doivent avoir lieu régionales et départementales les 13 et 20 juin prochains. Il faut les maintenir, à tout prix ?

12:37
Valérie Pécresse

Vous savez, une élection, c'est un rendez-vous avec le peuple. Et les rendez-vous avec le peuple, ça ne doit se modifier qu'en cas de motif impérieux. Alors oui, nous avons tous décidé, de manière très responsable, toute la classe politique, que voter en mars, puisque les élections régionales et départementales devaient avoir lieu ce mois-ci, enfin le mois dernier d'ailleurs, le mois dernier, nous avions décidé qu'en mars, c'était trop dangereux. Parce que nous étions instruits par l'expérience de 2020. Mais en revanche, nous savons aussi, l'avis du Conseil scientifique le dit bien, qu'en juin, c'est possible de voter. Donc, il faut organiser la campagne zéro Covid.

La campagne zéro Covid, c'est une nouvelle campagne. C'est une campagne où on s'engage, nous les candidats potentiels, nous les candidats potentiels, les candidats potentiels. Il faut que nous nous engagions tous.

13:27
Présentateur

Je comprends que vous souriez, mais...

13:28
Valérie Pécresse

Nous nous engagions tous, que nous nous engagions tous à ne pas faire de meeting, à vacciner les assesseurs des bureaux de vote. Vous vous engagez. Et à mettre en place un protocole sanitaire qui sache qu'il soit protecteur de tous ceux qui vont aller voter.

13:45
Présentateur

Il faut vous engager à faire campagne.

13:48
Valérie Pécresse

Oui, je crois que toute la classe politique doit s'engager. Pourquoi ? Parce que le grand risque, c'est l'abstention. Le grand risque, c'est que les Français se détournent d'élections qui ne sont pas secondaires. Parce que c'est très important, les départements et les régions. Et on l'a vu dans cette crise Covid.

14:01
Présentateur

J'imagine que vous avez remarqué les propos de Xavier Bertrand qui affirme que s'il est battu dans les Hauts-de-France, il se retirera de la vie politique. Vous aussi ?

14:12
Valérie Pécresse

Absolument. Absolument. Si vous êtes battu

14:16
Présentateur

en Ile-de-France, vous vous retirez de la vie politique.

14:18
Valérie Pécresse

À ce stade, je ne suis pas candidate comme vous l'avez compris. Non, mais je vous le dis pourquoi ? Parce que les Franciliens attendent de moi des actions concrètes comme celles que j'annonce aujourd'hui. Et que ces actions concrètes, je dois les faire de manière consensuelle avec...

14:32
Présentateur

Avec une équipe, un programme...

14:34
Valérie Pécresse

Non, non. Et puis avec tous les partis qui votent à l'unanimité en général les mesures de lutte contre la crise Covid. Donc aujourd'hui, nous ne sommes pas dans le temps de la campagne. Nous ne sommes pas encore dans le temps du clivage politique. Mais ça va venir. Ça va venir. Mais là où vous avez raison, c'est que pour moi comme pour d'autres, je crois qu'à mon âge, si les Franciliens ne me faisaient pas une nouvelle fois confiance, ça voudrait simplement dire qu'ils ne veulent plus de moi dans le paysage politique.

15:03
Présentateur

Est-ce qu'il s'est présenté à contre-temps, Xavier Bertrand ? À contre-temps de ce que vivent les Français, Valérie Pécresse ?

15:12
Valérie Pécresse

Vous savez, chacun a son calendrier. Oui. Ce que je ressens profondément dans ma région qui est la plus touchée par la crise Covid, c'est que les Franciliens, mes administrés, attendent de moi que je sois le matin et le soir au four et au moulin en train d'organiser la campagne de vaccination. Ils n'ont pas trop

15:29
Présentateur

candidat à la présidence de la République.

15:31
Valérie Pécresse

En tout cas, pour moi, ce qui est clair, c'est que le temps des campagnes n'est pas venu et mes administrés ne l'accepteraient pas.

15:39
Présentateur

Bien. Vous attendez l'automne. Vous attendrez l'automne. Après les élections régionales. Si j'ai bien compris, Valérie Pécresse... Écoutez,

15:46
Valérie Pécresse

le moment n'est pas venu d'en parler, M. Bourdin.

15:49
Présentateur

Avec une primaire à droite. Indispensable selon vous ? Primaire très ouverte ?

15:53
Valérie Pécresse

Ce qu'on voit à droite, d'abord ce qu'on voit, c'est que les solutions de la droite sont les bonnes pour le pays. On le voit aujourd'hui, il y a un besoin d'autorité, il y a un besoin de lutter contre les gaspillages, contre la bureaucratisation, il y a un besoin de liberté, d'autorité, de liberté, c'est les valeurs cardinales de la droite dans ce pays. Donc, ça veut dire quoi ? Ça veut dire qu'il y a besoin d'un candidat de la droite qui défende ces valeurs-là. Et ce candidat de la droite, pour l'instant, il n'émerge pas naturellement. Comme il n'émerge pas naturellement, ça veut donc dire qu'il faudra un processus de départage, une primaire.

Et moi, je ne crois pas qu'il faille avoir peur d'une primaire. Je crois qu'au contraire, ça peut réintéresser les Français au débat politique. Et j'ajoute que la droite, depuis des années, elle a un problème. Elle a un problème de crédibilité. Et ce problème de crédibilité, nous, les présidents de région, nous l'avons surmontée. Parce qu'avec les bilans que nous avons dans nos régions, nous pouvons afficher des résultats. Et c'est ça que les Français veulent de leur politique. Ils veulent des résultats. Beaucoup plus que de l'idéologie.

16:56
Présentateur

Vous avez rencontré Édouard Philippe. Voilà un candidat de droite, pourquoi pas ? Valérie Pécresse, pourquoi pas ? Vous allez lire son livre ? Vous avez reçu son livre ? Vous l'avez lu ? Que vous a-t-il dit ? Vous a parlé de la présidentielle ou pas ? Parce qu'il nous voit un peu. Il n'est ni candidat à l'Élysée, ni soutien d'Emmanuel Macron, déclaré pour l'instant.

17:16
Valérie Pécresse

J'ai déjeuné avec Édouard Philippe, effectivement, et ce que j'ai ressenti, c'est d'abord que c'était un homme libre. Libre, mais loyal.

17:23
Présentateur

Libre et loyal.

17:25
Valérie Pécresse

Et donc, la loyauté, la loyauté, me semble-t-il, l'empêcherait de se présenter contre la personne qui l'a nommée Premier ministre.

17:32
Présentateur

En tout cas,

17:32
Valérie Pécresse

c'est ce que j'ai ressenti.

17:33
Présentateur

C'est ce que vous avez ressenti ? C'est ce qu'il vous a dit ?

17:36
Valérie Pécresse

C'est ce que j'ai ressenti et nos échanges resteront entre nous.

17:38
Présentateur

Bon, un mot sur la région. Si vous êtes réélu président de région, mettrez-vous en place une éco-taxe en Ile-de-France ?

17:49
Valérie Pécresse

Ce que je souhaite, c'est que l'Ile-de-France cesse d'être traversée par des poids lourds qui viennent de tous les pays d'Europe et qui nous polluent, qui abîment nos routes et qui ne versent aucune contribution à la région. Ce n'est pas normal. Vous savez comment sont faites les routes en France ? Elles vont toutes vers l'Ile-de-France. Et donc, pour les habitants, c'est une nuisance terrible. Donc, ce que je souhaite, c'est que les poids lourds en transit payent une éco-taxe. Ce qu'on me dit, c'est que c'est illégal, que le droit européen m'en empêche et qu'il faudrait taxer tout le monde.

Alors, ça me fait réfléchir et j'essaye de trouver le moyen de faire en sorte que toutes les entreprises franciliennes qui, elles, font des livraisons ne soient pas taxées mais que je puisse taxer uniquement les poids lourds en transit. C'est ça mon projet.

18:33
Présentateur

Bien, je dis à l'Assemblée nationale et je souhaite... Mais en revanche,

18:36
Valérie Pécresse

j'aimerais faire un fonds pour verdir la flotte des poids lourds qui circule en Ile-de-France, toute la flotte de poids lourds et y mettre l'argent de cette éco-taxe.

18:43
Présentateur

Bien. Valérie Pécresse, je dis à l'Assemblée nationale, une proposition de loi sera débattue pour légaliser le suicide assisté, ce que l'Espagne vient de faire, d'ailleurs, à son tour. Si vous étiez député, est-ce que vous voteriez ce texte, cette proposition de loi ?

19:01
Valérie Pécresse

C'est un débat qui touche à l'intime et sur lequel le vote doit se faire totalement en conscience. Moi, ce qui me gêne dans cette proposition de loi, c'est que je pense que c'est un sujet tellement grave qui mériterait non pas d'être examiné comme ça à la va-vite sans en mesurer toutes les conséquences, mais ça mériterait de faire un grand débat national. Un grand débat national qui d'abord... Non mais c'est important. Tout le monde répond

19:26
Présentateur

quand je pose la question. Oui, mais je vais vous dire pourquoi. Quand on est opposé, au lieu de dire non, je suis contre, on me dit il faut organiser un grand débat national.

19:32
Valérie Pécresse

Mais parce que la réalité est beaucoup plus complexe que ça et que je ne peux pas répondre par un oui ou par un non à votre question. Moi, je suis très préoccupée par l'inégalité devant la mort que vivent les Français aujourd'hui. Je suis très préoccupée de voir que la loi Leonetti n'est pas suffisamment bien appliquée, que l'accès aux soins palliatifs, ça dépend de si vous êtes riche ou pas riche, de si vous habitez dans une métropole ou dans un quartier populaire ou dans une zone rurale. Donc déjà, faire une évaluation de la loi Leonetti, comprendre pourquoi les soins palliatifs, ça ne marche pas partout, pourquoi on ne peut pas faire des soins palliatifs à la maison.

Donner déjà cette possibilité des soins palliatifs pour tous, c'est un préalable. Et ensuite, réfléchir. Mais vous savez, dans la loi, vous dites suicide assisté, mais il y a plusieurs possibilités. Il y a le suicide assisté où c'est vous-même qui décidez de votre mort et où on vous permet de vous suicider. C'est ce qui se passe en Suisse. Et puis, vous avez une autre solution qui est une solution belge qui est le médecin qui lui-même vous administre le produit. Sur tous ces sujets-là, on n'a pas tranché. Aujourd'hui, on n'a pas eu le débat de savoir quel était notre projet de société, nous, la France. Qu'est-ce qu'on veut ? Quelle est la solution qu'on choisit ?

Donc moi, je crois vraiment que ce débat, il faut le prendre. Je pense que c'est un débat de la présidentielle de 2022. Je pense qu'on n'en fera pas l'économie parce que je pense que dans notre société, tout le monde veut le droit de mourir dans la dignité mais personne ne sait exactement ce qu'il met derrière et il faut protéger les plus fragiles parce que la vérité de ce genre de loi, c'est que pour 80% des personnes, ce sont des lois qui s'appliqueront sans problème et puis il y aura les personnes très fragiles et ceux-là, on pourra abuser d'elles. Donc oui, je demande un grand débat et ça veut dire que je suis très ouverte sur cette question.

21:14
Présentateur

Et dernière question, autre texte, autre proposition de loi qui n'a pas été débattue encore, le délai de recours de deux semaines à propos de l'IVG qui passerait donc de 12 à 14 semaines, est-ce que vous y êtes favorable ? Parce que les Républicains sont contre.

21:34
Valérie Pécresse

Simone Veil était la présidente de mon comité de soutien en 2010 et donc évidemment, moi je suis très attachée en tant que femme au libre choix. Il ne peut pas y avoir de grossesse non désirée dans ma région. Est-ce que vous êtes favorable au délai porté à 14 semaines ? Et donc, j'ai un vrai partenariat avec le planning familial. J'essaye de travailler sur la prévention des interruptions volontaires de grossesse. Mais à ce stade, moi je suis très attachée aux équilibres de la loi Veil. Je ne suis pas certaine qu'il soit nécessaire d'augmenter ce délai. Il faudrait vraiment qu'on me prouve que beaucoup... que beaucoup de jeunes actuelles, de crise sanitaire où l'on ne peut pas voyager.

Il faudrait qu'on me prouve que beaucoup de femmes ont été privées de la possibilité de mettre fin à leur grossesse parce que ce délai est trop court. Il faudrait qu'on me prouve. Vous êtes contre

22:24
Présentateur

le recours à 14 semaines ?

22:26
Valérie Pécresse

Pour l'instant, je n'ai pas eu la preuve que ce soit nécessaire. Si on me le prouve, peut-être que dans la période Covid, effectivement, il y a eu des retards, mais moi je n'ai pas cette impression-là, je n'ai pas ce ressenti-là.

22:39
Présentateur

Merci Valérie Pécresse d'être venue nous voir ce matin sur RMC BFM TV.