Interview de Thierry Mariani, candidat sur la liste RN aux élections européennes.
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« J'ai été élu local dans le sud de la France, maire d'une ville de 9000 habitants »
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« J'ai été aussi député du Vaucluse et des Français de l'étranger »
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« J'ai été ministre des Transports pendant deux ans »
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« Au niveau du traité de Marrakech, je constate simplement que les Républicains, là aussi au Parlement européen, ont voté le principe de ce traité l'année dernière »
- 2:10Invité politiqueFait
« la même lutte contre l'immigration, la même protection de notre identité »
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« je suis persuadé que Macron sera très vite oublié, aussi vite que François Hollande »
- 4:21Invité politiqueFait
« aujourd'hui la guerre est quasiment gagnée »
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« J'ai honte quand je vois M. Juncker, à moitié titubant, faire représenter l'Europe à l'étranger »
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« un président qui a une telle arrogance, qui a un tel mépris pour les Français »
Temps de parole
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Bonjour, Thierry Mariani, je suis né dans le sud de la France, dans le Vaucluse, à Orange. J'ai grandi d'ailleurs dans cette région, puisque j'ai fait mes études, petits séminaires à Avignon, à l'école militaire à Aix-en-Provence, avant de monter à Paris pour faire des études de droit international. J'ai été élu local dans le sud de la France, maire d'une ville de 9000 habitants, et je crois que c'est important, parce que c'est là qu'on apprend vraiment la réalité du terrain.
J'ai été aussi député du Vaucluse et des Français de l'étranger, et c'est une expérience qui m'a beaucoup appris, parce que nos millions de compatriotes qui vivent à l'étranger, c'est aussi une certaine image de la France, et c'est aussi des Français au service de nos entreprises, qu'on oublie trop souvent.
Enfin, j'ai été ministre des Transports pendant deux ans, et ça m'a donné effectivement l'expérience de la coopération européenne, parce que le ministre des Transports, vous participez à des conseils avec vos collègues, et ça m'a donné une idée à la fois de la lourdeur de la machine de Bruxelles, mais aussi, si on l'a réutilisé dans le bon sens, des potentialités de ce qu'on peut faire de l'Europe, en n'oubliant pas que c'est-à-dire qu'elle doit servir l'intérêt des peuples. J'ai rejoint la liste du Rassemblement National, parce que j'étais dans un parti politique où, ces dernières années, trop souvent, le discours n'avait rien à voir avec la réalité des votes.
Regardez ce qui se passe, par exemple, au niveau des élections européennes. Entre le discours des Républicains à Paris et les votes à Bruxelles, vous voyez toute une série d'incohérences. Au niveau du traité de Marrakech, je constate simplement que les Républicains, là aussi au Parlement européen, ont voté le principe de ce traité l'année dernière. Donc, en réalité, on ne peut pas tenir un double discours. Et puis, surtout, je pense aussi que la France est dans une période où tous ceux qui ont la même idée de la France et la même idée de l'avenir de notre pays doivent se rassembler.
Aux Républicains, j'étais mal à l'aise ces derniers mois, puisque j'étais l'un des rares à prôner une alliance de tous ceux qui défendent la même notion de la France, la même lutte contre l'immigration, la même protection de notre identité. Voilà pourquoi aujourd'hui, j'ai rejoint, comme Jean-Paul Garraud d'ailleurs, le Rassemblement national. Et finalement, je vais vous faire une confidence. J'ai fait une erreur, j'aurais dû le faire plus tôt.
L'Europe de Seguin, parce que d'abord, dans mes souvenirs de jeunesse, hélas, aujourd'hui, moi, je me souviendrai toujours de cette campagne extraordinaire de 1992 contre le traité de Maastricht, avec ce qui s'appelait à l'époque Demain la France, Philippe Seguin, Charles Pasquois, mais aussi à côté de nous, et qui défendaient les mêmes positions, eh bien, Philippe Devilliers ou Jean-Marie Le Pen au Front National. Parce qu'en réalité, déjà, on voyait que, quelle que puissent être nos oppositions, sur les sujets essentiels, on pouvait se retrouver.
Voilà, et donc, Philippe Seguin, c'est aussi l'image d'une certaine intransigeance en politique, d'une certaine exigence en termes de morale, et puis aussi quelqu'un qui croyait à la France et qui voulait avant tout que l'Europe soit au service des nations, plutôt que les nations au service d'une administration européenne. Le russe, c'est presque par hasard. J'étais à l'école militaire, et pour des raisons que vous pouvez deviner, la guerre froide était encore là, il fallait apprendre le russe.
Après, je me suis passionné pour la Russie, passionné pour son histoire, et quand je suis arrivé à l'Assemblée nationale, il y avait peu de personnes qui avaient des notions de russe, et traditionnellement, ou plutôt logiquement, j'étais envoyé dans toutes les missions en Russie. Et puis la Russie, c'est aussi l'image d'un État qui sait se faire respecter, d'un État qui avant tout défend ses nationaux, d'un État qui a, même si en France, certains qui le connaissent mal le combattent, un État qui a un vrai chef d'État. Donc la Russie, ce n'est pas mon modèle, attention, il ne faut pas caricaturer, mais je dis que par moments, il faut regarder des États qui savent se respecter.
Je pense que dans l'histoire, il restera des personnages, et je suis persuadé que Macron sera très vite oublié, aussi vite que François Hollande, et je suis persuadé qu'en Russie, il y a un chef d'État qui continue, aujourd'hui comme demain, à marquer l'histoire. La Syrie, avant tout, c'était au départ pour soutenir les chrétiens d'Orient. Aujourd'hui, la guerre est quasiment gagnée, mais souvenez-vous à l'époque de ces massacres qu'on veut trop vite oublier pour réhabiliter ces terroristes. Eh bien, la Syrie, c'était aussi l'intérêt de la France. Moi, je préfère toujours la réelle politique aux idées généreuses qui aboutissent à une catastrophe.
La France a intérêt à soutenir l'État et le gouvernement qui combattent le terrorisme, qui éliminent nos ennemis. Et donc, oui, je suis allé en Syrie à de plusieurs reprises, j'y retournerai pour soutenir les chrétiens d'Orient. Et puis, parce que le combat du gouvernement syrien, même si on est loin de partager toutes ses orientations, eh bien, contre le terrorisme, c'est le même combat. Cette campagne électorale, c'est une formidable opportunité pour les Français, une formidable opportunité pour changer l'Europe, pour remettre chaque citoyen, chaque nation au centre de l'Europe. Moi, j'ai honte quand je vois M. Juncker, à moitié titubant, faire représenter l'Europe à l'étranger.
J'ai honte quand je vois nos intérêts brader au profit d'une administration qui nous dicte ses règles. Et donc, je me suis engagé dans cette liste avec Jordan Bardella et avec Marine Le Pen pour que la France soit remise au centre de nos préoccupations. Et puis, après tout, on n'avait pas décidé que les européennes, c'était pour ça. Mais allez, résistons pas. L'Europe, c'est aussi l'occasion de dire à M. Macron, stop ou encore. Et en votant pour nous, vous appuyez sur le bouton stop parce qu'on ne peut plus continuer à avoir un président qui a une telle arrogance, qui a un tel mépris pour les Français. Et vous ne trompez pas. Si au soir du 26 mai, la liste de M.
Macron est en tête, ce que vous avez connu pendant deux ans, c'était à peine le hors d'oeuvre de ce qu'on connaîtra les trois prochaines années.
Thierry Mariani