Invité : Nicolas Dupont-Aignan - Audition publique (03/12/2018)
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Bonsoir Nicolas Dupont-Aignan et l'invité d'audition publique, le président de Debout la France est avec nous. Merci d'avoir répondu à l'invitation des chaînes parlementaires de l'agence France Presse et du Figaro. Vous êtes bien sûr notre invité alors que la France est plongée dans une crise politique majeure. On ne voit toujours pas ce soir comment le pays va en sortir. Le pire, l'iton, n'est pas exclu puisqu'il y a également des contestations. On le voit également dans les cortèges sur le plan institutionnel. Nicolas Dupont-Aignan avec moi ce soir pour vous interroger Anne Renaud de l'AFP et Yves Réard du Figaro qui sont déjà là pour la première partie de l'émission.
Il y aura tout à l'heure les journalistes Oriane Mancini et Brigitte Boucher de Public Sénat et de la chaîne parlementaire Assemblée Nationale. Et puis il y aura également dans environ 20 minutes maintenant deux parlementaires sur ce plateau pour dialoguer. Vous interpellez également le député La République En Marche Hervé Berville et le sénateur socialiste Jérôme Durin. Et puis bien sûr comme chaque semaine pour ceux qui nous suivent sur le Figaro Live, ils peuvent intervenir bien sûr via le chat, poser leurs questions. Eux aussi, vous aussi, vous pouvez interpeller notre invité. Et bien sûr je me ferai le relais de vos réflexions, de vos questions également.
Nicolas Dupont-Aignan, vous avez enfilé le gilet jaune dès l'origine, dès le 17 novembre dernier. Et peut-être est-ce du mimétisme ? En tous les cas, tout à l'heure, vous avez claqué la porte du bureau du Premier ministre, car la diffusion en direct sur Facebook vous a été refusée. Mais est-ce à la hauteur de l'enjeu ? Est-ce digne d'un élu ?
Écoutez, la crise de confiance entre les élus de la République et le peuple français est totale. J'étais content d'aller voir le Premier ministre. J'ai simplement demandé, très poliment, que cet entretien qui allait parler des Français soit accessible aux Français. C'est tout, et je pensais que c'était un bon moyen, je pensais que c'était un bon moyen justement de renouer la confiance, de faire preuve de transparence. C'est de la démagogie, Nicolas Dupont-Aignan, ça ? Non, non.
Et vous faites exactement la même chose que les... Vous êtes un élu de la nation, vous avez été élu pour la nation et pour la représenter.
Justement, et la nation... Pourquoi vous vous comportez comme des gilets jaunes ? Parce que je suis représentant du peuple, l'heure est grave, et je suis convaincu... Les autres chèvres partis aussi, et ils ont été reçus. Chacun fait ce qu'il veut. En tout cas, j'estimais fondamental que nous changions de méthode, que nous changions d'attitude.
Il n'y a aucun irrespect, justement, envers ces institutions.
Il n'y a aucun irrespect. Je crois que l'heure est grave, je crois que l'heure est grave. Et tout ce qui sera fait pour montrer aux Français qu'on est capable autour de la table de parler sérieusement de problèmes concrets, tout ce qui sera fait pour désamorcer une colère qui tourne à la crise de régime sera positif. Je l'ai fait dans un bon esprit. Vous êtes invité pour ça ? Oui. Et alors pourquoi vous avez tourné les talons alors que personne ne vous demandait ? Pourquoi on ne pouvait pas rendre public cet entretien ? Mais c'est pas dans les habitudes de la République. Eh bien, la République peut évoluer dans ses habitudes.
Et l'excès de transparence tue la transparence, de temps en temps, non ?
Écoutez, il n'y a pas excès de transparence dans notre République, sincèrement. Mais je voudrais... Non mais au-delà de ce... Vous refusez le dialogue en fait ? Je ne refuse rien du tout. J'ai même apporté, je suis le seul, une proposition de loi que je dévoilerai devant la presse demain à l'Assemblée nationale. Vous allez nous en parler tout à l'heure, dès ce soir. On compte sur vous quand même. Je vais vous en parler.
Mais une proposition de loi concrète qu'a, avec mon parti politique, qu'a quand même beaucoup moins de moyens que l'État, nous avons réussi en ce week-end à analyser les propositions des Gilets jaunes, retenir certaines, écarter d'autres, et présenter un plan financièrement équilibré qui permettrait de sortir de la crise. Vous êtes parti, c'est parti des Gilets jaunes, vous ? Oh non, je n'ai pas le... Non. Non, parce que les Gilets jaunes, c'est le peuple français dans sa diversité.
Et quelle proposition majeure avez-vous présentée ?
Eh bien, j'ai... Retenez-vous des Gilets jaunes. D'ailleurs, j'ai donné ce document au Premier ministre, très respectueusement. Nous avons eu un dialogue, nous sommes des gens respectables. Vous avez eu un dialogue de deux minutes. Écoutez, c'est ce qu'on va voir. Mais il y a eu un coup, quoi. J'ai proposé, un, l'annulation des hausses de taxes au 1er janvier, que je propose d'ailleurs depuis des semaines. Comme tout le monde, ça. Oui, enfin, j'étais le premier à le dire, mais je suis ravi qu'enfin on m'ait rejoint. J'ai proposé, deux, de revenir... Vous parlez que des taxes sur les carburants, là ? Carburants, fuel, gaz, électricité. Ah, toutes les taxes. L'ensemble, 3 milliards et demi.
J'ai proposé de revenir sur la hausse de la CSG et la désindexation des pensions de retraite. Car c'est une spoliation des retraités et la rupture du contrat social avec nos retraités qui ont travaillé durement toute leur vie. J'ai proposé ensuite de revoir tout de suite le statut des travailleurs détachés pour que les travailleurs détachés étrangers qui viennent sur notre sol payent les charges sociales françaises. Vous savez que c'est un des graves problèmes, graves problèmes de nos artisans qui crèvent aujourd'hui dans le pays. La concurrence, il y a envie d'une précision sur vos mesures. La restauration de l'impôt sur la fortune ? Non. Pourquoi ? Parce que...
C'est quelque chose que vous entendez dans les manifestations, ça ? Oui, j'ai proposé quelque chose d'intermédiaire, je vais être précis. Je propose que l'impôt sur la fortune soit rétabli, mais qu'il soit exonéré à 100%, comme je l'avais proposé pour la présidentielle, pour les capitaux réinvestis sur le sol français. C'était une mesure très intelligente, désolé de le dire, c'est très attention.
Il y a une estimation, vous le savez, qui est en cours actuellement.
Non, oui, d'accord. Oui, mais qui permettait de réconcilier les Français avec justement l'incitation à produire en France. Enfin, dernier point, je ne veux pas être plus long, je propose, car c'est fondamental, et ça renvoie à ce que j'ai essayé de faire pour rendre publique cette audition, le référendum d'initiative populaire. J'avais fait une proposition constitutionnelle, Mme Renaud le sait, il y a quelques semaines, avec Jean-Louis Masson, sénateur de la Moselle, pour faciliter le référendum d'initiative populaire qui existe en Suisse, en Italie, aux Etats-Unis, dans les Etats, et qui oxygènerait immensément notre démocratie.
Est-ce que vous demandez, comme Laurent Wauquiez, l'organisation d'un référendum sur la transition écologique ? Je vais vous dire, je l'avais demandé le référendum sur la transition écologique, mais je dirais qu'aujourd'hui, référendum sur quoi ? Si c'est faire un référendum sur les taxes qui ont été mises, je ne vois pas le président de la République se faire à Harakiri, comme ça.
Si c'est faire un référendum sur un nouveau plan, un contrat social, j'ai même proposé des Etats généraux de la fiscalité, c'est-à-dire on remet tout à plat, car, je me permets d'insister sur un point, il faut alléger la charge qui pèse sur ceux qui travaillent en France, mais il ne faut pas déséquilibrer les finances publiques.
Alors justement, vous avez chiffré toutes les mesures que vous avez proposées ? Combien ?
Je vous le donnerai demain.
Non, non, non, non. Le chiffre sera publié demain. Non, vous nous avez dit ce soir les mesures, on veut savoir quel est le coût. Demain, si je vous dis tout ce soir, vous ne viendrez pas demain. Quel est le montant des mesures ? Je vous le dirai demain. Et quelles sont les contreparties ? Où est-ce que vous allez trouver l'argent ? C'est milliards d'euros, parce que ça va coûter des milliards d'euros. Où est-ce que vous allez les trouver ? D'ores et déjà. On est à 8 milliards d'euros là, non ? D'ores et déjà. Si vous ne nous répondez que sur une partie de vos propositions, ça ne va pas, Nicolas Dupont-Aignan.
Vous annoncez des mesures sociales, réclamées, vous ne nous dites pas où vous trouvez l'argent.
Personne ne me dicte jamais mon calendrier. Ah ben, moi je vous dicte mes questions. Non, mais dites-nous où est-ce que vous trouvez l'argent. L'argent, je le trouve. Et c'est le point fondamental. Justement, alors où ?
Je vais vous répondre.
Réduction de la dépense publique ? Il faut réduire la dépense publique, mais au bon endroit. Et c'est où alors ? Premièrement, je mets fin à la spoliation des Français par l'Union Européenne, qui coûte une fortune aux Français. C'est quoi la spoliation ? 9 milliards net. 9 milliards net. C'est notre contribution au budget ? Contribution nette, entre ce qu'on verse et ce qu'on reçoit. C'était de 2 milliards il y a quelques années. Ça a explosé. Nous avons voté, il y a trois semaines, un mois, enfin pas moi, ça a été voté au Parlement, une augmentation encore de 2 milliards. C'est sans fin.
Et si on applique le programme de l'Union Européenne financier qui est en train d'être discuté et qui a accepté le président Macron quasiment, il est prêt de donner son feu vert, on passera à 16 milliards net. C'est considérable. Je pense, et ce sera un enjeu des élections européennes, qu'il faut cesser de dépenser autant pour une organisation qui nous fait du mal. Alors, attendez, attendez, attendez. Je finis là-dessus parce que c'est très important. Sur ces 9 milliards net, on peut récupérer entre 5 et 6 milliards, très vite, que j'affecterai aux retraités.
Ce qui a été pris aux retraités à travers la CSG, je le rendrai aux retraités en prenant l'excès de contributions à l'Union Européenne. Nous sommes le deuxième contributeur net. C'est une augmentation considérable. Et j'insiste sur un point.
Il y a d'autres chiffres qui ne sont pas les vôtres et qui, quand même, mettent en avant. 2 chiffres, 9 milliards net, Commission des Affaires étrangères. Comment est-ce que vous allez expliquer ça, par exemple, aux agriculteurs, aux éleveurs, qui mitent beaucoup sur la politique agricole commune ?
Excusez-moi, si je peux reprendre. Oui, reprenez. Ça n'enlève rien aux agriculteurs.
Reprenez votre équation.
Les agriculteurs, la France reçoit 22-23 milliards, dépense 22-23 milliards, moins 9 milliards et reçoit une partie. Ça n'enlève rien. Notre contribution est exorbitante du droit commun. On ne peut pas continuer. Je rappelle que l'Angleterre avait bénéficié d'un rabais en son temps.
Mais là, attendez, Nicolas, je n'ai pas fini. Non, non, non, non. On a compris. Je trouve l'argent.
J'ai une autre solution. Oui, mais attendez. On va en parler. Comment expliquez-vous que là, on est d'accord ou pas avec vous, vous avez des propositions qui sont en distorsion complète avec votre attitude de cet après-midi ?
Cet après-midi, vous allez voir le Premier ministre. Vous dites, je ne peux pas être enregistré, je m'en vais. C'est en distorsion avec l'offre de dialogue que vous lui faites et qu'il vous fait.
Arrêtez le grand cinéma. Moi, je ne fais pas de cinéma, je suis journaliste, je vous pose la question. Je le dis que c'est un... Mais c'est quand même étonnant, quoi. Non, non, non, je finis sur les finances parce que je suis quelqu'un de sérieux. Mais je réponds. Le Premier ministre sait lire, je lui ai remis mon document, il est écrit, je suis l'un des seuls rares et rares hommes politiques qui, quand il a un entretien, François Hollande s'en amusait avec moi quand il me recevait à l'Elysée, il disait, il doit être le seul qui apportait toujours un dossier. Je lui dis oui parce que je travaille. Donc, je lui ai remis un dossier précis, je fais une conférence de presse demain.
Ce que je veux, soyons précis, c'est montrer aux Français qu'on peut sortir de cette crise par le haut. C'est-à-dire par des propositions concrètes, financées. Je n'ai pas parlé de la taxe sur les transactions financières.
Le SMIC, est-ce que vous voulez évoquer le SMIC ?
Attendez, un instant. Je n'ai pas parlé de la taxe sur les GAFA qu'on peut mettre en place. Je n'ai pas parlé de la taxe sur le fuel des bateaux qui accostent dans notre pays et qui amènent ces marchandises qui nous coûtent une fortune en termes de CO2. Je n'ai pas encore parlé du paiement des camions qui traversent la France qui devront avec moi payer une taxe, comme en Allemagne. Il y a des recettes. On fait croire aux Français qu'il n'y a pas de recettes. Le SMIC ? Sur le SMIC, c'est plus compliqué, je vais être franc avec vous, parce que je crois que le SMIC doit augmenter, mais ne peut le faire que progressivement si on est capable de baisser les charges sur les PME.
Car augmenter le SMIC sans baisser la charge sur le PME, c'est condamner nos entreprises. Donc, vous n'êtes pas... Donc, moi, je ne suis pas un... Vous êtes... Je suis un modéré. Vous êtes dans la proposition... Concrète. Et vous ne demandez pas la démission du président de la République. Mais pourquoi je demanderais la démission du président de la République ? Est-ce que vous demandez la dissolution de l'Assemblée nationale ? Alors, je vais vous répondre. Si la crise s'aggrave, si le gouvernement répond à la souffrance des Français par des cacahuètes ou des miettes, la crise s'aggravera. Oui. Et obligatoirement, l'arbitrage du peuple sera nécessaire, comme en 1968.
Parce qu'il y a un moment, s'il n'y a pas une sortie politique capable de calmer l'insurrection, car c'est une forme d'insurrection, il faudra l'arbitrage du peuple. Avant la fin de la semaine, ça ? Donc, ce que... Attendez. Pourquoi je fais des propositions concrètes ? Parce que je crois qu'avant de dire dissolution, dissolution, démission, tout ça, ça n'a pas de sens. Si d'abord, en tant qu'homme politique responsable, on n'essaye pas d'apporter sa pierre à l'édition. Alors, politique responsable.
Si en revanche, le président de la République et le gouvernement restent dans leur petit calcul, alors oui, je dis que malheureusement, viendra le moment où les Français voudront s'exprimer par les urnes pour éviter que la colère soit dans la rue.
Est-ce que Macron est légitime ? Est-ce que Emmanuel Macron, vous le considérez comme légitime ?
Moi, je suis républicain. Il a été élu au suffrage universel. J'ai été candidat à la présidentielle. Je respecte les institutions de la République.
Et j'estime...
Écoutez, je les respecte profondément. Et c'est parce que justement, ces institutions de la République sont totalement hors sol, coupées de toute réalité, que j'essaye à ma façon... Vous en faites partie, hein ? Ah, écoutez, j'ai été l'un des rares à ne pas soutenir Macron à plat vente, comme M. Fillon, comme l'ensemble des LR qui ont été votés Macron. Donc, comme M. Mélenchon, moi j'ai pris mes responsabilités au second tour de l'élection présidentielle.
Personne ne peut me suspecter d'avoir favorisé l'élection. Vous dites de vous-même, Nicolas Dupoignan, je suis un homme politique responsable. Oui, tout à fait. Vous dites même, je suis modéré, mais on entend quand même d'autres choses sur vous. Par exemple, Laurent Berger qui vous a trouvé délirant ce week-end. Et puis, la question est celle-ci. Vous savez que je veux dire ce que M. Berger est ?
Il est quoi ?
Eh bien... Chacun salue son sens de la responsabilité, son appel au dialogue.
Non, je vais vous dire, c'est terrible. M. Berger est aux abonnés absents. Il a discrédité le syndicalisme comme jamais, puisque, en fait, il y a une crise sociale majeure. Vous êtes plutôt Martinez, vous. Et ils ont disparu. Mais Martinez, pareil. Quand vous pensez qu'au début... Non, mais soyons... Je voulais vous poser une question sur la radicalité. Quand vous pensez que M. Martinez de la CGT, quand le mouvement est né, il dit, ah, ce ne sont pas les miens, donc il ne faut pas y aller.
Mais est-ce qu'ils se rendent compte que ceux qui sont sur les barrages, ce sont des infirmières, ce sont des ouvriers, ce sont des chauffeurs de taxi, ce sont des artisans, ce sont des femmes retraitées, je les ai rencontrées, ce ne sont pas des révolutionnaires.
Ils veulent pouvoir vivre de leur travail. Ils assument désormais, on comprend leur souffrance sociale, ils assument aussi une part de radicalité. Vous aussi, on le voit dans le reportage. Non, non.
Le préfet de police parlait d'une radicalisation de certains gilets jaunes à Paris.
Oui, alors ça, c'est le grand délire qu'a essayé d'abord d'instrumentaliser le gouvernement. Les gilets jaunes, moi, je les connais. Je les connais. J'en ai vu... D'accord, mais nous aussi, on les connaît. Mais on a vu ce qui s'est passé. Eh bien, enfin, ça a été la grande manœuvre du gouvernement qui a cru qu'il pouvait laisser des cas de sœurs cassés et que par un retournement de l'opinion et de belles images, les Français se retourneraient. Il n'y a pas de casseurs entre les gilets jaunes. Non, très peu. Non, très peu. Ah bon, on les a vus pourtant.
Vous vous accusez de manipulation.
Ah oui, d'organisation même. D'organisation. Oui, je l'ai dit. Attendez, non, pas tout en même temps parce que sinon... C'est une accusation extraordinaire. Question très importante après. Oui, d'accord. J'ai même demandé la démission de M. Castaner. Question très importante après. Attendez, prenons les choses par ordre. Dans l'ensemble du pays, vous avez des centaines, des milliers de barrages, filtrages, de gens qui n'ont jamais manifesté, de la France qui travaille, qui ne demandent que la récompense de l'effort et du mérite. Et voilà pourquoi je suis à leur côté. D'accord. Et ces gilets jaunes pacifiques n'ont rien à voir avec les scènes de casse. minables qu'on a vus à l'étoile. M.
Dupont-Aignan, M. Dupont-Aignan, M. Dupont-Aignan, M. Dupont-Aignan, pas seulement à l'étoile dans d'autres villes de province. Arrêtons de disserter. Dijon, Narbonne, M. Dupont-Aignan, M. Dupont-Aignan. Il n'a rien à voir. Arrêtons de disserter. Mais ce qui est vrai. Samedi, est-ce que vous appelez à manifester si des réponses satisfaisantes à vos yeux ne sont pas données d'ici à samedi ? J'appelle, soyons précis. Oui. J'ai dit, pas de manifestation aux Champs-Elysées. Il faut arrêter.
J'ai dit en revanche que les gilets jaunes devaient rester positionnés dans tout le pays pour exprimer la souffrance d'un peuple qui n'en peut plus, d'être spolié, d'être raquetté par un État qui n'écoute plus la population. Samedi dernier, les Champs-Elysées étaient fermées, ça a dérivé, ça a dégénéré. Donc, en disant pas les Champs-Elysées mais ailleurs, ça peut très bien dégénérer. Qu'est-ce qui se passe à ce moment-là ?
Qu'est-ce que vous voulez ? Un couvre-feu ? L'état d'urgence ? Attendez.
Si le gouvernement avait protégé l'Arc de Triomphe, qui a été protégé le 24 novembre, qui ne l'a pas été ce coup-ci, si le gouvernement s'attaquait vraiment aux anarchistes qu'on connaît, ces fameux blacks et compagnie, blocs, qui ont été à la manœuvre chaque week-end, si le gouvernement était beaucoup plus sévère sur la petite racaille des banlieues qui vient piller après chaque manifestation, on n'en serait pas là. M. Castaner est un pompier pyromane, vous dites ? M. Castaner est un pompier pyromane. Je l'accuse gravement d'avoir été soit incompétent, soit cynique.
Et ce qui est beaucoup plus grave encore, c'est qu'en laissant cette violence se propager pour discréditer les gilets jaunes, il a alimenté une nouvelle violence. Et maintenant, vous avez de la racaille qui vient et qui se greffe sur les manifestations au risque de plonger notre pays dans un chaos. Mais la violence est là. Et qu'est-ce qu'on fait contre la violence ? La violence, elle est le fait, le groupe organisé que l'on connaît.
Mais qu'est-ce qu'on fait samedi prochain à Paris sur les Champs-Élysées ?
On peut tout à fait s'attaquer au black bloc. Et c'est curieux, c'est toujours la même méthode avec M. Macron et M. Castaner. On a eu ça le 1er mai. C'est même M. Benalla qui était à l'ordre. Alors arrêtez la manipulation.
M. Dubon, vous avez vu le nombre des interpellés. Dans ces interpellés, la plupart ne sont pas du tout des black blocs, ne sont pas des gens de l'ultra-droite.
Ce sont des gens qui viennent de provinces, qui sont pères de famille, qui sont violents. Et je ne légitime pas ces violences. Mais je vais vous dire une chose. Ce sont ceux que vous soutenez. Il y a une image. Non, je soutiens une colère populaire légitime et j'apporte des solutions. Justement pour éviter. Et qui bloque aujourd'hui ? C'est le gouvernement qui est responsable de cette violence. J'ajoute un point. Il y a une photo qu'on n'a pas vue. Tiens, j'aurais aimé la voir à la une du Figaro. Ah, mais je vous l'ai peut-être mise. Nous, on ne fait pas d'appel à la violence. De quoi ? Quelle photo ? Une belle photo de tous les gilets jaunes qui protégeaient la tombe du soldat inconnu.
C'était une photo très émouvante. Parce que les gilets jaunes se sont mobilisés pour protéger la tombe du soldat inconnu contre des casseurs qui ont été laissés là.
Alors, c'est la fin de cette première partie. On ne l'a pas vue beaucoup.
Si, on l'a vue, on l'a beaucoup vue. On l'a vu aussi, bien sûr, avec d'autres. Mais en tout cas, montrez-la. Parce qu'on ne doit pas dresser les Français les uns contre les autres. Et le rôle d'un gouvernement, permettez-moi, ce n'est pas d'essayer de manipuler des casseurs contre le peuple. C'est d'essayer de trouver une solution de sortie de crise raisonnable, pas trop coûteuse financièrement, qui répartit la charge différemment. Alors, c'est la fin de cette première partie.
C'est quand la sortie de crise ?
Mais c'est cette semaine.
Cette semaine. Allez, merci. Merci beaucoup, Yves. Anne, c'est la deuxième partie de l'émission, maintenant, d'Audition Cuvique, avec les deux parlementaires qui font leur entrée sur le plateau. Nicolas Dupont-Aignan pour vous interroger plus avant encore. Bonsoir, messieurs. Donc, Hervé Berville, bonsoir. Vous êtes député de la République En Marche des Côtes d'Armor. Et à vos côtés, Jérôme Durin, sénateur socialiste de Saône-et-Loire. Une question des internautes qui nous suivent sur le Figaro Live.
Quelqu'un vous demande, suite à vos déclarations à l'instant, et puis à votre acte, certains diront votre coup médiatique, à Matignon, Nicolas Dupont-Aignan, est-ce que vous allez donc désormais rendre public et filmer tous vos rendez-vous ?
Je peux en filmer beaucoup, oui. En tout cas, quand il y a une situation grave, ne polémiquons pas là-dessus, quand il y a une situation aussi grave, une telle crise de confiance, tout ce qui permettra, comment dire, d'avoir un peu plus de démocratie directe, d'avoir un peu plus de transparence, d'associer les Français sera positif. Le référendum d'initiative populaire, je le réclame depuis tant d'années. La reconnaissance du vote blanc, le casier judiciaire vierge qui avait été promis par Emmanuel Macron, qui n'a pas été fait. Tout ça, c'est tellement important.
Alors, vous savez, on peut se moquer de moi, mais moi, à ma façon, avec les moyens que j'ai, j'alerte la classe politique sur la nécessité d'agir autrement. C'est tout. Et je ne veux pas être baladé par des consultations qui duraient des semaines alors qu'il y a le feu à la maison France. Et les images qu'on a vues de par le monde ne sont pas dégradantes simplement pour les Gilets jaunes qui sont des gens de bonne foi. Elles sont dégradantes pour tout le pays. Et on ne joue pas avec le feu, on ne joue pas avec une nation aussi en difficulté, aussi en colère que la France. La France, quand elle est martyrisée, elle est violente. Eh bien, il faut éviter ça.
Il faut éviter de la martyriser. Vous entendez ces propos, comment est-ce que vous réagissez, monsieur le sénateur ? Et ensuite, monsieur le député qui aura peut-être à cœur de défendre les options qui sont jusque-là défendues par l'exécutif.
J'ai écouté Nicolas Dupont-Aignan avec intérêt depuis tout à l'heure. Alors, il nous dit la crise est profonde, il ne faut pas jouer avec le feu. Il nous dit je suis républicain. mais en même temps, puisque c'est une circonstance, vous enfilez un gilet jaune, vous accusez le gouvernement de manipulation, vous faites un esclandre cet après-midi chez le Premier ministre. Est-ce que vous n'avez pas le sentiment, quand même, Nicolas Dupont-Aignan, que cette façon de faire de la vieille politique, les vieux coups, les effets de manche, ou alors d'importer dans le champ de la politique nationale une forme de trumpisme, ça répond vraiment à l'urgence de la situation.
Est-ce que vous n'avez pas le sentiment que les Français, ils attendent autre chose et qu'à côté de la colère sociale qui s'exprime, il y a une exigence démocratique et ce que vous proposez, ce que vous faites là, dans cette crise, ce n'est pas du tout à la hauteur des enjeux ?
Écoutez, je vous remettrai demain puisque vous allez la recevoir comme collègue, la proposition de loi que j'ai rédigée tout le week-end avec le sénateur Masson, de vos collègues, que vous connaissez bien, le sénateur de la Moselle. On a travaillé tout le week-end avec nos assistants et on a écrit des propositions très concrètes, reprenant d'ailleurs des propositions de loi constitutionnelles que j'avais déjà adressées pour essayer de changer les choses. Vous savez, je pourrais crier comme certains Macron démission ou dissolution, je n'y crois pas. Je crois que ce n'est pas ça l'enjeu. L'enjeu, c'est que chacun, à sa façon, on propose des solutions.
Moi, j'ai le courage de proposer des solutions. À partir de là, libre à chacun de juger mon comportement, chacun fait à sa façon. J'essaye, depuis un certain temps dans la vie politique, quand j'ai soulevé les barrières d'autoroutes pour dénoncer la spoliation des autoroutes, vous avez lutté contre la spoliation des autoroutes, je pense. Le racket des Français sur les autoroutes, ça continue depuis 2006. Alors moi, si vous me donnez une autre méthode, vous savez, est-ce que vous croyez, j'ai rencontré à Arles une retraitée, 72 ans, toute la nuit sur des barrages. Elle me dit, monsieur, vous croyez que ça me fait plaisir d'être sous la pluie, dans le froid, à bloquer un rond-point ?
Vous croyez qu'elle fait ça pour quoi ? Quand le système démocratique ne fonctionne plus ?
Non, mais là, c'est la même chose. Je suis comme cette femme de 72 ans. Sur la dame de 72 ans, nous avons tous la même compassion. Non, c'est pas une compassion. Nous avons tous le même respect, nous la même éco. Mais la question, c'est sur votre conduite.
J'entends bien.
C'est sur l'image des politiques.
Écoutez,
l'image des politiques, je pense que c'est plutôt l'image de monsieur Macron qui a insulté les Français depuis qu'il est élu, régulièrement, qui est beaucoup plus grave, que ce que je peux faire pour alerter le pouvoir politique aveugle sur la situation. Ne renversons pas les rôles. Quand monsieur Macron dit à un chômeur qui traverse la route et tu te vois du boulot, quand il traite les Français d'alcooliques, de grinchés, de gaulois réfractaires, écoutez, donc vous savez, être président de la République, c'est rassembler la nation et c'est lui donner une vision.
Sa seule vision, c'est de servir ceux qui l'ont élu, c'est-à-dire les gros donateurs de Londres, voilà, qui ont donné beaucoup d'argent. On a maintenant les résultats de ces donateurs. On sait qui a payé la campagne. Hervé Berville, alors il faut intervenir. Il faut dire les choses. Hervé Berville, il faut dire les choses et vous avez bien raison. J'ai hâte de lire vos propositions que je recevrai avec plaisir pendant la même commission donc je regarde ça avec beaucoup d'attention. Je pense que vous avez dit quelque chose qui est vrai, c'est qu'il faut rassembler les Français.
Mais ce que vous faites, l'attitude que vous avez depuis 3, 4, 5 jours, c'est pas du tout une attitude qui vise à rassembler les Français. Vous jutez la suspicion notamment sur le Premier ministre en disant je refuse de participer à cette réunion parce qu'elle n'est pas filmée. Vous saviez très bien quand vous alliez rentrer dans cette réunion qu'elle ne serait pas nécessairement filmée. C'est la première fois que je vous entends M. Dupont-Aignan demander à ce qu'elle a filmé. Et moi je rejoins les attendants qui... C'est ce que demandent les gilets jaunes. Oui mais attendez, c'est pas parce que les gilets jaunes demandent quelque chose que j'ai... Mais c'était intelligent pour une fois.
Non mais attendez, vous savez très bien, dans ce cas-là, j'attends de voir que vous allez du coup maintenant filmer tous vos rendez-vous, toutes vos réunions. Moi j'ai deux remarques à faire. Je vous ai écouté attentivement. Je sais que vous êtes un homme sérieux. Vous avez été candidat à l'élection présidentielle. C'est que je vois beaucoup de propositions même si on ne les a pas toutes ici sur la table. Et moi ce qui je trouve qui manque dans l'analyse c'est la question de la transformation de l'action publique, la question de la dépense publique. Et moi j'ai rencontré, comme vous j'imagine, un certain nombre de gilets jaunes à ma permanence pendant 4 heures. Et ils m'ont parlé de ça.
Ils ont l'impression que l'État n'est plus forcément lisible. Que ça fait 20, 30 ans que les prélèvements obligatoires augmentent. Sachez-le bien. Et vous êtes au courant. Vous étiez aux responsabilités aussi. Vous êtes député depuis 2002, monsieur. Mais je n'ai pas soutenu. Je n'ai pas soutenu et j'ai combattu ces gouvernements en 1997. Je demande une autre politique. Et on peut me rendre grâce au moins. Mais vous voyez bien que là on a pu avec constance une autre politique depuis des années.
Parce que c'est cette politique de l'Union européenne à laquelle obéissent servilement tous les gouvernements depuis 20 ans qui a placé le peuple français dans cet état de misère et de ségrégation sociale. Vous avez entendu notre invité présenter. Et vous avez raison. Non mais oui, il a raison. Et là, j'ai regardé ce que vous dites et je vais regarder ce que vous faites. Il n'y a pas de proposition sur la transformation de l'action publique. Non. Et puis la deuxième question, ensuite c'était sur l'Union européenne. Vous vouliez au soir du premier tour des élections présidentielles être le premier ministre de Marine Le Pen.
Et maintenant, je pense qu'on serait dans une situation bien plus catastrophique. Et on n'aurait pas le gain de pouvoir d'achat qu'il y a eu qui n'est pas assez fort pour nos concitoyens et qu'il faut continuer. Non mais attendez, entre 2008 et 2016, nos concitoyens par ménage ont perdu 440 euros en moyenne. Ça a commencé à diminuer depuis 2017. C'était en fait, ce n'est pas moi qui le dis, c'est l'INSEE. Est-ce qu'il faut faire mieux ? Oui. Est-ce qu'il faut aller beaucoup plus vite ? Oui. Mais vous ne pouvez pas non plus vous affranchir de vos responsabilités puisque ça fait plus de 20 ans que vous êtes aux responsabilités.
Je ne suis pas aux responsabilités, j'ai voté contre tous ces budgets. Vous étiez dans la majorité. Non, vous vous trompez. Ah, vous avez récompagné. En 2002, vous avez même
travaillé dans un cabinet ministériel.
Non, vous vous trompez. Vous vous trompez. Mais je peux avoir quand même le... J'ai encore le droit de savoir ce que j'ai fait, ce que j'ai voté. J'ai quitté l'UMP solennellement après cette ratification scandaleuse du traité de Lisbonne qui reprenait le traité que les Français avaient rejeté en 2005, qui nous a plongé dans ce moins-disant social, économique, ce désastre économique de la fin de la production française, industrielle, qui explique la crise actuelle. Et on peut tout dire de moi. Mais on ne peut pas nier la cohérence de mes propos depuis des années. J'ai proposé une politique protectionniste. Je propose une politique où on arrête d'être les nains de jardin de l'Allemagne.
Je propose une reconfiguration de l'Europe autour d'un tarif douanier commun. Ce que fait Trump aux Etats-Unis, ce qu'a fait le Japon. Je considère qu'il y a une autre politique économique à mener. L'Italie est en train de la mener. Tant mieux. Et d'autres pays vont la mener. On ne peut pas continuer ainsi. Ce que je veux vous dire, chers collègues, on peut être en désaccord, mais au moins reconnaître qu'il y a une cohérence. Quand j'ai développé à la présidentielle l'idée du produire en France, avec une incitation fiscale à produire en France, et une taxation, notamment du carbone, qui vient des produits qui viennent de milliers de kilomètres... pas en 2007. Vous avez signé le pacte de M.
Hulot... Je l'ai signé, mais vous ne l'avez pas relu ? Le pacte de 2007. Soyez en précis. Non, M. Grossoir, je réponds. Non, je réponds parce que les téléspectateurs peuvent croire que j'ai changé d'avis. J'ai relu le pacte de M. Hulot de 2007 que j'ai signé. Il parlait de la taxe carbone et notamment de la taxe carbone aux frontières pour éviter ce libre-échange fou. Vous avez signé le CETA. M. Macron a signé le CETA, le traité de libre-échange avec le Canada, qui n'est toujours pas ratifié par la France. Vous êtes dans une logique de libre-échange déloyale qui fait que notre pays est en train de crever. Voilà, M. Berville, vous répondez d'un mot...
Sur le vote, mais au moins j'ai une cohérence. Vous avez la vôtre. Je vous reconnais cohérent. Ce que n'étaient ni les socialistes ni les républicains. Vous êtes cohérents, nous sommes cohérents. Après, chacun fait la cohérence. Vous avez évolué, et je ne le mets pas en cause, je dis simplement qu'il faut prendre... Non, mais je suis pour la taxe carbone en frontière. Je dis que vous avez évolué depuis que vous êtes responsabilité, mais c'est tout à votre honneur de changer de position. Je n'ai pas changé. Mais si, entre 97... Mais on ne va pas faire de démarche. En tout cas, sur le commerce, sur le commerce, la question... Le commerce déloyale.
La guerre commerciale, on le voit bien actuellement entre les Etats-Unis et la Chine. Qu'est-ce que ça apporte ? Ça n'apporte absolument rien du tout. Ça apporte de l'emploi aux Américains. Non, ça n'apporte pas d'emploi pour l'instant aux Etats-Unis ni aux Chinois d'ailleurs. Et puis, il y a une chose que vous savez très bien, c'est la question de la réciprocité. Si on se lance dans une guerre commerciale, que vont faire nos concurrents, nos partenaires ? Ils vont faire exactement la même chose. Et je vous dirais simplement une chose parce que la Bretagne, c'est la Eau de Juin, les Côtes d'Armand, c'est une terre qui exporte pas mal.
Un emploi sur trois dans le secteur privé en France est lié à des activités à l'international. C'est beaucoup, beaucoup d'emplois. Et donc, si on fait une guerre commerciale qui se double en général d'une guerre monétaire, on arrive à un ralentissement du commerce, un ralentissement de l'activité économique. Et ce sont nos TPE, nos TPE. Vous allez répondre, mais on va écouter Jérôme Durin parce que vous n'avez pas entendu.
Vous allez répondre sur votre vision internationale du commerce.
Moi, sur votre cohérence, vous la revendiquez ce soir, Marine Le Pen, c'était non. Oui, non. Et puis aujourd'hui, vous nous dites que ça aurait été mieux avec elle. Votre cohérence, elle n'est pas toujours très lisible. Et d'ailleurs, dans votre parcours récent, cette cohérence, je ne considère pas qu'elle saute aux yeux. Ce qui nous vaut d'ailleurs des différences de fond. S'agissant du produire en France, moi, je ne viens pas de Bretagne, je viens de Saône-et-Loire. Vous savez, il y avait un ministre. Il y avait un ministre en Saône-et-Loire qui s'appelait Arnaud Montebourg.
Si vous l'aviez écouté un peu plus, Sur ces questions de produire en France, de Made in France, on était assez bien placés. Vous l'avez renvoyé. Moi, ce que je...
Non, mais lui, il était proche. Moi, j'étais proche. Il était proche. Votre président l'a renvoyé.
Moi, ce que je considère quand même sur cet avers-là, c'est que l'apologie du libre-change qui vient de nous être faite ou l'apologie de la sortie de l'Europe que vous souhaitez faire, elles ne sont pas ratifiées par les Français. Les Gilets jaunes, vous l'aurez remarqué, il y a une colère sociale, une aspiration démocratique. Toutes les autres questions, elles ont disparu. Donc, quand vous dites... Quand vous essayez de resituer la question européenne dans le champ des Gilets jaunes, ça ne fonctionne pas parce que, objectivement, ce que les gens attendent, c'est d'abord l'ISF. La fin de l'ISF. Le seul sujet sur lequel, finalement, vous ne vous exposez pas.
Nous aussi, on fait une proposition, les socialistes, une proposition de loi. On parle de l'annulation des taxes, on parle de la fin de l'ISF, on parle du chèque énergie qui va être amélioré, une CSG qui disparaît pour tous ceux qu'elle pénalise en dessous de 3 000 euros de retraite. Voilà, c'est les mesures sociales. Mais il y a aussi la question démocratique et moi, je vous trouve sur cet aspect-là, pas la hauteur des enjeux, je l'ai dit tout à l'heure, vous êtes dans une forme de provocation. On a eu la provocation macroniste, macronienne, avec ces petites phrases, vous les avez rappelées, vous avez raison. Il y a une dimension personnelle dans la crise.
Et d'ailleurs, les Macron démissions, c'est une sanction personnelle du président de la République. On est d'accord sur ce point. On est d'accord sur ce point. Il est là pour rassembler, il ne l'a pas fait. Et je trouve que dans votre posture, vous ne rassemblez pas non plus et que la sortie de crise, la crise, elle est grave. Les élus sont inquiets, tous, à tous les niveaux. J'en ai vu ce week-end, beaucoup. Tout le monde est inquiet. Je pense qu'il faut apaiser les choses.
Alors, si je peux répondre, parce que... Non mais attendez, on va répondre sur le côté rassembleur. Je viens d'entendre la question en substance. Est-ce qu'on peut rassembler aux extrêmes ?
Mais pourquoi parler d'extrême ? Dès qu'on n'est pas d'accord avec la pensée unique de notre pays depuis 20 ans, on est d'extrémistes. Donc, sur l'affaire politique, j'ai fait mon choix du second tour et de plus en plus de Français comprennent pourquoi j'avais fait ce choix. Pour autant, je reste totalement indépendant de Mme Le Pen. J'ai fait un choix comme M. Fillon a soutenu En Marche, comme beaucoup de socialistes ont soutenu En Marche. Vous échangez en ce moment ? Heureusement, nous échangeons. Vous échangez ? En homme responsable. C'est-à-dire ? Qu'est-ce que vous vous dites ? Attendez, attendez. Si je peux prendre dans l'ordre. Donc, je veux répondre là-dessus parce que je suis franc.
Deuxièmement, sur la réponse sociale, je suis pour la justice sociale. ISF ? Bien sûr, je suis pour le rétablissement d'un ISF, mais avec déduction, quand on investit en France, en faire un levier de production française. Mais je dis, et c'est, je crois, l'honneur de mon parti Debout la France et de ceux qui m'accompagnent, que ce n'est pas suffisant parce qu'on ne peut partager qu'un gâteau qui se développe. Et je dis que tant qu'on continuera à accepter un libre-échange déloyal, le libre-échange, c'est sain. Je ne suis pas pour des barrières pour protectionnistes. Je suis simplement pour faire ce que tous les pays du monde développés font. Le libre-échange, oui, quand il est loyal.
Et je n'accepte pas ce diktat d'une commission européenne qui fait que notre industrie a été laminée depuis 20 ans, quelque gouvernement que ce soit, parce qu'on a accepté que la Chine, notamment, triche avec toutes les règles. Mais ça se joue
à l'échelle européenne. Mais ça se joue
à l'échelle européenne. Mais je peux finir ? Bien sûr, ça se joue à l'échelle européenne et nationale. Mais si la France continue à voir disparaître toutes ses industries, à accepter que des travailleurs détachés travaillent sur son sol sans payer les charges sociales françaises, eh bien, vous aurez de plus en plus de gilets jaunes parce que j'ai vu sur les barricades, entre guillemets, énormément de chefs de PME, d'artisans, de petits cadres qui ont compris l'arnaque. Et ce n'est pas être ultra-protectionniste que de simplement demander que notre pays se défende.
Et c'est ainsi qu'on reconstituera une base productive, notamment avec la proposition que j'avais faite pendant la présidentielle très concrète, que je remets dans les propositions que je vais vous envoyer demain. Division par deux de l'impôt sur les sociétés pour les bénéfices réinvestis sur le sol français. Car l'enjeu et l'échec de M. Macron depuis un an et demi, c'est quoi ? C'est qu'il a déversé des milliards d'euros aux plus riches de France sans qu'il n'y ait aucun ruissellement sur la capacité productive du pays. Et ça, M. S. D'accord, je suis sûr. Hervé Berlil, vous avez entendu nos deux interlocuteurs. Et, attendez, cet argent n'est pas retombé sur les Français.
Donc, d'un côté, Hervé Berlil en écoute une réponse et une interpellation. qui n'en peuvent plus. C'est irrationnel. Votre politique est déjà un échec. Changez de politique avant qu'il soit trop tard. Changez vite avant que les Français changent de président par la violence. Laissez-moi terminer. Je vous expliquerai où est-ce qu'on veut emmener le pays. Vous pouvez ne pas être d'accord, mais au moins, laissez-moi le temps d'y répondre. Sur la question, on entend tout le temps ça, que ce soit à gauche ou à droite, la terre du ruissellement. C'est pas parce qu'on répète 50 fois un mensonge que ça deviendrait une vérité. Parce qu'il y a eu ruissellement extraordinaire.
Non, mais personne ne croit, moi, le premier, à la théorie du ruissellement. Ce qu'on dit simplement, et vous l'avez dit, non, non, personne n'a théorie. Ça n'a rien à voir avec la théorie du ruissellement. Tirer et puis de dire qu'en donnant plus d'argent au ruissellement, il a même dit que les gens qui ne sont rien recevraient de ceux qui sont quelque chose. Là, vous refaites les meilleurs tubes qu'on entend à l'extérieur. Laissez-moi dire. Ce qui est sûr, et vous l'avez dit, parce qu'on a perdu de l'outil productif, on ne s'est pas suffisamment modernisé, on a laissé filer un certain nombre d'entreprises, d'industries. Depuis 40 ans, on n'a pas forcément et suffisamment investi.
Donc, qu'est-ce que l'on a fait avec la question de l'ISF ? Il y a toujours un impôt sur la fortune immobilière, mais sur l'autre partie, on a dit quoi ? On a dit, on va libérer ce capital pour que les personnes qui ont dit ce capital puissent être investies. Qu'est-ce qui s'est passé ? Cette année, en 2018, ce ne sont pas des carabistoules que je vous raconte, ce sont des chiffres concrets, plus de 65% d'investissement cette année dans les PME et les startups. Cette année, attendez. Non, non, mais je termine juste. Cette année, également, plus de 30% d'investissement dans les robots. Hervé Berville, j'ai une question pour conclure. Je suis d'accord qu'il faut évaluer.
L'honneur du Parlement, c'est d'évaluer les mesures. Et donc, dans deux ans,
on fera une évaluation
pour voir si ça permet d'investir. Vous avez entendu les deux interlocuteurs sur ce plateau dire à propos d'Emmanuel Macron qu'il suscite dans l'opinion publique un sentiment de haine. Vous l'avez entendu. Et les deux l'ont dit. Est-ce que, dans ces conditions-là, comment le chef de l'État peut s'en sortir si vraiment il aspire cela ? Est-ce que vous le ressentez vous-même ?
Déjà, il y a une partie des oppositions qui souffle. Sur la presse, on n'a pas attendu ça. Non, attendez.
Dans une situation si grave, dire des choses comme ça, ce n'est pas bien. Parce que ça n'est pas la réalité. Parce que je pense qu'on est au moins aussi responsable que... On est en illégitimité à commencer dès le premier soir de l'élection. Monsieur, c'est faux. On a un certain nombre de responsables politiques à dire qu'il y a eu, avec l'arrivée d'Emmanuel Macron, un espoir. Cet espoir, il a été déçu. Ça a été une tromperie. Cette année et demie, elle est gâchée. Donc, comment on en sort ? Donc, ne nous dites pas que nous soufflons sur la presse. Nous faisons notre travail d'opposants.
Vous ne supportez pas l'opposition. On le voit au Parlement. Si je peux... Mais non, attendez. Je termine. D'un mot, parce qu'on va arrêter la séquence-là. On va dire très... Sinon, on n'a plus de temps. Mais écoutez... Un certain nombre d'oppositions, et c'est normal, qu'on n'a toujours pas digéré le fait qu'on ait gagné l'élection présidentielle, les législatives... Mais en fait, les Français, on les écoute, on les entend et on modifie quand il y a besoin de les modifier. Messieurs, Nicolas Ducogne, vous allez pouvoir continuer à répondre
à d'autres questions. Merci. Merci. Merci d'être venu participer à cet échange, à ce dialogue parfois compliqué. Mais il n'est pas compliqué, c'est l'honneur de la démocratie. Il est parfois un peu tendu, on va dire. C'est un mot qui me convient. C'est l'honneur de la démocratie. C'est pour ça que nous sommes tous ce soir à vous suivre. Merci. C'est la dernière partie, tout de suite, de l'émission qui arrive avec Brigitte Boucher et Oriane Mancini. Avec une question en attendant. Bonsoir, mesdames. Une question des internautes Nicolas Dupont-Aignan. Est-ce que vous n'êtes pas finalement un peu en phase avec la démarche italienne, avec le projet budgétaire italien ?
C'est-à-dire, est-ce que vous ne souhaitez pas encore augmenter la dette publique avec toujours plus de déficit ? C'est la question qui vous est posée. Non.
Je pense qu'il faut dépenser autrement, qu'il y a beaucoup d'économies à faire, notamment l'aide aux migrants qui est excessive, aux clandestins, 2 milliards supplémentaires, l'augmentation du budget de l'Union Européenne, j'en ai parlé, des économies dans le fonctionnement de l'État. Donc, on peut réduire la dépense publique sur beaucoup de choses. Et puis, on peut réduire les taxes qui pèsent sur le travail en France. Et l'automobile est un élément du travail. Et en revanche, on doit taxer la concurrence déloyale.
Ce que je veux, tout simplement, mais c'est tellement du bon sens, c'est qu'on arrête de massacrer fiscalement ceux qui sont en France, sur le territoire français, pour exonérer de taxes tous ceux qui vendent des produits dans notre pays et qui ainsi détruisent la valeur du travail dans notre pays. Et c'est pourquoi je suis un peu différent des Italiens, encore qu'en Italie, il y a une baisse de l'impôt pour réinciter à produire. Mais moi, mon programme, et c'était le programme de ma présidentielle, de produire en France, tout ce qui contribue à le travail français, on détaxe. Tout ce qui vient en concurrence déloyale, on retaxe. On rééquilibre les choses. Mais c'est du bon sens absolu.
Personne ne peut coûter. Le député vous disait qu'il y aurait, évidemment, réciprocité immédiate. Bon, on ne va pas continuer.
Brigitte Boucher pose sa question. Je répondrai.
On repart sur le mouvement des Gilets jaunes. Bonsoir Nicolas Dupont-Aignan. Le mouvement des Gilets jaunes, en tout cas les représentants, n'iront pas à Matignon demain. On a appris ça tout à l'heure. Comment peuvent-ils faire des revendications et refuser le dialogue ?
Écoutez, ne demandons pas aux Gilets jaunes d'être ce qu'ils ne sont pas. Ce sont des personnes de bonne volonté, d'opinions très différentes, qui se sont rassemblées, et c'est sain, et heureusement qu'ils sont là, pour dire qu'on n'en peut plus de travailler pour rien. On n'en peut plus de cette injustice. Mais à quelles revendications
doit répondre le Premier ministre et le président de la République, puisqu'on ne sait pas exactement ce qu'ils veulent ?
Attendez, arrêtons. On les connaît par cœur, ces revendications. La première revendication, c'est qu'au 1er janvier, c'est dans moins d'un mois, 3 milliards et demi supplémentaires de taxes vont s'abattre sur les Français qui veulent remplir leur cuve de fioul pour se chauffer, qui veulent prendre leur voiture pour aller travailler, qui veulent utiliser leur camionnette pour livrer un produit, et ces Français ne peuvent déjà même plus payer les taxes qu'on leur a mis depuis un an. Donc, c'est qu'une question
de pouvoir d'achat.
Donc, attendez, premier point, essayons de, moi si j'étais au pouvoir, j'essaierais de prendre les problèmes les uns après les autres. C'est comme un micado, il faut enlever chaque petite pièce du micado pour éviter que tout s'écroule. Donc déjà, est-ce que le gouvernement, au lieu de reculer, de faire des manœuvres dilatoires, est-ce qu'il ne pourrait pas dire à un moment, j'ai mis trop de... Oui, on a été trop loin. On revoit. On s'arrête. Au 1er janvier, on va souffler. Vous allez pouvoir offrir un cadeau à vos enfants de Noël plutôt que de remplir une taxe supplémentaire. Un peu de paix, un peu d'humanité.
Donc c'est juste un moratoire alors ?
Non. On arrête ces taxes monstrueuses qui empêchent les gens de travailler. Premier point. Deuxième point, on revoit la situation de nos retraités. Car le gouvernement a eu la main trop lourde. Et il y a une façon très simple, sans revenir sur la CSG comme je le propose, sans aller jusque-là rétablir l'indexation des pensions de retraite sur l'inflation. Je vous rappelle qu'aucun gouvernement depuis la libération de la France n'a remis en cause l'indexation des pensions de retraite sur l'inflation. Parce que remettre en cause l'indexation des pensions de retraite comme l'a fait ce gouvernement, en plus de la CSG, c'est faire diminuer le pouvoir d'achat des retraités chaque année.
Mais ces retraités, ils ont bossé. On leur vole leur retraite. C'est un contrat social. Troisièmement, mettre un peu d'air dans la démocratie française, référendum d'initiative populaire, respect des Français, arrêter de les insulter, que le président change de comportement s'il le peut. Alors, Yann ? Ça ferait déjà pas mal. Vous ne croyez pas que ça désamorcerait la pression ?
Nicolas Dupont-Aignan, vous dites que vous avez été l'un des premiers à soutenir ce mouvement, à défendre les gilets jaunes. Vous reprenez leurs propositions, en tout cas, vos propositions sont similaires aux leurs. Et pourtant, ces gilets jaunes, ils ne vous jugent pas plus légitimes que les autres politiques à porter leur parole. Est-ce que ce n'est pas aussi votre échec, ce mouvement ? Non, mais c'est normal. En quoi c'est normal, cette décrédibilisation de la parole politique et de la vôtre, puisque vous attendez pour bien les défendre ?
C'est pas possible. J'ai été à Arles, j'étais même un soir sur une barrière de péage, sans photographe, bien sûr, tout seul, comme ça, en rentrant de Toulon avec un collaborateur, on rentrait de Toulon pour aller à une autre réunion publique. À 23h30, je me suis arrêté. J'ai discuté. Mais il y avait la France, il y avait tous les partis, il y avait toutes les origines, il y avait toutes les professions, et il disait quoi ? Il y avait même les gendarmes qui sympathisaient. Et il disait quoi ? Il disait, mais un, est-ce qu'on va nous respecter ? Et un, est-ce qu'on va pouvoir vivre de notre travail ? Les prélèvements obligatoires ont explosé en France.
Fillon, fin de Sarkozy, Hollande, et cerise sur le gâteau, Macron, avec de surcroît une politique très injuste. Eh bien, c'est l'explosion. Donc, j'ai proposé... Mais ce sont vraiment
une décrédibilisation
de la parole politique, de décrédibilisation de votre rôle de député
de représentation nationale.
Mais c'est normal que les Gilets jaunes n'aient pas envie que M. Dupont-Aignan soit M. Gilet jaune. D'ailleurs, ils ne nous demandent rien. En revanche, c'est normal que M. Dupont-Aignan, qui est un citoyen qui a des idées politiques et qui préside un parti, fasse son boulot et présente des solutions.
Oui, mais ils n'ont pas envie que le gouvernement...
Mais vous n'en savez rien. Bah si, sinon il leur est dit. Mais il n'y a pas...
On n'entend pas Dupont-Aignan Il y en a...
Mais je ne demande pas tant. Il y a des gens de tout horizon politique. Quand il y a eu la Révolution française, la Révolution française, ils n'étaient pas pour l'un ou pour l'autre. Vous faites analogie. Mais oui, nous sommes dans un phénomène pré-révolutionnaire. Et vous pouvez reconnaître au moins une chose, c'est que ça fait des années que je dis, ça va péter. On ne peut pas être si injuste tout le temps. Je vais vous donner un exemple. Tout à l'heure, on a parlé du protectionnisme. Le protectionnisme existe en France pour le cinéma français et l'audiovisuel et le secteur de la culture. Mais pourquoi il n'est pas valable pour les agriculteurs et les ouvriers ?
Et ça, je l'ai dit en 2012, en 2017. Reprenez mes phrases. 2012, 2017. Je tire la sonnette d'alarme depuis des années. Mais ça ne veut pas dire que je suis le représentant des Gilets jaunes. Je n'ai pas cette prétention. Question au député. Je cherche à apporter une méthode et je cherche surtout à ce que le gouvernement comprenne qu'il y a urgence. Question au député, justement. Que ça se joue en jours, plus en semaines.
Et ça se joue aussi au Parlement, Nicolas Dupont-Aignan. Vous nous avez dit tout à l'heure pas de démission du président de la République, pas de dissolution de l'Assemblée nationale pour le moment. Il y a une motion de censure qui va être déposée par les communistes, par la France insoumise qui sera peut-être soutenue par le Parti socialiste. Est-ce que vous pourriez la soutenir, cette motion de censure ?
Je peux la voter. Mais elle ne sera pas votée puisqu'ils ont la majorité. Mais vous pourriez la voter. Mais c'est du folklore politicien, tout ça.
C'est aussi un signal
qui est envoyé par les parlementaires. C'est un signal dont toute la France se fiche éperdument puisque toute la France sait que ce parlement est tenu par Emmanuel Macron. Donc, il y a trois solutions très simples. Soit Emmanuel Macron change de politique économique et sociale. Mais ne fait pas semblant. Change de politique économique et sociale. C'est la fin du quinquennat. Non. C'est peut-être sa seule chance de rester président jusqu'au bout. Soit il ne comprend pas et il faudra une relégitimation populaire par le suffrage qui viendra. Soit de la dissolution soit de sa démission.
Il n'y a pas d'autre solution. Le débat au parlement qui aura lieu mercredi et jeudi pour vous, il est utile ou pas ?
Voilà, il va être... Ça va amuser.
Pour un vote ?
Mais le parlement ne représente pas la diversité de l'opinion française. M. Macron a la majorité du parlement. Donc, on va assister à du folklore politique qui va ne rien changer. La vraie M. Macron...
Mais vous député, vous êtes en train de nous dire en gros que le parlement est inutile.
Mais quand la République en marche à la majorité absolue à l'Assemblée nationale...
Oui, mais enfin, il y a souvent eu des majorités quand même.
Ça fait un an et demi qu'ils votent comme des robots les ordres de M. Macron. Est-ce que vous croyez que ça va changer quelques jours ? On change de République ?
maintenir la pression venu de l'extérieur au Carrefour... Mais c'est la seule solution. La seule solution. Est-ce qu'il faut aller, par exemple, comme le propose Olivier Besancenot, puisque vous dites qu'on trouve dans les gilets jaunes des gens qui viennent de la droite, de la gauche, des extrêmes, tout le monde ensemble. Est-ce que, par exemple, l'appel à la grève générale samedi par Olivier Besancenot aurait votre assentiment, Nicolas Dupoyant ? Ma question est celle-ci. Grève générale. En tout cas...
Oui ou non ? Je pense que si les syndicats étaient encore des syndicats, si M. Berger n'était pas, comment dire, un syndicaliste d'opérette, si les syndicats étaient encore des syndicats, s'il y aurait eu un soutien... On va dire pareil
des partis politiques.
Mais de la plupart des partis politiques, je suis d'accord avec vous, eh bien il y aurait eu un soutien et peut-être que la crise se serait dénouée plus vite. Mais ma question n'était pas celle-ci. Elle portait sur une grève générale. Mais moi, je ne vais pas apporter des... Je n'en sais rien. Je vais réfléchir. En tout cas, ce que je sais, c'est qu'après trois semaines de forte pression d'un peuple dans sa diversité, très pacifique, n'en déplaise les images qu'on a voulu mettre en boucle pour déconsidérer les Français. On ne les a pas inventés.
Vous les condamnez, ces casseurs ?
Est-ce que vous croyez que je ne condamne pas les violences ?
Non, mais ça va mieux en le disant.
Je les condamne totalement et je suis même un des rares qui a dit aller au champ de Mars, n'allez pas aux Champs-Elysées. Et j'ai toujours déclaré...
Marine Le Pen a commis une erreur quand elle a appelé le gouvernement à demander à ce que les Champs-Elysées soient permis aux manifestations.
Non, on leur fait un procès d'intention. Je ne dirais pas du mal de Marine Le Pen pour faire les échos. Non, mais vous dites le contraire
finalement de ce qu'elle dit.
Non, elle a dit à l'époque qu'il fallait ouvrir les Champs-Elysées. Qu'importe. Moi, j'ai vu que c'était un mouvement provincial, pacifique, divers. Et je pense que le pouvoir, le gouvernement doit en tirer les leçons. Soit il en tire les leçons rapidement, à grande échelle, et il y a un choc de confiance, et un choc fiscal pour redonner de l'air à la production en France. Soit nous partirons dans le décor et j'en suis inquiet. C'est maintenant la balle et chez le président de la République. Vous en êtes inquiet,
mais est-ce que vous assumerez peut-être un jour une part de responsabilité dans ce qui se passe aujourd'hui sur le plan économique ? C'est M. Macron qui doit assumer l'entière responsabilité de sa politique. Il y a des pertes économiques qui commencent
à être chiffrées en milliards d'euros. Je lui demande d'arrêter de bloquer la France. C'est M. Macron par sa politique, son mépris, son incompétence est en train de bloquer la France. Je lui demande d'être un président de la République qui affronte l'histoire, qui ne soit pas le Marie-Antoinette de la Vème République.
Est-ce que vous pensez que dans tous les cas de figure, le président de la République pourra poursuivre son programme et ses réformes ?
Mais certainement pas ces réformes entre guillemets qui sont prendre l'argent des classes moyennes pour le donner à une minorité. Vous pensez à la réforme
des retraites, à l'assurance chômage, à la révision constitutionnelle, vous pensez que ça a un avenir ça ou pas ?
Je ne crois pas. Je crois qu'au jour d'aujourd'hui il y a un pays qui souffre, il y a une politique qui est injuste, ils ont trop tiré sur la corde, il faut revoir complètement la politique, il faut revoir le fonctionnement de l'Union Européenne car derrière cela, il y a, c'est évident, une crise européenne majeure.
Et il y a des élections qui se profilent aussi. Oui, mais est-ce qu'on ira jusqu'aux élections ? On a aussi quelqu'un, Nicolas Ducoyen. Non, je vais vous dire, alors très clairement. J'ai même pas eu le temps de terminer ma phrase. Mais j'ai bien vu. Allez-y. Mais j'écoute votre réponse d'abord alors. Non, j'attends la fin de votre question. On se dit, on a un chef de parti évidemment qui dit voilà, là j'ai misé gros sur les gilets jaunes car mon objectif c'est d'être très puissant aux élections européennes. On vous place déjà dans les sondages. À 6% c'est élevé et peut-être que dans votre tête secrètement, vous allez nous le dire. Regardez-moi. Je vous regarde droit dans les yeux.
Nicolas Ducoyen, je serai la surprise.
Non, je vais vous dire. J'ai conscience de la gravité de la situation et je ne sais même pas si le président de la République va aller jusqu'aux européennes. Donc, je veux dire que compte tenu de leur inconscience de ce qu'il a fait pendant trois semaines, de cette incapacité à réagir, je m'inquiète. et je ne souhaite qu'une chose pour mon pays, c'est qu'ils prennent conscience de ce qui se passe dans le pays et qu'ils agissent. Je n'ai aucun, aucune autre, je peux vous le jurer, parce que c'est grave ce qui se passe. Et on ne peut pas jouer avec un pays inflammable. Les banlieues sont au bord de l'insurrection. Les classes moyennes n'en peuvent plus. Les casseurs sont à l'œuvre.
Et vous savez, notre pays, quand il est méprisé, ça peut partir mal. Donc moi, je vais vous dire tout ce que je ferai pour mettre des propositions sur la table,
dire au président, saisissez-les, allez-y. Mais si ça part mal, c'est quoi ? J'ai parlé tout à l'heure en introduction, vous m'avez entendu, le pire est possible, puisqu'il y a une contestation de la démocratie représentative, il y a des critiques institutionnelles de plus en plus vives. Et je souhaite, c'est quoi ? Plus on attend, plus on attend,
plus la situation va pourrir. Je ne veux pas qu'il y ait dans mon pays que j'aime des Champs-Élysées-Bisses en province. J'apprenais là qu'à Toulon, il y avait des racailles qui étaient en train de piller des boutiques. Je ne veux pas de cette politique du pire que semble désirer inconsciemment ou consciemment le président de la République. Je lui dis, solennellement, vous êtes président de la République, vous avez en charge un pays qui a eu la Révolution française, qui a eu 1848, qui est un pays qui est à bout. Vous n'avez pas compris ce que vous faisiez. Nicolas Dupont-Aignan, vous croyez que ces casseurs
sur les Champs-Élysées, ils demandent du pouvoir d'achat en plus ? Vous croyez que c'est ça qui va ?
Non, mais je pense qu'ils ont été bien favorisés par le gouvernement. C'est le gouvernement
qui a laissé faire ça ?
Bien sûr, pour déconsidérer le mouvement. Et je pense que le gouvernement a été débordé. Et qu'il y a un mélange d'incompétence et de cynisme. On a déjà eu le cas au 1er mai, souvenez-vous.
Il faut envoyer l'armée, là, éventuellement, samedi ?
Vous allez faire tirer l'armée contre le peuple français ?
Moi, rien.
Il faut tendre la main au peuple français. Il faut protéger les Français. Il faut tendre la main au peuple français, à ceux qui travaillent, aux artisans, aux commerçants, à ceux qui font la richesse du pays, aux infirmières dans les hôpitaux. Il faut cesser le mépris de classe. Première étape. Vous lui demandez de se changer lui-même. Si on vous suit. Soit il change, soit le peuple changera. Voilà. Auriane ?
Est-ce que cette crise politique, institutionnelle, sociale, elle va changer la nature de l'élection européenne ? Est-ce que vous allez en faire un référendum pro ou anti-Emmanuel Macron ?
Mais on n'en est même plus là. Je ne sais pas comment on va arriver au mois de juin. Je n'en suis même pas là. Je souhaite que notre pays évite une crispation pseudo-azurrectionnelle malsaine qui, quand elle commence, on ne sait pas comment elle s'arrête. Et j'ai le culte de l'État. Je crois à l'ordre. Et pour qu'il y ait de l'ordre dans un pays fragile, il faut qu'il y ait de la justice. C'est tout. Et je ne mettrais... Voilà, je ne peux pas vous dire mieux. J'ai fait des propositions. Maintenant, la balle est dans le camp du président de la République. Je ne suis pas président de la République.
Est-ce que vous voyez un parallèle entre ce mouvement des Gilets jaunes et ce qu'on voit en Italie avec le mouvement 5 étoiles, notamment, le Brexit, avec Trump ?
Le problème de la France, c'est qu'il n'y a pas eu depuis le référendum de 2005 qui a été bafoué par l'oligarchie politique. Les Français ont dit leur vérité en 2005. Rien n'a changé. Ensuite, vous avez eu l'élection de Nicolas Sarkozy qui a donné un grand espoir. Nicolas Sarkozy s'est couché face à Mme Merkel. Et puis, il y a eu François Hollande qui prétendait combattre la finance. Il s'est mis à plat ventre devant Mme Merkel et Bruxelles. Et puis, il y a Emmanuel Macron qui, parce qu'il était jeune, nouveau, a donné un grand espoir à beaucoup de gens qui se sont dit « Ah, ce n'est plus les vieux politiques, on va changer. » Mais rien ne changeait sur le fond.
Ce qu'il faut, c'est protéger la France de l'immigration qui nous coûte très cher, de la délinquance, donner un coup de pouce à ceux qui bossent. Par exemple, que le RSA, quand on reçoit le RSA, on doit donner une journée par semaine, selon moi, à la collectivité. Une politique du travail et du mérite. Protéger notre pays, redynamiser les forces vives. Voilà ce que je propose. Maintenant, soit le président de la République comprend, soit il reste dans son château.
Et s'il comprend, à vos yeux, est-ce que vous êtes prêts à une forme d'union nationale ? Ce sera notre dernière question. À une forme de respect. Non, mais là, d'union nationale. On verra.
En tout cas, déjà, qu'il comprenne qu'il faut changer de politique économique et que donc, il faut revoir tous les engagements de Bruxelles et dire à nos chers partenaires « C'est fini, on ne joue plus à ce mauvais jeu qui est en train de mettre la France à feu et à sang. »
Est-ce que vous demandez d'être reçu par le chef de l'État avec ou sans caméra ? Sans caméra volontiers. Sans caméra ? Ah, là, vous acceptez. Ah, mais sans caméra, vous acceptez. Vous accepteriez.
Si Emmanuel Macron avait un peu d'audace, il recevrait avec des caméras l'ensemble des leaders politiques, il créerait des états généraux de la fiscalité, il prendrait l'initiative.
Merci d'avoir été avec nous, Nicolas Dupont-Aignan. C'est la fin de cette audition publique. Merci de votre invitation. Et la semaine prochaine, notre invité sera Gérard Larcher, le président du Sénat. À très vite. Très bonne soirée.
C'est le temps fort de l'actualité du Parlement. Le gouvernement face aux questions des députés.
Présenté par Brigitte Boucher. À 14h, questions d'actualité. Interview duplex. Reportage pour un panorama complet avant d'entrer dans l'hémicycle.
La séance est ouverte. À 15h, les questions au gouvernement. En direct et en intégralité.
Et à 16h, le débrief. Prolongement de la séance en compagnie de deux députés.
Votre grande session d'actualité parlementaire à l'occasion des questions au gouvernement présentées par Brigitte Boucher. C'est demain, à partir de 14h. Je suis journaliste. J'ai passé plusieurs semaines en République islamique d'Iran. Nous revenons en arrière. Nous ne progressons pas. Cette vie souterraine me fascine. Leur liberté si risquée, leur révolte. Une partie de la jeunesse iranienne étouffe et n'hésite plus à braver les interdits dans son pays. De quoi menacer l'avenir du régime des Mollah ? Nous en débattons avec mes invités. Droite Suite, présentée par Jean-Pierre Gratien. Demain à 20h30. Je ne suis pas fatiguée.
C'est le but de scissors. Merci. Maintenant. Je reisporte,aspalée par Katalpe길.
Nicolas Dupont-Aignan