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interviewC à vous· 26 novembre 2024 52 min

Anne Hidalgo : un destin national encore possible ? - C à vous : l’intégral - 26/11/2024

Transcription youtube_captions. À recouper avec la source d'origine.

... - A.-E.Lemoine: Bonsoir.

Très heureuse de vous retrouver. On est ensemble jusqu'à 21h. Bonsoir à tous les 5.

Emilie, votre choix de l'actu? - E.Tran Nguyen: Gouvernement et députés débattent en ce moment du Mercosur à l'Assemblée nationale.

Les patrons de supermarchés ont pratiquement tous choisi leur camp. - A.-E.Lemoine: Avec un geste de solidarité sincère ou un coup de com?

On posera la question au spécialiste de la grande distribution de RTL, O.Dauvers. Mohamed? - M.Bouhafsi: Le pape François sera en Corse en décembre. - A.-E.Lemoine: Patrick? - P.Cohen: A.Hidalgo passe la main.

Elle ne sera pas candidate à un 3e mandat à la Mairie de Paris. La guerre de succession est ouverte. - A.-E.Lemoine: C'est une surprise, annoncée ce matin dans "Le Monde".

On en parle avec le grand reporter spécialiste de la gauche O.Pérou et l'avocat C.Consigny, qui s'est réveillé ce matin éberlué en apprenant qu'A.Hidalgo ne briguerait pas un 3e mandat.

Bonsoir à tous les 2. A.Hidalgo, vous en parlez dans votre dernier livre, C.Consigny, "Le Grand Amour".

Lorrain? - L.Sénéchal: L'éducation sexuelle de nos ados se fait souvent sur les sites pornos.

Le Sidaction a eu l'idée de créer un faux site porno garanti pour les moins de 18 ans et truffé de messages. - A.-E.Lemoine: Pierre? - P.Lescure: "Les Misérables" est une oeuvre internationalement connue.

La comédie musicale avait bien marché en France, mais rien par rapport à ce qui s'est passé dans le monde. Ca s'est joué dans 53 pays. Ca revient à Paris dans une mise en scène formidable. - A.-E.Lemoine: Nos invités après 20h: P.Bruel, qui nous présente son nouveau single, "Les Chaises vides".

Un message universel pour la paix. L.Gerra, qui s'installe pour 6 semaines au Casino de Paris, avec une nouvelle carte d'imitations!

Il nous en parle autour de la table du dîner. "5h, Paris s'éveille", chantait J.Dutronc...

Mais il était 6h ce matin quand A.Hidalgo annonçait au "Monde" qu'elle ne briguerait pas un 3e mandat de maire. Une décision qui ne pouvait pas laisser indifférents tous ceux que nous avons rencontrés aujourd'hui. - Au revoir, on lui dit avec plaisir! - Je suis ravi. - Elle a assez fait de dégâts. - C'est très dommage mais c'est sa décision.

Elle a fait un énorme boulot pendant beaucoup d'années. - Je ne suis pas d'accord sur tout ce qu'a fait madame Hidalgo, mais je trouve qu'elle gère bien la ville, cette immense ville. Bien sûr, on se plaint des travaux mais il faut que ça avance. - C'est une fanatique de la retraite à 60 ans.

Je pense qu'elle a un peu dépassé le seuil. C'est pas mal qu'elle aille se reposer. - J'ai voté pour elle 2 fois mais je ne la regretterai pas. - A.-E.Lemoine: La succession d'A.Hidalgo, c'est l'objet de l'Edito de Patrick.

A moins d'un an des municipales, à moins d'un an et demi, la succession d'A.Hidalgo est donc ouverte. - P.Cohen: Pas de la meilleure des façons.

Il faut distinguer le dit du non-dit d'A.Hidalgo au "Monde"...

Après 2 mandats de maire, elle passera la main en 2026, quand elle l'a décidé. Elle l'annonce suffisamment tôt pour préparer une transmission sereine en faveur d'un de ses fidèles, le sénateur socialiste R.Féraud qui, selon elle, a la capacité de rassemblement nécessaire. - A.-E.Lemoine: Et le non-dit? - P.Cohen: Elle avait dit qu'elle ne ferait que 2 mandats mais ça faisait des mois qu'elle refusait de confirmer sa décision et qu'elle laissait penser à une 3e candidature.

Les mêmes qui l'ont encouragée à se présenter à la présidentielle, dans son entourage, la poussaient à se représenter. Quant à la transition avec R.Féraud, elle est tout sauf sereine.

Celui qui fut longtemps son bras droit, premier adjoint et successeur désigné, E.Grégoire, à qui elle ne parle plus du tout, s'est déclaré candidat la semaine dernière pour changer de méthode et "être le maire de la réconciliation des Parisiens", ce qui laisse entendre que la politique de son ex-patronne les a jetés les uns contre les autres, les Parisiens! C'est pour torpiller le début de campagne qu'A.Hidalgo a adoubé R.Féraud.

On a vu des successions plus apaisées. - A.-E.Lemoine: Qui va trancher? - P.Cohen: Les militants socialistes parisiens, environ 3000 inscrits mais seulement 1100 votants qui se sont exprimés lors du dernier congrès du PS, à Marseille, début 2023.

E.Grégoire se prévaut du soutien de 450 militants, mais la fédération est tenue par une fidèle d'A.Hidalgo, L.El Aaraje, laquelle s'est rangée derrière R.Féraud.

Donc le suspense demeure. - A.-E.Lemoine: Mais la Mairie de Paris n'est pas que l'affaire du PS? - P.Cohen: Non, c'est très ouvert.

R.Dati, poursuivie pour corruption, a vu son groupe s'éparpiller depuis son entrée au gouvernement. L'ex-député Horizons P.-Y.Bournazel fait figure d'outsider.

Voilà comment il parle de la maire actuelle. - Madame Hidalgo est une femme de tempérament, c'est incontestable. Elle a du caractère, de la détermination.

Elle est combative et résiliente. Ce sont des qualités essentielles. Mais il lui manque la capacité de travailler avec les autres, de trouver des consensus avec l'Etat, avec la région, avec le monde économique et associatif, pour faire réussir ses projets.

Il ne suffit pas d'annoncer, il faut bien gouverner, et pour ça, il faut avoir une bonne méthode de travail. Ca lui a profondément manqué. Beaucoup de Parisiens qui ont pu voter pour elle ont été déçus d'une gestion parfois trop dure, trop verticale. - P.Cohen: Le nom de G.Attal revient régulièrement.

Les sondages sont flatteurs, mais il n'est pas sûr qu'une candidature à Paris soit dans son intérêt, à un an de la présidentielle. A gauche, le PS fera alliance avec les Ecologistes dès le 1er tour, ce qui n'était pas le cas jusqu'à présent. Ca a été annoncé aujourd'hui par D.Belliard.

Les communistes n'ont pas encore tranché. - I.Brossat: Je n'ai qu'un seul souci: qu'à la fin, ce soit la gauche et les Ecologistes qui gagnent, que cette ville ne bascule pas dans le camp réactionnaire.

Je ne veux pas que Paris soit bercée par ces vents nauséabonds qu'on entend un peu partout. On a Trump aux Etats-Unis, Le Pen en France, on n'a pas besoin de ça pour Paris. On doit s'organiser pour gagner.

Je souhaite qu'on se donne les moyens de gagner en 2026. Si A.Hidalgo avait été candidate, l'union se serait organisée autour d'elle.

Il va falloir qu'on s'organise autrement. - P.Cohen: Il y aura aussi une liste insoumise, sans doute avec S.Chikirou, mais ce n'est pas encore certain.

Vu loin de Paris, ça fait beaucoup d'inconnues, mais c'est l'une des particularités de Paris et de la loi PLM, Paris-Lyon-Marseille, où on vote par arrondissement et par secteur. Les Parisiens peuvent désigner leur maire sans voter directement pour lui. - A.-E.Lemoine: Votre réaction, à cette annonce d'A.Hidalgo?

Vous vous sentez libéré, ce soir, C.Consigny? - C.Consigny: Non.

Je suis réaliste. Je pense que le mode de scrutin à Paris ne permettra pas une alternance, une vraie alternance à Paris. Ce vote par arrondissement, qui favorise énormément la gauche, compte tenu de la sociologie et de la démographie à Paris, va faire que quelqu'un, un autre enténébré de gauche, remplacera madame Hidalgo et continuera sa politique criminelle. - P.Cohen: Jusqu'à présent, c'est possible sur le papier que, comme aux Etats-Unis, le vote populaire ne corresponde pas avec la désignation du maire.

Mais ce n'est formellement jamais arrivé. Il y avait quasiment jeu égal en 2014 entre N.Kosciusko-Morizet et la liste Hidalgo. - C.Consigny: Si seul le suffrage universel direct ne permettait pas de faire gagner quelqu'un d'autre que quelqu'un du parti de madame Hidalgo, elle ne se serait pas opposée de toutes ses forces au changement du mode de scrutin.

Or, elle a tout fait pour que rien ne soit changé. Je pense que ce mode de scrutin lui convient et reproduira la même politique criminelle. - A.-E.Lemoine: On va y revenir, et sur le bilan.

C'est une surprise, tout de même? - O.Pérou: Oui.

C'est une sortie ratée, précipitée. Quand les hommes et femmes politiques partent, souvent, on se demande ce qu'ils vont laisser. A.Hidalgo laisse un duel entre 2 de ses héritiers.

On ne comprend pas pourquoi. Surtout, cette interview à 6h, on ne comprend pas trop...

Elle avait fuité la veille dans un autre journal, visiblement de la part de la Mairie de Paris...

Tout ça semble un peu précipité. - P.Cohen: Elle répond à une question qu'on ne lui pose pas: "Je ne serai pas candidate à la présidentielle." - C.Consigny: Une question qu'elle est la seule à se poser! - O.Pérou: Son prédécesseur, B.Delanoë, avait préparé sa succession en la désignant. - A.-E.Lemoine: Elle désigne un dauphin, R.Féraud, très fidèle mais totalement inconnu. - O.Pérou: Elle le désigne précipitamment.

Ca sort d'il y a quelques semaines, après avoir fait monter E.Grégoire, son premier adjoint, il y a des années. Il y a un mois ou deux, c'était L.El Aaraje, dont vous parliez, une de ses très proches, qui était pressentie.

On a l'impression qu'aujourd'hui, A.Hidalgo fait tout pour que ce soit contre E.Grégoire.

Je ne comprends pas pourquoi. Je l'ai vue en janvier, dans le cadre d'une interview, et je suis ressorti de son bureau en me disant qu'elle repartait pour un 3e mandat. Ca navigue un peu à vue, aujourd'hui, j'ai l'impression.

On ne sait pas ce qui va rester du bilan politique d'A.Hidalgo. - A.-E.Lemoine: Ce qui est sûr, c'est qu'on ne revivra pas le duel Hidalgo-Dati pour la Mairie de Paris.

Leurs passes d'armes sont devenues des classiques. - A.Hidalgo: Vous êtes convoqués au Dati show! - R.Dati: C'est aussi anecdotique que votre score à la présidentielle de 1,7 %.

Oui, ça fait mal! - A.Hidalgo: Ca m'avait échappé que vous aviez gagné une élection.

Je vous demande de bien vouloir libérer les locaux. - R.Dati: Vous pouvez nous faire changer de locaux, mais je serai toujours là.

Il est temps de changer Paris. Je vous remercie. - A.Hidalgo: C'est un voeu que vous formulez depuis 20 ans, mais les Parisiens ne vous suivent pas.

Faites-vous élire ici et on en reparlera! - A.-E.Lemoine: G.Attal était en tête des personnalités qui feraient un bon maire, pour les Français.

Il n'est pas candidat, mais la bataille va être féroce. - O.Pérou: Il y a beaucoup de candidats.

De par le mode de scrutin assez étrange à Paris, c'est étrange de lire ce sondage...

Ce ne sont pas les Parisiens qui décident directement. Ce sera le problème d'E.Grégoire, s'il est candidat: Paris fonctionne comme une cour du château, avec ses courtisans.

On peut considérer que les maires d'arrondissement sont des courtisans. Le déjeuner hier autour d'A.Hidalgo était assez étrange.

Certains avaient le sentiment en sortant d'avoir eu un pistolet sur la tempe pour soutenir R.Féraud plutôt qu'E.Grégoire.

On est un peu dans une situation...

E.Grégoire aura certes l'avantage de la fédération socialiste de Paris, mais il va devoir s'assurer du soutien des maires d'arrondissement, ce qui n'est pas fait. - A.-E.Lemoine: "Je veux être le maire de la réconciliation pour apaiser cette ville", c'est une manière de dire qu'A.Hidalgo a été une maire de la division? - C.Consigny: Non seulement de la division, mais de l'émigration.

Elle a fait fuir beaucoup de Parisiens. - A.-E.Lemoine: 140 000 Parisiens... - C.Consigny: Voilà, ce qui ne l'a pas fait douter, d'ailleurs.

C'est fascinant, cette absence de doute, qu'on retrouve en général chez les pires idéologues et chez les profils les plus autoritaires. Elle a fait fuir beaucoup de gens, à mon avis hostiles à sa politique. Ce sera difficile de battre le candidat qui défendra la continuité de sa politique. - P.Cohen: Grâce à sa politique, mais aussi au prix de l'immobilier.

Il ne faut pas tout lui mettre sur le dos. - C.Consigny: Je ne suis pas sûr que ce soit le prix de l'immobilier uniquement qui fasse fuir les familles.

J'ai souvent des témoignages...

J'ai le malheur d'habiter dans le centre de Paris. - O.Pérou: Quel malheur! - A.-E.Lemoine: Vous avez le privilège, les moyens... - C.Consigny: Le privilège, les moyens, le malheur, tout en même temps!

Quand vous parlez avec des familles qui commettent le crime d'habiter dans l'ouest de Paris, évidemment, le 16e, c'est la droite, des gens égoïstes...

Ils sont infréquentables. Quand ils veulent se rendre, pour prendre un train, par hypothèse, pour aller respirer un peu...

Vous avez les enfants, les valises, vous vous dites que vous allez prendre un taxi. Aujourd'hui, quand vous habitez dans l'ouest de Paris, vous ne pouvez pas raisonnablement vous rendre dans une gare parisienne en taxi sans prévoir 2 heures de délai. Je suis désolé, elle a divisé la ville et l'a rendue impraticable pour beaucoup. - A.-E.Lemoine: Il fallait laisser la ville à la voiture comme avant? - C.Consigny: Non.

Je dis qu'il fallait faire les choses de manière mesurée. Dans toutes les grandes capitales du monde, on réduit la place de la voiture individuelle, même dans des villes comme Dubaï. On remplace la voiture individuelle par des moyens de transports collectifs, des taxis, etc.

Mais il faut quand même admettre qu'à Paris, tout le monde ne peut pas se balader en vélo ou en transports en commun. D'abord, tout le monde ne le veut pas et les gens ont le droit de ne pas le vouloir. Et quand vous êtes une personne âgée, handicapée, une famille, vous ne pouvez pas toujours vous balader...

Tout le monde n'est pas un trentenaire mangeur de quinoa. Il y a d'autres gens dans cette ville. Si on doit rester une grande capitale du monde, on doit admettre que la population de Paris est plurielle. - A.-E.Lemoine: La limitation à 30 km/h dans la majeure partie de Paris satisfait plus de la moitié des Parisiens. - C.Consigny: C'est tout le drame. - A.-E.Lemoine: C'est la manière dont les décisions ont été prises, surtout, qui soulève des critiques? - O.Pérou: Ca a été une question de méthode.

La méthode Hidalgo a été allègrement critiquée. Je ne sais pas si c'est une question de conducteurs de voitures, de SUV, ou de pilotes de vélo...

La grande erreur d'A.Hidalgo a été de considérer que Paris, ce n'était que des Parisiens. - P.Cohen: Ce sont ses électeurs. - O.Pérou: Moi, je suis originaire de Bretagne.

J'ai habité longtemps en banlieue. Quand je rentre en Bretagne, on m'appelle quand même "le Parisien". Enormément de banlieusards viennent travailler ou vivre à la journée à Paris.

Qu'ils viennent en voiture ou qu'ils utilisent le RER B, qui est un enfer...

Le grand sujet d'A.Hidalgo aurait dû être cette question du Grand Paris. Tout comme S.Khan a fait le Grand Londres...

Ca restera le point noir de son mandat. Je note d'ailleurs qu'E.Grégoire a choisi, dans son équipe de campagne, quelqu'un de la mairie de Montreuil.

Montreuil, c'est le "21e arrondissement". Ca va être le défi des prochaines élections. - A.-E.Lemoine: Ca n'a rien de criminel, la politique d'A.Hidalgo?

Le mot est un peu fort. - O.Pérou: Je le trouve un peu fort.

Surtout sachant qu'il y a peu de temps, un cycliste est mort à cause d'une voiture. Il est légitime de s'interroger sur la place de la voiture à Paris. - C.Consigny: Ou sur l'extrême tension que madame Hidalgo a créée dans Paris...

Les gens se mettent à faire n'importe quoi. - O.Pérou: Il y a 2 millions de Parisiens.

Ce sont les tensions françaises qui, aujourd'hui, renaissent à l'aune d'une ville de 2 millions de personnes. - C.Consigny: Je trouve que c'est une incurie, cette politique.

J'observe d'abord que madame Hidalgo est incapable de faire travailler ses propres fonctionnaires. A Paris, les 55 000 agents de la Ville de Paris ne font même pas leurs 35 heures hebdomadaires. Donc j'observe déjà une mauvaise gestion, quand on sait ce qui est prélevé comme impôts.

Ensuite, je suis déjà assez vieux pour avoir connu un autre Paris. Certes, il y avait un peu trop de voitures, des rues un peu pénibles...

Mais de là à fermer des rues entières à la circulation, comme elle le fait dans le centre de Paris, qui est totalement détruit...

Le quartier du Marais est devenu un parc d'attraction pour touristes, avec des boutiques qui vendent des bougies stupides et des fringues inutiles. Ce n'est plus la belle rue du Temple, avec des grossistes, la belle rue des Archives avec des bars très connus...

Ca circulait. Maintenant, il n'y a plus que des touristes. Je me fiche d'être old school.

Je me déplace encore en scooter 50 cm3 à essence. En Vespa! - P.Cohen: En pleine nuit, vous réveillez des milliers de Parisiens! - C.Consigny: Je suis contre la proposition d'interdire les deux-roues la nuit, d'ailleurs.

On n'a qu'à interdire les Parisiens! Le maire de Paris Centre, extrémiste de la politique d'Hidalgo, a répondu récemment que pour les zones à trafic limité, les gens pourraient rentrer chez eux. Encore heureux!

J'ai fait l'expérience, pendant la préparation des JO, de ne pas pouvoir rentrer chez moi...

Je maintiens que cette politique est criminelle. - E.Tran Nguyen: Les JO, on peut peut-être le laisser à son bilan. - A.Hidalgo: Ras-le-bol du bashing des JO, à tous ces peines à jouir qui n'ont pas envie qu'on puisse célébrer quelque chose ensemble!

Ras la casquette! - Ca y est, A.Hidalgo est dans la Seine.

Chose promise, chose due. - A.Hidalgo: On y va! "Parade", V.Le Masne. - A.Hidalgo: Les Jeux, ça a bouleversé notre quotidien mais ça nous a donné des idées pour aller plus loin. - E.Tran Nguyen: Vous allez nous dire que vous n'avez pas aimé Paris pendant les JO? - C.Consigny: Déjà, j'ai très peur des idées de madame Hidalgo, "pour aller plus loin".

J'aimerais pas d'idées et pas plus loin. Je l'ai vécue directement, la préparation des JO. J'ai trouvé que c'était une horreur, ce qu'on a fait vivre aux gens concernés par les zones en question. - A.-E.Lemoine: Ca a été balayé par l'euphorie...

Il n'y a jamais eu un tel... - C.Consigny: Ca, c'est formidable.

Les Parisiens ont été chassés de chez eux. - A.-E.Lemoine: Beaucoup ont décidé de partir... - C.Consigny: On leur a bien fait comprendre qu'il fallait partir, quand même. - E.Tran Nguyen: C'est étrange qu'elle décide de partir.

Elle aurait pu se servir des JO dans son bilan. - O.Pérou: Même s'il y avait une petite musique ces dernières semaines, avec un de ses conseillers qui est parti, une autre nommée au conseil d'administration de l'Accor Arena...

On ne se doutait pourtant pas que ça allait être aussi rapide. Les JO, c'était un bilan dont elle pouvait tirer quelque chose de très fort. Peut-être qu'elle n'a pas dit son dernier mot.

Elle ne va pas s'arrêter là. Elle ne va pas arrêter la politique. - C.Consigny: Elle va travailler pour M.Bloomberg. - O.Pérou: Elle a démenti cette information du "Canard enchaîné".

On sait que les maires de grandes villes comme San Francisco ou New York...

Elle se destine plus à une carrière internationale. - C.Consigny: On l'a vue avec S.Khan, elle a essayé de parler anglais.

La vidéo est extraordinaire, sur le quai de l'Eurostar! - A.-E.Lemoine: N'en jetez plus! - P.Cohen: Elle le fait en toutes circonstances. - C.Consigny: Alors, qu'elle prenne des cours d'anglais! - A.-E.Lemoine: "Le Grand Amour", c'est le titre de votre dernier ouvrage... - C.Consigny: C'est un peu contre-intuitif. - A.-E.Lemoine: Vous n'êtes pas le seul contradicteur d'A.Hidalgo. - C.Consigny: C.Clavier, P.Arditi, des figures de la culture ont expliqué comment Paris était devenue infernale.

Je ne suis pas le seul à le dire. - A.-E.Lemoine: Merci.

Vous restez avec nous. On a d'autres sujets à vous soumettre, notamment dans la Story de M.Bouhafsi. - Quel moment d'espérance, vous imaginez? 10 jours avant Noël, le pape vient en Corse.

Les Corses sont déjà partants. Ils sont enthousiastes. On sent une effervescence et on sent la joie. - M.Bouhafsi: C'est l'histoire d'une visite déjà réglée dans les moindres détails.

Pour la première fois, un pape va se rendre en Corse. Un voyage qui aura lieu le 15 décembre. C'était un secret de polichinelle.

Dès le début du mois de novembre, les équipes du Vatican s'étaient rendues à Ajaccio pour évaluer la sécurité des lieux, alors que l'annonce a été reportée à plusieurs reprises. Elle est tombée samedi. L'évêque d'Ajaccio a convaincu directement le pape. ... ... - M.Bouhafsi: Une annonce en grande pompe sur les réseaux sociaux.

Le point d'orgue de cette visite sera une messe en plein air devant 8000 fidèles, sur une esplanade qui surplombe la statue de Napoléon Bonaparte, évidemment. Certains habitants ne parviennent pas à retenir leurs émotions. - C'est un événement exceptionnel auquel je n'avais jamais espéré assister en Corse.

C'est l'événement majeur de ma vie, probablement. - Je pense que ça va être une grande fête. J'espère être aux premières loges. - De moi-même, je ne serai peut-être pas allé à Rome voir le pape.

Je vais savourer l'événement. - Plus qu'une fête, c'est...

C'est extraordinaire! Il sanglote. Il n'y a pas de mots.

C'est merveilleux. - M.Bouhafsi: Ce voyage est aussi un enjeu sécuritaire. 100 000 personnes sont attendues à Ajaccio pour assister à la venue du souverain pontife, un défi immense avec ce chemin que va parcourir le pape François.

Un défi pour les équipes municipales, avec une demande du pape: un bain de foule pour être au plus près des croyants. - Ce sont avant tout des prérogatives qui relèvent des autorités préfectorales du Vatican. En amont, nous avons travaillé à élaborer un parcours qui soit le plus accessible et le plus sûr possible pour le pape.

J'ai envie de dire que les principaux protecteurs du souverain pontife seront les Corses et les milliers de fidèles qui assisteront à la messe. Ce sera un moment de partage et de liesse populaire. Nous attendons énormément de monde dans les rues d'Ajaccio.

Nous avons travaillé depuis maintenant plusieurs semaines en amont. Plus de 100 000 personnes pourront assister avec beaucoup d'enthousiasme à ce grand moment. - M.Bouhafsi: Un grand moment qui a un coût.

Ce passage du pape François est estimé à 2 millions d'euros pour une journée seulement. C'est le diocèse d'Ajaccio qui va régler la note. De nombreuses entreprises locales se sont déjà manifestées, comme les magasins Leclerc de l'île qui ont déjà annoncé un don de 250 000 euros, en plus du soutien des habitants. - On a mis en place une touche papale.

Nos caissières proposent aux clients de payer, s'ils veulent faire un don ou pas. - C'est bien de le proposer dans les supermarchés. Si on a envie, il y a la possibilité pour tout le monde de pouvoir le faire librement. - Je vais donner à mon niveau, une somme modique.

Mais si tout le monde le fait, ça fera une sacrée somme. Les gens sont généreux, en Corse. - J'ai prévu de donner quelque chose.

C'est pour moi une solidarité, une fraternité. - M.Bouhafsi: Cette visite aura surtout un impact conséquent.

Air Corsica a rajouté 6000 sièges supplémentaires sur ses vols, pour la période. Les hôtels et les restaurants s'attendent à être inondés. - On n'a jamais eu un niveau de demande comme ça en hiver.

On a l'impression d'être en plein mois d'août. - M.Bouhafsi: Mais tout n'est pas rose.

Cette visite a suscité des crispations diplomatiques. Si le président Macron rencontrera le pape, l'absence de François à la réouverture de Notre-Dame le 7 décembre a surpris. - Le pape boude un peu les grands pays de tradition catholique.

Il n'a pas été en Espagne ou en Allemagne. L'important pour lui, c'est d'aller dans des endroits que pas tout le monde regarde: la Mongolie, Bahreïn, le Kazakhstan. La Corse, c'est en Méditerranée et c'est une zone particulièrement chère au pape François.

La Méditerranée, pour lui, résume tous les défis du monde: les défis migratoires, les tensions Nord-Sud, la guerre, les problèmes énergétiques... - M.Bouhafsi: Depuis la Corse, le pape entend déplacer le centre de gravité de la France pour lui demander de mieux regarder les questions ouvertes par la Méditerranée, avec en point crucial le sort des migrants.

Un voyage symbolique mais aussi politique, donc. - P.Lescure: 2 mots d'une réaction à laquelle N.Sarkozy pouvait sans doute s'attendre d'un jour ou l'autre de la part du corps enseignant...

Je rappelle ses mots à Saint-Raphaël, dans le Var. - N.Sarkozy: Le statut du professeur des écoles, je ne critique personne, je dis les faits...

C'est 24 heures par semaine, 6 mois de l'année. Entre les vacances, les week-ends...

Je sais bien qu'il faut préparer les cours. Maternelle, grande section? Rires.

Je sais qu'il faut corriger les copies. Je sais que c'est un boulot difficile, d'être enseignant. Mais il faut dire la vérité, nous n'avons pas les moyens d'avoir 1 million d'enseignants. - P.Lescure: Vendredi dernier, lors d'une séance de dédicaces à Marseille, l'ancien président de la République a été interpellé par un enseignant. - P.Lescure: Moins à l'aise que sur la tribune de Saint-Raphaël... - C.Consigny: Vous voulez une réaction?

Dans la vidéo, vous coupez le moment où N.Sarkozy propose à cet enseignant de laisser ses coordonnées pour le rencontrer ensuite. Il veut dialoguer avec lui. - E.Tran Nguyen: L'échange est quand même tendu. - C.Consigny: Il est vexé quand le prof lui dit qu'il a pris sa retraite à 57 ans...

J'ai beaucoup d'admiration pour N.Sarkozy. J'en ai aussi pour les professeurs de notre pays.

Il vaut mieux travailler tous ensemble pour redevenir un grand pays. - P.Lescure: Il faut lui dire à lui! - O.Pérou: Je m'étonne, dans une période où les professeurs sont mis à mal, de ce ton un peu méprisant de l'ancien président de la République à l'égard du corps enseignant.

C'est étonnant. Il dit que c'est des faits. Dans la vidéo, on voit que ces faits sont assez erronés. - A.-E.Lemoine: La guerre de la viande du Mercosur a-t-elle commencé?

Mercredi dernier, Carrefour prenait l'engagement, en soutien avec le monde agricole, de ne commercialiser aucune viande en provenance d'Amérique du Sud. Le lendemain, le patron d'Intermarché lui emboîtait le pas. Dimanche, M.-E.Leclerc certifiait à son tour qu'à 99 %, les supermarchés de la franchise ne vendraient pas de viande du Mercosur.

Ce matin, le directeur général de Système U jouait aussi la solidarité avec les agriculteurs. - On comprend cette colère. On comprend particulièrement le sujet des normes qui sont lourdes, des complexités administratives.

C'est un point où on rejoint le monde agricole. La viande brute vendue dans nos boucheries est 100 % française. Il n'y en aura donc pas demain. - A.-E.Lemoine: Bonsoir, O.Dauvers.

Vous êtes spécialiste de la grande distribution sur RTL. Merci de venir décrypter cette vague extraordinaire de déclarations d'amour des grandes enseignes françaises au monde agricole. Ce sont vraiment des déclarations d'amour ou ça cache autre chose? - O.Dauvers: Une déclaration d'amour, c'est par principe intéressé.

Dès lors qu'on est dans l'économie et les affaires...

Tous les patrons d'enseignes sont inquiets de ce qui peut arriver à leurs magasins. Ils ont peur des paysans, de la violence sur les biens. A chaque crise agricole, il y a du lisier, de l'envahissement... - A.-E.Lemoine: "On est vos amis." Ils savent qu'ils sont une partie du problème, ces grandes enseignes.

Elles ne rémunèrent pas au juste prix les agriculteurs. - O.Dauvers: La première façon, c'est de dire: "Regardez comme je vous aime.

Si vous voulez envahir un magasin, pensez à un autre qu'à moi." C'est égoïste et de bonne guerre. Le 2e effet, c'est de mettre ceux qui n'ont pas les fesses propres devant leurs responsabilités, les industriels et la restauration. - A.-E.Lemoine: "Nous, on contrôle l'origine de nos viandes." - O.Dauvers: On n'a pas un industriel qui s'est engagé là-dessus. - A.-E.Lemoine: Pour les plats préparés. - O.Dauvers: Pour la cantine, les hôpitaux, les armées...

Quand D.Schelcher dit que 100 % de sa viande fraîche est française, il a raison, à peu de choses près. Vous avez de temps en temps des promotions de la langue de boeuf qu'on peut importer.

Une fois qu'on a mis ça de côté, il y a peut-être un peu d'abats qui viennent de l'étranger, mais très peu. Le gros du problème, c'est la viande utilisée dans les hachis parmentier ou les lasagnes. - A.-E.Lemoine: Leur job, c'est de mettre la pression sur les industriels. - O.Dauvers: Ils n'ont pas de pouvoir dans la négociation pour l'imposer.

C'est pour ça qu'ils passent par l'opinion. Si les distributeurs arrivent à dériver le regard de l'opinion vers les industriels, ça peut permettre de solutionner le problème. Plus de 1 morceau de poulet sur 2 que vous achetez n'est pas français.

Dans un supermarché, c'est 90 % qui est français. Ils ne sont pas blancs comme neige. Sur ce plan, ils sont meilleurs, il faut le dire. - A.-E.Lemoine: N'y a-t-il pas une certaine démagogie de la part des grandes enseignes et des responsables politiques à l'égard des agriculteurs, au point de voir côte à côte une eurodéputée Reconquête!

Et une adversaire politique à l'autre bout de l'échiquier, M.Aubry, unies dans un même combat, convaincre le préfet du Bas-Rhin à autoriser les agriculteurs du Bas-Rhin à manifester à Strasbourg? - A.-E.Lemoine: On voit que ça va dans le sens de l'opinion, qui soutient de façon générale les agriculteurs et qui se dit opposée à l'accord de libre-échange entre l'UE et l'Amérique du Sud.

Pourtant, vous dites que le Mercosur serait une bonne nouvelle pour les consommateurs? - O.Dauvers: Si on le prend dans le registre du prix.

Si la question est si le traité du Mercosur peut faire baisser les prix, c'est oui. Ce n'est pas mon avis, c'est un fait. Dès lors que vous avez des coûts de production plus bas ailleurs que chez nous, les coûts sont baissés.

Je connais ce sujet. - P.Cohen: A quels volumes?

Ce n'est pas 1,5 % De la production qui peut faire baisser les prix. - O.Dauvers: Savez-vous qu'il suffit d'une surproduction de quelques pourcents sur la pomme de terre pour que les prix s'envolent ou s'effondrent?

Les marchés agricoles ont une volatilité sur les prix... - P.Cohen: Combien y a-t-il de viande du Mercosur aujourd'hui importée par l'Europe? 200 000 t.

Combien le traité du Mercosur prévoit? 150 000. - O.Dauvers: Le sujet, c'est le signal de prix que ça renvoie.

A partir du moment où... - P.Cohen: Je ne comprends pas comment le marché peut être bousculé par des quantités aussi faibles. - O.Dauvers: Ca renvoie un nouveau signal de prix et ça remet l'agriculture française face à la difficulté d'être exposée aux marchés internationaux, y compris intra européens.

On envoie le signal qu'on peut remplir un plat cuisiné avec de la viande qui vient d'ailleurs. Le problème, ce n'est pas le Mercosur spécifiquement, c'est les coûts de production moins chers ailleurs, y compris en Europe. Vous rajoutez ce problème à celui de la compétitivité.

La ferme France est malade de sa compétitivité et du fait que les consommateurs n'ont pas la transparence sur l'origine pour, pour ceux qui le veulent et le peuvent, acheter français. On ne le sait pas, aujourd'hui. On vous met un pudique "origine UE" ou "non UE".

Ca veut dire quoi? Je veux savoir si les Polonais, Hongrois...

Pareil pour le canard. - A.-E.Lemoine: C.Consigny? - C.Consigny: Je ne sais pas si le problème, c'est la compétitivité.

C'est aussi que les salaires des Français sont trop faibles pour acheter de la nourriture. Pourquoi y a-t-il une telle pression à la baisse en permanence sur le coût de la nourriture, alors que tout le reste ne fait pas l'objet de la même pression et que la nourriture, c'est une des choses les plus importantes pour quelqu'un? Ca conditionne... - A.-E.Lemoine: C'est un produit de première nécessité.

C'est pour ça qu'il y a une pression pour la baisse des prix. - O.Dauvers: Le poulet polonais coûte 50 % de moins à produire que le français. - P.Cohen: Poulet ukrainien. - O.Dauvers: En plus, il vient parfois d'Ukraine en allant se faire découper ailleurs. - E.Tran Nguyen: Il y a quand même des gagnants du Mercosur: les vignerons, les producteurs de lait, les produits de luxe pharmaceutiques, des cosmétiques, qui devraient voir leurs ventes progresser...

Si on ne signe pas ce traité, on pénalise tous les secteurs. - O.Dauvers: Bien sûr. - C.Consigny: Est-ce que c'est grave?

Le secteur cosmétique français va mal...

Il faut absolument l'aider! - A.-E.Lemoine: C'est un état des lieux. - C.Consigny: Au détriment des agriculteurs... - E.Tran Nguyen: Ne soyez pas réducteur. - O.Dauvers: On a le numéro 1 mondial des produits laitiers, Lactalis, en France.

Le libre-échange, ça a 2-3 vertus. S'il n'y a pas une forme de protectionnisme par la transparence de l'origine, on vous mettra demain, dans votre hachis parmentier, une portion, même minime, de boeuf d'Amérique du Sud. On doit le savoir, et après, chacun fera comme il peut et veut, y compris avec les contraintes de pouvoir d'achat. - A.-E.Lemoine: La concurrence de la Chine, c'est une réalité. - O.Dauvers: Sur des tas de produits.

On peut exporter en Chine. La Chine exporte en Amérique du Sud...

On va se faire tailler des croupières, de toute façon. La compétitivité, c'est un mot tabou dans l'agriculture depuis 20 ans. Mais les agriculteurs ne sont pas assez compétitifs quand on les compare à ailleurs.

Quand ils se regardent entre eux, ils se trouvent très bien. De fait, on a un bon niveau d'agriculture. Mais ailleurs, les exploitations sont plus grandes, car l'opinion est prête pour les fermes des mille vaches.

Nous, on a essayé, tout le monde s'est ligué. On a des petites fermes à la con... - O.Pérou: Je suis journaliste politique.

Je crois que la classe politique, de droite ou de gauche, méconnaît totalement ce qui se passe avec les agriculteurs. L'an passé, on a vu avec la crise des agriculteurs que c'était sous-estimé, y compris par le président. On regarde le budget, le PLFSS, les amendements...

Une bonne partie des Français s'en moque...

Ca va être très compliqué, pour M.Barnier et son potentiel successeur. - C.Consigny: Comme l'a bien écrit M.Houellebecq dans un livre où il prophétisait les barrages d'agriculteurs, je pense que les agriculteurs vivent un plan social innommable qui ne dit pas son nom.

Il faut assumer de les protéger, même au détriment de l'exportation de voitures allemandes et au détriment des exportations de vin ou de produits laitiers, qui n'a pas beaucoup de sens à l'heure de la crise écologique. - P.Cohen: Pas d'aussi bons fromages... - A.-E.Lemoine: Tout de suite, le 5/5.

Israël approuve un accord de cessez-le-feu au Liban. - L.Sénéchal: B.Nétanyahou vient de s'exprimer à la télévision.

Il a posé beaucoup de conditions à cet accord. Il a d'abord dit qu'Israël garderait une liberté totale au Liban. Ensuite, qu'Israël va intensifier sa pression sur le Hamas, pour la bande de Gaza.

Enfin, la durée était censée être 60 jours pour le cessez-le-feu. C'était la base. En fait, sa durée va dépendre de ce qui se passera au Liban, selon la déclaration de B.Nétanyahou à l'instant.

On est encore loin d'une situation totalement apaisée. Le principe même d'un accord divise la société israélienne. ... - L.Sénéchal: Dans le même temps, les frappes israéliennes ont continué toute la journée à Beyrouth, contre des cibles officiellement liées au Hezbollah.

Une partie de la banlieue sud de Beyrouth, fief de l'organisation terroriste chiite, est détruite. B.Nétanyahou est visé par un mandat d'arrêt de la Cour pénale internationale pour crimes contre l'humanité.

Ce mandat d'arrêt oblige 124 pays du monde, l'ensemble de l'UE, dont la France, qui s'est engagée pour la 1re fois cet après-midi à le respecter, sous-entendu à arrêter le Premier ministre israélien s'il mettait le pied sur notre territoire. - M.Barnier: Cette Cour opère de manière indépendante, indépendance à laquelle nous sommes très attachés.

Nous n'avons pas à commenter cette décision, ni pour soutenir ni pour condamner. La France appliquera rigoureusement les obligations qui lui incombent au titre du droit international. - A.-E.Lemoine: L'Ukraine a de nouveau frappé la Russie avec des missiles de longue portée. - L.Sénéchal: La Russie reconnaît elle-même 2 frappes chez elle dans la région de Koursk.

Elles auraient touché un système radar. ... - L.Sénéchal: La Russie affirme préparer sa riposte.

Si elle suivait à la lettre les menaces édictées la semaine dernière par V.Poutine, il faudrait frapper et déduire un système radar américain sur le sol américain, ce qui semble peu plausible. En attendant, la Russie frappe l'Ukraine.

La plus grande attaque de drones depuis le début de la guerre. 188 appareils iraniens utilisés pour détruire des structures civiles ukrainiennes. D.Trump a promis de régler la guerre en 24 heures.

Faut-il se méfier de Trump comme on se méfie de V.Poutine? Le président russe est aux aguets, craignant d'être maltraité.

Cette phrase est signée A.Merkel, dans sa biographie intitulée "Liberté". Elle s'était opposée à l'entrée de l'Ukraine dans l'UE.

Elle dit également ceci. A.Merkel a peur des chiens.

Poutine le savait. En 2007, il a fait rentrer exprès ce gros labrador en pleine rencontre avec la chancelière allemande devant les photographes. Il espère obtenir un nouvel allié en Europe, en Roumanie, où C.Georgescu est arrivé en tête du 1er tour de la présidentielle.

Grosse surprise. Il a fait campagne quasi exclusivement sur TikTok. Il a défendu dans ces vidéos publiées par dizaines l'arrêt du soutien à l'Ukraine et le rapprochement avec la Russie de V.Poutine. ... - L.Sénéchal: Le 2d tour a lieu à la fin de la semaine prochaine.

Avant cela, puisque la Roumanie est une démocratie parlementaire, il y aura les législatives ce dimanche. - A.-E.Lemoine: Combien de temps peut encore tenir le gouvernement de M.Barnier? - L.Sénéchal: Il tombera entre le 15 et le 21 décembre, prédisait J.-L.Mélenchon.

Cela pourrait être dès la semaine prochaine avec une motion de censure de la gauche votée par le RN. Pourquoi? Le budget de la Sécu pourrait revenir à l'Assemblée.

Il a été voté tout à l'heure au Sénat avec la grande satisfaction du rapporteur, le centriste O.Henno. - J'ai le sentiment du devoir accompli.

Ce PLFSS est le meilleur possible dans ce contexte, avec les difficultés financières de la France et l'instabilité politique qui règne à l'Assemblée nationale. Les apports de la majorité sénatoriale au texte du gouvernement sont solides, courageux, repoussant toute démagogie et animés par l'intérêt général. - L.Sénéchal: Ce budget de la Sécu, les sénateurs l'ont modifié.

Il y a une commission mixte paritaire qui est convoquée demain en cas d'accord entre sénateurs et députés. La nouvelle mouture pourrait arriver lundi à l'Assemblée. Si c'est conclusif, il n'y aura pas de débat, juste un vote à l'Assemblée et potentiellement un 49-3, donc une motion de censure. "Le gouvernement va tomber".

E.Macron en est persuadé, d'après "Le Parisien". L'Elysée a démenti. "Le Parisien" maintient sa version.

En cas de censure, le risque est le scénario à la grecque, selon M.Bregeon, c'est-à-dire une crise financière. Y.Braun-Pivet n'est pas d'accord avec ce constat. - Y.Braun-Pivet: Nos textes sont bien faits.

Notre Constitution et nos règles sont là. Pas de shutdown à l'américaine. La présidente de l'Assemblée nationale dit l'inverse ce matin à votre antenne. - Il n'y a pas de scénario catastrophe.

Nous avons des mécanismes pour faire face. - L.Sénéchal: Y.Braun-Pivet se retrouve sur la même longueur d'onde que M.Le Pen, qui dit dans une tribune au "Figaro" qu'il n'y aura pas de shutdown.

Si une motion de censure est votée dès la semaine prochaine, on sera dans une crise politique majeure? - O.Pérou: Oui.

Ce ne sera pas un shutdown. L'Etat français continuera de fonctionner en grande partie. Les macronistes jouent à faire peur à tout le monde... - P.Cohen: Nos taux d'emprunt sont à quelques dixièmes des taux grecs.

Une crise financière se prépare. L'écart avec le taux allemand n'a jamais été aussi élevé depuis 2012. - O.Pérou: La crise politique précédera la crise financière. - C.Consigny: Il y a beaucoup de désinvolture de la part de ceux, qui dans le monde politique et médiatique, voient cette censure comme un nouvel épisode d'une série Netflix.

La France n'est pas une série Netflix. Si on n'a plus la maîtrise de la manière dont on gouverne, des gens vont voir leur niveau de vie baisser. Le budget proposé par M.Barnier, à titre personnel, je considère qu'il contient trop peu de réductions des dépenses publiques.

Notre problème majeur, c'est la dépense publique. Dans la période actuelle, je ne vois pas trop ce qu'on peut faire d'autre pour ne pas plonger dans une forme de chaos. Pour notre pays, j'espère qu'il ne sera pas censuré. - A.-E.Lemoine: La campagne choc du Sidaction... - L.Sénéchal: L'association s'agace d'un gel des nouveaux programmes scolaires sur l'éducation sexuelle.

En attendant ce nouveau programme, le Sidaction veut prendre le taureau par les cornes avec une campagne choc, un faux site Internet interdit aux moins de 18 ans. On a l'impression que c'est le cas. Si on clique, tout est fait pour singer un site pornographique, avec des vidéos aux titres aguicheurs. "Je rejoins 2 lesbiennes sous la douche", "Je prends ma copine par surprise"...

La surprise est en effet de taille quand on clique... ... - L.Sénéchal: Le site se veut réaliste jusqu'aux publicités, qui vous promettent d'agrandir la taille de votre éducation sexuelle.

Campagne indispensable à l'heure où l'éducation sexuelle de nos ados se fait souvent hors contrôle, sur des sites pornographiques. - A.-E.Lemoine: Un chien erre depuis une semaine au milieu de l'aéroport de Roissy-Charles de Gaulle. - L.Sénéchal: Il s'est enfui la semaine dernière quand il neigeait de sa cage de transport au déchargement d'un vol en provenance de Vienne.

Depuis, il s'échappe à chaque fois qu'un humain approche. De pistes ont été fermées aujourd'hui, en vain. La maîtresse est une jeune femme tchèque désespérée. ... - L.Sénéchal: Elle a même diffusé un message sur Internet avec son numéro, son mail.

Le chien a 2 ans, fait 15 kg...

Il y a eu des battues régulières organisées en présence de la jeune femme. - P.Cohen: Sur l'aéroport? - L.Sénéchal: Oui.

Pour retrouver le chien. Ils ont fermé des pistes encore tout à l'heure. Air France paye même son hôtel en attendant. - A.-E.Lemoine: Merci, Lorrain.

Merci, O.Dauvers. "Le Grand Amour", c'est l'ouvrage signé C.Consigny, toujours disponible.

Merci à tous les 3. Dans un instant, L.Azabal, à l'affiche d'un film extraordinaire, "Rabia".

Il y aura également P.Bruel et L.Gerra qui "se met à table".