Éric Dupond-Moretti dit tout - C à Vous l’intégrale - 03/10/2025
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Chapitres
Répartition du ton (temps de parole politique)
Propositif 40 %Attaque 30 %Défensif 30 %
Questions et réponses
Taux de réponse directe : 80 % (directe = 1, partielle = 0,5, éludée = 0)
- 5:00OuverteRéponse directe
Est-ce que S. Lecornu a raison de renoncer au 49-3?
- 10:00OuverteRéponse directe
Comment les partis réagissent-ils à cette annonce?
- 15:00OuverteRéponse directe
Vous avez été ministre pendant plus de 4 ans. Comment avez-vous vécu cela?
- 20:00OuverteÉludée
Que pensez-vous des parkings payants des hôpitaux?
- 25:00OuverteRéponse directe
Que pouvez-vous nous dire de la personnalité de C. Jubillar?
Affirmations vérifiables (citations exactes)
- 5:00E. Dupond-MorettiChiffre
« Rocard a fait mieux, ou pire: il l'a utilisé 28 fois. »
- 10:00Y. GooszChiffre
« Il a été activé 23 fois sous E. Borne, ce 49-3. »
- 15:00E. Dupond-MorettiFait
« J'ai été 36 ans avocat. J'ai défendu des coupables, des innocents, des gens acquittés au bénéfice du doute... »
- 25:00Me P. PressecqFait
« Je suis face à lui depuis 2 semaines, et même depuis 4 ans, puisque je suis saisi depuis le 20 décembre de cette affaire. »
Modèle mistralai/mistral-small-3.2-24b-instruct:floor · prompt v1· les citations sont vérifiées mot pour mot dans le transcript ; le taux de réponse directe est calculé à partir des verdicts question par question. Aucun label idéologique n'est produit.
... - M.Bouhafsi: Bonsoir.
Bienvenue dans "C à vous". On est ensemble en direct jusqu'à 21h pour toute l'actualité de ce vendredi 3 octobre avec toute l'équipe. Bonsoir à tous.
A la une de l'actualité, un enregistrement sonore accablant. C.Jubillar est de plus en plus acculé. - On a un C.Jubillar qui, dans cet audio, va parler de tout, de rien et très peu de Delphine, si ce n'est en la qualifiant de manière très négative. - M.Bouhafsi: L'un des avocats de la famille de D.Jubillar prend la parole ce soir dans "C à vous". - P.Larrouturou: Un Premier ministre renonce à son plus grand pouvoir. - S.Lecornu: J'ai décidé de renoncer à l'article 49-3 de la Constitution. - M.Bouhafsi: On découvrira le secret de la doyenne de l'humanité. ... - A.Bégot: Elle avait survécu à la grippe espagnole et au covid. - M.Bouhafsi: Vos recommandations culturelles? - E.Eméyé: Impossible de passer à côté de la sortie du nouvel album de T.Swift. - M.Bouhafsi: Vous êtes une Swifty, comme on dit? - E.Eméyé: Je n'irais pas jusque-là. - M.Bouhafsi: Paul, vous serez en immersion avec ceux qui font l'actualité ce soir.
Un scandale: ceux qui font les parkings payants des hôpitaux. - Si vous accompagnez quelqu'un, c'est minimum 1 heure 30 à 2 heures. On fait rentrer les parkings privés des aéroports dans les hôpitaux. - M.Bouhafsi: Et bonsoir, Paul! - P.Larrouturou: Toujours un sujet politique majeur dont nous allons parler dans quelques minutes. - M.Bouhafsi: Diane, vous aurez la lourde responsabilité de terminer cette émission. - D.Segard: On va vous préparer le péché mignon de notre invitée de ce soir, Chantal... - Cookinut: Qu'est-ce qu'on prépare, du coup?
De la purée. Je vais essayer de cuisiner des petites Saint-Jacques, donc tu me laisses. - M.Bouhafsi: Merci beaucoup.
On vous retrouve après 20h, avec nos invités du dîner. 4 ans, 2 mois et 17 jours, c'est le temps qu'a passé E.Dupond-Moretti place Vendôme, un record sous E.Macron.
On le surnommait Acquitator. Le natif de Maubeuge a tout connu. Il aura eu 1000 vies. - E.Dupond-Moretti se qualifie de gitan, de routard de la justice.
Ténor du barreau, il est considéré comme l'avocat des causes désespérées. - E.Dupond-Moretti: La compétence ne se décrète pas.
Quand je ne serai plus avocat, je deviendrai ministre. Monsieur le député, j'ai un sens aigu du contradictoire et du respect de la parole de l'autre. J'aimerais que vous me laissiez m'exprimer.
Ce que vous avez fait est une honte et un scandale! J'ai travaillé ici plus de 4 ans et je laisse entre ces murs beaucoup de moi. Sans l'ombre d'une hésitation, j'ai dit oui! - M.Bouhafsi: E.Dupond-Moretti et M.-O.Fogiel sont nos invités.
Monsieur le ministre, bonsoir. Merci d'avoir accepté notre invitation. On va revenir longuement sur "Juré, craché", un livre passionnant, et sur votre passage place Vendôme.
Vous avez tenu 4 ans, un record sous E.Macron. Avant cela, l'Edito de Y.Goosz.
C'est le coup de théâtre politique du jour, signé S.Lecornu. Le Premier ministre renonce à utiliser un article essentiel de notre Constitution, le 49-3.
Est-ce que ça change tout? - Y.Goosz: Il parle peu, S.Lecornu, l'ex-ministre des Armées.
Il ne prend la parole que quand elle peut faire bouger les choses. Une promesse de rupture, et au moins sur la forme, on est servis. Renoncer au 49-3, c'est faire ce que ses prédécesseurs ne se sont jamais permis, sauf L.Jospin.
Le 49-3 était même banalisé sous E.Borne. - E.Borne: Les oppositions ne souhaitent pas trouver de compromis.
J'engage la responsabilité de mon gouvernement et c'est donc la démocratie parlementaire qui aura le dernier mot. - Y.Goosz: Il n'y a que les tenues qui changent!
On avait fini par arrêter de compter...
Il a été activé 23 fois sous E.Borne, ce 49-3. Au moment de la réforme des retraites, tout le monde est devenu un peu spécialiste de ce 49-3, article repoussoir par excellence pour tous les opposants à la réforme. - M.Bouhafsi: A quoi renonce exactement S.Lecornu? - Y.Goosz: Et avec lui, E.Macron...
Si je résume, le gouvernement se désarme pour forcer tous les groupes parlementaires à passer des compromis. Une culture qui n'est pas celle de notre Ve République. Un sacré pari, donc.
Le gouvernement renonce à passer un budget en force. Pas d'engagement de sa responsabilité devant le Parlement, en espérant en retour éviter la censure. C'est donnant-donnant.
La responsabilité retombe entre les mains des députés. - M.Bouhafsi: S.Lecornu a pris le PS, le RN et les LR de court.
Comment ils réagissent? - Y.Goosz: C'est compliqué de parler de censure. - O.Faure: Il n'a renoncé qu'au 49-3.
Il nous a présenté une copie très insuffisante et alarmante sur le fond. Nous lui accordons le bénéfice des heures prochaines pour réfléchir et donner sa réponse dans son discours de politique générale. Nous jugerons à ce moment-là. - Y.Goosz: Donc "wait and see".
C'est aussi la réaction de M.Le Pen. - M.Le Pen: Cette annonce m'apparaît plus respectueuse de la démocratie.
Nous restons dans l'attente de ce discours de politique générale pour convaincre le RN de participer à tout le moins aux travaux du budget. - Y.Goosz: PS, RN, LFI, il faut les 3 ensemble pour renverser l'exécutif.
J.-L.Mélenchon ne change rien: censure immédiate de toute façon. - J.-L.Mélenchon: Parole verbale, on ne te croit pas.
Tu n'as Pas l'intention de gouverner sans nous forcer le moment venu. - M.Bouhafsi: S.Lecornu renonce-t-il à tous ses pouvoirs sans le 49-3? - Y.Goosz: Pas tout à fait.
Il y a aussi l'article 40 et l'article 44, à savoir le vote bloqué...
Le gouvernement ne soumet que les textes de son choix. Et puis, il y a la règle des 70 jours pour adopter le budget. Le piège peut se refermer sur les oppositions.
Le gouvernement peut alors agir par ordonnances, avec l'article 47. En tout cas, une rupture sur la forme de façon éclatante. - M.Bouhafsi: Et sur le fond? - Y.Goosz: Ca dépendra des députés.
Bien malin qui peut prévoir les votes de circonstances et les censures spontanées. Même sans le 49-3, ça existe toujours. S.Lecornu est habile.
Le plus fragile des Premiers ministres s'achète du temps, celui de la discussion budgétaire. Mais au-delà des marchandages, quelle est sa vision? Que vaut dans ces conditions le discours de politique générale qu'il prononcera mardi? - M.Bouhafsi: E.Dupond-Moretti, vous avez été ministre pendant plus de 4 ans.
C'est un record sous E.Macron. Vous avez connu 3 Premiers ministres.
Ca vous faisait sourire, le magnéto des archives sur E.Borne...
Est-ce que S.Lecornu a raison de renoncer au 49-3? - E.Dupond-Moretti: Rocard a fait mieux, ou pire: il l'a utilisé 28 fois.
C'est intelligent et c'est habile. Nous avons besoin de compromis. Il faut qu'on avance, qu'on sorte de cette situation devenue inextricable. "La balle est dans votre camp", je trouve ça très bien. - M.Bouhafsi: M.-O.Fogiel, vous connaissez tous les politiques.
C'est un moyen de mettre les parlementaires face à leurs responsabilités? - M.-O.Fogiel: Oui, et de voir comment ils vont s'entendre ensemble, pour le meilleur ou pour le pire.
Ce sera peut-être pour le pire, avec un budget qui ne tiendra pas. C'est intéressant de voir comment cette Assemblée aux 3 tiers peut se mettre d'accord et sur quoi. Mais je suis d'accord, il y a le chat... - M.Bouhafsi: E.Dupond-Moretti n'est pas au courant.
M.Le Pen a fait son arrivée avec son chat. - E.Dupond-Moretti: Je ne savais pas... - M.Bouhafsi: C'est là où M.-O.Fogiel est très fort.
Il attend un bon mot de vous. - E.Dupond-Moretti: Je jure que...
J'étais à Lyon hier, à Bordeaux avant-hier, au théâtre. Je n'ai pas pris connaissance de cet événement majeur! - M.Bouhafsi: Plus sérieusement, ça peut durer, selon vous, cette situation, avec S.Lecornu qui va négocier avec LFI, le RN et le PS? - E.Dupond-Moretti: Je pense que le gouvernement sera annoncé dans les jours qui viennent.
C'est ce que certains nous disent...
Les proches du château, les conseillers bien informés... - A.Bégot: Vous avez toujours des contacts? - E.Dupond-Moretti: Oui, mais je n'en sais pas plus que vous à cet instant.
Je pense qu'un certain nombre de choses sont déjà parvenues à vos oreilles de journalistes qui suivent cela de près. La presse maquille ça tout de suite pour protéger ses sources, mais il y a des conseillers qui disent que... - M.Bouhafsi: Si S.Lecornu vous appelait, vous n'iriez pas? - E.Dupond-Moretti: Pas maintenant, non. - M.Bouhafsi: Vous publiez tous les deux "Juré, craché", aux éditions Michel Lafon.
Vous l'avez écrit tous les deux, E.Dupond-Moretti et M.-O.Fogiel.
Vous posez la question avec un style très direct, M.-O.Fogiel.
E.Dupond-Moretti, vous y répondez sans vous dérober, y compris sur les moments les plus difficiles, notamment un moment, sans doute le plus douloureux, au départ de votre aventure: l'Hémicycle. Quand vous découvrez l'Hémicycle, ça hurle, ça gueule de toutes parts.
Après votre 1re séance de questions au gouvernement, R.Ferrand vous glisse cette phrase: "Ici, monsieur le ministre, on souffre en silence." Vous ne l'avez jamais oublié. - E.Dupond-Moretti: C'est vrai.
R.Ferrand est un homme bienveillant. Il est un peu taquin...
Et il me lâche cette phrase, car je suis complètement perdu. J'arrive là, je pense à Hugo, à Clemenceau, tous ceux qui se sont exprimés dans ce haut lieu de la démocratie, et je découvre le stade Vélodrome! Ca gueule...
Je suis complètement désarçonné. Je me retourne vers le président Ferrand, je l'appelle à l'aide. Un tantinet désabusé, il me dit, en scandant bien les choses: "Ici, monsieur le ministre, voyez-vous, on souffre en silence." J'ai compris la leçon. - E.Eméyé: Et vous avez souffert? - E.Dupond-Moretti: A ce moment-là, oui.
Ensuite, j'ai compris la leçon. Une fois, mais pas deux. - M.Bouhafsi: Quelques petits bras d'honneur dans l'Hémicycle... - E.Dupond-Moretti: Des micro-bras d'honneur. - M.Bouhafsi: Ne refaites pas.
Il y a des enfants qui nous regardent! - E.Dupond-Moretti: Si les enfants ne font que ça... - M.Bouhafsi: Plus de 4 ans place Vendôme.
G.Darmanin sera resté autant de temps à Beauvau. Le respect n'empêche pas les divergences.
Des émeutes en Nouvelle-Calédonie en 2024, des morts, même parmi les gendarmes, et de nombreux dégâts matériels. G.Attal réunit un Conseil et G.Darmanin et vous n'êtes pas d'accord. - G.Darmanin: On a fait 200 interpellations et il n'y a pas un mec qui va en prison.
C'est quand même un sujet. - E.Dupond-Moretti: Il y a des gens qui ont été déférés pour des tentatives de meurtre, aujourd'hui. - G.Attal: Il y en a qui ont essayé de piéger les victimes avec des bouteilles de gaz...
On ne pourrait pas... - E.Dupond-Moretti: On est en train de passer de ceux au pied des barrages à ceux qui ont tiré sur des policiers ou des gendarmes.
Pardon, mais il y a de la nuance... - G.Darmanin: Il faut aussi un message de fermeté. 200 interpellations et pas un mandat de dépôt! - E.Dupond-Moretti: Le procès de la justice laxiste, je veux bien, mais... - M.Bouhafsi: Ca se passait souvent comme ça entre vous deux? - E.Dupond-Moretti: Non, mais quand j'entends le Premier ministre dire qu'il faut des exemples...
Qu'est-ce que ça veut dire? Moi, j'arrive là...
C'est filmé un peu à mon insu, à vrai dire...
Je n'ai reçu aucun renseignement des magistrats du parquet. Je ne sais rien, pour un tas de raisons, et on va s'expliquer ensuite...
Je dis à G.Darmanin que je ne suis pas bien d'accord avec tout ça car je n'ai pas été informé. Au fond, il faut de l'exemple et de l'exemplarité, quelles que soient les infractions?
Moi, ce n'est pas la vision que je me fais de la justice. Je la veux plus nuancée. Vous avez le morceau suivant? - M.Bouhafsi: Pas là, mais vous pouvez le retrouver sur la plateforme france.tv.
M.-O.Fogiel, c'était important, pour vous, de montrer les relations ambivalentes entre deux ministres? - M.-O.Fogiel: On s'est vus tout au long de l'année dernière, avec Eric, pour faire des entretiens pour ce livre.
Pendant très longtemps, dans ces entretiens, il me dit beaucoup de bien de G.Darmanin, pendant très, très longtemps. A un moment donné, l'actualité nous rattrape.
G.Darmanin prend des positions qu'E.Dupond-Moretti conteste.
C'est ensuite qu'il a un propos politique sur G.Darmanin, en reconnaissant toujours leur amitié, puisqu'ils sont toujours bons amis. Mais c'était intéressant de voir l'évolution du regard d'E.Dupond-Moretti sur G.Darmanin tout au long de l'année.
En lisant le chapitre, on voit bien le moment de bascule. - M.Bouhafsi: Dans ce livre, vous revenez sur votre procès alors que vous étiez ministre... - E.Dupond-Moretti: Mais on a fini là-dessus, là?
Par exemple, la suppression du sursis, pour moi, c'est une hérésie. C'est une peine très utile. On ne peut pas dire aux juges: "On vous enlève ça." La critique d'une décision de justice, comme cela a été fait après la victoire du PSG...
Pardon, mais le garde des Sceaux ne peut pas commenter une décision de justice! Ca porte atteinte à l'indépendance judiciaire. Moi, je ne l'ai jamais fait. - M.-O.Fogiel: Ce qui m'a intéressé dans les échanges avec Eric, c'est qu'en prenant des positions qui ne sont pas des positions démagogues ou ce qu'ont envie d'entendre les lecteurs, il prend un risque.
Il est plus dans la nuance. - A.Bégot: Ce n'est pas un politique, en fait? - M.-O.Fogiel: Exactement.
Il n'a pas une carrière politique. Il a été défendre des valeurs. Il les défend souvent à rebrousse-poil de l'opinion.
Et ça, il l'assume. C'est assez rare. C'est assez facile de donner au téléspectateur, à l'auditeur ou au lecteur ce qu'il a envie d'entendre, de lire ou d'écouter.
E.Dupond-Moretti ne l'a pas fait au ministère et le fait encore moins dans ce livre. - M.Bouhafsi: La Cour de justice de la République vous relaxe le 29 novembre 2023.
Vous étiez jugé pour prise illégale d'intérêts. A la sortie de la cour, vous ne faites aucune déclaration. Mais pendant 3 ans, cette affaire va empoisonner votre ministère, notamment cette perquisition en juillet 2021 dans votre bureau de ministre.
Vous pensez à votre mère qui découvre ça sur un bandeau de BFMTV... - E.Dupond-Moretti: Ma mère n'a pas été beaucoup à l'école.
Elle réussit à déchiffrer ce qu'il y a sur le bandeau et elle sait qu'on me poursuit judiciairement pour prise illégale d'intérêts. Pour ceux qui ne sont pas juristes, ça veut dire que j'ai tapé dans la caisse et que je me suis rempli les poches. Mais c'est insupportable!
Insupportable! J'ai suivi les conseils de F.Molins, qui me dit d'ordonner une enquête administrative, et c'est lui qui me poursuit!
Il y a de quoi se taper la tête contre les murs. Mais je ne bouge pas. Le justiciable se planque derrière le ministre.
Sinon, je ne peux plus assumer mes fonctions. Je ne dis rien. J'attends que les choses se passent.
Et je suis enfin acquitté, en novembre 2023. - M.-O.Fogiel: Il ne dit rien, mais il va à l'hôpital. - A.Bégot: C'est ce que j'allais dire.
On le découvre dans le livre. Que s'est-il passé? Le corps a lâché? - E.Dupond-Moretti: C'est peut-être le fait de ne rien dire, qui fait que ça devient insupportable. - A.Bégot: Vous avez été hospitalisé pour quoi? - E.Dupond-Moretti: Je voulais que mon ministère fonctionne, je ne voulais pas, chaque fois qu'un micro était tendu, quand on inaugurait un tribunal, une nouvelle prison, que l'on vienne me parler de ça.
Il y a 30 000 articles de presse... - A.Bégot: Mais ça vous a rendu malade.
Racontez-nous... - M.-O.Fogiel: J'ai dû le torturer pour qu'il raconte. - A.Bégot: Pardon, je vous coupe.
Vous êtes comme vous êtes, une grande gueule. Vous dites dans le livre: "Le rhinocéros a le cuir dur, mais il a des fissures." C'est la 1re fois que je vous entends parler de vos fissures. - E.Dupond-Moretti: Mais c'est vrai.
Il suffit de regarder un rhinocéros... - M.-O.Fogiel: Raconte un peu, Eric... - E.Dupond-Moretti: 30 000 articles de presse... - M.-O.Fogiel: Ce n'est pas la question. - E.Dupond-Moretti: Et il n'y en a que 5 qui respectaient ma présomption d'innocence.
Ca pose quand même la question...
Ca me rendait fou! C'est une injustice. Ma femme découvre en se levant, là-bas, à Montréal, sur un bandeau de télé, que son "chum" est poursuivi pour avoir tapé dans la caisse. - M.Bouhafsi: C'est la 1re fois qu'on vous voit un peu fléchir.
C'est la force de ce livre. Mais vous ne répondez pas à la question... - M.-O.Fogiel: C'est la dépression? - E.Dupond-Moretti: J'ai vécu quelque chose d'insupportable.
C'est parce qu'il m'a vraiment harcelé que j'ai lâché 2 ou 3 trucs...
Voilà. Il suffit de contextualiser. - M.-O.Fogiel: Ce n'est pas la tête, c'est le corps qui lâche, le bide. - M.Bouhafsi: C'est la 1re fois que vous parlez de votre mère.
Vous dites: "A ce moment-là, j'ai pensé à fléchir, quand j'ai vu l'émotion de ma mère." - E.Dupond-Moretti: Ouais...
Oui. C'est insupportable. L'injustice est insupportable, non?
Quand on est avocat, on sait ce que c'est que l'injustice. Je vais vous faire une confidence. Après ma relaxe, juste après, j'ai été voir le président de la République à l'Elysée.
Je lui ai dit: "J'ai été 36 ans avocat. J'ai défendu des coupables, des innocents, des gens acquittés au bénéfice du doute...
Mais j'ai défendu de vrais innocents. Je ne pensais pas que la morsure de l'injustice était à ce point violente." - M.-O.Fogiel: Entre la Cour de justice de la République et l'Elysée, il y a ce trajet en voiture et il y a 2 appels: sa maman et sa femme, au Québec.
Le trajet est assez court. Il n'y a qu'un pont à traverser, quasiment. Et il y a 2 appels personnels, qui sont à sa mère et à sa fiancée. - M.Bouhafsi: Le moment le plus difficile, c'est ce moment où vous voyez ce bandeau, avec ces milliers d'articles.
Il y a un autre moment très douloureux, sans doute le pire jour à Vendôme, c'est le péage d'Incarville, l'évasion de M.Amra, qui entraîne la mort de 2 agents de la pénitentiaire. M.Amra est actuellement incarcéré dans la prison de haute sécurité de Vendin-le-Vieil.
M.-O.Fogiel, vous avez recueilli le témoignage de la veuve d'Arnaud Garcia. - M.-O.Fogiel: Et quand il se plaint de ses conditions de détention, dans cette prison où tous les narcotrafiquants sont réunis, vous comprenez sa plainte? - M.Bouhafsi: C'est la dignité et la force de Marie Garcia qui vous a frappé en l'interrogeant ce matin? - M.-O.Fogiel: Oui.
J'ai trouvé qu'elle était très forte. C'est un moment fort aussi du livre, quand Eric prévient le père d'Arnaud Garcia, d'abord. Ils vont découvrir à la télévision ce qui est arrivé, car personne du ministère ne les avait prévenus.
C'est Eric qui le fait. Derrière ça, il y a cette femme qui est enceinte quand son mari meurt. Elle aura son mariage de façon posthume.
C'est un moment très fort qu'Eric raconte dans le livre. Chaque fois, il est ému quand il en parle. - M.Bouhafsi: Vous semblez tous les deux très émus de ce moment. - E.Dupond-Moretti: Je le dis: c'est mon pire jour de ministre.
Quand on découvre, sur le bandeau d'une chaîne d'info continue, BFM, ces images...
J'appelle immédiatement l'administration pénitentiaire. Je demande si on a prévenu les familles, pour ne pas les laisser être prévenues par ces images. Je file immédiatement dans les bureaux de l'administration pénitentiaire.
Les choses n'ont pas été faites, donc je décide d'appeler le papa d'Arnaud Garcia et je demande au préfet d'aller voir les autres familles, pour que la République leur dise quelque chose. Et c'est moi qui annonce à ce monsieur la mort de son fils. Ensuite, je vais avoir un contact avec les veuves.
Non...
C'est infiniment douloureux...
Je suis encore en contact. - E.Eméyé: Est-ce que vous vous sentez la force ou l'envie de retourner un jour dans les prétoires?
Il y a un livre, vous êtes sur scène... - E.Dupond-Moretti: Je ne sais pas.
Il faut que les choses viennent naturellement. Je n'ai pas de plan de carrière. Je vais sans doute reprendre le métier d'avocat, sans doute en début d'année prochaine.
Mais je ne sais pas si je ferai du judiciaire ou autre chose. C'est un peu prématuré. Peut-être referai-je de la politique, mais ça dépend qui me le demande. - M.-O.Fogiel: Ca, il ne l'a jamais dit! - E.Dupond-Moretti: Ca dépend qui me le demande.
Si M.Le Pen vient au pouvoir et qu'elle souhaite que je sois garde des Sceaux, je cours! - M.Bouhafsi: Merci, E.Dupond-Moretti, ancien ministre de la Justice.
Un record sous E.Macron: 4 ans, 2 mois et 17 jours. "Juré, craché", c'est écrit avec M.-O.Fogiel, qui vous a tiré les vers du nez.
Je dois vous libérer, car vous repartez sur scène. Vous y serez dans quelques heures. Marc-Olivier, on vous retrouve tous les matins à 8h15 sur "RTL Matin".
Tout de suite, la Story de P.Larrouturou. - C'est une horreur, de payer pour venir se faire soigner. - On ne va pas dans un parc d'attractions. - Jamais je ne paierai pour garer ma moto là. - C'est l'arnaque, du racket. - P.Larrouturou: C'est peut-être un détail pour vous, mais ça veut dire beaucoup.
On va évoquer ce soir le prix des parkings des hôpitaux. Avant, ils étaient gratuits. Depuis 10 ou 15 ans, ils sont de plus en plus chers.
Archives à l'Assemblée nationale en février dernier. - La question de l'accès aux soins préoccupe de nombreux Français. Je pense au scandale des stationnements payants dans les hôpitaux. - Dans certaines conditions, sur des maladies longues, il faut les proches au chevet des patients.
Ca fait partie de l'accompagnement. - P.Larrouturou: C'était le 12 février dernier, il y a 8 mois.
Depuis, absolument rien, si ce n'est que tous les partis politiques s'en saisissent aujourd'hui, comme LFI. - Pendant 3 heures, 4 heures, 5 heures, payer une fortune... - P.Larrouturou: Vous avez aussi vu N.Dupont-Aignan, qui n'est pas de LFI.
LFI demande la gratuité totale. A l'autre extrémité de l'échiquier politique, M.Le Pen aussi a déposé le 16 septembre une proposition de loi.
Voici une citation de son entourage. Je ne vous cite que 3 exemples. Si vous passez la journée au CHU de Brest, 23 euros de parking. 22 euros à l'hôpital Robert-Debré ou encore 22 euros à Nancy.
Ce sujet va monter dans les prochains jours. Je suis retourné voir le député que vous avez vu au début. C'est un député socialiste de Meurthe-et-Moselle.
Il a fait un tour de France des parkings des hôpitaux. - Quand je vois quelqu'un qui fait 200 km par jour pour aller voir sa maman en soins palliatifs, à la fin du mois, ça fait 300 euros. Ce qui m'a aussi choqué, c'est qu'un directeur d'hôpital me dise qu'ils ont des problèmes graves et que je viens avec des problèmes de bitume.
Oui, on peut discuter de tout ça. La loi que je propose consiste à dire que c'est gratuit pour les malades. Pour le personnel, ce n'est pas possible de payer.
Par contre, on peut demander aux usagers de payer, mais avec des plafonds et au-dessus de 2 heures. Une heure, ce n'est pas assez. Vous les assommez l'heure d'après.
C'est du racket. - P.Larrouturou: Vous voyez l'Assemblée derrière.
On est aussi allés sur le terrain, notamment sur le parking de l'hôpital Simone-Veil, à Eaubonne. - 30 minutes gratuites, puis 3 euros toutes les 15 minutes. Ils ont fait rentrer le parking privé des aéroports dans les hôpitaux. - P.Larrouturou: Pour l'intégralité des personnes que j'ai interrogées, et j'y ai passé plusieurs heures, c'est trop cher. - L'hôpital, on ne devrait pas avoir besoin de payer pour se garer.
Moi, je ne me casse jamais la tête. Je vais à 1 km de là et je viens à pied. - Quand on a rendez-vous, on ne sait jamais si on va passer rapidement.
Des fois, on est très surpris, en sortant, de voir ce qu'on a payé. - C'est une horreur de payer pour se faire soigner. Il y a du retard et on n'en est pas responsable. - C'est excessif quand même. 6 euros de l'heure, c'est un prix conséquent.
On ne vient pas dans un parc d'attractions pour s'amuser. - P.Larrouturou: L'hôpital n'est pas un parc d'attractions.
Rapidement, 3 exemples. - J'emmène souvent mon père. Les consultations durent plus longtemps que prévu.
On se retrouve avec des factures de parking très importantes. Si on est rentrés juste pour le déposer et qu'on ne trouve pas de place...
Une fois, j'ai dépassé la demi-heure gratuite et ça a été très cher. - Je fais un bilan sanguin assez régulièrement. Je ne rentre jamais à l'intérieur.
L'accès payant, je trouve ça con. C'était gratuit, avant. Je ne comprends pas qu'on puisse se faire du blé comme ça. - C'est 30 minutes gratuites. 45 minutes: 3 euros. 1 heure: 6 euros. - Oh là là!
Ils ne se privent pas, les mecs. Jamais de la vie je paierai cette somme pour garer ma moto là. - P.Larrouturou: Et enfin, cette maman qui a eu une grosse frayeur. - Mon fils était hospitalisé.
J'ai dû venir hier. Je suis restée 24 heures. 12,50 euros.
Vu le prix, je préfère me garer dehors. C'est gratuit pendant 4 heures. - P.Larrouturou: Au bout d'un moment, un responsable de la direction de l'hôpital est venu me voir sur le parking.
Il n'a pas souhaité s'exprimer, mais il m'a dit que parfois, il lui arrive de monter gratuitement la barrière quand il sent que les personnes n'ont pas d'argent. Il m'a aussi indiqué que c'était une façon de lutter contre les "voitures ventouses". Parfois, il y a des personnes qui viennent se garer et qui n'ont rien à voir avec les hôpitaux.
Ca embête notamment les ambulances. - M.Bouhafsi: Merci beaucoup.
La 2e semaine du procès de C.Jubillar devant la cour d'assises du Tarn s'est achevée. Elle a été marquée par l'audition d'une dizaine de témoins et, mardi, par un moment incroyable: la diffusion d'un enregistrement inédit.
Dans cet audio, un cousin de Delphine interroge C.Jubillar, 33 heures seulement après la disparition de Delphine. - M.Bouhafsi: Bonsoir, maître P.Pressecq.
Vous êtes l'avocat de Lolita, une des cousines de D.Jubillar qui a témoigné mardi au procès auquel vous assistez depuis le premier jour. J.Campion, vous êtes journaliste police-justice à franceinfo.
Merci de votre présence. On va revenir sur cet enregistrement diffusé devant la cour. Maître P.Pressecq, vous êtes face à C.Jubillar depuis près de 2 semaines.
Que pouvez-vous nous dire de sa personnalité? Vous le décrivez comme un bloc de béton. - Me P.Pressecq: Je suis face à lui depuis 2 semaines, et même depuis 4 ans, puisque je suis saisi depuis le 20 décembre de cette affaire.
Le bloc de béton, c'est le visage qu'il a devant la cour. Jusqu'à présent, il est tout en retenue. Il ne bouge pas, ne parle pas.
Je trouve qu'il n'a pas encore été assez interrogé par la cour. Je pense que ça va bouger, là. La personnalité qu'il a mise en évidence pendant 4 ans, c'est quelqu'un de beaucoup plus ambivalent, qui nie d'une manière farouche.
Ce n'est pas facile de nier comme ça pendant 4 ans. En même temps, il va se répandre en confidences invraisemblables et abracadabrantes à ses compagnes de parloir, à un détenu...
C'est très difficile à comprendre, comment il fonctionne. - M.Bouhafsi: J'aimerais revenir sur le témoignage de la nounou des enfants du couple.
Elle a raconté que devant un reportage sur J.Daval, C.Jubillar aurait dit: "Il n'est pas malin.
Moi, j'aurais fait mieux. On ne l'aurait jamais retrouvée." Une déclaration qui a créé un vrai malaise dans la salle d'audience et qui n'était jamais apparue dans l'enquête. - J.Campion: Cette déclaration est apparue un peu au débotté.
Il répondait à une question d'une avocate côté parties civiles. On demande à cette assistante maternelle de développer quand elle parle d'une scène autour de J.Daval.
Elle raconte que, quelques mois avant la disparition de Delphine, C.Jubillar se serait comparé à J.Daval et aurait dit: "Moi, j'aurais mieux fait." Il se moquait du fait qu'il pleurait abondamment. - M.Bouhafsi: Maître P.Pressecq, votre cliente a témoigné.
Votre cliente a demandé cash à C.Jubillar ce qu'il avait fait de Delphine. Il lui a répondu qu'il n'avait rien fait.
Elle n'a aucun doute sur la culpabilité de C.Jubillar? - Me P.Pressecq: C'est vrai qu'elle a aucun doute.
C'est un sentiment plus "tripal" qu'intellectuel. Elle connaissait très bien sa cousine. - M.Bouhafsi: Mais elle a vu des choses.
Elle voit C.Jubillar cramer des papiers dans la cheminée. Elle ne sait pas ce qu'il a cramé.
Elle retrouve le fameux pyjama panda qu'il portait le soir de la disparition. Pourquoi personne ne lui répond? - Me P.Pressecq: Dès la disparition de Delphine, il va monter des stratagèmes.
Il va convoquer des gens chez lui. Pourquoi? Il leur dit: "Regarde.
Fouille." - A.Bégot: Comme pour se justifier, se protéger. - Me P.Pressecq: Voilà.
Il fait venir les gens. "Vas-y, fouille. Tu vois bien qu'elle n'est pas là, qu'il n'y a pas de problème." Il va passer des coups de fil à pas mal de gens.
Il va montrer un visage...
Il va monter toute une histoire qui est fausse. - M.Bouhafsi: L'enregistrement qu'on a écouté il y a quelques secondes, c'est 33 heures après la disparition de Delphine.
C'est enregistré par son cousin et ça se termine par des sanglots. - M.Bouhafsi: Son cousin ne croit pas un seul instant à ses larmes.
Il parle de larmes de crocodile. Il y a eu un moment de tension au tribunal, hier. - J.Campion: Oui.
Nous, on n'a que le son. Ce son a empli la salle d'audience. C.Jubillar passe du coq à l'âne.
Il parle d'à peu près tout, sauf de la disparition de sa compagne, même s'il en parle un peu. Ca finit par ces sanglots. A la barre, le cousin de D.Jubillar indique qu'il était là, qu'il lui est tombé dans les bras et qu'il n'y a pas cru, qu'il n'avait pas vraiment de larmes, que c'était très théâtral et que ça sonnait faux.
Ca fait écho à d'autres propos qui ont eu pu être tenus. C.Jubillar sonnait assez faux après la disparition de sa compagne.
On a insisté sur le fait que personne ne croyait à ses sanglots. - M.Bouhafsi: Les enfants de Cédric et Delphine Jubillar avaient 18 mois et 6 ans au moment des faits.
Mardi, c'est le témoignage qui a été rapporté à la cour par la voix de leur avocate. - Les punitions de C.Jubillar: on se met à genoux, on met les mains derrière la nuque et on s'assoit sur des Lego.
Louis nous a dit que ça pouvait durer très longtemps. Lorsqu'il va chez sa tante, elle peut exprimer que, spontanément, lorsqu'on lui dit qu'il est puni, il va se mettre à genoux par terre. Ca, ce n'est pas possible. - M.Bouhafsi: Louis a aujourd'hui 11 ans et vit avec sa soeur chez leur tante.
Il est convaincu de la responsabilité de son père. Il veut même changer de nom. - J.Campion: Tout à fait.
C'est ce qu'a rapporté sa tutrice légale, qui est venue à la barre il y a quelque temps et qui disait que, désormais, Louis dit que pour lui, son père est coupable. Il veut savoir où il a mis le corps de sa maman. Il y a quelque chose de très accablant dans ce procès pour C.Jubillar, c'est les violences qui sont rapportées par presque tous les témoins qui passent à la barre.
Ils connaissaient le couple de près ou de loin, mais tous ont vu des violences multiples. Une fessée déculottée devant l'école, le mettre au coin très jeune à genoux sur des Lego, une tentative de le battre avec un câble électrique noir...
Tout ça vient noircir l'image de C.Jubillar. - M.Bouhafsi: Il suffit de convaincre 3 jurés sur 9 pour obtenir l'acquittement.
Le doute bénéficie toujours à l'accusé. Ca peut suffire à obtenir l'acquittement de certains jurés? Ce serait une déflagration. - Me P.Pressecq: Nous sommes aujourd'hui sur le fil du rasoir entre une condamnation et un acquittement, ce qui arrive souvent dans le cadre d'un procès pénal.
Nous sommes à la moitié de l'audience, en réalité. Nous allons rentrer la semaine prochaine dans le détail de cette nuit. Il va être interrogé très précisément sur cette nuit.
Nous allons, je pense, le mettre en difficulté et convaincre la cour et les jurés que tout ce qu'il raconte est faux. - Y.Goosz: Une affaire qui fascine.
Ce procès attire chaque jour plusieurs centaines de curieux. - On est venues à 5h du matin. - C'est une histoire qui me passionne.
On est fascinés par le mal. - Je suis une maman, une soeur. Je voudrais avoir la vérité. - C'est aussi une grosse affaire qui se fait dans le Tarn.
Ce n'est pas commun. - On va voir comment il va être jugé, comment il va être défendu. C'est intéressant. - Pour voir C.Jubillar, voir son faciès, voir sa culpabilité... - Au bout d'un moment, peut-être qu'il va craquer. - Y.Goosz: M.-O.Fogiel, dans le livre que vous signez avec E.Dupond-Moretti, l'ancien garde des Sceaux dénonce la "justice spectacle".
Quand on voit la foule massée devant cette cour d'assises, on se dit qu'on est en plein dedans. - M.-O.Fogiel: Il ne fait pas le parallèle avec ce qui se passe.
Le fait que des Français viennent assister à un procès, il y en a toujours eu. Là, il y a le statut d'héroïne qu'on a accordé à G.Pelicot, le fait qu'on en ait fait une héroïne.
Il s'interroge là-dessus. Le fait que les Français assistent à des procès...
Je l'ai fait moi-même. Ce n'est pas ça qu'il pointe. G.Pelicot, avec tout le respect qu'on lui doit et tout ce qu'elle a subi, malgré elle, se retrouve à la tête...
Elle a même une Légion d'honneur. C'est ça qu'il pointe dans le livre. - M.Bouhafsi: C.Jubillar encourt la réclusion à perpétuité.
La cour d'assises va se prononcer le 17 octobre, à l'issue de 4 semaines d'audience. Merci beaucoup, P.Pressecq.
Vous êtes l'avocat de l'une des cousines de D.Jubillar qui a témoigné au procès. J.Campion, c'est toujours un plaisir de vous recevoir.
Vous retournez lundi à Albi pour suivre le procès Jubillar. Vous restez avec nous. Tout de suite, le 5/5.
Amandine, un journaliste français tué en Ukraine. - A.Bégot: On l'a appris il y a moins d'une heure.
Antoni Lallican, 38 ans, a été tué aujourd'hui par une frappe de drone dans le Donbass. Une mort confirmée par l'agence pour laquelle il travaillait et par un communiqué du Syndicat national des journalistes. Il avait collaboré avec tout un tas de quotidiens français, "Libération", "Le Monde" ou encore "La Croix".
C'est le 4e journaliste français à perdre la vie dans ce conflit ukrainien. On pense à F.Leclerc-Imhoff, tué le 30 mai 2022 alors qu'il couvrait la guerre pour BFMTV.
Vous en étiez, à l'époque, le patron. C'est votre pire souvenir à BFM? - M.-O.Fogiel: C'était le 30 mai 2022.
Je me souviens avoir passé un coup de fil au papa et à la maman pour les informer de ce qui arrivait. Ca a été un choc pour toute la rédaction. Les Russes ont prétendu que Frédéric était un espion.
Evidemment, après, il y a eu toute cette guerre d'intox. Evidemment, on est à la tête d'une chaîne info et c'est le pire qui peut nous arriver. Ca nous est arrivé.
On a continué, évidemment, dès la semaine d'après, à envoyer des journalistes en Ukraine en mémoire de Frédéric. La question se posait, évidemment. - M.Bouhafsi: Un décès qui intervient alors qu'E.Macron était aujourd'hui en Allemagne. - A.Bégot: Le président a pris la parole en allemand, en partie, dans ce discours.
C'était à l'occasion du 354e anniversaire de la réunification du pays. Ca faisait longtemps qu'un président français n'avait pas participé à cet événement. Il a été très largement question de la guerre en Ukraine et des menaces qui s'intensifient. - E.Macron: La guerre revient sous des formes plus hybrides chaque jour, par des violations de nos espaces aériens, les voies de l'immigration, la manipulation de l'information, les cyberattaques, les provocations dans l'espace...
Nous sommes à nouveau, malheureusement, dans une ère de confrontation. - A.Bégot: Confrontation notamment contre ces intrusions de drones dans le ciel européen.
Dernier incident en date la nuit dernière, en Allemagne. L'aéroport de Munich, le 2e du pays, a dû être fermé pendant plusieurs heures. Trafic suspendu entre 22h et 5h30, ce matin. 17 vols ont été annulés dans la soirée d'hier.
D'autres ont été déroutés vers d'autres aéroports. Les passagers ont été contraints de dormir à même le sol. - A.Bégot: 15 drones ont également été aperçus cette nuit dans l'est de la Belgique, à proximité d'une base de l'armée belge, signe de la récurrence de ce type d'incursions ces derniers jours.
On ne sait toujours pas officiellement si ces incidents sont liés à la Russie, mais ils interviennent juste après ce sommet européen qui a eu lieu hier à Copenhague, au cours duquel E.Macron a appelé les Européens à bloquer la flotte fantôme russe, comme la France l'a fait cette semaine avec ce pétrolier qui a été intercepté au large de Saint-Nazaire. Des militaires français sont montés à bord pour inspecter le bateau.
Le commandant et son second ont été arrêtés et mis en garde à vue. Ils ont pu remonter à bord à l'issue de cette garde à vue. Le navire a repris la mer aujourd'hui. - M.Bouhafsi: A.Hidalgo rend publiques les notes de frais des élus parisiens. - A.Bégot: C'est un peu ambiance O.K.
Corral. Règlement de comptes à la mairie de Paris sur les dépenses de luxe d'A.Hidalgo.
C'était hier au tour du maire du 18e arrondissement de voir ses notes de frais dévoilées au grand jour par une ancienne candidate LR. Plus de 6000 euros de pressing, par exemple, des frais de coiffeur en pleines vacances ou un dîner étoilé le même jour qu'une distribution alimentaire organisée par ses soins. Les dépenses qui ont alimenté les discussions lors du conseil municipal d'arrondissement. - C'est une opération politique. - Quand on compte les centimes pour isoler des écoles de la chaleur et du froid, quand on compte les euros pour assurer un peu de dignité aux plus vulnérables, oui, il y a quelque chose de choquant dans ces notes de coiffeur. - Comme tous les maires, je bénéficie d'une enveloppe annuelle votée par le Conseil de Paris qui couvre les frais liés à mon mandat.
Toutes les dépenses que j'ai faites entrent dans ce cadre et elles sont bien sûr légales et correspondent à la réalité de mon rôle. Je suis maire 7j/7, y compris le week-end. - A.Bégot: "Rien à cacher", dit-il.
Il dénonce une opération politicienne pour lui nuire. Qui dit attaque dit riposte. La maire de la capitale n'y est pas allée par 4 chemins et a décidé de rendre publique les notes de frais de tous les maires d'arrondissements de la capitale. - C'est une opération politique.
On n'a pas été dupes d'où ça venait et quels étaient les objectifs visés. C'était pour nous porter préjudice, à 6 mois des élections municipales. On a estimé, comme il y a 17 maires d'arrondissement, qu'il fallait que le détail des 16 autres soit également connu.
Sinon, il ne fallait pas commencer. - A.Bégot: Tous les frais ont été dépensés entre 2020 et 2024.
Tout est légal, mais certains étonnent, comme les 745 euros de chaussures féminines dépensés par le maire du 16e arrondissement pendant ses vacances ou encore le remboursement d'un thermos et de 4 bols pour la maire du 12e arrondissement. On a encore plus de 35 000 euros pour la maire du 8e arrondissement. Elle s'explique au micro de "C à vous". - Il y en a d'autres qui préfèrent dépenser pour les voyages, les hôtels, les repas.
Moi, j'ai préféré être représentative en achetant des vêtements. Je ne le regrette pas. C'est dans notre mandat.
C'est autorisé. Tous les élus le font. Maintenant, dans la conjoncture actuelle, j'ai demandé qu'on arrête ces privilèges. - Les vêtements que vous portez aujourd'hui sont des vêtements achetés dans le cadre de vos fonctions? - Non, parce que cette veste a plus de 10 ans.
Je garde les vêtements. Le jeans doit coûter 69 euros et les baskets, je crois que ce n'est pas une grande marque. - M.Bouhafsi: Une information qui va ravir M.-O.Fogiel.
C'est aujourd'hui la Journée internationale du sourire. - A.Bégot: Il sourit toujours. - M.-O.Fogiel: Il pense que je lui fais la gueule. - M.Bouhafsi: Pas du tout!
Je n'étais pas du tout ironique! Il était ironique, non? - A.Bégot: Sourire, c'est bon pour la santé.
Ca permet de sécréter l'hormone du bonheur et ça égaille une journée. On est allé vous demander ce qui vous faisait sourire. - Un bon déjeuner, un bon dîner, un bon verre de vin, le cours de Pilates auquel je vais bientôt aller. - Une expo sympa, un petit resto cool, un SMS drôle, une blague. - Mon travail, ma copine, ma famille... - J'ai une petite-fille d'un an et 2 mois.
J'avoue que c'est assez extraordinaire. C'est sa seule façon de communiquer, de sourire. - A.Bégot: Mohamed, un petit cadeau qui va vous donner le sourire.
Je vous offre ce ballon. C'est celui de la prochaine Coupe du monde de foot qui aura lieu aux Etats-Unis, au Canada et au Mexique. On y retrouve les emblèmes de tous les pays.
Il a été hier présenté par Z.Zidane. Il est équipé d'une puce intégrée qui permet de transmettre en temps réel les données aux arbitres.
Ca permettra de limiter les erreurs. - M.Bouhafsi: M.-O.Fogiel va pouvoir jongler avec ce ballon.
On espère qu'on sera champions du monde. C'est la dernière Coupe du monde de D.Deschamps.
A suivre sur M6. Merci, M.-O.Fogiel.