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interviewFrance Inter — L'invité de 6h20· 27 mars 2026 8 min

"Travailler la reconstruction du lien social" à Nîmes pour lutter contre le narcotrafic, estime le maire Vincent Bouget

Transcription Whisper (large-v3), avec identification des locuteurs. À recouper avec la source d'origine.

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Présentateur

Et votre invité Marion est le nouveau maire de Nîmes.

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Vincent Bouget

Bonjour Vincent Bouget.

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Présentateur

Bonjour.

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Vincent Bouget

Maire communiste de Nîmes, donc élu dimanche dernier avec près de 41% des voix, avec une liste d'union de la gauche sans la France insoumise, et qui tiendra donc ce soir son conseil municipal d'installation. Alors Vincent Bouget, le Rassemblement National avait des vues sur cette ville de Nîmes avec le départ de son maire LR. Finalement c'est vous qui l'emportez avec le PC. Nîmes devient la première ville communiste de France, mais le RN, Julien Sanchez, qui a seulement 1852 voix d'écart avec vous, a déposé un recours en annulation. Est-ce qu'on est bien sûr ce soir pour le conseil municipal que vous serez élu maire de Nîmes ?

0:44
Présentateur

Bon écoutez, après ce que dit le RN ou Julien Sanchez, on peut en prendre et en laisser. C'est toujours les mêmes stratégies de communication, voire de clivage et d'agressivité. Donc oui, ce soir il y a le conseil municipal, et si les conseils municipaux de la majorité, ce dont je ne doute pas, Mélise Maire, je serai élu maire ce soir.

1:07
Vincent Bouget

Oui, parce que ce que dit le RN, c'est qu'il y a eu l'envoi pendant la campagne par une salle culturelle de la métropole d'un mailing qui appelait à voter contre l'extrême droite. C'est ça qu'ils contestent et c'est ça dont ils estiment que ça devrait annuler l'élection.

1:20
Présentateur

Que les acteurs culturels se mobilisent contre l'extrême droite, ça me paraît assez naturel.

1:24
Vincent Bouget

Et qu'est-ce que ça dit cette victoire du parti communiste qui arrive après que la ville a passé 25 ans aux mains de la droite ? Comment est-ce que vous l'expliquez ?

1:34
Présentateur

On l'explique à la fois par une situation politique locale qui était assez dégradée. Quand vous dirigez une ville depuis 25 ans, quand il y a une succession qui se fait mal, c'est toujours difficile les successions à faire. Et puis que sans doute les gens veulent du changement, ce qu'ils ont exprimé dès le premier tour, ça compte. Et puis de l'autre côté, nous on a travaillé depuis très longtemps, à la fois dans l'opposition, puis il y a une histoire à Nîmes, une histoire de la gauche, une histoire du parti communiste aussi. Et puis nous on a travaillé sur une campagne très longue depuis septembre 2024 qui a été essentiellement basée sur l'écoute.

Et au-delà de l'union qui s'est réalisée dans Chemin Faisant, c'est à partir de l'écoute de la population que l'on a gagnée et le travail qu'on a réalisé avec la population depuis 18 mois.

2:25
Vincent Bouget

Ce n'est pas tout simplement la division de la droite qui vous a permis de gagner ? La triangulaire face au RN et à LR ?

2:33
Présentateur

Après, les analyses sont toujours possibles, mais voilà, on a aussi travaillé, on a beaucoup écouté pendant un an la population. C'était notre pari de se reconnecter dans la population, de se réancrer dans la population. Moi je crois vraiment que la politique doit recommencer à écouter les gens, à ne pas forcément rester dans les questions de posture, de conflits, de divisions. Et c'est ce pari qu'on a fait, l'union s'est réalisée, le projet s'est réalisé comme ça. Et en faisant ça, écoutez, je crois qu'on a mobilisé. Et voilà, donc il y a un tout toujours quand on gagne une élection, mais je ne crois pas qu'on soit arrivé par effraction, non, au contraire.

3:17
Vincent Bouget

Avant de passer justement au programme et au projet, un dernier mot de la stratégie, vous, vous avez choisi de partir à cette élection sans LFI, au premier comme au second tour. Est-ce que votre victoire, elle montre que c'était ça le bon choix ? C'était de faire l'union de la gauche mais sans LFI ?

3:33
Présentateur

Si j'avais commencé par me poser ce type de questions, questions traditionnelles politiciennes, je pense que je n'y serais pas arrivé. Ce que j'ai commencé à faire en septembre 2024, c'est à rassembler l'ensemble des responsables de la gauche nîmoise ainsi que des citoyens engagés. Et à l'époque, on sortait juste du nouveau front populaire, donc il y avait tout le monde dans la salle et je leur ai proposé un chemin, une méthode. Et je leur ai dit surtout, on ne va pas commencer par se disputer les places et les bouts de programme, mais par contre, on va pendant un an écouter la population.

On va essayer d'entendre ce qu'ils nous disent et de construire ensuite avec eux un projet et c'est ce qu'on a fait. Et puis après, ceux qui ont suivi, les autres formations politiques de gauche, puisqu'on va du mouvement debout de François Ruffin jusqu'à Place Publique ou au Parti Radical de gauche, en passant par les écologistes, socialistes, etc., ont soutenu cette dynamique qui était une dynamique profondément citoyenne. Plus d'un tiers de ma liste était composée de personnes non engagées dans des partis politiques tout en étant soutenues par dix organisations politiques. C'est comme ça qu'on l'a fait. Et je ne me suis pas posé ces questions-là.

Je vous assure que je crois que l'Union, elle se construit sur les coûts, sur les projets, avec les gens, pour les gens, par les gens. Et puis après, la vie fait son chemin. Je crois que c'est comme ça qu'on travaille. En tout cas, moi, je n'ai pas envie de me reposer les questions que je vois dans le spectacle politique national qui, sans doute, éloignent beaucoup les gens de la politique.

5:08
Vincent Bouget

Mais le résultat, Vincent Bouget, en tout cas, c'est que vous êtes, vous, désormais maire parti communiste dans une ville qui est franchement à droite. Parce que si on additionne le score de vos adversaires RN et LR, ça fait quand même 60%. Vous êtes dans un département aussi où presque tous les députés sont RN. Comment est-ce que vous allez diriger la ville pour tous les électeurs et gérer cette espèce de paradoxe ?

5:30
Présentateur

Vous savez, le paradoxe, c'est que je ne sais pas si elle est franchement à droite parce qu'il y a 40% d'abstention. Et donc, il y a aussi beaucoup de gens qui ne votent pas. Nîmes, c'est une ville profondément populaire qui a une histoire longue, populaire. Et donc, elle a basculé à droite il y a 25 ans. Mais aujourd'hui, comme je le crois dans beaucoup d'endroits du pays, il y a beaucoup de gens qui sont déconnectés de la vie politique municipale. Donc, moi, j'ai conscience d'être élu à la fois par 30% et 40% au premier tour, les gens qui ont voté pour moi. Parmi les gens qui ont voté pour moi, sans doute quand même, il faut reconnaître que certains étaient convaincus par notre projet.

On a eu beaucoup de monde derrière nous. Et puis après, je sais très bien qu'au second tour, certains votaient pour moi sans forcément tout partager, mais en se disant quand même que ce n'était pas possible de voir la ville basculer à l'extrême droite. Et puis, j'ai tout à fait conscience que beaucoup de gens sont encore dans l'attente et dans le repli par rapport à la politique. Et moi, c'est à cela que je veux parler aussi, et peut-être d'abord.

6:32
Vincent Bouget

Mais il y a un sujet qui est important, qui n'est pas considéré en général comme un sujet de gauche, qui est fondamental à Nîmes, c'est celui du narcotrafic et de la sécurité. On se rappelle ce garçon de 12 ans qui avait été tué par accident dans une fusillade dans le quartier Pisse-20 il y a trois ans. Vous qui représentez l'union de la gauche, vous allez vous en saisir de ce sujet ?

6:47
Présentateur

Bien sûr, après on va se saisir de tous les sujets. Mais comment ? C'est un sujet prégnant. dans certains quartiers. Donc, il va falloir travailler, comme on le fait toujours, avec efficacité et pragmatisme, et loin des coups de menton et des slogans un peu artificiels, avec évidemment de la fermeté. Je rencontre la semaine prochaine le préfet, nous en discuterons, pour avoir des moyens supplémentaires de police et de justice. C'est nécessaire à Nîmes. Et puis après, il va falloir beaucoup travailler sur la reconstruction du lien social, parce qu'en réalité, ce qui nous est remonté dans les échanges qu'on a eus avec la population depuis 18 mois.

Avant, les questions de sécurité à proprement parler, c'était les questions d'unité. La ville est fracturée, comme le pays est fracturé, et les gens ont besoin de se retrouver, de se parler, d'échanger. Et je crois vraiment que la question du lien social et de la solidarité, c'est aussi un antidote à la question des violences. Vous savez, les trafics s'attaquent sur des corps vulnérables, et nous, nous allons essayer de soigner ces corps vulnérables.

7:48
Vincent Bouget

Merci Vincent Bouget, maire communiste de Nîmes, de nous avoir répondu ce matin sur France Inter. Bonne rentrée. A suivre la météo et le journal. Sous-titrage Société Radio-Canada

7:57
Locuteur

Sous-titrage Société Radio-Canada Sous-titrage Société Radio-Canada

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