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interviewFrance Inter — Questions politiques· 3 septembre 2023 54 min

Gérard Larcher : "J'ai la volonté que jamais l'extrême droite ne puisse accéder au pouvoir"

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0:00
Présentateur

France Inter. Bonjour et bienvenue, bienvenue dans cette nouvelle saison de Questions politiques, l'émission politique de France Inter, diffusée comme toujours sur France Info, la télé, le canal 27 et en partenariat avec le journal Le Monde. Cette année, vous verrez, il y aura quelques nouveautés. On va bien sûr vous les présenter en compagnie de notre premier invité. C'est la première fois qu'il accepte de venir dans Questions politiques. Il est l'actuel président du Sénat, même si son nom a circulé au printemps dernier pour Matignon. Gérard Larcher est un gaulliste social, humainement rond, politiquement plus tranchant. Ses relations avec le président Macron sont réputées et compliquées.

Nous verrons ce qu'ils se sont dit mercredi aux rencontres de Saint-Denis. Une chose est sûre, le Sénat, dernier bastion de la droite, est en ébullition en cette rentrée avec des élections à la fin du mois, avec la volonté surtout de bousculer le gouvernement sur deux dossiers, son projet de loi immigration et sur son budget qu'il pourrait aller jusqu'à censurer. Gérard Larcher, invité de Questions politiques, en direct jusqu'à 13h.

1:11
Locuteur non identifié

Questions politiques. Karine Bécard sur France Inter.

1:18
Présentateur

Bonjour Gérard Larcher.

1:20
Gérard Larcher

Bonjour.

1:20
Présentateur

On est ravis de vous recevoir.

1:21
Gérard Larcher

Merci d'avoir invité en ce premier dimanche de rentrer, à la veille de la rentrée des classes.

1:26
Présentateur

Alors à mes côtés, pour vous interviewer, Nathalie Saint-Cricq de France Télévisions. Bonjour Nathalie. Bonjour Karine. Bonjour M. Larcher. Bonjour à tous. C'est bonne rentrée. Françoise Fressos. Bonjour Françoise. Bonjour à tous. C'est bonne rentrée aussi du journal Le Monde. On va commencer avec l'image de la semaine. Je vais vous demander à tous les trois, quelle est votre image de la semaine ? Ce qui vous a interpellé ? Ce qui vous a marqué ? Ce qui vous a amusé peut-être aussi éventuellement ? Certes, la politique ne se résume pas à quelques images, et en même temps, les images disent souvent beaucoup de choses de ce qui se passe dans la vie politique.

Alors, c'est une petite nouveauté de cette rentrée. Je commence avec vous, Gérard Larcher. Qu'est-ce que vous avez observé en particulier cette semaine ?

2:08
Gérard Larcher

Eh bien, moi, j'ai observé ce qui va marquer la réouverture des classes de 165 écoles, et 5 écoles où les enfants ne pourront pas revenir à l'école.

2:19
Présentateur

Alors, on découvre effectivement sur nos écrans l'une de ces écoles. Vous avez souhaité en particulier, donc, qu'on voit celle du Petit Quevilly. C'est l'école Robert Desnos, je crois, l'école maternelle.

2:30
Gérard Larcher

Et en Seine-Maritime.

2:31
Présentateur

En Seine-Maritime, exactement. Alors, pourquoi ça exactement ? Qu'est-ce que vous voulez dire sur ça ?

2:35
Gérard Larcher

D'abord, parce que je constate que ça a été un traumatisme absolu pour les enfants, pour les familles, pour les enseignants. Et que, quelque part, c'est vraiment un symbole de la République qui a été attaqué. Et je pense à l'école de la Verrière. Deux écoles sur les cinq, qui ne verront pas dans mon département, dans mon arrondissement, qui ne verront pas, j'allais dire, le retour des enfants dans leur école habituelle. Mais ça traduit aussi que les mères ont été en capacité...

3:06
Présentateur

En deux mois, depuis les émeutes. En deux mois, de préparer la réouverture,

3:10
Gérard Larcher

parce qu'ils ont la responsabilité des bâtiments scolaires. Et c'est l'occasion pour moi de leur dire vraiment que c'est en proximité qu'on fait face et du rôle et de la place des collectivités locales.

3:21
Présentateur

On vous a bien compris. Je passe à vous, Françoise Fresseuse. Quelle est votre image de la semaine à vous ?

3:26
Locuteur non identifié

Alors, moi, j'ai pris comme image l'arrivée, au fond, des représentants de la gauche aux rencontres de Saint-Denis durant cette nuit du 30 août. Je la trouve très, très intéressante.

3:36
Invité

Alors, qu'est-ce qu'on voit exactement ?

3:37
Locuteur non identifié

Ils ont hésité à venir. Et puis, finalement, ils viennent. Ils disent qu'ils viennent grouper. Et on voit, au fond, qu'effectivement, ils sont à peu près sur la même ligne.

3:45
Présentateur

Rappelez-nous, qui est sur cette image ?

3:47
Locuteur non identifié

Alors, on voit le représentant de LFI, Bonpart, Tandelier pour Europe Écologie Les Verts, Olivier Faure et Roussel pour le PC. Alors, on voit qu'il y en a trois qui ont le même code dresse, c'est-à-dire noir, assez triste quand même. Un peu endeuillé, oui. Et puis, Fabien Roussel qui est en bleu, et un peu décalé. Les trois premiers ont fait des propositions communes. Fabien Roussel en a fait à eux aussi. Ils viennent avec l'idée d'obtenir un référendum pour annuler la réforme des retraites. Ils savent que ça ne marchera pas. Donc, je pense que c'est ce qui explique cette tenue noire. Et au fait, je trouve que ça résume assez la position d'une partie de la représentation nationale.

C'est, est-ce qu'il fallait y aller ? Pourquoi faire une grande méfiance ? Et en même temps, la volonté de ne pas faire la politique de lâcher vite parce que les Français les regardent et qu'il y a quand même un intérêt pour cette manifestation.

4:33
Présentateur

Oui, très intéressante cette photo aussi.

4:35
Invité

Nathalie Saint-Cric, même question. Moi, c'est moins élaboré. C'est une photo d'Abaïa parce que pour ceux qui sont très anciens, ça ramène à faire du foulard de creil. Ça ramène aux signes sensibles. J'ai noté l'interview.

4:47
Présentateur

Alors, attendez, on voit sur l'image trois personnages féminins.

4:50
Invité

On voit effectivement, avec la décision de Gabriel Attal d'interdire ce genre de tenue à l'école, d'aider les proviseurs à avoir une jurisprudence, c'est-à-dire ne pas être perdu entre une vérité à Béziers et un mensonge à Paris. C'est-à-dire, en gros, c'est niaite partout. Et j'ai noté particulièrement, parce qu'on entend toujours que c'est pour pas stigmatiser, j'ai lu la lettre de Gabriel Attal envoyée aux parents pour expliquer que c'est juste... La circulaire ?

5:12
Présentateur

Ah non, la lettre, vous avez raison.

5:13
Invité

Une lettre aux parents, juste expliquant que c'est pas contre vous, c'est qu'on ne doit pas savoir ce que vous pensez en vous voyant. Et notez également, et j'y viens, l'interview de Lionel Jospin qui considère qu'il faut effectivement l'interdire et qui émet même l'idée qu'il se soit trompé par le passé. Et je trouve que c'est suffisamment rare chez les politiques pour mériter d'être noté. Donc voilà, la baïa, c'est non.

5:34
Locuteur non identifié

Mais on ne laissera rien passer. À la rentrée, je vais être franc avec vous, on sait qu'il y aura des cas. Parce qu'on sait qu'il y aura les uns par négligence peut-être, mais enfin beaucoup pour essayer de défier le système républicain. Nous devons être intraitables, simplement les hussards de la République, celles et ceux qui sont au front, ce sont les enseignants. On doit jamais laisser s'installer l'idée qu'ils seraient seuls ou qu'ils doivent céder à une pression. Ce qui était très important et ce que le ministre a dit à juste titre, c'est que l'État, la République est derrière eux et ils ont raison.

6:11
Présentateur

Je suis trop pressée, on vient d'entendre, mais vous l'avez reconnu, le président Emmanuel Macron qui s'exprimait, merci, sur la baïa. C'était vendredi à l'occasion de la rentrée des enseignants. Il était en déplacement à Orange dans un lycée professionnel. On vient d'en parler avec Nathalie. Toute la semaine, il a été question de cette tenue vestimentaire. Gabriel Attal, le nouveau ministre de l'Éducation nationale, elle a promis que dès lundi, elle serait interdite dans tous les collèges et tous les lycées. Et on a Elisabeth Borne, la première ministre, ce matin sur RTL, qui a juré qu'il n'y avait pas dans tout cela la moindre stigmatisation.

Est-ce qu'il fallait en passer par là, Gérard Larcher, par cette interdiction et est-ce qu'elle sera facile à mettre en place ?

6:49
Gérard Larcher

L'école, c'est un enjeu fondamental. À la veille de la rentrée, nous voyons bien qu'il y a une école qui doit aujourd'hui reprendre et être encouragée dans la transmission des savoirs fondamentaux. Or, pour transmettre des savoirs fondamentaux, 40% des enfants qui sortent de CM2 ne maîtrisent pas l'ensemble des acquis des savoirs fondamentaux.

7:14
Présentateur

Non, mais là, on parle de la veille.

7:15
Gérard Larcher

Ça veut dire que pour transmettre des savoirs fondamentaux, il faut de l'autorité. Il faut reconnaître aux enseignants cette autorité. Et il faut aussi les conforter. Quand on voit la crise des vocations, nous ne savons pas s'il manquera ou pas 3 000 enseignants à la rentrée. Ma question, c'était

7:34
Présentateur

est-ce que ça va être difficile à mettre en place ou pas, à appliquer ?

7:38
Gérard Larcher

Ça fait partie de la démarche d'autorité. Aujourd'hui, se poser la question du retour de l'autorité, du chef d'établissement, de l'enseignement. Eh bien, en ce qui concerne notamment les tenues vestimentaires, le principe de la laïcité, je partage la démarche qui a été engagée par le ministre de l'Éducation nationale. Je partage ce que Lionel Jospin a pu écrire. Il nous faut tout simplement retrouver. L'école est au cœur des valeurs républicaines. de la transmission.

8:14
Locuteur non identifié

Certains vont plus loin et disent au fond c'est peut-être l'occasion de remettre à l'honneur l'uniforme. Éric Ciotti va dans cette direction. Est-ce que vous, vous l'appuyez ? Est-ce qu'il faut faire des expérimentations voire généraliser l'uniforme ?

8:27
Gérard Larcher

En tous les cas, si on doit passer non pas par l'uniforme mais par une tenue vestimentaire plus uniforme, c'est-à-dire avec moins de différence, l'école, ça doit être un lieu de rencontre. Eh bien, s'il faut le faire, je n'ai pas de tabou sur ce sujet. Ce que je souhaite vraiment, c'est que l'école retrouve sa mission fondamentale.

8:49
Présentateur

Mais vous pensez vraiment que c'est la solution ou pas ? Est-ce que l'uniforme peut être très simplement la solution ? La solution,

8:53
Gérard Larcher

c'est le retour de l'autorité, le retour d'une vraie laïcité. Vous savez, j'avais écrit un petit opuscule avec Marcel Gaucher, j'avais repris ce que disait Aristide Briand. la loi doit protéger la foi et c'est fondamental tant que la foi n'entend pas dicter la loi. Et à mon avis, tout est dit dans les paroles d'Aristide Briand et je dois dire que sur ce point, c'est la République qui est en cause face à un certain nombre de provocations. Eh bien, la République doit être ferme, solide, déterminée et je souhaite que nous soyons déterminés à cette rentrée.

9:34
Invité

Alors il y a un recours qui a déjà été fait ou qui va être fait de façon imminente notamment par les insoumis auprès du Conseil d'État considérant que la baïa ne rentre pas dans les signes sensibles religieux. Si le Conseil d'État ne suit pas le gouvernement, qu'est-ce qu'il faut faire ? Crier au pouvoir des juges ou essayer de trouver un autre biais pour imposer le non-port de la baïa à l'école ? D'abord, je suis quand même étonné

9:57
Gérard Larcher

que pour ceux qui sont les détracteurs de cette décision qui parlent d'islamophobie. C'est-à-dire qu'au fond, ils reconnaissent la signification religieuse. Et donc, il faut aussi qu'ils soient, j'allais dire, dans une logique. Bien, si le Conseil d'État prenait une décision, on avait connu ça au moment de Cré, je rappelle, les choses, il faudra légiférer, tout simplement. Tranquillement, je pense que le temps n'est pas aux polémiques, le temps est à faire communauté nationale au singulier, les émeutes où l'on montrait, les problèmes liés à l'échec des politiques d'intégration et l'école, c'est vraiment le premier maillon de la communauté.

10:40
Présentateur

Avant d'avancer, je voudrais revenir juste un instant sur l'uniforme dont on parlait juste avant. à quoi il doit ressembler cet uniforme ? Il faut aller jusqu'où ? Est-ce que toute la France doit porter, est-ce que tous les élèves de la France doivent porter cet uniforme ? Est-ce qu'il faut aller très loin ? Est-ce que même le sac à dos qu'on porte doit être...

10:55
Gérard Larcher

Je pense que dans tout ce qui rassemble, pourquoi pas à des élèves tout simplement dans mon département natal de l'Ordre ? Pourquoi il y aurait des zones ? Voilà pourquoi je n'ai pas partagé ce que disait la secrétaire d'État. C'est une décision collective qu'il faut prendre.

11:09
Présentateur

Allez, on avance. Il y a eu un temps fort cette semaine, politiquement. D'ailleurs, c'est bien dommage, on n'a pas eu d'image sur cela, mais s'il s'agissait des rencontres de Saint-Denis, il n'y a pas eu de photographe, il n'y a pas eu de caméra qui a pu rentrer dans ces rencontres, voir ce qui s'y était passé un an après le Conseil national de la résistance. Nouvelle initiative...

11:30
Gérard Larcher

Pas de la résistance, de la refondation.

11:32
Présentateur

De la refondation, pardonnez-moi, vous voyez, je me suis laissé embarquer. C'était fait pour. J'étais entré en résistance

11:37
Gérard Larcher

contre le Conseil national de la refondation.

11:41
Présentateur

de politique du président Macron. Autour de la table, il y avait les chefs de parti, il y avait la première ministre, il y avait vous, Gérard Larcher, le président du Sénat. Est-ce qu'on peut vous demander pour commencer, nous raconter un peu comment ça s'est passé, quelle était l'atmosphère ? Est-ce que vous avez apprécié, aimé ce qui s'y est passé ? Et éventuellement, est-ce que vous avez été gêné par certaines autres choses ?

12:03
Gérard Larcher

Non. Je pense qu'il est toujours utile d'échanger, de partager. Ce que je dis aujourd'hui, c'est qu'il faudra des résultats derrière cet exercice. Si on est dans un exercice d'un nouveau style de grand débat, si on est dans un exercice de style Conseil national de la refondation, voire de certains comités, eh bien, attention à ne pas décevoir les Français. Mais est-ce qu'il y avait

12:30
Présentateur

cette atmosphère-là ou pas ?

12:32
Gérard Larcher

Non, je pense que, en tous les cas, dans la partie où j'ai participé, parce que je n'ai pas participé tout à fait à la fois.

12:36
Locuteur non identifié

Vous êtes resté jusqu'à quand c'était sur la partie internationale ?

12:40
Gérard Larcher

J'ai fait toute la partie internationale et nationale, bien évidemment. Et ça n'est qu'après l'échange, pour des raisons un peu diverses, mais médicales, je vous rassure tout le monde.

12:50
Locuteur non identifié

Mais le temps était grave ? Vous avez trouvé intéressant que des parties puissent échanger à huit clous ?

12:56
Gérard Larcher

Je pense qu'on s'est écouté et personnellement, j'ai porté un certain nombre de sujets qui portaient le sujet de la décentralisation.

13:07
Présentateur

Qui vous tient toujours très à cœur ?

13:09
Gérard Larcher

Non, parce que le président de la République s'est engagé le 2 septembre 2022, devant le président des maires de France, devant le président des départements de France, devant la présidente des régions, à faire une grande loi de décentralisation. Le 2 septembre 2022, eh bien, le Sénat s'est mis au travail, a présenté le 6 juillet 15 propositions pour les libertés locales et pouvoir d'agir. Eh bien, j'ai dit au président, sa lettre d'invitation était « Je vous tends la main ». Eh bien, le Sénat lui tend la main pour un texte sur la décentralisation. Nous avons abordé, c'est un sujet grave, la question de la démocratie.

Parce que la question de la démocratie, elle est posée, la relation, la confiance, la défiance des élus vis-à-vis du pouvoir exécutif, vis-à-vis des parlementaires. Et je me mets dedans. Eh bien, cette question, elle mérite une très attention. Le président de la République, dans son projet politique, avait annoncé qu'il réunirait une commission transpartisane. Elle n'a pas encore été conviée. Mais le Sénat a mis en place au mois de novembre.

14:13
Invité

Vous dites dans une interview chez le confrère du Parisien ce matin que ça n'était pas inintéressant. C'est l'art de l'élitote ou vous ne pourriez pas aller jusqu'à dire que c'est intéressant ? Ça ne serait pas horrible même s'il y a le Sénatorial ?

14:25
Gérard Larcher

Pardonnez-moi, ce sera intéressant. Moi, je suis un biologiste de formation à la condition qu'on ait des résultats et une suite.

14:32
Invité

Et vous n'êtes pas bloqué par le Sénatorial ?

14:33
Gérard Larcher

Mais je ne suis bloqué par rien. Vous devez être dans l'opposition,

14:35
Invité

dans l'opposition,

14:36
Gérard Larcher

dans l'opposition. Non, je ne suis pas bloqué par le Sénatorial. C'est une attitude. Je suis, c'est la majorité sénatoriale qui est ainsi, indépendante, libre, à chaque fois que c'est l'intérêt du pays. Vraiment, nous jouons l'intérêt du pays et si à l'issue de la réunion de samedi il y a des choses qui nous semblent positives, eh bien on ira.

14:56
Locuteur non identifié

Alors, justement, est-ce qu'au nom de l'intérêt du pays, vous dites je peux essayer d'aller sur des sujets où il peut y avoir un consensus, y compris avec une partie de la gauche ou une partie avec... Voilà. Et est-ce que vous avez, au vu de ce que vous avez entendu, identifié quelques sujets où il peut y avoir des avancées ?

15:15
Gérard Larcher

Par exemple, je reviens sur la gestion des collectivités territoriales. Le principe de subsidiarité, ce qu'on fait en proximité, mieux que dans la verticalité du pouvoir, verticalité du pouvoir que nous connaissons depuis une quinzaine d'années, eh bien nous pensons ensemble qu'il faut y aller et que c'est l'intérêt nous semble-t-il, c'est-à-dire donner aux maires par exemple

15:37
Locuteur non identifié

ou aux intercommunalités beaucoup plus de pouvoir qu'aujourd'hui ? Oui,

15:41
Gérard Larcher

et surtout leur faire confiance et surtout leur donner les leviers de la décision, décomplexifier dans le pays. Quand même,

15:49
Présentateur

les auditeurs, les téléspectateurs

15:52
Gérard Larcher

doivent savoir que le code de l'urbanisme, en disant qu'il a pris 40%, que le code général des collectivités territoriales a pris en 20 ans 300% et qu'aujourd'hui, les maires, les conseils municipaux sont corsetés, les préfets n'ont plus d'autorité sur les services de l'État. C'est quand même une révision profonde parce qu'au fond, retrouver de la proximité, c'est pas simplement répondre en termes de politique d'urbanisme, de logement, de voirie, c'est tout simplement retrouver la proximité. Ce pays a besoin de retrouver de la proximité.

Quand les citoyens se disent, on peut être entendu, on peut être écouté, d'ailleurs, ils ne s'y trompent pas puisque les seuls élus qui ont encore la confiance majoritaire, même si ça s'est un peu dégradé, ce sont les maires et les conseils municipaux.

16:37
Invité

Prenons un autre sujet pour continuer la question de Françoise. Sur l'immigration, qui manifestement est un sujet qui préoccupe beaucoup de Français dont vous dites que si on ne la traite pas, ça finira par Marine Le Pen. Y a-t-il des lignes de consensus qui se sont dégagées entre vous tous ? Est-ce que vous avez véritablement compris que le chef de l'État était prêt à abandonner la partie papier donnée dans les secteurs d'intention pour pouvoir aider l'emploi en gardant d'abord le volet répressif ?

17:09
Gérard Larcher

Écoutez, je reprends l'interview assez longue à votre confrère, le point du chef de l'État.

17:16
Invité

Il a dit concernant

17:18
Gérard Larcher

l'immigration, la situation n'est plus tenable. Et donc, quand une situation n'est plus tenable, eh bien, il faut la régler. Et il faut la régler et nous avons déjà un texte qui a été déposé.

17:32
Présentateur

Mais ce n'est pas ce qu'il a dit sur ça, par contre. Le président Macron, vous l'avez lu aussi, il dit, on va reprendre le texte que nous avons écrit sur l'immigration.

17:38
Gérard Larcher

Alors,

17:39
Présentateur

vous êtes d'accord ou pas sur ça ? De retravailler à partir du texte gouvernemental et pas vos textes à vous ?

17:44
Gérard Larcher

Il a besoin d'être retravaillé. Mais ce texte, il est à la Commission des lois. Il a terminé son examen, son premier examen. Il n'a pas eu la séquence des amendements le 15 mars dernier. Il a été suspendu et j'avais souhaité cette suspension en raison de l'ambiance parce que je pense que ce sujet, il doit être vu avec exigence mais en même temps avec une forme de sérénité. Alors, vous le savez, vous me posiez la question. Est-ce que sur les métiers en tension, il n'y a pas que ça ?

18:14
Locuteur non identifié

Non, non, on va prendre les choses une par une. On va prendre les choses et rester là-dessus quand même. On voit tous restaurateurs, entretiens et personnels dans les maisons de santé où il y a tellement de difficultés, on voit que ce sont des personnels d'immigration. On a besoin de l'immigration en France. Pourquoi ? Est-ce que c'est un tel problème de reconnaître que tout en étant ferme sur ceux qui ne peuvent pas s'intégrer, on donne leur papier à ceux qui sont intégrés par le travail ?

18:43
Gérard Larcher

Pourquoi c'est un sujet aussi compliqué ? Parce que l'organisation telle qu'elle est proposée dans les articles 3 et 4 du projet de loi est un formidable appel d'air. Que nous avons aujourd'hui dans 3 millions de chômeurs, 500 000 étrangers et que nous savons et que nous savons que le travail est un facteur d'intégration. Il faut donc que nous priorisons l'intégration des étrangers inscrits à l'UNEDIC, inscrits au chômage, inscrits tout simplement à Pôle emploi et c'est notre première priorité. Mais non, on peut toujours faire la facilité. Nous n'avons jamais dit qu'il fallait abroger aujourd'hui la circulaire valse.

Nous avons simplement dit qu'il n'était pas question articles 3 et 4 d'avoir cette espèce de signal d'appel à un moment où nous devons où nous devons refonder notre politique migratoire qui a échoué parce que la loi Collomb, la dernière en date, elle a totalement échoué.

19:37
Invité

Et vous avez été entendu est-ce que quand vous dites pas question, on regarde la circulaire valse donc je rappelle que c'est la possibilité de régulariser un certain nombre tout ça bien fixé, bien cadré, bien limité, est-ce que là vous avez l'impression que le chef de l'État a dit bon on fera ça plus tard l'autre ?

19:51
Gérard Larcher

Il n'a pas répondu dans la période où j'étais présent de cette manière-là mais je n'attends pas, j'attends que la réponse se fasse à la rentrée parlementaire sur le texte, soyons clairs, la loi ordinaire apporte un certain nombre d'éléments positifs.

Il y manque, c'est la dimension constitutionnelle que j'ai évoquée puisque vous faisiez référence à une interview que j'ai évoquée et qui est comment gère-t-on par exemple la situation d'un droit d'asile auquel je crois profondément mais qui est dévoyé 137 000 demandes d'asile moins de 30% de ces asiles sont accordés parce qu'ils sont justifiés et c'est un droit fondamental qui fait partie de nos valeurs et vous le savez que la plupart de ceux qui ont été déboutés du droit d'asile alimentent j'allais dire l'immigration irrégulière il y a eu deux projets de loi constitutionnel un du groupe LR un du groupe centriste du Sénat qui propose tout simplement et ça n'est pas rien bien sûr il faut élargir le champ référendaire de l'article 11 c'est le premier c'est en tous les cas essentiel et pour ensuite maîtriser cela il y a deux autres sujets qui relèvent le principe constitutionnel il y a le principe d'aller plus loin sur la politique des quotas c'est à dire que le parlement définit chaque année les besoins y compris François-Fressos

21:29
Locuteur non identifié

vous dites aux gens que ça ne tient pas que vous l'immigration zéro

21:34
Gérard Larcher

d'abord ça ne tient pas c'est mentir aux français de leur raconter ça et puis ce n'est pas l'intérêt collectif

21:40
Invité

quota par nation enfin quota par origine de pays ou quota par métier

21:44
Gérard Larcher

là-dessus il faudra l'examiner vous c'est quoi les deux choses me semblent les croisements des deux critères parce qu'il nous faut aussi accepter dans un certain nombre de pays où j'allais dire l'asile est quasiment les pays où le taux très administratif de risque à 80% ça fait partie quand même des choses qu'il faut prendre en compte par rapport aux droits d'asile mais je reviens aussi à la question du regroupement familial les conditions du regroupement familial sont des conditions qu'il faut clairement définir et durcir revenus logements composition de la famille

22:23
Présentateur

Gérard Larcher position très dure systématiquement on a l'impression d'entendre le rassemblement national

22:27
Gérard Larcher

presque parce que la différence c'est que le rassemblement national vous parlerez de zéro immigration moi je veux qu'on réussisse la politique d'intégration et pour réussir la politique d'intégration je ne vous raconterai pas ce que m'a dit un élu d'origine marocaine dans mon département l'autre soir et il m'a dit il faut vraiment dans une ville qui a connu des choses très difficiles il faut vraiment qu'on réussisse la politique d'intégration mais on la réussira pas si on n'a pas une régulation de notre politique d'immigration

22:55
Invité

alors deux choses pour préciser vous êtes pour un durcissement du droit au regroupement familial alors précisément pour des critères vous voulez que ça mette plus de temps avant que la famille le conjointe puisse venir c'est ça ?

23:06
Gérard Larcher

et puis les conditions vous savez on fait une enquête auprès des maires pour savoir si le regroupement familial est possible on en tient en général très peu compte il faut des conditions de logement vous ne pouvez pas accepter qu'arrive dans un F1 dans un T1 ou un T2 une famille complète vous voyez bien il y aura tous les facteurs de la non-intégration de la non-intégration des enfants à l'école enfin tout ça il ne faut pas qu'on se raconte d'histoire si on veut réussir la politique d'intégration il faut profondément remettre en cause notre politique et sur les OQTF

23:42
Invité

et sur alors OQTF vous voulez quoi les obligations de quitter le territoire français c'est à dire qui fait que quand on n'est pas admis à l'immigration on doit rentrer dans son pays c'est une décision de justice oui mais on ne peut pas le faire personne ne peut le faire enfin Nicolas Sarkozy n'a pas réussi même si c'était peut-être un peu mieux François c'était quand même mieux un tout petit peu on est à la marche tout ça si les Algériens ne veulent pas récupérer si les Maris ne veulent pas récupérer si les Serbes

24:07
Gérard Larcher

ne veulent pas récupérer ça fait partie de la négociation avec les pays qu'il nous faut avoir mais si nous maîtrisons plus notre politique migratoire nous aurons moins de décision de justice décidons des obligations de quitter le territoire français vous savez les français ont le sentiment là de l'impuissance publique ils savent qu'il y a des décisions de justice qui ne sont pas suivies effectivement comment voulez-vous qu'ils continuent à croire à l'état de droit

24:34
Locuteur non identifié

comment expliquez-vous que le sujet soit aussi épidermique en France et finalement beaucoup plus facile chez notre voisin allemand qu'est-ce que nous on a raté est-ce que c'est pas dû au fait qu'on n'arrive pas à faire la répartition sur le territoire qu'il y a des ghettos est-ce que c'est pas aussi à nous de changer un peu de philosophie là-dessus sachant que encore une fois on a besoin d'une population immigrée pour faire tourner l'essentiel de l'économie

24:58
Gérard Larcher

pas l'essentiel de l'économie je ne peux pas vous essayer de dire ça madame Fréceau pour tourner l'économie nous avons d'abord besoin des françaises et des français qu'il y ait des gens qui viennent de l'Union Européenne qui viennent hors Union Européenne pour nous aider à faire tourner l'économie pour nous aider à développer la culture

25:17
Locuteur non identifié

parce que les postes sont souvent jugés pas suffisamment attractifs aussi

25:20
Gérard Larcher

dans les EHPAD c'est flagrant des politiques à revoir sur ces sujets et qui ne concernent pas simplement les étrangers qui concernent tout simplement les métiers par exemple dans l'hôtellerie restauration nous savons que nous avons à renégocier dans un certain nombre de branches professionnelles l'ancien ministre du travail j'allais dire est particulièrement sensible à cela je vous le dis extrêmement clairement c'est la cohésion du pays qui est en cause et est-ce que on peut hypocritement se raconter qu'on continue à avoir des hôtels sociaux dans des villes où ça représente 10 à 15% de la population sans accompagnement dans ces hôtels sociaux et je pourrais vous en citer dans de nombreuses villes et où les élus accompagnent mais où les gens qui sont logés là vont dans les écoles sans qu'on mette les moyens scolaires pour des enfants de famille allophones la vérité c'est qu'il nous faut une politique migratoire globale une politique d'accueil qui soit digne quand on accueille mais pour accueillir il faut être dans les conditions d'accueil

26:27
Présentateur

mais on vous a rarement autant entendu parler d'immigration Gérard Larcher vous avez toujours eu un discours beaucoup plus modéré vous avez toujours été considéré comme tel dans votre famille politique qu'est-ce qui fait que tout d'un coup ce sujet là est devenu si important pour le président du Sénat

26:42
Gérard Larcher

ce sujet il est devenu important parce que je sens que mon pays est en train de basculer avec tous les risques que cela représente c'est-à-dire le rejet de l'autre or une politique migratoire conduite une politique d'intégration réussie c'est une politique de cohésion parce que mon objectif c'est qu'on forme communauté nationale ensemble et quand on nous dit sur les émeutes par exemple que c'est vrai la majorité était des jeunes notamment issus de familles de l'immigration oui mais français

27:15
Invité

français français

27:17
Gérard Larcher

oui mais ils sont posés c'est pas qui

27:19
Invité

l'histoire d'immigration c'est l'histoire d'intégration plutôt non c'est oui

27:22
Gérard Larcher

mais vous ne réussissez pas l'intégration si vous n'avez pas de politique migratoire régulée

27:26
Invité

et qu'est-ce qu'il faut faire avec ces jeunes là

27:29
Gérard Larcher

il y a tout un travail

27:31
Invité

Emmanuel Macron parlait de décivilisation dans certains cas alors qu'on a l'impression que c'est plutôt c'est pas qu'on est décivilisé c'est qu'on ne l'a jamais été qu'est-ce que vous préconisez parce que c'est facile de dire il faut en rater l'intégration mais tout le monde l'a raté manifestement

27:45
Gérard Larcher

je pense qu'il y a eu dans les émeutes une partie de rejet et de la France et de la culture et de l'état ça c'est évident et bien il faut j'allais dire première des choses éviter de concentrer tout le monde au même endroit et nous abordons la question de la politique du logement alors attendez avant d'arriver sur la politique du logement et de la politique du logement du logement social ou depuis maintenant plus d'une décennie on attribue les logements par algorithme oui à partir d'un document alors qu'est-ce qu'il faut faire parce que ça c'est un sujet crucial non attendez pardonnez-moi

28:21
Présentateur

non pas tout de suite on était sur un sujet non non mais attendez le logement c'est un sujet immense on va l'aborder si vous le souhaitez surtout qu'on se prépare une grande prise du logement ce que j'aimerais comprendre c'est encore une fois vous n'avez pas répondu à ma question c'est à dire qu'est-ce qui a transformé Gérard Larcher vous avez peur de quoi vous avez peur de l'extrême droite qui arrive au pouvoir vous dites comme Gérard Darmanin

28:38
Gérard Larcher

j'ai la volonté moi que jamais l'extrême droite ne puisse accéder au pouvoir

28:43
Présentateur

et vous avez l'impression que là on y est que là c'est possible que là la prochaine fois on y est

28:47
Gérard Larcher

c'est un des sujets majeurs qui conduit au repli sur soi à la peur et qui conduit quand même à des réalités que vivent nos concitoyens et pas simplement quand vous êtes dans les Hautes-Alpes et que vous avez cette quantité de mineurs étrangers que le conseil départemental essaye de gérer au mieux quand vous avez les hôtels sociaux qui sont remplis il y a des territoires où il n'y a plus d'hôtels 1, 2 voire 3 étoiles qui ne soient pas devenus des hôtels sociaux c'est qu'on a bien un échec de notre politique

29:17
Présentateur

donc la meilleure stratégie des LR aujourd'hui c'est de concurrencer le Rassemblement National sur le sujet de l'immigration

29:22
Gérard Larcher

c'est pas le seul sujet c'est un sujet pour le pays c'est pas uniquement les LR et d'ailleurs c'est un sujet que nous devons partager

29:30
Présentateur

mais en en parlant autant vous faites monter le Rassemblement National ou est-ce que vous êtes sûr que vous le freinez dans son ascension ?

29:35
Gérard Larcher

Il faut proposer des réponses prendre des mesures décider le propre d'un politique c'est de proposer des décisions et ensuite de les assumer

29:44
Locuteur non identifié

Alors je reviens sur le logement social vous dites c'est attribution par algorithme qu'est-ce qu'il faut faire très concrètement qu'est-ce que vous proposez est-ce que vous pensez que ça peut avancer ?

29:53
Gérard Larcher

Nous débattrons la première semaine d'octobre d'une proposition de loi qui vise dans l'attribution des logements sociaux à retrouver la parité de la commission d'attribution entre les élus du territoire les services de l'Etat et les bailleurs sociaux et que le maire préside quand il s'agit de sa commune cette commission et voire prépondérante

30:20
Locuteur non identifié

Et vous pensez que ça peut avancer ça ?

30:22
Gérard Larcher

Je pense que ça va même avancer le président de la république qui avait été sensible quand je l'avais rencontré en tête à tête après les émeutes je sais qu'il en a fait une note en direction des préfets et je peux vous dire que personnellement ce débat il doit être un débat qui redonne tout simplement plus de responsabilité au maire vous savez moi j'ai exercé cette fonction j'ai présidé ces fameuses commissions avant qu'elles ne soient gérées par algorithme ne croyez pas qu'on est dans un espèce de clientélisme mais on sait composer pardonnez-moi l'équilibre d'un quartier on évite je le dis d'autant plus que j'ai été avec Jean-Louis Borloo et le ministre de la loi DALLO c'est-à-dire du droit qu'on donne à chacun de pouvoir être logé mais quand on en est à mettre des gens on appelle des DALLO j'aime pas beaucoup cette expression mais de le mettre dans la même cage d'escalier vous mettez des difficultés de la misère et vous arrivez à des attributions un maire me disait dans la vallée de la Seine qu'aujourd'hui on lui attribuait sans qu'il ait pas que ce soit à dire des gens qui habitaient Aulnay-sous-Bois avec j'allais dire des parents qui travaillaient encore dans la région d'Aulnay-sous-Bois ça veut dire des enfants qui le soir après l'école retrouveront leurs parents après une heure de transport le matin une heure de transport le soir vous voyez qu'à la nécessaire composition sociologique et le logement est un élément essentiel on a un second sujet rapidement s'il vous plaît soit 100% voire un peu plus des français relève du logement social est-ce qu'il ne faut pas se poser la question de notre conception du logement social est-ce qu'il ne faut pas se poser la question du logement intermédiaire de l'accession sociale à la propriété tous ces sujets-là sont sur la table d'autant plus que j'entends dire enfin j'entends dire je vois les rapports y compris du Sénat que 2024 pourrait être une année assez terrible en matière de

32:22
Présentateur

le jour alors on voit que vous êtes effectivement intarissable sur le sujet

32:27
Locuteur non identifié

France Inter Gérard Larcher

32:34
Présentateur

notre premier invité dans questions politiques sur France Inter et à la télévision sur France Info la télé le canal 27 Gérard Larcher l'autre grand débat de cet automne après l'immigration c'est comme chaque année le débat budgétaire pas de nouveaux impôts a promis le gouvernement ni pour les français ni pour les entreprises 14 milliards d'économies en 2024 ça c'est l'engagement de Bercy est-ce que ces premières informations sont de nature à changer votre état d'esprit en tout cas celui du mois de juin quand vous envisagiez éventuellement de censurer le budget du gouvernement

33:05
Gérard Larcher

d'abord je voudrais préciser que j'ai évoqué le risque d'accidentologie que le Sénat que le Sénat j'allais dire n'applique pas et ne peut pas appliquer le 49-3 mais j'ai voulu signifier à l'exécutif qu'il y avait un risque budgétaire on va avoir un premier rendez-vous que vous n'évoquez pas c'est la la programmation pluriannuelle des finances publiques qui auraient dû être adoptées depuis longtemps depuis plus d'un an et qui va poser problème si elle n'est pas adoptée aussi bien en direction de l'Europe mais aussi demain qu'est-ce que cette programmation doit dire quelle est notre trajectoire de retour progressif à l'équilibre c'est ça l'enjeu c'est ça le sujet

33:55
Locuteur non identifié

mais vous constatez que le gouvernement a durci un peu par rapport à sa copie initiale il s'adapte au ralentissement de la conjoncture il a fait quelques efforts mais il en reste à faire

34:04
Gérard Larcher

il en reste à faire pourquoi vous annonciez moins 14 milliards d'économie c'est essentiellement la disparition de mesures liées à la crise énergétique bouclier tarivaire et de dispositions qui étaient post-plan de relance

34:22
Locuteur non identifié

mais tout le monde aurait bien aimé voir prolonger vous reconnaissez-le c'est quand même la compréhension française nationale bien sûr

34:26
Gérard Larcher

on est un peu schizophréniques tous ensemble il faut qu'on se dise les choses et un peu tous c'est bien de le reconnaître moi ma préoccupation c'est la souveraineté de la France c'est notre capacité à soutenir

34:38
Invité

la suite tout le monde est d'accord

34:39
Gérard Larcher

oui tout le monde est d'accord sauf que les taux d'intérêt ils sont maintenant à 3,25 en direction chaque mois et nous devons réduire réduire la dépense

34:49
Invité

le pourquoi tout le monde est d'accord le comment c'est là que ça commence à être intéressant bien sûr vous voulez rogner précisément donnez-moi deux ou trois exemples de choses qu'on fait sauter d'économie importante qu'il va falloir faire qui ne serait pas du bricolage genre une niche à droite une niche à gauche

35:03
Gérard Larcher

nous avons sur le fond cette complexité que je décrivais tout à l'heure y compris pour les collectivités territoriales nous avons par exemple créé en plus de 20 ans 1300 agences publiques dans ce pays

35:21
Présentateur

on s'en prend aux agences publiques ça c'est assez classique

35:23
Gérard Larcher

elle représente 20% de la masse salariale de l'état je ne suis pas tout à fait certain qu'elle soit toute efficace rien que dans le domaine de la consommation vous avez en dehors de l'institut national de la consommation 4 autres agences publiques qui s'occupent de l'alimentation et de la consommation c'est j'allais dire pas une niche c'est un nid me semble-t-il de réorganisation admettons 20% de la masse salariale de l'état

35:54
Locuteur non identifié

oui ça fait combien si on en supprime qui ne sont pas jugées essentielles combien en milliards d'euros vous l'avez chiffré

36:00
Gérard Larcher

je n'ai pas encore le chiffrage et je ne vais pas faire d'approximation aujourd'hui sur votre plateau sur ce sujet mais vous voyez que 20% de la masse salariale de l'état vous avez une première dimension vous avez aussi la diminution d'un certain nombre dépenses d'administration qui sont nécessaires et qui permettraient de redéployer des budgets car nous avons besoin de budget dans la santé et nous avons par exemple à la différence vous citiez l'Allemagne tout à l'heure à l'hôpital public des coûts d'administration qui sont

36:34
Invité

beaucoup plus élevés que chez nos voisins allemands par exemple sur des choses qui disent aux gens parce que là c'est l'état qui fait le ménage sur ce qui peut être remis à la charge des ménages sur le reste à charge par exemple dont le gouvernement propose de le doubler c'est à dire d'augmenter de 50 centimes ça vous trouvez que c'est une piste en dehors des maladies

36:54
Gérard Larcher

nous sommes le pays qui consacre 12% du PIB à sa santé il nous reste 8% de reste à charge une fois qu'il y a les mutuelles il s'agit de cibler naturellement sur ce qui n'est pas essentiel pour la santé et de ce qui ne touche pas des gens qui sont en situation de fragilité mais s'interdire de réfléchir sur ce sujet sur ce sujet là l'ancien président de la fédération hospitalière vous dit qu'il faut l'examiner aussi

37:22
Présentateur

on parle de la santé je pense aussi à la cigarette parce qu'Elisabeth Borne ce matin là encore sur RTL disait on n'y touche pas on n'augmentera pas les prix vous dites qu'elle se trompe

37:31
Gérard Larcher

ils sont déjà très élevés ils sont déjà très élevés

37:34
Présentateur

donc c'est bien de plus y toucher il faut laisser les fumeurs

37:37
Gérard Larcher

le vrai sujet c'est une politique de fond c'est pas me semble-t-il un euro de plus sur le paquet de cigarettes maintenant il faut une politique de prévention il faut une politique d'éducation on parle beaucoup de cela mais nous avons vu l'importance aussi de la consommation des substances stupéfiante et il me semble qu'il faut aussi travailler en prévention dans cette direction là

37:59
Locuteur non identifié

Françoise je pense qu'il y a des discussions avec Bercy est-ce que vous êtes plutôt sensible au fait que Bruno Le Maire a dit qu'il voulait travailler avec vous qu'il vous écoutait autrement dit est-ce que la perspective d'une éventuelle motion de censure voire d'un renversement du gouvernement s'éloigne ou vous maintenez cette menace très forte tout en pointant dans le Parisien ce matin il faudra quand même mesurer ce que ça donne alors dites-nous votre philosophie aujourd'hui

38:30
Gérard Larcher

ma philosophie c'est bien sûr de continuer à dialoguer avec le gouvernement nous allons à la rentrée poursuivre le travail qui avait été fait j'allais dire jusqu'à jusqu'à la fin du mois de juillet et je vous dis le premier baromètre c'est la loi de programmation duriannuelle des finances publiques parce que ça dira la trajectoire puis ensuite on débattra des conditions des propositions que nous faisons par exemple pour les français l'an dernier nous avons proposé ça faisait plusieurs centaines de millions d'économies et bien par contre de taxer les véhicules électriques qui étaient construits en Chine et de favoriser les véhicules électriques qui étaient construits en Europe quand on parle en termes de dette de carbone et quand on sait qu'il y a aujourd'hui des conteneurs entiers qui arrivent quand vous faites l'addition de la dette de carbone ce à quoi ça correspond voilà une mesure concrète le gouvernement ne l'avait pas voulu l'an dernier il est en train de nous dire et bien ça on peut prendre cette année je pense que d'où l'intérêt du dialogue dans l'intérêt du pays

39:46
Invité

est-ce que c'est utile de négocier avec vous en ce moment en sachant que de toute façon il y a les sénatoriales à la fin septembre et qu'en gros c'est combien de divisions excusez-moi mais comme ça ça va vite

39:56
Gérard Larcher

vous parlez des sénatoriales les sénatoriales elles seront le reflet d'élections démocratiques sur le territoire

40:03
Invité

vous ne pouvez pas vous permettre de dialoguer vraiment avec le gouvernement vous restiez l'opposition

40:07
Gérard Larcher

je pense que moi je suis dans une attitude indépendante par rapport à la majorité dans une attitude libre dans un dialogue à l'intérieur de tout le Sénat et avec la majorité sénatoriale je peux vous dire qu'on n'a pas suspendu le dialogue au prétexte que dans trois semaines les 162 000 délégués sénatoriaux auront à choisir la moitié des sénateurs de ce pays ça n'a pas suspendu le vol de la réflexion

40:38
Présentateur

en tout cas on vous sent moins frondeur en cette rentrée de septembre que vous ne l'étiez en juin je reprends encore les propos d'Elisabeth Ban de la première ministre ce matin qui dit de toute façon voilà on utilisera le 49-3 pour faire passer ce budget vous lui répondez quoi ?

40:52
Gérard Larcher

moi je lui réponds que c'est contraire à l'esprit 49-3 il est constitutionnel le gaulliste que je suis n'a pas de problème mais je crois d'abord à la vertu du dialogue le premier des tests c'est est-ce qu'on fait passer la loi de programmation des finances publiques au 49-3 si on fait passer la loi de programmation des finances publiques au 49-3 c'est qu'on aura échoué dans le dialogue dans la trajectoire du retour

41:17
Locuteur non identifié

oui ou qu'on a assumé la trajectoire qu'on porte parce que vous aussi vous êtes mis en fait l'opposition sera aussi mis en responsabilité de savoir s'il fait sauter un texte qui nous rend redevables aux yeux de Bruxelles il y a un enjeu européen aussi très fort

41:31
Gérard Larcher

oui il y a un enjeu européen mais qui va nous rendre dépendants si nous ne revenons pas à un certain équilibre si nous continuons à être parmi les derniers en termes de retour à l'équilibre financier Françoise Fresseuse si nous sommes montrés du doigt si bientôt nous sommes dépassés par l'Italie et si nous sommes les derniers retrouvés à certaines formes d'équilibre et qui mettons en péril en quelque sorte l'ensemble de l'équilibre de l'Union Européenne je pense que la responsabilité de l'opposition c'est de dire et le président de la république au fond dans son interview le dit mais je ne crois pas qu'il ait une proportion très grande pour la maîtrise des dépenses publiques ce n'est pas sa nature

42:13
Locuteur non identifié

mais est-ce que vous n'avez pas l'impression qu'on est quand même sur une ligne de crête où il faut faire effectivement attention très fortement au déficit mais qu'il y a aussi le risque de ralentissement de la croissance le risque de récession ce que vous diagnostiquez

42:24
Présentateur

c'est-à-dire la déconsommation c'est quoi la marge de manœuvre ?

42:27
Gérard Larcher

la marge de manœuvre c'est à la fois d'être sérieux financièrement et j'allais dire dans la politique de l'offre et bien d'essayer d'encourager tout ce qui est investissement production de richesses c'est ça notre démarche

42:41
Présentateur

et donc en ce moment on peut augmenter les salaires ou pas puisque finalement c'est encore en jeu en ce moment

42:44
Gérard Larcher

il faut me semble-t-il prendre en compte la réalité de l'augmentation du coût de la vie pour nos concitoyens

42:51
Présentateur

alors Nathalie je voulais faire un peu de politique voilà exactement moi aussi je veux passer à la politique

42:56
Invité

je ne trouve pas ça méprisant quand on dit la peau moi non plus alors en gros on a eu un sondage ce matin c'est Edouard Philippe qui domine à droite et qui est le meilleur candidat

43:05
Présentateur

ça la fait sourire on a l'impression que ça vous réjouit

43:06
Invité

qu'Edouard Philippe soit en tête oui non pas du tout ça me réjouit sur la politique est-ce qu'Edouard Philippe vous pensez que c'est un bon candidat ou vous dites tout ça il y a le temps je l'ai déjà exprimé

43:17
Gérard Larcher

oui je sais notre pays est face à de très grandes difficultés nous sortons nous sortons des meutes il y a moins de deux mois

43:25
Invité

tout le monde dit que ce n'est pas le moment d'en parler mais tout le monde en parle et tout le monde y pense donc c'est pas la même invention et bien moi je dis

43:29
Gérard Larcher

y compris pour ma famille politique il faut d'abord rebâtir un projet retrouver la confiance avec les français c'est pas que pour ma famille politique c'est vrai pour tout le monde et puis le moment venu le moment venu il y aura à choisir un candidat mais Edouard Philippe

43:45
Présentateur

il en fait toujours partie de notre famille politique ou pas ?

43:47
Gérard Larcher

bien sûr

43:48
Présentateur

et pas du bout des lèvres pas du bout des lèvres

43:50
Gérard Larcher

d'accord pas du bout des lèvres

43:51
Présentateur

donc vous pourriez vous rassembler enfin vous installer derrière lui le soutenir

43:55
Gérard Larcher

donc non je parle de ma famille politique d'accord je ne parle pas non non

44:00
Invité

et Nicolas Sarkozy

44:01
Gérard Larcher

je suis attentif à ce que je raconte

44:03
Invité

et Nicolas Sarkozy il fait toujours partie de la famille alors même qu'il prend un certain nombre de positions par exemple sur l'Ukraine qui sont étonnantes alors que votre groupe à Saint-Denis l'autre soir était unanime sur la politique étrangère et que lui il considère qu'il faut parler avec Poutine Nicolas Sarkozy il est là aussi dans la famille où c'est un oncle un peu éloigné qui a un peu pris le large

44:21
Présentateur

qui commence à devenir un peu gênant d'ailleurs

44:22
Gérard Larcher

à Saint-Denis puisque nous n'avons pas abordé les questions internationales à Saint-Denis il y avait convergence très large autour de l'Ukraine il y avait convergence sur un sujet que j'ai mis sur la table

44:34
Présentateur

ça veut dire que même l'Assemblée nationale qui est d'accord

44:36
Gérard Larcher

sur la Russie il n'y avait pas il y avait des analyses différentes mais la nécessité ressentie par tous de retrouver une politique méditerranéenne pour ne pas continuer avec des relations comme nous les avons avec le Maroc aujourd'hui telles qu'elles sont tout ceci a fait partie des questions partagées sur l'Ukraine Nicolas Sarkozy et la Russie bien sûr qu'il faudra reparler un jour avec la Russie c'est ce qu'elle fait à partir de quand ? à quelles conditions ? il faut soutenir l'Ukraine toute faiblesse vis-à-vis de la Russie me semble est une faute je ne partage donc pas l'analyse de Nicolas Sarkozy

45:14
Locuteur non identifié

c'est une faute c'est une faute pour vous l'attitude de Nicolas Sarkozy je ne vais pas

45:18
Gérard Larcher

distribuer les bons et les mauvais points je ne partage pas cette approche

45:22
Présentateur

et Poutine est content on a eu une vidéo effectivement de Vladimir Poutine qui satisfait des propos de Nicolas Sarkozy

45:28
Invité

ni sur Nicolas Sarkozy ni sur la situation

45:30
Présentateur

mais quand il parle de l'Ukraine qui doit devenir un état neutre c'est le positionnement également de LR ou pas ça ? pas du tout

45:37
Gérard Larcher

puisque nous avons soutenu notre commission des affaires étrangères au Sénat nous avons soutenu le principe du statut de candidat nous avons soutenu la démarche vers l'OTAN la priorité aujourd'hui vous savez il y a des Ukrainiens et des Ukrainiennes toutes les nuits qui subissent des bombardements des attaques il y a des violences notre premier sujet c'est soutenir l'Ukraine être solidaires aussi des citoyens en Ukraine nous les soutenons aussi parce que nous avons à cette rentrée scolaire je pense à un certain nombre d'enfants ukrainiens qui vont rentrer dans nos écoles et que tout ça c'est très clair c'est un combat aussi pour un certain nombre de valeurs Laurent Wauquiez vous manque

46:22
Invité

dans la majorité enfin dans votre majorité Laurent Wauquiez puisqu'il est au Montmézin qu'aujourd'hui il fait l'ascension salut très un peu tout seul et un peu discret

46:30
Gérard Larcher

il est un talent de notre famille politique mais le sondage c'est aujourd'hui on verra demain c'est un talent dans notre famille politique et je crois qu'il a apporté pour notre famille politique mais on verra le moment venu

46:44
Présentateur

allez dernière question

46:45
Locuteur non identifié

à moi sur quand même la question salariale qui me semble très importante dans cette rentrée il y a des pistes sur la revalorisation des bas salaires des salaires en gris hors gris est-ce que vous la droite au moment où vous dites attention il faut quand même être très faire attention à la tenue du budget est-ce que vous dites oui il y a quand même des choses à faire

47:04
Gérard Larcher

Françoise Fresseuse au moment du débat sur les retraites je ne sais pas si vous vous souvenez il y avait une demande des partenaires sociaux mais au Sénat je l'ai dit et le président Hervé Marseille aussi l'a dit pour le groupe centriste de la nécessité d'une conférence sociale le président de la république on a dit mais pour satisfaire la gauche mais non il y avait aussi cette demande qui était faite parce que je pense qu'un des éléments du déficit majeur c'est le déficit de dialogue social en vérité or le dialogue social aujourd'hui marche mieux entre les entreprises et les partenaires sociaux qu'il marche entre l'Etat et l'ensemble des partenaires mais je pense que tous les sujets peuvent être mis sur la table on a vu qu'on avançait sur un certain nombre de sujets et de dossiers il y a même eu des accords salariaux qui se sont faits nous devons revaloriser un certain nombre de grilles quand toute votre vie vous n'avez pas la possibilité d'évoluer j'allais dire au plan du revenu au plan professionnel vous avez là des vrais sujets il faut que ça soit compatible avec la maîtrise de l'inflation mais il y a un vrai sujet de bas salaire c'est évident dans un certain nombre de secteurs et tout à l'heure vous me disiez mais il faut qu'on amène une population étrangère pour ces bas salaires pardonnez-moi moi j'ai envie aussi de les respecter ces gens quelle que soit leur origine il faut donc qu'ils aient des salaires qui leur permettent de vivre et c'est Laurent Berger qui parlait du pouvoir de vivre je parle pour les maires du pouvoir d'agir pas le pouvoir de vivre ça ne me choque pas du tout

48:44
Présentateur

alors merci beaucoup pour cette franche explication Gérard Larcher vous restez évidemment avec nous on accueille tout de suite notre second invité ça aussi c'est une petite nouveauté de la rentrée le livre de la semaine le journaliste Rachid Laheresh va faire son entrée sur le plateau 221 de la maison de la radio

49:01
Locuteur non identifié

France Inter question politique Karine Bécard

49:10
Présentateur

bonjour Rachid Laheresh prenez le temps de vous installer je vous en prie bonjour merci d'avoir accepté cette nouvelle invitation vous êtes journaliste à Libération pour vous présenter vous avez été pendant 8 ans journaliste au service politique de ce journal expérience que vous racontez dans un livre qui doit paraître aux éditions des arènes jeudi prochain qui doit paraître jeudi prochain c'est à dire le 7 septembre si je ne me trompe pas et qui a pour titre il n'y a que moi que ça choque 8 ans dans la bulle des journalistes politiques je présente ce livre effectivement aux auditeurs et surtout aux téléspectateurs de France Info les journalistes politiques ça suscite toujours beaucoup de fantasmes chez les français les journalistes politiques et les relations qu'ils entretiennent avec la classe politique première question expliquez-nous qu'est-ce que vous appelez la bulle des journalistes politiques

49:58
Invité

la bulle c'est un en fait pour comprendre moi je travaillais dans le milieu par hasard et j'ai très vite compris qu'il y avait des codes des rites et des règles à respecter

50:11
Présentateur

et qu'est-ce qui ne vous a pas plu dans tout ça ?

50:15
Invité

au départ rien c'était super on découvre un monde on découvre des gens des politiques on découvre le pouvoir on découvre des collègues mais plus on découvre et plus on s'enferme dans une bulle plus on s'enferme dans l'entre-soi c'est-à-dire qu'on on se part entre nous on se compare on est en concurrence on se regarde beaucoup et même avec les politiques il y a un rapport qui se crée entre nous et les politiques qui je trouve assez j'allais dire parfois malsain d'autres fois souvent étrange et en fait on s'enferme entre nous

50:45
Présentateur

malsain, étrange c'est des mots assez forts

50:47
Invité

oui parfois

50:47
Présentateur

je vois que Gérard Larcher est en train de noter tout ça allez

50:50
Invité

j'assume je l'ai écrit et je trouve que et petit à petit on se coupe du réel c'est-à-dire que on est entre nous journaliste politique on connait la vérité on détient la vérité et on se parle entre nous et avec les politiques aussi quand je parle de bulle c'est journaliste et politique pas que journaliste et voilà Gérard Larcher

51:08
Présentateur

vous êtes d'accord avec la bulle est-ce que vous avez l'impression de faire partie de cette bulle journalistique d'avoir des relations

51:13
Gérard Larcher

de bulle à bulle je pense qu'il est naturel

51:18
Présentateur

quels sont vos liens avec les journalistes politiques

51:19
Gérard Larcher

nous nous rencontrons ça fait partie de l'information ça fait partie du fonctionnement me semble-t-il d'une démocratie qui échange il n'y a pas de complotisme derrière tout ça il n'y a rien de tout ça je pense personnellement parce que dans ma fonction je rencontre des journalistes je passe des moments avec eux on est chacun dans notre liberté ça m'arrive très rarement de téléphoner même quand je ne suis pas content parce que c'est leur liberté et moi je fais plutôt confiance alors il y a quand on dit un journaliste très militant politique pardonnez-moi de l'autre côté qu'on ait une réponse militante politique ça me semble naturel et normal

51:59
Présentateur

est-ce que vous êtes un militant politique non je ne suis pas

52:02
Gérard Larcher

un militant politique

52:03
Présentateur

vous êtes un journaliste à Libération vous avez couvert la gauche dans un journal de gauche

52:08
Invité

est-ce que c'est compliqué compliqué non ça a un sens donc c'est pas je ne pourrais pas traiter au Figaro c'est ce qui est je respecte au Figaro ou l'Express pourtant c'est le même métier c'est le même métier mais moi je suis de gauche je l'assume et donc je travaille à Libération mais je ne suis pas militant politique je ne suis pas adhérent à un parti politique je ne roule pas pour un politique je ne suis pas militant complètement

52:30
Présentateur

qu'est-ce qui a été le déclic pourquoi à un moment donné vous vous êtes dit que ce n'était plus possible

52:34
Invité

c'est lorsque je parlais avec mes proches à l'histoire de la bulle comme je l'appelle et qu'ils ne comprenaient rien à ce que je disais parce que nous on se bat pour des infos et des micro micro combat et quand j'en sors de là et que j'en parle ils sont au courant moi ça empêche de dormir je vis pour ça je cours pour ça et j'écris que pour ça et on en parle on dit t'es au courant que non c'est quoi ce truc et je pense qu'il y a souvent un décalage entre nos combats à nous nos articles et ce qui nous anime et les soucis de l'extérieur et on est un décalage entre ce que nous on écrit et ce que les gens demandent à lire

53:07
Présentateur

ça va trop vite merci Rachid L'ARH je rappelle le titre de votre livre il n'y a que moi que ça choque qui sort jeudi Nathalie je profite qu'il nous reste quelques secondes vous avez un petit pince qu'est-ce qui se passe ? je suis marine

53:18
Invité

de l'association qui s'appelle Septembre Rouge et qui se va pour les cancers du sang pour les faire connaître pour essayer de lutter pour essayer d'aider pour essayer de savoir voilà Septembre Rouge Cancer du sang je ne suis pas solidaire spécial un beau combat

53:33
Gérard Larcher

pour le cancer des enfants que mène notre présidente de la commission des affaires sociales

53:38
Présentateur

on ne repart pas dans un débat c'est la fin de cette émission merci Gérard Larcher d'être venu essuyer les plâtres de cette nouvelle saison de questions politiques et d'avoir été notre premier invité merci à toute l'équipe de questions politiques on se dit à la semaine prochaine en attendant belle semaine

Gérard Larcher : "J'ai la volonté que jamais l'extrême droite ne puisse accéder au pouvoir" — Gérard Larcher · Pourquijevote