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Discours / meetingÉlysée (sur YouTube)· 11 février 2021 61 minAutoproduitMixteInstitutions & électionsSolidarités & familleÉducation & rechercheTravail & emploi

Echanges avec étudiants et des lycéens à l'Institut régional d'administration de Nantes.

Transcription youtube_captions. À recouper avec la source d'origine.

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Générée par IA — peut contenir des erreurs. Méthodologie

Chapitres

Répartition du ton (temps de parole politique)

Propositif 85 %Attaque 5 %Défensif 10 %

Affirmations vérifiables (citations exactes)

  • 18:40E. MacronChiffre
    « On va les porter à 1 700. Et donc on va faire plus que doubler le nombre de places en prépa. »
  • 19:00E. MacronChiffre
    « L'allocation qui a été évoquée, elle sera doublée portée de 2 000 à 4 000 euros par an. »
  • 19:20E. MacronPromesse
    « On va étendre le maillage sur le territoire et la présence sur le territoire de ces prépas talent, avec au moins 2 par région. »

Modèle mistral-small-latest · prompt v1· les citations sont vérifiées mot pour mot dans le transcript ; le taux de réponse directe est calculé à partir des verdicts question par question. Aucun label idéologique n'est produit.

-Alors, M. le président, Mme la ministre, chère Sarah, M. le directeur que j'aperçois de l'IRA, et puis cher tous.

Je crois qu'on est tous extrêmement heureux que vous soyez ici aujourd'hui. Je m'étais déplacée au mois de septembre. J'avais d'ailleurs rencontré les étudiants et élèves qui sont avec nous aujourd'hui pour déjà à l'époque parler d'égalité des chances et la manière de donner des perspectives à une jeunesse qui je crois a très envie d'être utile, de servir son pays, mais qui parfois n'en trouve pas les moyens concrets pour se préparer aux concours et pour pouvoir en faire un projet de vie personnel.

Alors on a ici réunis, vous voyez des jeunes qui sont à différents moments de leur vie : des lycéens, des lycéennes qui bénéficient des Cordées de la réussite. Des étudiants qui ont ensuite réussi le concours des IRA et qui se destinent à des métiers en services déconcentrés, avec notamment la directe, proches du terrain, pour vraiment aider les Français à avancer, et puis également des élèves de la classe prépa intégrée, et je crois que vous pourrez préciser la manière dont nous voulons renforcer, donner encore de l'attractivité à ces parcours. Je crois que ce qui est vraiment intéressant aujourd'hui, c'est qu'on parle d'ambition, de perspectives, et d'une jeunesse qui n'est pas une jeunesse qu'on sacrifie, qu'on oublie, mais à qui on permet d'être cette nouvelle génération de fonctionnaires qui mettront leur coeur et puis leurs expériences de vie aussi au service du pays.

On l'a un peu trop vu depuis des décennies. On était un peu obligés d'aller à Paris pour préparer ces concours et pour les réussir. Le fait qu'on soit aujourd'hui à Nantes montre bien qu'on peut faire différemment, et donc le but, c'est vraiment je crois qu'on puisse à la fois entendre, voilà, ceux et celles qui sont aujourd'hui, entendre leurs envies, et puis voir comment on peut s'assurer que beaucoup d'autres après eux pourront suivre ce même chemin.

Merci, M. le président. -Alors monsieur le président, Mme la ministre, nous sommes extrêmement honorés de votre présence parmi nous aujourd'hui, et nous vous remercions beaucoup d'avoir choisi un institut régional d'administration pour nous faire cette visite, parce que je pense que parfois les instituts régionaux d'administration manquent de reconnaissance, ne sont pas toujours bien connus et bien identifiés, donc je pense que c'est un beau symbole.

J'exerce ici les fonctions passionnantes de directrice de la formation initiale, ce qui implique pour moi d'accompagner les futurs cadres de l'Etat dans la construction de leur parcours professionnel, et au-delà de ça, de prendre surtout confiance dans leur potentiel. Et je suis frappée de voir que la très grande majorité des élèves de l'IRA sont extrêmement engagés au service de leur pays. Ils n'ont pas choisi de rejoindre la fonction publique par hasard, et ça, je crois que c'est quelque chose dont il faut que chacun prenne conscience, parce que c'est extrêmement fort et prometteur pour la suite.

Puisque chacun s'est déjà présenté, je pense qu'on va maintenant lancer la discussion autour de deux grands axes : d'abord, on va évoquer avec les participants, qui du coup, on l'a vu, ont des parcours très variés. Leur parcours antérieur, les difficultés qu'ils ont pu rencontrer pour en arriver à ce stade de leur vie et de leur parcours professionnel. Et puis, ensuite on parlera des dispositifs existants qui favorisent l'égalité des chances, et on pourra peut-être aussi s'interroger sur ce qu'on pourrait améliorer.

Donc je pensais d'abord donner la parole à M. Méjadi, sous l'angle de savoir à quel moment dans votre vie, vous vous êtes intéressé à la fonction publique. -Merci.

Donc j'ai l'honneur d'ouvrir les discussions. Eh bien, mon parcours : j'ai commencé par des études scientifiques, en fait. J'ai fait des études scientifiques et puis j'ai travaillé un petit peu dans une grande entreprise du BTP que je ne citerai pas.

Et à l'occasion d'un volontariat dans l'administration, eh bien, j'ai rejoint l'administration. Pour moi, auparavant, c'était quelque chose de très austère. Voilà.

Je ne le cache pas. C'était très austère, c'était des bâtiments obscurs devant lesquels je passais. Et j'ai découvert en fait toute la richesse de l'administration.

Et ça m'a donné envie de rejoindre l'administration en tant que cadre, de me projeter à terme par le concours des IRA, mais pour le préparer, il faut un peu de temps, il faut de l'énergie, et mon parcours initial ne me prédestinait pas. Alors je suis entré dans l'administration comme adjoint administratif au ministère de l'Intérieur, et puis au bout de 3 ans, j'ai accumulé l'expérience, l'énergie, et puis je me suis lancé dans les concours, et j'ai pu intégrer cette promotion. Donc voilà mon parcours brièvement résumé. -Vous aviez de la fonction publique avant de vous lancer dans cette aventure ? -Alors j'avais une image comme je disais, un petit peu austère.

L'image de bâtiments un petit peu vieillissants, des fonctionnaires d'un certain âge, un petit peu englués. C'était l'image. Je le dis sans concession.

Et en fait, cette image est complètement fausse. Je l'ai découvert mais par la réalité du terrain, en étant avec les équipes au quotidien, en ayant réalisé ce volontariat. Je pense que si je ne l'avais pas réalisé, ma perception n'aurait absolument pas changé, et finalement, je ne serais pas là devant vous aujourd'hui. -E.

Macron : Et maintenant, qu'est-ce que vous voulez faire quand vous regardez les prochaines années ? -J'ai reçu mon affectation et j'ai eu la chance de rejoindre le ministère que je souhaitais, le ministre de l'Intérieur, donc je vais rejoindre la préfecture d'Ille-et-Vilaine. J'en suis ravi, et pour la suite pourquoi pas continuer un parcours au ministère de l'Intérieur, et pourquoi ne pas tenter l'école nationale d'administration par la voie interne.

Je me demande, c'est en réflexion. Mais je me laisse un petit temps déjà avant tout de consolider mes acquis professionnels. -E.

Macron : Poursuivre le chemin. -Oui, il y a une part d'ascension sociale aussi dans ce projet. En tout cas, je le vis comme ça au fond de moi. une part d'ascension sociale, une volonté de continuer à progresser.

Voilà. -De plus en plus souvent, on constate parmi les élèves attachés, et aussi ceux qui rejoignent les 6 pays, qu'on a affaire à des personnes qui entament des processus de reconversion professionnelle. Alors je pensais peut-être que Mme Tuve, vous pourriez parler de votre propre parcours qui illustre bien le sujet. -Oui, bonjour.

En effet, moi, je suis en classe préparatoire intégrée dans le cadre d'une reconversion professionnelle. J'ai un diplôme d'archéologie, j'ai ensuite travaillé beaucoup dans le privé en communication, notamment culturelle. J'ai une expérience d'entrepreneuriat et voilà.

J'ai eu un moment dans ma vie besoin de me poser la question de ce que j'avais vraiment envie de faire. Et pour moi, intégrer la fonction publique, c'était vraiment rejoindre des valeurs dans mon environnement professionnel qui me sont chères personnellement, et notamment, la notion de service au public. Voilà d'où mon choix de l'IRA et donc de la classe préparatoire intégrée pour pouvoir me préparer. -E.

Macron : Vous avez mûri pendant longtemps ou c'est vraiment une conviction qui est apparue récemment ? -Non, c'est un choix que j'ai mûri pendant assez longtemps. J'ai d'abord profité d'un accompagnement Pôle emploi pour bénéficier d'un bilan de compétences.

A la suite de ça, j'ai eu une petite fille. Et voilà, j'avoue que sa naissance a aussi accéléré un petit peu cette envie de changement, cette envie de vraiment coller à des valeurs que j'ai envie de transmettre et de lui transmettre à elle aussi. -E.

Macron : Et vous savez où vous voulez vous projeter dans l'action publique ? -Alors moi, je serai ouverte évidemment à tout ce qui pourra se présenter, mais j'ai une attention particulière, une envie particulière plutôt pour les services déconcentrés. Voilà.

Je pense que l'échelon territorial est vraiment un échelon de proximité, d'action, qui m'intéresse tout particulièrement. -Et vous me disiez que vous étiez même intéressée par le ministère de la Transition écologique, si vous arrivez à avoir le concours, bien sûr, le rendre possible en vous encourageant. -Voilà exactement, dans l'idéal, en tout cas, je me projette très bien dans le ministère de la Transition écologique, justement parce que c'est un ministère de la transition, qui donc est dynamique, et voilà, qui porte aussi des valeurs auxquelles je crois personnellement et qui m'est du coup cher. -Alors on sait que dans les parcours des uns et des autres, avant de réussir le concours, et avant même d'intégrer une CPI, il peut y avoir des difficultés au cours de la vie même au stade des études supérieures où c'est pas toujours évident d'un point de vue financier ou pour d'autres raisons de s'engager dans ces démarches-là.

Est-ce que, M. Debris, vous pourriez peut-être parler de votre parcours personnel ? Avant d'arriver jusqu'ici. -Oui, bien sûr.

Pour faire très court, mais on n'a pas tous la chance de pouvoir avoir les diplômes qu'on souhaiterait avoir, et j'ai dû arrêter mes études assez rapidement parce que j'avais pas les moyens de continuer beaucoup plus loin et très rapidement, je me suis posé la question : mais qu'est-ce que je vais faire par la suite ? Parce que c'est bien beau une fois qu'on est dehors, mais il faut trouver une solution. Et j'ai passé un concours de la fonction publique sur lequel je suis tombé totalement par hasard un jour en regardant Internet, je me suis inscrit.

J'ai eu de la chance, je l'ai eu. Et ce qui est intéressant, en fait, c'est que j'ai toujours aujourd'hui pas de diplôme en dehors du baccalauréat, en revanche, j'ai réussi à créer de mon expérience au travers des différents parcours que j'ai eu dans ma carrière et c'est pour ça que pour moi aujourd'hui, c'est une fierté d'être à l'IRA parce que vous pouvez montrer qu'on peut y arriver autrement, qu'il n'y a pas qu'une voie, qu'il y a pas qu'une possibilité. -Quel était ce concours ? -Le concours de secrétaire administratif à la ville de Paris, donc en territorial pour le coup.

Et les administrations de l'Etat, ça m'intéressait parce qu'il y avait vraiment quelque chose de très concret pour moi. J'ai rejoint une préfecture, après j'ai rejoint la préfecture de Seine-Saint-Denis, au cabinet du préfet, où on est très vite dans l'action, et ça a été fulgurant en termes de montée en compétence en ce qui me concerne. -Vous avez fait ça combien de temps ? -J'ai fait ça un an et 3 mois, et ensuite j'ai eu le concours, donc du coup, je suis venu ici. -Ensuite, vous avez repassé les... -Ah oui, oui !

Une fois qu'on est lancé, c'est une suite intéressante. Mais du coup, tout ça pour dire que voilà, il y a encore des freins et des verrous que moi-même personnellement, je dois lever pour penser peut-être à la suite derrière. On parlait de l'école... -Lesquels ?

Allez-y. -Bah moi, il y a un verrou par exemple, c'est aujourd'hui pour passer le concours interne de l'ENA, je peux le passer 3 fois. Et moi, je sais que 3 fois, j'y arriverai pas. -M. le président, on va supprimer le nombre de fois où on peut passer le concours parce que ce raisonnement-là, il empêche beaucoup de gens de se projeter. -Pourquoi vous dires que 3 fois, vous n'y arriverez pas ? -Parce que j'ai un peu le syndrome de l'imposteur quoi.

C'est-à-dire que j'ai toujours cette...

Comment dire ? Cette... -Vous posez, je pense, la question de la légitimité.

Voilà qui est un sujet, je pense très, très fort, et sur lequel il est intéressant qu'on puisse s'attarder aussi, parce que M. Méjadi peut-être que vous pourriez témoigner aussi sur cet aspect-là. Moi, j'ai été frappé par le sacrifice que vous avez fait à titre personnel pour préparer le concours des IRA.

Vous en parlerez mieux que moi. -Je vais l'évoquer alors. Oui, en fait, pour préparer le concours, j'ai pris une année de disponibilité, en fait.

Je ne connaissais pas les classes préparatoires qui existent. Mais c'est vrai que l'information n'est pas forcément toujours bien irriguée auprès de tout le monde. Je ne connaissais pas, je n'ai pas eu la chance de bénéficier de ce dispositif, mais du coup, j'ai pu trouver une autre solution en prenant une année de disponibilité.

Ca m'a permis de me focaliser à 100% sur la préparation du concours, puisque j'avais en face de moi de jeunes étudiants qui étaient dans une démarche... -Excusez-moi, mais je pensais davantage au fait que quand vous vous êtes tourné vers la fonction publique, vous n'avez pas osé passer le concours de catégorie A directement. -Oui, c'est exact. -Vous avez d'abord présenté un concours de catégorie C qui montre aussi ces blocages que l'on peut ressentir.

Peut-être la peur de ne pas maîtriser les codes qui sont attendus. Et c'est ça qui m'a particulièrement frappé aussi dans votre parcours. -Oui, effectivement...

La vérité, c'est qu'il y a un blocage interne. Bon, on identifie, il est des fois évoqué. Mais les candidats ne le vivent pas comme ça.

Ils le vivent comme une remise en cause de leur propre personne, de leur capacité à intégrer l'école ou le concours, à se projeter. L'arrêter, c'est que ce blocage, il est vraiment là. On le sent.

Après, j'ai un message positif quand même, enfin, si vous me permettez. Je trouve qu'on a quand même des possibilités. On peut se projeter justement parce que l'Etat, nous offre des possibilités, et au fur à mesure, ces possibilités s'étoffent.

Et il faut s'accrocher. Je parlais d'élévation sociale. Je dirais pas que c'est un ascenseur social, c'est peut-être l'escalier social : ça demande plus d'énergie.

Mais on peut. Voilà. Et ça, moi, j'en suis conscient, et c'est pour ça que je me suis lancé dans ce parcours.

Je n'ai pas eu peur de rentrer comme adjoint administratif. Et puis j'ai progressé étape par étape. Et voilà, voilà.

C'est peut-être le message que je pourrai donner. (Propos inaudibles) -L'un et l'autre, vous pensez déjà...

L'un et l'autre, vous pensez à l'ENA. Donc ça veut dire que vous continuez, quand le virus est pris, si je puis dire...

Dans cette période où d'autres virus nous attaquent. -On se dit aussi que voilà, on a réussi à s'inscrire dans une dynamique qui nous a permis d'être là aujourd'hui, d'avoir un poste et d'essayer de s'investir dedans. Ce serait dommage de passer à côté.

Maintenant, je ne saurais pas dire si c'est demain ou après-demain. Voilà. On ressort quand même d'une formation qui est copieuse, qui demande beaucoup d'investissement.

On a envie de voir aussi ce que ça donne derrière, et après, seul l'avenir nous le dira. Je ne sais pas encore ce qu'il en est. -Il y a aussi...

Pardon, excusez-moi. -Non, c'était pour apporter un éclairage. Quand vous dites effectivement la promesse de notre pays, c'est les possibles.

Et c'est peut-être un escalier plus qu'un ascenseur, c'est vrai et ça amène en fait à tous les parcours. J'ai pour le coup, vous partagez des parts de vie très personnelles, typiquement, moi, c'était comme vous. Techniquement, j'ai que le bac.

Aujourd'hui, je suis membre du gouvernement du président de la République parce que ça, c'est la promesse de notre pays, parce que c'est cette flamme de...

C'est pas simple l'autocensure, c'est pas simple. Elle est réelle, et en attendant, la fonction publique, l'Etat, servir l'Etat, c'est trouver du sens dans ton action, c'est trouver du sens au quotidien dans l'utilité, et en fait, ça se complète, et c'est là où être au coeur du réacteur, c'est l'endroit où il y a le plus de sens, et c'est l'endroit où on te regarde pas différemment quel que soit ton parcours, début du parcours ou le début de vie. Et c'était simplement un témoignage complémentaire, président, parce que je crois que casser les codes, c'est aussi assumer et témoigner de ses bouts de vie parce que ça donne, je pense de l'énergie.

Donc finalement peut-être que tu seras un prochain membre d'un autre gouvernement. -Non, en tout cas, je pense que le message à véhiculer, c'est personnel ce que je dis, mais parce que c'est vrai qu'on voit les concours de la fonction publique, c'est pas forcément la chose qui attire en premier. Après, je sais pas, peut-être que Lilian, tu pourras le dire parce que toi, tu as pu faire des études, etc.

C'est de montrer cette possibilité. Et c'est vrai que quand on sait pas, si on a l'énergie d'aller chercher, de les découvrir, tant mieux, mais je peux comprendre que tout le monde n'ait pas cette énergie-là et les choses, elles ne viennent pas facilement à nous. Donc je pense qu'il y a un côté... -Et tout simplement les métiers de la fonction publique sont parfois très méconnus, finalement.

Et peut-être que M. Cayot, vous pourriez aussi en parler, notamment quand on est originaire de zones rurales aussi et qu'on n'a pas de fonctionnaire dans la famille. -Oui, moi, je suis petit-fils d'agriculteur et petit-fils d'un ancien technicien de chez France Télécom, donc qui était fonctionnaire, mais pas la fonction publique comme pourrait l'être par exemple un attaché au sein d'un IRA.

J'ai un bac+5 en droit. Donc ce qui pouvait me prédestiner à avoir ce genre d'informations sur les concours, sur les possibilités qui s'offraient à moi. Mais ça n'a pas forcément été le cas.

J'ai dû faire des recherches par moi-même. J'ai toujours bénéficié de l'enseignement public, mais aussi des bourses sur critères sociaux, de l'allocation pour la diversité dans la fonction publique. Et sans tout ça, je pense que je serais pas devant vous pour l'évoquer avec un défi excitant, c'est-à-dire, mon affectation au 1er mars dans une très belle maison qui est le ministère des Finances.

Et je pense que ces moyens financiers, c'est quelque chose de nécessaire. C'est un frein qui pourrait être qui pourrait être perçu, et un frein qu'il faut lever. On en discutait tout à l'heure.

On ne fait rien quand on n'a pas forcément les moyens, la famille qui suit, les revenus qui suivent. On ne peut pas se projeter sur des carrières comme ça. On s'autocensure.

Et si déjà, on enlève ce frein-là, peut-être que l'autocensure seraient un peu moins grande. -Vous avez fait votre début de scolarité où ? Qu'est-ce que vous vouliez faire à l'issue de vos 5 années de droit, au début ? -Alors, j'avoue que j'ai intégré une licence de droit comme j'aurais pu intégrer une autre formation.

Je recherchais quelque chose de pluridisciplinaire qui ne me fermait pas de portes, parce que je n'avais une idée très précise de ce que je voulais faire. Et j'ai vu un peu plus clair. Durant ma licence de droit, j'ai fait des stages, j'ai procédé un peu par élimination. (Propos inaudibles) J'ai fait une licence de droit à l'université d'Angers, pardon.

Ensuite un master 1 à l'université de Toulouse, et un master de l'université de Versailles. Donc en mouvement. -Et c'est à l'université de Versailles, où il y a un partenariat avec Sciences Po Saint-Germain-en-Laye, que je comprends que le lien s'est fait sur la possibilité ensuite d'avoir... -J'ai fait un master de carrière administrative qui me permettait et de valider un bac+5 et en même temps de préparer les échéances.

Et j'ai dans la foulée présenté la session de printemps de l'IRA pour la première fois et je l'ai eue, et j'en suis très content. -Et je comprends que l'allocation de diversité, vous me racontiez que ça avait été un peu décisif. -C'est anecdotique, mais 2 semaines avant de passer l'oral d'intégration aux IRA, mon ordinateur m'a planté avec la fiche de préparation pour préparer au mieux mon oral.

Et par le hasard des choses, l'allocation m'a été versée cette semaine-là, donc j'ai pu investir dans du matériel informatique et me préparer au mieux. -C'est une allocation de 2 000 euros. Et donc vous ferez des annonces, M. le président, pour qu'on la complète.

Je crois que c'est vraiment...

On a vu des freins parfois très matériels qui empêchent de se projeter. Le parcours que vous avez est le moins bien. -Après avoir vécu la 1re partie de formation à l'IRA, les outils numériques sont un outil central de cette formation.

Et donc si on est pas très bien outillé, c'est déjà un frein au départ qui peut être assez complexe. -Et votre famille vous accompagne ? -Oui, ma famille...

Ah oui, complètement. Complètement, complètement. J'ai un papa qui est magasinier cariste dans une coopérative de bois, une maman qui est assistante maternelle. -Qui habitent où ? -Moi, j'habite à dans une ville qui s'appelle Chemillé-en-Anjou, enfin une communauté de communes, entre Angers et Cholet, dans le Maine-et-Loire.

Et oui, ils sont très...

Très derrière moi, donc très fiers de cette réussite, très fiers de ma réussite au concours, très fiers de mon classement, très fiers de mon affectation. Voilà. -Votre choix de travailler dans la fonction publique, comment ça a été perçu dans une famille qui ne connaissait pas forcément ces métiers ? -Alors, c'est vrai que c'est, pour tout vous avouer, c'est pas très simple d'expliquer à mes parents, mes grands-parents ce que je fais réellement, parce que même là, j'ai pas un intitulé de poste très, très précis, mais ils ont conscience que je vais aider au sein des structures publiques à engager les réformes, à faire évoluer les choses, à faire bouger les murs, et oui, je pense que c'est l'idée principale qu'ils gardent. -C'est déjà une très bonne définition de ce que vous comptez faire. -Oui, je... -En faire bouger certains, en bâtir d'autres. -Oui, c'est ça. -Mme Flo, vous pourriez peut-être raconter aussi votre parcours.

Comment vous en êtes arrivée à vous intéresser à la fonction publique et à réussir le concours de l'ENA. -Oui, merci. Alors moi donc je viens de Dordogne, de Bergerac.

Donc milieu rural également Et j'ai fait toutes mes études supérieures à Bordeaux, donc des études en classe préparatoire pour l'ENS, puis Sciences Po Bordeaux. Et donc je me suis intéressée assez naturellement du fait de l'étude du droit public qui m'a sensibilisée à la richesse de la fonction publique d'Etat, et cette volonté d'engagement qu'avaient les hauts fonctionnaires. Et ensuite, c'est vraiment mes stages et mon expérience personnelle qui m'ont conduit à vouloir m'impliquer au plus près des réalités territoriales.

J'ai vraiment cet engagement territorial qui m'était cher, et j'ai fait notamment un stage dans une sous-préfecture et dans une mairie, et ça m'a donné envie de devenir moi aussi une actrice du service public dans ce cadre. Et donc de passer l'ENA dans le cadre de ma préparation à Sciences Po Bordeaux. J'avais aussi intégré la classe préparatoire intégrée à l'ENA pour cette préparation et ça m'a vraiment permis d'avoir, au-delà des freins matériels qui étaient levés par ce dispositif, un vrai accompagnement en termes de coaching, parce que je pense que c'est aussi ça qui est important, c'est d'avoir des modèles qu'on n'a pas forcément dans les territoires ruraux, en Province.

Vous parliez des freins des prépas parisiennes par exemple, c'est aussi très important d'avoir cet accompagnement par des mentors finalement des gens auxquels on peut s'identifier et qui rendent les choses très concrètes. Et ça permet finalement de démystifier, de rendre les choses plus à notre portée. Et c'est vraiment quelque chose d'important, je pense. -Et le modèle des classes prépas intégrées aujourd'hui, en fait, il a des très bons résultats aux concours, parce qu'il y a ce tutorat, et d'ailleurs, nos trois élèves de l'IRA sont déjà des tuteurs également.

Et je pense que cette idée qu'on rend aussi en permanence, que l'égalité des chances, c'est toute la société qui est en mouvement, et c'est pas une circulaire qui va aider chaque jeune, c'est parce que vous avez eu des jeunes fonctionnaires qui vous ont aidée à préparer les oraux et tout ce qui est pas écrit dans les livres, en fait, et qui est au coeur de l'autocensure dont vous parlez je crois. Alors je pense que le moment est venu de faire un focus sur les CPI justement et de voir ce qu'elles apportent. Vous avez déjà apporté un 1er témoignage là-dessus, peut-être... -Juste avant parce que vous avez raison.

Comment vous avez identifié les CPI que vous avez rejointes ? -Et justement, c'est un point important. Moi, j'ai eu écho par un camarade, en fait, le conjoint d'une amie qui avait fait la CPI de l'ENA, et c'est vrai que je ne n'avais aucune connaissance de ce dispositif.

J'avais postulé du coup plutôt des prépas parisiennes type Sciences Po Paris et la Sorbonne, et c'est vraiment, si je n'avais pas eu cette information, je serais vraiment passée à côté de quelque chose de majeur, je pense. Et je pense qu'il y a vraiment cet enjeu du coût de la communication sur ces dispositifs qui sont très, très méconnus. Moi, je coache aussi maintenant des jeunes qui préparent ces concours, et souvent je leur apporte cette information qu'ils n'ont pas encore. -Et vous étiez combien ? -La classe prépa de l'ENA ?

Nous étions... 25, il me semble, puisqu'il y en a deux : une à Paris, une à Strasbourg.

Et ça permet vraiment d'avoir des effectifs très restreints. Une vraie collaboration entre les élèves finalement. -Là, vous touchez du doigt une des difficultés qui est la méconnaissance des CPI.

On l'observe à Nantes où on a une CPI ou on peine à accueillir autant d'élèves qu'on le pourrait. Et c'est vrai que je suis frappée de voir que parmi les 3 élèves attachés qui sont présents ici, M. Debris, M.

Méjadi, monsieur...

Pardon, j'ai un trou. M. Cayot.

Vous auriez pu en bénéficier, mais vous ne connaissez pas le dispositif, si j'ai bien compris. Aucun de vous trois ne le connaissait. Et vous, vous avez même été jusqu'à prendre une année de disponibilité pour préparer le concours.

Alors ça, c'est un sujet, effectivement. Je pense qu'on pourrait aussi évoquer pour le coup avec nos deux élèves de la CPI de l'IRA de Nantes, ce que ça vous apporte ? Qu'est-ce que vous pouvez...

Qu'est-ce que vous apporte la CPI au quotidien ? -Eh bien, la CPI, elle apporte beaucoup de choses. Elle apporte un soutien, que ce soit moral, que ce soit financier. -Vous êtes combien ? -On était 11.

On est répartis entre plusieurs antennes : Brest, Limoges et Nantes, et on était jusqu'à présent 9 à Nantes, et 2 ont été lauréates du concours de novembre. Donc on est 7 maintenant à préparer le concours de mars prochain. Et donc cette classe préparatoire, c'est vraiment décisif parce qu'elle nous permet de travailler en groupe, d'avoir un accompagnement personnalisé.

On a une référente vraiment très disponible et très motivée, elle est impliquée, et ça, ça fait vraiment la différence. Je pense qu'on se sent écoutés et accompagnés, et ça nous aide à être plus... plus sur le concret sur la préparation du concours.

On est moins occupés par d'autres préoccupations financières tout particulièrement. On peut bénéficier aussi d'une aide, d'une allocation de 2 000 euros par an. Et sur le problème de la visibilité, c'est vrai qu'on a été, pendant nos cours, à l'IPAG de Nantes en contact avec d'autres personnes qui préparent eux aussi les concours de l'administration publique, et elles ne connaissaient pas le dispositif alors qu'elles auraient pu y prétendre. -Et vous, comment vous avez... -Par mes recherches sur Internet, ça a vraiment été le hasard, et j'étais encore dans les temps pour candidater, et ça c'est fait très rapidement finalement, mais ça a été de la chance beaucoup. -Il y a aujourd'hui 700, vous savez, places en classe prépa intégrée.

Moi, j'ai rencontré quand même beaucoup finalement là depuis le mois de septembre d'élèves. Ils sont tous à un moment donné là par hasard. Je crois que le plus grand défi qu'on a, c'est de faire connaître, de donner effectivement toute la sécurité aussi par le fait que ça puisse devenir diplômant, que cette année de préparation, elle ait aussi un intérêt même si on réussit pas le concours.

Je crois que c'est un peu votre point aussi. C'est aussi la reconnaissance de l'engagement qui est derrière, mais on a un premier combat, c'est de faire connaître, parce que comme vous dites, vous avez encore de la place, et aujourd'hui, il y a beaucoup de jeunes qui n'en ont jamais entendu parler et qui pourtant serait très motivés, y compris dans les universités surtout comme vous le dites. -Pour compléter ce que disait charlotte sur ce que nous apporte la CPI, c'est vrai que pour moi, c'est aussi une occasion vraiment assez formidable en cours de vie de pouvoir consacrer vraiment une année à la préparation des concours, d'être vraiment concentrée là-dessus d'autant qu'en effet...

Voilà, j'ai en effet une petite fille et du coup j'entraîne ma famille avec moi dans un pari que je ne suis pas sûre de réussir. Je l'espère mais voilà, on sait jamais comment ça va se passer. Et du coup, c'est quand même assez difficile.

Enfin, c'est vraiment une décision familiale finalement de se dire pendant un an, je ne travaille pas, et je me consacre à faire des études dont je ne sais pas sur quoi elles pourront aboutir au final. -Vous avez dit que vous aviez à un moment été aidée par Pôle emploi. Est-ce que vous avez conservé du coup vos allocations chômage ou vous êtes plus aujourd'hui dans ce système-là ? -En effet, je suis toujours inscrite chez Pôle emploi, mais je n'ai plus d'allocations chômage.

Donc j'ai la chance d'avoir reçu en effet l'allocation diversité, d'être soutenue par mon compagnon, ce qui n'est pas le cas de tout le monde, j'imagine. De la même façon, j'ai de la chance aussi, je vis à Nantes et il y a une classe préparatoire intégrée à Nantes. S'il avait fallu déménager toute ma famille, je pense que très honnêtement, je ne l'aurais pas fait. -Ca illustre bien, dans tous ces parcours, tous les obstacles que vous devez franchir à différents moments.

Et si vous réussissez le concours, ce qu'on vous souhaite évidemment beaucoup, il y a ensuite l'étape d'une mobilité à nouveau, parce que ça fait partie des règles du jeu où il y a une mobilité qui est très forte, où il y a la moitié des postes qui sont en Ile-de-France, donc ça peut constituer aussi des freins au-delà même de la réussite du concours, les obstacles continuent à se présenter surtout pour ceux qui sont déjà chargés de famille. Ca, c'est un sujet aussi qui nous frappe dans les parcours que l'on voit à l'IRA. Je me disais que ce serait peut-être intéressant aussi, vous avez bien montré à quel point la CPI avait été utile et parfois même déterminante.

Je pense que votre exemple est très bon dans ce point de vue-là. Mais qu'est-ce qu'on pourrait améliorer peut-être sur ces CPI ? Quelle est votre opinion là-dessus ?

Moi, j'avais en tête par exemple entre la CPI de l'ENA et la CPI des IRA, il y a une différence, c'est le logement. Peut-être que vous pourriez en dire quelques mots. -Oui, tout à fait.

Je ne savais pas que c'était pas le cas dans les autres CPI, mais effectivement dans celle de l'ENA, nous sommes logés donc à deux pas de l'école, au jardin du Luxembourg pour celle de Paris, donc c'est quand même des conditions assez exceptionnelles. Et ça, ça lève vraiment complètement en fait le problème financier, parce que le coût du logement à Paris, c'est vraiment le principal poste de dépense. Et je pense que oui, une des pistes principales serait peut-être de mettre ces CPI toutes sur le même niveau, du moins en termes de prestations dont bénéficient les élèves.

Je pense que c'est vraiment un enjeu. Et celle de l'ENA accorde également des bourses pour les élèves qui ne sont plus boursiers du Crous, en fin de droits, qui ont fait plus de 7 ans d'études. Il y a une bourse supplémentaire pour compenser cette absence, et je pense que vraiment ça rend le dispositif assez formidable finalement, et c'est quelque chose dont devraient bénéficier à mon sens toutes les CPI dans la mesure du possible. -On réfléchit à voir effectivement comment on peut faire des conventions avec les Crous, dans les différents pôles universitaires, pour que tous ceux qui ont cette difficulté de logement soient accompagnés, et que d'une certaine manière, il y ait une forme aussi là de soutien, parce que ça peut être un frein très concret.

Quand on habite déjà sur place, ça se pose un peu moins, mais quand on vient d'une zone rurale, ou quand la CPI qu'on cherche à rejoindre est plus loin, ou même carrément plus loin, le conventionnement avec les Crous va être un des critères d'ailleurs du financement aussi de l'Etat. Il faut s'assurer qu'il y a le tutorat, la bonne prise en charge, et cette possibilité de soutenir notamment les étudiants qui en ont besoin. -Mme Leroy, est ce qu'il y a, dans l'expérience que vous avez de la CPI, des points d'amélioration que vous auriez identifiés ? -Des points d'amélioration, je ne sais pas.

Mais en tout cas pour ma part, c'est vrai que ça a demandé un déménagement. Je suis havraise à l'origine, et j'ai emménagé à Nantes spécialement pour cette classe. Dans mon cas personnel, je n'ai pas eu besoin du logement Crous parce que tout s'est bien fait dans les temps, et j'ai pu trouver un logement rapidement, mais ça n'a pas été le cas de tout le monde.

Et d'autres personnes dans la classe ont bénéficié de ces logements près de l'IRA, et c'est vrai que ça les a soulagés d'un poids quand même. -L'IRA a passé une convention pour permettre un accès facilité au logement. Voilà.

En revanche, c'est bien à l'élève de financer le logement. Alors, c'est la nuance. Un des autres engagements de l'IRA, dans tous les dispositifs égalité des chances, c'est de s'engager prochainement dans la construction d'une nouvelle Cordée de la réussite, donc il y a un dispositif qui existe déjà bien sûr depuis plusieurs années dans d'autres endroits.

Et on a parmi nous des personnes qui peuvent en parler de ce dispositif, ou peut-être que vous voulez prendre la parole. Vous faites partie de la Cordée de la réussite BRIO, je sais que c'est un sujet qui vous tient à coeur. -Alors oui, je fais partie du programme BRIO, depuis la première.

Donc je suis au lycée Nelson Mandela. Le programme BRIO, c'est un programme qui vise à limiter l'autocensure, à ouvrir les jeunes à la culture et à accompagner les jeunes dans leur avenir professionnel, et ils s'adressent autant aux lycées généraux, enfin, tout ce qui est filière générale, que technologique. Et même, je vais pas dire de bêtises, mais je crois que ça concerne aussi les lycées professionnels.

Et ce n'est vraiment pas un programme de formation, mais d'accompagnement, le but est vraiment d'ouvrir les jeunes à considérer toutes les options que ce soit du coup pour aller vers les métiers qu'on considère prestigieux, mais autant dans comme on parlait le problème de visibilité que l'on a. (Propos inaudibles) Oui, voilà. C'est en lien avec les écoles, c'est adapté au niveau de nos horaires, et toutes les deux semaines, nous avons un rendez-vous en petits groupes avec des tuteurs, parce que c'est en lien avec, enfin, en corrélation avec 4 grandes écoles Audencia, Centrale Oniris et INT.

On se réunit avec des tuteurs de ces écoles, ce qui nous permet d'avoir un lieu de la proximité, un lieu d'échange et d'ouverture. C'est ce qui nous permet réellement de valoriser nos propres connaissances. Le but, c'est vraiment pas de fixer ce qu'on va apprendre.

Enfin, ce qu'on va découvrir sur des enseignements disciplinaires, mais vraiment valoriser la culture qu'on a déjà. La connaissance à laquelle on peut avoir accès à tout moment pour vraiment considérer toutes les options et même celles qui sont le moins visibles, comme le service public, et qui pourtant est nécessaire puisque une entreprise vit pour elle, alors que les services publics, dans le mot service, on a un peu l'enjeu, l'objectif : vivre, faire vivre la population. -Est-ce que vous...

Juste une petite question, ce programme, il vous a donné envie de faire d'autres choses que ce que vous imaginiez au départ ? Peut-être, je sais pas, dans votre famille, comment vous vous projetiez il y a peut-être un an dans la suite de vos études et comment vous le faites aujourd'hui ? -Alors moi, dans mes objectifs, j'ai toujours été un peu centrée, et un peu bornée. -Vous n'avez pas l'air. -J'ai toujours eu une idée assez concrète de ce que je voulais : un plan en 2 parties vraiment.

J'ai toujours adoré la psychologie sociale par exemple. J'ai toujours voulu être utile. Ce à quoi je me suis toujours raccrochée, c'est mes compétences intellectuelles.

Et du coup, j'ai toujours voulu me diriger vers des métiers où je serais utile et où je pourrais être, non pas connue, mais reconnue pour le travail que je pourrais donner. Du coup, dans ce plan, il y a vraiment l'aspect utilitaire, service, et artistique, tout ce qui touche à la philosophie, à la littérature, au cinéma. Et même l'aide à la psychologie sociale pour les femmes, pour les adolescentes. -Et dans votre famille quand vous dites tout ça, vous êtes aidée où vous avez besoin justement d'avoir cet accompagnement par ce programme BRIO ?

Enfin voilà, votre projet, il a été mûri avec des gens autour de vous, ou c'est vraiment grâce au tutorat vous avez mûri tout ça ? -Je suis quelqu'un d'assez indépendante. J'ai des parents qui sont assez libres, qui me laissent faire mes propres choix.

J'ai un beau-père super qui m'a toujours encouragée dans tout ce que je faisais. Mais le programme BRIO m'a permis de vraiment avoir une visibilité concrète sur ce que je voulais faire et d'être valorisée, d'être poussée à le faire. Et autant pour du coup ce projet-là que pour le plan un peu concret d'études de commerce, et d'un avenir donc du coup qui est plus dans la sécurité en tout cas. -Est-ce que vous pouvez nous parler de votre mentor ?

Celui qui vous accompagne, celui qui stimule, celui qui... -Mon tuteur au programme BRIO, ou dans la vie en général ?

Alors j'ai 2 tuteurs au programme BRIO. Loïc, qui est lui à Centrale. Donc lui, qui est dans des études d'ingénieur, qui nous a proposé son aide pour tout ce qui était études mathématiques, puisque la spécialité maths nous a un peu tous surpris, mais étant donné qu'il n'y en avait pas trop dans le programme commun, on avait un peu pas le choix et surtout si on veut se diriger vers des études d'économie et de commerce.

Du coup, lui, s'est direct porté garant, a proposé de l'aide. Et on a aussi eu Salomé, qui elle, est à Audencia. Du coup, c'était super intéressant.

C'est en ça que le programme BRIO nous permet d'avoir de nouvelles relations, et de vraiment voir le profil d'une personne, et de relativiser sur le prestige de ce genre d'école en fait. -Et le but, c'est que tous les élèves hauts fonctionnaires soient tuteurs, soit d'élèves en classe prépa talent, soit dans les Cordées de la réussite, et de s'assurer que les écoles de service public deviennent têtes de cordée. Comme vous l'avez dit, il y a des écoles d'ingénieurs, des écoles de commerce, parfois des universités.

Les écoles de service public, elles ont ce rôle-là aussi à jouer pour ouvrir des perspectives, aider à l'orientation ou faire du tutorat, et donc aller dans les lycées où ça ouvre vraiment les horizons. -Voilà, c'est ça. -Les débats sont vraiment très riches, et je crois qu'on pourrait parler très longtemps.

Mais je vois que le temps passe, et que ce sera peut-être le moment d'aborder une dernière question. J'avais envie de me tourner vers vous parce que je sais que le dispositif des Cordées aussi est un dispositif qui est important à vos yeux. Et je crois que ça vous a amené des réflexions sur vos choix plus tard. -Oui, tout à fait.

J'avais postulé pour BRIO, mais je n'avais pas été retenue. Et grâce à mes profs qui m'ont poussée, qui m'ont conseillée de me tourner plus vers les Cordées de la réussite. Je vais pouvoir les intégrer dans le cours de l'année.

Je pense que oui, ça va porter énormément de choses, que ce soit dans mon orientation. Même si j'ai déjà des aides à l'école, mais je pense que c'est quelque chose de concret et qui vraiment est là derrière vous pour vraiment vous accompagner. Voilà. -Et alors vous me disiez que vous envisagiez quoi pour la suite ? -J'aimerais bien me tourner vers le domaine du droit.

Plus précisément, soit le métier d'avocat, soit le métier de juge. Donc j'aimerais bien essayer l'école de magistrature de Bordeaux. Et voilà.

Mais je pense que les Cordées de la réussite, elles vont m'aider à m'ouvrir des portes comme ça. Et me pousser dans...

Dans mon orientation. -Ces choix que vous êtes en train de dessiner pour vous-mêmes, enfin, ces débuts d'orientation, c'est une idée personnelle ou c'est par des échanges que vous avez eus déjà avec... -Non, le choix du domaine du droit, en fait, j'ai toujours voulu faire ça.

Mon stage de 3e, j'ai fait chez un avocat. Mais vraiment ça, c'est vraiment une envie que j'ai nourrie personnellement tout au long de ma scolarité. Mais je pense que les Cordées de la réussite, elles vont me conforter dans mon idée.

Mais non, c'est vraiment quelque chose de personnelle. Après, j'ai pas vraiment de personnes dans mon entourage qui sont dans ce domaine-là. Mais voilà. -Votre entourage, il vous conseille, il vous oriente ? -Oui, mes parents, notamment, ils m'encouragent vraiment à me cultiver, à me pousser dans ces études...

Ils agissent pas comme des freins dans mon éducation et dans mes choix futurs. -Ils vous accompagnent ? -Oui.

Ils sont très présents. -Le moment de la conclusion est arrivé. -Merci beaucoup.

Est-ce qu'il y a d'autres points que vous souhaitiez faire valoir ou partager ? Oui, allez-y. -Moi, je souhaitais aborder la question des stages.

Pendant mon master 2, j'ai dû trouver un stage et c'est vrai que j'ai eu de grosses difficultés à le trouver. J'ai eu un stage par le plus grand des hasards, je suis allé sur l'annuaire service public, j'ai fouillé dans les coordonnées de direction et je suis tombé sur un directeur des services à la DGCCRF très sympathique qui m'a orienté ensuite, et qui a donné ma candidature. Je pense que ce serait bien de valoriser, que ce soit pour les stages de 3e, le collège, les lycées, les universités, des partenariats pour que les stages soient quelque chose d'assez simple.

Par exemple, je suis 3e, je souhaite faire un stage dans une préfecture, il faudrait qu'il y ait un dispositif qui puisse faciliter ça. Par exemple, une banque des stages un peu plus claire avec toutes les offres de stages. Parce que je pense que c'était mon cas : sans piston, sans réseau, c'est très, très compliqué d'accéder à ces institutions. -Par rapport à ce que vous dites, 2 choses : vous avez parfaitement raison, ça commence dès la 3e.

C'est pour ça qu'il y a 2 ans, on a mis en place...

On a mobilisé dans le cadre de "la France s'engage" des entreprises, des administrations, pour avoir cette banque des 30 000 stages qu'on a fournis, parce que bien souvent, plus on venait de quartiers difficiles ou de familles où il y avait pas ces réseaux, moins on avait accès à des stages qui étaient intéressants, qui correspondaient aux aspirations. Et ça, on continue à avoir des entreprises, des administrations qui sont partenaires. 2e chose : qu'il s'agisse du stage de 3e ou du supérieur, on engage maintenant les administrations.

Mme la ministre va vous donner les chiffres. Il y a un objectif dans les prochains mois en particulier de mobiliser plusieurs dizaines de milliers de stages, que ce soit stages de 3e ou stages en L ou M. Et puis 3e point auquel j'attache beaucoup d'importance, c'est que de plus en plus de formations, on doit rentrer dans la logique du contrat pro ou de l'apprentissage.

Parce qu'on apprend à être entre le monde professionnel...

C'est ce qu'on fait d'ailleurs à l'ENA sans en dire le nom. -Les IRA, tout le temps. -Les IRA le font tout le temps aussi.

Une partie de la formation ENSP. Nos écoles l'ont progressivement fait sans le dire, dans la fonction publique. Mais dans notre pays, on a besoin de développer ça, parce que les employeurs connaissent mieux les jeunes, les jeunes se font mieux à tel ou tel secteur.

On est à plus de 500 000 apprentis. Et ça, c'est quelque chose qu'on développe. C'est ce qui nous permet d'avoir aussi une banque, si je puis dire, pour reprendre votre formule, d'employeurs.

Il y a des gens qui sont prêts aussi à parrainer. Sur les stages de fonction publique. -Les stages, il y a 2 enjeux : il y a le nombre de stages qu'on offre et il y a la visibilité.

On a places de l'emploi public, qui est maintenant la référence pour les emplois, sur lequel on va nourrir ce portail des stages pour que les administrations publient. En fait, il y a des stagiaires, en fait, beaucoup. Les offres ne sont jamais publiées.

Il y a toujours quelqu'un, c'est le bouche à oreille. Si on veut jouer l'égalité des chances, si on veut jouer le fait qu'on doit s'ouvrir, il faut que tout le monde puisse postuler. Et donc on vous présentera, M. le président, non seulement l'enjeu du nombre, dans toutes les administrations, dans les territoires.

Il y a des administrations partout dans le pays, donc on doit pouvoir avoir des stagiaires partout dans le pays, dans les maisons France service, dans les communes, partout. Mais il faut qu'on publie, parce que sinon, comme vous dites, c'est le bouche à oreille, et puis il faut faire un peu par soi-même. Que le plan jeune dans la fonction publique prenne vraiment toute sa place avec cette publicité. (Propos inaudibles) -Je vais garder mon masque peut-être parce que j'ai vu que tout le monde le gardait.

Alors en fait, au-delà du plan matériel, c'est vrai que...

C'est très emprunt de vie personnelle. J'ai grandi jusqu'à mes 15 ans dans un quartier sensible, enfin, une cité comme on dit. En banlieue lyonnaise, à Bron. au quartier Terraillon.

Voilà. Et ce dont je me souviens, c'est une forme de...

Certains jeunes...

Chez certains jeunes, c'est une forme de désamour du récit national. Une forme de désamour, chez certains, de la haine. Et forcément, ces personnes-là, elles se tournent pas naturellement vers le service public, parce qu'il y a une forme de patriotisme en servant l'Etat, en servant les collectivités.

Il y a peut-être quelque chose d'aussi voilà...

Je partage vraiment brute mon expérience. Il y a peut-être quelque chose à faire à ce niveau. Je sais que vous essayez d'y remédier à travers votre action.

Voilà. Je voulais l'aborder. -Vous avez parfaitement raison.

Vous vouliez rajouter un mot ? -Oui, concernant justement les personnes qui sont en réelle précarité au niveau de leurs études, et dont on parle beaucoup en ce moment, et qui essaient d'élever leurs voix, qu'on attitre de "victimes" du décrochage. Déjà, je trouve que le mot "décrochage" sous-entend qu'il y a d'abord un accrochage.

Du coup, c'est à l'élève de s'accrocher à ses études, à son avenir, à son éducation, alors que le but du service public, c'est vraiment d'accompagner, et d'être au service, que c'est à l'école de s'accrocher à ses élèves, à ceux qui vont construire le système de demain. Parce que pour avoir été en contact avec beaucoup de milieux, tous ces gens-là, tous ces jeunes qui vont prendre la suite plus tard, ce n'est même pas qu'ils s'autocensurent parce qu'ils n'envisagent même pas. Ils envisagent même pas la suite, ils n'envisagent même pas les possibilités, donc ils ne s'autocensurent même pas.

Ils ont tous dans les yeux, il n'y a pas un seul jeune qui n'a pas la volonté, qui n'a pas la soif de savoir, parce que la connaissance, quelle qu'elle soit, doit être valorisée, et qui n'a pas faim de ce monde. Voilà, c'est tout. -Merci beaucoup.

Ce que vous venez de dire, je crois exactement au-delà des parcours, des dispositifs, etc., c'est exactement ça, le combat. C'est qu'un des problèmes de notre nation, une de nos grandes difficultés, c'est la fragmentation qui s'est parfois installée sur certains territoires.

D'ailleurs, vos parcours le montrent très bien. Que ce soit certains quartiers qu'on appelle "politique de la ville". Des territoires où on a concentré plus de difficultés économiques et sociales, où il y a plus de Français issus de l'immigration.

On a concentré aussi les difficultés à travers les décennies, c'est ce qui s'est passé. Ou les parties de notre territoire beaucoup plus rurales, où il y a parfois une désindustrialisation, où les changements ont fait que là aussi, on est plus loin des opportunités. Et je partage totalement ce que vous dites.

Les difficultés, c'est que dans notre pays, chaque jeune a envie d'avenir, et d'avoir si je puis dire, sa part et d'apporter sa part de sens. Mais quand on a une jeunesse qui commence à se dire en fonction de l'endroit où elle habite, de la famille à laquelle elle appartient, du nom qu'elle porte, sa couleur de peau, etc., "Ceci n'est pas pour moi", alors, on a un problème.

Il y en a sans doute plus en France qu'ailleurs parce que le fondement de notre pays, c'est cette promesse républicaine. Beaucoup sont revenus sur ce sujet. A même de savoir si on embrasse les métiers du service public ou du service au public.

Et donc ce qu'on doit réussir collectivement à enrailler, c'est ça. Ca veut dire qu'il y a...

Vous avez parlé d'escalier, d'ascenseur, on a eu ce débat, mais d'autres parlent de mobilité sociale. La possibilité de ne pas être assigné à résidence, c'est-à-dire assigné au milieu social où on est né, à l'endroit où on est né, est très importante. On peut faire le choix d'y rester, et il est tout à fait estimable si c'est un choix.

Mais si on a envie d'en sortir et qu'on se dit simplement : "Ca n'est pas pour moi parce que c'est déjà écrit." Alors la République à un problème. Et donc, l'immense travail qui est le nôtre collectivement, parce que je considère qu'il est en partage avec nous tous aujourd'hui, c'est de réussir à redonner ce que certains appellent l'égalité des chances, qui est au fond le sel de la promesse républicaine.

C'est qu'aucun jeune ne puisse être condamné à se dire : "Ceci n'est pas pour moi." Certains parlent d'autocensure, je comprends très bien la réflexion que vous venez d'avoir. Mais quand cette formule est utilisée, on pense que ce n'est même pas pour soi, on n'y a pas droit.

On ne l'envisage même pas comme un futur possible pour soi-même. Donc ça, pour moi, c'est l'objectif le plus important parce que un : c'est le fondement même de notre pays. La nation se désagrège si on laisse ça s'installer.

Deux : la République en a besoin. Et on détruit collectivement énormément de force, de capacité à agir si en particulier l'Etat, les collectivités locales, se privent de certains talents et restent en quelque sorte dans une forme d'endogamie ou de reproduction. Trois : je suis convaincu pour ma part que décloisonner la société, c'est une manière aussi de continuer à innover.

On parle d'innovation en permanence technologique ou autre. Il y a constamment de l'innovation sociale quand on décide les uns et les autres de s'apporter des regards différents, des approches différentes et aussi des trajectoires qui sont différentes. Notre objectif, ça doit être celui-ci.

C'est là-dessus que je veux qu'on accélère, et que le gouvernement est mobilisé. Par rapport à ça, quels sont les principes d'action qui doivent nous guider sur tout qu'on s'est dit ? Pour moi, la 1re chose, c'est de commencer très tôt et d'accompagner.

C'est pour ça qu'on a mis l'obligation scolaire dès 3 ans, qu'on a dédoublé les classes très tôt dans les quartiers où ces difficultés se concentraient. Parce qu'on a besoin d'être sûrs que l'enseignement fondamental se fait mieux, qu'on a mis beaucoup plus sur l'évaluation, l'accompagnement dès les petites classes. Et ce qu'il y a, vous l'avez parfaitement décrit, ces initiatives, Cordées de la réussite, internat d'excellence, BRIO, qui permettent justement de donner plus de chances, d'accompagner celles et ceux qui sont prêts à s'engager.

Ensuite, il y a l'orientation vers le sup. Tout ce qu'on fait sur les stages. Et donc c'est un accompagnement, une formation, si je puis dire doit commencer très tôt et doit se faire tout du long.

Et c'est là où en effet, les classes prépa intégrée ont un rôle très important, et où tout ce qu'on va développer et ici détailler s'inscrit dans cette logique : accompagner, former dès le début et tout au long. Le 2e principe d'action pour moi, c'est justement lever toutes ces autocensures. Par l'explication, par l'information, et par une politique de transparence.

C'est-à-dire qu'au fond, on doit expliquer, rendre public, les explications qui sont offertes dans notre pays à chacune et chacun. Et ce qu'on a fait aujourd'hui et à travers vous ce qu'on affiche plus largement, mais d'expliquer, justement, les possibilités qu'il y a à travers ces Cordées de la réussite, ces internats d'excellence, à travers, justement, l'ouverture de ces concours administratifs, à travers les classes prépa intégrée, c'est permettre de lever l'autocensure et d'accompagner par une plus grande transparence et une meilleure information. Parce qu'une société où les corporatismes dominent, c'est une société où l'information n'est pas partagée, et en fait, elle n'est que dans des réseaux qui sont fermés.

Il faut ouvrir. La 3e chose, c'est là où vous avez aidé, c'est notre boulot à tous, c'est que vous avez un rôle, maintenant, très important. Parce que ça ne marche que par des modèles.

La meilleure manière au-delà de la transparence de casser l'autocensure, c'est de bâtir des modèles, c'est de dire : "En faisant réussir certaines et certains, "on montre à d'autres qui sont dans leurs familles, qui viennent de leur quartier, qu'il peuvent se projeter." Parce qu'ils peuvent suivre le même parcours, en montrant que, justement, des changements de carrière sont possibles. Ils vont pas sans certains sacrifices, mais peuvent être accompagnés.

Vous ouvrez aussi une voie pour montrer à beaucoup d'autres que c'est possible. Il n'y a pas de fatalité. Faisant le parcours que vous avez décrit les uns les autres, vous commencez à être des modèles.

Et donc c'est aussi pour ça qu'on tient beaucoup à ce rôle de tuteur que doivent avoir les élèves de la fonction publique, et ensuite, moi, j'y tiens aussi beaucoup les futurs fonctionnaires, mais au-delà de ça ce que vous représentez est un modèle pour d'autres ? Et donc accompagner, former, informer, faire de la transparence pour lever l'autocensure, bâtir des modèles, c'est ça qui nous permettra de faire pour que aucun gamin dans notre République ne puisse se dire "ça n'est pas pour moi", par décret en quelque sorte. Pour accompagner tout ce qu'on s'est dit aujourd'hui, on a pris plusieurs décisions qui ont été préparées par le gouvernement et portées par la ministre.

La 1re, c'est justement d'aller beaucoup plus loin, beaucoup plus fort dans ces classes de classes préparatoires intégrées. On en a aujourd'hui 700. On va les porter à 1 700.

Et donc on va faire plus que doubler le nombre de places en prépa. Plus 1 000 parce qu'on y croit très profondément. L'allocation qui a été évoquée, elle sera doublée portée de 2 000 à 4 000 euros par an.

Ce qui est là aussi un point important, et en même temps, on va continuer le travail. Ca a été très justement dit sur le logement par ces conventions avec les Crous. Et tous va aussi s'inclure dans le travail qu'on fait sur l'enseignement supérieur, pour mieux accompagner tous les étudiants de notre pays quel que soit le secteur.

En termes de logement, on a tout un programme de construction et d'accompagnement. Ensuite, on va étendre le maillage sur le territoire et la présence sur le territoire de ces prépas talent, avec au moins 2 par région pour que, justement, au plus proche des familles, au plus proche de l'endroit où on vit, l'accessibilité de ces prépas soit justement assurée. Et puis nous allons ouvrir justement ces concours talents, et donc pour toutes et tous, vous pourrez tout à fait postuler aux concours dans les 5 écoles, justement, en fonction publique que sont ENA, ENSP, EHESP. -INET et ENAP pour l'administration pénitentiaire. -E.

Macron : Dans les 5 écoles, il y aura 6 concours qui seront ouverts parce qu'il y en a 2 pour l'EHESP. Donc 6 concours, c'est 5 écoles. On va à côté ouvrir aussi des voies talents, avec environ 15% de postes de plus qui seront créés.

Vous pourrez les uns les autres et vos successeurs candidater aux 2 voies en même temps, et tous les élèves admissibles seront sur une même liste. C'est-à-dire qu'il n'y aura pas non plus une espèce de "stigmatisation", ce qui est pour moi très important. Et c'est le choix qu'a fait le ministre à juste titre.

Et donc ça va permettre à la fois de donner plus de force à ces écoles, d'avoir plus d'attractivité pour les élèves, mais aussi de créer plus de justice. Parce qu'aujourd'hui quand on regarde les choses, cet ascenseur social dont vous avez parlé, il fonctionne moins bien aujourd'hui qu'il y a 50 ans. Quand on regarde toutes nos écoles, je dirais les écoles d'ingénieurs, les écoles de commerce pour une grande majorité, c'est encore pire que les écoles de la fonction publique, on a une mobilité qui est très faible.

Et c'est beaucoup plus dur aujourd'hui pour un fils d'agriculteur ou un fils d'ouvrier d'accéder à ces grandes écoles, que ça ne l'était quand parfois elles ont été bâties quand on était pendant les Trente Glorieuses. Ca on doit le casser, on doit l'endiguer. Et à travers tout ce qu'on s'est dit, si je puis dire, ces stratégies un peu, et bâtir un nouveau modèle, je pense qu'on peut y arriver.

Donc voilà un peu ce que je voulais vous dire, qui est le fruit à la fois des échanges qu'il y a eu avec l'ensemble de vos collègues pendant des mois, qui ont conduit à ces décisions, et qui correspondent aux engagements que j'avais pris, mais plus 1 000 places en prépa, l'augmentation de l'allocation, le maillage territorial pour que tout le monde y ait accès et l'ouverture de ces nouvelles voies talents avec 15% de postes qui seront créés en plus pour permettre justement d'irriguer tout cela. Et après tout ça, ça va s'accompagner d'une modernisation et d'une transformation de la fonction publique sur laquelle on est engagés. Parce qu'elle doit aussi continuer à respirer si je puis dire tout au long du parcours.

On doit savoir intégrer des talents beaucoup mieux à toutes les étapes de prise de responsabilité, d'avoir une fonction publique, qu'elle soit d'Etat, hospitalière, territoriale, qui correspond beaucoup plus à ce qu'est notre pays. Et je crois que tous les fonctionnaires d'ailleurs sont très attachés à ça. Voilà les quelques mots que je voulais vous dire, qui est à la fois la concrétisation de certains engagements que j'avais pris.

Cette volonté d'un agenda d'égalité des chances qui est au fond de tenir les promesses et les engagements de la République et qui est le fruit du travail du gouvernement. Je remercie Mme la ministre et Mme la secrétaire d'Etat de leur engagement. Il y a un énorme travail qui va continuer dans la fonction publique.

Et moi, je vous remercie aussi beaucoup vous, d'avoir accepté de partager un peu des tranches de vie et des choses parfois très personnelles. Mais j'espère que vos exemples, si je puis dire, lèveront aussi un peu des contraintes que certaines et certains peuvent se mettre. Vous l'avez dit avec beaucoup de pudeur, mais les difficultés que vous avez pu rencontrer, le courage que vous avez dû avoir, je pense que parfois certains ne l'ont pas eu malheureusement.

Parce qu'une main tendue peut-être n'est pas arrivée au bon moment, que vous, vous avez pu avoir, ils ont pas eu le même ressort. Et je pense qu'à travers aussi les exemples et ce que vous avez dit, c'est beaucoup de verrous que vous levez. Très concrètement chez beaucoup de jeunes qui vous écoutent.

Donc merci à vous. Tout ça, ça se fait ensemble. Merci beaucoup.