Canicule - « On n’est pas prêts » : le médecin urgentiste Aurel Guedj réagit à la situation
Transcription Whisper (large-v3), avec identification des locuteurs. À recouper avec la source d'origine.
Vous voulez que je réponde honnêtement ou je réponds la réponse des gouvernements ? Non, on n'est pas du tout prêts, très sérieusement. C'est-à-dire que moi, pour être tout à fait honnête, j'ai vu aucune différence. On a déjà, les urgences sont déjà sous tension. Je viens pourtant d'un grand centre hospitalier, c'est-à-dire on est censé avoir plus de 150 entrées par jour et pourtant, on a déjà des patients qui vont attendre plus de 20 heures aux urgences sur un brancard. Des grands-mères qui vont avoir 95 ans, qui restent allongées sur un brancard. On n'a pas ni le personnel, ni les chambres pour être capable d'absorber ces nouveaux patients qu'on va avoir. C'est la réalité.
Il faut se rendre compte que le problème, et c'est un peu la chose qui me fait peur, c'est qu'on parle surtout des morts. On ne se rend pas compte que lorsque vous allez avoir un de vos proches qui va être hospitalisé, je parle du jeune ou de la personne âgée, c'est la même chose, elle va attendre dans un brancard, elle ne va pas être hydratée, puisque imaginons que vous avez une entorse ou une fracture, vous ne pouvez pas vous lever du brancard. Il faut que quelqu'un vienne, une aide-soignante vienne vous apporter de l'eau, par exemple. Mais on n'a pas le personnel pour.
Donc vous allez vous déshydrater, vous allez peut-être faire des complications supplémentaires, vous allez rester hospitalisé plus longtemps, et c'est des choses qui n'apparaissent pas aux infos, parce que ça met des mois, voire un an, pour se rendre compte de l'impact que ça a eu. Et c'est ça qui me fait peur, c'est qu'en fait, là on s'inquiète, là on dit, regardez, c'est bien, on a des baignoires à l'entrée des urgences, mais en fait, on mesurera les effets dans quelques mois seulement.
Jérôme Guedj