Le cochon, héros du XXIe siècle/Pesticides : le "recul gouvernemental de trop"? | 28 minutes | ARTE
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Chapitres
Répartition du ton (temps de parole politique)
Propositif 40 %Attaque 20 %Défensif 40 %
Questions et réponses
Taux de réponse directe : 95 % (directe = 1, partielle = 0,5, éludée = 0)
- 2:00OuverteRéponse directe
Pourquoi le retour de ces deux pesticides fait-il polémique ?
- 4:00OuverteRéponse directe
En quoi le cochon peut-il nous aider à gravir cette "évreste alimentaire" ?
- 8:00RelanceRéponse partielle
On a plutôt l'habitude d'associer cochon et pollution. Vous nous dites que le cochon est écolo ?
- 10:00OuverteRéponse directe
Le cochon est-il multifonctionnel en médecine ?
- 13:00OuverteRéponse directe
Vous parlez de scénarios où les fermes deviendraient des bases militaires. Qu'entendez-vous par là ?
- 18:00OuverteRéponse directe
François Valred, qu'est-ce que protège le flupiradifuron ?
Affirmations vérifiables (citations exactes)
- 3:00Sébastien AbisFait
« Il y a pas de planète B pour le climat, il y a pas de planète B non plus pour l'alimentation. »
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[musique] [musique] Bonsoir à toutes et à tous. Je suis ravi de vous retrouver sous le ciel d'été de 28 minutes et en plus je suis en bonne compagnie. Regardez cette belle équipe autour de table.
Bonsoir à vous. Bonsoir. Et l'actualité du jour et bien c'est la réintroduction sous condition de deux pesticides interdits après le vote hier par le parlement de la loi d'urgence agricole.
Texte qui a poussé la ministre de la transition écologique Monique Barbu à présenter sa démission des missions refusées par Emmanuel Macron. Ce que je peux vous dire c'est qu'elle a évidemment le soutien et du président de la République et du premier ministre. Si elle a fait ce choix, c'est qu'elle estime que les conditions sont désormais réunies et qu'elle a eu les garanties encore une fois de la part du chef de l'État et du premier ministre pour mener à bien ses objectifs.
Alors pourquoi le retour de ces deux pesticides fait-il polémique ? Est-il possible de concilier rentabilité agricole, protection de l'environnement et santé publique ? Nous en débattrons.
En fin d'émission, nous retrouverons ceux qui pour leur chronique ne se fournissent qu'en circuit court he directement de l'ordinateur au téléspectateurs. À savoir Margerie Adelson et Théophile Cossa. Alors au programme ce soir Marjorie et bien pour survivre à la canicule, il y a les ventilos, l'acclimatisation ou le fameux blanc de bedon.
Mais ce sont des méthodes de petits joueurs. Certains ont carrément des snowroom, des chambres à neige. C'est la nouvelle lubine des ultra riches.
De découvrir ça. Et vous Théophile ? Je vous emmène au Louv ce soir.
La galerie à Polon, celle même où a eu lieu cet incroyable braquage en octobre dernier, vient de rouvrir ses portes au public et vous allez voir deux trois petites choses ont changé. Rouvrir la galerie à Polon. Je vous raconte comment ça marche.
Voilà, on vous retrouve en fin d'émission car avant cela, parlons cochon. Alors, attendez, rien d'indécent he dans la suite de mes propos, rassurez-vous. Non, parlons du cochon. l'animal.
Vous savez celui qui a passionné le chercheur Sébastien Abis dans son livre En forme d'hommage à la bête au groin humide. Il évoque ses bienfaits tant au niveau nourriture, médecine ou fertilisant. Tout est bon dans le cochon et en plus c'est vrai et c'est tout de suite dans 28 minutes.
Bonsoir Sébastien Vis. Bonsoir, vous êtes chercheur associé à Iris, directeur du club des Méter. Votre livre intitulé "Tout est enfin bon dans le cochon" et publié aux éditions du NO.
Je présente l'équipe de 28 minutes. Bonsoir Lrousel. Bonsoir Jean-Mhieu, bonsoir.
Bonsoir Fannyveille. Bonsoir. Alors Sébastien Abis, tout est enfin bon dans le cochon et vous vous écrivez dans votre livre que bien tout est vrai dans le dicton aussi.
Oui, c'est une expression populaire de la langue française que tout le monde connaît à peu près. Elle est elle est très ancienne, hein. Et ce qui est intéressant, c'est cette expression imagée est en fait une réalité concrète.
Il y a peu d'expressions françaises qui sont devenues des réalités concrètes. Et autour de cette expression tout est bon dans le cochon, ce qui est intéressant de regarder, c'est pourquoi cet animal est très multifonctionnel et pourquoi finalement c'est peut-être le meilleur d'entre nous. Ouais, c'est ça.
Et alors, on va discuter de tout ça, notamment du cochon et on va voir pourquoi vous êtes particulièrement qualifié pour en parler et que vous avez le profil idéal. Et Olivier Boucreux nous explique pourquoi. [musique] Sébastien Abise, vous regardez le monde depuis nos assiettes.
Dans votre nouveau livre, vous découpez [musique] le port en tranche économique, écologique et géopolitique pour montrer que tout est bon dans le cochon, vous avez le profil idéal. Après des études d'histoire géographie et de stratégie européenne à Lille, vous commencez à l'étatmajor des [musique] armées avant de vous tourner vers la géopolitique agricole et alimentaire. 11 ans dans une organisation consacrée à l'agriculture méditerranéenne, une activité [musique] de chercheurs associé à l'IRIS, l'Institut de relation internationale et stratégique, puis depuis 2017 [musique] la direction du club d'Métaires consacrée aux grands enjeux agricoles et alimentaires.
Aujourd'hui, on sait qu'il va falloir maintenir les productions dans un contexte environnemental compliqué, mieux les répartir, mieux les partager et mieux échanger sur la planète. Dans les années 2000, peu de chercheurs croisent encore géopolitique et [musique] nourriture. Vous y voyez un trou dans la raquette.
Votre méthode ? Partir du terrain, mixer tendances lourdes et signaux faibles, puis imaginer plusieurs futurs possibles. Non pour prédire, mais pour nous faire réfléchir.
En 20 ans, plus de 2 milliards de personnes ont rejoint la table alimentaire mondiale. [musique] Dans géopolitique du blé puis des céréales, vous montrez comment les grains deviennent des instruments de puissance. Dans Russie-Ukraine, la guerre hybride, vous relisez le conflit à travers deux grands pays agricoles. [musique] Avec "Veux-on nourrir le monde ? poser l'équation du siècle, nourrir, protéger les écosystèmes, préserver la santé. [musique] Les investissements pour 2050, c'est maintenant qu'il faut y penser, les cartographier, savoir ce qu'on va devoir produire, où on va pouvoir produire, avec qui on va pouvoir produire.
Votre dernier livre auculte le cochon dont la consommation mondiale a été multipliée par 4 en 50 ans. Dans cet animal proche [musique] de l'homme, tout peut servir à tout. Alimentation, énergie, fertilisant, médecine. [musique] Mais du groin à l'assiette, rien n'existe sans ceux qui élèvent, cultivent ou pêchent.
Vous le rappelez, [musique] sans eux, nous ne sommes pas grand-chose dans le monde contemporain. Voilà Sébastien B, on va parler donc de ce cochon euh avec vous. Alors, c'est vrai que la population mondiale a doublé hein depuis 1975.
Sa demande en protéin également. La demande aussi en viande porcine a explosé dans le monde sauf en France. Pourquoi ça ?
Bah, d'abord parce que la croissance démographique en France est moins soutenue euh que dans d'autres pays euh de la planète parce qu'on avait déjà un accès aux protéines supérieur par rapport à beaucoup de pays en Asie notamment où la protéine était pas disponible et on a eu euh des grandes révolutions aussi nutritionnelles euh sur la sur la demande en en nourriture dans ces pays-là. Donc évidemment, ces tendances mondiales, il faut aussi les regarder parce que parfois on fait un regard depuis la France sur les enjeux agricoles alimentaires par notre prisme hexagonal. On est un confetti sur la planète, on a un petit pays, il y a des tendances mondiales et j'aime bien rappeler qu'il y a pas de planète B pour le climat, il y a pas de planète B non plus pour l'alimentation.
C'est un sujet universel qui nous réunit tous en fait aujourd'hui sur la table du monde. Alors à propos de ce sujet universel, vous parlez d'ailleurs, je reprends le terme. Selon vous, nous sommes face à un évreste alimentaire.
C'est le terme que vous employez en terme de santé, de souveraineté, de soutenabilité. Euh en quoi le cochon peut-il nous aider à gravir justement cette évreste et peut-être atteindre le sommet ? Oui.
Bah en fait, ce concept d'évreste alimentaire, je l'ai développé ces dernières années pour essayer d'expliquer à grand trait pourquoi trois grands enjeux se combinent dans ce siècle de manière inédite. On n' jamais eu autant de personnes sur la planète, donc il faut nourrir, continuer à nourrir et nourrir est vital. On ne peut pas s'en passer.
C'est encore une réalité euh que d'ailleurs le dernier rapport de l'ON nu hier paru euh rappelle qu'il y a 10 % de la population mondiale qui ne mange toujours pas à sa fin, c'est pas rien. C'est aussi la première cause de mortalité sur la planète. Donc nourrir, produire évidemment les questions de soutenabilité, d'environnement, de décarbonation puis la santé le cochon justement.
Alors il est important et le cochon si vous voulez il coche cette case là parce que c'est la protéine la moins chère. C'est une protéine qui émet moins de carbone. C'est une protéine qui apporte donc des solutions sur plan alimentaire et qui reste sur un bilan écologique beaucoup plus performant que la viande bovine par exemple.
Et puis le cochon, c'est aussi des solutions en coproduit. C'està-dire que on ne perd rien sur cet animal. On parle beaucoup aujourd'hui de la lutte contre les gaspillages, de cette économie ou écologie circulaire où il faudrait tout pouvoir valoriser et tout est bon dans le cochon parce que précisément euh rien n'est gaspillé, rien n'est perdu et cette multifonctionnalité peut être étonnante.
Alors là, c'est effectivement très étonnant, très surprenant même. On a on a plutôt l'habitude d'associer cochon et pollution. Je pense aux algues vertes en Bretagne par exemple.
Vous vous nous dites "C'est pas vrai, le cochon est écolo, il participe à cette décarbonation." C'est-à-dire ben je je vais le nuancer. C'est-à-dire que je pense qu'en fait il y a du vrai et il y a du faux dans les deux.
Pourquoi j'insiste sur ce paradoxe ? C'estàd je pense qu'il faut qu'on sorte nos regards actuels de ce qui s'est passé au siècle dernier. On a des transitions, on a des progrès, on a des sujets qui ont été mis sur la table pour toujours essayer de faire mieux sur l'ensemble de ces performances sécurité, soutenabilité, santé.
Donc il faut regarder cela. C'est aussi la force du modèle européen et français d'être embarqué dans des transitions de pratique agricoles dans l'élevage depuis de nombreuses années. En revanche, ce qui est intéressant, c'est de regarder justement qu'aujourd'hui le cochon évidemment a toujours un impact environnemental comme l'ensemble du vivant sur la planète, nous compris.
Nous avons tous un impact sur les ressources et sur les équilibres euh naturels. Néanmoins, le cochon apporte des solutions. Encore une fois, il apporte des protéines alimentaires.
Il peut décarboner parce qu'il va contribuer à faire des des engrais verts. Il va faire de la méthanisation, il va faire des fertilisants. Les excréments vont aspirer.
Oui. Le lisier du cochon, si on parle crument, les déchets du cochon aujourd'hui ne sont pas perdus. Ils vont faire de l'énergie.
Il paraît qu'il faut qu'on sorte du pétrole de dépendance aux hydrocarbures. Donc on redécouvre la biomasse et la redécouverte de la biomasse, c'est notamment la valorisation des produits agricoles et de l'élevage. On l'a fait jusqu'au 19e siècle.
Le pétrole en fait nous a créé une parenthèse d'un gros siècle où tout a été plus facile, moins pénible à fabriquer et moins cher. Mais si on veut réellement décarboner, il faut pouvoir utiliser toutes ces solutions agricoles aujourd'hui. Et par ailleurs, le cochon étant le plus proche de l'homme apporte des solutions pour nos enjeux de santé.
Et je pense notamment aux greffes, sujet dont on devrait parler un peu plus. Justement, on va en parler avec vous Fanny de ce rayon santé, on va dire ça du du cochon puisqu'il permet véritablement et bien des avancées en terme de médecine. Oui, vous mentionnez les greffes mais on peut penser aussi au cancer.
En l'occurrence la lutte contre le rétinoblastome, un cancer rare de la rétine qui apparaît surtout chez les enfants. Alors aujourd'hui, pour soigner ce cancer, il faut réaliser une injection de chimiothérapie directement dans l'œil, ce qui seulement est douloureux et en plus peut endommager la vue du patient durablement. Grâce au cochon.
Justement, des scientifiques chinois pensent avoir trouvé la solution et plus particulièrement grâce à son sperme. Ils en ont extrait des particules appelées exosomes qu'ils ont couplé avec d'autres ingrédients pour former des gouttes. L'avantage, c'est que ces particules issues du cochon traversent la cornée la première couche de l'œil sans l'abîmer.
Autrement dit, il n'y a aucun risque pour la vue du patient. Les scientifiques ont testé ce colir sur des souris et résultat après un mois de traitement la taille des tumeurs avait radicalement diminué. L'œil humain certes est un peu plus complexe, il faudra encore réaliser beaucoup de tests avant de pouvoir tester ce produit sur l'homme.
Mais est-ce que vous diriez Sébastien Bis que le cochon est notre meilleur allié en en terme de recherche médicale ? En tout cas, ce qui ce qui est intéressant, c'est qu'il est aussi multifonctionnel sur ce terrain de la santé et de la médecine. Les greffes, ce que vous avez évoqué comme sujet.
On pourrait parler de l'éparine pour évidemment les opérations médicales. On pourrait parler de l'enrobage de nos médicaments puisque les molécules sont enrobées avec des capsules qui sont à base de de de glycérine et ça permet une meilleure digestibilité. Si on mettait du plastique pour nos molécules, nos nos médicaments seraient beaucoup moins faciles à absorber par le corps humain.
Et donc c'est vrai que tout ça doit être regarder de près. Par ailleurs, on sait aussi que l'observation du vivant aujourd'hui doit être pensée dans son intégralité. On parle beaucoup depuis 20 25 ans du concept one else, une seule santé, santé des êtres humains, de l'environnement, des sols, des animaux, des végétaux.
Et en fait, plus on observe tout ça de manière combinatoire, mieux on trouve des réponses à des défis contemporains comme ce que vous avez évoqué. Vous faites de la prospective he si dans cet ouvrage vous nous dites que certes on va consommer moins de viande mais les fermes, les abattoirs vont devenir comme des bases militaires. Qu'est-ce que vous voulez dire ?
Oui. Alors ça fait partie d'un des scénarios très fictionnel que à la fin à la fin de votre livre vous faites des scénarios. J'ai j'ai souhaité que la moitié du livre se porte sur la suite en forçant un peu le trait avec des futurs contradictoires à l'intérieur et je voulais le faire de manière pédagogique évidemment pour amener tout le monde à une réflexion finalement parce que c'est pas un livre sur le cochon en fait c'est un livre sur le futur du monde de nos sociétés de la géopolitique des tensions et c'est vrai qu'il y a des scénarios possibles où demain on a une intensification des des problèmes de biosécurité.
On sait que le cochon aujourd'hui est très fragile par rapport à une maladie qui s'appelle la pest porcine africaine. On n' pas de vaccin. En Chine.
Ça a créé énormément de désordre avant le Covid, hein. On en a euh pas suffisamment parlé peut-être vu d'Europe. Euh l'Espagne aujourd'hui est touchée.
Donc il y a un sujet de biosécurité autour du cochon. Donc plus on va le protéger, l'enfermer, le contrôler, on va dérisquer le sur le plan sanitaire. C'est un peu le paradoxe.
Ça peut nous étonner par rapport au bien-être et cetera, mais c'est aussi une façon de le protéger. Et inversement, on voit aussi se développer très fortement des risques de bioterrorisme dans le monde. Aujourd'hui, beaucoup d'agences de renseignement sur la planète et y compris en France, regardent de près les risques bioterroristes parce que attaquer le vivant en fait, c'est attaquer bien entendu l'espèce humaine de manière indirecte.
Et vous dites une chose aussi, en 2050, alors là, on pourrait arriver à l'air du cochon domestique tout simplement chez nous à la place des chiens et des chats, un cochon à côté de de soi sur le canapé et surtout ça pourrait servir à nos enfants de les éloigner des écrans. pile au moment où justement le gouvernement interdit les réseaux sociaux au moins de 15 ans, c'est le cochon. C'est parfait pour ça.
Oui. Alors à la fois c'est l'avenir et en même temps c'est l'histoire parce que dans beaucoup de familles rurales en Europe, on avait un cochon. C'est d'ailleurs pour ça le symbole de la tirlire hein.
C'est pour ça qu'on utilise le cochon pour symboliser la tirlire. Pourquoi on avait un cochon dans les familles rurales ? Parce qu'en fait il nourrissait, il était le recycleur, il faisait la poubelle et il divertissait.
Et puis évidemment tout était bon déjà dans le cochon, pas autant qu'aujourd'hui. Alors, est-ce que demain on va remettre des cochons à la place des chiens et des chats qui sont aujourd'hui très nombreux dans les foyers européens, plus nombreux que les enfants, il y a encore un peu de marge, d'autant que le cochon prend un peu de place et puis qu'il est un peu plus joueur que les chiens et les chats. En même temps, si nos enfants ont besoin d'animaux de compagnie qui ont une intelligence très forte, le cochon peut apporter beaucoup de solutions.
Voilà, ça se réfléchit en tout cas la rentrée. En tout cas, voilà, si jamais vous voulez acheter un animal domestique pour vos enfants, merci beaucoup Sébastien Abis. Tout est enfin bonbon dans le cochon, c'est passionnant et c'est paru aux éditions du Nu, c'est-à-dire voilà en tout cas cet été, merci d'être passé par le plateau de 28 minutes.
Passons maintenant à notre débat. Certains mots enflamment les discussions plus que d'autres. lancer euh pesticides dans une conversation et le tonte immédiatement et ça ne risque pas de s'arranger.
Après l'adoption hier de la loi Urgence Agricole par le Parlement et la réintroduction sous condition de deux pesticides jusque-là interdits en France, défenseur de l'environnement et monde agricole s'opposent frontalement sur le sujet. Alors, est-il possible de concilier rentabilité des cultures, notamment betterravière et santé publique ? La France peut-elle faire cavalier seul alors que le reste de l'Europe autorise ce type de produit ?
Nous en débattons juste après la mise au point d'Amira Swedem. [musique] Finalement non. Après avoir annoncé sa démission ce matin sur LinkedIn, Monique Barbu, ministre de la transition écologique, a rétropédalé. [musique] Elle a pris le temps d'échanger avec le premier ministre d'une part et puis ensuite avec le président de la République.
Le président de la République a refusé cette démission. En cause, l'adoption de la loi d'urgence agricole hier [musique] et plus précisément une disposition en particulier, celle qui ouvre la voie à la réintroduction de deux insecticides jugés dangereux par les défenseurs [musique] de l'environnement. La cétamipride et le flupi Radifuron.
C'est un texte totalement obscurantiste qui vient d'être adopté contre la vie de plus de 2 millions de Français qui l'année dernière avait signé une pétition contre la vie du Conseil national de l'ordre des médecins. Utilisé habituellement dans les cultures de noisettes, betterve, cerises ou encore pommes, ces insecticides sont pointés du doigt par des études scientifiques pour leur nocivité sur les abeilles et l'environnement. Certains agriculteurs estiment ses risques exagérés écrites à la concurrence desloyales.
Ces insecticides étant autorisés ailleurs dans l'Union européenne. Inquiétude pour la santé d'un côté, impératif de rendement de l'autre. Pour tenter de calmer le jeu, la ministre de l'agriculture convoque un arbitre, l'agence sanitaire Ansè.
Dans ce texte de loi, qu'est-ce qui est dit ? et qu'il appartient non pas au politique de dire ce qu'on autorise ou ce qu'onutorise pas comme produit phytosanitaire, c'est à la science de le dire et uniquement par dérogation pour un temps limité et pour une seule filière, la filière noisette qui correspond à 0,02 % du parcellaire agricole. L'ANES disposera de 2 mois pour statuer. [musique] Est-ce bien suffisant ?
Alors que cette agence est placée sous la tutelle du ministère de l'agriculture, [musique] son rapport peut-il être considéré comme totalement objectif ? [musique] Les intérêts de l'agroindustrie l'ont-ils emporté sur le principe de précaution sanitaire ? [musique] Voilà.
Et pour en débattre de ce soir, nous recevons François Valred. Bonsoir. Bonsoir.
Vous êtes agriculteur, secrétaire général de la coordination rurale. La coordination rurale 2e syndicat agricole de France. Vous êtes également membre du CE, hein.
Selon vous, l'usage de ces pesticides est très encadré par la loi sur des cultures ciblées. La France est déjà, vous le dites, une très bonne élève, voire trop bonne élève au point de s'interdire des produits autorisés partout ailleurs en Europe. À vos côtés, Tatiana Nagirot.
Bonsoir. Bonsoir. Vous êtes écologue, membre de l'Académie des Sciences.
Votre livre La biodiversité en infographie, l'urgence du vivant, comprendre pour agir est paru aux éditions Tana. Selon vous, les insecticides prévus par la loi menacent insectes et pollinisateurs sans lesquels on ne peut pas avoir une agriculture viable, le risque humain, dites-vous, est quant à lui suffisamment préoccupant pour justifier l'application du principe de précaution. Et puis Aurélie Catalou, bonsoir.
Bonsoir. Vous êtes directrice du programme agriculture et alimentation France à Lidri qui est l'Institut du développement durable et des relations internationales. Selon vous, une forme de quoi qu'il en coûte politique a prévalu dans l'adoption de cette loi.
Les intérêts de la filière agricole concernée ont été jugés prioritaire en dépit, dites-vous, de l'opinion publique. Et pour entamer ce débat, c'est avec vous Hélène. Alors là, aujourd'hui donc c'est le mot, on va dire en 15 lettres du jour.
Un mot un peu barbare, je vous l'accorde. Le flupiradifuron, c'est l'autre insecticide introduit dans cette loi d'urgence agricole. Il est interdit en France depuis 6 ans hein, depuis 2020, autorisé dans tout le reste de l'Union européenne jusqu'en 2029.
François Valer, qu'est-ce qu'il protège ? Quel type de culture sont protégé avec ce pesticide ? Ben en France, en tout cas, ce qui est prévu dans la loi d'urgence, c'est que ce fluiradifuron, comme vous le dites, euh peut être utilisé pour les betteraves, euh pour les cerises et pour les pommes.
On est très loin d'autres pays comme l'Allemagne, hein, qui le l'autoris sur plus de 25 espèces différentes. Donc là, c'est une une utilisation vraiment très ciblée sur ces trois cultures uniquement. Alors, Tati Giros, alors ce n'est pas un néonicotinoïde mais alors un buténolide.
Alors, en quoi justement est-il dangereux pour l'environnement ? Donc c'est quand même une forme de nicotinoïde he qui va attaquer le système d'herb des insectes. Donc c'est c'est une molécule qui est faite pour tuer les insectes pour les affecter.
C'est pour ça qu'il est répandu sur les cultures quand il y a des maladies. Donc ça va surstimuler le cerveau des insectes jusqu'à parfois les paralyser. Euh donc ce soit les inse les abeilles domestiques, les insectes sauvages, les abeilles sauvages.
Donc euh ça tue les insectes globalement et y compris les pollonisateurs, y compris plein d'insectes dont on dépend absolument pour l'agriculture et pour plein d'autres choses. Et également sur l'eau, les napatiques, c'est ça. Euh donc euh ces insecticides, souvent ils sont euh ils sont enrobés sur des graines et donc ils vont être lessivés par les par les pluies, ils vont être répandus dans les napréatiques, dans les sols.
Donc ils vont affecter les micro-organismes du sol, les verrs de terre, ils vont être mangés par des petits mammifères, elles vont être mangées par des oiseaux. Donc elles affectent globalement le vivant et ça c'est un effet qui a été démontré qui est très toxique globalement pour la biodiversité. Aurélie Catalo, on a vu l'Europe qui elle autorise ce flupiradifuron jusqu'en 2029 2033 même pour l'autre insecticide d'étame.
Ça veut dire quoi ? Que la France on est le trop bon élève comme disait François Valrette à l'instant. Ça veut dire qu'on a effectivement un sujet de distorsion de concurrence et c'est là que se trouve à mon avis le vrai débat.
On a du côté de l'environnement et éventuellement de la santé publique un corpus scientifique qui est relativement abondant pour dire attention, il on a de bonnes raisons de d'être très préoccupé. En revanche, on a un sujet économique et politique qui est de savoir et bien quel dans quelle situation l'interdiction de ces substances en France place les producteurs de betteraves, de pommes, de ceris, de noisettes euh par rapport à leurs principaux concurrents européens et quels sont les dispositifs qu'on met en place pour compenser ou les réorienter la situation de distorsion de concurrence dans laquelle ils sont. Mais donc c'est un débat de nature économique et politique.
Il ne faut pas rentrer dans un débat sanitaire ou environnemental. Globalement, on a largement assez de preuves pour savoir que le sens de l'histoire, c'est un sens de diminution des pesticides et pas un sens de réorientation des substances réautorisation pardon des substances. Ça va bien ?
Oui, je je voulais réagir effectivement sur le le fluier radiadifuron effectivement qui est dont la possibilité de réutiliser est là. Euh c'est là que l'ANCS quand même intervient. Voilà, parce que il est pas question de l'utiliser n'importe comment.
Effectivement, il y a des risques pour l'environnement et c'est là que les scientifiques sont là pour mesurer les effets positifs négatifs et de mettre des limite à l'utilisation. Effectivement, PI radifuron, on partirait plutôt sur un enrobage de semence qui évite une dispersion dans l'atmosphère pour ne pas que les pollénisateurs puissent être puissent être touchés sur des dates d'utilisation également. Si si ça devait être pulvérisé, il y a ce serait probablement soumis à l'arrêté abeille.
Donc interdiction une fois que le soleil se lève ou pour ne [grognement] pas que les pollinisateurs soient sortis au moment où le le produit est utilisé. Tout ça c'est extrêmement important de dans la façon dont c'est utilisé et dans les restrictions d'usage qui sont là pour la protection effectivement de l'environnement. C'est pas un une autorisation pour n'importe quel usage, n'importe comment.
Ça tient gir réagir. L'enrobage des semences c'est pas mieux que la pulvation voire ça peut être pire hein parce que ça veut dire l'embourage ça veut dire qu'on les graines sont rebées systématiquement. Ça veut dire qu'on répand tout le temps partout des molécules texiques dans nos sols qui vont se répandre dans l'eau, qui vont être mangés par les petits animaux.
Donc c'est pas c'est vraiment pas mieux. Ensuite, le fait qu'on dise que l'ANES va euh évaluer à ses pesticides, vous savez que l'État a été condamné l'année dernière justement en justice parce que tous les tests d'homologation et compris ce qui est accepté par la NES ne respecte pas les consensus scientifiques notamment n'évaluent pas la toxicité chronique, la toxicité par les neurotoxiques, n'évalue pas la toxicité sur les les abeilles sauvages mais que sur l'abeille domestique. que les tests qui vont être faits ne sont ne mesurent pas la vraie toxicité dans la nature.
Alors, en terme de toxicité, on va voir ça aussi avec vous Fanny, puisque les opposants à ces pesticides, eux là, ils pointent les effets sur la santé humaine. Oui, en l'occurrence sur l'acétamyride, il existe de nombreuses études. Alors, certaines menées sur des abeilles ou des souris ont ont montré que l'acétamyride faisait chuter le taux de testostérone.
Autrement dit, c'est un perturbateur endocrinien. plus inquiétant encore des scientifiques chinois, suisses ou encore japonais ont retrouvé cet insecticide dans le liquide céphaloorachilien, celui dans lequel baigne notre cerveau et notre moelle épinière à la fois chez des enfants et chez des adultes. Le problème d'après ces scientifiques, c'est que la cétamiprite peut peut altérer la structure de certaines parties de notre cerveau et donc provoquer des troubles moteurs ou autistiques.
Elle pourrait aussi déclencher du diabète gestationnel chez la femme enceinte, des maladies cardio-vasculaires, voire des cancers du foie. L'Europe ne dit pas le contraire, elle ne nie pas les risques. L'EFSA, l'Autorité européenne de sécurité alimentaire, l'a dit à deux reprises déjà en 2013 et 2016 dans deux avis.
Mais il n'existe pas de consensus scientifique total sur la question. Dans un nouvel avis, cette fois il y a 2 ans, la pointer d'ailleurs, je la cite, des incertitudes majeures quant aux effets sur la santé humaine. Et elle avait d'ailleurs recommandé à l'époque d'abaisser les seuils autorisés d'acétamypride sans pour autant réclamer d'interdictions pur et simple.
Quand on flupie radifurone et bien les études sont moins nombreuses mais d'après les chercheurs, ces effets seraient les mêmes que l'acétamyde même si la composition est un petit peu différente. Est-ce que réintroduire Aurélie Catalo ses insecticides, ces pesticides dans l'agriculture, même en encadrant avec l'ANES, on en parlait, est-ce que c'est tous nous mettre en danger ? A priori, il y a pas un danger imminent parce qu'on va manger une noisette ou parce qu'on va manger du sucre issu d'une betterave qui a qui a été contaminé avec ces produits là.
En fait, globalement, les effets pour la santé des pesticides en général, ce sont plutôt des effets qu'il faut observer à l'ône du cumul de substances. Donc, c'est ce qu'on appelle l'effet cocktail. Et puis c'est des effets qui s'accumulent dans le temps.
Donc, il faut pas paniquer à la consommation d'un produit, il faut plutôt réfléchir au signal qu'on envoie au consommateur. Ce qu'on dit aux français, c'est les agriculteurs français ont besoin d'être soutenus. on vous invite à consommer français et pour ça bah souvent on c'est un petit peu plus cher de payer français en tout cas sur une partie des produits.
Typiquement les fruits, c'est le cas. Et bien sur quoi on veut générer le consentement à payer du consommateur français si on lui dit finalement il n'y aura pas de caractère mieux disant d'un point de vue sanitaire ou environnemental de la pomme française par rapport par exemple à la pomme polonaise de la cerise française par rapport à la cerise espagnole. Sur quoi voulons-nous que le consommateur français ait envie de dépenser un peu plus cher pour acheter ces produits français ?
C'est vraiment ça le sujet me semble-t-il. François Valette justement sur les ces pesticides et là justement cette réintroduction possible grâce à cette loi. Est-ce que aujourd'hui finalement à travers ce sujet c'est ce dont vous parlé tout à l'heure, est-ce qu'on aborde également notre un problème de souveraineté alimentaire ?
Ça veut dire en gros est-ce que sans ces pesticides est-ce qu'on peut préserver et bien vous par exemple sur les betteraves le fait qu'on soit le plus gros pays producteur de betteraves en Europe et le deuxième au monde ? Bah c'est compliqué. On l'a bien vu euh à la première interdiction des néonicotinoïdes.
On a eu une crise sur la jaunisme nénissante des des betteraves qui a occasionné une baisse de production extrêmement importante. Et c'est suite à cette crise de la jaunice que Julien de Normandie avait ministre d'agriculture l'ancien ministre de l'agriculture avait réintroduit ses et réautorisé temporairement ses ses néonicotinoïdes parce que clairement il y avait pas de solution alternative pour pouvoir lutter contre ça. que si on se donne pas les moyens d'avoir une production suffisante effectivement pour notre souveraineté alimentaire, pour notre souveraineté générale, l'alimentation et l'agriculture, un certain nombre de pays ont quand même compris que c'était une arme diplomatique importante dans le monde.
Et si on veut pouvoir nous aussi bénéficier de cette arme-là, il faut se donner les moyens pour produire suffisamment pour se nourrir, pour nourrir la France, l'Europe, mais mais aussi pour être fort diplomatiquement dans le monde. Oui. Tatania Girola cet am prix des on l'a vu hein, elle va être introduit sous condition limite limité aux exploitations de noisettes.
C'est euh 350 exploitants en France et euh moins de 8000 hactares. Est-ce que vraiment c'est si grave ? Bah oui, c'est grave.
C'est grave pour plusieurs raisons. Déjà c'est un peu la pied dans la le pied dans la porte hein pour faire sûrement davantage après. C'est aussi sur les betteraves qui sont sur des grandes surfaces.
C'est sur le principe même de précaution hein. Vous dites il y a pas de consensus mais ça veut bien dire que il y a des études qui montrent que c'est toxique. C'est toxique on le retrouve dans le cerveau des fétus, on le retrouve ça a des conséquences sanitaires très probables.
Et donc le principe de précaution devrait s'appliquer. D'ailleurs, le Conseil constitutionnel l'a dit, le Conseil d'État, il y a 120 sociétés savantes qui se sont positionné pour dire qu'il fallait pas les autoriser. le conseil de l'ordre des médecins s'est positionné pour dire que il fallait pas les autoriser.
Donc globalement, il y a consensus parmi les scientifiques, parmi les médecins pour dire qu'il faut pas les réautoriser pour la santé humaine. Et donc vous disiez que il y a pas d'autres solutions pour produire des betteraves, mais l'hydra montre que en combinant différentes solutions, des résistances génétiques, des auxiliaires de culture, on peut arriver globalement à réduire les maladies. Et puis effectivement après c'est un choix.
Est-ce que euh on préfère aider une filière en subventionnant de temps en temps quand il y a des baisses de rendement toute et pour garder un environnement sain et puis euh permettre au consommateur de dire qu'on va plus acheter français où est-ce qu'on veut on préfère euh ben euh autoriser des des pesticides qui mettent qui risquent de mettre en danger la santé humaine et surtout qui vraiment qui font s'effondrer les insectes. He les insectes se sont effondrés de 90 % à 75 % en 30. Si le consensus il est si fort que ça en en Europe, on a quand même culturellement les mêmes références.
Je pense que les Allemands, ils ont tout autant envie que nous de préserver leur environnement, de préserver leurs enfants, de préserver les générations futures. Ils ont un parti écologique qui est beaucoup plus fort que nous depuis beaucoup plus longtemps. Comment est-ce qu'on explique que dans tous les autres pays européens qui ont l'équivalent de l'INESS, tous les autres au vu de des de ce soit-disant qu'on sint scientifique ont tous choisi de d'autoriser ces produits et nous en France, on le ferait pas.
Donc c'est pas parce que les autres font pire au niveau de la santé de l'équit quand tout le monde le fait. On peut se dire quand même euh si nous on est les seuls à penser alors soit la conclusion de cette loi d'urgence est qu'on est vraiment suprêmement plus intelligent que tous les autres pays d'Europe et ce sera la bonne nouvelle la deuxième bonne nouvelle de cette loi d'urgence ou alors c'est que on est trop idéologisé trop politisé et pas assez scientifique. On a été un modèle la France a été un modèle pour beaucoup de choses et en avance sur beaucoup de choses et c'est un un des choses sur lesquelles elle était en avance.
Alors, un mot justement oui C là-dessus, est-ce qu'on on avance finalement ? Est-ce qu'on peut être un modèle là-dessus ou alors maintenant le fait que il y a une réintroduction, c'estàd qu'on s'aligne. Oui.
Oui. On avait la France avait été en avance sur l'interdiction de ces substances. Si on les réautorise, bah on se réaligne sur ce qui est valable ailleurs dans l'Union européenne.
Et en fait ça ça révèle un peu le dilemme politique dans lequel la France se trouve, c'est soit on s'aligne sur le moins 10 ans, c'est-à-dire sur ce qui est fait ailleurs. Et dans ce cas-là, comme je le disais, bah on considère que ce qui prévaut vraiment la compétitivité prix et que charge aux agriculteurs français de s'en sortir à ce jeu de cette compétitivité prix et d'aller sortir de la betterave, de la pomme, de la noisette le moins cher possible et rivaliser avec l'Italie, avec la Roumanie et cetera alors qu'on a pas du tout globalement la capacité à rerentrer complètement dans cette course à la compétitivité pris pour une partie de ces productions pour bien d'autres raisons que les pesticides, par exemple, le coût de la main d'œuvre et cetera. Ou alors on considère que la France avait raison d'être pionnière, que c'est à elle de porter politiquement au niveau européen ce débat de est-ce qu'on l'interdit ou pas les substances au niveau européen et puis aussi de réfléchir à bah pour mes agriculteurs, pour mes industries agroalimentaires concernées, quelle alternative je leur offre.
Donc c'est soit de trouver des solutions euh compensatoires, c'est soit aussi de se dire "Bah demain, c'est clair, on va faire moins de betteraves que ce qu'on fait aujourd'hui. On va peut-être faire le titre de premier producteur de betterave dans l'Union européenne, mais c'est pas un but en soi. Par contre, est-ce que je peux offrir des cultures alternatives aux producteurs de betteraves sur lesquelles il génère un revenu au moins équivalent ?
Et qu'est-ce que je peux proposer aussi aux industries qui aujourd'hui tournent grâce à la betterave ? On voit que c'est une vraie question politique. F Tati Algéro, ce matin, la ministre de la transition écologique, Monique Barbu, a présenté sa démission.
Elle a justifié sa décision dans un poste sur LinkedIn dans lequel elle dénonce un éème le voilà le recul gouvernemental de trop. Bon finalement des missions pas accepté, elle reste au gouvernement. Est-ce que vous diriez qu'une personnalité issue de la société civile qui a qui défend l'écologie des idées écologiques a vraiment un avenir en politique ?
Euh bah en ce moment, on a l'impression que c'est pas le cas hein. Il y a plusieurs ministres de l'écologie qui ont démissionné. clairement, ils ont pas une voix qui porte leur dans le protocole, ils ont été rétrogradés plusieurs fois, le contour de leur ministère a été raboté plusieurs fois.
Clairement, ils ont pas une voix qui porte suffisamment et c'est vrai queon voit, il y a des reculs environnementaux depuis quelques années absolument effroyables que ce soit sur la production la protection des zones humides, la protection des espèces en général sur les pesticides. Je voudrais quand même parce que c'est vrai que ça nous a rappelé quelque chose tout de même cette démission qui n'a pas été acceptée et au début la présidence Emmanuel Macron et ben il y en a eu une autre, c'est notre archive du jour qui nous ramène en août 2018. Ce jour-là apparaît au grand jour les tensions au sein du gouvernement entre promesse écologique et maintien du modèle agricole.
Nicolas Hulot alors ministre de la transition écologique va refuser de s'aligner et va démissionner en direct. C'est une séquence réalisée sans filet. Je ne veux plus me mentir.
Je veux pas donner l'illusion que ma présence au gouvernement signifie qu'on est à la hauteur sur ces enjeuxl. Et donc je prends la décision de quitter le gouvernement aujourd'hui. Vous vous êtes sérieux là ?
Oui, je suis sérieux. Nicolas Hul a les larmes aux yeux. C'est sans doute la succession de nombreux revers dont le dernier s'est déroulé hier.
Une réunion à l'Élysée avec les représentants des chasseurs. J'ai découvert la présence d'un lobéiste qui n'était pas invité à cette réunion et c'est symptomatique de la présence des lobby dans les cercles du pouvoir. La présence des lobbyes, le lobby agricole.
François Valerte est-il encore à la manœuvre dans cette réintroduction des pesticides dans la loi agricole ? Mais non, mais là là on a des grands acteurs. Si chaque ministre de l'agriculture avait démissionné ou fait un cinéma pareil à chaque fois qu'il y avait un recul pour l'agriculture, on aurait changé de ministre toutes les semaines.
Même ou Ah ben non, mais pas toujours. Pas toujours. 2016 interdiction des néonicotinoïdes.
Clairement, ils ont perdu. Ils ont pas fait un cinéma pareil. Là, là, on est dans le théâtre clairement.
En attendant, cette loi agricole a généré une ambiance électrique, hein, à l'Assemblée nationale pour le juste avant le vote. C'est lundi soir. Euh la gauche dénonce un déni de démocratie et même dans le camp présidentiel, certains vont regretter le manque de débat.
C'est le cas de la présidente de l'Assemblée nationale elle-même, à elle Brand Pivet. Je vous propose de la regarder. Je suis toujours extrêmement gênée que des dispositions telles que celle-ci dont on sait à quel point elle heurte nos concitoyens et en témoigne les 2 millions de signataires de la pétition sur la loi du plomb l'année dernière ne puisse pas être débattu par l'Assemblée nationale.
Vous savez dans une démocratie, il ne faut jamais avoir peur du vote. Alors est-ce queil s'agit d'un déni Aurélie Catalo ou bien est-ce que c'est une instrumentalisation politique ? La loi agricole dans son ensemble, c'était un texte très hétéroclite et je ne doute pas qu'il y a des dispositions pour lesquelles il y ait un une majorité plutôt favorable.
Je pense aux disposition qui était relatives par exemple à la sécurisation du revenu agricole. En revanche, sur le sujet des deux pesticides don dont on parle là, quand même nos concitoyens, ils avaient eu l'occasion déjà d'exprimer leur opposition. Le principe d'une démocratie lors de la loi du plomb notamment l'été dernier 2 millions de signataires.
Exactement. Le principe d'une démocratie, c'est normalement le pouvoir par le peuple et le législateur, il est censé représenter l'opinion de nos concitoyens. Là, le législateur a dit "Je pense que nos concitoyens se trompent, n'ont pas raison.
Je sais mieux que eux ce qui est en faveur de l'intérêt agricole et donc je prends une décision qui est son taux de vraissemblance enfin non non conforme à l'opinion publique. Ça déjà ça n'est plus vraiment une démocratie. C'est ce qu'on appellerait soit une aristocratie un peu éclairée au sens des gregs antiens ou éventuellement une technocratie.
C'est plus exactement une démocratie et en plus cette décision elle est pas complètement assurée assumée. On voit bien qu'elle a fait débat politiquement et donc le politique pour ne pas avoir endosser 100 % de la responsabilité de cette décision renvoie la décision à l'anesse. Et donc là vraiment je pense que ça endosse un peu ce principe de technocratie où une décision qui est de nature politique n'est plus assumée par le politique.
Oui. Alors justement à propos de l'ancessina Girot euh l'agence de sécurité sanitaire va avoir 2 mois hein donc pour se prononcer sur la dangerosité du produit. Les opposants disent que euh ce n'est pas suffisant pour analyser vraiment le produit.
Pourtant des études, vous en avez cité tout à l'heure, on en a depuis des années. Donc pourquoi finalement et bien aujourd'hui et bien on le connaît exactement ce qui se passe ? Euh pourquoi il nous faut autant de temps encore pour connaître la la dangerosité de ce produit ?
Donc euh le problème, il y a plusieurs problèmes. Le problème de l'ANC, c'est que donc il y a eu un décret qui a fait que qui l'a mis sous tutelle du ministère de l'agriculture. Donc elle est plus complètement indépendante.
Il y a le problème que les études qui sont fait sur la toxicité euh des insectes, donc on a des études hein qui sont faits mais euh quand un produit doit être homologué, euh en général c'est euh les industriels qui produisent ces molécules qui font les tests et qui les présentent. Donc déjà, c'est un problème. Ils le font sur des tests de toxicité aigu.
Donc en mettant des très grosses doses mais en regardant pas tout le long de la vie des insectes. Ils éluent pas l'effet cocktail alors queon sait que la combinaison de plein de pesticides, c'est plus toxique qu'un seul pesticide. Ils le font que sur l'abeille domestique et pas sur les abeilles sauvages et cetera.
Donc dans les textes qui existent actuellement, il y a plein de problèmes et donc comme je disais, l'État a été condamné et devait présenter un texte cette année pour produire des tests qui étaient des vrais tests qui prennent en compte la science et n'a pas produit un test à la hauteur. Donc il y a pas actuellement euh d'études qui sont à la hauteur de l'évaluation de la toxicité environnementale malheureusement. Bon et ben écoutez, j'ai l'impression qu'on va à côté.
Ceci étant, la directrice voulait 6 mois un amendement été proposé, il a été refusé de l'anestre mais si elle est un peu clairvoyante, elle sait qu'elle va être consulté donc elle peut dès maintenant lancer essencer à faire des études làdessus hein. Vraiment le problème c'est que l'in a été mis sous tutelle. Voilà qui dépend en effet du ministère l'agriculture, il faut le dire aussi l'ess à vous trois d'être venus débattre ce soir de ce sujet dont nous allons sûrement reparler ces prochains jours.
Merci à vous. Allez à suivre les chroniques de Marjoré Adelson et Théophile Cossa. Nous verrons que pour se rafraîchir, certains figurez-vous optent pour des salles de neige.
Et oui, en leur demeure flocon et fraîcheur à domicile et tout ça fait un bien fou bien sûr à la planète. Avant de nous intéresser à la galerie Apollon du Louvre, vous savez là où se trouvaient les bijoux de la couronne dérobé en octobre dernier, elle rouvre aux visiteurs. Nous verrons comment ça marche.
Mais avant ça, rejoignons bien le le Mohamed Ali de la culture G. Il frappe vite et on se souvient toujours. Aujourd'hui, vous dînerz moins bête.
Faut-il enfermer les fous ? Faut-il enfermer les fous ? La question vous paraît farfelue et pourtant dans la Grèce antique [musique] la folie n'est pas un problème à cacher.
Pourquoi ? Parce qu'elle vient des dieux. C'est un châtiment divin ou un don sacré.
Hippocrate tente bien de l'expliquer par la bile noire, la bile jaune. Mais l'essentiel reste. Le fou appartient [musique] au monde divin.
On peut le craindre, le mépriser, lui cracher dessus, mais on ne l'enferme pas. Il fait partie de l'ordre cosmique. [musique] Au Moyen-Âge, le fou devient utile.
Il anime le carnaval. dit ce que personne [musique] n'ose dire et à partir du 14e siècle, il s'installe même au trône. Le fou de cours peut [musique] insulter le roi sans perdre sa tête.
Triboulé, fou du prince René d'Anjou est un comédien si respecté qu'on sculpte son portrait. Le fou est un miroir [musique] inversé de la sagesse royale. On l'exhibe, on ne l'enferme pas. [musique] Tout bascule au 18e siècle avec les lumières.
La raison devient la valeur suprême. Le fou lui incarne le chaos, le désordre, il dérange. Il faut donc l'éloigner.
En 1838, une loi impose un asile par département. L'internement devient facile, arbitraire. Les femmes évidemment sont les premières victimes.
On les enferme pour agitation politique, lecture de romans, refus de faire le ménage. Hercili Roui, pianiste [musique] célibataire, est interné 15 ans à la demande de son demi-frère parce qu'elle prétend être [musique] musicienne. À la salle pétrière, les conditions sont inhumaines, cellules aveugles, électrochoc, [musique] les femmes deviennent des cobails.
Entre 1940 et 1945, ce n'est pas mieux. 45000 malades meurent de faim dans les asiles français. [musique] Il faut donc attendre que Michel Fouco publie Histoire de la folie en 1961 pour qu'on réforme la psychiatrie.
Les asiles deviennent des hôpitaux on veut resocialiser. Aujourd'hui, un français sur 5 souffre de troubles psychiques. Mais selon la direction de la recherche et des statistiques, entre 2003 et 2023, la France a perdu 8000 lits d'hospitalisation en psychiatrie. [musique] Voilà, vous dînerz moins bête.
Merci Victor de Kiver. faudra un jour qu'il nous invite à ces dîners où on finit moins bête finalement parce que c'est pas c'est pas toujours le cas. Il est temps de les retrouver Marjor Edelson et Théophile Cossa on va commencer avec vous Marjorie.
Alors qu'en France on réfléchit à comment survivre aux prochains épisodes de canicules, certains et bien n'ont pas cette préoccupation. Oui. Clim ou pas clim ?
Telle est la question pendant que la France cherche de l'ombre. D'autres se font carrément livrer. L'hiver à domicile.
Comment ? Avec des snowroom, des chambres à neige en français. C'est la nouvelle lubi des ultra riches.
Alors ça fonctionne comme un sona mais à l'envers, il s'agit d'une grotte enfin d'une pièce maintenu à - 10°. Objectif recréer de l'hiver en plein été dans votre maison. Alors concrètement, vous appuyez sur un interrupteur et des flocons se mettent à tomber pendant que dehors le monde suffoque.
L'idée, c'est de recréer une immersion totale dans la nature, un voyage sensoriel unique. Enfin, ça c'est ce que nous disent les fabricants. Et oui, car cette aberration écologique, on la doit à une entreprise technoalpine, c'est son nom.
Alors, initialement, elle crée de la neige artificielle pour les stations de ski et bien désormais pour les intérieurs aussi. Alors tout est on choisit le style comme si on aménageait son salon. Si vous êtes par exemple plutôt ambiance rocher et bien il y a le stone design que vous voyez.
C'est voilà c'est un choix. Ouais. [rires] Si vous préférez les arbres, Jean-Mthieu, je sens que c'est le cas, pas de problème.
L'option Foreste est pour vous. Alors tout est possible à une condition, être riche. Prix d'entrée de gamme 130000 dollars, pause comprise.
L'hiver n'est plus une saison, c'est une option. Alors surtout, est-ce que ça marche en fait ? Ben en fait, il y a de plus en plus de demandes.
Mohamed Ben Salman, le prince héritier d'Arabie Saoudite a fait installer par exemple des snowrooms dans son énorme yacht. L'un des plus grands jamais construit. La mer paraît-il ne serait pas assez fraîche.
De plus en plus de propriétaires de Ych demandent ainsi à être équipés mais aussi des villas de luxe. Mais il n'y a pas que des milliardaires. Les hôtels haut de gamme commencent à s'y mettre mais aussi des spa.
Objectif se prélacer après un sona. C'est le fameux chaud froid. Alors, il faut dire quand même que historiquement le froid, ça a toujours été l'apanage des bien nés, un signe extérieur de richesse.
L'empereur Néron, par exemple, faisait déguster à ses convives, dessorbé à base de fruits, mélangé à de la neige. Bon, alors à l'époque, il n'y avait pas de congélateur ni de réchauffement climatique d'ailleurs, mais en tout cas aujourd'hui, cette tendance préoccupante, elle s'inscrit plus largement dans ce qu'on appelle le business du froid au même titre que la cryothérapie ou les fameuses stations de ski à Dubaï. Autrement dit, le froid comme nouvelle source de bien-être et surtout comme on va dire désastre écologique, hein.
Oui, avec un mépris ou un déni, hein, c'est selon de la réalité de notre planète. Selon une étude Oxfam, un yach consomme déjà bien plus qu'un jet privé. Alors, imaginez avec une snowroom en plus.
Voilà donc une manière de montrer sa puissance après la lutte des classes. Voici donc la lutte des glaces. Voilà, ça me s assez logique.
Merci beaucoup Margerie. Allez, Théophil avec vous et bien on va à Paris hein. Voilà, capitale donc de la France. vous emmener au musée du Louvre.
Depuis aujourd'hui, les visiteurs peuvent de nouveau arpenter la galerie à pollon qui était fermée au public et bien après ce fameux braquage bien sûr en octobre dernier. Alors racontez-nous, rouvrir la galerie d'Apollon, comment ça marche. Regardez ce lieu absolument magnifique.
Une galerie longue de 60 m, 600 m² 15 m de hauteur sous plafond. Sur le plafond justement et les murs, un ensemble de 105 œuvres d'art. Alors des peintures d'énormes stars, Charles Lebrin, Eugène de la Croix, des sculptures, des dorures, des tapisseries construites un sous Louis XIV.
Elle accueillait depuis 1889 la fameuse collection des diamants de la couronne. Mais le matin du dimanche 19 octobre 2025, des braqueurs passent par une des fenêtres de la galerie, force deux de ces vitrines à coup de disqueuse. Hit joyaux de la couronne de France sont dérobés.
Ils ont toujours pas été retrouvés, hein. La galerie était donc fermée depuis 9 mois. Mais elle vient de rouvrir aujourd'hui.
Alors sans vitrine à l'intérieur ou presque et celle qui reste son vide fini les collections de bijoux, de joyaux et d'objets précieux. La salle en fait va désormais rester vide pour redevenir ce qu'elle était au 17e siècle à savoir une galerie d'apparat où l'on déambule pour admirer ces décors. C'est notre galerie des glaces à nous disait récemment le nouveau président du Louvre Christophe Libribo dans les colones du Parisien.
Alors Théophile, c'est bien beau tout ça mais alors c'estes bijoux là justement on a tellement parlé. On en est où là ? Il va falloir encore un peu patienter avant de les revoir.
La couronne de génie, vous savez, qui était tombée par terre dans la rue, abandonnée par les braqueurs, est toujours en cours de restauration et puis surtout la salle qui les exposera n'existe pas encore. Ça sera une sorte de chambre forte sans fenêtre qui sera installée dans un autre endroit du musée d'IP patron du Louvre. Mais un le lieu adéquate n'a pas encore été trouvé et de le chantier s'annonce très costaud.
Il va falloir le financer et ça c'est pas gagné. Et pourquoi ça ? Bah, les caisses du Louvre sont vides et que et les chantiers he s'additionnent dangereusement déjà rien que pour rénover le musée le plus visité au monde.
Des plafonds qui s'affessent dans certaines graveries par endroit la clime qui marche plus. Ils ont même été obligés de fermer certaines salles pendant la canicule. Le chauffage en panne dans les bureaux, des canalisations vétustes, des fuites d'eau.
Bon, et puis il faut aussi moderniser l'institution en projet créé une nouvelle entrée pour désengorger la pyramide, une nouvelle salle d'exposition au sous-sol. pour la Joconde et bien sûr renforcer la sécurité. Le cas a révélé toutes les failles dans ce domaine.
Donc plus de caméras et même tout un nouveau euh système de vidéosurveillance avec des accès renforcés et cetera. Coût de tous ces chantiers rassemblés dans le projet L'ouvre nouvelle Renaissance 1 milliard d'euros. Il m'ont commusé 360 millions quand même que son président espère trouver auprès de mes scènes.
Quelque chose me dit qu'on n'est pas prêt d'admirer de nouveau la couronne de génie. Si vous cherchez à faire un don en tout cas voilà ça peut être une bonne idée. Merci beaucoup Théophile.
Merci mes amis à suivre sur votre série animée de chat avant de découvrir ou redécouvrir le film horors norme les réisateurs tooledano et Nakach font vibrer la fibre sociale de Vincent Cassel et Red Catem. Et bien sûr ça se regarde sans aucune modération. Nous on se retrouve demain pour un nouveau numéro de 28 minutes.
C'est facile he l'horaire ne bouge jamais. 20h05 sur tus
Emmanuel Macron