Philippe Poutou secoue la gauche : “On ne peut plus être sages !”
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Chapitres
Répartition du ton (temps de parole politique)
Propositif 33 %Attaque 48 %Défensif 20 %
Questions et réponses
Taux de réponse directe : 98 % (directe = 1, partielle = 0,5, éludée = 0)
- 0:54OuverteRéponse directe
Comment t'arrives dans la politique, quel est ton parcours ?
- 2:34OuverteRéponse directe
Comment on arrive à devenir candidat aux présidentielles ?
- 3:54OuverteRéponse directe
Et toi, ça t'intéressait ?
- 6:15OuverteRéponse directe
Il y a donner envie aux gens de faire de la politique et l'auto-organisation, c'est une mission historique de la gauche.
- 6:44OuverteRéponse directe
Comment on fait pour représenter la classe ouvrière et l'intégrer à la politique ?
- 12:52OuverteRéponse directe
Tu as parlé des médias bourgeois, tu as des séquences qui sont devenues très virales.
Affirmations vérifiables (citations exactes)
- 0:09Invité politiqueFait
« Le pire, c'est l'abstention dans les manifs ou l'abstention dans les luttes. »
- 1:59Invité politiqueFait
« C'est l'assassinat des lois Machereau. Donc, c'est janvier 85. »
- 3:06Invité politiqueFait
« Moi, j'étais ouvrier à Ford, à Blanquefort, juste à côté de Bordeaux. »
- 3:36Invité politiqueFait
« C'était Sarkozy et Lagarde à ce moment-là. »
- 8:47Invité politiqueFait
« On l'a vu avec les femmes en Iran. »
- 10:08Invité politiqueFait
« La réduction du temps de travail serait fondamentale là-dedans. »
- 24:20Invité politiqueFait
« On pourrait reprocher à l'AFI d'avoir plus compté sur le PS que sur sa gauche. »
- 26:16Invité politiqueFait
« C'était le front unique antifasciste. »
- 26:33Invité politiqueFait
« Hollande ou d'autres c'est fou d'ailleurs qu'ils puissent se retrouver là dans un programme qui était à l'opposé de ce qu'ils avaient pratiqué un peu avant. »
- 27:11Invité politiqueFait
« À Perpignan contre un maire d'extrême droite ou à Carcassonne pour éviter que l'autre fou de Barthès puisse être élu, ça aurait été justifié et certainement beaucoup plus efficace. »
- 29:13Invité politiqueFait
« Pour la première fois et c'est un peu l'originalité de la prochaine élection présidentielle : c'est que pour la première fois l'extrondroit peut gagner. »
- 29:20Invité politiqueChiffre
« On nous sort des sondages où Bardella est largement devant ce qui est complètement dingue. »
- 30:11Invité politiqueFait
« Il y a eu un effet panique et pour une fois la panique la réponse à cette panique là ça a été non ça va pas le faire. »
- 30:23Invité politiqueFait
« Et il y a eu des manifs le dimanche soir et le lundi soir des manifs très importantes et pas qu'à Paris. »
- 33:16Invité politiqueFait
« On était surpris presque surpris qu'en septembre dernier le mouvement en bloquant tout on se dit tiens ça va redémarrer et puis non ça n'a pas redémarré. »
- 33:36Invité politiqueFait
« L'assassinat de Naël avait provoqué un embrasement dans des quartiers populaires. »
- 35:22Invité politiqueFait
« Les réactions de merde les réactions mais c'est fou mais bon on savait que ça existait quand même. »
- 48:33Invité politiqueFait
« Ils ont lâché une bombe sur une maison depuis un hélicoptère et ça a cramé 60 maisons d'un quartier noir. »
Temps de parole
- Invité politique82 %
- Présentateur18 %
≈ 0,6 interruption / 10 min (chevauchements et interjections détectés).
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Mais nous, on me dit que le pire, c'est pas tellement l'abstention dans les élections, même s'il vaut mieux voter, il vaut mieux s'exprimer lors d'une élection. Le pire, c'est l'abstention dans les manifs ou l'abstention dans les luttes. La résignation, en fait. On se présente pas parce qu'on rêve d'être président. Nous, c'est une mission militante, en fait. Même à gauche, il y a des gens qui nous embrouillent l'esprit et qui nous expliquent qu'il faut être sage. Et nous, on dit non, non, non, mais on peut plus être sage maintenant. À un moment donné, il faut que ça bascule et il va falloir qu'on discute clairement de comment on fait changer les choses.
Bonjour à toutes et à tous, bienvenue pour un nouvel épisode du Fauteuil. Aujourd'hui, j'ai le plaisir d'accueillir Philippe Poutou, ancien candidat à la présidentielle et conseiller municipal à Bordeaux, libraire également à Bordeaux. Bonjour Philippe Poutou, merci d'être avec nous. Bonjour. On commence toujours par une question dans le fauteuil, c'est de se demander comment t'arrives dans la politique, quel est ton parcours, c'est quoi le moment qui t'a politisé ? D'abord, je suis ex-conseiller municipal.
Oui, pardon, j'ai pas un bien joué, effectivement. Toujours libraire, mais ex-conseiller municipal, donc depuis la fin du mandat qui vient d'arriver. Après, mon engagement politique, c'est comme plein de gens, je pense. C'est des choses qui nous révoltent. En général, ça arrive quand on est jeune, mais ça peut arriver plus tard. Moi, c'est arrivé quand j'étais au lycée, fréquentation de potes plutôt à Nard, et puis rencontre avec des militants révolutionnaires. Et puis voilà, ça part comme ça dans une période. Moi, je suis assez âgé maintenant.
Ma jeunesse, c'est les années 80, c'est le début de Mitterrand, de cette soi-disant gauche qui avait suscité beaucoup d'espoir, notamment dans les générations de mes parents. Et en fait, il va y avoir beaucoup de déceptions, parce que ce gouvernement de gauche va renier énormément de choses, de ce qu'il avait prévu de faire. Et notamment, moi, ce que je me souviens, c'est l'assassinat des lois Machereau. Donc, c'est janvier 85. Machereau, et puis un copain à lui, enfin, un autre militant kanak, assassiné par la gendarmerie, par l'armée, c'était sous Mitterrand. Donc, à l'époque, j'étais à fond. Je pensais d'ailleurs que Mitterrand allait donner l'indépendance à la kanakie.
J'étais quand même, mais j'étais jeune, mais j'ai plein d'illusions. C'était un peu le côté choc, le côté « Oh, l'enfoiré ! » Après, derrière, ça avait été le massacre des kanaks à Ouvéa. Donc, cette période-là, je pense que c'est ça qui a joué un rôle important dans l'engagement.
Tu as été candidat aux présidentielles. Comment on arrive à devenir candidat aux présidentielles ? C'est une question qui me... Je me la pose aussi, encore. Comment on se projette là-dessus ? Et comment tu l'as vécu, cette période aussi ? Ça doit être assez...
Là, c'est vraiment un concours de circonstances qui fait que je me suis retrouvé là. Mais l'essentiel de cette histoire-là, c'est la lutte contre la fermeture de l'usine Ford. Il y a deux événements. Il y a Olivier Besancenot qui ne souhaitait plus être candidat pour le NPA. Et donc, il fallait en trouver un un peu dans l'urgence. Et en même temps, il y a la lutte contre la fermeture de l'usine Ford. Moi, j'étais ouvrier à Ford, à Blanquefort, juste à côté de Bordeaux. Et il se trouve qu'à ce moment-là, en 2011, on a une victoire. Parce que Ford voulait fermer l'usine, a été partie et revenue et a remis de la production. Enfin, il y a eu un achat-vente de l'usine.
Enfin, bon, une histoire rocambolesque. Et donc, c'était une sorte de victoire momentanée. Puisque après, des années après, on a fini par vraiment perdre. Et l'usine a finalement été vraiment fermée. Mais à ce moment-là, on gagne. Et on fait reculer Ford. Et on oblige même, d'une certaine manière, le gouvernement à intervenir dans ce sens-là. C'était Sarkozy et Lagarde à ce moment-là. Donc, des amis. Et donc, ça tombe là. Et donc, il y avait le profil un peu d'une victoire sociale. Et donc, c'est ce qu'on voulait aussi représenter. Donc, c'est comme ça que je me retrouve un peu dans l'hypothèse d'une candidature pour le NPA. Et puis, ça va aboutir.
Et toi, ça t'intéressait ?
C'est difficile à dire, ça. Je ne sais pas. Ça fait bizarre de dire ça. Parce qu'en fait, nous, c'est particulier. On ne se présente pas parce qu'on rêve d'être président. D'abord, parce qu'on pense que c'est une fonction complètement antidémocratique. Et puis, c'est même complètement fou d'espérer être président. Enfin, de penser qu'on pourrait l'être et tout ça. Donc, nous, c'est une mission militante, en fait. Une mission de porte-parole. Et puis, d'essayer de faire passer. Ou en tout cas, de faire entendre des idées. Et puis, de faire entendre d'une autre façon de faire de la politique. Enfin, tout ce qu'on peut véhiculer à travers une campagne de militants révolutionnaires.
Et donc, bon, ben voilà. Il se trouve que j'avais accepté de faire ça. Et puis, voilà. Puis, je l'ai fait trois fois. Alors qu'au départ, c'était pour une fois.
C'était plutôt un succès sur cet aspect-là. C'était de montrer autre chose. Je pense qu'il y a toute une génération de militants de gauche qui voyaient dans tes candidatures et tes campagnes et un vent de fraîcheur sur le...
Oui, oui.
C'est ce que...
Oui, il y a un petit décalage avec les scores électoraux. Mais à la limite, c'est des décalages qui sont logiques. Puisque les gens, ils ne nous voient pas comme des potentiels vainqueurs. Ils ne nous voient pas, d'ailleurs, comme de ceux qui... Oui, voilà. Ce seraient des vrais candidats, en fait. Mais plus des gens pour montrer autre chose ou pour dire autre chose ou faire exister autre chose. Et de ce point de vue-là, on peut dire que ce soit avec Olivier Besancenot, mais même d'autres militants révolutionnaires, militantes révolutionnaires. Parce qu'on peut penser, évidemment, à Arlette Laguiller dans les années 70 ou à Alain Crivine pour notre courant à peu près à la même époque.
À chaque fois, on pense que ça joue un rôle très utile. En tout cas, ça fait exister une contestation politique au système capitaliste. Et ça fait exister, ou en tout cas, ça montre qu'il peut y avoir autre chose que toute la merde qu'on a en permanence dans le monde politique. Et puis c'est vrai qu'il y a des retours assez positifs sur le fait qu'on soit là, qu'on dise des choses. Bon, après, il faudrait trouver une manière peut-être... Enfin, arriver à être un peu plus efficace dans la défense de nos idées. Parce qu'on fait quand même, grosso modo, du surplace.
Et ça nous pose aussi un problème de savoir comment on peut faire pour à la fois faire entendre des idées, mais après, derrière, donner vraiment envie aux gens de faire de la politique et de s'organiser par elles ou par eux-mêmes. Enfin voilà, c'est quelque chose qui est assez compliqué à faire. On ne se satisfait pas juste. Regardez, on est là, on dit des choses, c'est cool. Derrière, on aimerait bien. Et voilà, il y a quelque chose qu'on ne sait pas faire ou en tout cas qu'on ne sait pas amener à faire.
Il y a donner envie aux gens de faire de la politique et l'auto-organisation, c'est une mission historique de la gauche. Mais il y a toujours un petit paradoxe. C'est la représentation des classes ouvrières. Ce qui a aussi été, disons, un vent de fraîcheur pour les militants de gauche, c'était de voir un ouvrier sur un plateau télé en train de dire des vérités ou des positions révolutionnaires à des représentants de la classe bourgeoise. Comment on fait pour représenter la classe ouvrière et l'intégrer à la politique ? Et pourquoi une partie de la gauche ne le fait toujours pas ? Voir toute la gauche, en fait, quand on y pense.
Après, la gauche, c'est toujours pareil. C'est quand on utilise ce mot-là. On se dit, comment on peut le définir ? Parce que c'est où la frontière ? Et une grande partie de la gauche a tellement renié ses propres idées. On va dire la gauche institutionnelle ou la gauche de pouvoir ou la gauche réformiste, qui, elle, se moquent pas mal quand même de la représentation populaire. Parce qu'en fait, c'est pour ça, c'est aussi le rapport aux élections, c'est le rapport aux institutions.
Même dans la gauche, il y a plein de gens qui pensent qu'ils sont les bons représentants et qu'eux seuls ou elles seules pourraient représenter et pourraient diriger la société et faire mieux que ce que la droite fait sans discuter qu'en fait, les institutions elles-mêmes sont profondément antidémocratiques et qu'il est en réalité impossible de changer profondément les choses dans le cadre institutionnel ou dans le cadre d'une société telle qu'elle est aujourd'hui.
Et nous, on représente une autre gauche, mais on va dire la gauche révolutionnaire ou la gauche anticapitaliste et d'essayer de dire que ce qui est déterminant là-dedans, c'est la seule force capable de transformer réellement la société, c'est la population, c'est le camp des opprimés et à travers leur révolte, à travers leur lutte sociale, à travers leur auto-organisation. Pour nous, c'est ça le moteur. Donc une élection peut permettre de dire ça, de l'exprimer.
Et c'est pour ça que sur les plateaux télé, des fois, c'est plutôt intéressant de pouvoir le dire, de se confronter à ces représentants de la bourgeoisie ou en tout cas des classes plutôt aisées qui sont plutôt contents du système et puis qui ont un gros mépris social envers justement tout ce qui est en bas, tout ce qui est populaire. Et donc, voilà, nous, on peut exprimer ça, exprimer cette idée-là. Après, derrière, pour que ça change vraiment, il faudrait qu'il y ait eu... Je ne sais pas comment ça peut se passer, parce qu'on a vu, on le voit dans l'histoire ou on le voit même récemment, il y a des fois des embrasements. On l'a vu avec les femmes en Iran.
On le voit en Amérique latine, on le voit en Asie. Enfin, dans tous les continents, on voit à un moment donné des révoltes populaires et on se dit, ça y est, il va se passer quelque chose. Et on voit bien d'ailleurs que la force, elle est là. Elle est dans la révolte populaire. Elle est dans l'occupation de la rue. Et c'est comme ça que ça bouscule les pouvoirs et c'est comme ça que les dominants ont peur. Mais après, la difficulté qu'il y a, c'est comment tout ça, ça tient ou comment ça laisse des vraies traces.
et comment à un moment donné, la population finalement, au-delà de la colère qui s'exprime, comment il y a cette ambition et cet objectif de prendre le pouvoir, en tout cas d'organiser par elle-même la société. Et nous, on essaie de représenter ça. Après, la gauche, comment faire en sorte qu'il y ait une véritable représentation populaire ? En fait, le meilleur moyen, c'est que les gens fassent de la politique au quotidien. Et ce qui est déjà le cas en réalité, il y a le décalage qui a, c'est le monde politique où on a souvent des classes sociales plutôt aisées, des professions libérales logiques.
C'est elles qui ont la disponibilité morale et c'est elles qui ont même le temps de faire de la politique. Par contre, les gens les plus en difficulté dans les situations de précarité, dans les situations de souffrance sociale, ils n'ont pas la disponibilité pour faire de la politique pour, après le boulot ou après une journée ou pendant la journée, de s'occuper de ça. Et donc, du coup, ça pose plein de problèmes. C'est la question, on pourrait dire, la réduction du temps de travail serait fondamentale là-dedans. C'est-à-dire, en fait, de faire en sorte que les gens aient le temps réellement. Oui, de se poser la question.
Après, c'est la question du niveau de vie, c'est la question d'avoir les moyens et c'est là où on voit que la société, elle ne permet pas tout ça. Nous, on l'a vu à l'échelle municipale. Quand j'étais conseiller municipal, on avait une petite équipe militante et on essayait de faire chier la gauche au pouvoir qui n'était pas vraiment de gauche. C'était une mairie écologiste. Oui, écolos et socialistes, bien peu de gauche et bien peu écolos non plus.
Et nous, on essayait de leur expliquer, mais on n'avait pas d'illusion, mais on essayait de leur dire qu'en fait, leur boulot, ce serait en fait de mettre en place des outils, un cadre où la population peut se retrouver, discuter, échanger et même de permettre à ce que la population, elle a un droit de décision et quelque part, au moins un peu de pouvoir à l'échelle locale. Et ça, ils en sont incapables. Ils ne veulent même pas. Ils en ont peur même de donner du pouvoir à la population.
On voit que rien ne change parce que la population, à aucun moment, elle est encouragée à s'auto-organiser à faire de la politique, à se réunir et puis lui montrer qu'elle pourrait avoir le droit et le pouvoir de décider de ce qui la concerne directement. Et ce serait ça la véritable représentation. C'est en fait s'auto-organiser et décider par elle-même de ce qu'il est intéressant de faire ou de ce qu'il est important de faire à l'échelle locale dans un quartier ou sur le lieu de vie.
Ce qui explique l'augmentation de l'abstention à chaque scrutin maintenant. Avant, on disait que l'abstention était uniquement aux élections nationales, mais là, même aux municipales, il y a eu pas mal d'abstentions.
Mais là, c'est la traduction aussi, en tout cas, la suite de tout ce qui peut être reniement de la gauche, mais pas que, parce que c'est aussi une société de plus en plus violente qui casse tous les collectifs, qui écrase. Alors, c'est pas nouveau, il y a toujours eu un écrasement des populations, en tout cas, une sorte d'étouffement et d'empêcher à ce qu'elle puisse penser autre chose ou penser par elle-même. Ben oui, ça se traduit par de l'abstention, mais nous, on me dit que le pire, c'est pas tellement l'abstention dans les élections, même s'il vaut mieux voter, il vaut mieux s'exprimer lors d'une élection. Le pire, c'est l'abstention dans les manifs ou l'abstention dans les luttes.
La résignation, en fait, c'est quand on n'y croit plus au collectif, on pense qu'on devient fataliste, on pense que ça sert à rien de se battre. C'est ça qui nous coûte cher, en fait. À la limite, s'abstenir aux élections, c'est le moins gênant parce qu'une élection, on est tout le temps déçu. Le soir de l'élection, on est déçu, on est content, mais quelques temps après, de toute façon, on est déçu. Donc, en fait, le pire, c'est l'abstention dans les luttes et ce serait ça. Comment on peut se retrouver de la confiance et comment on peut se dire, ben oui, on a ça à faire au moins, se battre ensemble, se solidariser et combattre tout ce qui peut diviser
les populations opprimées. Tu as parlé tout à l'heure des médias bourgeois et des séquences que tu as pu avoir dans ces médias dits bourgeois, en tout cas, les médias classiques, on va dire. Tu as des séquences qui sont devenues très virales. À l'époque, notamment des débats avec Le Pen et Sarkozy. Il y avait aussi François Fillon. Ces moments-là, est-ce que tu les as préparés où tu disais que tu avais des petites phrases, que tu les as travaillées ou bien quand tu vas sur ce genre de plateau, tu es en mode je vais y aller à l'instant, je vais dire ce que je pense et est-ce que c'était quelque chose de spontané ?
Il y a les deux.
Évidemment, quand on se présente à une élection ou présidentielle ou même toutes les autres, les municipales, parce qu'au Nouveau Parti anticapitaliste, comme dans beaucoup d'organisations révolutionnaires même, on participe aux élections, ce qu'on disait au départ pour faire entendre donc on prépare, enfin on prépare, en tout cas on essaie d'avoir un peu d'efficacité et de savoir comment on va dire les choses, donc forcément on essaie de réfléchir à la façon dont on va communiquer, mais après il y a une grande part de spontanéité, enfin entre guillemets, on peut appeler ça comme ça, parce qu'en fait une interview ou un passage télé, on ne maîtrise pas grand-chose, on a beau avoir de l'expérience, on a beau, que ce soit Olivier ou moi ou d'autres camarades, au fil des années on se dit bon ça va on a un peu et puis en fait on s'aperçoit que le cadre d'une interview ou le cadre d'un plateau télé ou radio, on ne le maîtrise pas du tout, c'est maîtrisé par le média, le média dominant avec ses...
Eux ils maîtrisent l'outil et puis nous on essaie de se dépatouiller comme on peut d'un cadre qui nous est imposé et donc en fait forcément il y a de l'imprévu et heureusement d'ailleurs parce qu'en fait ça passe où ça peut passer c'est à dire que nous quand il y avait le débat avec Fillon ou Le Pen et puis tous les... j'allais dire enfin bon je vais...
Si tu peux dire ce que tu veux c'est le problème aussi de ce fauteuil On sait qu'on a envie on a envie ils sont là ils sont en face Fillon était en face de moi Le Pen était là Macron était là on a envie de s'en occuper sauf qu'on a un cadre d'une émission qui on nous explique d'ailleurs qu'il ne faut pas attaquer les autres qu'il faut défendre notre programme et éviter d'attaquer les autres et nous on se dit c'est pas possible on ne va pas être à côté d'eux et pas les attaquer sauf qu'on ne sait pas quand c'est qu'on peut le faire parce qu'on est pris aussi dans ce truc il faut qu'on défendre nos idées on n'est pas juste là pour aboyer sur les autres on est aussi et donc du coup ça passe et bon voilà ça passe comme ça sort d'autres interviews c'est pareil on a envie on boue parce qu'en plus le cadre médiatique tout est feutré l'éclairage est super c'est presque comme le décor ici d'ailleurs on a des jolis sièges les gens sont hyper bien habillés tout le monde est hyper gentil et tout est fait pour pas qu'on soit en colère parce que ça ferait bizarre qu'on se mette en colère alors qu'on nous offre le café des fois on a des petits fours et non on peut pas être quand Bouygues nous invite ou quand c'est drahi tout ça bon on va être gentil avec eux parce qu'ils nous invitent ils sont sympas d'ailleurs dès qu'on critique ils nous disent ça regardez vous critiquez mais on vous invite donc du coup tout est fait pour qu'on se taise ou qu'on soit tout gentil et c'est pas si évident que ça finalement de dire et donc ça sort souvent comme ça peut et voilà et ça sort c'est pour ça que des fois ça peut sortir sous des formes qui sont virales parce que ça sort
ça se voyait beaucoup sur tes passages sur BFM où il y avait vraiment un plateau entier de chroniqueurs ou d'éditorialistes plutôt ultra libéraux et surtout il y avait une sorte de langage très polissé c'est un c'est dès que tu parles un peu de la vraie vie avec des mots qui sortent un peu du cadre ça les choque sincèrement tu l'as ressenti ça que t'étais en train de ah oui oui mais c'est pour ça qu'on se sent
nassé comme dans une nanif oui sauf que là c'est plus cool on se fait pas taper dessus mais c'est un peu le même truc c'est à dire en fait c'est pour ça que c'est de la gymnastique une interview en général c'est que comment on se dépatouille enfin comment on arrive et on a une pression que les journalistes soient un, deux ou trois avec des chroniqueurs des éditorialistes plein de gens qui servent à rien mais qui savent tout autour et donc ça ça exerce une pression et libérer la parole dans ces cas là c'est pas si simple que ça et on le voit quand on en vient à sortir des mots qui les vexent ou qui les ils vont nous faire la morale de suite ils vont nous dire mais attention mais vous enfin nous faire passer pour l'impolie ou pour la personne qui est insultante alors qu'on essaie de réagir à des politiques qui sont mises en place qui sont plus qu'insultantes condamner des gens à la pauvreté et le fait de le dénoncer avec des mots crus ça les choque mais ils sont pas choqués par la réalité sociale où il y a des millions de gens qui sont dans des galères dingues donc voilà mais l'intérêt qu'on nous en soit là ça peut être un révélateur en fait de ça ou même dans les médias et bien on a la lutte des classes en fait on a quelque chose qui domine et puis des gens parfois qui sont invités et qui eux font partie des personnes qui sont plutôt dans le camp des dominés et ça c'est intéressant parce que ça révèle ça et ça peut montrer ben regardez voilà la société c'est ça
le meilleur moyen de lutter c'est aussi de soutenir le Média TV et on est en pleine campagne pour obtenir la TNT régionale Île-de-France donc n'hésitez pas à nous donner de la force en allant sur soutenir.lemédiatv.fr tu m'as fait la transition parfaite donc j'en ai profité et sur la colère
j'ajouterais autant c'est difficile parce que je dis ça mais en fait le plus dur c'est pas un plateau télé parce que c'est un plateau télé bon voilà tout est cool d'une certaine manière même si on voit la domination de classe ou même si on voit le mépris le mépris social et le mépris de classe n'empêche que c'est pareil partout dans la société c'est à dire dès qu'on se met en colère c'est dénoncé on peut parler des manifestations quand elles sont un peu radicales quand il y a un arrêt de bus qui brûle ou quand il y a une vitrine de banque qui pète ça y est ça devient scandaleux ou quand il y a des émeutes dans les quartiers populaires donc le scandale il est quand les gens étouffent et expriment leur colère et puis ça pète là ça devient un scandale et on explique que là c'est pas bien qu'il faut rester sage qu'il faut alors qu'en réalité c'est le monde politique qui est pourri qui lui est violent parce qu'il impose ou en tout cas il fait en sorte qu'une société ultra inégalitaire puisse continuer à vivre et vivre aux dépens des gens et donc c'est toujours pareil par quoi on est scandalisé par quoi on est révolté et donc après nous ça donne envie de dire on a un droit à la colère en fait on a un droit même on a un droit à péter des trucs à part moment parce qu'on nous pète tout on nous pète nos emplois on nous pète nos logements on nous pète nos conditions de vie même les protections sociales elles nous sont pétées en permanence et nous on n'aurait pas le droit derrière de péter des trucs pour dire non là ça ça va pas donc oui il y a le droit à la révolte le droit à l'émeute je pense que ça doit d'ailleurs d'une certaine manière ça faisait partie presque des articles des droits de l'homme les premiers articles où il y a si le peuple est opprimé il a le droit de se révolter moi je pense qu'il faut le revendiquer ça
d'ailleurs à l'échelle internationale c'est le même problème c'est que dès que c'est des peuples opprimés qui sont qui se rebellent et qui utilisent la violence comme outil c'est automatiquement vu comme du terrorisme ou de disqualifier mais les armées régulières légitimes ont le droit de bombarder en masse ont le droit de c'est c'est c'est le rapport de classe qui peut exister à l'échelle nationale ça se voit aussi à l'échelle inter et c'était une source de clivage entre le NPA la France insoumise et les partis évolutionnaires et le reste de la gauche c'était la séquence post 7 octobre c'était violent comme rupture entre les composants du nouveau front populaire on va dire
mais là on voit les défenseurs du système et puis les autres ceux qui sont en opposition au système effectivement après c'est la question de la légitimité d'alliance l'état et les forces de l'ordre considèrent qu'elles ont elles seules la légitimité de la violence donc oui effectivement de décider quand c'est qu'il faut écraser ou quand c'est qu'il faut arrêter condamner et la population qui elle est en colère pour des tas de raisons elle elle n'a pas de légitimité du tout le seul truc ce serait qu'elle puisse demander gentiment des choses et donc oui on voit bien cette ligne de fracture effectivement et on le voit avec ce qui se passe en Palestine on le voit il y a plein de situations comme ça on le voit et puis en France on le voit aussi au quotidien dans la répression aujourd'hui contre les manifestants et les manifestantes contre les militants et les militantes syndicalistes ou sur le mouvement écolo ou le mouvement féministe on voit bien comment ça bat la répression à la fois policière et judiciaire et comment derrière il y a tout un discours d'une classe dominante qui va faire la leçon en permanence alors les plateaux télé servent à ça nous mettre la bouillie dans la tête et voilà donc du coup nous il faut qu'on résiste à ça et comment on résiste bon ben c'est pas simple d'autant plus que même à gauche il y a des gens qui nous embrouillent l'esprit et qui nous expliquent qu'il faut être sage et nous on dit non non non mais on peut plus être sage maintenant il y a un moment donné il faut que ça bascule et il va falloir qu'on discute clairement de comment on fait changer les choses
c'est la question c'est la question des manifestations des manifestations bien organisées c'est quoi l'expression qui est toujours utilisée bon enfant
ouais vous empêchez pas c'était festif c'est sympa les manifs du 1er mai tout ça ouais mais des fois c'est bien aussi quand ça pète parce que c'est l'expression de quelque chose qui va pas du tout et même si des fois évidemment on aime bien les manifs aussi qui se passent tranquillement parce qu'une manif c'est un peu comme une grande réunion comme une AG on se retrouve on discute et donc c'est vrai que quand ça se passe bien c'est aussi agréable on peut le faire en famille avec des jeunes et des moins jeunes donc c'est important aussi une manifestation qui se passe bien on n'est pas pour que tout soit bordélisé mais il y a des moments la manif elle ne peut pas être que sage parce que derrière il y a vraiment des choses qu'on a envie de changer il y a des choses qui sont inacceptables et insupportables dans ce qui est imposé aujourd'hui à une bonne partie de la population et donc c'est complètement logique et à un moment donné où ça ne se passe pas bien et je pense qu'il faut dans les milieux militants qu'on puisse à un moment donné se réfléchir ensemble à tout cela et à adopter effectivement des modes d'action plus radicaux mais collectivement et arriver à se préparer à une sorte d'autodéfense à une sorte de protection des manifs et puis même une sorte d'ambition de passer à l'offensive parce qu'on ne peut pas juste comme ça reculer dès qu'on nous attaque il y a aussi la question de retrouver suffisamment de force pour dire bah oui mais à un moment donné c'est fini on sera plus sage et on va utiliser des méthodes un peu différentes enfin ça se justifierait complètement aujourd'hui
il y a une analyse assez présente à gauche sur la responsabilité du parti socialiste dans la faiblesse de la gauche et dans la faiblesse du peuple de gauche disons notamment suite à la déception du mandat Hollande ou même encore si on revient plus loin à Mitterrand et tu as aussi été candidat du nouveau front populaire est-ce que ces alliances nouveau front populaire NUPES est-ce que c'était des choses qui avec du recul est-ce que c'était utile de donner autant peut-être d'importance à des partis comme le PS qui pour le coup étaient dans une position assez faible notamment en 2017
c'est surtout la NUPES où on pourrait reprocher à l'AFI d'avoir plus compté sur le PS que sur sa gauche c'est-à-dire sur les forces révolutionnaires parce que priorité a été donnée au PS qui a retrouvé toute sa place et qui a retrouvé un peu de force à ce moment-là et c'est vrai qu'il aurait pu y avoir une autre discussion politique mais ça c'est le problème qu'on a avec l'AFI c'est que l'AFI n'aime pas rendre visible ce qui existe à sa gauche l'AFI c'est contradictoire parce que l'AFI refuse d'être taxé d'extrême-gauche non je ne suis pas on n'est pas d'extrême-gauche mais en même temps ils veulent bien apparaître comme ce qu'il y a de plus à gauche dans le paysage politique les plus indépendants les plus radicaux les plus anti-institutionnels ce qui n'est pas vrai à la gauche de l'AFI il existe des forces politiques relativement faibles ça c'est sûr mais ça vaudrait le coup qu'il y ait une vraie discussion entre nous et qu'on puisse arriver à voir comment on peut reconstruire justement une gauche radicale et comment on peut la construire avec ses tendances parce que dans la gauche radicale il y a des tendances il y a l'AFI qui est plutôt institutionnelle ou plutôt avec un côté très réformiste avec sa révolution dans les urnes et puis dans cette gauche radicale il y a une gauche profondément anticapitaliste qui elle est sur d'autres lignes politiques donc ça serait bien qu'on puisse discuter de ça bon maintenant avec le reste de la gauche qui n'est plus vraiment de gauche si on parle du PS ou même une partie des écolos le NFP nous on n'a aucun regret on est d'ailleurs tout simplement parce que l'objectif a été atteint l'objectif du NFP c'était d'empêcher est-ce que le RN prenne la tête à ce moment-là on était dans une sorte d'urgence il y avait 3-4 semaines devant nous c'était pratique parce qu'on avait un délai on savait que le 7 juillet il se passait quelque chose ou pas et donc il y avait cet objectif-là qui était clairement affiché et là ça valait le coup y compris avec avec le PS d'ailleurs à ce moment-là le PS il a joué le jeu enfin Fort avait joué le jeu plutôt correctement c'était le front unique antifasciste voilà on se serre les coudes la gauche machin avec un programme qui était quand même relativement radical c'était un programme qui était clairement antilibéral et donc là voilà tout le monde joue le jeu et on réussit l'objectif alors dedans se sont infiltrés des faux Hollande ou d'autres c'est fou d'ailleurs qu'ils puissent se retrouver là dans un programme qui était à l'opposé de ce qu'ils avaient pratiqué un peu avant mais ceci dit voilà nous on ne regrette pas parce que c'est aussi l'expérience d'une unité qui a fonctionné alors cette unité-là elle n'a pas survécu parce que derrière évidemment on est avec le PS ou avec d'autres on n'est pas du tout en fait sur les mêmes lignes mais dans le cas d'urgence ça a fonctionné et tant mieux et on peut penser que même demain dans des cas très particuliers cette unité très large elle est justifiée un peu comme aujourd'hui ça aurait dû le faire ça ne l'a pas vraiment fait mais à Perpignan contre un maire d'extrême droite ou à Carcassonne pour éviter que l'autre fou de Barthès puisse être élu ça aurait été justifié et certainement beaucoup plus efficace si la gauche s'était retrouvée sur un terrain politique de gauche de confrontation avec les idériacs et avec les fachos il y a des cas comme ça où nous on ne serait pas gêné de se retrouver y compris avec le PS parce qu'il y a un moment donné il faut trouver les bonnes lignes les bonnes démarcations mais là aujourd'hui on pense que l'essentiel c'est l'idée de reconstruire une gauche radicale et de discuter de ce que ça pourrait vouloir dire une gauche radicale mais une gauche où tout le monde se respecte et qu'il n'y ait pas un ou une qui voudrait se retrouver en position hégémonique et puis dire non c'est nous qui décidons et puis vous vous êtes les petits révolutionnaires suivez-nous et on aimerait bien et ça c'est un peu le problème qu'on a avec l'AFI c'est des fois de faire un peu les chefs et de dire c'est nous ben non peut-être qu'on pourrait s'y prendre autrement et ça serait plus efficace
t'as parlé du rapport à la France Insoumise récemment sur Backseat parce qu'on t'a posé la question des prochaines présidentielles et d'une éventuelle discussion pour soutenir Jean-Luc Mélenchon aux prochaines présidentielles qui n'est pas encore candidat je ne sais pas quand est-ce que la vidéo sort c'est un grand mystère c'est un grand mystère mais du coup dans quelles conditions ça, ça serait possible est-ce que justement c'est dans le cadre de cette discussion que tu aimerais avoir avec la France Insoumise et comment l'ancrer à gauche à la gauche radicale durablement
et oui mais là avec la présidentielle on va peut-être se retrouver dans un cas de figure qui ressemble beaucoup au NFP sauf que c'est pas tout à fait la même élection parce que là il y avait législative et c'est vrai que législative il y a un côté plus sympa parce que c'est plusieurs candidatures il y a un côté un peu collectif la présidentielle ça va être tout sauf collectif c'est une candidature et avec un côté effectivement très institution mais ceci dit la question politique est complètement posée c'est-à-dire comment on prépare ça on sait que pour la première fois et c'est un peu l'originalité de la prochaine élection présidentielle c'est que pour la première fois l'extrondroit peut gagner non seulement elle peut gagner mais en plus on nous explique qu'elle va gagner tout le monde on nous sort des sondages où Bardella est largement devant ce qui est complètement dingue mais c'est comme ça et c'est possible largement possible que l'extrondroit gagne ce coup-ci donc ça veut dire qu'à la gauche et au moins à la gauche radicale on soit en capacité de se préparer ensemble et qu'il s'agirait pas que chacun même si là aujourd'hui c'est assez pitoyable parce que la multiplication des candidatures elle est là mais pourquoi pas mais en attendant est-ce qu'on peut être un peu sérieux et discuter mais pas juste de la gauche politique parce que c'est c'est peut-être sans issue parce qu'en fait ce qui s'est passé avec le front populaire le nouveau front populaire le côté chouette c'est pas tellement que l'entente des états-majors de gauche en fait il est pas venu comme ça tout seul il se trouve que très rapidement ça a été aussi l'effet du choc quand Macron annonce la dissolution et la pression populaire il y a eu un effet panique et pour une fois la panique la réponse à cette panique là ça a été non ça va pas le faire et il y a eu effectivement une mobilisation populaire et il y a eu des manifs le dimanche soir et le lundi soir des manifs très importantes et pas qu'à Paris ça a été nous on était à Bordeaux c'était des super manifs avec une jeunesse et ça ça a mis la pression ça a mis la pression sur les états-majors de gauche qui en 48 heures ce qu'ils n'avaient pas été capables de faire aux européennes ont réussi non seulement à trouver un accord mais en plus sur une base programmatique qui était assez claire et qui reprenait à peu près des tas de revendications du mouvement social syndicaliste antiraciste LGBT féministe écolo enfin c'était vraiment il y avait quelque chose qui ressemblait à tout ce que nous on se bat au quotidien et ça ça avait fonctionné et là on se dit que ça serait le truc à refaire mais est-ce qu'on va pouvoir le refaire mais c'est obligé qu'il faut une pression populaire c'est obligé qu'il faut une mobilisation il ne faut pas laisser les états-majors ou les parties de gauche faire tout seuls parce qu'ils ne feront pas il faut une pression et les seuls qui sont réellement unitaires en fait qui ont la vraie préoccupation sincère unitaire c'est dans les milieux de base enfin les milieux militants de base là on sait qu'il y a une véritable préoccupation unitaire ce n'est pas vraiment le cas dans les milieux dirigeants on le voit donc voilà mais c'est pour ça qu'il faut qu'on bouscule et au-delà de la question des présidentielles strictes c'est tout simplement la question d'un climat social s'il y a un climat social où il ne se passe pas grand chose jusqu'au présidentiel oui malheureusement on pourrait penser que la suite est écrite il faut qu'il y ait quelque chose qui se passe dans la rue il faut qu'il y ait quelque chose qui remette en cause un peu tout ça qui bouscule le monde dominant et qui permette à ce que du côté des opprimés il y ait une confiance qui revienne et justement c'est pas juste l'idée d'une élection c'est l'idée que pour changer un rapport de force dans la société ça sera bien plus profond que la question de la présidentielle c'est qu'il faut se remobiliser il faut reconstruire il faut remettre en place des cadres de solidarité des cadres de lutte un peu partout et c'est ça aussi l'enjeu dans la période qui vient
c'est aussi une période qui va être extrêmement politique c'est ça aussi l'enjeu c'est comment l'exploiter et notamment tu parlais du risque de l'arrivée au pouvoir de l'extrême droite sur le fond on a l'impression qu'ils ont déjà gagné parce qu'il y a une victoire des mots de l'extrême droite dans le champ médiatique on entend maintenant régulièrement le mot d'ensauvagement de grand remplacement de hookeisme tous ces mots comment on fait pour mener la bataille tirée vers la gauche comment on fait pour gagner cette bataille culturelle est-ce que la gauche a déjà perdu la guerre des mots finalement
on ne sait pas si on savait comment faire je pense qu'on a fait la démonstration qu'on ne savait pas faire je pense de ce côté là mais on sait aussi que des retournements peuvent avoir lieu un peu n'importe quand en tout cas il y a toutes les raisons pour se révolter aujourd'hui il y a toutes les raisons pour se mettre en colère on le sait il y a toutes les raisons de faire en sorte qu'il y ait un nouveau mouvement des gilets jaunes en fait d'ailleurs on était surpris presque surpris qu'en septembre dernier le mouvement en bloquant tout on se dit tiens ça va redémarrer et puis non ça n'a pas redémarré et puis même là avec l'augmentation de l'essence on se dit tiens il y a les conditions pour donc on sait qu'il y a vraiment de la misère il y a vraiment de la souffrance de partout qui fait que ça peut péter n'importe quand y compris dans les quartiers populaires l'assassinat de Naël avait provoqué un embrasement dans des quartiers populaires et on peut penser que ça va le refaire et c'est pas la répression policière et judiciaire qui va ça stoppera pas ça parce que il y a trop de misère et trop de racisme trop d'écrasement des gens pour que ça n'ait pas lieu à nouveau donc voilà mais sauf que nous militants et militantes on aimerait bien avoir une utilité qui est celle de préparer ça parce que ça vient tout seul mais en vrai ça vient pas complètement tout seul ça veut dire qu'il faut qu'on ait un peu confiance il faut des cadres et d'ailleurs surtout dans les quartiers populaires on le voit bien aussi ce décrochage avec la gauche politique est quand même très problématique ils sont complètement seuls complètement abandonnés après on peut toujours même la gauche elle va reprocher aux révoltés dans des quartiers vous pétez des portes de mairie ou vous brûlez des écoles mais vous êtes con il faut pas faire ça et tout ça mais sauf que c'est facile de dire qu'ils sont c'est qu'en fait bah oui faisons en sorte que ça se passe différemment et que l'expression de la colère elle puisse se faire un peu différemment et ça pose la question de structuration politique de réorganisation et puis encore une fois d'autogestion et puis de donner les moyens à des gens jeunes ou moins jeunes de s'organiser voilà donc c'est ça qui va compter et donc par rapport à la question on peut penser aujourd'hui qu'on a on a pris largement du retard à la fois par rapport à l'ultralibéralisme évidemment il y a une destruction des conditions de travail et des conditions de vie depuis 40-50 ans et on a on n'a pas su l'empêcher on l'a un peu freiné mais pas empêché et maintenant on a ce qui va avec le triomphe un peu quelque part de l'idéologie réactionnaire le racisme décomplexé on l'a vu avec le nouveau maire de Saint-Denis enfin c'est complètement fou les réactions de merde les réactions mais c'est fou mais bon on savait que ça existait quand même et donc il y a le racisme même le sexisme le patriarcat tout ça on voit bien que c'est pas fini du tout que tout ça ça revient et en fait d'une certaine manière il y a toute une violence de la classe dominante et de tout ce qui va avec qui est comme une réaction à une peur qu'éventuellement elles auraient d'une explosion sociale d'une explosion d'une révolte des opprimés contre toute forme d'oppression enfin on peut penser qu'ils ont pris une longueur d'avance les dominants mais c'est pas pour ça que la bataille est perdue et même si on se sent mal barré ou même si on sent des fois on se sent un peu pessimiste par rapport à la situation parce que c'est pas que la France quand on voit Trump d'un côté Netanyahou Poutine toutes ces dictatures qu'il peut y avoir à l'échelle de la planète c'est flippant on se dit qu'on est très très mal barré mais en même temps des peuples partout en colère qui veulent se révolter c'est ça qui voilà et on espère ça mais nous militants et militantes c'est comment on peut aider à ce que ça s'organise quoi et même afficher la gauche radicale aujourd'hui sa mission ce serait de dire voilà la seule issue pour nous c'est la révolte organisons-nous préparons-nous tout ça pas juste préparons l'élection présidentielle préparons les combats dans les rues défendons-nous aujourd'hui dès maintenant parce que la menace elle est surtout là C'est quoi les outils
pour ça les canaux où on peut dire ça où est-ce qu'il y a des espaces encore médiatiques où on peut dire ça à une échelle importante sur les réseaux sociaux on a l'impression aussi qu'il y a une invisibilisation aussi de la gauche radicale avec notamment les algos qui favorisent énormément l'extrême droite quel espace il nous reste finalement c'est ça la question
c'est sûr que c'est pas dans les médias dominants mais après il y a les réseaux sociaux qui laissent une place quand même à ça à l'expression de cette colère-là il y a plein ou de petits médias enfin petits pas au sens qui essaient d'exister qui se créent et tout ça puis même il n'y a pas que l'histoire des médias il y a des gens qui expriment il y a des blogs il y a quand même toute une expression de révolte et de colère avec des gens qui ne sont même pas forcément organisés mais qui arrivent à faire aussi bien que des organisations du point de vue de l'expression et d'une perspective politique à défendre donc ça ça existe on a la dernière à l'émission avec la bande à Juliette Arnault et tous les autres qui eux expriment quand même assez clairement une sorte de perspective de révolte et de ras-le-bol du système bon ça ça se fait avec beaucoup d'humour et puis après en vrai c'est invisibilisé comme vous dites mais ça existe il y a des associations il y a des collectifs y compris dans les quartiers populaires il y a des organisations féministes ou les organisations écolo qui sont quand même sur une logique très radicale les soulèvements de la terre on voit bien quand même pas mal de collectifs qui se mettent en place et qui affirment des projets des projets de contestation radicale de la société et on a pas mal d'écrits il y a des bouquins ce qu'on appelle les essais André Asmalm ou même dans tous les niveaux sur la question de la surveillance et du flicage il y a pas mal de choses qui s'écrivent qui se racontent qui se décrivent et qui expliquent que bon voilà il y a tout ce qu'il faudrait qu'on démonte tout ce qu'il faudrait donc il y a plein de choses qui existent aujourd'hui après ce qui nous manque c'est ce coordonner c'est s'appuyer parce que chacun est sur un couloir et comment on peut faire le lien entre le boulot des humoristes engagés le boulot des universitaires sociologues politologues et puis après les collectifs militants LGBT féministes écolo comment tout ça ça peut se coordonner et déboucher sur une vague de mobilisation populaire
après pour le coup c'est la même problématique dans les médias indés ou les médias alternatifs de gauche c'est que chacun est dans son couloir et il y a très peu de travail collectif parce qu'ils ne voient pas l'aspect bataille culturelle mais plus ils se disent on est en concurrence quoi donc on voit ça il y a une volonté d'invisibiliser un peu chacun veut faire concurrence à l'autre donc on c'est un peu ce que tu décrivais sur la France Insoumise qui a une position de on ne veut pas montrer qu'il y a plus à gauche que nous c'est ça la difficulté c'est de fédérer c'est sûr que nous on le voit
quand on milite et c'est peut-être aussi des fois ça qui rend difficile d'attirer des gens dans le milieu militant parce que le milieu militant il n'est pas forcément très cool il n'est pas sans je ne sais pas comment dire pour ne pas être trop méchant parce que je fais partie du milieu militant mais c'est un milieu qui est très concurrentiel il ne suffit pas d'être gros pour avoir les défauts sectaires on peut être très petit et très sectaire et on peut penser que c'est nous qui avons raison et pas les autres c'est exactement la même chose dans le monde politique parce que là on dit les organes politiques elles sont cons parce qu'elles sont divisées mais malheureusement le milieu associatif est aussi comme ça le milieu associatif il est pris dans des logiques de concurrence les appels à projets avoir des subventions comme il y en a de moins en moins la concurrence elle est encore plus acharnée et on voit des milieux qui pourraient être solidaires construits ensemble et bien non c'est un peu l'inverse qui se passe chacun pour soi et c'est vrai dans le syndicalisme les divisions elles sont partout et c'est vrai dans les corporations et ça c'est difficile c'est même assez démoralisant de voir que le milieu militant il soit là-dedans et des fois on a envie de dire bon allez basta on lâche l'affaire parce que c'est pas cool du tout et c'est pour ça qu'on se dit aussi qu'il y a besoin d'oxygène enfin le milieu militant il a besoin d'oxygène parce que comme il est un peu réduit suite à plein de gens qui croient plus qui arrêtent de militer ou parce que c'est dur ou parce qu'ils y croient pas et du coup on étouffe un petit peu quand même et ça rend pas intelligent d'étouffer quand même et on a besoin d'oxygène on sent bien qu'il y a besoin de quelque chose que les gens mais comment on élargit voilà comment on fait et le problème qu'on a c'est que quand on est petit et con on n'attire pas et pourtant voilà et pour grandir il faut attirer il faut donner envie ou donner confiance et c'est ça qu'on sait pas faire mais c'est pour ça que aussi c'est quand il y a des explosions sociales c'est ça qui est salutaire aussi c'est qu'il y a un apport il y a quelque chose qui se passe et puis à la limite le milieu militant il est embarqué dans quelque chose qu'il ne maîtrise pas et puis il s'enrichit comme ça et on espère ça quoi mais voilà on est un peu un peu coincé pour l'instant mais bon je dis ça mais à tous les coups il se passe quelque chose très rapidement
on a appris à la musique on va finir sur la partie la partie culture qu'on fait souvent dans le fauteuil en plus on a la chance de recevoir quelqu'un qui travaille en plein dedans donc c'est super mais avant de parler bouquin on va parler musique trois artistes que tu écoutes en ce moment ou trois albums trois artistes qui sont dans ta playlist alors on a réfléchi avec Béatrice
j'ai spoilé la question on savait que ça demandait ça mais les artistes nous on a envie de mettre en avant Rebecca Warrior mais qu'on apprécie mais qu'on a découvert tout récemment parce qu'elle est venue à la librairie parce qu'elle avait écrit un bouquin toutes mes vies elle raconte une expérience personnelle et tout ça puis du coup on a eu la curiosité de la découvrir parce qu'on ne la connaissait pas et c'est super chouette et elle est sympa donc on avait envie de mettre son nom on avait envie de parler aussi de Théodora je ne connais pas Théodora je n'ai jamais été la voir j'écoutais un peu la musique parce que en fait c'est nos enfants qui adorent et qui sont allés au concert il n'y a pas longtemps et on a vu que c'était un personnage très jeune mais qui semblait très chouette en tout cas bien engagé antifasciste non non on connait quelques musiques comme ça on a eu la curiosité d'écouter un peu mais donc on avait envie de la citer parce que c'est rassurant de voir qu'il y a des artistes qui s'engagent à ce point là assez radical antifascisme évidemment sur la question anticoloniale ou antiracisme ce qui paraît logique parce qu'elle est d'origine congolaise mais ouais donc on avait envie de dire son nom
en plus elle a appelé à voter LFI NPA et la vraie gauche elle est sur
donc c'est assez rare de voir ça on va lui envoyer l'extrait pour qu'elle t'envoie des billets de concerts mais c'est vrai que c'est chouette parce que c'est rare et puis ouais il y avait un côté on avait envie d'en parler tout en sachant que je ne la connais pas je ne sais pas et puis le troisième artiste Tiken Djafogoli ok moi j'adore je suis fan depuis très très longtemps et on a vu en concert il n'y a pas longtemps à Bordeaux et Barek a ouvré les frontières cette chanson là qui est superbe et donc en fait c'est toute la révolte des peuples d'Afrique contre le colonialisme contre le racisme les dégâts du colonialisme la division des peuples tout ça c'est super bien et donc voilà donc c'était pour citer son nom et là il est plus ou moins en tournée avec l'acoustique avec ses grands morceaux enfin tous ses morceaux voilà donc on avait envie de citer son nom aussi
donc j'ai peut-être fait tu t'as peut-être déjà fait la transition mais ton dernier concert et bah ouais c'était
alors on ne savait pas trop si c'était Tigan Jafakoli à Bordeaux ou si c'était Didier Vampas on a vu Didier Vampas il n'y a pas longtemps à Bordeaux à Bordeaux ou à Paris je regarde là ça se fait pas si si si tu veux ce que tu veux il y a des Didier Vampas parce qu'on aime bien aussi ok mais on ne se rappelle pas c'était voilà
c'est Béatrice je parle avec mon oreillette c'est Béatrice mon oreillette pas de soucis t'es la bienvenue un film politique qui t'a marqué
alors là on va parler de tout récent de documentaire récent parce que sinon il y aurait plein de trucs mais alors le titre c'est Sun Track of Coup d'Etat c'est super bien c'est un documentaire de 2h30 c'est l'assassinat de Lumumba ok Patrice Lumumba donc en 1960 lutte anticoloniale c'était le Congo pour l'indépendance du Congo il a été premier ministre et tout ça et ça raconte cette histoire là donc sur les quelques sur 6 mois à peu près entre la déclaration de l'indépendance c'était une colonie belge en juin 30 juin c'est la déclaration de l'indépendance et en janvier suivant il est assassiné et là c'est fait le documentaire il est extraordinaire il y a plein de musiques les stars du jazz noir de l'époque qui étaient des fois instrumentalisées par les Etats-Unis mais c'est fabuleux donc on voit cette musique là ces artistes là et en même temps cette lutte décoloniale de Lumumba et puis ses amis et avec de la musique et c'est un super documentaire et c'est enfin on est à fond avec Lumumba enfin voilà donc ça c'est le truc qu'on a vu récemment à Utopia à Bordeaux un cinéma un chouette cinéma à Bordeaux et on a vu aussi un super documentaire sur Francesca Albanese
ah oui de Disunited Nations
oui tout à fait c'est celui-là et on voit ce personnage d'Albanese qui est quand même assez extraordinaire de courage et là on voit au-delà de Francesca Albanese tout le combat contre enfin de dénonciation du génocide et puis toutes les pressions qu'il y a et puis comment comment et heureusement qu'il y a une résistance à cela quoi donc vraiment le documentaire il est super bien
Christophe Cotteret qui a aussi fait le documentaire White Power l'année dernière oui voilà j'ai pas vu qui est très bien aussi
et un autre documentaire je finis là vite fait c'est à la place c'est un documentaire sur Orwell en 1984 il est sorti il y a pas longtemps ça s'appelle 2 plus 2 égale 5 et c'est Raoul Peck qu'on connait un petit peu il a fait pas mal de choses pas mal de super documentaires et là c'est fort parce que c'est sur la question de l'autoritarisme et puis ça mélange des images d'archives d'actualité et en fait ça a toute une ambiance d'autoritarisme de dictature et tout ça et puis bon c'est un hommage à Orwell à ce qu'il a écrit et en même temps ça montre le danger dans la période dans laquelle on est et il y en a qui disent que c'est trop dur que c'est flippant et démoralisant mais moi je pense que ça peut donner envie de se battre et le documentaire est vraiment super bien aussi
un bouquin que tu recommanderais à des gens pour comprendre le moment qu'on traverse ou la situation politique qu'on traverse
alors en tant que libraire avec Béatrice on a plein plein de bouquins et pour parler des bouquins qui viennent de sortir là il y en a un c'est laisser brûler le feu c'est ça c'est extraordinaire c'est écrit par un universitaire de Lille j'ai plus son nom et un américain qui a vécu des événements parce que ça raconte en fait la répression à Philadelphie d'un groupe anticapitaliste un peu secte mais très militant et à la fois antiraciste anticolonialiste s'appelait MOV c'était le nom de cet orga qui a été il y a une intervention militaire en plein quartier populaire de Philadelphie en 1985 et donc ça raconte ça un événement que nous on connaissait pas et que même la population de Philadelphie a oublié ça a été invisibilisé et ils ont lâché une bombe sur une maison depuis un hélicoptère et ça a cramé 60 maisons d'un quartier noir et un truc de dingue quoi et le bouquin c'est comme une enquête et ça raconte ça et ça raconte toutes les saloperies américaines le racisme qui n'a jamais disparu aux Etats-Unis et la difficulté pour les quartiers populaires et pour les noirs en particulier de se défendre et le truc il est super bien ça parle de Moumien Aboujamal parce qu'il était journaliste à Philadelphie dans ces années-là il a été arrêté au début des années 80 il est toujours en prison d'ailleurs et le bouquin il est extraordinaire et ça montre un peu tout ça et c'est voilà donc il sort là il sort là et nous on a adoré tous les deux et puis il y a Habibi je ne l'ai pas lu celui-là mais Béatrice l'a vu et c'est sur Beyrouth et c'est un roman qui vient de sortir et Béatrice Dic c'est vraiment super bien à lire ça parle et le Liban aujourd'hui est quand même d'une actualité dramatique Abibi Beyrouth s'appelle Abibi Beyrouth et l'autrice
mais tu sais Habibi en arabe ça veut dire mon amour et du coup quand tu t'es retourné je t'ai vu parler à Béatrice en disant Habibi je sais ce qui se passe en fait il parle arabe depuis le début j'avais pas le livre merci beaucoup Philippe Poutou de nous avoir fait le plaisir d'être avec nous sur cet épisode du fauteuil merci pour l'invitation mais avec grand plaisir tu reviens quand tu veux je pense que tout le monde sera unanime dans la rédac merci beaucoup à vous de nous soutenir et de continuer de permettre que ce genre de format existe donc comme je l'ai dit tout à l'heure on est en pleine bataille pour obtenir la TNT régionale Île-de-France n'hésitez pas à continuer de nous donner la force sur soutenez.lemédiatv.fr