Prime carburant : qui en bénéficiera ?
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Chapitres
Répartition du ton (temps de parole politique)
Propositif 60 %Attaque 20 %Défensif 20 %
Questions et réponses
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- 0:00OuverteRéponse directe
Avec toutes les casquettes que vous avez, c'est vous qui avez annoncé une des mesures phares hier, lors de cette annonce gouvernementale pour aider les Français à affronter la hausse des carburants. C'est le doublement de cette prime carburant versée par les entreprises et dont le plafond va passer de 300 à 600 euros. Vous pensez que les entreprises vont jouer le jeu?
- 1:27RelanceRéponse directe
Est-ce que les entreprises... Est-ce qu'il n'y aura pas une inégalité entre les entreprises qui joueront le jeu et les salariés qui n'en bénéficieront pas? Il n'y a pas d'obligation.
- 2:09OuverteRéponse directe
Des entreprises ont des difficultés financières et ne peuvent pas le faire.
- 2:52OuverteRéponse partielle
On vous a vu lors de cette conférence de presse insister sur le fait que, pour l'instant, il n'y a pas d'autres conséquences que celle de la hausse des prix du carburant, notamment sur l'alimentation. On n'a pas observé d'augmentation.
- 3:37RelanceRéponse directe
Qu'est-ce que vous appelez des ajustements?
- 4:21OuverteRéponse directe
S.Lecornu a parlé hier d'une possibilité de scénario noir et une possibilité aussi que les choses s'arrangent à la fin de l'été. Pour lui, un scénario noir n'est pas à exclure. Dans ce cas, comment échapper à l'inflation?
Affirmations vérifiables (citations exactes)
- 0:43S.PapinChiffre
« On a des mesures de soutien. Le gouvernement a pris des mesures de soutien aux activités, aux métiers. Je pense notamment au BTP, qui a été... Le gazole non routier avec une prime sur les carburants concernée par les entreprises de moins de 50 salariés. Ca concerne 30 000 entreprises. »
- 2:09S.PapinChiffre
« Il n'y a pas d'obligation. C'est une prime laissée à la liberté des chefs d'entreprise et les entreprises. Il faut savoir qu'elle est déjà utilisée pour 1,5 million de salariés. »
- 2:09S.PapinChiffre
« Là, on a doublé le plafond. On est passés de 300 à 600 euros net. »
- 5:48S.PapinFait
« Ce modèle est à bout de souffle. Le modèle des relations industries-commerces... Il y a quelque chose d'intéressant dans ce rapport. »
- 6:59S.PapinFait
« Pour arriver à ça, il faut un contrat sur le temps long, un dialogue permanent. Il ne faut pas que ce soit un dialogue de force dans des négociations remises en cause chaque année. »
- 8:27S.PapinFait
« Il faut que toute la filière en amont soit transparente. On ne peut pas demander qu'à un acteur de la filière d'être transparent. »
Temps de parole
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- M.Taravant: Il est l'heure de votre rendez-vous politique avec les 4V. J.Wittenberg, vous recevez ce matin S.Papin, ministre des Petites et Moyennes Entreprises. Bonjour. - J.Wittenberg: Bonjour, S.Papin. Avec toutes les casquettes que vous avez, c'est vous qui avez annoncé une des mesures phares hier, lors de cette annonce gouvernementale pour aider les Français à affronter la hausse des carburants. C'est le doublement de cette prime carburant versée par les entreprises et dont le plafond va passer de 300 à 600 euros. Vous pensez que les entreprises vont jouer le jeu?
- S.Papin: On est dans une crise qui s'installe dans la durée. Par rapport à cette durée probable, il faut la capacité à endurer. On a des mesures de soutien. Le gouvernement a pris des mesures de soutien aux activités, aux métiers. Je pense notamment au BTP, qui a été... Le gazole non routier avec une prime sur les carburants concernée par les entreprises de moins de 50 salariés. Ca concerne 30 000 entreprises. Moi, j'ai poussé cette prime carburant à la liberté des entreprises.
Pourquoi? Moi, j'ai vécu ça dans les années 80. Il y a eu d'autres crises. J'étais dans un magasin, dans une zone rurale, où les salariés venaient... - J.Wittenberg: Vous êtes l'ancien dirigeant de Système U, pour ceux qui ne le savent pas. - S.Papin: J'avais un magasin en Vendée. Des collaborateurs venaient de 20-30 km. Cette prime est une mesure de soutien. Ca m'a été demandé par des entreprises en zone rurale. - J.Wittenberg: Est-ce que les entreprises... Est-ce qu'il n'y aura pas une inégalité entre les entreprises qui joueront le jeu et les salariés qui n'en bénéficieront pas? Il n'y a pas d'obligation.
- S.Papin: Il n'y a pas d'obligation. C'est une prime laissée à la liberté des chefs d'entreprise et les entreprises. Il faut savoir qu'elle est déjà utilisée pour 1,5 million de salariés. C'est pas rien. Là, on a doublé le plafond. On est passés de 300 à 600 euros net. Les entreprises auront le discernement pour donner tout ou partie aux collaborateurs qui ont de la route. - J.Wittenberg: Vous les incitez, en quelque sorte. - S.Papin: On leur donne cette possibilité. - J.Wittenberg: Des entreprises ont des difficultés financières et ne peuvent pas le faire.
- S.Papin: On leur donne cette possibilité, aux entreprises qui seront volontaires pour le faire. C'est une mesure de soutien aux salariés et une mesure qui avait été demandée. J'ai eu beaucoup de discussions avec les chefs d'entreprise qui m'ont dit qu'ils pouvaient le mettre en place. Il y a un moment que je pousse cette demande. Je suis très heureux que ça ait été accepté. - J.Wittenberg: On vous a vu lors de cette conférence de presse insister sur le fait que, pour l'instant, il n'y a pas d'autres conséquences que celle de la hausse des prix du carburant, notamment sur l'alimentation. On n'a pas observé d'augmentation. On sait que les bouteilles d'eau ou de lait, par exemple, sont faites avec du plastique, donc du pétrole.
- S.Papin: On a des discussions avec les parties prenantes. On va se revoir avant l'été. Il s'agit d'ajustements. Pour l'instant, il n'y a pas d'inflation. Il y aura peut-être des ajustements d'ici l'été, qui pourront peut-être concerner... - J.Wittenberg: Qu'est-ce que vous appelez des ajustements? - S.Papin: S'il y a des besoins. On ne va pas rouvrir les négociations. Dans les contrats, dans les rapports industries-commerce il y a des clauses. Il y a des discussions qui sont en route. S'il y a un peu de logistique, s'il y a des emballages plastiques qui augmentent, il y aura une possibilité d'ajustement. On décidera ensemble, avec toutes les parties prenantes, fin juin. - J.Wittenberg: S.Lecornu a parlé hier d'une possibilité de scénario noir et une possibilité aussi que les choses s'arrangent à la fin de l'été. Pour lui, un scénario noir n'est pas à exclure. Dans ce cas, comment échapper à l'inflation? - S.Papin: Pour l'instant, on enjambe l'été. Jusqu'à la rentrée, les choses sont sous contrôle. S'il y a un scénario noir, on verra. Pour l'instant, je suis dans un scénario
où la crise s'enlise, tel qu'aujourd'hui, avec un baril aux alentours de 100 dollars. C'est ce qui est en train de se passer. On se projette jusqu'à la rentrée. Dans ce cadre, on n'est pas inquiets jusqu'à la rentrée. - J.Wittenberg: Les grandes surfaces, dont vous étiez l'un des dirigeants il y a encore quelque temps, ont été sévèrement mises en cause. Vous l'avez noté hier dans un rapport rendu par des sénateurs, qui pointe des pratiques prédatrices. Ca se base sur le prix de revient. Lorsqu'on achète un produit à 100 euros, 8 euros reviennent à l'agriculteur et 40 euros reviennent
au distributeur. Ces chiffres sont vrais? - S.Papin: C'est ce que ce rapport... On est rendus au bout d'un modèle. Ce modèle est à bout de souffle. Le modèle des relations industries-commerces... Il y a quelque chose d'intéressant dans ce rapport. Le seuil des PME est discuté en ce moment. Le seuil d'une PME, c'est 350 millions d'euros. Je souhaite qu'on ait des rapports sur le temps long, sur la pluriannualité. - J.Wittenberg: Sur les objectifs, on vous entend, mais sur les pratiques concrètes... Est-ce que les grandes surfaces veulent toujours avoir les prix les plus bas? - S.Papin: Il y a une loi qui favorise la négociabilité avec, en toile de fond, le pouvoir d'achat. Il faut qu'on sorte de ça. Il faut qu'on aille vers un dialogue, vers des solutions de rapport de force qui ne soient pas les mêmes qu'aujourd'hui.
- J.Wittenberg: C'est-à-dire? - S.Papin: Pour arriver à ça, il faut un contrat sur le temps long, un dialogue permanent. Il ne faut pas que ce soit un dialogue de force dans des négociations remises en cause chaque année. Une entreprise qui veut investir dans la décarbonation, qui a besoin d'un milliard, il faut qu'elle change les chaînes. Il faut de la visibilité. Je milite pour ça. - J.Wittenberg: Je voudrais revenir aux accusations portées par ce rapport, qui interpelle le gouvernement. Les distributeurs, les grandes marques doivent afficher la marge qu'ils font sur les produits qu'ils vendent. Vous y êtes favorable? - S.Papin: S'il y a de la transparence, il faut de la transparence partout. - J.Wittenberg: C'est-à-dire? - S.Papin: Il faut que toute la filière en amont soit transparente. On ne peut pas demander qu'à un acteur de la filière d'être transparent. - J.Wittenberg: Vous êtes opposé à cette mesure de l'affichage de la marge? - S.Papin: Il y a un juge de paix.
Le juge de paix, c'est les résultats nets des entreprises qui sont déposés au tribunal. Il y a un cadre, qui est l'Observatoire des prix
Serge Papin