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Interviewyoutube.com· 4 octobre 2020 54 minContradictoireMixteImmigration & asileInstitutions & électionsÉducation & rechercheSanté

François Bayrou est l'invité de Questions politiques, dimanche 4 octobre 2020

Transcription Whisper (large-v3), avec identification des locuteurs. À recouper avec la source d'origine.

Analyse automatique

Générée par IA — peut contenir des erreurs. Méthodologie

Chapitres

Répartition du ton (temps de parole politique)

Propositif 57 %Attaque 15 %Défensif 28 %

Questions et réponses

Taux de réponse directe : 69 % (directe = 1, partielle = 0,5, éludée = 0)

  • 1:52OuverteRéponse directe

    Le discours du président sur le séparatisme, qu'est-ce que vous en dites un an après ?

  • 4:21OuverteRéponse directe

    Est-ce que vous êtes d'accord avec cette philosophie et cette analyse ?

  • 9:18RelanceRéponse partielle

    On est loin de la bienveillance quand le président parle de wahhabisme et de ghettoïsation, non ?

  • 10:42RelanceÉludée

    Faut-il interdire toute influence saoudienne sur la vie religieuse et politique en France ?

  • 17:54OuverteRéponse directe

    L'école obligatoire à trois ans, est-ce une bonne idée pour rescolariser les enfants ?

  • 26:57RelanceRéponse directe

    Le gouvernement a-t-il eu un défaut d'anticipation sur la reprise épidémique ?

Affirmations vérifiables (citations exactes)

  • 27:40Invité politiqueChiffre
    « On a eu hier 17 000 contaminations. »
  • 28:12Invité politiqueChiffre
    « on est arrivé à un seuil de 6 à 7 % »
  • 30:22Invité politiqueChiffre
    « Aujourd'hui, elle en vaut entre 15 et 20. »
  • 7:45Invité politiqueFait
    « Excusez-moi, c'est moi qui ai interdit le voile à l'école. »
  • 42:48Invité politiqueFait
    « Marine Le Pen a été au deuxième tour. »
  • 42:57Invité politiqueChiffre
    « J'ai approché 20 % en 2007. »
  • 47:51Invité politiqueChiffre
    « 1% de plan de relance. »

Temps de parole

  • François Bayrou75 %
  • Présentateur9 %
  • Invité7 %
  • Invité 26 %
  • Invité 34 %

3,7 interruptions / 10 min (chevauchements et interjections détectés).

Modèle claude-sonnet-5 · prompt v1· les citations sont vérifiées mot pour mot dans le transcript ; le taux de réponse directe est calculé à partir des verdicts question par question. Aucun label idéologique n'est produit.

0:00
Présentateur

Bonjour et bienvenue dans Questions politiques, le rendez-vous du dimanche de France Inter, du journal Le Monde et de France Info. Notre invité aujourd'hui jusqu'à 13h, a-t-il le regard du forestier ? Le président de la République lui a en tout cas confié la mission de réfléchir à l'avenir, à notre avenir, aux questions stratégiques des 10, 20 ou 30 prochaines années. Mais comment penser au temps long quand on doit faire face à l'urgence d'une crise inédite ? Et d'ailleurs, le président de la République est-il encore le maître des horloges ? Emmanuel Macron connaît cette malédiction du quinquennat pas encore terminée, mais déjà finie, je referme les guillemets.

La phrase, c'est de Françoise Fressos dans son dernier édito du journal Le Monde. Crise sanitaire, conséquences économiques, sociales, séparatisme, on débat de tout ça aujourd'hui avec le haut commissaire au plan, président du Modem et maire de Pau, François Bayrou. Vos questions, vos réactions, vos commentaires sur l'appli France Inter ou sur les réseaux avec le hashtag QuestionPol.

1:03
Invité

France Inter, questions politiques, Ali Badoui.

1:08
Présentateur

Bonjour François Bayrou. Bonjour. Et bienvenue pour vous interroger l'équipe de questions politiques, Nathalie Saint-Cricq de France Télévisions. Bonjour Nathalie. Bonjour Ali, bonjour messieurs dames. Françoise Fressos du journal Le Monde, bonjour Françoise.

1:19
Invité

Bonjour Ali, bonjour à tous.

1:20
Présentateur

Et nous aurons l'occasion de débattre de votre analyse avec notre invité François Bayrou, Françoise Fressos et Karine Bécard de France Inter. Bonjour Karine.

1:27
François Bayrou

Salut tout le monde.

1:27
Présentateur

Karine qui a préparé votre portrait, monsieur Bayrou, il y a un an, quasiment jour pour jour, vous étiez notre invité dans cette même émission, à cette même place, à la une de l'actualité. On parlait du communautarisme, des listes communautaires. Il était question au Sénat que le groupe Les Républicains dépose un projet de loi pour interdire au maire Voilet d'accompagner les sorties scolaires. Avant-hier, le président de la République prononçait donc ce grand discours sur le séparatisme islamiste. Qu'est-ce que vous dites un an après ? Enfin ?

1:57
François Bayrou

D'abord, je trouve que c'était un discours majeur. C'était un moment où l'histoire est reprise en main. Tout le monde sentait depuis des années, non pas spécialement sur les sorties scolaires, mais bien plus gravement sur la déscolarisation d'un certain nombre d'enfants et sur des pratiques qu'on sentait monter. Tout le monde sentait qu'il y avait une grande interrogation de la société française et qu'on n'arrivait pas à y répondre. Que les gouvernants successifs, d'inspiration différente, d'une certaine manière, hésitaient ou bien faisaient de grands discours sans qu'aucune décision ne soit jamais prise. Et là, qu'est-ce que ça va changer ?

Or, le discours du président de la République, il dit une chose. Il dit que nous choisissons l'unité du pays, que nous décidons, nous, Français, avec l'histoire de la République derrière nous, avec nous, nous décidons que nous allons écarter la tentation de la division profonde de la société pour des raisons religieuses, parce qu'il faut appeler les choses par leur nom, ou pour des raisons pseudo-religieuses. Ce n'est pas moi qui vais dire que la religion est l'ennemi de la République. Au contraire, je pense que les croyants ont toute leur place.

Et j'ai trouvé extrêmement juste et très encourageant que le président de la République, à la fois, manifeste une fermeté indiscutable et le fasse dans une ambiance de compréhension de ce que vivent les femmes, les hommes, les familles, les enfants de cultures différentes et qui ont cependant besoin de vivre ensemble. Et les décisions annoncées, les décisions prises, sont, pour moi, enfin, ce discours était un événement, et était un événement en même temps pour cette question de l'unité du pays et pour la place que le président de la République a décidé de prendre dans ces questions angoissantes pour la société.

4:21
Invité

Alors, c'était un discours, pas sur la laïcité, mais sur les séparatismes. Et deux séparatismes sont nommés, le séparatisme islamiste, mais aussi le séparatisme que les élus de la République ont contribué à creuser en créant des ghettos. Est-ce que vous êtes d'accord avec cette philosophie et cette analyse ?

4:38
François Bayrou

Oui. Alors, vous dites que ce n'était pas un discours sur la laïcité, mais sur les séparatismes. Pardonnez-moi de vous dire. La laïcité, c'est la réponse au séparatisme.

4:48
Invité

Comme on a déjà une loi sur la laïcité, on a donc tout l'arsenal qu'il faut pour normalement œuvrer ensemble.

4:53
François Bayrou

Peut-être que ça n'avait pas été dit suffisamment sur l'école, sur un certain nombre de pratiques dans les mosquées, sur les imams qui n'étaient pas de culture française et n'avaient aucune intention de devenir de culture française, sur leur formation, sur les rapports directs que la République décidait d'avoir avec l'islam, comme elle en a eu par le passé avec la religion catholique ou avec le judaïsme. Donc très, très important. Mais répondez à Françoise Fressos. Je disais à Françoise Fressos, vous dites séparatisme et pas laïcité, c'est la même chose, parce que la laïcité, c'est la réponse au séparatisme.

Et c'est cette réponse-là qui nous permet, en France, et nous sommes un des seuls pays du monde à avoir cette préférence, j'allais dire, cette arme. Mais ce n'est pas seulement une arme, la laïcité. C'est un moyen de réunir.

5:55
Invité

C'est un autre sujet qui est justement le séparatisme social et ce que la République elle-même a creusé en laissant se constituer des ghettos.

6:05
François Bayrou

Ceci est une autre chose. Je suis maire et tous les jours, je répare avec tous mes concitoyens qui habitent ces quartiers. On en a deux principalement à Pau qui ont défrayé la chronique dans le passé. Et oui, nous sommes entrés dans l'opération, dans les opérations de rénovation urbaine, mais plus profondément. Il ne s'agit pas seulement des bâtiments, il s'agit des femmes et des hommes, il s'agit des familles. Et avec eux, nous construisons par tous les moyens disponibles, culturels, touchant au travail, à l'implantation de travail et d'entreprise, aux services publics, à l'école, au sport. Avec eux, nous construisons du ciment pour vivre ensemble.

Et j'ai été très frappé après le discours du président de la République. J'ai reçu beaucoup de messages de personnes, et pas toutes macronistes, si je puis dire, qui avaient trouvé le discours très important, dont beaucoup de musulmans, qui disaient enfin, parce que nous, tout seuls, on ne peut pas résister à tout ça.

7:17
Invité

Alors justement, pour faire référence au papier de France Passe-Fresseauze, un quinquennat 6 ans, pourquoi si tard ? Pas simplement parce que les journalistes disaient, on attend le grand discours sur la laïcité, mais que ce soit sur le volet social, ce qu'on peut appeler le volet borloo qui peut y avoir dans ce plan, que sur un certain nombre de réaffirmations. Pourquoi on a pris du autant de temps ? Et pourquoi, avant, on a été aussi lâches, si on peut dire ainsi, dans tous les gouvernements successifs ? Depuis 30 ans. Oui, 30 ans au moins. Et quand vous étiez à l'éducation nationale, il y avait peut-être déjà des problèmes.

7:45
François Bayrou

Excusez-moi, c'est moi qui ai interdit le voile à l'école. Et comme vous vous en souvenez, ça a fait un peu de... De bruit. De bruit. Mais parce que je sentais bien qu'on ne pouvait pas, au sein de l'école, laisser se manifester ces pratiques-là. Mais Emmanuel Macron, sa conversion... J'ai donc pris cette décision, ce qu'on a appelé la circulaire Bayrou à l'époque, j'ai donc pris cette décision qui était une décision pour moi d'affirmation du fait qu'on ne venait pas à l'école avec sa propre loi. L'école, c'était le lieu où on se rencontre sous une seule loi, qui est la loi de la connaissance, du savoir.

8:21
Invité

Pour savoir qui a convaincu Emmanuel Macron. Je veux dire, Emmanuel Valson sait. Et là, il a fallu quand même plus de deux ans pour ce fameux discours. Et il n'y a pas de temps à perdre, probablement, avec ce sujet.

8:32
François Bayrou

Oui. François Bayrou. D'abord, Emmanuel Macron, pardon de dire ça, est devenu président de la République très jeune.

8:40
Invité

Plus jeune qu'aucun de ses prédécesseurs. 39 ans.

8:44
François Bayrou

Et il est devenu président de la République avec une idée qui était une idée que j'aime beaucoup, qui était une idée de bienveillance réciproque et l'idée qu'on allait faire rentrer dans la vie nationale et dans la vie de la République, tout cela qui s'en était éloigné.

9:04
Présentateur

Vous y avez cru ?

9:05
François Bayrou

C'était un peu angélique. Oui, j'y ai cru et j'y crois encore. Je ne crois pas qu'on puisse construire quoi que ce soit de bon dans un pays si on cultive la division, la désunion et l'affrontement interne.

9:18
Présentateur

Mais on est loin de la perveillance, M. Bayrou, lorsqu'on écoute le président de la République, lorsqu'il disait « nous avons laissé faire chez nous le wahhabisme, le salafisme, les frères musulmans qui ont porté des messages de rupture », lorsqu'il disait, comme le rappelait Françoise, que la France a construit ses propres séparatismes en laissant se ghettoïser des quartiers par manque de politique d'intégration suffisante.

9:38
François Bayrou

Quel rapport avec la bienveillance ? Il a doublement raison. En dépit de ce qu'ont dit un certain nombre de responsables politiques, à mon sens, mal inspirés. Ce n'est pas un discours qui porte quoi que ce soit contre l'islam. Au contraire, c'est un discours qui reconnaît à la conviction musulmane et à la pratique musulmane leur place dans la République explicitement. Et dit avec cette compréhension que je trouve très importante. Mais les mouvements que vous avez cités et qu'a énumérés le président de la République, ce ne sont pas des mouvements du vivre ensemble.

10:24
Présentateur

Non, c'est le moins qu'on puisse dire.

10:25
François Bayrou

Ce sont des mouvements, et il a eu raison de le dire comme tel, du séparons-nous. Chacun chez soi, chacun sa loi. Chacun chez soi, chacun sa foi, chacun sa loi. Et la loi qui nous fait vivre ensemble, on s'en détache. On s'en va.

10:42
Présentateur

Mais lorsqu'il parle du wahhabisme, parlons très simplement d'un courant de l'islam totalitaire. Pour le coup, il est porté, encouragé, diffusé par l'Arabie saoudite, qui est un partenaire de la France. Là, on est face à une contradiction majeure. Est-ce qu'il est question de non seulement se séparer, rompre, mais interdire toute influence saoudienne sur la vie culturelle, religieuse et politique en France ?

11:05
François Bayrou

Ça, c'est une question simple. Le monde est suffisamment... Oui, mais justement, Ali Badou, ce n'est pas vraiment avec les questions simplistes qu'on fait avancer le monde.

11:15
Présentateur

On ne peut pas critiquer le wahhabisme en étant l'allié de ceux qui le portent et qui le diffusent.

11:20
François Bayrou

Le monde est suffisamment compliqué. Regardez ce qui se passe en Turquie. Regardez ce qui se passe dans ce Moyen-Orient que nous évoquons. Regardez ce qui se passe au Karabakh. Le monde est suffisamment compliqué pour qu'on n'aille pas jeter perpétuellement de l'huile sur le feu. Il n'y a aucun doute qu'il y a dans le monde des régimes avec lesquels nous sommes en confrontation. Je vais vous en citer quelques-uns. L'Arabie saoudite que vous indiquez, mais pas seulement. L'Iran...

11:52
Présentateur

Nous ne sommes pas en confrontation avec l'Arabie saoudite, François Bayrou.

11:55
François Bayrou

La Turquie, la Chine, ce sont des régimes... Vous ne m'avez pas écouté. Alors je reprends. On est en confrontation avec des régimes dont l'idéologie n'est pas la nôtre, dont la ligne politique qu'ils voudraient imposer au monde n'est pas la nôtre. Et nous résistons à cela. Mais derrière ça, il y a des peuples. Et il y a des réalités économiques. Et il y a le tissu si serré des relations internationales. Dans ce tissu-là, la France a une ligne. Elle doit la défendre. Pour autant, nous ne pouvons pas jeter de l'huile sur le feu. Sans ça, nous allons nous retrouver avec un univers complètement explosé. Et si on peut éviter ça, moi, je préférerais... C'est tout l'art de la diplomatie.

Défendre une ligne. Et le ministre des Affaires étrangères et le président de la République défendre une ligne, défendre des valeurs, sans pour autant entrer en affrontement avec le reste des États qui n'ont pas la même ligne.

12:58
Invité

Mais restons sur ce qu'on était en train de dire. On parlait d'essayer d'unir tout le monde. On parlait d'unité. Dans le discours d'Emmanuel Macron, vous y avez vu donc beaucoup de bienveillance. Mais comment est-ce qu'il va permettre concrètement, dans les actions qu'il peut faire ou qu'il va faire, que les jeunes musulmans, que les jeunes français d'origine musulmane se sentent totalement intégrés dans notre société ? Depuis trois ans, je ne suis pas certaine, en fait, que les gens des quartiers se soient sentis totalement intégrés dans la société.

13:23
François Bayrou

Je ne partage pas votre sentiment. Si j'ose dire, je vis avec les quartiers tous les jours. Et au contraire, j'ai l'impression... Mais pas qu'à Pau. Dans toute la France. Mais à Pau, c'est un exemple. C'est pas le centre du monde. Voilà. Ben, c'est pas le centre du monde, mais nous sommes tous le centre du monde. Et donc, ceci relève des politiques qui sont les politiques plus larges. Pas les politiques directement dirigées vers une communauté, mais les politiques dirigées vers la communauté nationale. Alors qu'est-ce qu'il y a ? Il y a les questions d'emploi, de santé économique, d'insertion, d'intégration, d'éducation. Si je pouvais souligner huit fois éducation, je le soulignerais.

14:09
Invité

Sur l'emploi, par exemple, vous avez l'impression que les jeunes français d'origine musulmane, pour eux, les choses sont plus simples, par exemple, pour accéder au marché de l'emploi ?

14:15
François Bayrou

En tout cas, je puis vous assurer par des témoignages précis qu'on peut proposer à plusieurs dizaines d'entre eux des intégrations dans l'emploi, des formations en alternance et la découverte de l'entreprise. Et que tout d'un coup, ils voient qu'ils y ont leur place, qu'ils peuvent y avoir leur place. Alors, je ne suis pas en train de vous dire que tout est facile pour eux. Mais vous savez, tout n'est pas facile pour les fils de paysans des Pyrénées. Tout n'est pas facile pour les fils d'ouvriers au chômage. On a une société qui est en réalité vraiment une société, de ce point de vue-là, difficile et fracturée.

Et Emmanuel Macron a raison de dire qu'on a laissé se fracturer au cours des années. Il y a des décennies qu'on n'a pas su faire face à cela. Et je trouve très courageux qu'ils nomment cette dérive et qu'on y fasse face. Françoise, tu n'as pas dit.

15:12
Invité

Tout à l'heure, vous disiez qu'en fait, on agit un peu sur une poudrière. Et la difficulté, au fond, sur laquelle butent tous les gouvernements, c'est l'organisation du culte musulman en France. Il y a un problème de contrôle de financement. Il y a un problème de contrôle des prêches. Et là, le pari, c'est de donner au Conseil français du culte musulman davantage de pouvoir. Ça a été fait les années passées. Ça a été des progrès très longs. Et certains, comme Gérald Darmanin, à un moment, avaient envisagé un concordat. Pourquoi, à votre avis, cette solution n'était pas la bonne aujourd'hui ?

15:43
François Bayrou

Le président de la République, il a dit dans le discours, il a traité cette question, il a apporté cette réponse. Il a dit que le concordat, ça aurait posé des problèmes et avec l'islam et avec les autres religions. Il a dit, j'ai envisagé cette idée, c'est-à-dire, qu'est-ce que c'est le concordat ? La prise en charge des animateurs religieux, des imams en l'occurrence, par l'État, payée par l'État. Et on sait bien à quel point ça aurait pu soulever des vagues.

16:12
Invité

Mais on sait bien aussi qu'en s'appliant sur le CSCM, il ne va pas se passer grand-chose. Ça n'a jamais fonctionné.

16:16
François Bayrou

Parce que je ne pense pas que ce soit la réponse exacte. Mais il a choisi la loi de 1905, qui est une organisation des relations entre le culte musulman et la puissance publique. Et je dis la puissance publique exprès et pas l'État, parce que je crois que ça doit passer beaucoup par les autorités locales. Je pense qu'on peut agir localement. Il est plus difficile d'agir nationalement, en général. Je pense qu'on peut trouver des chemins localement. Mais il ne se contente pas de ça. Il dit, on va former des imams en France, en français et aux valeurs de la République.

16:53
Invité

Mais c'est au CSCM de l'organiser.

16:55
François Bayrou

On va monter. Attendez. On va monter. Bien sûr, vous n'allez pas dire aux responsables de la communauté musulmane. Vous n'avez pas votre place dans cette affaire.

17:02
Invité

Oui, mais le CSCM, il dysfonctionne quand même depuis qu'il existe, depuis 2002.

17:06
François Bayrou

Bon, laissez-les essayer. On va monter un institut universitaire qui va être scientifique et analyser philosophiquement ce qu'est l'islam. Je trouve que ce sont de très, très grands progrès. C'est des progrès d'autorité pour éviter les dérives. Et les imams qui ne parlent pas un mot de français et qui véhiculent d'autres discours que ceux dont nous avons besoin comme communauté française. Le religieux a toute sa place. Les déstabilisations, non.

17:42
Présentateur

Nathalie Saint-Cricq.

17:44
Invité

Deux questions précises à propos du plan proposé par Emmanuel Macron. L'école obligatoire à trois ans, école, donc pas instruction. Est-ce que vous trouvez que c'est une bonne idée et que c'est quelque chose qui peut effectivement rescolariser ? Alors, on dit 50 000 aujourd'hui. 50 000, dont probablement 25 000 pour raisons religieuses qui n'iraient pas à l'école. Est-ce que vous trouvez que c'est une bonne solution ? Première question. Et deuxièmement, une ouverture plus grande à l'enseignement de l'arabe pour éviter que ça se fasse dans des caves, comme dirait Nicolas Sarkozy, mais que ça se fasse plutôt à l'école.

La droite a déjà poussé des hurlements comme si on était en train d'imposer l'enseignement de l'arabe à tout le monde. Est-ce que vous trouvez que ces deux pistes sont de bonnes choses ?

18:19
François Bayrou

François Bayon. On était devant un développement de la déscolarisation pour les enfants, et spécialement pour les petites filles. Déscolarisation et pseudo-scolarisation au CNED. Parce que quand vous avez un enfant de 3 ans, 4 ans, 5 ans, c'est pas l'enseignement par correspondance qui va pouvoir rapporter quelque chose. Il faut qu'il existe en cas de maladie, par exemple, mais très souvent, ce sont les parents qui servent de relais, ou des répétiteurs qui servent de relais. Mais dans ce cas-là, non. Dans ce cas-là, on est dans une séparation culturelle.

19:03
Présentateur

Jean-Michel Blanquer parlait de 50 000 élèves concernés.

19:06
François Bayrou

Oui, peut-être plus, on ne sait pas. 25 000 pour médical, et plutôt 25 000 pour, on dit, religieux. Et cette déscolarisation, il fallait une décision, parce que personne, quand ça progresse, quand ce type d'attitude progresse, alors il faut qu'il y ait un stop. Parce que les petites filles, elles font partie de la France et de la République.

19:30
Présentateur

Est-ce qu'il faut remettre en cause la loi Fallou ? Vous aviez été confronté au problème quand vous étiez ministre de l'Éducation nationale.

19:35
François Bayrou

Alors, je ne sais pas si vous savez ce que c'est que le contenu de la loi Fallou.

19:38
Présentateur

Justement. Sur la liberté de l'enseignement, en l'occurrence, jusqu'où ira l'interprétation de la loi Fallou ?

19:45
François Bayrou

La loi Fallou, ce n'est pas ça. C'est l'interdiction de financer par la puissance publique des écoles qui sont des écoles privées, même sous contrat. Et en effet, ça a fait des vagues à l'époque. Si on regarde avec 25 ans de distance, on s'apercevra que le texte que je proposais est à l'époque, et qui est d'ailleurs assez souvent entré dans les faits, même si la loi a été supprimée, ce texte-là était, comment dire, modéré et équilibré.

20:15
Invité

Sur l'enseignement de l'arabe, juste la deuxième question.

20:17
François Bayrou

Sur l'enseignement de l'arabe, je pense que l'arabe est une des très grandes langues du monde et qu'il est naturel qu'on la transmette et plus facile à transmettre pour des enfants qui sont acculturés ou qui sont dans cette culture, sans rappeler qu'entre l'arabe littéraire et l'arabe dialectal dans chaque pays, il y a des différences qui ne sont pas minces.

20:44
Invité

Il faut mieux que ce soit pris dans le tirant de l'enseignement public ou d'enseignement privé sous contrat, plutôt que de laisser cet enseignement se faire.

20:52
François Bayrou

C'est la même chose pour le chinois, c'est la même chose pour l'anglais, c'est la même chose pour l'arabe. Et je serais très content qu'il y ait beaucoup de jeunes, y compris issus de l'immigration à la deuxième ou troisième génération, qui maîtrisent cette langue qui est une des grandes langues du monde, comme le français, je rappelle, ce que tout le monde oublie, est une des grandes langues du monde et va être une des grandes langues parlées par des centaines de millions de personnes. Voilà pourquoi je suis tellement défenseur de la francophonie. Ben si, vous vous trompez. Mais bon, c'est un autre sujet. Non, non, c'est pas un autre sujet.

L'augmentation de la population en Afrique fait que, d'ores et déjà, il y a des centaines de millions de personnes qui parlent français dans le monde. Il n'y a qu'un seul peuple qui l'oublie, c'est les Français. Et les autorités françaises, qui trop souvent se livrent à une espèce de jargon...

21:47
Invité

Il suffit d'aller à l'Europe pour se rendre compte.

21:49
François Bayrou

Mais vous avez parfaitement raison. La responsabilité des dirigeants français devrait être de défendre la langue française qui est une, qui est par la loi, par la loi européenne, par la loi mondiale, une des deux ou trois grandes langues d'échange dans le monde. Les seules qui ne le défendent pas, c'est les Français. Encore sur le séparatisme. Une dernière question très concrète.

22:14
Invité

Emmanuel Macron, est-ce qu'il a raison de vouloir laisser les mères voilées accompagnées des sorties scolaires ?

22:22
François Bayrou

D'abord, je ne sais pas ce que... Le mot voilé, pardonnez-moi de vous dire, est une ambiguïté.

22:31
Invité

Alors une femme portant un voile ?

22:32
François Bayrou

Portant un foulard. Le hijab, c'est un foulard ou pas ? Non, bien sûr que non. Le visage, c'est d'ailleurs rigolo... C'est assez paradoxal d'en parler aujourd'hui, mais allez-y, François Bayrou. Le visage dissimulé est interdit par la loi. Mais enfin, François Bayrou... C'est ironique.

22:56
Invité

Mais pour des raisons de sécurité, pas pour des raisons idéologiques de libération des femmes.

23:01
François Bayrou

Non, mais comment peut-on encore tenir ce discours, François Bayrou ? Écoutez, vous connaissez l'histoire, non ? Vous y êtes en plein. Vous aviez un masque quand je suis arrivé. Oui. Alors ne me dites pas qu'on peut se promener au visage dévoilé. Non, justement. On doit dissimuler son visage. Il sera un manquement à la...

23:19
Présentateur

Donc comment demander à des femmes de ne pas dissimuler le leur ?

23:23
François Bayrou

Alors, très sérieusement, on va s'arrêter une seconde. Ah, mais je suis très sérieux. Il y a dans la société aujourd'hui un certain nombre de gens qui pensent que le masque sanitaire est un abus. Je me suis fait moi-même agresser à Paris par une jeune femme, tout à fait avertie, semblait-il, qui était avec ses enfants et qui m'a dit « ça suffit, les abus que vos amis imposent, le virus, ça n'existe pas. » C'est une blague pour prendre le contrôle de notre vie. Il n'y a pas dix jours. Et quand on voit les dégâts, on a tous perdu des amis. Moi, j'ai perdu des amis proches. Quand on voit les dégâts, alors on se dit que c'est dangereux, ce type de dérive-là. Donc je n'en plaisante pas.

Ce qui a été interdit par la loi, c'est le visage voilé pour des raisons culturelles et religieuses, parce qu'en France, nous sommes, nous étions, le pays du visage dévoilé. Et donc, de ce point de vue-là, c'est interdit. Après, que les mères accompagnent les enfants dans les sorties scolaires, moi, ça ne m'a jamais choqué.

24:40
Invité

– C'est le maire qui porte un hijab ?

24:42
François Bayrou

– Non, le hijab, c'est la totalité voilée. Le hijab, ça n'est pas le public. – Bon, on ne rentre pas dans les subtilités du voile.

24:49
Présentateur

De toute façon, il sera toujours temps de voir les contenus de la loi, d'ailleurs, qu'a promis le président de la République et qui sera présenté à l'automne et qui devrait être discuté début décembre au Conseil des ministres avant d'être examiné par le Parlement.

25:01
François Bayrou

– Vous vous rendez compte ? Essayons de voir ce dont on parle. Un petit enfant de 3 ans, 4 ans, 5 ans, qui va à l'école, publique, avec les mères des autres enfants, accompagne les sorties scolaires. – Les pères. – Et lui, on… – Ou les pères. – Oui, plus souvent les mères. – Non, mais bon. – Ça devrait être aussi les pères, j'espère. – Et lui, on lui dit, non, ta maman, elle n'a pas le droit. Parce que, or, c'est comme ça qu'il la voit habillée à la maison tous les jours et dans les rues de la ville tous les jours. Et donc, vous voyez, je fais la différence entre le voile, qui est une tradition, et puis ce qu'est message politique. Et après tout, les directeurs d'école sont là pour ça.

25:49
Invité

– Mais Emmanuel Macron dit, il faut renforcer la neutralité dans les services publics. L'école est bien un service public. Donc, est-ce qu'on renforce la neutralité ?

25:56
François Bayrou

– Il ne s'agit pas des enseignants, on confond tout. Il ne s'agit pas des enseignants. Les enseignants, ils sont soumis à l'obligation de neutralité. Il ne s'agit pas des accompagnants, des assistantes maternelles. Tout cela est soumis à l'obligation de neutralité. Il s'agit des parents qui ont le droit d'être dans la rue avec ce type de vêtements ou de couvre-cheveux. Bon, ne faisons pas des guerres de religion à propos de tout. Réservons la fermeté de la loi à ceux qui en vaut la peine. Et très souvent, on laisse dériver vers, je crois, des mises en cause qui ne font que jeter de l'huile sur le feu, à mon avis. – Françoise Fresseuse.

26:47
Invité

– Alors, vous parliez tout à l'heure du port du masque et de l'importance de le porter. Et de fait, l'épidémie reprend dans plusieurs grandes villes. Est-ce que vous estimez que le gouvernement a eu un défaut d'anticipation ou en tout cas a trop proclamé que la reprise arrivait en septembre et que peut-être on pouvait vivre normalement ?

27:04
François Bayrou

– François Bayon. – Tout le monde a eu un défaut d'anticipation. Tout le monde a cru que c'était fini. Et notamment les plus jeunes, disons les moins de 50 ans qui pendant les vacances et les moins de 30 ans encore davantage et les moins de 20 ans peut-être plus encore, ont cru qu'on pouvait de nouveau faire la fête. – C'était du relâchement de l'enthousiasme ? Que c'était une manière au contraire de retrouver la vie et de la fêter. Et avec ça, l'épidémie est repartie. On a eu hier 17 000 contaminations.

Et dans une ville comme la mienne où l'organisation des tests est très avancée et très élaborée, on en fait plus de 1 000 par jour, eh bien on retrouve une augmentation de la contagion qui est très inquiétante. Pour l'instant, il n'y a pas les conséquences d'hospitalisation et notamment de réanimation aussi fortes qu'on les a connues et qu'on les craint. Mais du point de vue des contaminations, il n'y a pas de doute, on est arrivé à un seuil de 6 à 7 % de contamination diagnostiquée sur les tests.

28:19
Invité

– À propos des décisions qui doivent être prises, est-ce que c'est le gouvernement, à savoir M. Castex ou M. Véran, qui doit décider, ou alors tout doit être négocié entre le préfet et le maire, si bien qu'on risque d'avoir des choses à deux vitesses. C'est un peu la réaction des Marseillais lorsque le durcissement a été décidé à Marseille. Qui doit décider ? Est-ce que finalement on n'a pas l'impression que c'est erreur au-delà des Pérénées, justice en delà, et que ça doit se faire un petit peu de gré à gré ? Est-ce que ce n'est pas le boulot du gouvernement de décider ?

28:47
François Bayrou

– Moi, je suis pour que les élus locaux soient associés, et que l'intervention… – Associés, associés, ce n'est pas décentralisés ? – Associés, négociés, discutés, qu'on échange autour de ce sujet quotidiennement, ce que les maires des villes font naturellement avec les préfets ou avec l'État.

29:05
Invité

– Mais s'il y a un doute, qui doit in fine dire c'est comme ça ?

29:08
François Bayrou

– S'il y a un danger, c'est l'État qui doit prendre ses responsabilités, c'est sa responsabilité. Mais il y a d'autres responsabilités de l'État. Vous avez rappelé que j'avais la charge du plan,

29:21
Présentateur

et on a découvert… – Et on va en parler justement.

29:23
François Bayrou

– Et on a découvert pendant cette épidémie à quel point nous étions désarmés, ou nous nous étions laissés désarmés sur un certain nombre de sujets essentiels. On a connu les masques, on a connu les tests. Mais il y a aujourd'hui même un sujet sur lequel les soignants se trouvent complètement désarmés. On ne trouve plus ou presque plus de gants médicaux pour faire les prélèvements.

Et les infirmiers, les infirmières, lorsque ils ou elles ont besoin d'aller chez un patient pour faire un prélèvement, qui est malade, un patient malade, qui a des symptômes, pour faire un prélèvement pour savoir si, oui ou non, il a été contaminé, s'ils n'ont plus de gants, – Alors, il y a autour des gants une dérive qui s'est développée. La boîte de gants chirurgicaux, au début du mois de juillet, elle coûtait 5 euros. Aujourd'hui, elle en vaut entre 15 et 20.

30:25
Invité

– Et là, qu'on le trouve des affaires.

30:26
François Bayrou

– Et comment se fait-il qu'un pays comme le nôtre se laisse ainsi désarmer ? Alors, les gants, c'est du latex, c'est de l'EVA, alors c'est en Malaisie qu'on le trouve, je comprends que ça soit limité. Mais il y a deux autres sortes de gants qui ne sont pas en latex, qui sont en nitrile ou en vinyle. Et ce nitrile ou ce vinyle, c'est des produits de la chimie du pétrole. Donc on peut, on doit pouvoir en former, en produire autant qu'il faut. Comment se fait-il que nous nous laissions désarmer ainsi ? Et c'est la responsabilité. Le ministre de la Santé a dit au mois de juillet qu'il avait commandé des centaines de millions de paires de gants supplémentaires. Tant mieux, mais où sont-ils ?

31:12
Invité

– Mais donc, on vous pose la question politiquement. Est-ce que vous avez ce sentiment, cette impression qu'on navigue à vue ? Est-ce que c'est exagéré quand on dit ça ou est-ce que c'est justifié ?

31:20
François Bayrou

– Non, on navigue en partie à vue. L'humanité navigue en partie à vue. L'humanité découvre au jour le jour une épidémie, un virus, qu'elle n'avait pas rencontré dans son histoire ou en tout cas pas rencontré depuis la grippe espagnole qui a fait, je vous rappelle, entre 40 et 50 millions de morts au lendemain de la guerre de 1914.

31:43
Invité

– Donc on ne peut pas faire mieux.

31:43
François Bayrou

– Dont Apollinaire, dont je salue au passage la présence poétique auprès de nous. Eh bien, 40 ou 50 millions de personnes. Là, on vient de passer un million, c'est ça ? Oui, on a l'impression qu'on découvre. Et de ce virus, nous ne savions rien. On a cru au début que c'était un virus bénin. Ça n'était pas un virus bénin. Nous avons découvert depuis à quel point il pouvait être agressif, notamment pour des tranches d'âge un peu plus âgées et encore qu'il y ait des jeunes, évidemment, aussi qui soient gravement atteints.

32:25
Présentateur

– Votre portrait, François Bayrou, il est signé. Karine Bécard.

32:29
Invité

– Vous avez été, François Bayrou, député, ministre, chef de différents partis, candidat à l'Élysée.

32:36
François Bayrou

– Toujours du même, sous des noms différents.

32:38
Invité

– Exactement. Ce qui représente 38 ans d'une trajectoire politique plutôt bien chargée. Et au commissaire, c'est vrai que vous ne l'aviez encore jamais été. Au commissaire au plan, un poste qui, certes, a déjà existé par le passé, mais en le ressuscitant, reconnaissait qu'il a été subtilement ajusté à votre itinéraire et votre personnalité. Tout a été fait, par exemple, pour que vous puissiez rester maire, le maire de Pau, et peu importe que vous cumuliez une fonction nationale avec un exécutif local. Tout a été fait aussi pour que votre interlocuteur principal soit bien sûr le président.

De même que vous avez accepté, François Bayrou, une mission non rémunérée, peut-être pour ne pas faire réapparaître cette affaire des assistants présumés fictifs du Modem, qui n'a toujours pas été soldé. En tout cas, incontestablement, vous avez choisi aujourd'hui d'être dans la réflexion, bien plus que dans l'action, ce que vous avez en réalité souvent privilégié. Vous, le paysan lettré, fier de ces Pyrénées-Atlantiques, et qui a construit vraiment petit à petit sa carrière politique.

33:40
François Bayrou

Le tracteur est un endroit sur lequel je réfléchis très bien. C'est une situation dans laquelle je m'éloigne de tout ce qui se passe, désagréable ou d'agité dans le monde politique.

33:55
Invité

Vous avez quand même un sacré savoir-faire. À ce moment-là, nous sommes en 2007. À 56 ans, c'est votre deuxième bataille présidentielle. Et cette image de campagne devant votre tracteur est absolument parfaite. Cela dit, le spécialiste en communication politique a su régulièrement aussi réfléchir, donc éposé les bons diagnostics. On l'a complètement oublié, mais cinq ans plus tard, en 2012, le produire français, c'est vous, François Bayrou, qui en avez parlé le premier et qui avez su l'imposer. Ce n'est certainement pas Arnaud Montebourg, qui certes l'a fort bien incarné, mais qui n'a fait que reprendre votre idée.

De la même façon, la dette, avant de devenir l'obsession de François Fillon, c'est encore vous qui avez repéré le sujet et qui avez poussé toute la classe politique à se positionner.

34:38
François Bayrou

Dans le discours de Nicolas Sarkozy dimanche, il n'y a pas eu un mot sur le déficit et la dette. Et évidemment, si on ne met pas au premier plan la question du déficit et de la dette, alors on est porté à dire tout est possible.

34:50
Invité

Donc le haut commissaire que désormais vous êtes a déjà eu l'occasion de montrer qu'il avait du flair. À une exception près peut-être votre conviction, François Bayrou, de devoir rassembler droite et gauche pour mieux réconcilier les Français. Trois ans après, le bilan pour l'instant est loin d'être convaincant.

35:09
François Bayrou

Réponse, François Bayrou. Il y a un sondage ce matin qui dit qu'entre autres qu'Emmanuel Macron, le président de la République, arrive en tête des intentions de vote. Et je trouve donc que ce rassemblement, au-delà des questions...

35:29
Présentateur

S'il y avait une élection présidentielle aujourd'hui.

35:31
François Bayrou

Au-delà des questions de droite et de gauche, contrairement à votre diagnostic affûté, je trouve que ce rassemblement, qui n'est pas exactement ce que je pense, mais je vais vous dire ce que je pense...

35:41
Invité

Mais est-il encore un candidat, enfin un président, et de droite et de gauche ?

35:44
François Bayrou

Oui, bien sûr. Bien sûr. Bien sûr. Il suffit que vous regardiez l'effondrement de la gauche dans ce même sondage. Lorsque la gauche, dans ce sondage IFOP de ce matin, lorsque la gauche présente un candidat unique, il est à 15% des voix uniques sur les trois courants qui la forment. Donc, vous voyez bien qu'un grand nombre de Français se rendent compte que l'attitude la plus compréhensive, celle qui veut faire le plus avancer le pays, eh bien, c'est le président de la République qui la porte. Et donc, ce diagnostic que vous faisiez avec le sourire n'est pas exact. Mais je voudrais dire quelque chose d'autre.

Je n'ai jamais pensé que mon combat politique, que c'était réunir tous les camps, tout le temps. Non. J'ai pensé qu'il était anormal et stupide de vouloir présenter la vie politique française comme l'affrontement de deux camps, droite contre gauche. J'ai toujours trouvé que c'était une stupidité abyssale et qui nous conduisait à la catastrophe. Excusez-moi de regarder les États-Unis et vous verrez à quoi porte cet affrontement-là. À quelle dérive, à quelle stupidité malsaine cet affrontement porte. J'ai toujours pensé qu'il n'y avait plus de deux courants.

Souvenez-vous, je suis allé à Toulouse un jour dire si vous dites que nous pensons tous la même chose, c'est que nous ne pensons plus rien. C'était pas bien passé. Et j'avais raison. Vous aviez été hués par le public, d'ailleurs. Oui, ils étaient là pour ça, si vous me permettez. On n'allait pas... Et donc, pour moi, c'est très clair, il y a plusieurs courants fondamentaux. L'un de ces courants est le courant qu'on appelle central, du centre, démocratique. Et ce courant-là, qui aujourd'hui a une place importante dans les intentions de vote, ce courant-là est le seul à même de pouvoir réconcilier et dépasser les frontières. On va en donner le balai. Il y a exactement ce que je veux dire.

Si on pense,

38:02
Invité

comme Christian Estrosi, qu'en gros, il y a un gros centre, centre-gauche, centre-droit, Emmanuel Macron et tout le monde autour, et puis qu'il n'y a plus rien, ou alors il y a des extrêmes, est-ce que c'est totalement sain pour la démocratie quand on voit le nombre de gens qui votent ? C'est l'espèce d'agrégation de tout le monde, les forces du bien. Ce sont des questions

38:17
François Bayrou

formidables, pardonnez-moi de vous dire. Donc idiot sur le fond. Formidables, pas du tout au sens terrifiant, mais au sens rigolo du terme. Donc un peu bête, mais on va y aller quand même. Quand la gauche l'emporte, personne ne dit est-ce que c'est sain pour la démocratie que la gauche l'emporte ? Quand la droite l'emporte, personne ne vient vous dire est-ce que c'est sain ? Je vous dis que la gauche a été aspirée, la droite détruite. Et que maintenant,

38:43
Invité

il y a Emmanuel Macron, centre-gauche, centre-droite, et puis plus rien, sauf Marine Le Pen.

38:48
François Bayrou

Eh bien, excusez-moi, mais j'ai le souvenir qu'un jour, quand la droite l'a emporté, en 1993, il y avait 30 députés, 29 députés du PS à l'Assemblée, tout le reste était à droite, et vous n'êtes pas venu dire... Mais qu'est-ce que vous en savez ? Vous n'êtes pas venu dire est-ce que c'est sain pour la démocratie. Non, mais parlons d'aujourd'hui. François Bayrou, et j'aimerais reciter François Spesso sur la malédiction de fin de mandat. On y vient après, mais je vais vous répondre parce que j'ai quelque chose à dire sur le fond dans cette affaire-là, pour ne parler pas seulement du présent...

39:22
Présentateur

Réponse concise, François Bayrou.

39:23
François Bayrou

Mais du futur. Le temps passe vite.

39:26
Présentateur

Je sais que vous venez du futur, mais malheureusement, l'horloge est en train de tourner.

39:32
François Bayrou

Très bien. Donc, voilà. Quand c'est le courant central qui l'emporte, alors on vient pleurer des larmes de crocodile en disant, mais comment vous osez arriver devant les autres ? Vous osez leur prendre la place ? Mais est-ce que c'est sain ? Oui, c'est complètement sain. Parce que je crois qu'il y a quelque chose d'heureux dans la démocratie, c'est quand les gens qui pensent le plus juste l'emportent. Alors je ne dis pas que c'est tout le temps comme ça, mais vous avez eu la gentillesse de noter que c'était arrivé dans mon histoire un certain nombre de fois de repérer des sujets qui allaient être des sujets vitaux pour l'avenir.

Et donc, il y a une phrase d'Anatole France que j'aime beaucoup et qui m'a servi de viatique pendant toutes ces années de combat. Il dit, nous aurons raison parce que nous avons raison. Et donc, moi, j'apprécie cette phrase. Mais allons un peu plus loin. Françoise Fresseuse. Parce que la question, c'est la question des institutions. Pourquoi on pose ces questions-là ? Parce que nous avons des institutions de tout ou rien. Parce qu'il se trouve que l'organisation des choses fait que quand la présidentielle est gagnée, alors aux élections législatives qui suivent, les autres courants disparaissent. Et ceci est malsain.

40:55
Invité

Donc, il faut changer ça ?

40:56
François Bayrou

Et donc, moi, je suis, depuis longtemps, mais je prétends que le moment est venu très important pour poser cette question. Je prétends qu'il faut une loi électorale juste. La proportionnelle. dans laquelle chacun trouvera, pour l'Assemblée nationale, qui doit être le lieu du débat, le nombre de sièges que doit y valoir

41:19
Invité

l'adhésion

41:21
François Bayrou

de ses contemporains.

41:23
Invité

Mais là, vous parlez presque d'une proportionnelle intégrale.

41:25
François Bayrou

Je parle d'une proportionnelle départementale, celle que Mitterrand a faite en 84 et 86. Ça sera pour plus tard. On est d'accord. Alors, ça dépend pour plus tard si on considère qu'en effet, le combat ne doit pas être livré. Or, il se trouve que moi, alors là, non pas comme responsable de la réflexion ou en partie responsable de la réflexion sur l'avenir, mais comme responsable politique, je pense que ce combat est un combat essentiel.

41:50
Invité

Mais avant la fin du quinquennat ?

41:52
François Bayrou

Je trouve que nous devrions... Mais vous pensez que les Français ont la tête à ça ? On a jusqu'au mois de juin. Regardez la vie politique américaine. Pourquoi est-ce que la vie politique américaine a pris ce tour de violence absolument destructeur pour le pays ? Il y a deux raisons. Il y en a une sur laquelle on ne s'interroge pas assez, c'est le financement de la vie politique américaine. Et il y en a une deuxième qui est que ces élections sont des élections du tout ou rien. À une voie près, on prend tout et à une voie de moins, on ne prend rien.

42:26
Présentateur

« Winner takes all » comme on dit là-bas.

42:28
François Bayrou

Si on accepte l'idée que la vie politique, c'est une pluralité de courants, un pluralisme de courants, qu'on ne pense pas tous la même chose et que, d'une certaine manière, le débat adoucit les mœurs, il n'est pas normal. Je vais dire quelque chose que j'ai vécu. À la dernière élection présidentielle, Marine Le Pen a été au deuxième tour. Elle se retrouve avec quatre ou cinq ou six députés à l'Assemblée. J'ai approché 20 % en 2007. Je me suis retrouvé avec deux députés à l'Assemblée. Tout ceci est anormal. Je plaide pour qu'on ait une vie politique qui reconnaisse le pluralisme et où chacun trouve sa place. Et on a...

Ça ne sera pas le blocage de la 4e République parce qu'entre la 4e et la 5e, il y a quelque chose qui a changé. C'est l'élection du président de la République au suffrage universel. Et De Gaulle disait nous allons enlever le gouvernement aux manœuvres de partis. Il sera nommé par le président de la République élu comme on sait en tenant compte des nuances de l'Assemblée nationale. Et si vous avez ce pluralisme et cette prééminence du président... Moi, en tout cas, je trouve que ça serait bien. Et je trouve que tous les partisans de la loi électorale juste devraient s'allier pour que...

ou en tout cas discuter pour qu'on en parle vite avant le mois de juin puisque c'est le mois de juin qui est la limite.

43:54
Invité

Alors, puisque vous êtes chargé d'éclairer l'avenir, il y a quand même un problème monstrueux sur lequel on bute, c'est la dette publique. Pierre Moscovici, le premier président de la Cour des comptes, disait qu'elle avait augmenté en quelques semaines de 6500 euros par français, que ça atteignait des proportions catastrophiques. Qu'est-ce qu'on va faire de cette dette ? Comment on va la rembourser ? Et au fond, ça va être la grande thématique de la prochaine présidentielle. Donc, est-ce qu'il faut dire un langage de vérité aux Français ?

44:20
François Bayrou

François Bayron. J'ai fait, dès le début de cette crise, des propositions précises sur ce sujet. Et c'est... Vous savez à quel point vous l'avez rappelé, je me suis inquiété de ce sujet. Je l'ai rappelé indécent, justement, pour voir quel était aujourd'hui votre... Nous ne sommes pas devant une dette ordinaire. Nous sommes devant un cataclysme qui a submergé la planète sans que personne en soit responsable. Ce n'est pas la même chose qu'une dette dont un pays qui se gère mal encourt la charge à raison de son incapacité à se gérer. Donc, c'est de la bonne dette. Celle-ci, en revanche, qui est une dette pour se sauver, pour maintenir la tête du pays hors de l'eau et pour se protéger.

45:09
Présentateur

Enfin, ça reste une dette, François Bayrou, il faudra la rembourser.

45:11
François Bayrou

Attendez, attendez. Donc, j'ai proposé depuis le début qu'on isole la dette due à cette épidémie, qu'on la cantonne et qu'on se donne 10 ans. J'avais dit 10, je crois qu'ils ont choisi 8, mais enfin, c'est la même idée pour la rembourser. Qu'on fasse un différé d'amortissement ou, en d'autres termes, qu'on la renouvelle le temps nécessaire pour venir dans 8 ou 10 ans la rembourser. On pourrait aussi imaginer que la Banque centrale européenne décide de nous relayer dans ce report et dans cet effort et qu'elle soit remboursée dans quelques... Mais il faudra la rembourser. Elle s'ajoute dans l'existence.

45:54
Invité

Est-ce que vous trouvez crédible le discours du gouvernement de dire qu'on n'augmentera pas les impôts, qu'il y aura de la croissance, que tout ça permettra, alors qu'on laisse aux jeunes un poids, une charge faramineuse ? Et pourquoi

46:08
François Bayrou

vous ne l'avez pas dit les uns et les autres pendant les 30 années où je me battais tout seul sur ce sujet ? Comment ça ? Pourquoi est-ce que nous avons été si peu nombreux à considérer que c'était un problème national ? Si on regarde l'Allemagne, ils ont pu dépenser plus que nous... La vraie question,

46:29
Présentateur

c'est pourquoi est-ce que vous ne le considérez plus comme un problème fondamental ?

46:32
François Bayrou

Pas du tout. Jamais la dette

46:34
Présentateur

n'a été aussi élevée et vous n'avez plus l'air de considérer que c'est un sujet majeur. On le considère

46:39
François Bayrou

comme un problème fondamental sauf que nous sommes placés dans une situation par la catastrophe mondiale qui s'est abattue sur toutes les... Mais alors, comment imaginez le plan dont vous êtes chargé ?

46:53
Présentateur

Comment essayez de réfléchir à 10, 20, 30 ans lorsque l'on est non seulement extrêmement endetté mais qu'on ne sait même pas à quel moment on pourra sortir non seulement de la crise mais de cette charge considérable qui pèse sur le pays ? Je comprends

47:05
François Bayrou

que vous ayez la question mais je ne suis pas sûr que vous m'ayez bien écouté. Cette dette-là, je propose qu'on la cantonne, qu'on identifie clairement la part de cette dette qui a été dévolue à lutter contre l'effondrement. Quand on s'effondre, il faut être là. C'est même la raison pour laquelle on aurait dû faire des économies. Oui, mais c'est rarement

47:27
Présentateur

la personne endettée qui va décider non seulement de l'échéancier mais qui en plus va discuter avec sa banque pour dire voilà, ça c'était vraiment exceptionnel mais on va mettre ça de côté.

47:35
François Bayrou

Là, excusez-moi, ce n'est pas de la France qu'il s'agit, c'est de tous les pays du monde qui sont tous devant cette énorme échéance. Les États-Unis ont dépensé, nous on va dépenser combien ? 1% de plan de relance. Les États-Unis en sont à 5 ou 6%. C'est la Banque centrale américaine qui permet ça. Mais il y a une question que vous ne posez pas. Où en serait-on s'il n'y avait pas la Banque centrale européenne ? Où en serait-on si, par malheur à l'époque, le nom à Maastricht l'avait emporté ? Et que nous soyons aujourd'hui, nous, avec nos épaules limitées de la Banque de France sous les assauts perpétuels de la spéculation qui feraient qu'on devrait payer nos emprunts 8 ou 10% par an.

Nous sommes sauvés par le choix de la Banque centrale européenne. Et ça nous permet de commencer à rembourser dans 8 ou 10 ans quand les choses se sont rétablies.

48:45
Invité

On va faire un tout petit peu de politique politicienne. Pour les régionales, on s'allie avec qui ? Enfin, pas moi, mais vous. C'est quoi les fronts pour les régionales ?

48:53
François Bayrou

Vous devriez examiner la question, vous, de savoir si vous vous présentez. Non, c'est pas envisagé tout de suite. Et avec qui vous vous alliez.

49:00
Invité

Donc, vous, vous allez faire de grandes coalitions qui peuvent aller d'où à où ?

49:04
François Bayrou

Non. Alors, j'ai une vision qui n'est peut-être pas exactement celle de tous mes amis. Les élections régionales sont des élections régionales. Jusque là, tout va bien. Cette tautologie-là, cette vérité première, devrait nous entraîner à regarder la situation région par région.

49:27
Invité

D'accord, c'est-à-dire que quand un préfet...

49:28
François Bayrou

Et deuxièmement, la loi pour des élections de cet ordre, puisqu'elles sont au scrutin majoritaire, avec une représentation, mais au scrutin majoritaire, l'emporte celui qui fait le plus de voix. La loi doit être la loi du rassemblement. Et d'abord, autant que possible, du rassemblement de la majorité. puisque nous sommes d'une certaine manière attelés à la même responsabilité, il faut qu'on soit le plus unis possible. Et puis après, on examine la situation...

49:59
Invité

Dans le Grand Est, ça peut être un président de région sortant, même s'il n'est pas exactement de la majorité. Enfin, vous pouvez faire des alliances au cas par cas.

50:07
François Bayrou

Vous devriez faire du journalisme politique.

50:09
Invité

Dans la prochaine vie, j'essaierai.

50:11
François Bayrou

J'ai l'impression que vous avez des informations.

50:15
Présentateur

Et en l'occurrence, je vous permets de comprendre ce que vous ne dites pas. Il nous reste trois minutes. Vraiment, François Bayrou, répondez rapidement, s'il vous plaît. Le référendum en Nouvelle-Calédonie vient d'avoir lieu. Le non à l'indépendance est en tête selon des résultats partiels. C'est une dépêche qui vient de tomber. Et il est en l'occurrence autour de 53%. Les résultats ne sont pas définitifs. Mais ce serait donc le non à l'indépendance qui l'emporterait. Commentaire ?

50:39
François Bayrou

Si c'est ça, c'est une bonne nouvelle. Je trouve que la France... Je trouve que la Nouvelle-Calédonie ne serait pas la Nouvelle-Calédonie sans la France. Et que la France ne serait pas entièrement la France sans la Nouvelle-Calédonie. Je pense que cette terre lointaine présente un exemple de...

51:01
Présentateur

Et l'aspiration à l'indépendance et à la décolonisation.

51:03
François Bayrou

on avance largement sur ce sujet-là. Et comme vous le savez, il y a des autorités canacres avec des provinces qui font avancer le sujet dans ce sens-là.

51:15
Invité

Mais ce n'est pas un résultat massif quand même. Ça veut dire que la population est vraiment scindée. On verra quand on aura

51:21
François Bayrou

les résultats définissifs. Je trouve en effet qu'il y a là un risque. Françoise.

51:25
Invité

Question pas compliquée. Sur quoi va se jouer la prochaine présidentielle et comment justement éviter le sentiment d'enlisement ou en tout cas la difficulté à voir l'avenir depuis cette pandémie qui en fait recommence en ce moment ?

51:38
François Bayrou

La prochaine présidentielle va se jouer sur le sentiment des Français de savoir si le président de la République a fait face au problème du pays. Dieu sait qu'il n'y a jamais eu de président qui ait eu autant de tsunamis en face dans une si courte période. Ce que je ressens moi, c'est qu'il fait montre d'un courage et c'est une vertu qui n'est pas si fréquente dans le monde politique.

52:07
Invité

Mais il s'occupe encore des Français ou il s'occupe plus des affaires internationales ?

52:09
François Bayrou

S'occuper des affaires internationales c'est s'occuper des Français. Si on ne comprend pas que le sort de la France se joue en Europe par exemple et dans les contacts entre la chancelière allemande et le président de la République mais je parle assez souvent avec le président de la République sans jamais révéler quoi que ce soit de ce que nous nous disons. Je puis vous assurer que son souci constant est la situation du pays et notamment dans le pays la situation de tous ceux qui se sentent coupés des pseudos ou prétendus élites. question par oui ou par non ?

Que la question pour lui et ça je en atteste et on vient de le voir dans cette histoire de séparatisme dans ce grand discours sur le séparatisme la question pour lui c'est la base c'est la France qu'on prétend être la France d'en bas et cette France d'en bas Juste une petite question

53:06
Invité

est-ce qu'il y aura un arbre de Noël à peau ou est-ce que vous trouvez que certains écolos ont tendance à dériver ?

53:13
François Bayrou

Il y a un arbre de Noël chaque année dans la mairie Ça ne vous dérange pas

53:16
Invité

de couper les arbres morts enfin d'avoir des arbres morts ?

53:18
François Bayrou

Ecoutez une chose toute simple que je vous sache les écologistes ils aiment les constructions en bois Qu'est-ce que c'est le bois avec lequel on construit ? Les planches et les poutres ce sont des arbres c'est le puits à carbone le plus efficace qu'on puisse trouver et l'arbre de Noël en plus c'est de la lumière dans les yeux et je suis très content que ce symbole païen parce que c'était un symbole païen

53:43
Présentateur

soit devenu le symbole de Noël Merci François Bayrou L'émission se termine Merci et bon dimanche Merci à Alexandre Gilardi à toute l'équipe technique de Questions Politiques On vous donne rendez-vous la semaine prochaine

François Bayrou est l'invité de Questions politiques, dimanche 4 octobre 2020 — François Bayrou · Pourquijevote