Xavier Bertrand en colère contre le gouvernement : "Il y a un cynisme d'État que je récuse"
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Léa Salamé et moi recevons ce matin le président de la région Hauts-de-France. Question dans 10 minutes au 01 45 24 7000 et dès maintenant sur les réseaux sociaux et l'application France Inter. Bonjour Xavier Bertrand. Bonjour. Alors que la croissance faiblit, que le déficit public repart à la hausse, que l'inflation est forte, que le chômage ne se résorbe pas, Bruno Le Maire, à votre place il y a 10 jours, répondait à l'impatience des Français en demandant du temps quelques mois avant que les résultats ne soient perceptibles par tous, que la politique menée par le gouvernement ne porte ses fruits.
Alors contre le zapping permanent, la frénésie du temps court, Xavier Bertrand, êtes-vous prêt à attendre encore pour voir, à attendre avant de juger ?
Je me suis déjà fait mon jugement et pourtant moi j'ai voté pour Emmanuel Macron au deuxième tour de la présidentielle après avoir voté pour François Fillon sans hésitation pour barrer la route à Mme Le Pen parce que je sais dans les Hauts-de-France ce dont sont incapables les dirigeants du Front National. Et ensuite j'ai essayé de travailler en tant que président de région comme d'autres élus avec le gouvernement, avec le président de la République. Et à chaque fois la main tendue, elle est restée dans le vide. Et pourtant j'ai fait des propositions, j'ai même signé leur fameux pacte financier, j'avais pas besoin de la loi pour limiter les dépenses donc je l'ai fait.
Mais sur de nombreux dossiers, j'ai pu voir qu'ils ne voulaient pas travailler avec nous et surtout que leurs choix, que leurs choix politiques ne sont pas efficaces et surtout que ce ne sont pas des choix justes.
Donc le temps de la patience et de l'indulgence est passé, ça y est.
Oui et encore, je pense que je suis beaucoup plus patient que ne le sont des millions et des millions de Français. Il y a bien évidemment les retraités, il y a les salariés modestes qui ont compris que c'était pas un président pour eux, les retraités qui pensent aujourd'hui que c'est même un président contre eux, qui leur fait du mal. Et puis moi j'ai vu également, je le dis très clairement, un gouvernement qui ne tient pas parole. Et je le vois notamment dans des dossiers qui sont des dossiers importants pour moi. L'industrie, les dossiers industriels.
Vous allez nous en parler dans un instant Xavier Bertrand, mais tout de même pour clarifier votre position, vous n'aviez pas de mots assez doux pour Emmanuel Macron et sa politique. Ici même il y a quelques mois quand il était au firmament dans les sondages, vous avez applaudi la loi travail, vous avez applaudi ce que fait Jean-Michel Blanquer à l'éducation nationale, vous avez même dit, grâce à Emmanuel Macron, l'image de la France à l'étranger s'est améliorée. Et maintenant qu'il chute dans les sondages, vous tapez. Vous qui dites tout le temps, je ne veux plus faire de petite politique politicienne, est-ce que ce n'est pas un contre-exemple ce que vous êtes en train de faire ?
Je ne suis pas une girouette. Ce que j'ai dit pour Madame Pénicaud, je le redis aujourd'hui. Ce qu'elle a fait avec les ordonnances travail, je persiste et je signe. Jean-Michel Blanquer, quand je lui fais des propositions, pour permettre de former les enseignants confrontés au cas de radicalisation, je l'ai dit en février, je le redis, je suis prêt à y mettre des moyens. L'image de la France à l'extérieur qui a changé, c'est un plus, je continue à le dire. Mais quand on tape les retraités comme on le fait aujourd'hui, quand on s'aborde une bonne partie de l'industrie dans les Hauts-de-France, je suis désolé, je suis constant. Et c'est ma liberté !
Mince, il y a des choses qui vont, j'ai le droit de le dire. Il y a des choses qui ne vont pas, je le dis. Parce qu'en politique, on vous enferme dans une cave, vous êtes pour ou vous êtes contre. Les seuls pour lesquels je suis pour, indéfectiblement, c'est les 6 millions d'habitants de ma région. Je suis leur porte-parole, je suis leur avocat, je suis leur défenseur. Pour le reste, j'ai le droit de dire ce que je crois et ce que je pense. Tiens, prenons l'industrie. M. Griveaux, qui voilà quelques jours, disait « Ouais, mais Xavier Bertrand, est-ce qu'il parle vraiment au nom de l'intérêt général ? » Bon, M.
Griveaux, il est venu dans une entreprise, Tim, dans le Nord, dans le département du Nord. Et il a dit qu'à l'époque, la région mettait 3,5 millions d'euros pour sauver cette entreprise, que l'État mettait 2 millions d'euros. Eh bien, moi, j'ai reçu un courrier. J'ai reçu un courrier au mois d'août de M. Le Maire me disant que pour des raisons X ou Y, ils ne verseraient pas les 2 millions d'euros. Ça veut dire quoi ? Ça veut dire que les 350 salariés, on en fait quoi quand l'État ne tient pas parole ? Il y a un autre dossier, qui est le dossier d'Ascoval, dans le Valenciennois, à Saint-Saul.
C'est un dossier sur lequel Emmanuel Macron, ministre de l'économie des finances, avait dit à la région « Vous savez, c'est un bon dossier, vous-même la région, mettez de l'argent. On l'a fait. » Il était même venu, début d'année, chez Toyota, parce que là, il y avait une bonne nouvelle chez Toyota. Il avait dit aux élus locaux « Non, mais ne vous inquiétez pas, ça va bien se passer. » Le 26 septembre, il y a clairement une décision du tribunal de grande instance de Strasbourg qui dira ce qu'il en est de cette entreprise. Je me suis battu pour trouver l'airpreneur.
C'est combien de salariés ?
Il y a un cynisme d'État qui consiste à laisser cette entreprise mourir. J'ai participé cette semaine, lundi soir, à une conférence téléphonique avec le délégué interministériel aux restructurations, M. Floris, avec le patron de Valourec. Ils ont passé leur temps à démolir les plans de reprise, alors que le rôle de l'État, c'est de trouver justement des moyens de consolider des offres et d'offrir un avenir. Si cette entreprise fabriquait des magnétoscopes, il n'y a plus personne qui utilise des magnétoscopes, je ne me battrai pas. Mais c'est une tuberie, c'est une aciérie. Il y a des débouchés. Ça bosse bien là-dedans.
Mais ils sont en train de nous dire, et ils ont commencé à me dire, bon, il faut qu'on étudie un plan B. Je dis, c'est quoi le plan B ? C'est d'envisager le reclassement. Mais moi, je ne me bats pas pour un plan B, pour la liquidation. Le rôle de l'État, comme moi je le fais à la région, c'est d'essayer de convaincre les banques, de me donner aussi un coup de main pour les sauver. Et je le dis très clairement, ce que j'ai vu, c'est qu'au final, c'est la place des actionnaires et du pognon à avoir des reclassements et des gens à Pôle emploi.
Tant que je pourrais me battre, et je ne me bats pas tout seul, je me bats avec des communistes, je me bats avec des élus locaux, quelle que soit leur sensibilité, pour l'emploi. Alors quand j'entends que je ne défends pas l'intérêt général, non mais ils se foutent de qui ? Ce cynisme d'État, je le récuse. L'industrie, ça a de l'avenir dans ce pays. Ah tiens, je vais vous dire une chose. Vous auriez des services financiers de Londres qui voudraient venir en France, alors là le gouvernement, ça serait tapis rouge. Mais l'industrie, ils s'en foutent. Eh bien, pas moi. Les Hauts-de-France, on entend votre colère.
On ne vous a jamais entendu aussi. Parce que j'en ai l'air.
Et après, il ne faut pas s'étonner que vous ayez des gens qui se tournent vers les extrêmes parce qu'ils ont le sentiment qu'ils vont être défendus. Ce qui d'ailleurs est une immense blague. Vous voyez l'attitude de M. Mélenchon, celui qui paraît-il défend les ouvriers et qui est doux comme un lapin face à M. Macron sur le vieux port. Ce n'est pas ces gens-là qui défendent le plus les gens. Eux, ils profitent des peurs et des problèmes. Mais je le dis aussi aujourd'hui très clairement, il ne faut pas s'étonner qu'il y ait des gens qui se tournent avec un maximum de colère. Et ce vent de colère, il n'est pas bon pour le pays.
La région que vous présidez, Hauts-de-France, est l'une des plus pauvres de notre pays, Xavier Bertrand. Avez-vous été consulté par l'État pour élaborer le plan pauvreté qui doit être annoncé demain par le président de la République ?
Non, hélas. Alors, ils ont peut-être leur raison. Peut-être qu'ils pensent qu'on n'a pas d'idée à porter. Alors, je vais vous dire une chose. Je ne vais pas être dans mon coin à râler et tout ça. Hélas, il y a trop de raisons d'être en colère. Mais quand le plan sera annoncé, moi, je verrai comment je peux le compléter. Parce qu'il y a des chiffres qui vont parler. Vous savez, derrière les chiffres, il ne faut jamais oublier les gens. Mais vous avez un Français sur quatre qui disait hier que faire trois repas par jour, c'est compliqué. Alors, on est dans un monde où il y a des gens qui n'ont aucun problème, tant mieux pour eux.
Mais on est aussi dans un monde où il y a des gens qui ont du mal à joindre les deux bouts et ce sont aussi des gens qui travaillent.
Laurent Berger, qui était là à votre place, qui pourtant n'a pas eu de mots assez durs le semestre dernier sur Emmanuel Macron, disait quand même qu'il sentait, puisqu'il a été reçu, qu'il sentait qu'il y avait une vraie volonté d'apporter des réponses, d'apporter de l'argent. On parle de 4 milliards d'euros sur ce plan pauvreté. Il y a déjà des choses qui filtrent, notamment pour la jeunesse, pour aider les jeunes qui sont extrêmement exclus. Est-ce que si le plan est à la hauteur, vous le direz ?
Je ne voudrais pas faire grève sur des sujets comme ça. C'est comme l'apprentissage. Les régions ont été un peu mises de côté, mais je ne vais pas prendre les jeunes en otage, alors que l'apprentissage permet de les sortir du chômage. Je ne vais pas faire grève sur des sujets comme ça.
Donc, ce n'est pas une opposition systématique ?
Dans la région, j'aide notamment les salariés qui prennent leur voiture pour aller travailler. Ils ont jusque 20 euros par mois quand ils font 30 kilomètres. J'aide aussi les familles qui travaillent et qui doivent faire garder les enfants. Donc, je le fais. Seulement, derrière, je vais voir comment je peux compléter. On n'a pas été associés. D'accord, c'est leur choix. C'est lui le président de la République. Il bosse avec qui il veut.
Xavier Bertrand et c'est un sujet qui vous tient à cœur. Le Parlement européen va se prononcer sur la directive droit d'auteur qui doit permettre une meilleure rétribution des artistes, des musiciens, des médias aussi, journaux ou agences de presse. Le débat est virulent entre les partisans et les opposants. Est-ce un moment de vérité qui se joue aujourd'hui à la fois sur le plan des principes mais aussi sur le plan strictement économique entre les géants du net et les créateurs ?
Il y a plein de choses qui se jouent en ce moment. C'est un moment de vérité, vous l'avez dit. C'est un moment où se joue notre définition de la liberté. Ce n'est pas entre les pour et les contre. Ce sont les GAFA qui aujourd'hui utilisent leur argent et leur puissance pour orienter un vote démocratique. Lobbing intense. En juillet dernier, le vote a été négatif de quelques dizaines de voix. J'espère vraiment que tout à l'heure le vote sera positif parce qu'il s'agit de quoi ? De préserver la liberté de création. Celle des auteurs. C'est l'exception culturelle pas seulement française, européenne qui est en jeu.
C'est aussi, excusez-moi, il y a un très bon une aujourd'hui de libération qui montre bien les choses. Ils n'ont pas tous les droits et il faut bien évidemment derrière préserver aussi vous-même avec votre liberté les contenus. Il faut les rémunérer. La gratuité, ça n'existe pas. Et ça coûte cher. Derrière, vous avez dit les pours et les comptes. Non, il y a une campagne d'intox comme ça n'est pas permis. Vous avez des dizaines de millions d'euros qui ont été dépensés par qui ? Par Google. Et j'aimerais d'ailleurs que les responsables de Google France nous disent exactement combien ils ont dépensé pour orienter le vote.
Ils ont été les parlementaires européens assaillis, menacés par à la fois des groupuscules parfois d'extrême droite et d'extrême gauche des gens qui ont été sincèrement manipulés. On leur a dit que Wikipédia allait devenir payant. C'est faux. Mais cette question de la rémunération, de la juste rémunération, c'est ce qui permet de préserver la liberté. Sur ce sujet,
vous soutenez Bruno Le Maire qui est clairement en première ligne pour taxer davantage les GAFA en prenant cet exemple en disant la petite librairie paye proportionnellement plus d'impôts qu'Amazon et ce n'est pas normal. Il essaye de convaincre ses homologues européens. C'est difficile. Est-ce que vous le soutenez ?
Deux choses. La première, c'est que j'ai dit dans une tribune qui est publiée aujourd'hui dans les échos que je soutenais les efforts de Mme Nyssen sur ce sujet et je souhaite vraiment que cette directive puisse être adoptée. La deuxième, Bruno Le Maire décide de prendre cette mesure. Si je peux me permettre. Oui, mais ce n'est pas à la hauteur. Et il y avait un autre choix. L'autre choix, c'est un choix qui a été poussé par les commissaires européens, la commissaire à la concurrence et M. Moscovici et aussi par des députés dont M. Lamassoure qui visaient à bien reconstituer la façon dont les GAFA maquillent leurs chiffres pour sous-estimer leurs chiffres d'affaires.
Quand vous cliquez en France sur Google, il y a une partie du clic qui va en France et une autre partie en Europe en Irlande. C'est comme ça qu'ils dissimulent. Les 3% de taxes, ça ne peut être qu'un début parce que les 3%, c'est rien pour eux, pour les GAFA. Rien du tout. Même ça,
ils n'en veulent pas les Allemands.
Mais c'est aussi comme ça qu'il faut faire reculer les égoïsmes nationaux. Et puis au bout d'un moment, vous savez, il y a des dispositions au niveau européen qui disent clairement qu'on peut en arrêter avec la règle de l'unanimité fiscale. C'est une question de volonté. Et derrière ça, en France, on dit qu'il manque de l'argent. Oui, c'est vrai. Alors on n'a qu'à taxer les GAFA. Leur chiffre d'affaires est sous-estimé. Et derrière cette question de la liberté et de la culture, excusez-moi, c'est très important, se joue autre chose. La lutte par exemple contre l'islamisme, contre le salafisme, les GAFA ne font rien de ce qu'ils peuvent faire et de ce qu'ils devraient faire.
L'imam Google, c'est une réalité. Vous avez quelqu'un qui est Annie Ramadan. C'est le frère de M. Tariq Ramadan. Je me suis battu, j'ai la chance d'avoir un préfet de combat très attentif à cette question du respect républicain dans la région pour interdire deux de ses conférences. Il a une chaîne YouTube le 6 avril de cette année. Il a publié une vidéo sur sa chaîne YouTube où il remet en cause le 11 septembre la culpabilité, la responsabilité de Ben Laden et où il a les mêmes propos antisémis. Ils attendent quoi pour couper cette chaîne ? Ils attendent quoi ?
On ne va pas ouvrir le débat sur la liberté sur Internet, la liberté d'expression. Vous le savez, on vous répondra ça. C'est le poids
de ces GAFA qui veulent annihiler la liberté. C'est le poids de ces GAFA qui ne respectent pas nos libertés et qui ne respectent pas non plus les lois les plus élémentaires et qui ne payent pas les impôts. On a aujourd'hui, et si je vais plus loin, un problème démocratique qui est en train de se pointer. Parce qu'un jour, ils proposeront ces GAFA, surtout si la politique et la démocratie déçoivent, de voter à la place d'un clic. Et il est temps que les États se réveillent et que surtout l'Europe... Tous ces sujets, vous voulez être efficace, alors c'est l'Europe qui est capable d'avoir des solutions.
Si vous me permettez, on a encore quelques questions d'actualité assez pressantes. Question courte, réponse courte, les propositions de l'Institut Montaigne reprises partiellement par Jean-Michel Blanquer. Est-ce que vous êtes pour relancer l'enseignement de l'arabe à l'école, notamment ?
C'est relancer ou rendre obligatoire dès le primaire ? Non, personne n'a dit rendre obligatoire. C'est non. Je vois bien, j'ai rencontré déjà Akim El-Karoui, je lui ai demandé d'ailleurs à ce qu'il m'explique s'il y a dans son rapport. Si l'idée consiste à dire ne laissons pas dans certaines mosquées salafistes l'enseignement de l'arabe, oui, mais alors de quelle façon ? Mais ça ne peut pas être l'enseignement de l'arabe obligatoire. Et je reste intimement convaincu qu'il faut faire attention à ce qu'on ait rien qui nous emmène davantage sur la voie du communautarisme. Donc elles sont intéressantes dans le débat, mais je ne les reprendrai pas en tant que telles. La taxe salale pour financer.
C'est de la même façon, ça existe, vous le savez aujourd'hui pour tout ce qui est de nourriture cachère. Donc c'est dans le débat, c'est important, mais il faut bien comprendre une chose. Ça ne suffira pas ces propositions, ni même la question de l'organisation de l'islam. Il faudra qu'il y ait aussi une véritable offensive républicaine. J'ai vu un ministre de l'Intérieur qui était Bernard Cazeneuve aller très loin dans cette offensive républicaine. Je souhaite qu'aujourd'hui il y ait la même dynamique. Le projet du président de la République, il se fait attendre, je pense maintenant que c'est pour le début de l'année.
On aura besoin de ces deux aspects-là, organisation de l'islam mais aussi offensive républicaine pour faire reculer toutes les poussées communautaristes dans notre pays.
C'est important. Deux questions dans la perspective des Européennes. Le Parlement européen doit décider aujourd'hui aussi de l'opportunité de déclencher ou non le fameux article 7, la procédure visant à sanctionner la Hongrie pour violation grave des valeurs sur lesquelles l'Union est fondée. Faut-il enfin, enfin, disent certains, sanctionner la Hongrie de cette manière ? Il ne respecte pas les valeurs européennes,
évidemment.
Donc article 7,
il faut le déclencher. Attendez, l'Europe, ce n'est pas le menu à la carte. Ce n'est pas le menu à la carte. C'est-à-dire qu'on ne prend pas l'Europe quand ça les arrange et on se détourne de l'Europe quand on le veut. C'est vrai d'ailleurs sur de nombreuses politiques.
Victor Orban a-t-il sa place au PPE, le groupe parlementaire européen qui abrite par exemple les eurodéputés LR ? Écoutez, s'il ne respecte pas
les valeurs fondamentales de l'Europe, oui, la question se pose, bien évidemment. Mais là, encore une fois, c'est comme on fait pour avoir un groupe qui soit le plus important. C'est soit les égoïsmes nationaux, soit les calculs politiques qui font que cette grande idée de l'Europe, et c'est un Européen exigeant qui vous le dit, que cette idée européenne, elle recule chez nos concitoyens alors qu'on a besoin de l'Europe. Encore une question, Léa, puis on va au standard.
Benalla, l'affaire Benalla, vous avez suivi les soubresauts hier. A votre place, il y a quelques minutes, la ministre de la Justice, Nicole Belloubet, a dit que cette commission d'enquête du Sénat est légitime, mais on y voit clairement, on n'est pas dupe, une instrumentalisation politique d'une affaire personnelle. Qu'est-ce que vous répondez ?
Et entre parenthèses, heureusement qu'il y a le Sénat. A ceux qui se demandent pourquoi ça vaut la peine d'avoir une Assemblée nationale et un Sénat, comme dans beaucoup de pays, c'est quand même cette commission d'enquête avec la rigueur de Philippe Bach qui a permis certainement d'y voir clair. Moi, il y a un truc que je ne comprends pas bien là. On est à nouveau reparti dans une forme de tragique comédie à l'Élysée sur ce qu'ils font, ce qu'ils ne font pas. Au fin juillet, M. Benalla dit il n'y a pas de problème, je vais répondre à la convocation. Là, hier, on nous dit qu'il n'y va plus, aujourd'hui, il y va. Il y a une question fondamentale. C'est dysfonctionnement à la tête de l'État.
Pourquoi ? Quelles conséquences en ont été tirées ? Et pourquoi le président de la République avait un garde du corps personnel ? Les policiers, les gendarmes, ils ne font pas leur boulot ? Moi, je pense que si.
Est-ce qu'il y a une instrumentalisation politique de ce qui se passe par les sénateurs, Philippe Bach et les autres ?
Moi, je connais bien Philippe Bach. J'ai travaillé avec lui, c'était mon ministre délégué. Philippe Bach, il y a une chose, c'est une rigueur intellectuelle. Une vraie rigueur intellectuelle. Il ne se laisse pas embarquer dans la politique politicienne. Et il veut savoir et il veut dire les choses. Et vous l'avez vu dans les entretiens, vous avez vu qu'à l'Assemblée nationale, ils ont été paralysés par les jeux politiques de la majorité qui ne voulait pas poser des questions. Là, il y a même des parlementaires qui ne sont pas de la sensibilité politique de Philippe Bach qui reconnaissent le travail. Vous voulez avoir la vérité ? Il y a la justice et la commission d'enquête sénatoriale.
On peut lui faire confiance.
01 45 24 7000. Soyez le bienvenu Gilbert. Bonjour.
Bonjour.
On vous écoute.
Eh bien, bonjour M. Bertrand.
Bonjour M.
Je voulais simplement vous demander pourquoi vous continuez à vous fouvoyer à droite alors que vous avez visiblement des idées de gauche où vous seriez certainement beaucoup mieux perçus.
Je suis un mec de droite, monsieur. Je suis désolé, je ne vais pas me refaire. Une droite gaulliste, une droite sociale, diront certains, une droite séguiniste. Mais voilà, je crois à la justice mais je crois aussi à l'autorité, je crois au respect fondamental de la laïcité, je crois à l'ordre, je crois à la sécurité. Voilà, mais je sais aussi une chose...
Une droite qui salue Bernard Cazeneuve ce matin. On a noté le bon point à Bernard Cazeneuve.
Non mais je sais aussi une chose, c'est que je crois qu'il faut partager les richesses mais pour les partager, il faut les créer et il n'y a que le travail pour ça. Je crois même, monsieur, je suis désolé, je suis vraiment désolé, je crois à la baisse de la dépense publique, je crois à tout ça. Fabien, bonjour. Oui, bonjour.
Bienvenue. Bienvenue. Donc, oui, j'entendais M. Bertrand parler de la taxation des GAFA et donc je voulais savoir si la taxation des GAFA ne s'appliquerait qu'aux GAFA ou si elle devait s'appliquer à toutes les entreprises les plus riches et que ça, c'était un programme de gauche. Et du coup, j'ai une deuxième question sur l'affaire Banala. Est-ce qu'il ne faudrait pas faire comme Bouba et l'envoyer, je suis désolé, mais directement devant une... devant une...
Devant quoi ?
Devant une... Devant un duty free ? Pour une comparution inédiate qui est arrivée.
D'accord.
L'égalité devant le droit. Merci.
Merci Fabien pour cette double question. Les GAFA,
aujourd'hui, ne payent pas l'impôt qu'elles devraient payer. Les GAFA ne payent même pas l'impôt que payent les PME. Et même si on va plus loin, le CAC 40, parce qu'il a une grande partie de son activité à l'international, a un niveau d'imposition bien plus faible. Et quand on est aujourd'hui en train de se poser mille questions pour boucler le budget, je suis désolé, sans prendre au GAFA au commerce électronique, aux plateformes, je pense que ça a du sens et ça fait aussi des recettes fiscales. On est en ligne
avec Sabrina maintenant. Soyez la bienvenue. Bonjour.
Bonjour. Simplement, je voudrais faire un témoignage. Je parle quatre langues étrangères. Je parle dans le français parce que pour moi, c'est une langue aussi. Français, anglais, italien, arabe. J'ai un enfant et je souhaite lui apprendre le rame. Je suis un petit peu concernée par le débat que l'on entend aujourd'hui qu'apprendre l'arabe à des enfants, c'est revenir vers une radicalisation, une islamisation de la France, parler plusieurs langues et une richesse. Et je préfère faire apprendre l'arabe une autre langue étrangère à mes enfants par une école laïque et républicaine que par des mosquées. Et je ne comprends pas comment les gens puissent manquer d'ouverture d'esprit.
Parler plusieurs langues, ça apporte de la culture, de la richesse assez longtemps.
Merci. Merci Sabrina pour cette intervention. Xavier Bertrand.
Je peux reprendre ce que disent ces dames. Aujourd'hui, ce qu'il nous a dit, j'avais beaucoup discuté avec Bernard Ravet, qui à Marseille avait publié ce livre, il avait été confronté à ces cas.
Encien proviseur de Marseille.
Il disait, moi je comprends très bien, mais est-ce qu'on enseigne même du coup le bon arabe, l'arabe littéraire, l'arabe coranique ? Vous avez d'après des chiffres, je ne sais pas s'ils sont bons, je les ai vus à la volée hier, à peu près 14 000 enfants qui apprendraient l'arabe dans le cadre scolaire, mais plus de 55 000 au moins qui l'apprendraient ailleurs. Le vrai sujet pour la société française, c'est de savoir comment, et peut-être aussi avec les collectivités locales, on réussit à éviter que ce ne soient des mouvements ou des mosquées salafistes, qui d'ailleurs ne devraient pas rester, qui justement enseignent autrement. C'est ça qui est important. C'est la question de la garantie.
C'est ce que propose le rapport Montaigne.
Oui, de mieux surveiller l'enseignement d'arabe. Et c'est pour ça
qu'il doit être dans le débat, mais il ne faut pas non plus que ce soit inscrit obligatoirement comme je vous l'ai dit tout à l'heure.
Beaucoup de réactions sur Twitter, sur le ton de vos propos ce matin sur France Inter, Xavier Bertrand, sur la colère. Johan Xavier Bertrand furacte sur France Inter contre le manque de soutien du gouvernement pour les entreprises en difficulté dans les Hauts-de-France. Xavier Bertrand en train de vociférer sur France Inter à l'encontre du gouvernement. Xavier Bertrand se bonifie-t-il avec le temps ? Il nous fait une Jacques Toubon point d'interrogation vous demande username je ne sais pas qui c'est mais c'est son c'est son username. Vous bonifiez avec le temps c'est une question qui vous est posée.
Je prends conscience d'une chose il y a des fractures terribles dans notre pays. On a parlé de la fracture sociale à l'époque il y a la fracture territoriale il y a la fracture économique il y a la fracture entre les territoires et moi mon boulot c'est de résorber ces fractures et quand je vois aujourd'hui qu'il y a des gens qui ont un boulot qui ont des perspectives et qu'on ne les aide pas il ne faut pas s'étonner qu'un jour la colère soit plus forte que tout. J'ai été élu face au Front National et j'avais dit je pense avoir compris j'essaye de ne pas oublier ça. Xavier Bertrand merci président de la région Hauts-de-France
merci d'avoir été au micro d'Inter ce matin.
Xavier Bertrand