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InterviewEurope 1 — L'interview politique du week-end (sur Podcast)· 21 juin 2025 8 minComplaisantActualité / polémiqueDéfense

« Pour détruire le site nucléaire de Fordo en Iran, il est nécessaire d'avoir du matériel américain » insiste Peer de Jong, ancien colonel des troupes de marine

Source d'origine 2 locuteurs

Audio original de l'émission.

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Chapitres

Questions et réponses

Taux de réponse directe : 100 % (directe = 1, partielle = 0,5, éludée = 0)

  • 0:46OuverteRéponse directe

    Quelle est votre lecture de la phrase de Donald Trump ? Pourquoi cette ambiguïté ?

  • 1:35OuverteRéponse directe

    Père de Jong, l'idée est de se demander s'il va prendre un engagement total avec la technologie dont les Américains disposent.

  • 2:46OuverteRéponse directe

    Quel est le rapport de force entre l'Iran et Israël après neuf jours d'affrontement ?

  • 4:00OuverteRéponse directe

    Est-ce qu'on peut imaginer une intervention terrestre de l'armée israélienne ?

  • 5:04OuverteRéponse directe

    Est-ce qu'on s'inscrit sur du temps long ?

  • 6:04OuverteRéponse directe

    Est-ce qu'on peut craindre que l'après soit pire que le présent ?

Affirmations vérifiables (citations exactes)

  • 1:58PrésentateurFait
    « Cette bombe, elle doit être portée par un avion qui peut l'apporter, donc un avion américain, un B2, et il faut évidemment, si il y a un avion américain, il faut un pilote américain. »
  • 2:50PrésentateurFait
    « Il y a un rapport de force qui est totalement déséquilibré. Bien évidemment, les Israéliens dominent totalement le sujet puisque leur opération a été menée en trois temps. »
  • 3:35PrésentateurChiffre
    « L'Iran, un grand pays, 90 millions d'habitants. C'est une armée relativement importante, même si elle est obsolète. »
  • 5:15PrésentateurFait
    « C'est un petit pays. Ça fait qu'il est en guerre depuis de nombreuses années, le 7 octobre particulièrement. »
  • 5:45PrésentateurFait
    « L'opinion publique israélienne, à l'heure où je vous parle, est totalement derrière son gouvernement. »

Temps de parole

  • Présentateur71 %
  • Invité24 %
  • Présentateur 26 %

1,3 interruption / 10 min (chevauchements et interjections détectés).

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0:00
Présentateur

Europe 1 matin week-end, 6h-9h, l'Enaïk Monnier. Europe 1, 8h13, l'heure de l'interview actue d'Europe 1 matin week-end. L'Enaïk Monnier, vous revenez sur la guerre en cours entre Israël et l'Iran, avec votre invité, l'ancien colonel des troupes de marine et vice-président de l'Institut Temis, père de Young.

0:18
Invité

Oui, qui pour mener les négociations de paix entre Israël et l'Iran depuis 9 jours. Plusieurs acteurs mènent ces discussions. D'un côté, les Européens. Hier, plusieurs chefs de la diplomatie, dont Jean-Noël Barou, ont rencontré leurs homologues iraniens avec cet objectif, appelé une nouvelle fois l'Iran à négocier sans attendre l'arrêt des frappes. Des négociations vouées à l'échec, dit Donald Trump. Bonjour, colonel père de Young.

0:40
Présentateur

Bonjour.

0:41
Invité

Ancien colonel des troupes de marine, vous vice-président également l'Institut Temis. D'abord, quelle est votre lecture de la phrase de Donald Trump ? Pourquoi cette ambiguïté ?

0:51
Présentateur

En fait, le problème, c'est que visiblement, l'opération est planifiée, elle est organisée, elle est même décidée. Mais en même temps, Trump a mis son doigt sur le bouton rouge et il hésite. Parce que Trump, que je sache, a été élu sur la modalité suivante, c'est qu'en fait, il serait jugé sur les guerres qu'il n'allait pas mener. Donc en fait, il est confronté à ce dilemme. Mais j'imagine que dans son parti, et c'est les collaborateurs directs, entre autres son vice-président, j'imagine qu'il pousse pour ne rien faire. Donc encore une fois, il y a une pression militaire, en tout cas américaine, qui s'exerce sur le camp israélien.

Mais j'imagine que Trump n'a aucune envie, encore une fois, de s'investir dans ce conflit.

1:29
Invité

D'autant qu'on sait qu'aux Etats-Unis, tout va très vite et que les élections de mi-mandat arrivent déjà dans quelques mois. Père de Jong, alors l'idée, c'est de se demander s'il va prendre finalement un engagement total, sporadique, avec la technologie dont les Américains disposent.

1:44
Présentateur

Alors c'est le grand sujet, parce qu'on sait qu'aujourd'hui, si on veut détruire Fordo, qui est un centre de retraitement d'uranium, au centre du pays, il faut absolument avoir le matériel américain. Le problème, il n'y a qu'une seule bombe qui est capable de le faire, qui s'appelle la GBU-57, une énorme bombe qui fait 13 tonnes. Cette bombe, elle doit être portée par un avion qui peut l'apporter, donc un avion américain, un B2, et il faut évidemment, si il y a un avion américain, il faut un pilote américain. C'est ça le cœur du problème, parce qu'à la limite, les Américains ont pu s'investir en donnant du matériel, des conseils, du renseignement.

Mais bien sûr, aujourd'hui, il faut qu'ils s'engagent, parce qu'il y a besoin de ce matériel. Donc toute la question est là. Donc aujourd'hui, clairement, la décision a été prise, elle a été annoncée. Donc il y a une espèce de gros marteau de menace globalement sur l'Iran. Mais encore une fois, je pense que les Américains espèrent que les Iraniens, en fait, acceptent de négocier. C'est le grand rêve américain, c'est le grand rêve de Trump, de trouver enfin un deal avec les Iraniens. Et en fait, les Iraniens mettent le pouce et acceptent de démanteler leur système nucléaire militaire.

2:38
Invité

Alors justement, colonel Doyong va parler un petit peu des forces de frappe respectives entre l'Iran et Israël au bout de neuf jours d'affrontement. Quel est le rapport de force, justement ?

2:47
Présentateur

Il y a un rapport de force qui est totalement déséquilibré. Bien évidemment, les Israéliens dominent totalement le sujet puisque leur opération a été menée en trois temps. En premier temps, c'était une manœuvre de renseignement qui est extrêmement élaborée parce qu'ils maîtrisaient globalement absolument l'ensemble du dispositif, je dirais, entre guillemets, ennemi. C'est-à-dire, en fait, en Iran, concrètement, où étaient les centres, où étaient les batteries de tir, où étaient les centres de commandement, etc. Premier point. Le deuxième point, c'est une manœuvre de brouillage, donc une manœuvre de guerre électronique, quelque part.

Donc les Iraniens n'avaient pas accès, globalement, on ne pouvait pas parler entre eux, etc. On a déjà vu qu'ils étaient capables de le faire, d'ailleurs, contre le Lesbola, rappelons-nous, la séquence des beepers. Puis la troisième, c'est le ciblage. Donc en fait, ils ont pratiqué une opération où ils ont totalement décapité le système pendant quelques jours. Maintenant, encore une fois, les Iraniens, c'est l'Iran, un grand pays, 90 millions d'habitants. C'est une armée relativement importante, même si elle est obsolète. Donc aujourd'hui, les Iraniens réagissent. Pourquoi ? Parce qu'ils ont un domaine d'expertise, qui sont les missiles.

Donc aujourd'hui, il y a une espèce de rééquilibrage progressif. Autant la première semaine a été à 99,9% israélienne, on voit que dans les jours qui arrivent, en fait, concrètement, les Iraniens se ressaisissent et commencent à réagir. Et on voit des missiles de plus en plus nombreux sur Israël.

4:00
Invité

Et alors, colonel Perdeyong, est-ce qu'on peut imaginer une intervention terrestre, également, de l'armée israélienne ? Parce qu'on voit que Benyamin Netanyahou est vraiment déterminé à aller jusqu'au bout. Il le répète, il en va de la survie d'Israël.

4:14
Présentateur

Oui, évidemment. Parce que c'est vrai qu'aujourd'hui, le chronomètre tourne et il faut absolument, pour les Israéliens, détruire ou en tout cas annihiler cette menace nucléaire iranienne qui a été réitérée de très nombreuses fois. Donc ça, c'est la première chose. La deuxième chose, l'opération terrestre, c'est plutôt une opération commando qui éventuellement pourrait compenser, comment dire, la défaillance américaine, quelque part, si elle se met en place. Donc en fait, il faut bien sûr aller détruire Fordo, qui est en fait l'endroit où vous avez le retraitement. Donc il faut envoyer quelqu'un. Donc j'imagine qu'ils ont planifié des opérations commando pour éventuellement y aller.

Le problème des opérations comme ça, il faut aussi comment y aller, avec quels moyens. Les distances sont incroyables. Donc encore une fois, le fait de le dire, c'est peut-être une menace. Moi, j'imagine quand même que ça me paraît relativement délicat. même si les Israéliens ont démontré qu'ils avaient sur place, ils avaient un système qui avait été organisé depuis de nombreuses années, ils ont certainement implanté depuis de nombreuses années des unités, je dirais, en Somaï.

5:04
Invité

Est-ce que vous considérez, colonel De Jong, qu'on s'inscrit sur du temps long ? On sait que c'est plus difficile de stopper une guerre que de la débuter. L'instant nous l'a prouvé à maintes reprises.

5:13
Présentateur

Ben oui, évidemment, ça c'est le problème des Israéliens, d'autant que c'est un petit pays. Ça fait qu'il est en guerre depuis de nombreuses années, le 7 octobre particulièrement. Donc bien évidemment, j'imagine que les Israéliens ont mis le chronomètre en route. Aujourd'hui, l'ensemble de la société israélienne est concentré sur ce conflit. Tout le monde est en guerre actuellement, vous vous rendez compte ? C'est incroyable. Donc en fait, ils sont obligés d'aller progressivement vers un modèle de paix. Mais encore une fois, cette menace iranienne est tellement structurelle, tellement importante.

Aujourd'hui, le gouvernement israélien et Israël, d'une façon générale, ils sont obligés d'aller dans cette direction. D'ailleurs, l'opinion publique israélienne, à l'heure où je vous parle, est totalement derrière son gouvernement. Et donc, ça a permis à Netanyahou de retrouver une forme de légitimité, une forme de crédibilité, suite, si vous voulez, aux affaires de Gaza, qui étaient quand même relativement lourdes en termes d'image pour Israël.

5:59
Invité

Et puis, il y a toujours aussi, j'imagine, colonel de Lyon, la suite, c'est l'après. Est-ce qu'on peut aussi craindre, comme en Irak, comme en Libye, comme en Syrie, que l'après Mola soit peut-être, non pas pire, mais pas forcément mieux, si on réinstalle quelqu'un d'autre ?

6:14
Présentateur

Alors, il est sûr que derrière les Mola qui sont actuellement en place, ils vont certainement partir, j'imagine. Après, qu'est-ce qu'il peut y avoir derrière ? C'est vrai qu'aujourd'hui, il n'y a pas d'opposition, il n'y a pas de parti politique capable de prendre la relève. Donc, c'est relativement compliqué. Maintenant, en Irak ou en Afghanistan, les troupes au sol, c'est-à-dire les Américains, c'était implanté sur le terrain. Là, on voit bien qu'il est hors de question que les Israéliens s'implantent ou même les Américains ou personne. Donc, c'est l'Iran qui va gérer son propre système. Mais en même temps, c'est un peuple qui est asservi, c'est un peuple qui est brimé par son pouvoir.

Aujourd'hui, quelles sont ses capacités aujourd'hui à réagir contre un système qui est relativement policier ? Je prends l'exemple des Gardiens de la Révolution. 150 000 hommes, aujourd'hui, ils ne sont pas altérés. Ils ne sont pas dans la guerre. Ils sont présents. Donc, aujourd'hui, cette force est capable, elle, justement, de faire une forme de coup d'État, de prendre le pouvoir éventuellement et à ce moment-là, d'asservir et d'augmenter la pression exercée sur l'opinion publique, en tout cas sur la population iranienne. Le cœur du problème, il est là.

Encore une fois, les Gardiens de la Révolution, les Paz d'Aran, c'est un monde extrêmement violent et donc extrêmement dangereux également. Encore une fois, ils vont l'exercer contre la population iranienne. Donc, j'imagine que les conditions de vie vont être extrêmement difficiles pour les Iraniens dans les jours qui viennent.

7:18
Invité

Et vous le rappeliez, l'Iran est un grand pays composé de 90 millions d'habitants. Père de Yonk, ancien colonel des troupes de marine et vice-président de l'Institut Temis, merci de votre intervention ce matin sur Europe 1.

7:30
Présentateur

Merci d'avoir choisi Europe 1 matin week-end pour vous informer de 6h à 9h avec l'Enaïc Monnier. Il est 8h20.