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Discours / meetingÉlysée (sur YouTube)· 17 janvier 2022 14 minAutoproduitFond programmatiqueÉconomie & entreprisesEnvironnement & énergieTravail & emploiNumérique

Discours du Président Emmanuel Macron sur le site d'Alsachimie (BASF)

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  • 2:13PrésentateurChiffre
    « C'est investir 300 millions d'euros pour faire véritablement de ce site, de votre quotidien, le champion européen de loin du nylon. »
  • 4:01PrésentateurChiffre
    « 4 milliards d'euros d'investissement en France et l'équivalent de création d'un peu plus de 10 000 emplois. »
  • 6:23PrésentateurFait
    « Nous avons connu à peu près 15 années de désindustrialisation. »
  • 6:29PrésentateurChiffre
    « Notre pays a perdu 400 sites industriels. »
  • 6:35PrésentateurChiffre
    « Ces 5 dernières années, nous en avons réouvert 120. »
  • 6:41PrésentateurFait
    « Depuis 2019, nous recréons enfin de l'emploi industriel. »
  • 6:47PrésentateurChiffre
    « L'année dernière, malgré le Covid, nous avons créé 2 fois plus de sites industriels qui ne s'en détruisaient. »
  • 7:30PrésentateurChiffre
    « On a mis 15 milliards d'euros et en particulier, l'investissement dans les compétences des moins bien formés. »
  • 7:43PrésentateurChiffre
    « Pour baisser l'impôt des sociétés de 33% à 25%, pour baisser l'impôt sur les investissements dans le capital productif avec cette fameuse flat tax de 30%. »
  • 7:55PrésentateurChiffre
    « La baisse de ce qu'on appelle les impôts de production de 10 milliards d'euros par an et qui va se poursuivre. »
  • 8:25PrésentateurChiffre
    « Sur les 100 milliards du plan de relance, 35 milliards sont orientés vers nos industries. »
  • 8:41PrésentateurChiffre
    « Nous avons accompagné 700 projets de réindustrialisation, relocalisation. »

Temps de parole

  • Présentateur100 %

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Présentateur

Merci beaucoup pour vos mots et pour cet engagement. Merci, Monsieur le maire, de nous accueillir sur votre commune. Mesdames les ministres, Mesdames, Messieurs les parlementaires, Mesdames, Messieurs les maires, Monsieur le Président de la Collectivité européenne d'Alsace, Monsieur le Vice-président du Conseil régional, Mesdames et Messieurs les élus, Monsieur le Président de Business France, Monsieur le Président de la Chambre de commerce et d'industrie, Mesdames et Messieurs, merci d'être là. Le directeur général de BSF a au fond tout dit.

Mais je voulais simplement insister sur quelques points en ce début d'année, dans ce moment important pour ce site de Chalampay, pour notre industrie et pour l'avenir. D'abord, les choses ne sont possibles que quand il y a une histoire. Et sur ce site, il y en a une. Je me souviens avoir été parmi vous il y a six ans de cela, presque jour pour jour. C'était un autre groupe à l'époque. Maintenant, BSF est là à continuer de développer. Et on le voit avec le grand projet d'incinérateur et ce nouveau projet à investir massivement. Mais sur ce site, vous excellez sur le plan industriel depuis plus de sept décennies.

Et donc, il y a ici une histoire industrielle à Chalampay, sur ce territoire d'excellence, complètement européen, vous l'avez rappelé, parce que c'est l'histoire même du territoire où nous nous trouvons, qui est de l'excellence industrielle française, mais qui ne pense et qui ne vit qu'en européen, en permanence connectée. Et puis, il y a la confiance de BSF dans la France. Et je crois que votre premier investissement a plus de 140 ans, monsieur le directeur général. Voilà. Donc, il y a une histoire profonde aussi de confiance qui est ici réitérée. Je pense que c'est quand il y a la force de cette histoire et la profondeur de ces liens qu'on peut continuer d'avancer.

La décision qui a été prise par BSF pour ce site de Chalampay est une décision historique, vous l'avez compris, elle vient d'être décrite. C'est investir 300 millions d'euros pour faire véritablement de ce site, de votre quotidien, le champion européen de loin du nylon. Je ne rentrerai pas dans les détails de chimique. D'abord, parce qu'à chaque fois, on rafraîchit mes connaissances en essayant de me faire de la formation continue, mais surtout parce que c'est votre quotidien à toutes et tous, donc je ne m'y risquerai pas.

mais ici même, au sein de ce groupe, sur ce site, avec la John Venture et la Chimie, vous produisez véritablement une qualité et surtout vous bâtissez ce site qui est le leader européen du nylon. Et c'est pour nous une immense fierté et à travers ce choix, vous allez conforter l'exclusivité de certaines productions et la force de votre positionnement. Et je veux le dire ici parce qu'il y a évidemment une plaque avec plusieurs sites industriels. Vous avez rappelé l'importance du site de Fribourg.

Mais il y aura ici à Chalampé véritablement l'épicentre de cette stratégie, ce qui doit vous rendre confiant pour l'avenir et ce qui, collectivement, doit nous rendre extrêmement ambitieux parce que ça suppose des investissements. Vous allez avoir pendant près de 3 ans des travaux en permanence et des grands projets qui arrivent. Et ce sera, je le sais pour vous aussi, une vraie transformation pour certaines et certains d'entre vous de votre quotidien, se former à ces nouvelles missions, participer à cette nouvelle ambition. Et je pense que c'est une immense chance et une immense fierté.

Aujourd'hui, la pandémie n'a pas permis de tenir le nouveau sommet Choose France que nous avons lancé depuis 2018. Mais nous annonçons plusieurs projets de ce type. 4 milliards d'euros d'investissement en France et l'équivalent de création d'un peu plus de 10 000 emplois. J'étais d'ailleurs avec un de vos collègues de la chimie ce matin, le directeur général de Eastman, qui va créer en France la plus grande plateforme européenne de recyclage de plastique. On parle d'économie circulaire.

Eh bien, nous allons en France aussi développer, il hésite, entre plusieurs sites, mais la plus grande usine, par le choix de ce groupe, qui est un ami, un voisin, un partenaire justement de BASF, qui va utiliser tout le plastique, y compris les plus complexes, qu'on a partout dans notre industrie, dans notre quotidien, pour les recycler et ainsi avoir une activité industrielle avec plusieurs centaines d'emplois qui seront créés. Ce sont autant de projets qui s'égrènent aujourd'hui et dans les prochains mois et qui sont le fruit de cet engagement commun.

Mais ce que nous écrivons ensemble ici aujourd'hui, qui s'appuie sur cette histoire, est à mes yeux très important parce que, et vous l'avez parfaitement décrit dans vos propos, cela dessine ce qu'est l'avenir de la France et de l'Europe. D'abord, la chimie, c'est la racine de l'industrie. C'est l'industrie des industries, on l'évoquait tout à l'heure. On nous parle chaque jour de véhicules du futur, de batteries nouvelles, de grandes transformations industrielles, d'électrification de nos pratiques. À la base de toutes ces transformations, il y a de la chimie. Et vous m'entendez souvent parler de souveraineté industrielle pour notre pays et notre continent.

À la base, il y a les terres et les matériaux rares, mais il y a de la chimie. Et donc, déployer de la chimie, de l'activité, des formations sur notre sol français et européen, c'est évidemment en soi développer notre industrie, mais c'est créer les conditions pour développer d'autres industries qui utiliseront vos produits. Quand on perd la chimie, c'est déjà le signe que la désindustrialisation profonde et durable est là et que la dépendance s'installe. Quand on réinvestit comme on est en train de le faire, c'est le signe avant-coureur de perspectives qui sont extrêmement positives. Et je le dis dans notre pays qui, pendant plusieurs années, a désindustrialisé.

Nous avons connu à peu près 15 années de désindustrialisation. Et après la crise financière de 2008-2010, notre pays a perdu 400 sites industriels. Ces 5 dernières années, nous en avons réouvert 120. Et depuis 2019, nous recréons enfin de l'emploi industriel. Et l'année dernière, malgré le Covid, nous avons créé 2 fois plus de sites industriels qui ne s'en détruisaient. Donc on continue à créer et des emplois et des sites industriels en net et à les développer. Et cela, c'est grâce à nos choix collectifs et à des investissements. Nos choix collectifs, parce que tout se tient. furent les choix de réformes au début du quinquennat.

Il n'y a pas de création de sites industriels s'il n'y a pas la possibilité d'organiser le travail et d'avoir des investissements rentables. Cela n'existe pas. Et donc, les réformes du travail que nous avons conduites, les fameuses ordonnances, la réforme de l'assurance chômage qui s'est parachevée et dans le même temps, l'investissement dans les compétences. On a mis 15 milliards d'euros et en particulier, l'investissement dans les compétences des moins bien formés, c'est ce qui permet du côté du travail de réindustrialiser.

Et à côté de ça, les choix qui ont été faits pour baisser l'impôt des sociétés de 33% à 25%, pour baisser l'impôt sur les investissements dans le capital productif avec cette fameuse flat tax de 30%. Et à côté de ça, la baisse de ce qu'on appelle les impôts de production de 10 milliards d'euros par an et qui va se poursuivre, ont été des leviers très importants pour rendre à nouveau l'investissement dans les usines rentables. Sinon, nous avions 10 à 15 points d'écart avec nos voisins allemands ou suisses. Et c'est d'ailleurs pour ça qu'on ne réinvestissait pas chez nous.

Et pendant la crise, notre nation a fait le choix à travers les projets de France Relance de réinvestir massivement dans l'industrie. Sur les 100 milliards du plan de relance, 35 milliards sont orientés vers nos industries pour aider justement à la reprise, à la décarbonation, à la transformation de toutes tailles, TPE, PME, grand groupe. Et nous avons accompagné 700 projets de réindustrialisation, relocalisation qui ont permis dans votre secteur et dans beaucoup d'autres, le paracétamol par exemple, de faire revenir des productions que nous avions perdues.

Ce que nous sommes en train de montrer, c'est qu'il n'y a pas de fatalité si on conduit avec bonne foi et l'esprit de cohésion des réformes qui nous permettent de redevenir compétitifs. Mais ce que montre cet investissement et votre entreprise aujourd'hui, c'est qu'il faut aussi cesser d'opposer la transition numérique, la transition climatique et l'industrie et la création d'emplois. Le seul moyen pour nos économies de faire ces transitions, c'est par l'innovation, l'industrie et la création d'emplois. Et je le dis avec beaucoup de conviction parce que nous avons un modèle social qui est le nôtre. On l'a vu pendant la crise.

Nous sommes un pays fort où la santé est quasi gratuite, où l'éducation est quasi gratuite, qui a développé beaucoup de mécanismes de solidarité, que nous avons activé pendant la crise avec le fameux quoi qu'il en coûte et qui a évité que celles et ceux qui travaillent et les plus modestes ne tombent dans des situations beaucoup plus difficiles. Ce modèle social, il ne tient que si on produit. Et donc nous ne pouvons pas faire les transitions en produisant moins. Ce n'est pas vrai.

On va devoir même continuer à produire plus parce que c'est avec cette richesse produite que nous pouvons ensuite financer nos grandes politiques publiques et ce modèle social qui est le modèle français mais aussi le modèle européen. Et donc nous avons besoin de continuer à industrialiser, à produire, à travailler. Mais par l'innovation et nos nouvelles pratiques, comme votre site le démontre parfaitement, nous allons numériser et donc réduire les délais, réduire les coûts, être encore plus compétitifs et surtout, nous allons réduire nos émissions de CO2.

Et ce grand projet qui sera fait, 300 millions investis, plus le projet qui a été lancé il y a maintenant un an et demi en matière d'énergie, seront des leviers formidables pour aider à la réduction des émissions de CO2 sur votre site. Et c'est ce que nous voulons faire sur tous les sites industriels. Et donc quand on parle de neutralité carbone 2050, qui est l'objectif que nous nous sommes fixés, qui est si important, de baisse d'émissions de CO2, eh bien c'est par des investissements nouveaux, c'est par la transformation de nos pratiques, par des choix privés et publics que nous sommes en train de faire. Et je finirai par deux mots. Le premier, l'Europe.

Tout ça n'est possible que si nous agissons en européen. un groupe allemand travaillant en confins de trois pays européens décidant d'investir en France sur la base de notre stratégie européenne. Cette grande transition, ce grand projet de décarbonation, il est européen, car c'est à l'échelle de notre continent que nous pouvons le conduire, qu'on peut décider de tels investissements comme on l'a fait pendant la crise sanitaire avec le plan de relance à l'été 2020. C'est cette Europe stratégique, pratique, qui doit simplifier encore les choses, mais qui regarde devant, qui nous permettra de relever ces défis.

Celui de la croissance et de la création d'emplois, celui de la numérisation, celui de la décarbonation. Cette Europe-là, plus stratégique, plus souveraine, plus forte, plus indépendante, c'est celle que nous sommes en train de bâtir et votre projet en est un exemple éloquent. Et puis le dernier mot, c'est vous. Parce que tout ça n'est pas possible si derrière, il n'y a pas des compétences, un savoir-faire accumulé et des engagements de femmes et d'hommes qui construisent l'excellence dans la durée sur un site. Et donc, je veux vous remercier de cela.

Parce que jamais l'entreprise n'aurait choisi d'investir s'il n'y avait pas eu ici un savoir-faire, des compétences qui permettaient de bâtir l'avenir. Je commençais en disant les décennies, même les siècles d'amitié qu'il y avait entre BASF et la France, l'expérience qu'il y avait à Chalampé, mais n'oubliez jamais que vous êtes les dépositaires de cette histoire et que toute cette stratégie, tous ces projets sont portés par des femmes et des hommes qui ont acquis des savoirs et des compétences, mais qui, chaque jour, se battent pour les faire vivre, les faire évoluer, produire, faire mieux.

Et donc, je veux, en ce début d'année, vous remercier de cela parce que s'il y a ces bonnes nouvelles aujourd'hui, c'est avant tout grâce à vous, grâce à votre engagement, grâce à votre savoir-faire, à votre détermination. Et c'est une formidable preuve de confiance de la part de BASF en vous et dans la France. Et donc, merci infiniment. Merci beaucoup, tous mes voeux à toutes et tous, à vous, à vos familles. Merci infiniment, M. le Directeur général, pour ce choix qui est fait, cet engagement avec force. Merci à toutes et à tous. Vive l'Europe, vive la République et vive la France. Merci à tous.

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