Face à Face : Marie-Hélène Thoraval - 28/11
Audio original de l'émission.
Transcription Whisper (large-v3), avec identification des locuteurs. À recouper avec la source d'origine.
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Chapitres
Répartition du ton (temps de parole politique)
Propositif 15 %Attaque 55 %Défensif 30 %
Questions et réponses
Taux de réponse directe : 100 % (directe = 1, partielle = 0,5, éludée = 0)
- 1:12OuverteRéponse directe
Quand est-ce que ça a basculé, Madame le maire ?
- 2:56OuverteRéponse directe
Qu'est-ce que ça veut dire, la colère et la manière dont ça s'est passé ?
- 3:24RelanceRéponse directe
Qu'est-ce que vous voulez dire par "la colère et la manière dont ça s'est passé" ?
- 4:03OuverteRéponse directe
Vous vous arrêtez là-dessus ?
- 5:31OuverteRéponse directe
Vous êtes inquiète du fait qu'on ne soit pas à la hauteur ?
- 7:11OuverteRéponse directe
C'est quoi comme comportement au quotidien ?
Affirmations vérifiables (citations exactes)
- 0:28Invité politiqueFait
« Romand-Sur-Isère, c'est là que se trouvait le lycée de Thomas »
- 0:40Invité politiqueFait
« Romand-Sur-Isère, c'est là aussi que sont nés les principaux suspects de l'attaque de Crépole et de la mort de Thomas »
- 2:01PrésentateurChiffre
« Il y a à peu près une centaine de jeunes qui mettent un bazar pas possible »
- 4:20Invité politiqueFait
« On vient pour tuer du blanc »
- 4:25Invité politiqueFait
« Le procureur a dit oui, il y a neuf des personnes qui étaient présentes dans la fête qui disent avoir entendu en effet des propos de cet ordre »
- 4:33Invité politiqueFait
« Il ne retient pas le caractère raciste de l'attaque »
- 8:12Invité politiqueChiffre
« Il y a donc neuf mis en examen pour meurtre en bande organisée, tentative de meurtre ou violence volontaire commise en réunion »
- 8:20Invité politiqueChiffre
« Six ont d'ailleurs été placés en détention provisoire, trois sous contrôle judiciaire »
- 11:10PrésentateurChiffre
« On a à peu près 68 enfants qui sont avec nos éducateurs actuellement »
- 11:57PrésentateurChiffre
« Un petit peu plus du tiers d'enfants de jeunes enfants qui présentent déjà ces troubles »
- 15:56Invité politiqueChiffre
« 140 millions d'euros avaient été investis notamment dans le quartier de la monnaie depuis 2014 »
Temps de parole
- Présentateur67 %
- Marie-hélène Thoraval33 %
≈ 0,9 interruption / 10 min (chevauchements et interjections détectés).
Modèle mistral-small-latest · prompt v1· les citations sont vérifiées mot pour mot dans le transcript ; le taux de réponse directe est calculé à partir des verdicts question par question. Aucun label idéologique n'est produit.
Vous écoutez RMC RMC jusqu'à 9h Apolline Matin Face à face
Apolline de Malherbe Il est 8h32 et vous êtes bien sur RMC et BFM TV Bonjour Marie-Hélène Toraval Merci d'être venue dans ce studio Vous êtes la mère de Romand-Sur-Isère dans la Drôme Romand-Sur-Isère qui est sous le feu des projecteurs depuis plusieurs jours désormais lieu du drame, lieu des affrontements lieu des oppositions Romand-Sur-Isère, c'est là que se trouvait le lycée de Thomas c'est là qu'il jouait au rugby Romand-Sur-Isère, c'est là aussi que sont nés les principaux suspects de l'attaque de Crépole et de la mort de Thomas Romand-Sur-Isère, c'est là encore que des militants d'ultra droite venus de toute la France ont débarqué samedi pour en découdre C'est un drame qui nous fait courir le risque d'un basculement de notre société si nous ne sommes pas à la hauteur voilà ce que le porte-parole du gouvernement a dit à vos côtés hier alors qu'il est venu sur place quand est-ce que ça a basculé Madame le maire ?
Alors, si moi j'étais capable de le dire beaucoup auraient dû s'en rendre compte bien avant aujourd'hui, Romand c'est une ville moyenne comme nous en avons beaucoup en France c'est une ville de 34 000 habitants où on aspire à une forme de tranquillité qu'on aimerait bien retrouver il y a eu les événements qui se sont opérés sur Crépole les auteurs identifiés sont des habitants de Romand de jeunes habitants de Romand nés à Romand comme vous l'avez précisé et qui habitent dans un quartier avec des problématiques des difficultés mais aussi une forme de groupe minoritaire qui vient polluer la vie de tout le monde le quartier de la monnaie le quartier qui est incriminé c'est un quartier qui fait environ 4 500 habitants il y a à peu près une centaine de jeunes qui mettent un bazar pas possible avec vraiment un groupe extrêmement dur
et parmi ces 100 ce que vous voulez dire c'est qu'il y a 4 500 habitants et c'est vraiment ce que je veux qu'on essaie de comprendre avec vous vous êtes maire depuis 2014 vous l'avez donc vu évoluer vous avez observé ce quartier vous dites 4 500 100 jeunes qui au quotidien posent problème et un noyau dur qui sont particulièrement violents
qui sont particulièrement violents on a pu mesurer le degré de violence qui était le leur notamment dans le drame qui s'est opéré à Crépole samedi dernier le jeune Thomas a été poignardé et je dois dire que lors de la visite du ministre Véran hier il a pu prendre la pleine mesure de la douleur des familles et aussi la manière dont ça s'est passé ça veut dire quoi ça madame le maire ?
parce qu'on a quand même l'impression que beaucoup a été dit que dès que des politiques parlaient ils étaient accusés les uns de récupération les autres de minimiser pendant 10 jours vous avez finalement été assez seul vous avez vu l'agitation politique mais sur le terrain personne n'est venu jusqu'à ce que finalement le porte-parole vienne vous avez dit d'ailleurs vous êtes senti abandonné et que le gouvernement ne prenait pas la mesure du drame qui s'était joué quand vous dites la colère et la manière dont ça s'est passé qu'est-ce que vous voulez dire ?
on a entendu parler de Rix l'ensemble des jeunes qui étaient là et des adultes parlent tous d'attaque et lorsqu'on regarde et qu'on écoute aussi les témoignages les différents témoignages ils sont tous concordants pour aller dans le sens de l'attaque deux choses les familles demandent deux choses la première c'est une fermeté sans appel de la justice ça c'est vraiment extrêmement important la deuxième chose c'est que le caractère raciste qui a été manifesté par ces attaquants soit pris en compte et ça c'est extrêmement important
vous vous arrêtez là-dessus il y a eu au départ deux témoignages qui avaient été rapportés par la presse par le Dauphiné Libéré et par Paris Match disant que certains habitants de Crépaule avaient entendu les attaquants pour reprendre votre mot dire on vient pour tuer du blanc mais la justice le procureur a dit oui il y a neuf des personnes qui étaient présentes dans la fête qui disent avoir entendu en effet des propos de cet ordre pour autant il ne retient pas le caractère raciste de l'attaque si je vous écoute pour vous ça ne fait aucun doute et le simple fait d'en douter ne ferait qu'aggraver les choses
moi je pense que la première des choses ce serait de le considérer quitte à l'analyser après je pense que là c'est le rôle de la justice mais je pense qu'il faut enfin c'est même pas je pense je dis qu'il faut que ce soit pris en compte
par les politiques par le gouvernement
par la justice il faut qu'elle le prenne en compte et qu'elle puisse apprécier ces éléments mais est-ce qu'on n'est pas du ressort de l'émotion plutôt que de l'enquête pourquoi le dire maintenant je veux dire c'est à la justice de le déterminer ça donc je pense que il n'y a pas enfin pour avoir entendu ces jeunes et je pense que le ministre les a entendus hier et j'ose même imaginer que s'il avait un avis avant d'arriver il en avait un tout autre lorsqu'il est reparti
avant de repartir il a finalement dit c'est un drame qui nous fait courir le risque d'un basculement de notre société si nous ne sommes pas à la hauteur vous êtes inquiète du fait qu'on ne soit pas à la hauteur alors ce on il est collectif je n'ai pas le droit
d'être inquiète parce que lorsqu'on a des engagements enfin il s'agit aussi de prendre la pleine mesure des situations enfin donc moi je suis déterminée je suis extrêmement volontaire et j'aurai le courage de tout mettre sur la table mais je ne peux pas être seul parce que sur ce type d'intervention sur cette volonté d'être acteur sur des quartiers qui sont difficiles avec des poignées de jeunes qui sont je vous le dis on va se dire les choses trafic de drogue délinquance de plus en plus forte et puis la radicalisation disons les choses radicalisation ça veut dire religion radicalisation religieuse musulmane musulmane tout à fait donc il y a un moment donné il faut que tout le monde se mette tout à l'état puis quand on dit trafic de drogue il y a aussi la consommation et je dis aussi la consommation c'est-à-dire ceux qui achètent mais aussi les délinquants qui eux-mêmes consomment bien sûr tout le monde personne ne l'ignore ça et sur ce point-là je pense que il y a une chose qu'il faut aussi considérer parce qu'on parlait souvent d'intégration l'intégration c'est très intéressant on a eu des intégrations qui marchent extrêmement bien je voudrais quand même dire que la plupart des personnes qui sont à Romand qui sont d'origine maghrébine on n'a absolument aucun problème certains font partie de nos équipes municipales nous n'avons aucun souci et nous ne pouvons que nous en féliciter mais aujourd'hui on a tout un quartier qui souffre avec cette poignée qui met un bazar pas possible enfin c'est même plus un bazar c'est-à-dire qui ont des comportements qui ne sont pas entendables
vous avez dit justement vous avez alerté sur cette forme de délinquance qui est devenue inouïe vous dites d'ailleurs que les réponses on va y revenir sur la question des sanctions ne sont plus adaptées à ce type de délinquance c'est quoi comme comportement c'est quoi au quotidien je veux dire sans arriver jusqu'au drame absolu
qu'est la mort de Thomas quand on décide de faire de son quartier une zone de non-droit c'est pas possible ça c'est la première
c'est une zone de non-droit
ce n'est pas une zone de non-droit moi je leur dis ce ne sera pas une zone de non-droit mais ils le tentent parce qu'ils occupent le terrain après je dis que la réponse pénale sur l'ensemble des délits qu'ils ont pu commettre avant elle n'était pas à la hauteur non plus des actes commis c'est-à-dire qu'on pratique la culture de l'excuse à longueur de temps il faut arrêter
il faut arrêter il faut arrêter la culture de l'excuse et il faut des sanctions plus fermes dites-vous vous savez quoi on va rentrer dans le détail très concret un exemple Chahid qui est l'un des gardés à vue désormais mis en examen il y a donc neuf mis en examen pour meurtre en bande organisée tentative de meurtre ou violence volontaire commise en réunion six ont d'ailleurs été placés en détention provisoire trois sous contrôle judiciaire l'un d'eux donc avait déjà eu affaire à la police et à la justice au moins deux fois avec deux condamnations des amendes pour recel de vol pour l'un pour violence avec port d'armes blanches il s'est vu notifier le 25 septembre dernier une peine complémentaire d'interdiction de détenir ou de porter une arme un couteau est une arme d'une durée de deux ans cette notification très officielle de ne pas avoir le droit de porter un couteau qui s'est avéré donc totalement inutile ça vous fait même lever les yeux au ciel vous vous dites c'est ce genre de sanctions vous vous dites
ça ne sert à rien ça ne sert à rien ça n'a aucun je veux dire ça ne sert strictement à rien je pense que ce qui serait intéressant je ne vais pas citer non parce que moi je ne connais pas directement cette personne et vous reviendrez justement sur cette question parce que ça fait débat mais allez-y oui on peut revenir dessus je ne connais pas personnellement et directement cette personne je dis juste une chose c'est que ce noyau dur on a aussi un ensemble d'individus qui sont issus de parents qui étaient déjà délinquants donc c'est quelque part c'est une culture qui se transmet à un moment donné aussi on a sur ce noyau dur des jeunes pour lesquels il y a des problématiques qui relèvent de la santé mentale alors je suis à peu près la seule à le dire mais je ne suis pas la seule à le constater donc à un moment donné moi je dis les choses il n'y a plus rien à faire du point de vue de la justice pas du tout c'est dire que si c'est appliquer les lois de telle manière de dire tiens il a une peine ça va l'objectif et quand même lorsqu'il y a une peine c'est de le remettre dans le droit chemin sauf que si vous essayez de câbler quelqu'un qui n'a pas déjà les gaines de passage ça ne fonctionnera jamais donc la réceptivité de ces personnes par rapport à la peine qu'ils ont reçue ça n'a absolument aucun effet et quand ils reviennent ils sont encore plus forts que lorsqu'ils sont partis parce que ça devient les caïds donc à un moment donné je dis qu'il faut arriver à extraire
ce noyau dur les extraire et les mettre où il y a 5 des 9 mis en examen qui avaient déjà été condamnés pour des délits je vous parlais de celui qui a été condamné deux fois mais il y en a un qui a même été condamné à une peine de 2 ans de prison avec sursis pour violences aggravées quelle est l'étape d'après c'est à dire que quand vous dites il faut les extraire ça veut dire quoi ça veut dire que effectivement les peines avec sursis n'ont aucun intérêt qu'il faut c'est quoi ça relève de l'éducation ça relève de la sanction
je pense qu'on pourrait alors il y a plusieurs choses moi je peux donner des idées mais je pense qu'on a quand même plus d'idées à plusieurs il y a quand même des spécialistes aussi et vous appelez d'ailleurs à ce que le gouvernement et l'autre
se remettent autour de la table
et une chose est sûre c'est que lorsqu'on fait de la prévention donc on fait ce qu'on peut on a à peu près 68 enfants qui sont avec nos éducateurs actuellement qui les accompagnent mais pour un éventail de démarches vous n'imaginez même pas donc on les accompagne mais il y en a qu'on ne captera jamais parce que ce sont ce sont des décrocheurs extrêmement tôt les parents ont déjà décroché enfin je veux dire le sens de l'école de l'éducation ça ne leur parle absolument pas ça veut dire qu'on ne va pas abandonner il ne faut pas abandonner donc on fait quoi mais ça veut dire qu'à un moment donné dans certaines familles je pense notamment à l'aide à l'enfance qui revient au département et on voit dans quel état elle est l'aide à l'enfance mais ils constatent exactement la même chose c'est à dire que ils ont des enfants parmi lesquels la notion par exemple de santé mentale dont je parlais à l'instant même et bien c'est pratiquement plus d'un tiers j'avais dit la moitié hier mais je révise un peu parce que je pense que c'est un petit peu plus du tiers d'enfants de jeunes enfants qui présentent déjà ces troubles ça veut dire que ce sont des enfants quelquefois qui sont issus de parents qui sont issus des trafics de la consommation d'un ensemble de consommation illicite
il y a une fragilité ils ont été mis en fragilité ils sont déjà en fragilité mais une partie des enfants qui doivent être placés des enfants qui doivent être placés ne le sont parfois pas faute de structures adaptées faute de places et donc on laisse ces enfants continuer à être aux mains de parents qui visiblement sont en faille
donc après tant bien que mal alors on aménage des horaires à l'école mais ça marche pas l'aménagement d'horaires à l'école ça ne fonctionne pas comment voulez-vous en fait on met ces enfants qui sont en échec et là franchement leur échec est visible par tous parce qu'on leur dit bon ben alors tu vas aller à l'école le matin mais pas l'après-midi ou on fait des horaires aménagés sauf que comment voulez-vous qu'ils puissent au moins penser raccrocher c'est pas possible et puis ça ne fonctionne pas le décalage ils sont trop loin vous redoutez d'autres drames ?
alors vous dire que je n'y pense pas ce serait mentir donc je le redoute j'avais je suis obligé de faire des choix aussi dans les manifestations que j'organise le drame ne s'est pas fait à romans mais c'est tous les romanais c'est tout un territoire qui est touché parce que on dit crépole il n'y a pas crépole d'un côté et romans de l'autre beaucoup de gens qui habitent crépole ont des attaches romanaises on se connaît tous on se connaît tous on est sur un territoire où il n'y a pas enfin je veux dire il n'y aurait pas d'un côté les ruraux comme on a bien voulu le faire dire et puis d'un côté il n'y a pas il n'y a pas il n'y a pas deux francs qui se font face
ce qui a été aussi presque on peut dire il y a eu du souffle sur cette idée qu'il y aurait une confrontation une opposition vous parliez de la question des prénoms tout à l'heure c'est aussi notamment le journal JDD qui dit que ces prénoms auraient été volontairement cachés mais qu'il y aurait d'un côté Thomas de l'autre je reprenais l'un des prénoms qui a été donné également par le Figaro est-ce qu'effectivement il y a quand même de cela ou est-ce que c'est une manière d'encourager encore les divisions ?
Moi je pense que de ne pas avoir communiqué sur les prénoms plus tôt c'était que c'était indécent ça je le dis parce que par respect pour les familles je ne vois pas pourquoi lorsqu'il s'agit d'un autre drame on va communiquer nom-prénom tout de suite et là il a été nécessaire chacun attendait et finalement les noms circulaient sur les réseaux sociaux avant qu'ils ne soient confirmés par les autorités ça ne va pas ce que vous voulez dire c'est que les autorités ont sciemment tenté de cacher elles avaient certainement une bonne raison mais je ne connais pas la raison en tout cas les dégâts sur le terrain ils sont ce qu'ils sont aujourd'hui parce qu'il y a une incompréhension et je veux dire ça ne fait que renforcer la stigmatisation
ça ne fait que renforcer la stigmatisation et la crainte qu'on a voulu les leur cacher qu'on a voulu cacher cette confrontation-là
bien sûr parce que est-ce qu'on a eu peur de ce qui allait être dit mais de toute manière à un moment donné il allait bien falloir lâcher donc pourquoi on n'a pas cette notion de transparence dès le départ je veux dire on assume donc quand on assume ça veut dire aussi que quand je vous demande quand je vous dis pardon madame de Malherbe qu'il faut qu'on se mette autour de la table et qu'on fasse un diagnostic partagé et qu'on arrête les grands maîtres de dire moi j'ai fait ci moi j'ai fait ça et voilà tout ce que j'ai fait non stop aujourd'hui évaluons nos politiques évaluons ce qu'on a mis en place évaluons-le et d'ailleurs des choses ont été faites
de l'argent a été mis vous avez dit que 140 millions d'euros avaient été investis notamment dans le quartier de la monnaie depuis 2014 depuis que vous êtes maire et vous avez ajouté avec presque une forme de désarroi on a cru bien faire j'ai entendu ce mot que vous avez prononcé on a cru bien faire ça veut dire quoi ça veut dire qu'on a été on s'est trompé on a été naïf on n'a pas donné la réponse qu'il fallait on a pensé que la réponse était de l'argent
non c'était pas ça je pense que par exemple dans tout ce qui a été mis en place sur la politique de la ville avec la rénovation urbaine sur son premier volet sur son second volet donc là ce sont des interventions fortes de l'état et heureusement qu'on a l'état derrière nous notamment s'agissant de la rénovation urbaine l'intervention de la CAF est là aussi je pense qu'il y a quelque chose qu'on n'a pas saisi je pense qu'on a procédé comme si c'était toute chose égale par ailleurs c'est à dire que on n'a pas pris en compte l'évolution comportementale des habitants de ces quartiers alors quand je dis des habitants et notamment et plus particulièrement de l'évolution de la forme de la délinquance c'est à dire qu'on a une délinquance qui est de plus en plus forte mais de plus en plus dure de plus en plus dure de plus en plus violente et vous parlez effectivement de ces deux points qui sont le trafic de drogue et la radicalisation parce que moi j'entends le ministre de l'intérieur qui parle de milice j'ai vu sa fermeté ce matin j'aurais aimé qu'il ait la même lorsque nous avons eu les émeutes nous dans nos villes moyennes parce que les moyens comme j'ai eu ce week-end j'en ai jamais eu autant sur mon territoire
Madame le maire ce que vous dites ce matin c'est que quand Gérald Darmanin dit on a évité une petite guerre civile je ne laisserai aucune milice d'extrême droite faire sa loi vous dites ok très bien mais vous attendiez cette même fermeté vous ne l'avez pas eu jusqu'à présent
pourquoi ne l'avons-nous pas eu pendant les émeutes fin juin début juillet moi j'aurais aimé autant de moyens j'aurais aimé autant de moyens
il y a des choix qui sont faits que vous ne comprenez pas
alors que je ne comprends pas ou alors je veux bien qu'on me les explique et je veux bien je veux bien entendre je veux bien écouter je sais qu'on ne pouvait pas mettre des moyens partout mais à un moment donné ça veut dire qu'on est capable de mobiliser dans certaines situations et pourquoi on a minimisé les autres situations alors après on va me dire oui mais alors là le week-end dernier c'était principalement Romand et pas les autres villes sauf que là quand je regarde un petit peu l'actualité j'ai l'impression que c'est en train de gonfler un peu partout il y a eu ces milices
qui se sont retrouvées dans les rues de Lyon hier soir une centaine d'individus cagoulés masqués armés de barres de fer pour nombre d'entre eux lorsqu'ils étaient à Romand le week-end dernier malgré tout vous étiez content qu'ils soient là les policiers qu'ils évitent comme l'a dit Gérald Denarmanin
c'est pas la violence de résoudre les problèmes de violence par la violence bien évidemment et je peux vous assurer que d'avoir une milice parce que je vais réemployer les termes du ministre franchement moi j'avais jamais vu ça dans ma ville donc c'est quand même extrêmement inquiétant cette confrontation cette menace de guerre civique sur le légéral de Darmanin pire c'est que les agresseurs risqueraient de passer pour les victimes maintenant donc attention c'est à dire vous voulez dire
les agresseurs de Crépolle risqueraient de paraître pour les victimes des milices
je dis que ceux qui sont le noyau dur de la monnaie enfin ce qu'il en reste après ces arrestations mais il en reste toujours je vous le confirme finalement la police est intervenue les CRS étaient là tout le monde a conjugué ses forces et c'est très bien en fait il ne faut pas oublier pour vous qui sont les agresseurs au départ on est obligé de protéger ça revient et c'est dans les compétences de l'État et vous vous retrouvez avec deux fronts désormais on se retrouve avec deux fronts et d'un côté finalement ceux qui avaient agressé la semaine d'avant se retrouvent victimes donc je pense qu'il faut arrêter ce genre de
vous faites confiance désormais la prise de conscience est là vous auriez imaginé c'est-à-dire que quand on vous écoute madame le maire et qu'on sait que vous êtes maire depuis 2014 vous auriez imaginé aujourd'hui devoir dire les choses comme vous les dites vous-même vous ne les disiez pas comme ça
je ne les disais pas comme ça je les disais quand même un peu après quand on devient maire la notion de délinquance quand ce n'est pas nécessairement votre parcours ou pas nécessairement les fréquentations que vous avez eues vous découvrez aussi moi je vous le dis très honnêtement et je ne dois pas être la seule dans ce cas-là donc ce que je crains aujourd'hui ce que je crains et ce que je dis qu'il faut vraiment endiguer c'est cette évolution de la violence de cette notion de noyau dur et si on n'est pas foutu d'intervenir sur un noyau dur qui en gros fait 50 individus ce qui n'est pas le cas dans d'autres villes je le comprends et dans des villes plus importantes mais moi je dis qu'il faut au moins essayer il faut au moins essayer
Marie-Hélène Toraval merci d'être venue dans ce studio vous êtes la maire de Romand sur Isère il est 8h53 sur RMC BFM TV merci d'avoir regardé
Marie-hélène Thoraval