Odile Renaud-Basso, présidente de la BERD | Ici l'Europe - 18/07/26
Transcription youtube_captions. À recouper avec la source d'origine.
France 24 LCP public Sénap présente. Bonjour à tous, merci de nous rejoindre pour ici l'Europe sur France 24 et les chaînes parlementaires. L'économie européenne est toujours fortement impactée par la guerre au Moyen-Orient.
Les prévisions printemps de la Commission européenne font tomber la croissance à 0,9 %. En 2026, l'inflation est en hausse à 3 %, même si le chômage remonte faiblement. Nous allons parler des perspectives économiques d'une banque à partir d'une banque assez atypique, la Banque européenne pour la reconstruction et le développement. la Berde créée en 1991 pour contribuer à la construction d'une ère post-communiste en Europe centrale et orientale.
Elle est détenu par 77 pays ainsi que par l'Union européenne, la Banque européenne d'investissement. Nous avons le plaisir d'accueillir aujourd'hui sa présidente depuis bientôt 6 ans, Audil Renault Bassau. Bonjour.
Bonjour. Je rappelle que vous étiez auparavant directrice générale du trésor en France. Vous connaissez bien l'économie, autant dire vos propres perspectives de croissance.
Qu'est-ce qu'elle laisse apparaître de cette situation économique de l'Europe, de l'Est européen en particulier que vous connaissez bien ? Alors, c'est clair que les perspectives de croissance ont globalement été revues à la PS et qu'il s'agisse de l'Europe mais aussi pour nous de l'ensemble des régions et des pays dans lequels on intervient. Globalement, on a on vient de refaire nos prévisions de croissance et euh pour 2026, on a revu à la baisse de 05 % en moyenne sur l'ensemble de nos pays euh sur l'ensemble de notre région, euh les perspectives de croissance et puis avec une révision un peu plus faible pour l'année 2027.
Tout ça étant fondé sur l'impact de la situation au Moyen-Orient, une augmentation assez significative des prix du pétrole he depuis 3 mois avec une volatilité assez importante en fonction de l'état des discussions, de la communication des différents acteurs intervenants dans ce conflit. Mais on voit bien donc plutôt des tendances à la un impact négatif sur l'économie avec des scénarios qui peuvent être assez différents sur l'inflation. On a vu la Banque centrale européenne déjà prendre une première mesure depuis 3 ans de hausse des taux d'intérêt et donc tout ça va avoir un effet plutôt de ralentissement de ralentissement sur l'économie mondiale.
Alors en tant que président de la Banque européenne pour la reconstruction et le développement, vous avez déclaré que le soutien gouvernemental apporté aux économies émergentes touchées par ce conflit au Moyen-Orient doit rester temporaire et ciblé alors que les marches budgétaires se resserrent. Traduction dans les faits. Beaucoup de pays ont pris des mesures de soutien à la demande en et pour réduire l'augmentation des prix de l'énergie par exemple des prix à la pompe.
Les prix en globalement les prix à la pompe dans l'ensemble de nos régions augmenté de 30 de 30 %. Donc il y a des des gouvernements pratiquement tous les gouvernements ont pris des mesures d'atténuation pour plafonner l'augmentation des prix du gaz, des prix de l'électricité ou des prix de le l'essence à la pompe. Le message, mon message est de dire il faut que ces mesures soient temporaires et très ciblées parce que ça peut coûter extrêmement cher.
Et on a des pays qui ont des marges de manœuvre budgétaire limité. Tous nos tous les pays à la du monde entier pense pas onintervient [rires] pas on n'intervient pas sur la France mais c'est un raisonnement qui peut aussi s'appliquer à la France. La situation d'endettement dans beaucoup de pays a fortement augmenté après le Covid, après l'impact de la avec l'impact de la guerre en Ukraine et donc les marges de malvre sont assez limitées et la capacité des pays à prendre des mesures d'atténuation de l'augmentation des prix de l'énergie est est assez faible.
D'ailleurs, votre banque, elle intervient beaucoup dans la région, notamment dans la reconstruction post-guerre de Gaza estimée à 46 milliards d'euros. En 6 Jordanie, depuis 2024, vous avez investi 200 millions d'euros. le double du montant des cinq précédentes années, vous ne vous désengagez pas.
Donc vous avez même annoncé déployer 5 milliards d'euros dans les pays touchés par par les répercussions de la guerre en Iran. Moi, je considère que notre banque et c'est aussi le point de vue des actionnaire, on a un rôle contrecyclique, c'est-à-dire qu'on on est une banque de développement, une banque multilatérale de développement et notre rôle est vraiment d'aider les pays à faire face à des situations plus difficiles quand les le secteur privé, quand les investisseurs privés vont avoir tendance à se retirer et à être à être moins moins capable de prendre du risque. On doit faire tout ça évidemment en mesurant nos propres risques. on doit préserver notre force financière.
On est une institution avec un bon très bon rating triple A et cetera. C'est très important pour nous. Mais on a la capacité compte tenue d'autres bilans de d'apporter un financement et de continuer à soutenir nos clients dans euh des situations qui sont plus difficiles.
Pour ça que par exemple pour les pays affectés par le conflit au Moyen-Orient, on a adapté nos instruments pour pouvoir apporter des soutiens en liquidité, des financements d'urgence à nos clients pour les aider face à par exemple l'augmentation des prix de l'énergie, l'augmentation des prix des importations qui peuvent subir quand il y a une dépréciation de la monnaie. Donc on voilà, on est on est actif dans un en situation de crise et le cas le plus marquant de ce point de vue-là est évidemment l'Ukraine où on continue d'investir dans on va on va parler de l'Ukraine tout de suite [grognement] mais euh quand même concentrons-nous sur des pays où se sont tenus en particulier votre assemblée annuelle de la Berde début juin Rigal et Tony. Vous avez déclaré l'étonie, Estonie, Lituanie ont été les plus belles résustites de la transition d'une économie centralisée, donc soviétique hein, vers une économie de marché ainsi que de l'élargissement de l'Union européenne.
Reconnaissons quand même qu'il reste des problèmes de corruption dans ces pays baltes, que il y a ils ont en plus une peur viscérale de la Russie qui les incite à investir presque exclusivement dans la disfense. Aujourd'hui, c'est des pays qui ont effectivement connu une transformation extraordinaire hein, avec aujourd'hui par exemple une capacité d'innovation, des start-ups qui sont extrêmement qui réussissent extrêmement bien sur les marchés internationaux et cetera. Ils sont pour un certain nombre d'aspects euh même en avance par rapport à d'autres pays de l'Union européenne, ils connaissent des sujets, ils ont connu des sujets de euh de blanchiment et cetera dans le passé, mais il y a des mesures qui ont été assez strictes de renforcement des contrôles dans le système bancaire et cetera qui ont été prises qu'on permis de vraiment remettre à niveau.
Et donc c'est des pays dont le potentiel économique aujourd'hui est important, les dynamismes économiques est important. Ils sont par contre effectivement négativement impactés par euh le fait qu'ils sont proches de la Russie. C'est des pays qui étaient qui ont fait partie du bloc soviétique, donc pour lequel l'indépendance est é vraiment une réalité euh extrêmement importante.
On a vu avec la guerre en Ukraine une moindre appétence des investisseurs internationaux pour investir dans ces pays parce qu'ils sont vus comme étant proches et possiblement affectés par la guerre. Et deuxièmement, eux-mêmes doivent effectivement faire un effort de défense, d'augmentation des des dépenses de défense comme tous les pays européens, ils sont en avance, ils ont ils investissent particulièrement beaucoup dans ce domaine et donc d'où le l'intérêt pour eux d'avoir des investisseurs comme nous qui continuent à soutenir le secteur privé puisque c'est aussi des économies qui sont de taille assez petites et donc par exemple les marchés financiers manquent toujours de liquidité sont des marchés qui sont un peu étroits. Donc notre action aide à vise vraiment à aider à développer les marchés financiers, le financement en capital risque, le financement en fond propre et la transition énergétique qui est extrêmement importante pour ces pays parce qu'ils étaient historiquement très dépendants de la Russie, connectés au système russe et là ils se sont connectés au système européen avec beaucoup d'investissements dans les renouvelables en particulier.
Alors vous le disiez, le soutien à l'Ukraine c'est l'une de vos priorités avec 10 milliards d'euros déployés. D'ailleurs, c'est l'une aussi des priorités de l'Union européenne. La guerre en Ukraine est aux portes de l'Europe et elle s'éternissent.
Depuis le 11 juin, sa durée a dépassé celle de la Première Guerre mondiale. Une guerre qui pèse sur le moral des habitants. C'est aussi une guerre psychologique qui se joue.
Odil Renault Bassau, votre banque la finance des projets énergétiques suis aux attaques russes pour démoraliser les populations sur des infrastructures électriques. Vous financez 135 installations des abris de protection pour les transformateurs électriques. Ça c'est important de reconstruire pendant la guerre.
Oui, c'est très important de reconstruire pendant la guerre et notamment sur tout ce qui est ces grandes infrastructures qui sont fondamentales à la vie quotidienne des personnes, des habitants de l'Ukraine et aussi au fonctionnement de l'économie. Par exemple, le fait d'avoir accès à l'électricité, d'avoir accès au chauffage, d'avoir accès au l'énergie en général, d'avoir des trains qui fonctionnent, euh d'avoir des routes qui sont à peu près qui peuvent être qui sont dans un état correct. Tout ça, c'est extrêmement important pour euh les habitants de l'Ukraine, pour les entreprises en Ukraine et et cetera et pour que la vie puisse la vie quotidienne puisse continuer dans ce pays.
Vous parliez de la démoralisation, mais ce qui me frappe aussi, moi j'ai beaucoup été en Ukraine, c'est la résilience, c'estd la détermination des Ukrainiens à continuer et à défendre leur pays, leur indépendance, leur autonomie et et à poursuivre des efforts malgré les difficultés pour se faire. C'est assez frappant quand on regarde euh la situation de l'Ukraine, le fait que euh il y a eu évidemment une première vague de personnes qui ont quitté le pays au début de la guerre avec les familles et cetera, mais c'est l'hiver dernier a été extrêmement difficile en terme de chauffage, de euh de d'électricité. Il y a il y avait vraiment des conditions extrêmement dures au plan de la vie quotidienne et pourtant malgré tout il y a très peu d'Ukrainiens qui qui ont quitté le pays et la plupart sont restés dans le pays pour le défendre.
Donc cette résilience est un élément fondamental qui explique la la capacité du pays à continuer à se défendre et à regagner en fait de la capacité de défense et de terrain dans les dans la période période récente. L'Ukraine ambitionne de lever 257 millions d'euros via la privatisation cette année. Donc d'ailleurs votre banque Laberde entend soutenir ces efforts de privatisation des banques ukrainiennes et d'autres industries nationales. l'Ukraine n'est-elle pas en pleine guerre en train de brader un peu son économie, voir ses terres agricoles, d'affaiblir son service public ?
C'est quand même la question qu'on est en droit de se poser. Mais je pense que c'est important et que l'économie ukrainienne a besoin d'investissement étranger. C'est-à-dire que euh ils ont pour que l'économie puisse se développer et on reste toujours quand même dans des domaines de croissance positive.
Donc on est économique qui a connu un très gros choc mais reste après la première année une réduction du PIB de 30 % à réussi à remonter avoir des croissances de avec des taux positifs et donc de ce point de vue-là avoir des investissements étrangers c'est un afflux de financement un un signe de confiance d'abord mais aussi un afflux de financement et la capacité de développer des nouvelles capacités. Il y a les les entreprises publiques ont un rôle très important en Ukraine tous les grands dans les grands secteurs le secteur y compris le secteur bancaire, les entreprises publiques sont importantes et donc pouvoir apporter des capitaux privés ça va permettre aussi de relancer et de soutenir les investissements dans le pays. Donc l'État et le secteur public tout seul peut pas faire face à l'ampleur des besoins d'investissement et donc d'où l'importance de ces de ces financements privés.
Il y a d'ailleurs une entreprise privée française très importante détenue par Gavinel qui a fait le plus grand investissement étranger en Ukraine depuis les 10 dernières années dans le domaine des télécomm Xavier Niel qui était vu comme un signe extrêmement positif de confiance aussi dans la capacité de l'économie ukrainienne de se développer et de croître malgré le contexte. Alors, les États-Unis restent le principal actionnaire de votre banque, la Berde. Suivi du Royaume-Uni, un peu moins de un peu moins de 9 %.
L'Union européenne et la Banque européenne d'investissement euh détiennent 6,2 % du capital. Est-ce que l'administration Trump qui a largement gelé les paiements d'aide étrangères et le soutien aux banques multilatérales de développement a également remis en question votre équilibre ? Audil Renault Basso, les États-Unis sont effectivement le premier actionnaire.
En fait, ils ont plus de 11 % en en règle générale et ils ont euh ils sont des actionnaire importants pour nous et ils ont au contraire souscrit à l'augmentation capitale qui avait été dessinée euh en 2023 au moment de la guerre en pour financer, pour nous aider à soutenir euh les investissements en Ukraine et dans l'ensemble de nos pays d'opération. Et donc les États-Unis ont décidé de souscrire à cette augmentation capital auquel on souscrit l'ensemble la quasi totalité des autres actionnaires. Et donc c'est un signe de soutien à l'institution.
Euh je pense que une de leur euh un de leur intérêt pour l'institution, c'est notre focalisation, notre mandat qui est de développer le secteur privé dans les économies dans lesquelles on intervient pour soutenir le développement économique. C'est une particularité de la Berde qui était liée à moment de sa création et cetera. et qui reste toujours euh au cœur de ce qu'on fait et je pense que ça ça fait écho à une vision enfin des priorités américaines.
Vous parlez de priorité américaine. Le financement de l'économie verte a représenté 58 % du volume total d'investissement de de votre banque en 2024. Un record tandis que la part des projets genrés était de 47 %.
De thématiques que rejette vivement cette administration Trump qui ne croit ni au réchauffement ni au lutte féministe. Ça vous pose un problème ? Ben, on a une majorité d'actionnaires européens euh d'actionnaires comme euh les le Royaume-Uni, le Canada, le Japon qui reste extrêmement euh focalisé et qui considère que pour une banque multilatérale de développement, continuer à soutenir la transition énergétique et la décarbonisation de l'économie et un élément est une priorité, doit rester une priorité de même que le soutien pour l'égalité homme-femme, le fait de faciliter l'accès des femmes au marché du travail à la formation et cetera.
Donc la majorité de nos actionnaires continuent de soutenir ces priorités et donc effectivement ces objectifs ont été réaffirmés et c'est d'une certaine façon l'intérêt des institutions multilatérales où on a des règles de décision avec des actionnaires, des décisions qui sont prises à la majorité et donc pour nous ça reste des priorités extrêmement importantes et on voit aussi que ça répond aux besoins des pays dans lequels on intervient. On voit l'intérêt aujourd'hui de nos pays d'opération pour investir plus dans les renouvelables, investir plus dans le solaire ou l'éolien et les batteries parce qu'il voi ça comme une façon de garantir leur sécurité énergétique. On voit aujourd'hui le risque d'être trop dépendant du pétrole ou du gaz venant d'ailleurs avec des ris géopolitiques majeurs.
Et donc il y a une accélération qu'on accompagne d'investissement pour l'efficacité énergétique mais aussi pour la diversification des vers les renouvelables. [grognement] La Banque européenne de reconstruction et de développement s'intéresse beaucoup à à l'Afrique aussi, le continent miroir. Une croissance moyenne de 4,7 % à faire palir évidemment un européen en 2026 pour euh quelques économies africaines clé couvertes par votre action.
Donc Côte d'Ivoire, Ghana, Bénin, euh Nigéria, Kenya, Sénégal. Vous confirmez leur résilience. À quoi tient cette résilience ?
Je pense que c'est des économies qui sont euh d'abord ont une forte croissance démographique, donc un effet ça a un effet de de dynamique euh qui sont aussi très adaptable qui euh avec une euh une flexibilité importante, une capacité d'innovation importante. C'est très impressionnant de voir dans certains pays le le l'importance prise par exemple par l'économie digitale, les paiements digitaux. C'est le cas au Kenya par exemple où ils sont d'une certaine façon beaucoup plus avancés que des pays européens en la matière.
Et donc il y a des fragilités importantes he qui sont liées au niveau de pauvreté, aux conditions de vie de la population, aux questions de santé, d'accès au bien essentiels et cetera. Donc il y a des défis majeurs pour le continent africain, mais il y a aussi un potentiel extrêmement important et d'où d'où l'intérêt pour pour une banque comme la nôtre de voir comment on peut soutenir le secteur privé, les investissements dans les PME via le secteur bancaire et cetera. Merci Odil Renault Bassau, présidente de la Banque européenne de reconstruction et développement pour cet entretien.
Merci à vous de l'avoir suivi. Vous restez en notre compagnie tout de suite. C'est le débat avec les chaînes parlementaires. [musique] Bienvenue pour cette émission de fin de saison.
Nous sommes installés dans les studios de Public Sénat. Alors, nous vous proposons une opération vérité sur les grands textes adoptés et les positionnements politiques à méditer pendant le break d'été l'année 2026 a été particulièrement chargé en grand texte législatif. Près de 300 votés et ça n'est pas fini.
Phénomènes nouveaux. Les majorités sont fluctuantes au Parlement de Strasbourg en fonction des sujets. Avant une élection présidentielle française en 2027 où il sera beaucoup questions comme à l'accoutumée d'Europe.
Et bien, on veut savoir qui vote quoi. Oui, c'est la question à laquelle on va tenter de répondre avec nos invités sur les grands sujets du moment. le soutien à l'Ukraine, la guerre au Proche-Orient, la lutte contre le changement climatique ou l'immigration sur ces points, la traditionnelle majorité au centre allant du Parti populaire européen, au socio-démocrates en passant par Ru est parfois concurrencé par une alliance droite, extrême droite.
Vous l'avez constaté Michel DRDV, bonjour. Bonjour. Président du STK Confrontation Europe constaté avec un nouvel outil, le site Eurovote.
Un outil qui recense les votes de tous les députés européens. Vous présidez aussi la maison de l'Europe à Paris. Et puis pour l'effort de pédagogie, avec nous aussi Christophe Préot, bonjour directeur du site d'information Toute l'Europe consacrée à l'actualité européenne avec de nombreux graphiques et des cartes.
On en on en verra quelques-uns et puis vous publiez aussi le mensuel l'Europe, le dernier numéro en kiosque est consacré aux ingérences étrangères. Alors, l'année européenne a été très marquée par des questions évidemment de politique étrangère avec une guerre à nos portes en Ukraine. On a beaucoup insisté sur le véto d'un certain Victor Orban en Hongriechant un consensus européen.
Mais si on regarde ce qui se passe au niveau des partis au Parlement européen, tous les partis or les extrêmes ont voté les prêts à l'Ukraine. On va regarder ce graphique mais on perçoit quand même beaucoup de réticence à l'extrême droite massivement contre Jordan Bardé l'a compris et une gauche radicale très partagée moitié moitié Manon Oubri qui s'abstient par exemple. Vous avez tout à fait raison Caroline.
Effectivement, c'est un des textes révélateurs du débat et des du des des différences de fond des parfois des des positions différentes au sein des différents groupes politiques. Le vote a été acquis favorable à un soutien financier à l'Ukraine par 473 voix pour et 140 comptes. Dans les 140 comptes, quand on regarde, on a par exemple le groupe des patriotes pour le pour l'Europe et les Français dans ce groupe qui votent contre clairement de même que le groupe ESN qui est un groupe d'extrême droite et puis la gauche où vous l'évoquez, elle est très divisée et le groupe la gauche, il vote pour par 17 voix contre par 21 et le groupe les français du groupe la gauche dont maintenant au brique vous évoquiez la gauche c'est le groupe de gauche radical c'est le groupe de gauche radical bien sûr à distinguer du groupe groupe socialiste et démocrate qui est le groupe central que Tibo évoquait tout à l'heure.
Alors, ce conflit ukrainien Christophe Préot a a donné un coup d'accélérateur au sursaut des Européens pour une défense autonome. Le sujet a alimenté de nombreux Conseils européens ces derniers mois, mais on constate encore des des disparités, on va le voir sur cette carte, entre les ex-pays communistes, notamment voisins de l'Ukraine, très en soutien, notamment la Pologne et d'autres plus en retrait notamment au sud comme comme on le voit sur sur cette carte de toute l'Europe. Ça a été malgré tout l'année d'une accélération d'un soutien suffisant à l'Ukraine.
C'était [raclement de gorge] l'année d'une d'une accélération du du soutien à l'Ukraine et aussi du renfort des dépenses de chaque État au sein de sa défense et de des équipements militaires. Le pourcentage du PIB dédié à aux dépenses de défense tel que le souhaitent les Américains pour les Étatsmembres dans l'OTAN, il est aujourd'hui tous au-delà des 2 % ce qui était pas le cas. Même les cas même les espagnols, les portugais, c'était pas le cas auparavant avec un pays leader en pourcentage de PB c'estàd la Pologne qui a 4,3 %.
En sachant que 4,3 % du PIB de la Pologne en valeur absolue, c'est moins que les 2,% de la France par exemple. Mais c'est vrai que le soutien à l'Ukraine a été renforcé avec cette prise de conscience que l'Union européenne doit aussi aujourd'hui assumer ses capacités, ses capacité de défense avec l'OTAN, à côté de l'OTAN, en contrepoint de l'OTAN et avec un un pays leader aujourd'hui qui est la France puisque c'est le seul pays du Conseil de sécurité de l'ONU appartenant à l'Union européenne qui a l'arme nucléaire aujourd'hui. Alors, l'autre guerre, c'est la guerre au ProchOrient.
Et là, euh, les Européens ont été pris de cours, bien sûr, partagé euh entre des pays de l'Union européenne qui reconnaissent euh l'État de Palestine, on va le voir sur cette carte, et ceux qui ne la reconnaissent pas. Et pendant ce temps, j'ai envie de dire au Parlement européen et bien toute la gauche jusqu'à Rignu a voté pour une résolution de soutien à Gaza. Mais à droite, c'est une autre histoire. le Parti populaire européen, le grand parti donc qui est centriste, très divisé, les Allemands votant contre en majorité et l'extrême droite est contre aussi où s'abstient.
Ben, on revient au point que vous évoquez tout à fait en début d'émission, c'est-à-dire cette porosité entre le groupe du PPE et les trois groupes de l'extrême droite et les 56 députés allemands du PPE qui ont voté euh contre cette résolution de soutien à Gaza. Ça a été un peu à l'étonnement d'un certain nombre de pendaires plus anciens qui étaient habitués à ce que sur des sujets de politique extérieure de ce type, il y ait un PPE en soutien à une position qui était une position. C'est gauche droite au Parlement Européen qui s'affirme qui était pas tradition reconstitue donc avec effectivement le groupe Renw qui est au milieu qui qui majoritairement rejoint la position qui était la position des groupes de gauche.
Il y a aussi des clivages nationaux qui jouent par exemple pour le vote des Allemands. C'est aussi une position qui est singulière qui est celle de l'Allemagne. Ça se mélange.
Exement. Exactement. On l'a vu aussi cette majorité alternative hein telle qu'elle a été appelée par certains sur des sujets économiques et de société.
Christophe Pré, on l'a constaté euh entre droite donc extrême droite notamment sur ce qu'on appelait les directives Omnibus. L'une d'elles qui revient sur le devoir de vigilance des entreprises a été voté le 16 décembre 2025. Remporté, on le voit, grâce au vote de toutes les droites de l'hémicycle. 428 pour 218 contre.
Toute la gauche était contre he de la gauche social-démocrate au vert le R, le PPE et toute l'extrême droite à voter pour. C'est cette alliance qui ne dit pas son nom pour détricoter une part de l'héritage du changement contre le changement climatique initié par le pacte vert qu'on a vu à l'œuvre cette année. Al, je sais pas si elle dit pas son nom mais en tout cas elle avance à visage à à visage découvert.
Le vote en fait, il est lié à une simplification et allègement des charges administratives pour les entreprises qui on des tricotes pas, je pense c'est un petit peu fort comme terme mais c'est fait effectivement pour faire en sorte que plusieurs votes qui au fur et à mesure ont pu donner cette impression mais en l'occurrence exactement faut pour faire en sorte que les les les entreprises ont leur allège leur charge administrative dans le reporting notamment dans leur conditions de transition énergétique ou de conditions aussi sociale. qu'on on allège cette charge là, c'est un sujet extrêmement important et aussi parce qu'il est un petit peu instrumentalisé par la droite et et l'extrême droite qui se met un peu en porté d'art de l'accompagnement des entreprises, la compétitivité, c'est alléger les charges d'entreprises, on est d'accord, mais comme si la gauche ou les autres parties se préoccupaient pas des entreprises. Et donc voilà voilà aujourd'hui le sujet et puis aussi c'est un sujet qui oppose et c'est là le débat aussi d'un côté la compétitivité et les emplois face à la transition environnementale.
Donc si vous mettez les deux en opposition, il est clair que la la la capacité à être compétitif gagne plus de terrain dans le grand dans le grand public que la capacité à faire la transition environnementale. Et c'est des conditions très électoralistes sur lesquelles monsieur la Vanderienne a aussi un peu tourné Casac. Il faut quand même se souvenir que c'est elle l'insticatrice du pacte vert et qu'aujourd'hui sur l'hôtel de la compétitivité, c'est fait vrai qu'on sacrifie un petit peu certaines certaines règles de transition environnementale.
Oui, parce qu'il fait pas très chaud dans ce studio, mais alors il fait très chaud dehors hein quand même. Et et là, on a l'impression que dans les tests les textes législatifs, c'est plutôt un un détricotage du pacte vert qui renvoie surtout par rapport à ce que Christophe pré évoqué à l'accord de Turnbury quasiment il y a un an où la présidente de la commission dit "On va acheter pour 750 milliards d'énergie fossile aux États-Unis pour contrecarrer la dépendance russe." Et c'est vrai qu'avec le recul à un an de distance, on voit bien que peut-être que les rails qui avaient été tracés dans le Green de le pacte vert aurait pu être conservé plutôt que ces propos et cet engagement certes non binding pas obligatoire.
Oui, les rails, c'est ce qu'on voit derrière vous hein, c'est le le renouvelable. Exactement. C'est le renouvelable et c'est un axe qui fait la force de l'Union européenne dans la compétition mondiale.
Elle aurait pu rester sur cette voie làà. Alors, un des grands sujets qui ont traversé cette année politique en Europe, c'est l'immigration. Les Européens font un constat commun d'une difficulté à réguler les entrées et à expulser les migrants en situation irrégulière.
On voit d'ailleurs sur ce comparatif hein de toute l'Europe que la France est notamment en défaut sur cette question. Cela a suscité une réponse forte de certains pays de l'Union européenne mené par l'Italie, l'Autriche et plus surprenant le Danemark social-démocrate qui ont poussé pour un durcissement notamment à travers la directive retour. Et là aussi un vote à marqué cette année sur le sujet.
C'était au au mois de mars dernier Michel DD. Le PPE là encore a changé de majorité en bénéficiant des voies de la droite radicale pour faire adopter ce texte qui prévoit de renvoyer des migrants dans des centres hors de l'Union européenne, dans des pays sans lien parfois avec eux. la France avait pris position contre cette mesure.
C'est un vote très symbolique de cette alliance des droites sur cette thématique cette année. Oui, c'est un sujet qui n'est pas sorti de l'actualité au mois de mars puisque il y a 7 semaines encore, on voit que le commissaire Brunard a été interpellé par le Parlement européen sur le fait qu'il a reçu une délégation de responsable afghan à Bruxelles pour voir comment le hum migratoire pourrait fonctionner pour renvoyer des Afghans qui seraient en situation irrégulaire sur le territoire européen. Oui, c'est un sujet clivant.
C'est un sujet qui même a clivé dans les grands groupes politiques. Vous avez des groupes importants comme le groupe Renw, les Français du groupe Renaissance, ben ils ont hésité entre trois positions. Certains ont voté pour euh la création de ces humatoires, d'autres comptent, d'autres sont absolus.
Donc on voit bien que le débat, il est pas uniquement entre les socialistes danois qui certes ont été très minoritaires dans le groupe socialiste, mais tous les groupes sont impactés. Mais là aussi, le fait dominant et majeur, c'est le glissement du PPE vers les trois groupes de ce que vous qualifiez la droite radicale. Alors, vous avez euh avec euh revote Michel Derdev confrontation, donc on on le rappelle un agrégateur de présence au Parlement européen et de vote.
Euh, sachant que les chefs de fil de délégation, on va les voir hein, ils sont censés être très souvent là. Mais on regarde quand même leur agrégateur de présence au vote. Manon Aubri qui tient finalement la première place 90,5 %, Valérie E9,8 % donc pour le groupe Renew.
Pour ce qui est du groupe donc de François Xavier Bami, effectivement le Parti populaire européen 84,3 %. Euh Raphaël Gluxman euh qu'on évidemment associe au socialistes et démocrates 83,1 % et Jordan Bardella dernier en tout cas euh des chefs de fil avec 77,8 % de présence au vote. On a beaucoup dit d'ailleurs Christophe Préot que Jordan Bardella était aux abonnés absents au Parlement européen s'intéressant uniquement à son destin national.
Est-ce qu'il s'est un peu rattrapé cette mandature ? Alors euh c'est son positionnement est pas le même dans cette mandature si que dans la précédente. Ça c'est clair.
D'abord, il travaille dans des commissions différentes. C'était la commission des pétitions dans la précente mandature qu'une pétition qu'une comp une commission certes noble parce qu'elle se préoccupe surtout des des pétitions euh des des citoyens mais qui a moins d'action et moins de travail que dans celle où il est aujourd'hui est plus importante qui est celle de des affaires étrangères. Il y a un positionnement, c'est sûr, de l'extrême droite et du Rassemblement national, de légitimité nationale et aussi de légitimité européenne.
Donc effectivement, ils sont présents, ils travaillent possible, pardon le moins possible, c'est ça ? Non, ils sont ils sont présents. Euh il donne l'impression de travailler, en tout cas, je me permets pas de de porter de porter de porter de jugement.
Et donc, on on a aussi cette ambition Jordan Bardella porte une ambition présidentielle au moins en France. il porte aussi cette présence-là au au sein au sein au sein du du parle du par du Parlement européen et de légitimité et de légitimation si je puis dire aussi des des extrêmes droites au sein au sein du parti du du par parce qu'il est le chef de fil des patriotes pour l'Europe. Il est quand même le président du du groupe Patriote pour l'Europe qui est le 3e groupe parlementaire au sein au sein au sein du du Parlement européen.
C'est 85 eurodéputés de 13 nations différentes. Donc ça pose aussi un petit peu la responsabilité et donc il est forcément présent et il participe aussi à des réunions la conférence des président bah comme Valérie Aer qui est présidente du groupe Rou comme Manon qui est coprésidente du groupe de la gauche son son statut de président de groupe l'oblige aussi à une certaine présence de et puis on donne les consignes de vote. Expliquez-nous en deux mots.
Il y a quand même des consignes ah bah on doit voter pour ou voter contre. On donne les consignes de vote quand on est installé au premier au premier rang sur les votes au moment au moment des session plini. Et puis petite précision aussi, les émolumements et les de chaque eurodéputé sont liés aussi à la présence.
Ça il faut aussi il faut aussi le savoir. Ça peut jouer. D'ailleurs Michel DDV, votre site recense la présence en deuxème indicateur des eurodéputés en ouverture de séance.
Ça donne des chiffres très élevés, souvent 90 %. Euh ça ce sont des députés bosseurs ou bien est-ce que certains s'éclipsent très vite après avoir émergé ? Don le deuxème scénario que vous évoquez peut effectivement se se réaliser mais ce qui est important à travers le site Eurovote aussi c'est un complément de ce que Christophe évoqué c'est de voir le nombre de rapports que les parlementaires réalisent ou prennent en charge.
C'estàd être présent à un vote arrivé à Bruxelles ou Strasbourg et signer une feuille de présence ça ne veut pas dire être actif au Parlement européen. On est reconnu au Parlement européen par ses pères quand on prend des rapports, quand on s'investit, quand on travaille avec les collègues qui sont des shadow rapporteurs, qui sont des rapporteurs officieux pour les autres groupes politiques. Et c'est cette toute cette maillotique du Parlement européen qui est passionnante et que revote nous permet de mieux cerner parce que on va regarder groupe par groupe, député par député, commission par commission qui fait quoi.
Et vous savez le Parlement européen c'est vraiment une maison de verre et par cet outil de qui sera à usager des journalistes mais pas que. On espère favoriser le fait d'une meilleure compréhension de ce qui se passe dans cette enceinte. Alors, on termine très vite sur une carte de euh une carte de toute l'Europe euh des pays d'Europe dirigés par l'extrême droite qui grossit d'année en année.
Euh tous ces pays euh qui n'ont plus de cordon sanitaire d'ailleurs entre la droite et l'extrême droite et l'Union européenne qui en même temps donne quelques signes d'impuissance. Est-ce que ça nous dit quoi sur le vote en France en 2027 rapidement l'un et l'autre ? Ça nous dit ce qui se passe dans les autres pays européens.
C'està dire quee effectivement à chaque élection cette tertelà elle ne reflète pas non plus la montée en puissance de ces partis dit populistes et extrêmes de gauche ou de droite d'ailleurs à chaque élection que ce soit par exemple au Portugal dernièrement le parti Chega qui a poussé la présidentielle à un deuxième tour alors que c'était pas arrivé depuis 40 ans. Chaque chaque élection, il y a toujours une place plus importante et qui trouve forcément une explication dans les non réponses des partis traditionnels aussi dans la situation dans laquelle vit aujourd'hui aujourd'hui l'Union européenne et dont les politiques doivent impérativement se préoccuper. En tout cas, ce qu'il faut, je crois pour tous nos téléspectateurs, il faut être vigilant à l'honne de mai 2027 sur le fait qu'on ne peut pas avoir un double discours entre ce qu'on fait et ce qu'on vote à Bruxelles, au Strasbourg et ce qu'on va dire aux électeurs français. et un outil comme Eurov ça visite à ce qu'on puisse éventuellement fast checker vérifier la la cohérence du raisonnement et de l'action politique de tel ou tel leader entre son action européenne et son action nationale.
Ben on reviendra justement sur ces questions de double vote et de double discours très intéressante. Merci à vous d'avoir bien illustré ce débat. Merci à tous et bonne suite de programme sur nos chaînes et bonnes vacances.