MACRON : LE MENSONGE D'ÉTAT PERMANENT
Audio original de l'émission.
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Chapitres
Répartition du ton (temps de parole politique)
Propositif 7 %Attaque 78 %Défensif 14 %
Questions et réponses
Taux de réponse directe : 87 % (directe = 1, partielle = 0,5, éludée = 0)
- 0:18OuverteÉludée
Macron, le mensonge d'État permanent.
- 0:25OuverteRéponse directe
Comment ça va ?
- 0:41ComplaisanteRéponse directe
Bonjour Élodie, bienvenue.
- 0:58OuverteRéponse directe
La dernière fois qu'on t'a vu c'était pour la collecte Alexis, c'est ça ?
- 1:06ComplaisanteRéponse directe
On va enfin arrêter de parler de coronavirus et commencer à parler de choses sérieuses.
- 1:32ComplaisanteRéponse directe
Je vous fais la bise à tous et toutes. Je suis tellement content de vous retrouver dans cette émission remplie de gauchistes.
Affirmations vérifiables (citations exactes)
- 4:32InvitéFait
« Moi, je ne connais aucun policier, aucun gendarme qui ait attaqué des Gilets jaunes. »
- 4:41InvitéFait
« Il n'y a pas de liberté sans ordre public. »
- 5:33InvitéFait
« Ne parlez pas de répression ou de violence policière. Ces mots sont inacceptables dans un état de droit. »
- 6:49InvitéChiffre
« Nous avons des dizaines de millions de masques en stock. »
- 7:07InvitéFait
« Si un jour, nous devions proposer à telle ou telle population, aux personnes à risque de porter des masques, aujourd'hui, les autorités sanitaires distribueraient ces masques aux personnes qui en auront besoin. »
- 7:33InvitéFait
« Le pays avait drastiquement réduit ses stocks ces dix dernières années. »
- 7:57InvitéFait
« Il y a eu une doctrine restrictive pour ne jamais être en rupture, que le gouvernement a prise et qui, je pense, était la bonne. »
- 8:05InvitéFait
« Il y a eu ensuite un approvisionnement renforcé et une production renforcée, et nous n'avons jamais été en rupture. »
- 14:52InvitéChiffre
« Il est élu sur rien. Il pèse 25-23 % du corps électoral de ceux qui veulent bien aller voter. »
- 15:17InvitéFait
« Là où il fallait une énergie énorme, les tribuns de la Rome antique devaient se balader dans les rues, trouver des mots. »
- 15:26InvitéFait
« Là, on peut simplement payer des usines, des fermatrols et balancer des mensonges, les targueter avec les outils de Cambridge Analytica. »
- 16:47InvitéFait
« Le menteur, il chérit la vérité. C'est-à-dire que pour lui, c'est important le réel, c'est important la vérité. »
- 20:08InvitéFait
« Le langage devient performatif. Je m'explique. Et je vais te répondre à ta question, Camille. Le langage devient performatif, c'est quoi ? C'est abracadabra. »
- 20:09InvitéFait
« Nous avons gagné la bataille contre le Covid-19. »
- 21:55InvitéFait
« Certains vont dire, oui, mais regarde, tu as un garagiste qui est juste derrière, ou il y a un autre qui va passer, qui va dire, non, ton pneu, il n'est pas crevé, il est juste usé. »
- 25:32InvitéFait
« Pour moi, les instituts de sondage, c'est la première preuve, la pierre angulaire de la création d'une post-vérité ou d'une vérité alternative. »
- 26:10InvitéFait
« On vend aujourd'hui de la politique comme des barils de lessive et les gens achètent. »
- 27:05PrésentateurFait
« le hold-up politique qui a été son élection, ça a été quoi ? Beaucoup d'argent, beaucoup de médias, beaucoup de couvertures et de magazines, notamment People. »
- 28:35InvitéFait
« En France, on voudrait nous faire croire qu'un oligarque national, c'est toujours mieux qu'un oligarque étranger. »
- 40:52PrésentateurFait
« il m'est arrivé de relayer des fake news »
- 44:46PrésentateurFait
« on est dans un temps fasciste complet »
- 44:50PrésentateurFait
« Elon Musk et sa sortie sur le langage elle est profondément choquante »
- 48:06PrésentateurFait
« fait par Sibeth Lenday »
- 49:53PrésentateurFait
« on crée de l'argent magique tout le temps, toutes les banques centrales sont là pour créer de l'argent magique »
- 51:45PrésentateurFait
« il ose tout »
- 51:54PrésentateurFait
« il est bidon »
- 52:49PrésentateurFait
« il a dit ouais je dois me réinventer moi le premier »
- 52:58PrésentateurFait
« Emmanuel Macron c'est qu'il a changé de couleur de costard »
Temps de parole
- Présentateur88 %
- Invité5 %
- Invité 22 %
≈ 0,5 interruption / 10 min (chevauchements et interjections détectés).
Modèle mistral-small-latest · prompt v1· les citations sont vérifiées mot pour mot dans le transcript ; le taux de réponse directe est calculé à partir des verdicts question par question. Aucun label idéologique n'est produit.
Les masques et la thune, présenté par Camille Chastres. Macron, le mensonge d'État permanent. Avec Virginie Martin, Yvan Le Bolloc, Alexis Poulin et Élodie Mielzaret. Bonsoir à toutes et à tous, bienvenue dans ce cinquième numéro des masques et la thune, l'apéro hebdomadaire du Média, tous les mercredis à 18h30. Ce soir avec nous il y a Virginie Martin, politologue. Salut Virginie ! Salut Camille ! Comment ça va ? Ça va bien et toi ? Bonne semaine ! Ouais écoute, tranquille, ça va bien, il fait beau. Ce soir on reçoit aussi Élodie Mielzaret, sémiologue spécialiste du langage. Bonsoir Élodie, bienvenue. Bonsoir, merci d'avoir bien prononcé mon nom de famille.
J'ai regardé plusieurs vidéos où tu le dis toi-même pour être sûr que je ne me tentais pas. On a aussi Alexis Poulin ce soir qui revient parmi nous. Je crois que la dernière fois qu'on t'a vu c'était pour le collecton Alexis, c'est ça ? C'est ça, ici même pour la soirée collecton qui était très bien d'ailleurs. Et tu n'avais pas lancé une série aussi sur Epstein là ? Si, avec vous, le deuxième épisode va bientôt sortir. On va enfin arrêter de parler de coronavirus et commencer à parler de choses sérieuses. C'est parce qu'il y a eu le coronavirus, mais Epstein c'est quand même très sérieux. Surtout en France, on n'en parle pas beaucoup.
Puis, il y aura d'autres épisodes aussi pour s'intéresser, pas seulement au Prince Andrew, mais à d'autres têtes couronnées et à nos chers patrons et au réseau français. Eh bien, on a hâte. Et vous l'avez vu, Yvan Le Boloch, armier de sa mousse, ouvrier du spectacle. Ça va, Yvan ? Ouais, nickel. Je vous fais la bise à tous et toutes. Je suis tellement content de vous retrouver dans cette émission remplie de gauchistes. Vraiment, c'est un plaisir. C'est un plaisir. Mais pourquoi tu réinsistes là-dessus ? Mais tu as vraiment envie qu'il y ait plein de gens de droite qui viennent discuter avec vous ? Tu veux boire l'apéro, tu veux trinquer avec qui ? Avec Valérie Pécresse ? Pourquoi pas ?
Je ne sais pas. Non, mais je ne sais pas. Par exemple, je ne sais pas. Moi, j'aurais bien aimé avoir Olivier Dussopt, par exemple, pour parler peinture avec lui. Non, mais je dis ça parce que Mediapart a levé. Là, tout récemment, le fait qu'il se serait retrouvé, le cher Olivier Dussopt, avec deux toiles de maître qui lui auraient été offerts par quelqu'un avec qui il était plus ou moins en affaires pour des histoires d'aménagement d'eau dans sa ville ou je ne sais pas quoi. Enfin bref, voilà. Non, mais ceci dit, je trouverais ça vraiment agréable, vraiment.
s'il y a des gens de La République En Marche qui nous écoutent, qu'il y en ait un ou une qui nous rejoignent pour qu'on puisse avoir un débat un peu pluri, un peu plus pluri, quoi. Voilà, parce qu'on aimerait quand même, à chaque fois, on parle de La République En Marche pendant des plombes, on aimerait bien avoir quand même un son de cloche de la maison mère, quoi. Mais sauf que le problème, le son de cloche, il n'y a pas de son de cloche, c'est creux quand tu tapes dedans, parce qu'en général, comme ils suivent le patron, du coup, ils ne savent pas.
Dès que tu leur poses une question un peu technique sur les retraites, sur les points, tout ça, ils te disent alors, attends, oui, non, c'est un peu problématique. Et ils ne sont pas habitués d'être tout seuls, tu vois, quand tu es sur BFM, c'est toujours nous qui sommes tout seuls. Et eux, ils ont toujours du support, tu vois, il y a toujours un mec de droite, un mec du centre-droit, un mec de l'extrême droite. Ils sont tous là, tu vois, ça marche bien. Là, si tu le mets tout seul, il ou elle, le représentant En Marche. Il y a Apolline de Malherbe qui est là pour les aider. Ouais, et le présentateur les aide.
Camille, tu pourrais aussi être aidant, tu vois, t'es démerdé, passer des plats gentiment, mais ce n'est pas trop le lieu, quoi. Alors, petite précision, moi, je suis abstentionniste, mais je trouve ça bien qu'il y ait quelqu'un qui représente la majorité, finalement, dans ce groupe de gauchistes. Mais attends, tu sais, ce n'est pas parce que les gens sont de gauche qu'ils votent, hein. Tu sais, là, je vais faire une révélation ce soir, mais il y en a plein aux médias, hein.
Ah bah, c'est super référent.
Allez, ce soir, on va parler, on va parler ce soir de mensonges d'État, de mensonges au pluriel. Le gouvernement n'en est pas à son coup d'essai quand il s'agit de tordre la réalité, de nier les faits. Avant d'en discuter avec vous, je vous propose de regarder un magnéto de 4 minutes, un petit peu long, mais voilà, pour faire un peu le point sur tous les mensonges qu'on a eus dernièrement et même depuis un an. Et donc, ça revient, voilà, sur les quelques plus grosses fake news gouvernementales. Regardez.
Moi, je ne connais aucun policier, aucun gendarme qui ait attaqué des Gilets jaunes. Par contre, je connais des policiers, des gendarmes qui utilisent des moyens de défense, de défense de la République, de l'ordre public. Et vous savez, il n'y a pas de liberté sans ordre public. Et donc, quand elles sont effectivement acculées, elles utilisent des moyens. Mais naturellement, je n'ai jamais vu un policier ou un gendarme attaquer un manifestant ou attaquer un journaliste.
Il y a plusieurs semaines, des gens, je ne dis pas que c'est vous,
il y a des gens totalement sincères, comme vous l'avez été, qui expriment leurs convictions. Mais il y a des gens qui ont décidé de s'infiltrer et en quelque sorte de dénaturer cela. Ils ont détruit, ils ont menacé, ils ont frappé les forces de l'ordre, c'est-à-dire les gens qui vous défendent au quotidien. Ne parlez pas de répression ou de violence policière. Ces mots sont inacceptables dans un état de droit. Là, on est en train de descendre les gens, il y a des filles qui sont arrêtées en masse. Calmez-vous, ça se fait.
C'est la réanimation.
C'est la réanimation. Ils vont bien faire, ils arrivent là.
Non, non, ils vont être... Non, non, mais... Non, non, mais... Là, oui, mais là, on est avec vous et ils vont rien faire. Non, non, monsieur, non, monsieur. Non, non, monsieur.
C'est la réanimation, il y a des gens qui sont en train de mourir.
Non, justement, ne faites pas ça, ne faites pas ça et ça va bien se passer, d'accord ?
Le fait de vouloir entrer dans des salles, qu'on sache ou non quelles sont des salles de réanimation, des salles de soins, est idiot et au fond scandale. Venir perturber le fonctionnement d'un service public hospitalier de cette façon est totalement irresponsable.
Le vendredi 1er mai, il nous promet le retour des cortèges chamailleurs.
Avec cette volonté forte, retrouver, dès que possible, les 1er mai joyeux, chamailleurs parfois, qui font notre nation.
Comme celui de l'année dernière.
Nous avons des dizaines de millions de masques en stock. En cas d'épidémie, ce sont des choses qui sont d'ores et déjà programmées. Et donc, si un jour, nous devions proposer à telle ou telle population, aux personnes à risque de porter des masques, aujourd'hui, les autorités sanitaires distribueraient ces masques aux personnes qui en auront besoin.
C'est une question qui revient sans cesse depuis le début de l'épidémie. Pourquoi la France manque-t-elle de masques ? Hier soir, au Sénat, l'opposition a mis en avant le danger de ces pénuries.
La pénurie de masques. Le pays avait drastiquement réduit ses stocks ces dix dernières années. Et aujourd'hui, en pleine crise sanitaire, les soignants, médecins, infirmières, mais aussi les pompiers ou encore la police, tous se retrouvent avec cette pénurie de masques. N'ayons pas ce syndrome, les choses ont été dites, les choses ont été gérées, nous n'avons pas connu la situation. Il y a eu une doctrine restrictive pour ne jamais être en rupture, que le gouvernement a prise et qui, je pense, était la bonne. Il y a eu ensuite un approvisionnement renforcé et une production renforcée, et nous n'avons jamais été en rupture.
Ce qui est vrai, c'est qu'il y a eu des manques, qu'il y a eu des tensions, c'est ça qu'il faudra regarder pour le corriger et pour prévenir. Et donc, on voit bien que ça nous amène à changer de logique en profondeur sur certains de ces sujets qui paraissaient totalement innocents. Mais ayons collectivement l'honnêteté de dire qu'au début du mois de mars même, encore plus en février ou en janvier, personne ne parlait des masques.
Yvan, ça te fait bien rire tout ça, on dirait. On va ouvrir cette première partie sur le thème de la post-vérité. Yvan, arrête de rigoler, il faut qu'on enchaîne. Pardon, pardon. Ah oui, non, mais là, en plus, ça commence avec Pimpon, mon petit préféré, le ministre de l'Intérieur. Franchement, je n'ai jamais vu un gilet jaune attaqué par un policier. En revanche, j'ai vu des gilets jaunes attaquer des policiers. Je les ai vus, par contre. Donc, on va ouvrir cette première partie sur le thème de la post-vérité, un marqueur de la Macronie. Alors, je suis très heureux d'animer cette émission ce soir avec vous. Mais comme mon bandeau l'indique, moi, je suis juste un simple monteur.
J'ai un bac plus deux, un brevet de technicien supérieur et puis basta. Et je dois vous avouer que je ne suis pas sûr. Je vois l'idée à 100% de savoir ce que c'est que ce concept de post-vérité. Alors, Yvan, je sais que tu as fait tes devoirs, mais d'abord, je voudrais demander à Elodie si elle peut m'éclairer. Et après, ce sera ton tour. Oui, alors c'est vrai qu'il y a une définition qui fait un petit peu foi, qui fait référence et qu'on retrouve notamment dans le dictionnaire d'Oxford.
Et le dictionnaire d'Oxford nous explique que la post-vérité, ce sont les circonstances dans lesquelles les faits objectifs ont moins d'importance pour modeler l'opinion publique que l'appel aux émotions ou aux opinions personnelles. Alors ça, c'est la définition de référence. Elle pose problème sur divers aspects, parce que déjà, elle vient pointer du doigt un phénomène qui existait bien avant l'émergence de ce qu'on appelle la post-vérité. Donc, elle n'est pas tout à fait précise. Et puis, en plus, elle pose problème parce qu'elle fait le distinguo entre les faits et l'opinion.
Là où, justement, Anna Arendt, qui est une philosophe qui a beaucoup écrit sur cette question-là, nous dit qu'en définitive, les deux sont liés et le distinguo n'est pas pertinent. Alors, c'est très surprenant que ce dictionnaire-là, justement, reprenne cette distinction et la mette en avant. En tout cas, sur ça, ce qui est important à retenir quand même dans cette histoire de post-vérité, surtout, et par rapport à ce qu'Élodie vient de dire, c'est la question de l'émotion. Et la question de l'émotion au niveau des médias, quand elle est manipulée, en fait, elle est un véritable cheval de troie, justement, à la manipulation, en fait.
On travaille l'émotion pour que ton cerveau, en fait, s'arrête. Tu vois, c'est ça, l'histoire, en définitive. Et du coup, l'émotion devient un cheval de troie de la manipulation. C'est vraiment ça qu'il faut comprendre. Maintenant, évidemment, là où je rejoins largement Élodie, c'est que tout ça existait bien avant les réseaux sociaux, bien avant la campagne de Trump, puisque c'est à cette occasion qu'on en a parlé. Et à l'époque même, et d'autres philosophes l'ont dit, je veux dire, même Machiavel lui-même disait, l'espace public n'est qu'un espace de représentation. C'est que c'est du théâtre. Donc, de toute façon, de tout temps, tout ça a existé.
Et cette post-vérité, elle est connexte aux politiques, en fait. Est-ce qu'il y a eu un jour une politique qui soit absolument vérité ? Certainement pas. Ça se rapproche de ce que tu as lu, des devoirs que tu as faits cet après-midi, Yvan ? C'est-à-dire que là, elles viennent un peu de me niquer mes effets, quoi. C'est-à-dire que j'avais... Moi, j'avais donc, tu vois, dans l'ordre, j'avais effectivement la définition du dictionnaire anglais d'Oxford, tu vois. Bon, ben voilà, Élodie, elle vient de me cramer. Ils en ont fait même leur mot vedette en 2016. Voilà. Alors, après, après... Tu as travaillé longtemps cet après-midi, là-dessus ? Non, sérieux. J'ai bossé longtemps.
J'ai même écouté France Culture, tu vois, pour essayer de me ressentir. Et ce que je peux... Alors, heureusement que j'ai une alternative. J'ai une alternative. En fait, c'est quoi l'ère de la post-vérité ? C'est, en fait, quand t'entends quelque chose... Voilà, chez moi, ça se traduit comme ça. Chez moi, Yvon Le Bolot. Quand j'entends, par exemple, Emmanuel Macron, président de la République, notre bien-aimé, dire qu'on n'a jamais été en pénurie de masques, alors à ce moment-là, je pars dans un grand déclat de rire et je dis « Rejoue-moi-en de la trompette ». Voilà. Ça, pour moi, c'est ça, l'ère de la post-vérité.
Mais plus sérieusement, je dirais que c'est un concept qui a été inventé par Steve Tissitch, qui est un dramaturge serbo-américain. Et lui, il a inventé le mot de post-truth. Post-truth. Donc, post-vérité. C'est pas de trousse-inesse ? Post-trousse. Post-trousse. Ah ouais, j'avais cru que c'était post-trousse-inesse, mais… Non, non, post-trousse. Et alors, lui, il dit que, bon, après le Vietnam, après le Watergate, il y a eu un écœurement populaire qui a conduit à dévaloriser.
C'est-à-dire que les gens ne pouvaient plus, n'étaient plus en mesure de supporter tant de trahisons, tant de mensonges, tant de reniements, et qu'ils ont préféré finalement venir se réfugier dans leur vérité à eux, dans la vérité du voisin, dans la vérité du copain qu'on a rencontré au garage ou au drive-in, tu vois, et de façon à dévaloriser la vérité, voire à l'écarter, parce que c'était synonyme toujours de mauvaises nouvelles et de choses assez sombres. Voilà. Si je peux ajouter… Et alors, parce que Virginie disait qu'on n'était pas… Pardon. Virginie disait qu'effectivement, de tout temps, ça avait menti. Donc, c'est quoi la différence avec le régime acroniste, Alexis, à ce niveau-là ?
Et pourquoi c'est plus ? Ce n'est pas plus. Ce n'est pas plus. C'est systématique. C'est-à-dire qu'on est dans un monde post-moderne, la société du spectacle, ou la post-vérité, RN, parce que la vérité, ça n'existe pas. Il y a des vérités, et puis il y a des convergences de vues qui font une vérité acceptée. Mais c'est une histoire qu'on se raconte, c'est des points de vue qui convergent. Aujourd'hui, la convergence, elle est extrêmement difficile à trouver. C'est le cas d'Emmanuel Macron. Il est élu sur rien. Il pèse 25-23 % du corps électoral de ceux qui veulent bien aller voter. Ce n'est rien du tout. On ne fait plus de président à l'unanimité. Enfin, tout ça est extrêmement compliqué.
Donc, chacun a sa vision des choses. Chacun aussi peut partager davantage. Et ça, c'est parce qu'aussi, on a les outils qui permettent de partager davantage. Là où il fallait une énergie énorme, les tribuns de la Rome antique devaient se balader dans les rues, trouver des mots. Et avant de trouver suffisamment de gens pour être d'accord avec leurs mensonges, il fallait quand même bien bosser. Là, on peut simplement payer des usines, des fermatrols et balancer des mensonges, les targueter avec les outils de Cambridge Analytica qui a fermé une boutique, qui était la boîte qui a utilisé Facebook pour justement manipuler les esprits. Et puis, les gens, effectivement, ça fonctionne.
Et les médias aussi travaillent beaucoup là-dessus. Ça fonctionne d'abord à l'émotion humain. C'est l'émotion qui fait qu'on va réagir. Et qu'est-ce qu'on cherche dans la politique ? La réaction, le vote sanction ou bien le vote d'adhésion. Donc, c'est l'outil le plus pratique, le plus facile. Et le meilleur à ça, c'est le roi de Twitter et le président des États-Unis, c'est Donald Trump. Lui, il est incroyable. Son registre, il est uniquement dans la post-vérité. Il est uniquement dans le spectacle parce qu'il vient déjà de la société du spectacle. Il est un héros de télé-réalité. Il avait son show à lui. Et il utilise cette grammaire-là pour faire de la politique. C'est incroyable.
C'est inattaquable parce que derrière, vous ramez pour sortir bien simplement des faits en disant « Mais attendez, vous dites que des mensonges. » Mais ce n'est pas grave. Le mensonge chasse l'autre. Et puis, vous êtes d'accord avec mes mensonges. Donc, je ne vois pas où est le problème. Si vous n'êtes pas d'accord, c'est que vous faites des fake news. On ne peut pas lutter contre ça. Donc, on est dans un moment démocratique extrêmement complexe. Après, je crois qu'il y a une vraie différence entre le mensonge et la post-vérité. Ça, c'est une distinction aussi qu'Anna Arendt est la première à avoir proposée.
C'est-à-dire qu'entre le bonimenteur et le menteur, ce n'est pas tout à fait les mêmes logiques. C'est-à-dire qu'on pourrait même aller jusqu'au bout et se dire « Mais Donald Trump est-il un menteur ? » Finalement, ça, c'est une distinction aussi que reprend Manuel Cervera-Marzal dans son ouvrage que je vous conseille, qui est vraiment très facile à lire et très pédagogique sur cette question. Finalement, le menteur, il chérit la vérité. C'est-à-dire que pour lui, c'est important le réel, c'est important la vérité. Il y tient comme à la prunelle de ses yeux parce que c'est quelque chose qu'il ne doit pas dévoiler.
Mais pour ce que les Américains appellent le bullshitter, le bonimenteur, celui qui raconte du bullshit, finalement, il s'en tape complètement, il s'en cogne de savoir si son propos, il est en phase ou pas avec le réel. Et je crois que la post-vérité, effectivement, elle est plutôt en lien avec cette dimension du bullshit plutôt que celle du mensonge en réel. Et c'est vrai que moi qui m'intéresse beaucoup à cette question-là de décrypter aussi les gestuels comportementales et corporelles, ce qui me surprend beaucoup, c'est que quand j'observe ces personnalités qu'on a pu voir s'exprimer, il n'y a pas tant d'items de mensonges qu'on peut voir observer sur leur corps.
On a l'impression qu'ils pensent leur truc. Il n'y a pas tant une idée de, comme à la Jérôme Cahuzac, de « je vais cacher ce que je sais ». Il y avait des items sur sa généologie corporelle et comportementale. Justement, j'ai une question par rapport à ça. Parce que comme tu dis, voilà, Cahuzac, il y a une raison pour lui de mentir. Eux, c'est quoi ? Pourquoi ils mentent, Virginie ? Parce que, par exemple, tu vois, sur le truc des violences policières, quand il dit « ça a fait rire, Ivan, jamais j'ai vu, moi, ça ». Tout le monde l'a vu, tout le monde l'a vu sur Internet. À quoi ça sert de nier ? Deux choses au préalable, Camille. Après, je reprends.
Ce que disait Alexia était aussi très important par rapport, évidemment, à tout ce bluff technologique. En tout cas, la technologie permet ce bluff en version gigantesque. C'est tous les paradigmes technicistes qui nous ont dit « attention, attention, on va finir par être sous un déterminisme techniciste, technologique dans lequel nous sommes ». C'est aussi la loi Avia. On en parlait l'autre jour, d'ailleurs, avec Alexis sur une autre émission. C'est la loi Avia qui est un paradigme techniciste redoutable, puisque finalement, le vrai ou le faux, le faux, le mal, vont être décidés par les plateformes elles-mêmes et les GAFA. Vous vous rendez compte de la folie dans laquelle on est.
C'est tous les travaux de Jacques Ellul, qui les a faits il y a 150 ans, enfin, beaucoup moins, mais bon, vous avez compris, et tout ça. Donc, ça nous mettait déjà en doute tout cela dans notre tête. Après, il faut aussi apparaître vertueux. C'est les leçons, ça aussi, c'est le machiavélisme pour les nuls. C'est-à-dire, même si tu n'es pas vertueux, apparaît vertueux. D'accord ? Donc, ça, c'est très important. Et du coup, aussi, de manière connexe, à force d'avoir cette distorsion cognitive de la réalité, parce qu'ils sont bien là-dedans, en fait, le langage devient…
Alors, je ne veux pas employer un mot trop compliqué, entre guillemets, ce n'est pas très compliqué, mais le langage devient performatif. Je m'explique. Et je vais te répondre à ta question, Camille. Le langage devient performatif, c'est quoi ? C'est abracadabra. Je dis abracadabra. La porte est censée s'ouvrir. Tu vois ? Mon langage est suivi d'action. Tu vois ce que je veux dire ? Et là, c'est pareil. Le langage performatif, c'est « Nous avons gagné la bataille contre le Covid-19. » On ne l'a gagné en aucune manière pour l'instant.
Mais tout d'un coup, Macron dit ça et c'est comme si quelque part, il nous faisait croire dans nos têtes qu'effectivement, la bataille réellement, en réalité, concrètement était gagnée. Donc, c'est ça, ce langage performatif. Donc, ça te donne forcément de la performance, de la gagne. Ça te fait croire à l'opinion et à un peu tout le monde que tu es complètement en action, que tu es performant et que tu es un vainqueur de ce que tu as promis de faire. Tu vois ? Donc, c'est très utile pour les réélections et le reste avec, bien évidemment. Et donc, ça joue beaucoup sur ces distorsions cognitives. La réalité est « Ah, mais moi, je te raconte autre chose.
» Et à force de le raconter, ça finit par s'avérer et penser que c'est vrai. Tu vois ? Grosso modo, c'est ça. C'est la construction de soi. Sauf qu'il y a beaucoup de gens qui vont vous dire que la réalité n'existe pas. Et ça, c'est un peu courant des sciences sociales. Ça s'appelle le relativisme. Et c'est quand même aussi la grande découverte de la linguistique qui est de dire que la réalité en soi n'existe pas. La réalité est perçue. Les soignants qui n'ont pas de masque, à un moment donné, ils n'ont pas de masque. Les 27 ou 28 soignants qui sont morts, ils sont vraiment morts. Les éborgnés par la macronie, ils ont perdu un oeil. Non, non, mais ce n'est pas tout à fait ce que je dis.
Je trouvais, quand on avait préparé l'émission, le pneu crevé dont parlait Yvan, où il disait, à un moment donné, tu as ton pneu, il est crevé, il est crevé. Mais quand on dit, si vous voulez, le réel ne disparaît pas. Mais par contre, c'est tes références dans le réel. C'est-à-dire que certains vont dire, oui, mais regarde, tu as un garagiste qui est juste derrière, ou il y a un autre qui va passer, qui va dire, non, ton pneu, il n'est pas crevé, il est juste usé. Alors, c'est sûr que la réalité, elle ne va pas changer.
Mais sauf qu'il y a un postulat linguistique qui est très fort et qui énerve toutes les sciences sociales, qui est de dire, en définitive, le mot que tu choisis construit ta réalité. Donc, si on commence à dire qu'effectivement, ton pneu, il n'est pas crevé, mais il est juste usé, en fait, ta réalité est la même, mais la façon dont tu le vis est différente. Donc, je ne dis pas que, effectivement, les gens ne sont pas morts, etc., mais selon les mots et les étiquettes que tu mets sur cette réalité-là, ton vécu n'est pas le même. Et c'est pour ça que la post-vérité, effectivement, fonctionne. Mais du coup, ça veut dire qu'il n'y a pas de réalité en soi.
Il y a une question de temporalité aussi qui est extrêmement importante, c'est-à-dire que quand tu disais, Élodie, qu'effectivement, ils n'ont pas les gestes des menteurs, c'est parce qu'ils y croient. À ce moment-là, ils disent quelque chose, ils sont sûrs de ce qu'ils disent parce que c'est un texte répété. Enfin, ils savent que c'est ce moment-là qu'il faut le dire et que la semaine d'après, ils vont changer totalement d'idée. Il n'y a plus de corpus idéologique ou quoi que ce soit. On s'en fout, c'est qu'à ce moment-là, il fallait dire ça. Et puis, c'est Trump, c'est vraiment ça. C'est-à-dire que d'une semaine à l'autre, il va changer de stratégie.
Il va totalement dire l'inverse de ce qu'il a dit la semaine d'avant. Et ce n'est pas grave. Ses suiveurs vont dire « C'est comme ça, il a changé d'avis. » Et Macron, c'est pareil. Macron, il va dire un truc et tous les suiveurs vont dire « Il a raison, c'est comme ça. » Alors, Alexis et Élodie, sur ce point de gestuelle, moi, je ne suis pas du tout une spécialiste du mensonge dans la gestuelle. Je ne sais absolument pas faire ça. En revanche, je trouve quand même, je nuancerai un petit peu ça.
Parce que pour regarder beaucoup les interventions, évidemment, Macron, quand il est en public, qu'il va sur le terrain, je trouve au contraire qu'il a des gestes très virilistes, très dédaigneux, très comme ça, très « Je vous ai promis, il ne fallait pas raconter, vas-y que je m'y mets, » etc. Il est quand même dans des postures toujours très virilistes. Moi, je trouve qu'il a quand même, je ne dis pas en termes de mensonge, mais je dis qu'il se fait passer pour quelqu'un de plus ou moins jeune, de plus ou moins féministe, de plus ou moins moderne. Et finalement, quand il est sur le terrain, on le voit bardé de mec avec lui, dans des postures toujours très viriles.
Et on voit bien que finalement, ce qu'il nous a annoncé, « I am a feminist », par exemple, c'est quand même faux. Et là, tout d'un coup, sa gestuelle le trompe et même l'aéropage de gens qui étaient avec lui généralement, c'est-à-dire 100 % mec ou 99 % mec, et on le voyait d'ailleurs la dernière fois dans le reportage de BFM, on voit bien que là, il y a une distorsion aussi. On nous raconte une réalité, mais la réalité des cabinets de Macron, ce n'est pas celle-là. Et la députée Frédérique Dumas le dit bien aussi, elle dit concrètement, c'est de l'autorité et c'est un gouvernement à trois, quatre personnes, ce n'est pas plus.
Tout à l'heure, vous avez parlé de la responsabilité des médias dans tout ça et c'est vrai que quand on reparle de la pitié salpêtrière, on se souvient qu'il y avait eu un emballement médiatique à relayer comme ça la parole gouvernementale sans vérifier auprès d'autres sources. Et du coup, je voulais vous demander, Alexis, est-ce que toi, tu dirais que les médias dominants ont une part de responsabilité dans cette déformation du réel ? Mais totalement, les médias sont là pour porter, c'est le système politico-médiatique, c'est-à-dire que la parole politique a du poids parce qu'elle est relayée par les médias, parce que c'est une parole autorisée.
D'ailleurs, la crise de la parole autorisée, elle touche les médias, elle touche les politiques comme les médias qui sont déconsidérés parce que trop de mensonges, parce que les gens n'y croient plus. Et donc, la parole autorisée n'a plus du tout l'autorité qu'elle pouvait avoir par le passé. Donc, les médias font partie du bloc, il y a aussi des instituts de sondage. Pour moi, les instituts de sondage, c'est la première preuve, la pierre angulaire de la création d'une post-vérité ou d'une vérité alternative.
On va, en demandant à 1 000 personnes, soit disant un panel représentatif, trouver un truc pour dire bon ben, le client voulait que les 1 000 disent ça, donc avec les questions, on les a faits d'une telle façon que la réponse va aller dans le sens du client et donc il sera content avec le sondage qu'on va lui sortir à peu près. C'est complètement bidon. Cette démocratie du sondage, il faudrait qu'elle cesse. Ça doit être une démocratie des idées, ça doit être une démocratie du concret, des faits, de prouver par le programme ou par ce qui a été fait par les élus. Or aujourd'hui, c'est effectivement une démocratie du marketing et ça, c'est Bernays du coup, c'est plutôt propaganda.
Effectivement, ça a été écrit au 20e siècle, c'est de la pub. On vend aujourd'hui de la politique comme des barils de lessive et les gens achètent. Certains achètent, il y en a beaucoup qui n'achètent plus, malheureusement, et qui disent moi je passe à autre chose, mais les médias font partie de ce système de marketing ambiant et vous regardez d'ailleurs les plateaux, c'est du casting. On va choisir qui va être là, qui est autorisé à montrer sa tête sur tel ou tel plateau et c'est comme ça qu'on va arriver à créer une petite musique où on va créer la fabrique du consentement comme ça a été un livre écrit par des journalistes.
La fabrique du consentement, c'est exactement ça, bien sûr que c'est ça et puis, on remonte par rapport peut-être à la question initiale de Camille, quand même, on va finir par te répondre. Ça s'est aussi considérablement accéléré dans la Macronie en fait. Tu vois, ça s'est considérablement accéléré parce que, regarde par exemple le hold-up politique, c'est Macron qui le dit lui-même, moi je suis pour rien à cette phrase, le hold-up politique qui a été son élection, ça a été quoi ? Beaucoup d'argent, beaucoup de médias, beaucoup de couvertures et de magazines, notamment People, pas tellement politique, très People, etc., de l'émotion, de l'émotion, de l'émotion.
C'est Mimi Marchand, Mimi Marchand, qui est la vendeuse d'images de Gala, qui a cette boîte-là, qui fait en fait le candidat Macron avec l'aide des donneurs d'argent pour la campagne. Et du coup, par rapport à la possibilité, on reprend... C'est pour ça que moi, je l'y voici en fait, je pense que c'est le seul numéro que j'ai conservé et qui explique peut-être pourquoi il ne les a pas vues les violences policières en fait, je pense qu'il était un petit peu occupé. Il est au noto. C'est un élément de réponse aussi, peut-être. Et par rapport à ça aussi, je pense qu'on a rattrapé pour le pire et le pire les États-Unis de ce point de vue-là.
Je m'explique sur l'argent, ce que disait Alexis sur la publicité politique, qui nécessite beaucoup d'argent, évidemment, et puis aussi, aussi, sur les abstentionnistes de plus en plus structurels, de plus en plus nombreux, qui font que les sommes de légitimité des hommes et des hommes sont plus ou plus petits. Aux États-Unis, tout le monde va consommer, plus personne ne fait de politique et Trump fait ce qu'il veut. Trump ou un autre, je veux dire. La politique n'est pas dans l'ADN, l'État-Unien, et aujourd'hui, on est en train de nous faire prendre ce chemin. Disons que c'est une affaire, ça devient une affaire d'argent, c'est les oligarques qui décident.
Et alors, en France, on voudrait nous faire croire qu'un oligarque national, c'est toujours mieux qu'un oligarque étranger. Mais regardez qui rachète les médias, c'est un oligarque du coup tchèque, je crois, et puis sinon, c'est ceux qu'on connaît, Bernard Arnault, Patrick Drahi, Xavier Niel, etc. Quel est leur intérêt, à part de faire de la politique, justement, avec ceux qui vont faire les lois, qui vont aller dans leur sens, dans leur intérêt, et puis éviter les mauvaises affaires, payer des journalistes qui ne vont pas parler de leurs affaires à eux, donc pas de lâche salle, on reste en famille. Donc, c'est un vrai problème. Yvan, tu n'as pas beaucoup parlé ? Oui.
Yvan, tu n'as pas beaucoup parlé ? Est-ce que tu as un exemple de mensonge, de propagande préféré ? C'est quoi ? Est-ce que tu aurais un truc qui t'a vraiment marqué depuis le début du quinquennat ? Ce qui m'a marqué depuis le début, c'est quand je me suis retrouvé un jour invité à LCI et que c'était six mois après le début des Gilets jaunes et que je n'avais toujours pas entendu de quelque manière que ce soit sur les médias mainstream, le fait que des Gilets jaunes avaient été blessés, éborgnés et qu'il y avait des violences policières.
Et quand je me suis retrouvé parmi cet aéropage, je me suis dit voilà, c'est le moment où toi seul, là, peux peut-être dire qu'il se passe vraiment des scènes intolérables, c'est-à-dire des gens qui perdent leurs yeux, des mains arrachées, etc. Et que la violence n'est pas l'apanage des Gilets jaunes, mais qu'est-ce qu'une violence qui intervient aussi massivement de la part des forces de l'ordre.
Et là, j'ai vraiment eu l'impression, là, j'ai vraiment compris que tous ces gens, tous ces intervenants, tous ces journalistes, tous ces éditorialistes étaient principalement des journalistes de chaise, comme on dit, et que la chose la plus extraordinaire qui pouvait leur arriver dans leur carrière de journaliste, c'était peut-être de tomber de leur chaise ou de faire tomber un stylo en direct. Mais hormis ça, quand j'ai posé la question, je dis, mais vous parlez des manifestations des Gilets jaunes, etc., de la violence, des abris bus cassés, etc., mais qui, autour de cette table, qui a participé ou a été participé ou a été en observateur sur une manifestation depuis six mois ?
C'est-à-dire son travail de journaliste, quoi. Voilà, juste à son boulot. Non, mais ça, c'est la grosse tragédie des gens qui sont au plateau et qui commandent tout le temps et tout le monde leur sent bien, ça. Et du coup, ça pose la question parce que si les médias dominants ne sont plus des sources fiables, si les mots perdent leur sens, comment est-ce qu'on lutte, comment est-ce qu'on se défend intellectuellement contre ces mensonges et comment on fait pour réussir aussi à convaincre les gens autour de nous ? Alors, comment est-ce qu'on fait aussi pour ne pas se tromper soi-même ? Oui, oui.
Déjà, moi, déjà, je pense que, déjà, il faut nettoyer sa cuisine, sa propre cuisine et nous méfier de nos propres tourments. C'est-à-dire, moi, par exemple, j'ai été amené à commettre sur Twitter des erreurs. Des erreurs.
C'est-à-dire qu'à un moment, j'avais tellement, je les avais tellement là, tu vois, j'avais le fraisier autour du cou, tu vois, j'avais, voilà, la guirlande de Bouboule, tu vois, que je me disais mais c'est quand même pas possible parce que je regardais tous les samedis en revenant des manifestations des gilets jaunes les comptes rendus et je voyais qu'on avait passé, par exemple, dix minutes à filmer une poubelle ou un vélo ou un abribus et les commentaires, ils disaient et voilà, toute cette violence et ces commerçants, etc., qui se sont empêchés de travailler, cette violence et les gilets jaunes, la violence et les gilets jaunes, ils sont antisémites et je n'en pouvais plus.
Attention avec l'accent, je crois qu'il y a un mot pour dire ça.
Non, non, non, parce que ça me fait penser, ça me fait penser, je fais une petite incise mais là, on parlait de l'ère de la post-vérité, il y a face à Clément Wittorowicz qui autrefois officiait sur une chaîne d'info qui continue, il s'est trouvé face à un député de la République en marche et qui lui a dit, tout comme Sibeth Ndiaye, qui lui a dit mais moi, avec cet accent, mais moi, je préfère, je préfère ne pas dire toute la vérité aux gens parce que si on leur dit aux gens que la politique c'est du sein des larmes, et bien on ne va jamais les récupérer et le mec en direct il avoue qu'il va mentir, il avoue qu'il va nous proposer qu'il va nous montrer une poubelle et puis il va la repeindre avec des couleurs roses, mettre une fraise au milieu et il va dire voilà, c'est un bon gâteau.
Tout le monde n'est pas aussi honnête sur la langue de bois. Avant de revenir avec vous, on va regarder un petit excuse-moi Yvan, on va regarder un petit magnéto. On avait reçu Franck Lepage en 2018 qui nous proposait justement une petite cure de désintox contre la langue de bois. Je vous propose de réécouter ce qu'il nous disait à l'époque et on en parle tout de suite après.
Alors le petit exemple de langue de bois il est très facile, vous prenez des mots qui ne veulent strictement rien dire mais qui ont l'air de dire quelque chose, vous les mélangez dans n'importe quel sens, enfin bref, et puis avec une simple structure de phrase, vous vérifiez, vous faites croire que vous dites quelque chose. En réalité, vous ne dites strictement rien, vous ne dites rien d'autre que ce qui est, est. Voilà, c'est à peu près aussi intelligent que ça.
donc là, je les ai mélangés, alors voilà, donc comme ils ne glissent pas, je suis obligé de me mouiller les pouces, mais donc on pourrait dire un truc du genre, mesdames, messieurs, je voudrais revenir sur une question tout à fait essentielle aujourd'hui qui est celle du diagnostic partagé que je voudrais mettre en relation, en lien avec la question du lien social. Pourquoi aujourd'hui, il faut-il penser un diagnostic partagé autour de la question du lien social ? Au fond, pour une raison extrêmement simple, c'est qu'à l'heure de la décentralisation, c'est désormais dans la décentralisation et à partir d'un diagnostic partagé que nous pouvons relever le défi de la mondialisation.
Alors, inscrire le défi de la mondialisation dans une relation de proximité, cela suppose plusieurs choses. Cela suppose de repenser la citoyenneté sous l'angle des relations interculturelles, c'est-à-dire de l'inscription, si vous préférez, de la mondialisation dans l'espace désormais incontournable du local. Alors, à cette condition, je crois qu'on peut repenser d'une façon beaucoup plus adéquate la question un peu vague, finalement, de la démocratie sous la forme d'une procédure de participation avec les habitants. ça marche tout seul, ça vient tout seul. Je ne sais pas quelle est la prochaine, mais je veux dire que ça va marcher.
Je ne sais pas ce que c'est, si on veut faire la participation avec les habitants, j'appelle ça du partenariat. Et ça veut dire qu'on prend les habitants pour des acteurs. Alors, des acteurs, ça suppose d'être sérieux avec eux, ça suppose de passer avec eux un véritable contrat de développement local, et au fond, quand on est à gauche, quel plus beau projet. Quelle belle chose que la destruction des mots. Vous avez vu la 10e édition du dictionnaire Smith ? Épaisse comme ça. La 11e sera encore moins épaisse. Oui, au fond, la révolution sera vraiment terminée quand la langue sera parfaite. Le secret, passer du traduire au penser direct et de là en réponse automatique.
Pas besoin d'autodiscipline. La langue venant de là, pas de là. La prophétie de George Orwell se trouve réalisée aujourd'hui. C'est-à-dire qu'on nous a peu à peu supprimé tous les mots négatifs du vocabulaire qui nous permettaient de nommer négativement le capitalisme et donc de le penser négativement et qu'on ne les remplace par des mots positifs. À partir du moment où on n'a plus que de la pensée positive, on n'est plus en démocratie puisqu'on ne peut plus penser les contradictions du capitalisme. À partir du moment où on ne peut plus nommer quelqu'un un exploité mais qu'on est obligé de l'appeler un défavorisé cette personne n'est plus victime d'un exploiteur.
C'est juste quelqu'un qui n'a pas eu de chance. Et donc on s'est dit qu'il fallait absolument qu'on commence à se défendre sauf que nous n'avons pas les moyens aujourd'hui nous n'avons pas encore inventé les moyens de nous défendre contre du langage positif. Comment est-ce qu'on se bat contre la démarche qualité ? Vous êtes contre la qualité vous ?
La démarche qualité c'est des gens qui se suicident aujourd'hui dans un certain nombre d'entreprises puisque ce n'est pas une démarche qualité c'est une démarche productivité comment est-ce qu'on se bat contre l'harmonisation des diplômes contre l'autonomie des universités tous ces jolis mots qui sont en fait des horreurs extraordinairement oppressives comment on se bat contre l'excellence comment on se bat et bien on ne sait pas on ne sait pas et donc les syndicats sont complètement coincés dans des effets de langage quand un licenciement collectif s'appelle désormais un plan de sauvegarde de l'emploi et bien allez vous battre contre un plan de sauvegarde de l'emploi quand vous êtes un syndicat.
Alors Elodie moi quand j'entends ça je me dis que en fait ça ne peut pas m'arriver à moi honnêtement je me dis que je suis plus malin que ça qu'on ne la fait pas à moi que je suis capable de déceler les mensonges qui m'entourent mais à quel point est-ce que le langage façonne ma perception notre perception ?
Ah ben ça c'est un petit peu ce que je vous disais tout à l'heure c'est-à-dire que le postulat qui a quand même révolutionné aussi la linguistique c'est justement de comprendre que le mot façonne notre lien et notre rapport à la réalité donc changer un mot c'est aussi changer son rapport à la réalité donc on est tous soumis à ça nous sommes des êtres de langage chacun on communique les uns avec les autres et c'est vrai que les extraits choisis sont savoureux parce que Franck Lepage il a vraiment montré comment d'un point de vue linguistique il y a des structures des invariants qui reviennent et c'est vrai que la langue de bois c'est un sujet assez extraordinaire mais nous dans notre vie quotidienne on l'utilise aussi parce que finalement quand on regarde la construction de la langue française c'est une langue sujet verbe objet les phrases les plus courtes sont toujours les plus sincères il n'y a pas 36 000 façons de dire à quelqu'un qu'on l'aime on va dire je t'aime mais à partir du moment où on commence à dire oui alors malgré ce que tu pourrais t'imaginer ou penser c'est vrai qu'en ce moment c'est pas facile pour moi donc ça y est et ça c'est déjà de la langue de bois à partir du moment où on met beaucoup d'adverbes beaucoup de subordonnés qu'on n'est plus dans ces phrases directes SVO on est déjà on est déjà dedans donc je crois qu'il y a une prise de conscience aussi et Yvan c'est exactement ce qu'il disait je suis totalement d'accord avec ça de se dire il faut être conscient aussi soi-même de la manière dont on utilise les mots quel type de langage on peut avoir et par exemple Orwell le disait il préconisait de ne pas utiliser des expressions qui sont déjà toutes faites des métaphores qui sont utilisées réutilisées de ne pas les utiliser soi-même d'éviter aussi le jargon quand il y a un mot qui est très long s'il existe en version courte favoriser ce mot court-là donc c'est des choses quand même assez simples aussi qu'on peut mettre en place mais ça commence aussi par soi il y a une expression qui m'a longtemps guidé et qui continue de le faire c'est ne rajoutons pas du malheur au monde en nous trompant sur les mots c'est Camus c'est ça tu te mets ça dans la tête et puis après normalement tu peux avancer quasiment en ligne droite et l'autre truc dont je le truc dont je voulais me prévenir c'était que quand j'ai la rage quand il y avait cette histoire de gilet jaune etc je traîne beaucoup sur Twitter je traîne beaucoup sur Twitter et des fois il m'est arrivé de relayer des fake news pas des fake news mais par exemple une agression policière qui ne datait pas du jour vous voyez c'était des choses qui remontaient à c'est en 2015 en 2016 voilà comme quoi il faut toujours sourcer l'information et ça les gens qui nous regardent voilà je ne peux que les inviter à prendre ce genre de précaution c'est à dire qu'à un moment il faut se méfier de tous les petits ruisseaux qui alimentent notre colère c'est pas aussi facile que ça et ça demande donc un tout petit peu de et bien c'est un travail d'honnêteté en fait honnêteté intellectuelle c'est l'honnêteté du journaliste de savoir qui dit de quel point de vue on se place qui dit qui dit à quelle heure et dans quelles circonstances et surtout qui le paye qui le paye pour donner cette information c'est à dire c'est c'est le chef d'orchestre qui choisit toujours la musique dites-vous bien ça le chef d'orchestre choisit la musique voilà par rapport à ça aussi Yvan celui qui paye les musiciens choisit la musique par rapport à vas-y Virginie pardon Alexis à toi après par rapport à ce que disait Yvan tout à l'heure aussi sur le journaliste qui fait un peu moins de terrain etc tout ce que tu disais par qui est-il payé et tout ce genre de choses on le voit aussi dans notre domaine de chercheurs et aux Etats-Unis c'est carrément redoutable les chercheurs sont vraiment des serviteurs de boîtes et de firmes gigantesques et donc finalement on ne fait plus de recherche indépendante en France si encore on ne fait plus de recherche indépendante aux Etats-Unis on est aux ordres de Coca de Pepsi de Microsoft et de qui sait encore donc ça c'est vraiment un problème aussi les chercheurs aussi pour raison d'économie ont fait de moins en moins de terrain mais aussi pour des raisons finalement de fainéantise de confort et donc il y a moins de terrain et plus d'argent tu vois ça aboutit à la même chose Yvan que ce que tu disais sur les journalistes chez nous et c'est quand même très problématique parce que nous on est censé s'approcher le plus possible au moins dans notre démarche de chercheurs d'une forme de vérité après je voulais rebondir aussi sur le truc de Franck Lepage qui est ultra savoureux bravo mais ce qui est important dans ce qu'il dit je trouve que évidemment que le langage positif ou le langage managerial au bout d'un moment vide finalement le langage de sa substance ça le vide socialement culturellement et politiquement et donc en fait c'est ça la langue de bois c'est quoi c'est pas faire des grandes phrases qui ne veulent rien dire c'est vider politiquement le mot c'est vider politiquement la phrase et du coup quand elle est vidée politiquement tu ne peux plus rien dire tu ne peux plus t'accrocher et là ça devient très grave parce qu'on est là dans une forme de pseudo-neutralité où finalement on va aboutir vous savez le projet vous avez sûrement vu de Neuralink et l'en-mince vous n'avez pas vu ça qui dit que dans quelques années on aura de langage et qu'on aura comme Matrix tu vois une espèce de truc programmé et donc très bien c'est génial tout le monde entier pourra se parler ensemble mais on pourra parler de quoi ?
de plus rien et politiquement de plus rien socialement de plus rien culturellement de plus rien et c'est ça que Franck Lepage montre parce qu'il ne parle de plus rien quand on fait ça alors je voudrais rebondir parce qu'effectivement c'est bien que tu parles d'Elon Musk parce que je voulais rebondir sur qui donne de l'argent Jeffrey Epstein a financé des labos du MIT et il finançait une recherche dans un sens particulier comme Peter Thiel sur l'homme nouveau l'homme augmenté on est dans un temps fasciste complet c'est-à-dire qu'on veut réinventer l'humain Elon Musk et sa sortie sur le langage elle est profondément choquante parce que si on enlève les mots il n'y a plus d'humains on est des machines et c'est ce qu'ils veulent qu'on soit des machines productivistes et puis après dans le langage il y a deux choses il y a à la fois le langage qui est un code et avant Orwell il faut relire Paul Valéry qui a une préscience incroyable qui invente enfin qui voit venir les réseaux sociaux qui voit venir ce gloubi-boulga qui est notre société contemporaine avant Orwell c'est-à-dire que quand on s'intéresse aux signaux faibles au langage à ce code qu'est le langage on voit ce qui vient tout est écrit tout est déjà écrit et puis on réinvente et puis il y a l'information l'information c'est le bouillon quotidien en fait qui occupe c'est la société du spectacle ce que je disais en introduction on est vraiment là-dedans il n'y a pas d'info en fait on parle d'infobésité parce qu'il y a trop d'informations parce que finalement l'information importante elle n'est pas là ce que tu disais Yvan quand tu es sur un plateau on ne va jamais parler de la chose importante moi mon moment clé aussi je me suis senti tout seul c'est Steve Maya Canisso qui avait disparu pendant la fête de la musique on n'en parlait pas comme si un jeune n'était pas mort parce qu'il y avait une charge policière un soir de fête de la musique et on parlait de choses complètement futiles sur le plateau il a fallu que je gueule en disant mais c'est pas ça le journaliste c'est pas ça aujourd'hui tout le monde devrait titrer en une quel que soit le journal où est Steve point il faut le trouver et savoir qui l'a tué personne n'en parlait et c'est ça c'est à dire que l'information elle est là pour faire parler de tout sauf de ceux qui comptent donc il faut limite éteindre les télés pas acheter les journaux plutôt regarder le média puisqu'on y parle de choses intéressantes et aller chercher l'information là où elle n'est pas c'est à dire pas sur les télés pas dans les journaux pas dans la une des journaux elle est vraiment ailleurs et c'est bien le danger de se faire complotiste et de se faire avoir et il faut avoir des potes donc il faut faire de l'éducation en médias pour éviter que les complotistes gagnent à cette confusion généralisée après comment est-ce qu'on fait le distinguo pardon comment est-ce qu'on fait le distinguo c'est parce que comme effectivement on est entouré par des mensonges comment est-ce qu'on alors je dis pas que tout le monde va sombrer tout de suite dans les délires de la terre est plate mais même dernièrement avec le Covid il y a eu plusieurs thèses qui viraient aux complotistes et en même temps qui semblaient être soutenues par quelques points de réalité comment on fait quand on est un citoyen honnête et qui veut juste démêler le vrai du faux pour trouver du sens regarde le site du gouvernement anti-fake news enfin je comprends pas je comprends pas le sens ils voulaient aider ils avaient une super idée il suffisait d'aller sur le site du gouvernement t'avais toute l'info qu'il fallait et tu sais par rapport à ce que vient de dire Elodie d'ailleurs ça me fait penser il y avait un chercheur qui avait dit qui avait inventé ce mot de tautisme je sais pas si vous voyez c'est l'Usses Space qui avait fait ça et c'était vraiment génial il avait dit en fait on va faire une contraction entre tautologie et autisme donc tautologie on se répète à l'infini et l'autisme l'enfermement communicationnel tu vois il avait fait le mot de tautisme moi je m'avais absolument halluciné à l'époque et je trouve que c'était génial parce qu'en plus il racontait que dans la sonorité son tautisme devenait évidemment totalitaire évidemment et comme disait Elodie et bien comment tu te départis de la fake news ou de la bonne news ben tu vas sur le ministère de la vérité fait par Sibeth Lenday et ça roule en haut et on est complètement dans le serpentisme dans la queue et dans l'autisme communicationnel tu vois parce que c'est vraiment ça après c'est vrai que ce que je trouve ce que je trouve intéressant c'est que finalement la question aussi qui se pose de manière sous-jacente sur cette question de la post-vérité des fake news c'est aussi le lien de confiance en définitive comment est-ce que je fais confiance à un émetteur x, y ou z et alors c'est vrai que moi sur la question du tout numérique je suis moins je suis moins apeurée par tout ce qui peut se passer là mais c'est un point de vue sur le réel et comme la réalité n'existe pas on a tous des points de vue différents quand je regarde un petit peu ce qui se passe du côté de la blockchain et j'en parlais avec un ami que je salue ici les bitcoins tout ce qui se passe sur cette technologie là finalement on se rend compte que la logique en fait vous avez des logiques de code alors moi je suis pas technicienne donc j'aurais un petit peu de mal à l'expliquer de manière tout à fait pertinente et pédagogique mais quand on regarde les logiques en fait de paiement à travers le bitcoin on voit bien que ce sont des lignes de code qui sont accessibles et visibles en transparence par tout le monde et quelque part je trouve ça intéressant que ce type de technologie et de monnaie vient remplacer un tiers qui n'est plus trop de confiance je vais peut-être m'attirer les foudres d'une profession mais tant pis qui est le banquier c'est-à-dire que je trouve ça intéressant qu'on puisse proposer des technologies qui soient différentes et qui permettent de court-circuiter ou en tous les cas d'aller vers quelque chose qui est plus avantageux et que les gens construisent et décident d'eux-mêmes et du coup je suis peut-être moins pessimiste sur cette question de la confiance alors la question de la monnaie elle est extrêmement importante parce qu'elle est sur le principe de réalité acceptée en fait qu'est-ce qu'on fait qu'est-ce qui fait la valeur le dollar n'a plus aucune valeur il est plus indexé sur l'or depuis des années ni même sur le pétrole on crée de l'argent magique tout le temps toutes les banques centrales sont là pour créer de l'argent magique ça n'a aucune valeur or on accepte que ça ait de la valeur et que pour cette valeur fantasmée il y a des esclaves dans le monde qui produisent des trucs et des gens très très riches Jeff Bezos patron d'Amazon qui a maintenant une fortune qui équivaut au PIB de 180 pays comment on arrive à accepter un monde où la réalité la vérité c'est ça c'est celle-là c'est débile on est complètement on est une espèce complètement stupide les humains arriver à accepter des idioties pareilles prouve qu'on est capable effectivement de tomber dans n'importe quel piège du mensonge et donc il faut travailler contre notre nature profonde qui est celle de la crédulité de la foi de vouloir écouter entendre et croire aux histoires parce qu'on aime les histoires parce qu'on aime les histoires aussi on a envie d'y croire bien sûr et est-ce que justement l'une des clés l'une des clés de ça c'est pas de distinguer la communication de l'information parce que j'ai l'impression qu'en fait c'est ça le souci c'est qu'on écoute la communication comme si c'était une vérité comme si c'était une information c'est ce que dit Alexis c'est ce qu'on a dit tout le long je crois que la communication est devenue complètement totalitaire la communication remplace en définitive le pouvoir tu vois le pouvoir n'existe plus il n'est que communication en fait tout est communication c'est de la mise en scène c'est ça aussi la fin du politique tu vois c'est ça aussi qui est horrible alors après notre chance notre chance notre chance notre chance c'est que Macron est le plus mauvais acteur du monde heureusement heureusement heureusement je suis d'accord heureusement c'est à dire que écoutez Macron maintenant dans n'importe quel discours qu'il va faire où il va convoquer il va convoquer je ne sais pas le général de Gaulle il ose tout il ose tout mais ça sonne faux mais ça sonne faux personne ne peut être ému par ses inflexions quand il parle comme ça mais il est bidon il est bidon je te jure il est bidon mais même chez Peugeot chez Peugeot chez Peugeot en vendeur en vendeur de voitures d'occasion mais il ne ferait pas un fifrolin il ne ferait pas un fifrolin et pourtant la république en marche c'est ça le mec il te vend une bagnole il te jure les yeux dans les yeux que jusqu'au bout de la rue elle va marcher nickel après c'est mer de toi non mais ça c'est vraiment c'est vraiment notre chance c'est à dire que il est tellement mauvais acteur qu'on ne peut pas le croire on ne peut pas le croire c'est vrai qu'il est très mauvais acteur moi je trouve que c'est gênant en fait de le voir jouer au président notamment quand il est dans le registre martial quand il passe en vue les troupes et donc il marche comme ça il a le regard genre l'aigle et là tu te dis putain c'est quand même chaud et puis le truc qui m'a fait vraiment rire c'est quand il a dit ouais je dois me réinventer moi le premier et le lendemain il a sorti son costard gris il est passé du bleu au gris Emmanuel Macron c'est qu'il a changé de couleur de costard et là tu dis c'est du génie ça c'est du génie mais donc c'est passé l'autre étage ça y est c'est fait ah bah non c'est passé alors ça c'était le premier truc c'est qu'il a changé de couleur de costard et le deuxième truc c'est qu'il y a un groupe dissident en marche donc un faux groupe de dissidents qui reste dans la majorité et ça c'est le deuxième étage de la réinvention c'est-à-dire l'ampleur de la réinvention du mec donc même Sarkozy tu vois en 2008 quand il faisait son discours sur la finance c'était déjà tu vois un niveau au-dessus de l'acteur studio là on est dans le degré zéro c'est vraiment mais pourtant tu y as cru tu y as cru j'ai cru lire que ça ne lui faisait pas plaisir le nouveau groupe j'ai cru lire que ça ne lui faisait pas plaisir du tout et que même il disait je veux dire c'est la question salut ça où arrête Camille s'il te plaît enfin ok ils ont pris une phraseologie de gauche écologie démocratie solidarité ouh à l'intérieur il y a juste deux types et demi qui ont été un jour à gauche dans leur vie le reste c'est plutôt du lot du modem etc donc c'est quand même du centre droit centre gauche gentillet tu vois et en plus ils n'ont de cesse de répéter nous ne serons pas dans l'opposition ah oui oui c'est souligné en trois fois il faut bien il faut bien attend il faut bien trianguler et récupérer l'électorat de gauche tu vois c'est ça mais non alors l'électorat de gauche mais il faut surtout éviter que le peuple revienne dans le jeu politique tout faire pour que ce soit encore entre ces gens-là qui choisissent une étiquette politique pour faire derrière parce que c'est ça par rapport à ça Alexis tout à l'heure avant quand on préparait l'émission Yvan il parlait d'essence commune tu sais et au roi le dit finalement il faut croire à cette essence commune etc avec une posture un peu anti-élite comme si dès que tu n'étais plus dans les élites tu avais la vérité et je ne crois pas je ne crois pas parce qu'on peut voir aussi je veux dire par exemple certains penseurs se disent anti-élite et ils sont eux-mêmes dans les élites puisqu'ils sont tout le temps dans les médias ils édite des bouquins à 100 000 exemplaires ils sont des réseaux de dingue etc donc il faut faire attention aussi à cette élite contre le peuple il y a les 1% les 1% hors sol hors sol en hélicoptère et après il y a le reste vous voyez ce que je veux dire et parfois aussi le peuple comme les élites le peuple voilà au sens au roi du terme il n'a pas toujours raison relisons le bouquin d'Edouard Louis rappelez-vous qui se fait parce que homosexuel qui se fait casser la gueule dans des quartiers très populaires et ça bastonne ça bastonne parce que pédé
d'accord
et vous voyez enfin voilà donc je trouve qu'il faut aussi enfin il ne faudrait pas qu'avec Macron on vit tout en fait Macron c'est les 1% après il y a la vraie vie et les paysages sont normaux complexes et diversifiés vous voyez ce que je veux dire oui et c'est pour moi c'est vrai que c'est assez juste ce que tu viens de dire Virginie je me permettais juste de rebondir sur ce que disait Yvan et qui est aussi juste que Macron est un mauvais acteur et donc on le voit mais notre chance c'est que finalement on ne peut que ne pas le croire on n'a que cette possibilité là mais moi ça inquiète aussi parce que je me dis finalement est-ce qu'il vaut mieux croire en quelque chose ou ne plus croire en rien et on sait très bien quel va être le résultat de on ne croit plus en rien pour les prochaines présidentielles parce que tout ça est un simulacre et tout ça est mis en scène effectivement la peste ou le choléra et à force que les gens ne croient plus en rien ben voilà effectivement Elodie j'ai une question à te poser est-ce que tu comprends pourquoi dans tous les discours de Macron il y a autant de silence autant de moments d'arrêt de sa parole alors je pense qu'il doit être un petit peu coaché sur cette question là le silence souvent fait preuve d'autorité en fait c'est un des marqueurs d'identification de la conquérance donc le conquérant généralement c'est celui qui prend son temps c'est le maître des horloges justement pour reprendre son expression donc je crois que là-dessus mais ce qui m'a interpellée sur l'histoire des masques c'est que vous l'avez souligné là il n'est pas juste alors il ne pourrait pas juste fermer sa gueule du coup il serait super autoritaire il serait super content il serait très content un très très long silence tu vois un truc pour soumettre ça c'est coach c'est une bonne idée dans l'art drama l'art dramatique dans l'art drama parce que lui il n'a pas appris à jouer à la comédie il a fait de l'art drama Emmanuel Macron il a fait de l'art drama et bien le fait de marquer un silence ça donne du poids effectivement quand tu joues voilà ça donne du poids à ton propos mais un silence un silence si c'est deux secondes de trop on voit que c'est fake et c'est là aussi qu'il prouve à chaque minute qu'il passe que c'est un piètre acteur que c'est le plus mauvais acteur que je n'ai jamais vu même dans une série B italienne il ne l'aurait pas pris il ne l'aurait pas pris et donc quand il fait des pauses comme ça c'est pour donner effectivement tu vois pour donner du poids à son propos attention je ne dis pas n'importe quoi tout ce que je dis je le pense je fais finement ciseler etc voilà c'est vrai c'est vrai que sur les masques on voyait quand même qu'il était emmerdé parce qu'il finit pour la première enfin pas pour la première fois mais en tous les cas c'était très marquant dans ce passage vidéo qu'il n'a terminé aucune de ses premières phrases et ça c'est vrai que ce n'est pas habituel et ça change tellement de quand il lit son prompteur en fait et où il déroule que c'était vraiment marquant il y a deux choses parce qu'il y a le moment où il a son prompteur il a son discours il met les silences qu'il a appris au théâtre etc et puis il y a le moment où il dit n'importe quoi rappelez-vous avec les intermittents du spectacle où il chevauche le tigre où là il y a le jambon il y a le fromage il remballe son cruzoé et là ça part dans tous les sens et là tu dis attends en fait peut-être que le mec est sympa peut-être qu'on peut passer une bonne soirée et rigoler ça fait une petite heure qu'on est ensemble ça fait une petite heure qu'on est ensemble j'aimerais vous poser une dernière question avant qu'on rende l'antenne c'est une question personnelle que je me pose voilà par rapport à tous ces mensonges par rapport à tous ces nuages qui nous entourent est-ce que multiplier les sources d'informations est une méthode efficace pour lutter contre la post-vérité ?
ça paraît assez être une bonne réponse en tout cas de toute façon effectivement multiplier et puis par rapport à ce que disait Yvon tout à l'heure aussi c'est se faire un peu violence à soi-même c'est-à-dire que si tu n'as pas envie d'aller lire le Figaro tantôt tu y vas quand même et puis si tu n'as pas envie de lire l'UPE ou l'humanité et bien sûr quand même multiplier les sources d'informations c'est très important et pas que français pas que français et pas que français pas que français
là les gars là si on part dans l'international on va vite trouver nos limites
c'est intéressant parce que tu lis la presse la presse étrangère tu apprends des infos que tu n'aurais jamais appris l'RTBF le temps le journal suisse même dans la presse francophone l'imitrophe de nos voisins Luxembourg, Suisse, Belgique vous avez déjà une vision de la politique française qui vous donne de l'air je ne suis pas fou puis après il y a des médias français aussi qui vous donnent de l'air heureusement mais il faut aller contre soi effectivement il faut casser la bulle de filtre qu'elle soit sur le territoire national mais aussi la bulle de filtre idéologique parce qu'effectivement le problème des algorithmes des plateformes Twitter, Facebook, etc elles vous servent la soupe la soupe que vous aimez bien il faut parfois goûter autre chose pour savoir si c'est vrai si parfois on n'est pas dans un truc où on est manipulé parce qu'on a une petite voix qui va aller vers un vote quelconque c'est l'autisme c'est l'autisme dont on parlait tout à l'heure on peut en être victime aussi tu vois je dis l'autisme dans le sens communicationnel on est bien d'accord et puis le mot qui n'a pas été peut-être prononcé mais Alexis tout à l'heure l'a largement sous-entendu quand il parlait d'infobésité c'est aussi l'infotightment c'est-à-dire que c'est devenu c'est horrible mais on est un peu comme drogué tout d'un coup à cet entertainment qui est en fait de la distraction mais pas de l'information donc ça dépend de ce qu'on veut aussi mais quand on est 4 heures devant une chaîne d'info à larver et à bouffer des pop-corns comme si on était devant un film il faut se regarder et dire qu'est-ce que je suis en train de faire tu vois et se dire tiens je suis comme de Netflix en fait alors moi j'ai voulu partager comme vous le dites pour avoir une vision d'ensemble de tous les partis politiques sur mes réseaux sociaux donc j'ai brassé large mais comme je me suis engueulée avec tous les gens finalement j'ai dit bah non donc Alex Alex pardon tu voulais sans doute parler de Courrier International qui est une revue absolument magnifique très bien faite et qui compile tous les articles des correspondants étrangers et c'est comme ça aussi que tu t'aperçois à quel point la France parfois et bien passe un peu pour enfin pardon mais la France via Macron et via ce gouvernement on passe un peu des fois pour des gros blaireaux c'est-à-dire que les espagnols les anglais les américains etc s'ils font une idée de la France et que cette idée de la France c'est Emmanuel Macron et bien en ce moment on passe un sale quart d'heure parce qu'on passe pour des êtres puants hautains alors ça c'est tout le temps les français de tout le temps c'est terrible il n'y a pas besoin de Macron c'est notre réputation depuis toujours c'est terrible c'est terrible tu vois voilà donc le Courrier International c'est très bien et puis après je pense qu'il faut vraiment vraiment encourager le fait d'aller chercher à plusieurs sources l'information et surtout dans des médias qui sont indépendants des médias qui appartiennent ou qui sont financés par les gens qui le regardent voilà donc c'est pourquoi allez lire Le Canard Enchaîné lisez Mediapart venez sur le média voilà parce que évidemment nous au média pardon c'est que les contributeurs qui font l'info voilà donc si vous voulez avoir une info de qualité et bien quelque part il faut la payer je sais ça s'appelle le service public mais bon quand t'écoutes le service public aujourd'hui t'as un peu mal au cul c'est clair voilà pas la phrase de la fin non c'est trop mal au cul on t'entend pas Camille je crois que tu as coupé ton ah oui ah oui je l'avais coupé parce que j'ai des problèmes d'écho excusez-moi voilà je disais Yvan tu m'as fait ma conclusion tu m'as fait la moitié de mon appel au don donc c'est formidable merci et je vais tous vous remercier merci d'avoir participé à cette émission et à vous de l'avoir suivi depuis chez vous voilà vous n'hésitez pas à nous faire vos retours à mettre des pouces bleus un commentaire et à partager à partager cette émission sur vos réseaux à la demande d'Yvan on se quitte sur un extrait du film Les choses de la vie de Claude Sautet en hommage au comédien disparu Michel Piccoli bonne soirée et à bientôt
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